Rss Feed
Tweeter button
Facebook button
Flickr button

« On n’a vraiment plus rien à perdre »

14 août 2009
Par Yannick Serrano

Les organisateurs ont aligné des chaises supplémentaires dans la salle des fêtes de Branne mercredi dernier en fin d’après-midi pour faire face à l’afflux de viticulteurs (environ 300) issus des quatre coins de la Gironde.

Au-delà des producteurs de bordeaux et bordeaux supérieurs, plusieurs vignerons œuvrant sur des appellations plus renommées comme Fronsac, Saint-Émilion ou Pomerol avaient fait le voyage.

Pas de cahier des charges

Coprésident du collectif né des suites de l’orage du 13 mai, Daniel Fénelon, viticulteur et maire de Belvès-de-Castillon, donne le ton : « On ne vend plus, ou on vend en dessous du prix de revient. On sait faire du vin de qualité, on n’a pas besoin de cahier des charges. Nos structures professionnelles ne répondent plus aux questions de la base, on n’a plus rien à perdre. »

Chantal Séguillon, viticultrice à Saint-Pey-d’Armens et également coprésidente, met en évidence l’indispensable travail que doit trouver un viticulteur en dehors de son exploitation s’il veut subsister, tout en notant que « si la viticulture s’effondre, c’est tout le réseau social de la région qui disparaît ».

Exploitante sur Pomerol, Chantal Laval, membre du bureau, insistera pour le rétablissement de la démocratie dans la filière : « Nous avons abandonné le pouvoir législatif que nous octroie chaque appellation. » Être viticulteur est devenu un métier complexe, qui exige de maîtriser la culture et le travail du chai, de gérer une entreprise et de savoir vendre. Fatigués, parfois indifférents, les vignerons ont déserté les réunions organisées par leur filière. Après orages et méventes, le réveil est brutal : ils ne se reconnaissent plus dans les décisions prises par leurs instances professionnelles.

Faire revivre la démocratie

Ils veulent refaire vivre une authentique démocratie, pouvoir s’exprimer et participer à des réunions « où tout n’est pas décidé à l’avance, où l’on vote à bulletin secret » et retrouver leur poids face au négoce.

Le collectif s’est montré exemplaire en donnant très largement la parole à la salle où chacun a pu s’exprimer durant trois heures. Le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) a fait l’objet de multiples critiques, parfois radicales : « On ne peut pas discuter avec ces gens, on ne les paye plus, c’est tout. Ils ne comprennent que la force. »

LME et contrôles

La loi de modernisation économique (LME) qui impose le paiement des fournisseurs à 45 jours au plus, alors que le négoce ne règle qu’à 60 ou 90 jours a également été stigmatisée. Sur ce point, Bernard Farges, président du Syndicat des bordeaux et bordeaux supérieurs, qui s’était invité dans l’assistance, a rappelé que la décision remontait à septembre 2008. Il s’est montré confiant sur les discussions en cours qui devraient conduire les négociants à suivre la LME dès décembre prochain.

Les contrôles effectués par l’ODG (Organisme de gestion) sur les propriétés sont très mal perçus. Même si, selon Bernard Farges « les 190 contrôles déjà effectués se sont dans l’ensemble bien passés », le collectif ne veut pas en entendre parler. « C’est un outil d’élimination, il faut barrer la route aux contrôleurs ! » demandera la salle. À cet effet, des « forces de mobilisation rapide » seront créées sur chaque appellation afin d’assister le viticulteur contrôlé.

Agir pour retrouver des prix de vente décents, raccourcir les délais de paiement des négociants et bien sûr rester mobilisé sont les priorités qui ont été retenues. Le collectif, qui ambitionne 1 000 adhérents, organisera une nouvelle réunion aux alentours du 15 septembre.

source Journal Sud-Ouest
  • email
  • Print
  • PDF
  • RSS
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • LinkedIn
  • MSN Reporter
  • MySpace
  • Netvibes
  • Technorati
  • Twitter
  • Yahoo! Buzz
  • FriendFeed
  • Live
  • Reddit
  • Tipd
  • Wikio FR

Tags: , , , , , , ,

2 Commentaires à “ « On n’a vraiment plus rien à perdre » ”

  1. Patate Chaude on 23 août 2009 at 15:30

    Réveil tardif…mais réveil quand même, enfin, tout reste à prouver. Voilà bientôt 10 ans que ça dure, que les syndicats d’appellations se sont transformés en organisme de gestion et ne se soucient plus de défendre les viticulteurs. Les solutions existaient, personne n’a voulu en entendre parler.

    Maintenant, un nouveau collectif se met en place, le précédent avait réussit à exploser sous les assauts des syndicats d’exploitants de tout bords, voyons si ce dernier résiste…

    D’ailleurs, comment tenir cette réunion en présence de Bernard Farges. La plupart des viticulteurs ne bronchaient pas lors de la présentation de la réforme durant les AG locales (comme il le rappelle sournoisement) quels sont les nouveaux arguments?

    Si le collectif n’a pour but que de tenter de « renouer un dialogue » c’est bidon, il doit être plus ferme et définir de grandes lignes d’action, comme suspendre les cotisations qui servent à payer les contrôles de quali-bordeaux par exemple. A ce titre l’article est mal fait : Les contrôles de l’ODG sont bien perçus (contrôles internes), pas ceux de Quali-Bordeaux (certification de l’appellation), nuance de taille.

    Je vais essayer de me rendre à une de ces réunions, tâter le terrain, mais si c’est de la palabre, j’ai déjà donné (voir un de mes précédent commentaires).

  2. Patate Chaude on 23 août 2009 at 15:46

    Je rajoute un article fort intéressant, compte-rendu d’une visite de Quali-Bordeaux…

    http://malrome.over-blog.com/article-33560214.html

Laisser une Réponse

Quelques Vidéos

Là aussi…

over-blog.com

Flickr Quelques Photos

Créon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésCréon le 28052009, visite aux viticulteurs sinistrésRéunion sur l'éducation à Créon le 12.03.2009Réunion sur l'éducation à Créon le 12.03.2009Réunion sur l'éducation à Créon le 12.03.2009Réunion sur l'éducation à Créon le 12.03.2009Réunion sur l'éducation à Créon le 12.03.2009Réunion sur l'éducation à Créon le 12.03.2009Réunion sur l'éducation à Créon le 12.03.2009FlashphpTHXSKVphpUx8Hz0

Recherche

Archives