Nouvelles du Vin : vers la viticulture écolo ?

28 mars 2010
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Le rouleau écolo

Hubert Gerber, vigneron à Nothalten et son frère Maurice, métallier, ont conçu une machine écologique et économique pour neutraliser la végétation envahissante dans les vignes : le Rolofaca. Ils viennent de créer une société pour commercialiser l’outil.

Le Rolofaca, comment ça marche ? « C’est un rouleau hérissé de lames qui permet de coucher l’herbe dans les vignes et les vergers, en la pinçant pour arrêter la montée de sève ». Résultat : « le tapis végétal se dessèche, jaunit et constitue un paillage protecteur pour le pied de vigne, qui maintient la fraîcheur et l’humidité du sol », explique Hubert Gerber.  L’outil remplace avantageusement la faucheuse et évite le recours aux herbicides.

La Californie en chemin vers la viticulture durable

Paul Dolan a présenté le 24 mars à l’ambassade des Etats-Unis en France les efforts de la viticulture californienne sur la voie du développement durable.
Lui-même propriétaire d’un vignoble en biodynamie, il a dirigé la rédaction d’un code de bonnes conduites qui comprend 227 critères relatifs à la neutralité carbone et à l’utilisation des énergies vertes, aux pratiques culturales, à la réduction de l’utilisation de l’eau et à son recyclage, ainsi qu’à l’emballage écologique, le tout fonctionnant sur les principes du management de la qualité.

Sont actuellement entrés dans cette démarche 1566 domaines et négoces (wineries), qui représentent 26% des entreprises, mais 68% de la surface viticole californienne (143 000 sur 210 000 hectares). Mais pour l’heure, seules 17 de ces entreprises sont réellement certifiées et ont obtenu le label CCSW (California certified sustainable wine growing) pour tout ou partie de leur vignoble, dont certaines très connues comme Diageo, Constellation et Gallo. (Pour être certifiées, les entreprises doivent remplir au moins 58 des 227 critères.)

L’agriculture biologique représente actuellement 3 à 5% des vins produits en Californie. Il existe deux labels, l’un privé, CCOF (certified organic farming), qui existe depuis 1973, l’autre public, NOP (national organic programm) dirigé par le ministère de l’agriculture (USDA). La biodynamie, représentée principalement par le label Demeter, concerne 120 fermes viticoles californiennes (60 certifiées et 60 en conversion).
La teneur en sulfite est limitée pour les vins issus d’agriculture biologique ou biodynamique à 100 particules par million, 150 pour la démarche durable. Le label NOP intègre cette question, puisque les bouteilles portant la mention « organic » sont réputées sans sulfites ajoutés, sinon elles doivent porter la mention « organic with sulfites ».

Filière vin et crédits OCM : Pourquoi la France a-t-elle rendu les aides financières européennes en 2008-2009 ?

Le 18 mars dernier, les responsables de la filière viticole au sein de France Agri Mer ont apporté un éclairage nouveau sur les résultats de la campagne de crédits OCM de l’année dernière, qui avait donné lieu à la restitution de 17 millions d’euros non consommés à la Communauté Européenne.

Avec 91% de consommation de crédits, la France a fait moins bien que l’Espagne (92%) et que l’Italie (100%). Cependant, l’étude des dispositifs choisis par chaque pays explique en partie ces différences. En Espagne, sur 210 millions d’euros de crédits, plus de 100 millions étaient consacrés à l’aide à l’hectare pour la distillation d’alcool de bouche. En Italie, le budget comprenait des crédits importants pour la distillation d’alcool de bouche et pour la distillation de crise (27 millions d’euros) ainsi que pour la production de MCR.

A contrario, la France a choisi de consacrer 80% des crédits des cinq ans à la restructuration, à l’investissement et à la promotion dans les pays tiers, cette dernière ayant vu les demandes fortement diminuer en raison de la crise. En Espagne comme en Italie, les aides à l’investissement n’ont pas encore commencé, les Etats n’ayant pas encore réussi à se mettre d’accord avec les régions sur le partage des financements, alors qu’il a été décidé fin 2008 en France que l’Etat et France Agri Mer s’occuperaient des investissements avant la phase d’embouteillage, tandis que les régions et le fond FEDER prendraient en charge les subventions à partir de l’embouteillage. En Italie, ces mesures ne pourront débuter au plus tôt qu’à la prochaine campagne, celle d’après pour l’Espagne.

L’Italie a cependant connu une réussite intéressante pour les crédits de restructuration, qui comptaient pour 80 millions dans son budget. Il faut dire que le dispositif fonctionne entièrement sous le régime des avances, obligatoirement cautionnées à 120% par les banques, et versées en une fois pour les trois ans de réalisation. Le système est plus risqué, puisqu’il donne lieu à des demandes de remboursement si les projets n’ont pas été réalisés. Mais il a l’avantage de permettre des décaissements rapides.

Ce système existe en France, mais n’est pas assez utilisé par les demandeurs. Sur le mois dernier, seuls 500 000 euros ont encore été débloqués par France Agri Mer, et les dépenses totales depuis le début de la campagne atteignent à peine les 2 millions d’euros, sur 30 millions de budget.

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