Le 8 janvier dernier, j’assistais comme tous les ans à la traditionnelle cérémonie des vœux de Créon. Il faut bien dire qu’il en est pour moi comme pour bon nombre de citoyens Créonnais qui apprécient tout particulièrement ce moment privilégié de rencontre avec l’équipe municipale et le maire.
A cette occasion le maire, Jean-Marie Darmian, profite du moment pour évoquer les faits marquants pour la commune l’année passée. Il énumère les réalisations lancées, achevées ou leur degré d’avancement. Également, il fait parfois, ce que très peu d’élus locaux font, un état des lieux des finances locales en toute transparence. Il dresse les perspectives d’actions pour l’année qui s’entame en prenant soin de placer ce moment dans strict intérêt communal et non personnel. Il faut bien dire que les élus locaux, surtout en zone rurale, ont assez peu d’occasions de rencontres au cours de l’année où rencontrer un nombre conséquent de leurs administrés.
Créon fait un peu exception puisque la commune est dynamique et qu’elle sait créer de nombreux moments de rencontres avec la population tout au long de l’année. Les Créonnais apprécient très largement le franc parlé de leur maire et sa capacité à ne pas mélanger les genres. En clair, il ne fait pas de la politique à toute les occasions ou dès qu’on lui tend un micro, ne souffrant pas comme d’autres de « malis nombrilis »…
On peut égrener les occasions festives créonnaises, les rencontres citoyennes, les rencontres avec les associations, jamais notre maire ne part dans des diatribes politiciennes en confondant les lieux ou les genres. Ceci dit, quand on élit un maire, on le fait pour ce qu’il est capable de faire pour sa commune, pour l’énergie et la capacité d’animation collective qu’il peut incarner, pour moultes raisons qui appartiennent à chacun, mais aussi un peu car sa tête et son caractère nous revienne bien et encore pour quelques valeurs qu’il semble porter. A Créon, pas de confusion, le maire ne faillit pas aux engagement pris.
Mais le citoyen apprécie aussi un peu que « son maire » lui cause un peu « du pays » comme on dit (au sens propre et au sens figuré). Le citoyen (que je suis également) aime entendre les coups de cœur, les coups de gueule qu’ils soient sur des sujets locaux ou même nationaux. C’est ce qui permet justement au citoyen d’identifier un peu son maire par rapport à ses propres convictions, ses sentiments sur ce qui se passe dans la société. Justement, le citoyen, il aime ça car sinon il reste « cantonné » au repas animés du dimanche en famille, où entre le le gigot et le fromage, les discussions s’emballent autour de la politique…
Notre maire de Créon a donc fait sa traditionnelle intervention annuelle au cours de la cérémonie des vœux. Il a abordé les points classiques dont je parlais au dessus puis à rajouté son sentiment sur la situation politique nationale en insistant, dans son rôle d’élu, sur les réformes à venir qui auront des conséquences sur l’organisation territoriale, les missions des collectivités, les finances des communes aussi. Il a fait référence à la DGF qui cette année est revue à la sauce sarkozyenne, fort injustement, en prenant en compte les populations communales de…2006 ! Résultat évident, les communes se font sucrer de précieux subsides qui manqueront dans les budgets communaux. Imaginez au passage que les communes ont financé les recensements complémentaires…
Jean-Marie Darmian a poussé un petit coup de gueule contre cet Etat donneur de leçon perpétuel qui applique aux autres des règles qu’il n’est pas capable de s’appliquer à lui-même et qui surtout manque à la parole donnée comme au cadre de fonctionnement qui s’appliquait normalement (avant l’ère Sarkozy 1er). Le discours était pêchu certes, argumenté à coup sûr, objectif sans aucun doute. allez interroger votre maire où que vous habitiez.
Parmi les plus de 500 personnes présentes le 8 janvier pour les vœux, je n’entends pas un mécontent, pas un dépressif qui serait soudain atteint par des envies suicidaires suite à une intervention douteuse. ayant de nombreuses connaissances dans la salle, on évoque le discours de notre maire avec satisfaction et on a l’occasion d’échanger sur tout cela entre un morceau de galette et un verre de mousseux. Bref, un bon moment de partage citoyen et de retrouvailles autour d’une équipe municipale et d’un maire appréciés.
Sauf qu’hier, en ouvrant le journal « le Résistant », je vois un article relatant la cérémonie des voeux de Créon. En lisant attentivement l’article, je me dis que je n’ai pas dû assister à la même rencontre, que le journaliste devait parlait d’une autre commune ou bien qu’au lieu de nous relater le moment s’était pris de convulsions à l’écoute de Jean-Marie Darmian, contaminé qu’il aurait pu l’être par la pensée dominante sarkozyenne qui veut que les élus locaux ferment leur gueule et avalent sans broncher les différentes mesure de casse des collectivités.
Je lis « un discours très pessimiste, aux accents des meilleures polémiques politiques nationale, qui a dû surprendre de nombreux participants ». Non monsieur Esperron, moi citoyen créonnais, je n’ai pas été surpris par les propos, je n’ai pas été choqué non plus, j’avoue même que je les attendais et que s’ils n’étaient pas venus je serais sorti déçu !
Votre titre accrocheur « des voeux en forme de réquisitoire » m’a dérangé car il n’était pas la réalité. votre sous-titre « la politique partisane s’invite à Créon » m’a dérangé car il me laisse à penser que vous avez laissé de côté l’objectivité élémentaire d’un journaliste.
Je dois vous expliquer quelque chose, Monsieur Esperron, si les élus locaux ne doivent plus jamais aborder de sujets politiques sur les réformes qui concernent chacun d’entre-nous, qui va le faire ? La télé de Monsieur Bouygues ? Les médias dominants ? Les chefs de rédactions censeurs et aux ordres ? Les journalistes bien-pensants ? Les curés ?
Non, pour moi c’est bien à mon maire et aux élus de nous parler de politique et pas à la miss météo de canal +. C’est bien à vous de me dire fidèlement comment s’est déroulé cette rencontre, si je n’avais pu y assister, pour que je me fasse idée fidèle de ce moment important dans la vie de ma commune. Heureusement j’étais sur place mais malheureusement certains créonnais n’y étaient pas et je regrette qu’ils puissent ce lire votre « papier » que je garderai dans les papiers à oublier très vite pour ne pas me dire que votre profession est gagnée par la pensée dominante. Qu’il est désagréable que les médias participent l’atmosphère peu appréciable qui gagne notre pays où l’on se devrait d’être lisse et insipide pour ne pas choquer un journaliste.
Heureusement pour moi, je connais nombre de journalistes locaux ou nationaux soucieux de la transcription qu’il font des événements.
Allez Monsieur le journaliste, sans rancunne ? On se donne rendez-vous pour les voeux 2010 ?…

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