Le pôle Sud-ouest de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV Sud-ouest) s’est associé avec le Laboratorio de Analysis del Aroma y Enologia (LAAE), laboratoire de la Faculté des Sciences de Saragosse, dans un projet européen de R&D transfrontalier. Baptisé Vinaromas, ce projet a pour but la valorisation aromatique des vins du massif pyrénéen, élaborés à partir des cépages Fer Servadou, Gros Manseng, Grenache et Carignan. Initié en 2009 pour une durée de 3 ans, ce projet est développé dans le cadre d’un programme de coopération territoriale entre l’Espagne, la France et l’Andorre. Les principaux objectifs de ce projet sont :
- d’identifier les molécules qui participent aux arômes des 4 cépages étudiés (Gros Manseng, Fer Servadou, Grenache et Carignan)
- de rechercher la typicité aromatique des vins élaborés
- d’évaluer l’impact de différentes techniques viticoles et œnologiques sur le potentiel aromatique.
- de mettre à la disposition des techniciens et des œnologues des outils pour améliorer la qualité aromatique des vins
Sur les cépages rouges, l’impact de deux niveaux de maturité sur le potentiel aromatique sera étudié, tout comme l’influence de différentes techniques œnologiques: utilisation de morceaux de chêne de toast différents, macération préfermentaire à froid, macération carbonique, macération préfermentaire à chaud (MPC),MPC avec macération fermentaire, macération courte couplée à une fin de fermentation en phase liquide à basse température.
Sur Gros Manseng, l’étude portera sur deux parcelles présentant des niveaux de contrainte hydrique différents (nulle à modérée). Différentes techniques de vinification seront également testées : réalisation de FML totale ou partielle, utilisation de levure du genre Schizosaccharomyces.
La maîtrise des poplyphénols dans les vins de Gros Manseng sera abordée à travers l’étude en macération pelliculaire de différents couples température/durée, et à travers l’utilisation en fermentation, de morceaux de chêne à fort pouvoir sucrant.
Les raisins, français comme espagnols, ont été vinifiés sur le site de micro-vinification V’innopôle (Tarn). L’évaluation du potentiel aromatique des raisins est réalisée par le LAAE à Sarragosse. Les vins élaborés en 2009 seront présentés prochainement à la dégustation aux vignerons de Gaillac et du Gers au cours de session de restitution organisées en partenariat avec les syndicats.
OCM : l’AREV demande « une réforme de la réforme » de l’organisation du marché du vin
Le règlement (CE) No 1234/2007 du Conseil du 22 octobre 2007 portant organisation commune des marchés dans le secteur agricole (règlement «OCM unique») prévoit dans son article 184 l’établissement de rapports sur la mise en application de la réforme OCM. En matière de viticulture, le paragraphe 8 précise que « La Commission présente un rapport: (…) avant la fin de 2012, sur le secteur vitivinicole, en tenant compte en particulier de l’expérience acquise dans le cadre de la mise en oeuvre de la réforme. »
Réunie le 28 mai dernier en session plénière à Poreč, en Croatie, l’Assemblée des Régions Européennes Viticoles (AREV) a recensé les difficultés traversées par les vignerons, « en dépit des importantes mesures d’arrachage et de promotion engagées depuis 2008″, et exprimé sa crainte que la déreglementation engagée, loin de faciliter la sortie de crise, « n’accroisse au contraire les effets néfastes au plan socio-économique, notamment pour les petites et moyennes exploitations ».
L’AREV a donc adopté à l’unanimité une résolution dans laquelle elle « exige que l’évaluation des effets de la réforme imposée à la Commission (…) ne constitue pas un simple rapport d’étape, mais bien l’occasion de juger de la nécessité de réformer la réforme, à la lumière de son impact économique, social et environnemental ». Elle recommande notamment :
• le maintien du cadre général des droits de plantation,
• le maintien et le renforcement du cadastre viticole,
• le maintien des règles d’étiquetage différenciant les AOP/IGP et autres vins,
• le maintien du dispositif financier propre au secteur viticole dans le premier pilier,
• la liberté pour les Etats membres d’orienter les aides de l’Union Européenne (promotion à l’extérieur ou à l’intérieur de l’Union Européenne ou aux vignobles à caractère particulier, comme les vignobles à forte pente…).
Enfin, l’Assemblée a renouvelé sa demande de mise en place d’un Observatoire de la viticulture européenne, « qui donne les moyens de connaitre précisément la situation dans les différentes régions et les différents Etats ».
Denis Verdier, président des Coopératives Viticoles de France : « On ne peut nous supprimer à la fois la régulation et le soutien aux démarches entrepreneuriales, ou alors, l’OCM est un marché de dupes »
La campagne 2009-2010 se termine le 31 juillet prochain, quel bilan en tire-t-on du côté des caves coopératives ?
La situation du marché est inquiétante. Si l’on sent depuis quelques mois une activité plus soutenue dans les volumes, les prix actuels sont restés à des niveaux faibles.
De notre point de vue, la campagne 2009-2010 se terminera sur des stocks minorés qui devraient donc permettre une reprise des cours pour la campagne prochaine. Cette reprise des cours est indispensable pour l’équilibre financier des exploitations.
A plus long terme, la crise laisse des traces, en témoignent l’abandon ou de l’arrachage d’un grand nombre d’hectares de vigne.

Commentaires