Ca y est, le PS aurait trouvé la poudre de perlimpinpin, la recette miracle, l’élixir de jouvence, la pierre philosophale. Appelez cela comme vous voudrez mais il paraîtrait cette fois c’est bon, on va gagner les prochaines présidentielles à l’aide de « primaires ».
Cela va nous donner l’élan dont nous avons besoin pour ne pas rater la marche principale de l’escalier car oui, une commission de socialistes éminents le sait, l’a écrit et le dit. Oui, oui, ne soyez pas soupçonneux, ça va se passer comme cela…
C’est écrit sur 74 pages bien dactylographiées par des gens biens qui pensent que nous socialistes, nous sommes en train d’essuyer les dernières plaies du Congrès de Reims. Il paraît que nos « think-thank » sont nombreux, variés et formidables. Il paraît que nous sommes bourrés de talents, pas faux, bourrés d’intellectuels qui se sont remis au travail avec nous, peut-être. Il paraît que nous sommes résolus à retrouver l’unité, à voir.
Nous retrouvons les luttes sociales, un peu. Nous allons nous atteler à définir la vision de la société qui est la nôtre, y’a intérêt. Nous avons un imaginaire, des rêves et des valeurs extraordinaires que nous allons montrer aux Français, espérons.
Il paraît que notre projet ne pourra venir que d’une collaboration avec les Français, oui et non. Une belle façon de parler de la méthode participative d’élaboration collective inventée par Ségolène Royal, non ? Il paraît que la méthode va nous permettre de retrouver la confiance des français, espérons mais je crains que ce ne soit insuffisant.
Il paraît que les « primaires » sont un projet politique, là je ne suis absolument pas d’accord. Les primaires sont selon moi un aveu de faiblesse, une crainte de la confrontation des idées, un oubli regrettable que seul le rapport de force peut permettre à cette échelle d’être respecté et de travailler ensemble ensuite.
Ensuite il y a une question de philosophie de la république qui se pose pour les socialistes. Faut-il considérer définitivement que la 5ème république est définitivement notre et que nous devons renoncer à la changer ou à passer à une 6ème république ? Arnaud Montebourg et d’autres semblent avoir fait leur choix mais je le regrette. Vouloir instituer des primaires, c’est ignorer ou renoncer à des arguments de fond et de forme essentiels.
Les primaires, c’est la crainte selon moi que le PS renonce au parlementarisme au profit du présidentialisme, cela voudrait dire renoncer au principe d’élaboration collective et de confrontation des idées au profit de l’exercice solitaire du pouvoir et de l’escamotage du débat politique.
Les primaires, cela signifie encadrer définitivement l’élection présidentielle par les partis politiques et finalement aller dans le sens sarkozyste de l’exercice du pouvoir, l’homme du clan. Cela rendrait impossible la rencontre des citoyens avec une personnalité en particulier qui pourrait être issu d’un parti mais incarnant le rassemblement national transpartisan.
Les primaires c’est aussi dénaturer, amoindrir le rôle des militants socialistes, qui à longueur d’année s’investissent et travaillent laborieusement ; c’est valider la notion de « supporters » au détriment de l’engagement citoyen durable, c’est s’offrir en pâture aux OPNI (Objet Politiquement Non Identifié), c’est favoriser la capture du choix des électeurs socialistes et de gauche par des « barbouzes » issus des rangs de nos adversaires et qui pourraient nous « aider » à désigner le ou la meilleur(e) candidat(e) pour eux. Les primaires, c’est faire passer le « bling-bling » devant le projet politique, c’est le début de la « staraccadémisation » de la politique, c’est la victoire de la démocratie sondagière et de toutes ses dérives.
Enfin, les primaires c’est embringuer l’organisation politique et républicaine française vers une construction « atlantiste » de la démocratie où les minorités politiques n’auraient plus d’expression forte et serait donc vouées à la disparition. Je ne suis pas certains que les français aient beaucoup à y gagner. Je crois même que cela pourrait nous emmener à connaître des réveils douloureux…
Je regrette qu’on se laisse embarquer sans discernement dans ce processus « primaire » même s’il a des aspects chatoyants à court terme. Je verrai d’un meilleur œil ce système s’il était mis en place contre l’engagement devant les français de tous les candidat(e)s à convoquer des élections législatives en vue d’une assemblée constituante et d’insérer une véritable part de scrutin proportionnel aux élections législatives…

intéressant
Comme si le problème résidait dans des primaires… Et non dans la définition d’un projet politique clair et fédérateur.
Excellent article… Qui replace le débat institutionnel au centre du débat politique. L’élection présidentielle au suffrage universel puis l’instauration du quinquennat ont profondément modifié la donne, au détriment de la représentation parlementaire, et en faveur de monarques républicains, plus ou moins éclairés. Nous avons probablement à favoriser un rééquilibrage de institutions. Et de ce point de vue, le PS devrait être porteur de propositions alternatives, plutôt que de présenter une galerie de candidats potentiels, dont on ne sait rien des différences politiques, ou si peu, mais dont on voit bien qu’ils sont en concurrence pour le partage du pouvoir…à défaut d’en définir de nouveaux contours.
Matière à réflexion … merci
C’est curieux ce processus finalement si classique des socialistes..
Tous réclament débat sur tout … c’est bien, sain et on l’espère productif…
Si une idée avançait sans qu’elle n’ait fait débat ce serait haro à juste titre.
A l’inverse pourquoi faut-il qu’une idée soit vilipendée au principal motif que le point traité ne soit pas la solution à toutes les questions qui se posent.
C’est le cas des primaires……
Qu’on soit pour ou contre est une chose (encore que pour ma part je dirai si je suis pour ou contre après débat, oui pardon, sur les 36 formes qu’elles pourraient recouvrir) mais en tout état de cause il n’est ni utile ni si contributif de repousser le débat au seul motif que la question n’est pas forcément la pierre philosophale.
Le PS a 3 gros sujets : le projet, la stratégie, sa réforme interne et que les 3 sujets suscitent débat simultané est plutôt heureux car au fond qui ignore encore que renvoyer l’un des 3 à plus tard c’est ne pas le traiter.
Je ne peux pas parler de méthodologie…avant d’avoir retrouvé la fierté d’être socialiste.
L’analyse ne peut pas être sereine car l’humiliation domine. Participer au chantier me semble primordial mais des primaires ne soulèvent pas en moi un enthousiasme délirant………..
Ce n’est pas de débat dont nous avons besoin mais d’un projet de société ou, à minima, de grandes directions (précises néanmoins) qui s’appuient sur de vraies valeurs de gauche. Celui ou celle qui défendra ce projet sera alors choisi en fonction de ses qualités, réelles ou supposées ; effectivement, gardons-nous de tomber dans le bling-bling. J’ai entendu récemment cette réflexion amusante : « Le PS est-il encore de gauche ? » La réponse est oui, fondamentalement oui au niveau de ses membres ou de ses sympathisants… mais au niveau de ses dirigeants la question a le mérite d’être posée…
Excellente ton analyse, Yannick, les fuites en avant, changer pour changer, les classes sociales défavorisées connaissent assez.
On va encore ajouter du bordel au bordel ! Il faut d’abord se consacrer à la préparation des régionales et faire l’union contre les textes assassins en préparation et refaire une union de la gauche sur ce thème. Préparer la présidentielle aujourd’hui est le meilleur moyen de la perdre. On a ouvert la boite de Pandorre (merci François) et il va être difficile de la refermer, car le premier secrétaire à vocation a être le candidat naturel du parti.
Comme tu le dis si justement cher Yannick:
–Si les primaires c’est s’offrir en pâture aux OPNI, c’est favoriser la capture du choix des électeurs socialistes et de gauche par des barbouzes issus des rangs de nos adversaires ^
–Cest NON , trois fois NON…
–Mais si les primaires c’est d’abord un engagement écrit et signé au bas d’une charte clairement définie avec soutien sans conditions en faveur du candidat (e)de gauche désigné, ( je dis bien de gauche).
Cette signature sera accompagnée d’un versement d’une somme symbolique pour participer à la désignation .De plus ces listes établies seraient publiées , justemnt afin de débusquer ces fameux OPNI de nos adversaires de tout « bords)…
—- C’est OUI , trois fois OUI..
Je conserve encore en mémoire nos adhésions » à 20 euros, qui ont laissés des traces au sein de notre parti….
Je ne reprendrais surement pas ma carte du PS !!!
Trop de clientélisme, trop de non respect de la base (élections de M. Aubry, entachée d’irrégularités, voire plus), trop d’egos démesurés, enfin je veux garder toute liberté de voter pour celui ou celle qui me représentera le mieux dans l’avenir, même si d’expérience, je sais qu’une fois élu, foin des promesses.
L’essentiel, avant de parler de primaires me semble être le regain de confiance envers les sympathisans car ce ne sont pas que les militants qui font le PS. Or, pour regagner cette confiance, il faut être sans équivoque sur une ou des lignes bien définies. Par exemple, que l’on voit assister des parlementaires PS à la mascarade de Versailles peut encore passer en évoquant le respect de la constitution, mais que l’on voit ces mêmes parlementaires se lever et applaudir à la fin du discours participe à la confusion générale. Il ne faut pas balayer au PS, mais passer l’aspirateur.
Réponse au 12ème commentaire de ce blog:
« Les commentaires sont libres , les faits sont sacrés » devise du Journal Sud-ouest…..
» Versailles AFP 22/ 0 6 /09. 16H. 44,
Congrès: Sarkozy applaudi par la droite, la gauche et Bayrou restent assis.
Les parlementaires de droite ont longuement applaudi debout le président Nicolas Sarkozy lundi à l’issue de son discours devant le Congrès du Parlement à Versailles tandis que ceux de gauche et François Bayrou ( Modem) sont restés assis au moment oû il quittait l’hémicycle……( fin de l’extrait D’AFP)
» qui veut tuer son chien…dit qu’il a la rage »
« en politique , comme dans la vie de tous les jours , il est plus facile d’identifier ses adversaires que ses faux amis ».
Les paroles s’envolent les écrits restent , pour l’Histoire , c’est préférable pour tout le monde….