1981
L’élection présidentielle des 26 avril et 10 mai 1981 se déroule dans un contexte de désunion de la majorité sortante (manifestée par la candidature de quatre candidats de droite, dont trois issus du RPR), le président Giscard d’Estaing se représente. Face à lui, notamment, François Mitterrand, Georges Marchais pour le Parti communiste et Michel Crépeau pour le MRG. Le second tour met face à face les deux candidats qui s’étaient déjà affrontés en 1974. Dans un climat de passion, la campagne oppose deux projets bien différents (libéralisme tempéré à droite, intervention de l’État à gauche). Finalement, François Mitterrand l’emporte le 10 mai 1981 avec 51,8 % des voix. La réaction de François Mitterrand
Pour le petit enfant de huit ans que j’étais, ce fut la plus grande émotion que j’ai ressenti au cours de mon enfance. Ce n’est que par la suite, en grandissant que j’appris à connaître François Mitterrand et à apprécier l’homme politique qu’il était, le grand homme d’Etat aussi, quoi qu’on en dise !Après lui toute une époque s’en est allée. je me rappelle avoir milité au parti socialiste très jeune. J’ai vécu des moments forts de joies militantes, de joies d’élections, de déceptions aussi, mais au final un parcours qui forge, une sacrée école de la vie. Je me rappelle d’une époque où les fêtes socialistes, les banquets républicains, ressemblaient à quelque chose. Je me rappelle cette époque merveilleuse ou faire de la politique, militer, ça avait une saveur toute autre qu’aujourd’hui.
Le militantisme aujourd’hui, c’est de la stratégie, du travail de réflexion, de la communication, c’est internet beaucoup, mais je regrette l’odeur de la colle des affiches, les tracts qui tâchaient les mains, les distributions risquées et piquantes au milieu de la nuit, la chaleur humaine, les meetings bon enfant… Je me souviens de cet hymne socialiste qui avait vraiment de la gueule et qui encore aujourd’hui me procure une véritable émotion tant il exprime, plus que jamais si j’ose dire, une nécessité urgente. Nous ferions bien de retrouver certains de nos fondamentaux et notre base… Je ne peux résister au plaisir de vous en livrer les paroles, elle ne doivent pas être très connus de beaucoup de militants à 20 euros et de tant d’apparatchiks aux dents longues qui ne savent parfois même pas ce que c’est de militer et ne connaissent pas l’odeur de la colle…
Changer la vie : Paroles de Herbert Pagani musique de Mikis Théodorakis Chantée pour la première fois au congrès socialiste de Nantes, 1977
Les voix des femmes, et les voix des hommes
Ont dû se taire beaucoup trop longtemps
Ne croyons plus aux lendemains qui chantent
Changeons la vie ici et maintenant
C’est aujourd’hui que l’avenir s’invente
Changeons la vie ici et maintenant
Prendre la parole
Décider nous-mêmes
Libérer nos vies des chaînes de l’argent
Écrire notre histoire à la première personne
Être enfin des hommes et non des instruments
France socialiste puisque tu existes
Tout devient possible ici et maintenant
Ne versons plus au nom de leur puissance
Notre sueur, nos larmes, notre sang
Les travailleurs travaillent pour la France
Pas au profit de quelques possédants
Pour partager les fruits de l’abondance
Changeons la vie ici et maintenant
Prendre la parole
Décider nous mêmes
Libérer nos vies des chaînes de l’argent
Faire du bonheur notre monnaie courante
Maîtriser la science et dominer le temps
France socialiste puisque tu existes
Tout devient possible ici et maintenant
Il nous faudra reprendre en main nos villes
Qui ne sont plus que des ghettos géants
Où le printemps n’a plus le droit d’asile
Où meurent les vieux, les arbres, les enfants
C’est dans nos propres murs qu’on nous exile
Changeons la vie ici et maintenant
Prendre la parole
Décider nous-mêmes
Libérer nos vies des fleuves de ciment
pour ne plus mourir de l’air que l’on respire
Et pour pouvoir vieillir auprès de nos enfants
France socialiste puisque tu existes
Tout devient possible ici et maintenant
Un siècle meurt, un millénaire commence
Plus de prisons, de cages et de camps
Tendons la rose rouge de l’espérance
Aux opprimés de tous les continents
L’histoire est là qui nous offre une chance
Changeons la vie ici et maintenant
Libérer la femme
Libérer l’école
Donner la parole aux frères émigrants
Ecrire notre histoire à la première personne
Être enfin des hommes et non des instruments
France socialiste puisque tu existes
Tout devient possible ici et maintenant.

Je me souviens aussi, du haut de mes huit ans, avoir attendu le moment le dimanche soir où la photo de F.Mitterand s’est affichée en bleu blanc rouge sur notre petit écran …A la maison tout le monde était content…La politique avait un sens et une valeur qu’il nous faudrait retrouver…car trop souvent oubliés!
cette chanson représente mon père militant socialiste, mort trop tôt à 56 ans, père de famille tellement irréprochable que cette chanson sonne dans mon âme comme un doudou!!! Et comme une arme désormais. Mais quel PS? nous sommes le 19 12 2009.
Anley, c’est exactement la même chose pour moi. ce que tu dis me touche au moins autant que re-écouter cette chanson, au delà de la nostalgie personnelle. Bon sang !!
Un chant d’espoir et d’action. Tout ce dont le PS a bien besoin aujourd’hui. Il faudrait le reprendre avec force et conviction pour 2012.