Poser la question c’est déjà en grande partie y répondre. Ce n’est pas moi qui le fait évidemment, c’est un ténor socialiste en la personne d’Arnaud Montebourg. Evidemment quand un militant socialiste pose ce genre de questions, il est un gêneur le plus souvent, un hurluberlu ou un critiquant qu’il faut vite éteindre ou briser. Mais là, il s’agit d’Arnaud Montebourg.
L’objet de cette question qu’il pose est l’accueil plutôt frais qui a été réservé à sa concoction « primaire ». Arnaud Montebourg écris ceci dans sa lettre de la rénovation n°9 : « Aussi nous ne pouvons en rester à ce constat de l’immobilisme systémique d’un parti devenu très vieux. Il nous faut mener la bataille militante de la refondation. Elle passera si nécessaire par la mise en œuvre de l’article 6.11 des statuts du parti qui prévoient qu’« à la demande de 35 fédérations ou d’au moins 15% des adhérents, le Conseil national peut décider, après en avoir débattu sur le fonds et à la majorité qualifiée des deux tiers de ses membres, d’organiser une consultation directe des adhérents ». Il faudra donc sans
doute en passer par là et il faut dès maintenant en préparer les conditions dans les fédérations et autour. »
Je trouve cette façon d’agir irrespectueuse et grossière à l’égard même des militants qu’elle semble illusoirement et perversement considérer, cela au profit d’une vison personnelle de la « rénovation » et d’une stratégie personnelle.
Car enfin bon, on peut débattre de l’utilité ou de l’inutilité de primaires pour préparer les prochaines élections présidentielles, on peut débattre aussi de la forme de ces « très éventuelles » primaires mais nous devrions nous concentrer davantage sur les questions de fond que sur la seule question de notre conversion (non débattue et non validée) au présidentialisme.
Ce qui intéresse les militants socialistes et les électeurs de gauche en général, c’est bien plus le sens du socialisme moderne, ce qu’il pense « au fond » de la société ultrafinanciarisée dans laquelle il évolue aujourd’hui, comment il se propose de la révolutionner ou de la transformer, comment le socialisme est capable d’intégrer l’écologie pour aller vers la socialécologie, quel modèle alternatif de construction sociale il peut proposer, comment offrir à tous les hommes et les femmes socialistes qui le souhaitent la possibilité d’une participation aux débats qui ne soit pas illusoire, comment faire émerger les talents, comment faire évoluer notre gouvernance interne, comment rebâtir une grande élaboration collective de nos projets, bâtir un projet, faire taire les candidats à la présidentielle qui se lèvent ou se rêvent chaque matin, parler aux français vraiment…
Alors les « révolutions » de palais, pourquoi pas mon cher Arnaud, mais au moins à bon escient…

Cher Yannick,
d’abord merci de faire vivre le débat de la refondation et des primaires que d’aucuns retranchés dans leurs citadelles locales veulent marginaliser feignant de croire que tout va très bien (Madame la marquise).
Merci également de rendre compte du travail du secrétariat à la rénovation et de sa lettre bimensuelle que l’appareil de notre parti soit par incompétence soit par mauvaise volonté (toujours difficile de distinguer) ne porte pas à la connaissance des militants (d’ailleurs je n’ai pas vu notre fédération diffuser ces informations). J’en profite donc pour donner l’adresse du blog du SN sur lequel chacun peut accéder aux documents, rapports et publications propres à la rénovation : http://renovation.parti-socialiste.fr
Pour ceux qui utilisent facebook, un groupe a été créé et permet d’échanger sur ces thèmes.
Chacun pourra ainsi accéder à la dernière lettre en question et comrendre pourquoi le secrétaire national évoque le recours aux statuts et à la consultation des militants. En effet, tu as oublié de préciser les raisons qui poussent à cette proposition : le refus catégorique depuis plusieurs mois de mettre ce sujet à l’ordre du jour d’une réunion du bureau national et du secrétariat national, le refus d’organiser des ateliers et forum à La Rochelle et, ce qui résume tout, le refus d’échanger sur ce sujet avec les militants avant juin 2010.
Il s’agit donc non pas de procéder à une révolution de palais mais d’inscrire ce débat à l’ordre du jour de nos instances pour enfin commencer à en délibérer démocratiquement, en somme ce que tu suggères.
Enfin, sur le fond, une fois pour toutes, pour délibérer sur les enjeux des primaires, il faut évacuer deux faux débats et procès d’intention.
En premier lieu, le rapport sur les primaires propose de mener de front et en même temps la question de projet et celle de la personne mettant ainsi fin aux tergiversations plus ou moins intéressées sur leader ou le projet d’abord. En effet chacun sait bien qu’une idée, surtout si elle est innovante, a besoin d’être incarnée (c’est-à-dire portée politiquement) pour exister et qu’un leader ne peut être désigné en faisant abstraction de ses idées et de sa sensibilité. Il est donc totalement absurde s’opposer primaires et projet le premier englobant le second.
En second lieu, les primaires proposent une stratégie et des outils pour que la gauche puisse aborder une élection présidentielle dans les meilleures conditions. Il n’est donc pas question de se convertir sur le fond au présidentialisme (drôle d’accusation au principal porte-drapeau, jusqu’il y a peu contre son propre parti, d’une 6ème République Primo-ministérielle). Si la crainte de conversion est trop forte, autant ne pas présenter de candidat. Les primaires nous permettent justement de concilier notre culture et notre projet parlementaristes et la nécessité de se frotter à un système et un scrutin présidentialistes en vue de gagner.
Amitiés
Un vrai projet. Le socialisme c’est avant tout organiser l