Vers la création d’un ministère de la propagande
Écrivons sans tarder l‘épisode 9 de notre très noire saga sarkozienne et de la décente aux enfers de notre république. Grâce à mon ami Roland Greuzat , Adjoint au maire de Plourin-les-Morlaix qui a déniché une information croustillante que ne relatera pas votre édition de 20 heures préférée…
« On se demandait finalement pour quelles obscures raisons Frédéric Mitterrand avait conservé son maroquin de Ministre de la Culture après le scandale que l’on sait. Maintenant on commence à comprendre, certaines modifications dérangeantes sur l’organigramme du Ministère passaient difficilement avec Christine Albanel… mais avec Frédéric Mitterrand, on n’hésite plus puisque manifestement « on le tient ».
C’est ainsi que disparait du Ministère la direction du Livre et de la Lecture qui se trouve ensevelie au fin fonds d’un tout nouvel organe de décision: « La direction générale des médias et des industries culturelles ». Cette dernière « définit, met en œuvre et évalue la politique de l’Etat en faveur du développement et du pluralisme des médias, de l’industrie publicitaire, de l’ensemble des services de communication au public par voie électronique, de l’industrie phonographique, du livre et de la lecture et de l’économie culturelle ».
Dans ce magma que va devenir, entre autres, le Centre National du Livre qui dispense un certain nombre d’aides notamment financières en direction des auteurs et de la petite édition. Il est question que cet organisme indispensable à la vie littéraire et à la création devienne un EPCC comme les autres (Établissement public de coopération culturelle). Si cette solution était la bonne pour les structures régionales (les centre régionaux du livres sont devenus des EPCC « Livre et Lecture ») elle est par contre totalement inadaptée à une structure telle que le CNL. Rien n’est anodin car cette nouvelle super direction procèdera à des évaluations des politiques publiques notamment dans le cadre de la lecture publique. Et il faudrait être naïf pour penser qu’elle ne s’en tiendrait qu’à cela. C’est vraiment l’ensemble de la politique culturelle qui va être mise en coupe réglée, la marge de manœuvre de notre action régionale à travers nos EPCC (Livre et Lecture principalement) en sera d’autant réduite. La terminologie même employée est inquiétante: « économie culturelle », « industrie de diffusion et de production » tout cela mélangé avec « l’industrie publicitaire ».
Bref cela sent très fort la liquidation. Une liquidation déjà en marche puisqu’un décret du 15 Novembre 2009 nous fait savoir que la direction du livre et de la lecture est supprimée et que : »la référence au directeur du développement des médias et au directeur du livre et de la lecture est remplacée par la référence au directeur général des médias et des industries culturelles. »
La conception sarkozienne de la culture non seulement s’affirme mais nos craintes de la mainmise d’un pouvoir centralisé sur un domaine où l’on espérait maintenir la liberté contre vents et marées se confirment… et quoi de plus normal dès lors de voir un Eric Raoult vitupérer contre le lauréat d’un prix littéraire… (même si les réactions officielles pour essayer de modérer cette intervention ont existé, elles ont surtout marqué l’opinion par leur tiédeur voire leur mollesse).
Qu’on ne se leurre pas, la politique de la pensée est en route, elle a déjà trouvé ses « agents de police ».




































