La convergence des luttes dans l’intérêt de tous

10 mars 2009
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mai_68Le gouvernement a lancé avec tapage le chantier de la réforme des collectivités. Il faut bien dire réforme des collectivités et non décentralisation car effectivement, l’objectif poursuivi n’est pas l’acte III de la décentralisation mais un simple tripatouillage des échelons locaux qui ne poursuit comme seul objectif que de casser les contrepouvoirs partout où c’est possible. Il a donc installé un comité qui a officialisé il y a quelques jours ses propositions qui étaient déjà connues depuis plusieurs semaines et qui ont ainsi pu faire l’objet de larges échos et débats dans les médias, monopolisant ainsi l’attention de l’opposition, des élus locaux et des chroniqueurs en tout genre sur un sujet certes majeur mais qui éloigne des débats cruciaux du moment que sont la crise économique, financière et sociale, la régression des libertés publiques dans tous les domaines de la vie sociale, la casse de l’éducation nationale publique, la destruction du système de santé publique, la laïcité désouchée… Il y a encore tant à dire sur tous ces sujets pourtant !
On ne peut même pas faire le reproche aux socialistes qui sont l’essentiel de l’opposition parlementaire de manquer à quelque chose. Ils doivent être sur tous les fronts à chaque instant. Chaque jour qui passe est le démarrage d’un nouveau chantier présidentiel qui est un nouveau chantier de la démolition sociale et républicaine. Tout au plus peut-on regretter que les lignes directrices d’un véritable projet alternatif fondé sur une doctrine socialiste fort et des valeurs pierres angulaires de la pensée ne soient pas perceptibles pour imposer les thèmes de la gauche dans le débat politique.
Là est véritablement le souci car c’est là que les français pourraient s’approprier une vision de la société que voudrait offrir les socialistes, s’appuyant sur le monumental échec du modèle libéral et financier, la destruction des modèles industriels européennes, l’abandon des politiques publiques de recherche et d’innovation, la réaffirmation de valeurs humanistes foulées au pied dans notre pays (cf. situation des prisons françaises), la prospective d’un nouveau modèle d’organisation de la société qui, entre un collectivisme absolu  voué à l’échec et une organisation sociale d’une économie durable du marché qui permette de remettre l’homme au centre des préoccupations en dessinant un développement universel et solidaire.
Les Français ne sont absolument pas imperméables à la politique et ne demandent qu’à rêver-réalité: rêver d’un cap nouveau, celui d’une réalité à construire. Ils ne peuvent autant s’enthousiasmer pour les grandes échéances politiques nationales, tout en feignant un certain désintérêt ou en hurlant leur désarroi face à des responsables qui ne les comprennent pas si ils n’avaient pas en attente intime la soif véritable d’une ligne d’horizon pour les décennies à venir.
Les Français attendent d’être étroitement associés aux débats qui les concernent comme en témoigne l’engouement pour toutes les nouvelles formes de participation active au débat public ou à l’élaboration politique. Ils sont en attente d’une citoyenneté dont on leur a souvent rebattu les oreilles sans l’avoir véritablement vue venir un jour. Il existe d’ailleurs des petits laboratoires locaux de la citoyenneté, il ne suffirait que de s’intéresser aux initiatives locales de près pour apprendre beaucoup mais il paraît que tout s’invente depuis Paris ou dans les instances éprouvées, mais si largement fatiguées…
Notre modèle de démocratie représentative a vécu et c’est là un des principaux périls qui guette actuellement la société française. Nicolas Sarkozy et ses soldats l’ont bien compris d’ailleurs qui s’assoient de plus en plus sur les institutions, les codes républicains de tous ordres pour mettre en œuvre une contre révolution conservatrice comme notre pays n’en n’avait jamais connu. La réforme des collectivités obéit à cette même logique de contre-révolution….
La droite ne cherche nullement à achever de créer un modèle harmonieux et moderne de la direction et de la gestion des territoires. Elle ne cherche pas à faire des fondations du modèle actuel un point d’appui, même si des réformes ou des avancées sont effectivement à faire. La droite veut déstructurer ce qui au niveau des territoires lui offre trop de résistance  pour mettre en oeuvre sa contre-révolution.
Les élus locaux, les conseils généraux ou régionaux à direction socialiste ou de gauche offrent trop de points de résistance aux politiques de casse, ils développent trop à l’échelon local les freins positifs à la logique de classe conservatrice. Ils doivent donc être laminés et supprimés. Voilà le véritable objectif poursuivi. S’il devait être atteint, les citoyens perdus sans relais et sans boucliers pourraient devenir les dociles et résignés jouets d’une classe dominante. Pour leur faire courber l’échine, il faut casser ces forteresses locales qui sont gardées par les élus locaux.
La droite utilise à plein la république sondagière pour faire de ses volontés des vérités voulues par les français. Son bras armé, l’institut OpinionWay travaille à plein et les commandes affluent chaque semaine. Ses médias achetés ou sous tutelle parachèvent la construction d’une opinion que les français doivent croire comme de plus en plus dominante pour demeurer tranquilles… Les poches de résistance existent mais sont peu homogènes dans leur traduction politique, Nicolas Sarkozy a donc donné l’ordre d’accélérer avant que celles-ci ne soient infranchissables. Donc « mort aux contre-pouvoirs locaux »!…
Pourtant les citoyens français sont près à goûter au plat que leur concoctera un bon marmiton de gauche : avec un peu de valeur, une touche de prospective, un zest de pédagogie, un soupçon de « Com » et une pincée d’innovation dans l’action politique. Les Français attendent d’être associés aux débats et aux choix majeurs qui les concernent et concernent l’avenir de leurs enfants ou petit-enfants. Une étude de l’institut LH2 publiée hier l’atteste sans nul doute possible et nous socialistes nous devons réclamer sans crainte, chaque fois que c’est possible un retour vers le peuple pour nous accompagner dans les luttes, dans l’élaboration ou les choix. Nous disposons des moyens de contrecarrer les plans de la droite pour peu que nous fassions preuve de créativité et d’esprit de conquête sans nous soucier de savoir qui tirera la queue de Mickey à la fin…
Plus de deux tiers des Français souhaitent être consultés par référendum sur l’avenir de leur région (70% des Français) et de leur département (également 70% des Français).
Si les sympathisants de gauche y sont particulièrement favorables, ils ne sont pas les seuls  : 74% pour un référendum sur la région (65% parmi les sympathisants de droite) et 75% sur le département (63% parmi les sympathisants de droite).
Tous les démocrates sans distinction parmi les élus de gauche, les salariés en colère, les laissés pour compte, les retraités, les étudiants, les chercheurs, les postiers, les syndicalistes… ont intérêt à ne pas laisser passer les débats qui les concernent. Tous ont intérêt à être mobilisés le 19 mars pour la journée nationale d’action. Si certains ne le savent pas encore, tous ont intérêt à la convergence des luttes.
il existe aussi une e-grève qui permet de se faire entendre quand il est difficile de faire une vraie grève…

J'peux pas faire grève mais j'fais grève quand même

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2 Responses to La convergence des luttes dans l’intérêt de tous

  1. DSB on 10 mars 2009 at 22:33

    Excellent, bravo pour cet article.
    Tout est dit, nous seuls, citoyens pourrons sortir du marasme politique et sociétal dans lequel nous sommes. Fini je le crains de croire en des élites politiques, des meneurs qui souhaitent oeuvrer pour la cause publique et non pas pour leur ambition personnelle. Des apparatchiks aujourd’hui sont aux manettes et ne permettent pas une action efficace.
    Le changement viendra de la cité (au sens noble), de la volonté de faire bouger les lignes par une action citoyenne, un investissement collectif et humain.
    Malheureusement, il semble difficile d’apporter l’eau au moulin dans un environnement partisan, l’apport d’idées nouvelles, la défense de valeurs élémentaires étant étouffées dans l’oeuf.

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