Jeudi 19 février, la section socialiste de Créon à laquelle j’appartiens s’est réunie pour parler d’Europe. Alors que la feuille de route des débats pouvait en théorie se limiter au « travail en Europe », les militants socialistes Créonnais ont été nombreux à vouloir donner de la hauteur au sujet du soir.
On dit parfois que les réunions dans les sections socialistes sont parfois ennuyeux et ne permettent pas d’avoir des discussions ou échanges riches, parfois à tord, preuve en est cette réunion de jeudi.
Les camarades ont été nombreux à prendre la parole et à exprimer des points de vue divers mais tous dignes d’intérêt. les militants socialistes ont tôt fait de regretter que le sujet du débat soit étriqué. Ils ont fait part en majorité de leur préférence à avoir un débat interne plus fort et qui porte sur le sens même de la construction européenne voulue par les socialistes et que ce cadre éclairci serait de nature à nous permettre d’avoir des débats techniques riches sur le travail en Europe. Non que l’on ne puisse rien en dire d’ores et déjà mais plus que c’est les valeurs et principes forts que nous mettrons désormais dans la construction européenne qui nous guiderons dans nos choix et orientations politiques pour évoquer des plateformes électorales.
Les militants ont regretté de ne pas se voir davantage consultés sur le manifesto ratifié par notre parti. Il est vrai que cela aurait permis de dresser des perspectives pour aplanir des différences en interne et des postures à l’externe avec nos différents concurrents.
Personnellement, je serais ravi que mon parti réaffirme au cours d’une convention nationale consacrée à l’Europe son attachement à des principes forts et essentiels, cela nous aiderait grandement à faire face à nos concurrents au moment d’affronter les élections européennes au mois de juin prochain.
Personnellement attaché à une construction européenne des peuples, une Europe sociale et une Europe des cultures, j’aimerais au cours des prochains mois pouvoir débattre et partager avec mes camarades socialistes.
En attendant, les socialistes Créonnais ont réaffirmé à travers une motion en forme de voeu leur souhait que le Parti Socialiste réaffirme dans le débat sur le travail en Europe son attachement aux services publics nationaux et non aux « services au public », la nuance n’est pas mince. Ils ont également tenu à ce que notre parti affirme que les salariés ne soient pas des variables d’ajustement comptables au sein des entreprises. Ils ont tenu à ce que le PS garde une dynamique de consultation des militants pour l’adoption de grands textes européens d’orientation, tel le manifesto et enfin leur souci que les règles nationales ou européennes ne soient pas élaborées dans un esprit favorisant les protectionnismes nationaux.
A titre personnel, je suis étonné que sur le sujet du manifesto, notre camarade Benoît Hamon n’ait pas davantage fait entendre sa voix. On peut ressentir comme un décalage entre ses postures congressistes sur l’europe et son silence gênant sur la question depuis qu’il est porte parole du PS. D’ailleurs, certains de ses amis éprouvent quelque gêne normale ou quelque enthousiasme décalé avec ce document pourtant d’inspiration très ouverte (au sens libérale). Mais comme l’on sait, entre les postures de congrès, la réalité des convictions de certains et le goût de l’exercice du pouvoir, il existe une variable d’ajustement qui est souvent celle des consciences au mépris des grandes tyrades enflammées et hâtives. Dommage pour ceux qui voudraient croire ces gens là, l’espace d’un instant.

Au contraire, je trouve que B. Hamon a été logique. Il est le porte-parole du PS, il s’est exprimé sur le Manifesto. Néanmoins, étant en léger décalage avec le texte, il n’en fait pas une promotion frénétique prouvant sa fidélité en ses idées