Voiles, foulards et autres artifices, une question d’égalité, de laïcité et de citoyenneté
L’actualité des dernières semaines a remis sur le devant de la scène la question des foulards et autres dérivés d’affirmation identitaire avec l’apparition dans le débat public de la question du niqab.
L’assemblée nationale a même décidé d’en passer par une commission spéciale chargée de réfléchir au sujet, et surtout de l’enterrer car il s’agira bien de cela et uniquement de cela tant notre république a décidé depuis trop longtemps de ne pas mener les combats, de ne pas débattre sans tabou des sujets éthiques qui la concernent pourtant au premier chef.
Curieusement, le débat a ressurgi dans l’espace public et politique, comme pour détourner des sujets essentiels qui devraient davantage préoccuper nos dirigeants et nos élus… Encore une fois, notre pays a choisi un cache sexe pour éviter de parler des vrais sujets comme la crise, l’emploi, la question des salaires, la relance économique et la misère sociale non plus grandissante mais envahissante. Mais passons sur les circonstances ou les raisons de l’intrusion de ce sujet dans le débat national, au cœur de l’été.
Pour celles et ceux qui regardent avec lucidité le débat national, quelles que soient leurs « chapelles » politiques respectives, vous remarquerez sans peine que l’on ne fait intervenir sur le sujet que les seconds coûteaux et que l’on se garde bien de faire valoir chez nos grands édiles un quelconque début d’opinion tranchée. Quel dommage ! Il nous faudra pourtant bien avoir un jour le courage politique d’affronter le sujet pour enfin positionner la république dans une posture de force et de protection face aux différentes velléités de l’affaiblir, de la communautariser et d’y instiller le venin de la division religieuse.
C’est même un chantier de réflexion et de politique avec un grand P qui permettrait aux progressistes sincères, aux hommes et femmes de gauche sincères, aux républicains sincères et aux laïcs sincères, sinon de se faire élire, au moins de démontrer que la gauche, les socialistes espérons le, sont encore capables de porter collectivement des réflexions fondamentales sur la projection de notre société et sur une république moderne et qui protège.
Le sujet peut sembler difficile alors qu’il me semble des plus simples et devrait être traité simplement pour ne mêler aucune considération religieuse mais simplement des considérations citoyennes. Alors que la république a placé dans son triptyque sacré la liberté, l’égalité et la fraternité, elle s’interdit et se faisant se met en danger en ne faisant pas prévaloir ces valeurs fondatrices sur toute autre considération.
Si l’on est un tant soit peu attaché à la notion de citoyenneté, on peut considérer essentiel le triptyque républicain et considérer comme Centrale la notion d’égalité. Cette considération, devrait pouvoir l’emporter sur toute autre car garantissant la première et la troisième.
En temps qu’individu, cela ne me dérange pas intrinsèquement qu’une personne souhaite se vêtir de la façon qui lui convient, quelle qu’elle soit, même avec des atours ou des artifices fondés sur des considérations religieuses, même si par ailleurs je peux les considérer comme restrictifs de liberté ou avilissant.
En temps que citoyen, je suis dérangé que l’espace public soit envahit par des objets, signes ou symboles arborés par les uns ou les autres et qui n’ont pour objet essentiel que d’afficher une différence, une forme de refus de « l’autre », qu’il soit fondé sur des questions religieuses, politiques ou philosophiques.
Je ne parle évidemment pas des « petits » objets de type croix, étoile, etc. même si selon moi ils sont aussi des facteurs de communautarisation. S’ils sont discrets, on peut estimer qu’il ne sont pas attentatoires à la liberté fondamentale tant que l’on ne leur donne pas « droit de cité » et reconnaissance officielle au sein de l’espace public, républicain et laïc.
Il en va autrement selon moi des objets de type « niqab », hijab, voile catholique, etc. dès lors qu’ils ont pour objet de « voiler » (au sens propre comme au sens figuré) un individu, un citoyen de son prochain. Pourquoi la république ne pourrait-elle pas se protéger tout en se modernisant en créant la notion de « citoyen connaissable » ?
J’imagine déjà ceux qui me tomberont dessus en me traitant de « réac » pour brocarder cette pensée qu’on qualifiera perversement de contraire à la liberté.
Le législateur, plutôt que de faire des lois anticagoule, et de créer des commissions inutiles ferait bien de s’attacher à estimer que tout citoyen se trouvant au sein de l’espace public se doit d’être en situation d’être « connaissable » et donc reconnaissable. Cela ne viendrait en rien restreindre la liberté de porter des casquettes, foulards et autres breloques mais viendrait insérer dans la vie collective et républicaine une forme de protection pour tous tout en réaffirmant comme centrale la notion d’égalité républicaine.
Il serait aisé d’insérer cette notion dans la loi et de l’emménager pour tenir compte des questions sanitaires ou particulières ayant trait à certaines professions réglementées.
Légiférer en ce sens pourrait offrir à la république un souffle de modernité et de force tout en l’extrayant des considérations religieuses. Ce serait un signal fort en matière de citoyenneté, de vivre ensemble et de vivacité de la laïcité républicaine. Cela aurait également, au-delà des contestations évidentes de départ, l’avantage de protéger les libertés individuelles et collectives.





































Interdire les signes religieux ostentatoires dans l’espace public me semble une bonne chose… Précisément parce que ces signes introduisent des distinctions visibles entre les citoyens et que c’est susceptible de développer un communautarisme contraire aux valeurs de notre république, en rendant difficile le vivre ensemble. Je ne sais s’il faut s’abriter derrière le fait que l’on reconnaît ou que l’on ne reconnaît pas la personne, comme critère déterminant de l’interdiction ou de l’autorisation, car on risque des contentieux sans fin sur ce thème là. En revanche, il faut se mettre d’accord sur la notion d’espace public : c’est très clair pour l’école (y compris privée sous contrat d’association et cela doit s’appliquer y compris pour les personnels religieux qu’elle emploie, à l’exception du périmètre des aumôneries et des lieux de cultes qui peuvent y exister). C’est encore clair pour les employés de l’ensemble des services publics dans l’exercice de leurs fonction…, cela doit l’être pour tous dans les équipements sportifs, socio-culturels et de loisirs… On ne se baigne pas à la piscine en burka, et la piscine publique est obligatoirement un lieu mixte.
Pour la rue, il faut probablement approfondir la réflexion. On pourrait imaginer d’autoriser le port des vêtements et symboles religieux dans la rue certains jours de grandes fêtes religieuses… et l’interdire le reste du temps. Cela vaudrait pour toutes les confessions sans exception (y compris donc pour le clergé catholique… ni soutane, ni clergyman). Ces vêtements et insignes pourraient en revanche être portés sans aucune limitation dans les lieux de culte et dans le cadre des réunions famiiales et amicales privées.
Je ne suis pas forcément contre l’idée de « connaissable » dans le sens de citoyen reconnu en tant que tel. J’imagine que ce serait une avancée.
Pourquoi ne pas tout simplement dire que notre République ne peut reconnaître chaque citoyen dans la totalité de ses droits, que si chaque citoyen reconnaît la République en tant que référence incontournable, de modèle de fonctionnement politique et social. Dans ces conditions, au nom des grands principes de liberté égalité fraternité, aucune contrainte de quelque ordre que ce soit (et à fortiori vestimentaire) ne peut être acceptée. Et je suis encore une fois sur la même longueur d’onde : à condition que nos élus acceptent le débat !
Quel rapport avec la laïcité? Tu affiches bien tes opinions politiques sur un blog et sur FB, pourquoi serait-ce plus « communautariste » d’afficher des opinions religieuses?
Dans la rue on peut imposer des règles liées à l’ordre public (imposer que chaque citoyen soit identifiable), pour le reste, la Convention Européenne de sauvegarde des Droits de l’Homme veille…et heureusement!
parler de ses opinions politiques est du registre de la libert… Lire la suiteé d’expression et laisse à chacun le soin de lire ou d’écouter ou de ne pas le faire en se détournant…
imposer dans l’espace public des choses qui contreviennent directement au principe de laïcité (car directement dictées par des expressions ou commandements de religieux) et qui surtout empêchent la situation de « reconnaissance » est contraire selon moi à la sérénité dans l’espace public et assure une expression du fait religieux dans l’espace public. ce n’est donc plus la laïcité à la française mais bien à l’anglo saxonne… je suis français et attaché à l’identité historique de la la laïcité française !
quant à l’Europe elle peut aussi être synonyme dans certains textes de moindre protection collective que nos propres textes. il me semble bien que les héritiers des lumières sont français et non anglo saxons…
je partage cette analyse que tu fais yannick et on peut être déçu que le ps ne soit pas en pointe sur la question, laissant à la droite des sujets qui devraient être les nôtres.
une bonne proposition que tu fais là, à aménager suremnt mais excellente en fait! tu devrais la proposer à martine faure et jean-marie darmian…
quoi que hervé gillé pourrait paraitre intéressé
Le problème, à mon sens, n’est pas tant la liberté d’expression, et au demeurant pourquoi interdirait-on l’expression des convictions des croyants…Je suis moi-mème chrétien et je ne répugne pas à l’échange… Ce dont il faut se protéger à tout prix, c’est le contre le risque de voir certais religieux profiter de la liberté que garantit la laïcité pour tenter d’introduire des différenciations entre citoyens, ou pire de vouloir imposer au champ social des norme renvoyant à un positionnement religieux.
je trouve personnelement que c’ est scandaleux ce que vous osez écrire et ce qui me choque en plus de ça c’ est la mini vignette qui fait ressembler les musulmans a des extrimistes bon bah après chacun pense comme il veux
[...] des thèmes bien forts comme la laïcité, l’affaiblissement programmé de la démocratie, les tentatives de communautarisation de notre pays, la mise au pas de la liberté de la presse, le travail du dimanche, la censure qui pointe son nez [...]
Lorsque ces immigrés sont arrivés chez nous nous avons été leurrés par les promesses de nos politiques. Ils nous disaient que tous ces gens allaient s’intégrer dans notre société. C’est plutôt nous qui devons nous intégrer aux us et coutumes de ces gens avec l’appui de bien pensants. Etre accueilli dans un service public par quelqu’un (homme ou femme ?) qui se cache derrière le vêtement islamique complet NON je préfère encore attendre que de passer devant cet emblème de l’islam conquérant.