La crise aidant, Nicolas Sarkozy poursuit dans son habitude d’allumer des feux, des contre-feux, éteindre lun incendie ici pour en rallumer un là… Vous me direz que la formule ne vaut pas grand chose, et pourtant. Le petit, continue son bonhomme de chemin. Il avance, irrémédiablement, en ayant toujours un coup d’avance, et même plusieurs, sur ses opposants même les meilleurs.
Non pas que personne dans le paysage politique français ne possède les capacités pour être meilleur et déverrouiller les mécanismes d’une action présidentielle infernale. Des personnalités existent mais aucune d’entre-elle ne possède à ce jour l’outil, le parti politique rangé en ordre de bataille et près à suivre un plan de bataille stratégique. L’homme Sarkozy a mis à sa botte un parti et même constitué un petit carré de fidèles généraux qui sont les préférés et ont seuls les faveurs du Consul. Les autres ne sont que des faire valoir momentanés et tous interchangeables. Face à lui, son opposition est déstructurée et incapable de mettre à jour le mécanisme présidentiel car elle ne fait jamais que parer au plus pressé, tel le pompier éteignant ici un incendie sans jamais attraper le pyromane.
Le PS est encore à l’heure de s’organiser et même s’il y a du mieux, une volonté d’avancer et de parler sans trop fausses notes, il en est réduit sur chaque sujet à craindre ou attendre la sortie contrôlée de la dame du Poitou et de ses lieutenants zélés. Là où le PS devrait trancher dans le vif, là où les autres partis devraient trancher dans le vif, nous en sommes à une attente douloureuse dont profite Nicolas Sarkozy. Et les prochains mois sont pleins de promesses douloureuses.
Les élections européennes pointent à l’horizon et promettent à gauche des déchirements entre un PS qui a accepté la thèse sociale-démocrate (certains diraient sociale-libérale), un Parti de Gauche qui bien qu’embrillonnaire se structure et est déjà en ordre de bataille, un NPA qui ne souhaite que porter la voix d’une radicalisation révolutionnaire sans volonté réelle de transformation de la société, des écologistes qui semblent avoir compris certaines leçons et des satellites plus ou moins sûrs de leurs convictions ou alliances.
Le Parti de Gauche est finalement le mieux placé, à l’aube du rendez-vous européen pour séduire ou convaincre une forte proportion d’électeurs de gauche et même de socialistes. Il y a fort à parier qu’au coeur des négociations sur la constitution des listes européennes, les sensibilités (on dit pas les courants c’est pas bien!), les idées différentes ou radicalement différentes à l’intérieur du PS lézardent rapidement une campagne dans laquelle il ne faudrait adresser que quatre à cinq messages de portée sociale ou économique par la relance sur la base d’une transformation des outils politiques et financiers pour l’Europe. Une seule tête d’affiche serait de nature pour les socialistes à résister à une ou deux déferlantes (selon leur union ou non) appelées NPA et PG… mais il est quasi impossible que Benoît Hamon soit portée comme leader de la campagne européenne, ainsi donc va la vie politique où l’on poursuit encore dans la stratégie du frein à tel homme ou tel courant pour ne pas hypothétiquement se faire déborder politiquement. Finalement, cette stratégie de la crainte permanente est la clé des échecs nationaux d’un PS qui sait s’affranchir de cela, et donc réussir, au plan local.
Et donc, dans ce magma politique, les seules personnalités politiques socialistes capables de tirer la caravane, sont soit quelque peu en retrait (Laurent Fabius), soit partie ailleurs (Jean-Luc Mélenchon), soit exilée (Dominique Strauss-Kahn), soit enchaînée (Benoît Hamon). Ainsi, le consul continue et développe sa réthorique. Il offre des milliards aux banques sans exiger de contrepartie sérieuse et la présence de l’Etat au conseil d’administration des banques, il explique tranquillement que c’est nécessaire pour sauver les économies des Français (lesquels?) et qu’il faut se monter solidaires, qu’il n’est pas prêt à favoriser une hausse des salaires car les entreprises ne le supporteraient pas.
Pas une grande voix, un bon coup de gueule d’une voix forte pour expliquer avec des mots un brin imagers et que chaque français assimilerait d’un coup. Pas une voix syndicale ou politique forte pour dire que l’on est déjà solidaires contre notre volonté à hauteur de 15 milliards par an pour aider les déjà riches qui reçoivent pour certains des chèques de dizaines de milliers d’euros, juste pour pas se sentir mal aimés.
Et Sarkozy de continuer, il occupe les médias avec les mesures en faveur des constructeurs automobiles, la polémique bien conduite sur le bon accueil de son intervention de la semaine passée et pendant ce temps, le sujet le plus important qu’il ait fait passer ne fait que quelques misérables articles qui passent inaperçus. Au final, la France s’apprête à être complètement alignée sur la politique et les décisions de l’OTAN. On s’apprête à renoncer à toute politique diplomatique et de défense un brin indépendante sans que cela ne soulève le tollé que cela devrait faire. Les français devraient se voir consultés par référendum mais rien, un vague débat promis pour un ne sait trop quand, des journalistes nationaux qui à de rares exceptions comme Edwy Plénel n’en foutent pas une rame (comme en témoigne le ton de son 90minutes de la semaine passée).
Voilà la magie Sarkozy, ce sujet importe assez peu l’opinion par ces moments de crise, les hommes politiques de premier rang le savent, les journalistes aussi. Putôt que d’expliquer, d’imposer des sujets et valoriser des argumentaires, ils en sont encore au suivisme.
Pendant ce temps, si l’amérique décidait en juin 2009 d’aller se colleter avec les russes en Géorgie ou en Ukraine pour des raisons d’influence, de gaz, de pétrole ou autre chose encore, la France au nom de l’article 5 du traité de l’Alliance Atlantique se retrouverait de facto projetée dans un conflit militaire.
cherchez l’erreur.

Je trouve ton analyse très juste. Elle illustre bien ce qui se passe. La stratégie de Sarkozy étant en passe d’être démontée, je crois que nous allons pouvoir être plus efficaces… et l’amener sur notre terrain. Cela n’est pas dommage !
certes, l’analyse est juste;de là à parler de la magie Sarko,il y a de la marge….
ne pourrait-on pas aussi bien poser l’hypothèse que le petit homme prospère sur la médiocrité politique de son opposition? sa puissance en serait l’effet et non la cause…
Personnellement, je pense que Sarko brasse, brasse beaucoup, dans un bassin qui se remplit de plus en plus d’eau,et pour éviter de couler !
Bien sûr que nous sommes (le PS) difficilement audibles, mais comment pourrait-il en être autrement, les médias sont tous à la botte du petit Napoléon – beaucoup sont d’ailleurs ses amis – et tu as raison de souligner que les journalistes ne font pas leur travail et ce pour de multiples raisons. Dans ces conditions que faut-il faire pour que le message passe ? Pour revenir aux élections européennes je suis aussi inquiet que toi. Quel leader pour porter les propositions qui à mon avis ne doivent pas être le catalogue du Ch
Le texte dans son intégralité uen erreur de manip…
Comment pourrait-il en être autrement les médias sont tous à la botte du tyran de l’Elysée – parce que c’est le terme qu’il convient d’employer à son égard – beaucoup des grands patrons de la presse sont ses amis, les autres sont ses obligés. Les moyens de pression qu’il exerce sur eux sont tels qu’aucun n’ose le défier.
Un exemple : jeudi dernier, interrogé sur la nomination des présidents de l’audiovisuel français, le Président a fait la leçon à ses intervieweurs. Quand David Pujadas interroge Nicolas Sarkozy sur le fait qu’il va désormais nommer les présidents de l’audiovisuel public, l’insolent se fait tancer : « C’est factuellement faux, c’est un mensonge », « une plaisanterie », « c’est tellement facile de dire des choses inexactes ».
Et le président d’expliquer : « Le Conseil des ministres propose un nom qui est envoyé au CSA. Si le CSA dit non, le Conseil des ministres doit re-débattre et re-proposer un nom. Si le CSA dit oui […], ce nom proposé part aux commissions des affaires culturelles de l’Assemblée et du Sénat, où, tenez-vous bien, il doit être accepté à la majorité des trois-cinquièmes. C ’est à dire, et j’y ai tenu, que l’opposition doit être d’accord avec la majorité pour accepter le nom.»
Et de conclure : «Vous voyez qu’on est bien loin de la caricature d’un président de la République seul dans son bureau qui va nommer le président de France Télévisions.»
Sauf que ce que vient de dire le petit Napoléon est totalement faux : c’est pour s’opposer au nom proposé que les commissions des affaires culturelles doivent avoir la majorité des trois-cinquièmes… non pour l’accepter.
C’est plus qu’une nuance ; hors aucun des journalistes présents n’a relevé cette contre-vérité qu’ils connaissaient tous et Pujadas l’insolent mieux que quiconque.
Pour revenir au sujet de ton blog et aux élections européennes, oui l’opposition est inaudible mais ceci expliquant cela, la place qui est donnée à cette opposition dans les quotidiens est réduite à la portion congrue, dans les médias télévisuels n’en parlons pas, et ce toujours dans la crainte de déplaire au maître. Et puis quel leader a aujourd’hui l’étoffe suffisante pour porter le message mis à part les trois ou quatre que tu énumères. Bien sûr Laurent Fabius est me semble-t-il le plus à même à faire passer les propositions du PS qui doivent être peu nombreuses (4 ou 5) mais bien ciblées, sur des sujets qui intéressent les français mais peuvent aussi être partagés par d’autres citoyens européens. Mais il y a une telle haine envers Laurent même parmi les camarades du PS que cela risque d’être interprété de manière négative. Et pourtant combien nous avons besoin de sa vision du monde en général et de sa vision de l’Europe en particulier et de sa voix dans ces moments de crise que nous traversons.
Reste que ces élections européennes risquent d’être difficiles. Une partie du Parti socialiste, les Ségolènistes pour ne pas les nommer, deviennent de plus en plus conciliants à l’approche de la désignation des listes, alors que depuis la mi novembre ils n’ont eu de mots assez durs pour dénoncer la direction de notre parti. Faut-il entendre leurs demandes ? Oui mais pas à n’importe quel prix. Sans leur demander de faire allégeance à la première secrétaire, il faut au moins qu’ils taisent leur rancune et comprennent que leur représentation se détermine en fonction des résultats des motions et non en fonction des résultats de la désignation du premier secrétaire.