Dans notre République, la Loi de 1905 de Séparation des Églises et de l’Etat est un des textes fondamentaux. Cette loi, que l’on doit à Aristide Briand qui en fut le rapporteur, scelle que la République protège la liberté de conscience de chaque citoyen en même temps qu’elle ne reconnaît aucune religion.
Aristide Briand parvint ainsi à l’achèvement d’un affrontement violent qui avait duré presque vingt-cinq ans et qui avait opposé deux visions de la France : la France catholique royaliste et la France républicaine et laïque.
Ainsi dans son article 1 il est écrit « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. » Egalement, elle dit nettement dans son article 2 « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes. …. »
Passons sur la série d’épisodes où Nicolas Sarkozy s’est illustré en indiquant qu’il faisait peu de cas de la laïcité, c’est déjà largement relaté sur ce blog. Voici l’Episode 10 de la triste saga sarkozyste :
Un processus de fusion des universités de Nancy (Nancy I, Nancy II, INPL) et de Metz (Université Paul Verlaine) est actuellement mis en oeuvre et devrait en théorie aboutir à la constitution de l’université de Lorraine. Jusque là, pas de quoi fouetter un chat me direz-vous. Alors lisez bien la suite…
Cette fusion aura pourtant de graves conséquences, eu égard au caractère laïque de cette nouvelle université. En effet, l’Université Paul Verlaine de Metz, établie en zone concordataire, possède un département de théologie, appelé Centre Autonome de Pédagogie Religieuse, faisant partie de l’UFR « Sciences humaines et arts » et relève à la fois du diocèse et de l’Université de Metz. Or ce département propose le cycle complet de théologie dans le cadre du LMD. Il s’adresse aux personnes qui se destinent à l’enseignement religieux et aux futurs prêtres de Lorraine, ainsi qu’à toute personne qui désire une formation en théologie chrétienne. Sur le site Web de l’Eglise Catholique, on peut lire que « la plupart des cours ont lieu à l’Université de Metz, dans le cadre du Centre Autonome d’Enseignement de la Pédagogie Religieuse qui est en quelque sorte la section ‘‘théologie’’ de l’UFR Lettres et Sciences Humaines ».
Ainsi, L’Université de Lorraine devrait avoir la charge de la formation des personnels clercs et séculiers de l’Eglise Catholique. Un tel département a-t-il sa place dans le cadre d’une Université Laïque ne subissant pas les contraintes du Concordat Napoléonien ? EVIDEMMENT NON !
Mais tout cela est tout sauf le fruit du hasard… pour mémoire
Or dans le document préparatoire à la fusion on apprend qu’il ya aurait « Fusion totale de toutes les UFR concernées pour ne faire qu’une grande UFR qui pourrait par exemple s’appeler « La faculté des humanités ». Nulle part dans ce document n’apparaît nommé ès-qualité le département de théologie. S’agirait-il de masquer cette intégration de ce département religieux au mépris de la laïcité ?
On apprend aussi que « Les directeurs de département seraient invités de droit à participer aux conseils d’UFR de façon à pouvoir y faire entendre la voix de leur département et être informés au mieux ». Ainsi, les autorités religieuses, via la direction du département de théologie pourrait donner leur avis sur le budget commun à toute l’UFR Sciences Humaines et Art comme sur les demandes de postes, ainsi que cela est stipulé dans ce document. Et donc dans une telle université, les représentants d’une Eglise pourraient intervenir sur les axes de recherche, et l’enseignement des autres disciplines qui ne relèvent pas de la religion Catholique.
Si cette fusion intégrait le département de théologie de l’Université Paul Verlaine de Metz, l’Université de Lorraine ne serait pas laïque. Elle exprimerait l’extension du Concordat en matière scolaire en-dehors de la zone concordataire.
Cela constituerait une initiative de très grande gravité et préjudiciable pour toutes les universités françaises et donc la laïcité de l’Enseignement Supérieur.
Le Parti Socialiste, sa Première Secrétaire et ses parlementaires doivent donc demander avec fermeté que la loi de 1905 établissant la laïcité de l’Etat et des services publics ainsi que les articles correspondant du Code de l’éducation soient rappelés et mis en œuvre dans les textes fondateurs et les statuts de la future Université de Lorraine.
Le gouvernement accepte bien là un processus anti-laïque, que certains voudraient masquer et qui reviendrait à mettre en œuvre les accords que le Ministre Kouchner a signé avec le Vatican sur lesquels un recours au Conseil d’Etat a été déposé. Il ouvrirait une brèche béante pour les autres religions au nom du principe d’équité auquel leurs membres ne manqueraient pas de se référer !
Si l’Université de Lorraine est créée, il faudrait que ce Département de Théologie abandonne tout caractère religieux, et devienne enfin un secteur véritablement laïcisé de l’Université Publique. En fait, ce département ayant été utilisé depuis tant d’années à de fins prosélytes, ce ne serait que justice.
La formation des clercs et laïcs (non clercs) travaillant pour l’Eglise Catholique doivent être formés par l’Eglise Catholique sur ses fonds propres. Aucun crédit public ne doit être attribué à un département à finalité religieuse.
Tous les laïques et les organisations laïques se doivent d’agir pour préserver le caractère laïque de l’Université de Lorraine. J’espère que les lecteurs socialistes et journalistes qui lisent ce blog sauront intervenir politiquement ou enquêter.

Le Concordat est la séquelle résorbable d’une époque révolue. Cela signifie qu’aucune nouvelle institution créée en Alsace Moselle, ne doit y être soumise.
Il n’est sain pour personne que les formations théologiques soient dispensées par l’enseignement public, sur fonds publics. Seule une stricte séparation garantit à la fois l’indépendance du pouvoir civil et l’autonomie du religieux par rapport au temporel.
Merci pour cet éclairage avisé. Je vais diffuser l’article.
Je partage totalement cet avis.Mais il faut être conscient que par petites touches l’église catholique reprend la main (voir la nouvelle loi sur le financement des écoles privées).Au nom d’une soi-disant égalité ,on fait croire aux parents qu’ils peuvent choisir ,or la seule Ecole qui devrait garantir un accès identique aux savoirs c’est l’école publique !!Encore faut-il lui donner les moyens financiers et humains (en nombre et correctement formés pour leur métier !!!)
[...] de la IIIe République, cette reconnaissance des diplômes religieux de toute nature, est un retour programmé au Concordat de 1801 qui faisait des religions un service public et des religieux des [...]
[...] de la IIIe République, cette reconnaissance des diplômes religieux de toute nature, est un retour programmé au Concordat de 1801 qui faisait des religions un service public et des religieux des [...]