C’est un succès inespéré que vient de remporter l’UMP aux élections régionales. En dépit de la crise qui ferme les usines et gonfle le chômage, en dépit des réformes qui tardent ou qui patinent, en dépit du solide discrédit dont pâtit Nicolas Sarkozy dans l’opinion, en dépit d’un score national calamiteux, en dépit de tous ces vents mauvais, le parti du président a remporté… les vingt-deux régions métropolitaines.
On lui prédisait une déroute. Il vient non seulement de sauver l’Alsace et la Corse, mais de reconquérir plusieurs régions, et non des moindres : Ile-de-France, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne, Franche-Comté, Champagne-Ardenne, Centre. Grands et petits chefs de la droite jubilent de ce miracle soigneusement préparé depuis quatre ans.
Arrêtons là la plaisanterie, puisque ce n’en est pas vraiment une. Mais simplement l’application aux résultats du 14 mars 2010 du nouveau mode de scrutin régional qui – si la réforme envisagée va à son terme – sera inauguré en 2014.
Comparaison n’est pas raison, objecteront immédiatement les esprits rigoureux. A juste titre. Si elle fait l’objet d’un projet de loi approuvé par le conseil des ministres du 21 octobre 2009, cette réforme électorale n’a même pas encore été discutée par le Parlement et encore moins examinée par le Conseil constitutionnel, qui pourrait y trouver de sérieux motifs de censure.
En outre, elle chamboule complètement le paysage régional et départemental et invente le « conseiller territorial », élu commun à ces deux collectivités locales. Enfin, elle instaure un mode de scrutin totalement baroque, à un seul tour, au terme duquel 80 % desdits conseillers territoriaux seront élus au scrutin uninominal dans le cadre des cantons, tandis que les 20 % de sièges restants seront attribués à la proportionnelle en fonction des suffrages obtenus par les candidats affiliés à des listes départementales. Un véritable « scrutin Shadok », conforme à la devise « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? », selon la formule de Laurent Fabius.
Ces objections sont évidemment fondées. Il n’empêche : l’objectif affiché de cette réforme est de permettre aux candidats arrivés en tête au premier et unique tour de scrutin de remporter la victoire, même avec moins du tiers ou à peine plus du quart des voix.
Appliquée, dans son esprit, aux résultats du 14 mars, elle permettrait donc à la droite parlementaire de faire bonne figure. Quand bien même elle a réalisé, avec 26,18 %, le plus mauvais score de son histoire depuis le début de la Ve République.
En résumé, malgré un vote sanction cinglant sur le plan national, ce nouveau mode de scrutin régional aurait rendu possible un joli hold-up électoral au niveau régional. Espérons simplement que, lors de son examen au Parlement, chacun saura soit s’y opposer, soit l’amender suffisamment pour éviter une telle arnaque démocratique.

Monsieur SERRANO,
J’ai lu avec attention, et approuve d’autant plus votre article sur la réforme des collectivités que, militants régionalistes et écologistes,(d’Europe Ecologie Bretagne, militants Verts, UDB dont je suis, et associatifs) nous sommes d’autant plus attachés à cette décentralisation, et au fait de donner aux régions les moyens de vivre et d’agir, pour plus de démocratie, au plus près de la population.Nous sommes d’autant plus inquiets de la réforme à venir,car l’on peut se demander quels véritables moyens auront les Régions avec cette réforme. Sans compter, comme vous le soulignez très justement, le risque de « hold-up électoralé des forces les plus conservatrices, au risque d’aggraver la politique fortement antisociale menée actuellement, qui aggrave la situation des personnes déjà les plus défavorisées.
Or, nous venons de recevoir un véritable camouflet de la part de votre collègue, M. Jean-Yves LE DRIAN, Président sortant de la Région Bretagne : venus avec une véritable volonté d’union des forces de gauche, pour continuer le travail mené en commun lors de la précédente mandature, il nous a été opposé une fin de non recevoir, malgré les discours,par des propositions inacceptables, ne tenant pas compte de la réalité de notre existence.
Alors que, partout ailleurs en France, cette union des forces de progrès a pu se faire, il est regrettable que le Président de la région Bretagne face montre d’une telle volonté hégémonique, que cette volonté de mener ensemble une politique régionale à contre courant de la politique néo-conservatrice du pouvoir, une politique de progès, de dynamisme écologique, social,etc…., soit ainsi brisé.
C’est un militant de base d’un petit parti qui vous adresse ce message, mais je crains que, et pour longtemps, la confiance ne soit brisée et que l’incompréhension ne perdure….dommage, c’est une chance de gachée.
Veuillez croire, Monsieur SERRANO, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Yannig DERRIEN
Mais non fausse information, après bien des déchirements internes, pour la candidature à la candidature du PS, vient de remporter la présidentielle, mais la droite a gaggnée les législatives et une cohabitation s’est instaurée, avec comme premier ministre Jean François COPE ! Aux prochaines élections régionales, nouvelle donne de 2014, la droite est donnée favorite…etc…!
[...] Yannick Serrano Commentaires [...]