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	<title>Yannick Serrano &#187; Au Premier Plan</title>
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		<title>RETRAITES : POURQUOI LES JEUNES ONT RAISON DE MANIFESTER</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Oct 2010 19:11:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les jeunes générations ont rejoint le cortège des manifestations. Elles ont raison. Parce qu’elles font partie des victimes de la réforme des retraites. Mais surtout parce qu’elles constituent la variable d’ajustement systématique de politiques publiques qui protègent les insérés de la société et font peser, depuis trente ans, le coût de la crise sur les entrants. La société maltraite ses enfants: un effort éducatif en baisse, pas d&#8217;emploi, pas de logement, moins d&#8217;aide sociale, plus d&#8217;impôts et pour seul cadeau, la dette. Depuis la rentrée de septembre, les jeunes générations ont rejoint le cortège des manifestations. Mardi 26 octobre marque une étape nouvelle dans la sociologie du conflit : les jeunes seront seuls en scène, à l’appel de l’Unef et de Sud-Etudiants. La majorité feint de s’étonner de leur présence dans la rue. Ils ont pourtant toutes les raisons du monde de manifester. 1 &#8211; LES JEUNES, VICTIMES DE LA REFORME DES RETRAITES On en discute beaucoup : le recul de l’âge de départ à la retraite des séniors va-t-il aggraver le chômage des jeunes ? Le marché du travail en France est dégradé. Il s’est adapté à la crise en excluant du travail ses deux extrémités générationnelles, les jeunes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Les jeunes générations ont rejoint le cortège des manifestations. Elles ont raison. Parce qu’elles font partie des victimes de la réforme des retraites. Mais surtout parce qu’elles constituent la variable d’ajustement systématique de politiques publiques qui protègent les insérés de la société et font peser, depuis trente ans, le coût de la crise sur les entrants. La société maltraite ses enfants: un effort éducatif en baisse, pas d&#8217;emploi, pas de logement, moins d&#8217;aide sociale, plus d&#8217;impôts et pour seul cadeau, la dette.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Depuis la rentrée de septembre, les jeunes générations ont rejoint le cortège des manifestations. Mardi 26 octobre marque une étape nouvelle dans la sociologie du conflit : les jeunes seront seuls en scène, à l’appel de l’Unef et de Sud-Etudiants.</p>
<p style="text-align: justify;">La majorité feint de s’étonner de leur présence dans la rue. Ils ont pourtant toutes les raisons du monde de manifester.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://www.referencement-blog.net/images/2007.04/referencement-arnaque.jpg" alt="http://www.referencement-blog.net/images/2007.04/referencement-arnaque.jpg" /><span style="text-decoration: underline;"><strong>1 &#8211; LES JEUNES, VICTIMES DE LA REFORME DES RETRAITES</strong></span></p>
<p>On en discute beaucoup : le recul de l’âge de départ à la retraite des séniors va-t-il aggraver le chômage des jeunes ?<br />
Le marché du travail en France est dégradé. Il s’est adapté à la crise en excluant du travail ses deux extrémités générationnelles, les jeunes et les séniors. Le taux d’emploi des jeunes (moins de 25 ans) est de 31%, celui des séniors (plus de 55 ans) de 38%, des taux parmi les plus bas d’Europe. En l’absence d’une politique volontariste d’amélioration du marché du travail, le recul de l’âge de départ à la retraite va accroître le chômage.</p>
<p style="text-align: justify;">Le chômage des séniors, bien sur. Les deux-tiers des Français sont au chômage lorsqu’ils liquident leur retraite. C’est ce qui explique la grande différence dans le secteur privé entre l’âge de cessation d’activité, 58 ans, et l’âge de liquidation de la retraite, 61.6 ans. Statistiquement, pour ces Français, le maintien plus longtemps en activité signifie maintien au chômage : la réforme transforme de « jeunes retraités » en « vieux chômeurs ».</p>
<p style="text-align: justify;">Mais également le chômage des jeunes. Certes, il n’y a pas de lien direct : on ne remplace pas poste pour poste un tourneur fraiseur qui part à la retraite par un jeune diplômé sorti de l’université. Mais les liens existent. Des liens mécaniques dans certains secteurs, comme dans l’administration : avec la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, l’embauche d’un jeune est conditionnée par le départ de deux séniors. Ou dans le milieu médical : le numerus clausus impose que toute entrée soit gagée sur une sortie. Des liens plus diffus sinon : les contraintes de masse salariale en entreprise font que les embauches sont globalement conditionnées aux départs.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce débat a été particulièrement mal posé. Si la question est « l’amélioration de l’emploi des séniors entraîne-t-elle la dégradation de l’emploi des jeunes ? », alors la réponse est non. Tous les économistes le disent : ils vont de pair. Dans un marché du travail dégradé, les deux souffrent. Dans un marché du travail sain, les deux s’intègrent bien. Mais la question est différente : la réforme des retraites va-t-elle aggraver le chômage des jeunes ? La réponse est oui. Avec la réforme, le chômage des jeunes, comme celui des séniors, va augmenter.</p>
<p style="text-align: justify;">On discute beaucoup de l’impact de la réforme sur le chômage des jeunes. Mais bizarrement, on discute beaucoup moins du vrai point central : qui va payer la réforme des retraites ?</p>
<p style="text-align: justify;">La gauche et les syndicats l’ont martelé, et ils ont raison : ce sont les salariés modestes. La réforme est marquée du sceau de l’injustice sociale.</p>
<p>Mais – on ne l’a pas entendu – elle est aussi injuste pour les jeunes générations. Elles vont payer trois fois.  Elles vont cotiser plus, avec le recul de l’âge légal. Un recul qui ne prendra sa pleine mesure qu’à partir de 2018, donc pour les moins de 50 ans d’aujourd’hui. Elles vont percevoir des retraites plus faibles. Du fait de la montée en puissance des réformes Fillon et Balladur, qui s’étalent jusqu’en 2020. Mais aussi du fait de leurs difficultés croissantes à valider leurs trimestres de cotisations. La durée d’assurance validée à 30 ans n’a cessé de décroître par génération depuis la génération 1950. Pour cette dernière, la durée validée était de 40 trimestres en moyenne, alors que, pour la génération 1974, elle n’est plus que de 31 trimestres. Une partie est due à l’allongement des études, et c’est une bonne chose. Mais plus de la moitié (5 trimestres sur 9) est due aux difficultés d’insertion des jeunes en France.</p>
<p style="text-align: justify;">Cerise sur le gâteau, les jeunes générations sont spoliées du bénéfice du Fonds de réserve des retraites qui leur était destiné. Le Fonds a été créé pour assurer un lissage intergénérationnel et soulager les générations d’actifs entre 2020 et 2040 : il s’agit des jeunes d’aujourd’hui, des générations « creuses » qui devront financer les retraites des « papy boomers ». Le Fonds devait être décaissé à partir de 2020, afin de limiter les hausses de cotisations sur ces générations. Le gouvernement a décidé de siphonner les 34 milliards d’euros pour assurer le bouclage financier à court terme : on prend ainsi aux actifs de demain pour donner aux retraités d’aujourd’hui…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>2 &#8211; LES JEUNES, PREMIERES VICTIMES DES POLITIQUES PUBLIQUES </strong></span></p>
<p>Par son injustice contre les jeunes, la réforme des retraites est un ferment de tensions entre les générations. Il s’agirait d’un épiphénomène si cette injustice entre générations était un cas isolé. Elle est au contraire une nouvelle manifestation de notre préférence absolue pour le présent : la France a renoncé à investir dans l’avenir, elle sacrifie les générations futures au profit des générations actuelles. Toutes les politiques publiques en témoignent.</p>
<p style="text-align: justify;">Première politique en cause : l’éducation. L’effort éducatif de la Nation diminue : 6.5% du PIB en 2010, contre 7.5% il y a dix ans &#8211; une baisse de près de 15% ! Alors qu’on trouve 40 milliards d’euros pour financer les retraites, on en supprime 20 sur le budget éducatif. C’est un choix politique lourd : le choix du passé contre l’avenir.</p>
<p style="text-align: justify;">Au cœur de ce désastre : l’enseignement supérieur. Nous y investissons peu : 1.5% de notre richesse nationale, deux fois moins qu’aux Etats-Unis, trois fois moins que dans les pays les plus avancés. Nous n’avons toujours pas démocratisé notre enseignement supérieur : à peine 35% d’une classe d’âge sort diplômée de l’enseignement supérieur en France. Notre malthusianisme élitiste (« tout le monde ne peut pas faire polytechnique ») est contredit par les pays les plus avancés : plus de 50% d’une génération est diplômée de l’université aux Etats-Unis, 80% dans les pays nordiques, en Corée du Sud, au Japon. Notre système éducatif, centré sur le lycée, continue à former les emplois d’hier, les contremaîtres de l’usine de l’après-guerre. Il ne forme pas les emplois de demain, ceux  de l’économie de la connaissance : les ingénieurs, les cadres, les techniciens supérieurs. Mais aussi les emplois de service de demain : ce n’est pas la même chose de faire garder son enfant par une nounou sans qualification que de le faire éduquer par une puéricultrice avec trois ans de formation spécialisée.</p>
<p style="text-align: justify;">Deuxième politique en cause, la politique de l’emploi : elle a pris les moins de trente ans comme variable d’ajustement. Face à la crise, on a protégé ceux qui avaient un emploi, les insiders : la probabilité de perdre un CDI est de 1% par an en moyenne depuis 1980, 2% lors de la Grande Crise de 20081.</p>
<p style="text-align: justify;">Résultat, on a sacrifié les flux d’entrants, les jeunes. C’est ce qui explique un taux de chômage des jeunes exceptionnellement élevé : 25%. Le chômage de masse est avant tout un chômage de jeunes.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://www.timrubber.com/wp-content/uploads/arnaque-stagiaire.jpg" alt="http://www.timrubber.com/wp-content/uploads/arnaque-stagiaire.jpg" />Ceux qui ont un emploi n’ont pas un emploi stable. La précarisation est la norme avant trente ans, à travers l’intérim, les CDD et les stages. 80% des entrées en emploi se font en CDD : les CDD sont utilisés par les entreprises à la fois comme « super-périodes d’essai » et surtout comme volant flexible de la masse salariale, pour pouvoir réduire la voilure en cas de difficultés. C’est pourquoi le chômage des jeunes a bondi avec la récession de 2008.</p>
<p style="text-align: justify;">Les stages (1 million par an) ont été détournés de leur objectif. Ils doivent normalement permettre la découverte de l’entreprise. Ils sont aujourd’hui utilisés pour remplacer des postes de travail à part entière. Les stages constituent le premier emploi « au rabais » des jeunes. C’est vrai à tous les niveaux : même dans les grandes écoles, la scolarité était avant de trois ans et la quatrième année constituait l’année du premier emploi payé ; aujourd’hui elle est de quatre ans dont une année de stage sous-payé. Le mouvement Génération Précaire a obtenu l’obligation d’une rémunération minimum des stages (un tiers du SMIC pour tout stage de deux mois ou plus), mais le déclassement demeure bien réel.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, les jeunes sont de plus en plus mal payés. Leur salaire relatif a plongé depuis trente ans. En moyenne, en 1975, les salariés de 50 ans gagnaient 15% de plus que les salariés de 30 ans ; l’écart a aujourd’hui presque triplé, à plus de 40%.</p>
<p style="text-align: justify;">Troisième témoignage : la politique du logement a évincé les jeunes. L’immobilier a été capté par les générations âgées. 76% des retraités sont propriétaires de leur logement. Le déficit d’offre pèse donc mécaniquement sur les nouveaux entrants. Par rapport à 1984, les jeunes d’aujourd’hui doivent travailler deux fois plus longtemps pour acheter ou louer la même surface dans le même quartier.</p>
<p style="text-align: justify;">Quatrième élément : la politique sociale est spectaculairement discriminatoire. Il suffit de comparer les minimas sociaux. Minimum vieillesse : 708 euros par mois. Minimum d’activité 25-60 ans (« RSA-socle ») : 460 euros, soit 40% de moins. Minimum d’activité pour les moins de 25 ans : zéro. Difficile de faire mieux en termes d’injustice intergénérationnelle : plus on est jeune, moins on a de valeur pour la société. La France fait figure d’exception en Europe : les minimas sociaux y commencent le plus souvent à 18 voire 16 ans. Quant à l’assurance chômage, elle est réservée à ceux qui ont travaillé. Le jeune diplômé en recherche d’emploi n’en bénéficie donc pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Cinquième politique discriminatoire : la politique fiscale constitue une formidable essoreuse à pouvoir d’achat au détriment des jeunes. La politique fiscale est en effet plus discrète mais tout aussi inique. Le quotient conjugal est une niche fiscale évaluée à 24 Md€ par an5. Le quotient conjugal (à ne pas confondre avec le quotient familial, qui accorde des parts supplémentaires par enfant à charge) est une exception française qui repose sur la déclaration par foyer fiscal : les Français déclarent leur impôt en couple, et non à titre individuel, contrairement aux autres pays de l’OCDE. Ils bénéficient alors d’une double part à l’impôt sur le revenu : le revenu soumis au barème de l’impôt n’est pas le revenu global mais le revenu par part, divisé par deux du fait du quotient conjugal. Un avantage fiscal d’autant plus important que, contrairement au quotient familial, le quotient conjugal n’est pas plafonné. Il agit comme une énorme machine à redistribuer des célibataires vers les couples, c’est-à-dire, pour beaucoup, des jeunes actifs vers les adultes installés.</p>
<p style="text-align: justify;">A l’inverse, la fiscalité favorise les retraités. CSG à taux réduit (6.6% contre 7.5% pour le taux normal appliqué aux actifs), abattement de 10% pour frais professionnels à l’impôt sur le revenu accordé aux retraités, majorations de pension non soumises à l’impôt sur le revenu… : au total, les avantages fiscaux liés à la retraite s’élèvent à 11 milliards d’euros – dont 5 au profit des retraités aisé<img class="alignright" src="http://www.actualite-dz.com/wp-content/uploads/2010/09/dessin-une_arnaque.jpg" alt="http://www.actualite-dz.com/wp-content/uploads/2010/09/dessin-une_arnaque.jpg" />s.</p>
<p style="text-align: justify;">Dernier élément : la dette publique est une véritable machine à exproprier les jeunes générations. La dette publique est très élevée : 84% de la richesse nationale &#8211; 1700 milliards d’euros fin 2010, soit 27.000 euros par habitant.</p>
<p style="text-align: justify;">A quoi sert-elle ? 97% du budget de l’Etat est du budget de fonctionnement. La Sécurité sociale est un budget de prestations. Autrement dit, la dette ne sert pas à préparer l’avenir mais à soutenir artificiellement le train de vie des générations actuelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Qui paie ? On a souvent dit que les générations futures paieraient. Ce n’est plus exact : le surendettement guette, on ne peut plus continuer cette cavalerie, il va falloir rembourser la dette. Ce sont donc les jeunes générations actuelles qui vont régler la facture. Nous vivons au-dessus de nos moyens, et ce sont nos enfants qui vont payer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ainsi</strong> <strong>donc, les jeunes générations ont bien raison de manifester. Contre la réforme des retraites mais, surtout, bien au-delà : elles expriment leur mal-être général. Elles ont le sentiment de se heurter à une société bloquée qui les rejette. Elles vivent un « petit mai 68 » : en 1968, le blocage était sociétal, leurs modes de vie ne trouvaient pas leur place dans l’ordre moral ancien ; aujourd’hui, le blocage est économique, les jeunes ne trouvent pas leur place sur le marché du travail et n’obtiennent pas leur part équitable de la valeur ajoutée.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les jeunes ont raison. Depuis trente ans, face à la crise, ils sont la variable d’ajustement d’une société d’insiders qui protège ses acquis au détriment des nouveaux entrants. C’est vrai dans toutes les grandes politiques publiques : éducation, emploi, logement, politique sociale, politique fiscale, dette – les injustices se concentrent de manière générationnelle.</strong></p>
<p><strong>Résultat : le jeune est la nouvelle figure de la pauvreté dans notre société contemporaine. Nous vivons dans la représentation collective que les pauvres dans notre société, ce sont les retraités. C’était vrai il y a quarante ans. Avec la montée en puissance de notre système de retraite, cela n’est fort heureusement plus le cas. Mais une autre figure s’y est substituée : les pauvres, ce sont désormais les jeunes actifs. Le taux de pauvreté est de 18% pour les jeunes de moins de 30 ans, 20% chez les jeunes filles (contre 8% chez les plus de 60 ans). Un jeune actif sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté ! </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notre société est consciente du sort qu’elle inflige à ses enfants. Elle s’en émeut. Les familles soutiennent leurs enfants en difficulté. Les transferts familiaux sont massifs : près de 80 milliards par an sont redistribués au sein des familles des grands-parents pour aider les enfants et petits-enfants. Certains feignent d’y voir le signe positif de la qualité des solidarités familiales ; ils marquent surtout la déshérence de l’investissement collectif. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il faut une révolution copernicienne des politiques publiques. Avec comme priorité une politique d’investissement social dans les générations futures : petite enfance, éducation, université, politique active de premier emploi, fiscalité et politique sociale pro-jeunes… Investir dans notre capital humain est un impératif humaniste plus encore qu’économique.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le gouvernement et le peuple conservateur considèrent que les jeunes n’ont pas leur place dans la rue. Que les partis d’opposition sont irresponsables de les inciter à manifester. Mais c’est nous tous, les adultes, qui sommes irresponsables de ne pas les écouter. Car une société qui, tel Cronos, dévore ses enfants est une société qui se meurt. </strong></p>
<h6 style="text-align: justify;"><a href="http://www.tnova.fr/" target="_blank"><em>source</em></a></h6>
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		<title>AFFAIRE CLEARSTREAM : NON AU JUGE SUR MESURE</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Sep 2010 21:19:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le dernier rebondissement de l’affaire Clearstream n’est pas le plus médiatique. Il est pourtant lourd de sens quant au fonctionnement actuel du système judiciaire : le  jugement de l’affaire en appel pourrait être confié non à la chambre initialement prévue selon un tour de rôle préfixé mais à une formation ad hoc. Le droit d’être jugé par le juge prévu, que l’on désigne parfois sous les termes de « droit au juge naturel » est un principe fondamental bien mal protégé par les textes français, alors que d’autres pays européens ont prévu des garanties plus solides. L’attribution du jugement d’une affaire à des juges désignés pour ce faire est, on l’imagine, la porte ouverte à toutes les manipulations. Il est urgent aujourd&#8217;hui d&#8217;entamer une réflexion sur le droit au juge naturel, qui devra inclure la question de la nécessaire démocratisation des juridictions et de leur transparence dans la gestion des affaires. 1 &#8211; L’AFFAIRE CLEARSTREAM ET LES AMBIGUÏTÉS DU SYSTÈME JUDICIAIRE FRANÇAIS L&#8217;affaire Clearstream n&#8217;en finit pas de nous révéler les failles de notre système judiciaire. On se souvient qu&#8217;à la suite d&#8217;une instruction très médiatisée, les protagonistes de ce dossier avaient comparu devant le tribunal correctionnel de Paris qui, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Le dernier rebondissement de l’affaire Clearstream n’est pas le plus médiatique. Il est pourtant lourd de sens quant au fonctionnement actuel du système judiciaire : le  jugement de l’affaire en appel pourrait être confié non à la chambre initialement prévue selon un tour de rôle préfixé mais à une formation ad hoc.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le droit d’être jugé par le juge prévu, que l’on désigne parfois sous les termes de « droit au juge naturel » est un principe fondamental bien mal protégé par les textes français, alors que d’autres pays européens ont prévu des garanties plus solides. L’attribution du jugement d’une affaire à des juges désignés pour ce faire est, on l’imagine, la porte ouverte à toutes les manipulations.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est urgent aujourd&#8217;hui d&#8217;entamer une réflexion sur le droit au juge naturel, qui devra inclure la question de la nécessaire démocratisation des juridictions et de leur transparence dans la gestion des affaires.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>1 &#8211; L’AFFAIRE CLEARSTREAM ET LES AMBIGUÏTÉS DU SYSTÈME JUDICIAIRE FRANÇAIS</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright" src="http://www.christophepaquien.fr/wp-content/uploads/2010/03/dominique-de-villepin-sur-internet.jpg" alt="http://www.christophepaquien.fr/wp-content/uploads/2010/03/dominique-de-villepin-sur-internet.jpg" width="243" height="355" /> L&#8217;affaire Clearstream n&#8217;en finit pas de nous révéler les failles de notre système judiciaire. On se souvient qu&#8217;à la suite d&#8217;une instruction très médiatisée, les protagonistes de ce dossier avaient comparu devant le tribunal correctionnel de Paris qui, le 28 juin 2010, avait relaxé Dominique de Villepin de l&#8217;infraction de complicité de dénonciation calomnieuse qui lui était reprochée. On se souvient aussi des circonstances dans lesquelles ce jugement avait fait l&#8217;objet d&#8217;un appel par le procureur de la République de Paris. L’ancien Premier ministre avait alors dénoncé une intervention possible de l&#8217;Élysée, qui avait aussitôt démenti. Certains ont pu dire que l&#8217;ère du soupçon était venue.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais voilà que la saga se poursuit. Aux dernières nouvelles, l&#8217;appel du parquet dans cette affaire ne serait pas jugé à la cour d&#8217;appel de Paris par la chambre initialement prévue dans le cadre de l&#8217;ordonnance de roulement fixée pour l&#8217;année à venir. Une formation <em>ad hoc</em> composée de trois magistrats désignés par le Premier Président serait prévue, et ce en raison, est-il indiqué, de l&#8217;encombrement de la 11ème chambre chargée habituellement de ce type de dossiers.</p>
<p style="text-align: justify;">Dominique de Villepin a prévenu vendredi qu’il réagirait «extrêmement vigoureusement à la constitution d’un tribunal d’exception ». Le syndicat de la magistrature a appelé le Premier Président à une plus grande vigilance et à une fixation de cette affaire dans le cadre du tableau des audiences de l&#8217;ordonnance de roulement. Cette décision met en lumière toutes les ambigüités du système de répartition des affaires au sein des juridictions, ambiguïtés qui laissent le champ libre à des dérives et qui engendrent ainsi le soupçon.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>2 &#8211; COMMENT ÉVITER DE TELLES DÉRIVES ?</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Il existe un principe fondamental dénommé « droit au juge naturel » qui permet de garantir une impartialité de la juridiction dans le cadre de l&#8217;organisation judiciaire notamment en assurant des conditions objectives de désignation des juges et de distribution des affaires au sein des juridictions.</p>
<p style="text-align: justify;">En France, le droit au juge naturel a été instauré par la Constitution de 1791: « les citoyens ne peuvent être distraits des juges que la loi leur assigne, par aucune commission, ni par d&#8217;autres attributions et évocations que celles qui sont déterminées par les lois ». Il a été repris dans la Constitution de 1795, les Chartes de 1814 et 1830. Dans la Constitution de 1848, il a été consacré de manière très explicite « nul ne sera distrait de ses juges naturels. Il ne pourra être créé de commissions et de tribunaux extraordinaires, à quelque titre et sous quelque dénomination que ce soit » Mais, à partir de 1875, le concept n&#8217;apparaît plus dans aucun texte constitutionnel. Le droit au juge naturel ne figure pas aujourd&#8217;hui au rang des principes constitutionnels. La Constitution de 1958 n&#8217;en fait aucune consécration. Il reste donc un principe incertain, soluble dans le principe d&#8217;impartialité résultant du droit au procès équitable prévu par l&#8217;article 6 §1 de la Convention européenne des droits de l&#8217;Homme.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, la plupart des pays européens ont fait de ce principe une liberté fondamentale. Ainsi, l&#8217;article 101 de la Loi Fondamentale allemande prévoit que « les tribunaux d&#8217;exception sont interdits et que nul ne peut être soustrait à son juge légal ». L&#8217;article 117 de la Constitution de l&#8217;Espagne énonce que « l&#8217;exercice du pouvoir juridictionnel dans tous les types de procès, aussi bien pour rendre un jugement que pour le faire exécuter, incombe exclusivement aux juges et aux tribunaux déterminés par les lois, selon les normes de compétence et de procédure que celles-ci établissent ».</p>
<p style="text-align: justify;">En Belgique, il résulte de l&#8217;article 8 de la Constitution que nul ne peut être distrait, contre son gré, du juge que la loi lui assigne. En Grèce, c&#8217;est également dans l&#8217;article 8 du texte constitutionnel que ce droit au juge est consacré dans une rédaction similaire. La Constitution de la République italienne dispose que « nul ne peut être soustrait au juge naturel désigné par la loi ».</p>
<p style="text-align: justify;">A l&#8217;instar de tous ces pays, il faut figer ce principe dans notre Constitution afin de redonner à notre démocratie de nouvelles bases dignes de la patrie de Montesquieu.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>3 &#8211; GARANTIR L&#8217;EFFECTIVITÉ DU DROIT AU JUGE NATUREL</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Cela étant, une telle consécration nécessaire est-elle suffisante? Encore faudrait-il garantir l&#8217;effectivité de ce droit. Cette effectivité ne peut être à notre avis assurée que si la désignation d&#8217;un juge au sein d&#8217;une juridiction, son affectation, ainsi que la répartition des affaires résultent de critères objectifs et normativement prédéfinis. Si des dérogations, dans les conditions prévues par ces règles ou critères, sont nécessaires, elles ne peuvent procéder que d&#8217;une délibération collective. C&#8217;est ainsi qu&#8217;il est procédé dans certains Etats européens comme l&#8217;Allemagne ou l&#8217;Espagne.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, en l&#8217;état actuel des textes du code de l&#8217;organisation judiciaire, de telles règles, en dehors des principes généraux de compétence, n&#8217;existent pas. S&#8217;agissant de la répartition des affaires entre les juges ou entre les chambres, si une consultation de l&#8217;assemblée générale des magistrats de la juridiction est obligatoire, le président est seul habilité à décider. L&#8217;avis de l&#8217;assemblée générale est un avis simple. Et l&#8217;ordonnance de roulement, qui relève ainsi du pouvoir du chef de juridiction, n&#8217;est susceptible d&#8217;aucune voie de recours. Selon une jurisprudence constante du Conseil d&#8217;État, cette décision est une mesure d&#8217;administration judiciaire qui ne fait pas grief.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;effectivité du droit au juge suppose donc aussi une refonte du code de l&#8217;organisation judiciaire avec un réaménagement des pouvoirs des chefs de juridiction.</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, il y a eu des rendez-vous manqués. La réforme du code de l&#8217;organisation judiciaire dans les années 80 aurait pu être l&#8217;occasion d&#8217;une refonte de l&#8217;organisation. Mais sans doute la situation n&#8217;était-elle pas aussi grave qu&#8217;elle l’est aujourd&#8217;hui. Ce mois-ci le Conseil Supérieur de la Magistrature a été saisi de deux cas de juges du siège déplacés dans un autre service. Tous deux font valoir qu&#8217;ils ont été affectés dans un autre service en raison de la teneur de leurs décisions.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est urgent aujourd&#8217;hui d&#8217;entamer une réflexion sur le droit au juge naturel. Celle-ci ne devra pas éluder la question de la nécessaire démocratisation des juridictions. Sans doute, plusieurs pistes de réflexion sont-elles possibles. On pourrait prévoir qu&#8217;une fois le principe posé dans la Constitution, une loi fixe les critères de répartition. Puis dans les juridictions, l&#8217;application des critères pourrait être systématisée par un logiciel informatique incluant ces données (nature de l&#8217;affaire, spécialisation des juges, impartialité&#8230;). Pour les dossiers portant sur la même matière, une distribution par numéro de chambre ou par magistrat, dans les cas où il est statué à juge unique, pourrait être mise en place par le même logiciel en fonction d&#8217;un ordre chronologique ou alphabétique, ces deux critères offrant une garantie de neutralité. Il n&#8217;y aurait pas d&#8217;exception au principe, mais si une difficulté se présentait pour un dossier (chambre surchargée), la décision du président devrait être soumise à un avis conforme de l&#8217;Assemblée Générale des magistrats du siège.</p>
<p style="text-align: justify;">Les progrès accomplis dans les juridictions dans la mise en œuvre des nouvelles technologies de communication devraient permettre l&#8217;instauration d&#8217;un système fiable et in-susceptible de critiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Un certain nombre de pays européens ont déjà emprunté cette voie. Le pouvoir en place ne le fera pas. C&#8217;est aux progressistes de proposer une nouvelle alternative pour ouvrir la voie à une justice au dessus de tout soupçon dans le seul intérêt des citoyens.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tnova.fr/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=1416" target="_blank">source</a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Appel National pour l&#8217;école publique</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Sep 2010 19:35:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
				<category><![CDATA[Au Premier Plan]]></category>
		<category><![CDATA[Laïcité et Citoyenneté]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;appel national pour l&#8217;École publique réunit aujourd’hui plus de 242 000 signatures. C’est la plus importante action de promotion et de défense de l’Ecole Publique depuis près de 20 ans. De plus, le choix de la tourner vers les citoyens commence à porter ses fruits comme en attestent les dernières enquêtes d’opinion. Les organisations signataires ont décidé de poursuivre cette campagne et d’ouvrir une nouvelle phase de signatures pour cette rentrée, du 9 septembre au 9 décembre. Durant cette période, et notamment lors du débat parlementaire sur le budget 2011, seront interpellé, au nom des pétitionnaires, les élus (parlementaires, président des exécutifs locaux),  le président de la République, le Premier ministre, le Ministre de l’Education Nationale, ainsi que les responsables des partis politiques. L’Ecole Publique qui souffre déjà depuis de nombreuses années, va en effet être à nouveau frappée par 16 000 suppressions supplémentaires dans le budget 2011. Nous devons marquer notre opposition à cette destruction programmée de notre Service public, laïque et gratuit d’Education. Nous souhaitons donc, avec votre aide,  rassembler plusieurs dizaines de milliers de signatures pour dépasser le cap significatif de 300 000 citoyens-militants de l’Ecole Publique. Vous pouvez pour cela : -         envoyer ou renvoyer le lien de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://www.se-unsa.org/UserFiles/Image/badge-EP.jpg" alt="http://www.se-unsa.org/UserFiles/Image/badge-EP.jpg" /><strong>L&#8217;appel national pour l&#8217;École  publique réunit aujourd’hui plus </strong><strong>de 242 000 signatures. C’est  la plus importante action de promotion et de défense de l’Ecole Publique depuis  près de 20 ans.</strong><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">De plus, le choix de la tourner vers les citoyens <strong>commence à porter ses  fruits</strong> comme en attestent les dernières enquêtes d’opinion.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les  organisations signataires ont décidé</strong> de <strong>poursuivre cette  campagne et d’ouvrir une nouvelle phase de signatures pour cette rentrée, du 9  septembre au 9 décembre.</strong> Durant cette période, et notamment lors du  débat parlementaire sur le budget 2011, seront interpellé, au nom des  pétitionnaires, les élus (parlementaires, président des exécutifs locaux),  le président de la République, le  Premier ministre, le Ministre de l’Education Nationale, ainsi que les  responsables des partis politiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’Ecole  Publique qui souffre déjà depuis de nombreuses années, va en effet être à  nouveau frappée par 16 000 suppressions supplémentaires dans le budget  2011.</strong> Nous devons marquer notre  opposition à cette destruction programmée de notre Service public, laïque et  gratuit d’Education. Nous souhaitons donc, avec votre aide,  rassembler plusieurs dizaines de  milliers de signatures pour dépasser le cap significatif de 300 000  citoyens-militants de l’Ecole Publique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous pouvez  pour cela :</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">-          envoyer ou renvoyer le lien de la  pétition à des proches, des amis ou des collègues en les invitant à le diffuser  à leur tour : <a title="http://www.appelpourlecolepublique.fr/" href="http://www.appelpourlecolepublique.fr/" target="_blank">http://www.appelpourlecolepublique.fr/</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">-          d’inviter de nouvelles personnes à  signer en utilisant ce lien : <a title="http://www.appelpourlecolepublique.fr/transf.php" href="http://www.appelpourlecolepublique.fr/transf.php" target="_blank">http://www.appelpourlecolepublique.fr/transf.php</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> « L’École publique, laïque et  gratuite crée le lien social indispensable pour faire face aux défis d’un monde  en crise. C’est elle, et elle seule, qui permet de garantir la cohésion  sociale. »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ces premières phrases de  l’ « Appel » ont une résonance particulière au moment où la  crise frappe une grande partie de   nos concitoyens. Elles prennent aussi un relief particulier avec les  récentes orientations du sommet de l’Etat qui divisent, fragmentent, et  finalement dressent, les uns contre les autres, ceux qui vivent dans notre pays.  <strong>La défense et la  promotion de notre modèle d’Ecole publique laïque et gratuite devient donc aussi  un impératif démocratique</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Voici l’ensemble des organisations  nationales signataires :</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>DDEN, FCPE, SE-UNSA, UNL, UNEF,  LMDE, APAJH, UNSA-EDUCATION, FERC  CGT, SNETAA EIL, FGR-FP, CGT EDUC ACTION, FAEN, ADLPF  (ASSOCIATION DES LIBRES PENSEURS DE FRANCE), A ET I, SNPDEN, SNIES, UNSA,  SNPTES, SUP&#8217;RECHERCHE, CNAFAL, ANATEEP, UFAL, SIEN, UNSA LABOS EDUCATION, SNCL,  L&#8217;APPEL DES APPELS, SNASEN, ADFE, SNMSU, SNPSYEN, GDID, SUDEL, UNSA TECHNICOLOR,  FNER, RNCE (RESEAU NATIONAL DES COMMUNAUTES EDUCATIVES), CDPEPP (DEFENSE DE  L’ECOLE PUBLIQUE DE PROXIMITE), UDAS (UNION DES ALTERNATIVES SYNDICALES),  CONVERGENCE REPUBLICAINE, UNSA MAIF, SGL (SYNDICAT GENERAL DES LYCEENS), FLE  ( FRONT DE LUTTE POUR L&#8217;EDUCATION), SNEA</em></p>
<h2><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Pétition</strong></span> :<br />
</em></h2>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’École publique, laïque et gratuite crée le lien  social indispensable pour faire face aux défis d’un monde en crise.  C’est elle, et elle seule, qui permet de garantir la cohésion sociale.  Elle est pourtant aujourd’hui menacée par des choix politiques qui  favorisent le privé et encouragent le consumérisme éducatif.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Redonnons la Priorité à l’École laïque !</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le service public et laïque d’éducation doit garantir à  chaque élève une scolarisation de qualité sur tous les territoires. Il  doit permettre à chacune et chacun, quelle que soit son origine  culturelle ou géographique, quelle que soit sa condition, quel que soit  son handicap, de bénéficier d’une éducation et de s’approprier « le  vivre ensemble » dans un espace où la liberté de conscience est  strictement respectée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Aujourd’hui, le service public et laïque d’éducation n’est plus une priorité de l’état.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les nombreuses décisions ministérielles le montrent :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>les dizaines de milliers de suppressions d’emplois qui  ne cessent de le frapper durement, le fragilisent en zone rurale et  l’asphyxient en zone urbaine,</li>
<li>les aides publiques concédées aux établissements  privés (à 95% catholiques) qui n’ont jamais été aussi élevées. Il s’agit   de près de 7 milliards d’Euros octroyés chaque année par  l’État,  auxquels viennent s’ajouter les participations obligatoires versées par  les collectivités locales,</li>
<li>la loi Carle qui amplifie le financement de la concurrence au service public et conforte la logique de « marché » scolaire,</li>
<li>la suppression de la sectorisation, qui transforme les parents d’élèves en consommateurs d’école,</li>
<li>le développement du privé par le plan banlieue, là ou  les besoins du service public sont les plus criants, là ou la  ségrégation sociale est la plus forte,</li>
<li>les accords « Kouchner Vatican » (qui remettent en  cause les règles de collation des grades universitaires au bénéfice des  instituts catholiques) ainsi que les projets de financement par l’état  de l’enseignement supérieur privé.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous, signataires de cette pétition,  refusons  l’affaiblissement organisé par l’État, de notre service public et laïque  d’éducation.<br />
L’éducation n’est pas une marchandise. La liberté de conscience doit  être respectée partout et pour toutes et tous. L’argent de tous doit  cesser de financer les choix de quelques-uns.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous exigeons une orientation politique qui fasse clairement le choix de l’École publique, laïque et gratuite.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous réaffirmons qu’il n’y a qu’une École de la République.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous demandons que l’effort éducatif de la Nation soit réservé au développement de l’École de la Nation.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.appelpourlecolepublique.fr/form.php" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><span style="color: #ff0000;">SIGNER ICI</span></span></a><br />
</strong></p>
</blockquote>
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		<title>Quelle retraite !</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Jun 2010 21:13:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le gouvernement vient de rendre public l’avant-projet de loi sur la réforme des retraites à l’issue d’une pseudo concertation. Voilà une réforme brutale pour un recul social sans précédent qui appelle de premiers commentaires : • En repoussant l’âge de départ à la retraite à 62 ans et l’âge de la retraite à taux plein à 67 ans (au lieu des 60 et 65 ans actuels), et en confirmant l’allongement de la durée de cotisation à 41,5 ans, les conditions d’acquisition des droits à la retraite en France seraient les plus drastiques en Europe, • La quasi-totalité des salariés du public et du privé sont concernés, • L’âge de départ en retraite serait repoussé à partir du 1er juillet 2011 sur un rythme accéléré pour atteindre 62 ans pour les salariés qui peuvent prétendre aujourd’hui à partir en retraite en 2016, • Le droit à la retraite à taux plein serait porté à 67 ans. Les femmes dont 30 % sont déjà contraintes aujourd’hui de partir à 65 ans en seront les principales victimes, • Les différentes mesures d’âge vont toucher plus particulièrement les jeunes. Ainsi, d’ici 2016, c’est plus d’un million d’emplois qui ne leur seront pas ouverts parce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://molex.unblog.fr/files/2008/11/grevegenerale10novembre08.jpg" alt="" width="295" height="448" />Le gouvernement vient de rendre public l’avant-projet de loi sur la réforme des retraites à l’issue d’une pseudo concertation.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà une réforme brutale pour un recul social sans précédent qui appelle de premiers commentaires :</p>
<p style="text-align: justify;">• En repoussant l’âge de départ à la retraite à 62 ans et l’âge de la retraite à taux plein à 67 ans (au lieu des 60 et 65 ans actuels), et en confirmant l’allongement de la durée de cotisation à 41,5 ans, <strong>les conditions d’acquisition des droits à la retraite en France seraient les plus drastiques en Europe</strong>,</p>
<p style="text-align: justify;">• La quasi-totalité des salariés du public et du privé sont concernés,</p>
<p style="text-align: justify;">• L’âge de départ en retraite serait repoussé à partir du 1er juillet 2011 sur un rythme accéléré pour atteindre 62 ans pour les salariés qui peuvent prétendre aujourd’hui à partir en retraite en 2016,</p>
<p style="text-align: justify;">• <strong>Le droit à la retraite à taux plein serait porté à 67 ans</strong>. <strong>Les femmes dont 30 % sont déjà contraintes aujourd’hui de partir à 65 ans en seront les principales victimes</strong>,</p>
<p style="text-align: justify;">• <strong>Les différentes mesures d’âge vont toucher plus particulièrement les jeunes</strong>. Ainsi, d’ici 2016,<strong> c’est plus d’un million d’emplois qui ne leur seront pas ouverts parce que leurs parents devront travailler plus longtemps</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">• Le traitement des salariés exerçant des métiers pénibles et astreignants relève de la provocation. Il n’y aurait aucun métier pénible. Seul serait apprécié le degré d’usure du salarié qui, le cas échéant, lui permettrait de continuer de partir à 60 ans. On est loin du droit au départ anticipé avant 60 ans pour une retraite en bonne santé, alors 15 % des salariés sont en situation en d&#8217;emploi pénible,</p>
<p style="text-align: justify;">• Pour les fonctionnaires, la cotisation retraite augmentera de 2,7 %. <strong>Le dispositif de départ anticipé pour les femmes ayant eu 3 enfants disparaîtrait</strong>. Au nom de l’équité, <strong>c’est l’alignement des droits par le bas</strong>,</p>
<p style="text-align: justify;">• Pour les régimes spéciaux : le gouvernement confirme que les mesures s’appliqueront aux salariés des régimes spéciaux. <strong>Nicolas Sarkozy et son gouvernement cherchent surtout à éviter un front uni de tous les salariés en différant la mise en œuvre en 2017</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi <strong>l’ensemble des dispositions affectant les droits en matière de retraite représenterait une ponction de 22,6 milliards d’euros en 2018, 25,1 milliards d’euros en 2020</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Parallèlement, <strong>les propositions concernant la mise à contribution des hauts revenus, des revenus du capital, des entreprises ne font qu’égratigner les dispositions en leur faveur</strong>. Leur seule vocation est de créer l’<strong>illusion</strong> que la réforme est juste. <strong>Les recettes attendues sur ce plan sont estimées à 4,4 milliards d’euros en 2020, soit 5 fois moins que les sacrifices imposés aux salariés</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Le projet de loi est très largement marqué de l’empreinte du MEDEF qui réclamait le report de l’âge légal de la retraite. <strong>Les entreprises obtiendraient de plus de nouvelles aides financières pour l’emploi des plus de 55 ans</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La brutalité  des mesures gouvernementales vise à répondre à la pression des marchés financiers et des agences de notation</strong> qui exigent une réduction des budgets publics et sociaux dans tous les pays européens.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright" src="http://blog.fanch-bd.com/images/politique/greve_generale_19mars.jpg" alt="" width="360" height="321" />Non content d’affaiblir encore davantage le système de retraite par répartition, en accentuant les conséquences des réformes antérieures qui amputent déjà le niveau des retraites, le gouvernement n’apporte aucune réponse nouvelle aux défis du chômage, des bas salaires et de la précarité. C’est pourtant dans la réponse à ces problèmes que réside l’essentiel des solutions garantissant la pérennité des retraites.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette réforme des retraites doit être résolument combattue par toutes et tous, sans distinction : jeunes, anciens, actifs, retraités, salariés du public ou du privé, hommes, femmes, chômeurs car tous seront lourdement pénalisés.</p>
<p style="text-align: justify;">Chaque salarié  de tout âge et de toute profession doit prendre conscience que c’est de sa mobilisation que tout va désormais dépendre l&#8217;avenir de lui-même et de ses enfants ou petits enfants&#8230; Plus tard, il sera trop tard et le gouvernement se sentirait en position de faire avaler au peuple de nouvelles régressions sociales, demain clairement l&#8217;assurance maladie !</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les salariés doivent mener campagne pour de grandes manifestations unitaires et interprofessionnelles le jeudi 24 juin prochain et l’organisation de nombreux arrêts de travail dans le privé et le public.</p>
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		<title>Quand l&#8217;agonie silencieuse de la Laïcité sonne celle de la République</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Jun 2010 20:16:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Episode 11 de la saga sarkozyste : Quand l&#8217;agonie silencieuse de la Laïcité sonne celle de la République Je me suis amusé cette semaine à interroger des enfants scolarisés en école primaire, du CP au CM2. Je leur ai demandé s&#8217;ils avaient déjà entendu parler de la Laïcité dans le cadre de l&#8217;école par les enseignants. J&#8217;ai obtenu des réponses fort peu satisfaisantes. Peu étonnant qu&#8217;une petite fille de 7ans ne soit pas trop en mesure de comprendre le mot laïcité même si je crois quand même que l&#8217;on peut faire entrevoir à une enfant de cet âge, la différence entre un enseignement dénué de toute référence aux religions, y compris dans le simple encadrement, y compris dans les &#171;&#160;éléments de mobilier&#160;&#187;&#8230; Plus surprenant qu&#8217;une enfant de 11 ans ne soit pas en mesure de me parler du mot laïcité et ne réponde à mes questions que par un maigre &#160;&#187; la maîtresse en a parlé vaguement en histoire, c&#8217;est tout ce qui est pas religieux&#160;&#187;. Mea Culpa, les cordonniers sont aussi les plus mal chaussés. Dès la semaine prochaine j&#8217;entame une formation sérieuse et amusante pour les deux jeunes ingénues&#8230; Reprenons les choses sobrement, l&#8217;adjectif laïque désigne une société, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Episode 11 de la saga sarkozyste : Quand l&#8217;agonie silencieuse de la Laïcité sonne celle de la République</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-1105" title="cure" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/06/cure-300x258.jpg" alt="" width="300" height="258" />Je me suis amusé cette semaine à interroger des enfants scolarisés en école primaire, du CP au CM2. Je leur ai demandé s&#8217;ils avaient déjà entendu parler de la Laïcité dans le cadre de l&#8217;école par les enseignants. J&#8217;ai obtenu des réponses fort peu satisfaisantes. Peu étonnant qu&#8217;une petite fille de 7ans ne soit pas trop en mesure de comprendre le mot laïcité même si je crois quand même que l&#8217;on peut faire entrevoir à une enfant de cet âge, la différence entre un enseignement dénué de toute référence aux religions, y compris dans le simple encadrement, y compris dans les &laquo;&nbsp;éléments de mobilier&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Plus surprenant qu&#8217;une enfant de 11 ans ne soit pas en mesure de me parler du mot laïcité et ne réponde à mes questions que par un maigre &nbsp;&raquo; la maîtresse en a parlé vaguement en histoire, c&#8217;est tout ce qui est pas religieux&nbsp;&raquo;. Mea Culpa, les cordonniers sont aussi les plus mal chaussés. Dès la semaine prochaine j&#8217;entame une formation sérieuse et amusante pour les deux jeunes ingénues&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Reprenons les choses sobrement, l&#8217;adjectif laïque désigne une société, ou une partie de la  société, qui n&#8217;est pas sous la responsabilité ou la domination de clercs  religieux : on parlera d&#8217;enseignement laïque, de société laïque, etc.,  comme on pouvait parler au Moyen  Âge d&#8217;abbatia laïque pour celui qui tenait en fief les revenus  d&#8217;une abbaye.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;adjectif <em>laïque</em> désigne en particulier un partisan ou un  militant de la <em>laïcité</em>,  c&#8217;est-à-dire de l&#8217;indépendance de la société civile à l&#8217;égard des  institutions religieuses et du domaine religieux de façon générale.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon la gramairienne et lexicographe Bénédicte Gaillard,  l&#8217;adjectif s&#8217;écrit « laïque » au masculin comme au féminin. La forme « laïc » est réservée au seul nom masculin. On  dira donc, sans connotation idéologique  particulière, « enseignement laïque » et « école laïque ».</p>
<p style="text-align: justify;">Je crois qu&#8217;il serait très long et probablement très polémique que d&#8217;accabler outre mesure le corps enseignant de &laquo;&nbsp;manquements&nbsp;&raquo; mais j&#8217;ose affirmer qu&#8217;il est anormal en 2010 qu&#8217;un enfant de 11 ans ignore tout du mot laïcité. Évidemment les parents restent les premiers éducateurs, mais les enseignants de 2010 sont-ils préoccupés, au-delà de l&#8217;enseignement des savoirs magistraux, par la formation des futurs citoyens ? Les enseignants de 2010 sont-ils préoccupés par la formation des esprits à la critique, au doute ? Ont-ils même encore conscience du rôle magique et capital qui est le leur au-delà de l&#8217;apprentissage des savoirs ? Accordons leur pour excuse de ne plus être eux-mêmes formés et sensibilisés à des sujets au moins autant formateurs pour les esprits que la grammaire et les mathématiques&#8230; Mais les parents eux-mêmes, où sont-ils ? Où sommes-nous ? Il est plus qu&#8217;urgent de &laquo;&nbsp;reprendre le manche&nbsp;&raquo; !</p>
<p style="text-align: justify;">Au moment où se prépare le 50e anniversaire du <strong> <em>« Serment de Vincennes »</em></strong>,  viennent d’être publiés les chiffres de postes ouverts aux concours de  l’enseignement privé (CAFEP).<em> </em><span> </span></p>
<blockquote>
<div><em><span><span><big></big><big><strong>Le Serment de Vincennes</strong></big><br />
Vincennes &#8211; Décadi, 30 Prairial, An CLXVIII (19 juin 1960)</span></span><br />
Nous, délégués des pétitionnaires des communes de France, représentant 10 813 697 Françaises et Français de toutes origines et de toutes opinions, ayant signé la protestation solennelle contre la loi scolaire de division du 31.12.1959, faisons le serment solennel :<br />
</em></div>
<div><em>- de manifester en toutes circonstances et en tous lieux notre irréductible opposition à cette loi contraire à l&#8217;évolution historique de la Nation ;<br />
- de lutter sans trêve et sans défaillance jusqu&#8217;à son abrogation ;<br />
- et d&#8217;obtenir que l&#8217;effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l&#8217;école de la Nation, espoir de notre jeunesse.</em></div>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Rappelons que le nombre de postes aux concours de  l’enseignement public (CAPES externe) continue à diminuer régulièrement  (5006 postes cette année contre 5095 l’an dernier). Pendant ce temps, le  nombre de postes au CAFEP-CAPES (concours externe du privé), cette  année, a été multiplié par deux (1 260 postes contre 569 l’an dernier) !</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, par exemple, en philosophie, le nombre de postes  dans le privé a été multiplié par 4 (20 cette année, contre 5 l’an  dernier), alors que l’enseignement ne présente, pour cette discipline,   que 32 postes&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au même moment, une lutte de chaque instant se joue loin du feu des projecteurs médiatiques qui n&#8217;ont toujours pas saisi l&#8217;étendue du puzzle antilaïque qui se joue sur fond d&#8217;offensive sans équivalent historique du président de la république et du gouvernement en appui de l&#8217;enseignement catholique et de la marchandisation à venir du système éducatif en entier.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour ceux qui auraient besoin de petits rappels : <a href="http://www.yannickserrano.fr/2008/08/04/main-basse-sur-lecole-publique/" target="_blank">article1</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2008/12/11/la-laicite-encore-attaquee/" target="_blank">article2</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2008/12/22/scandale-diplomes-catholiques-reconnus-par-la-france/" target="_blank">article3</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/04/17/le-resultat-dune-politique-incessante-dattaque-de-la-laicite-et-daugmentation-du-communautarisme/" target="_blank">article4</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/04/30/les-medias-nont-pas-encore-annonce-la-mort-de-la-laicite-francaise-assassinee-le-16-avril-2009-par-un-certain-nicolas-sarkozy/" target="_blank">article5</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/07/12/voiles-foulards-et-autres-artifices-une-question-degalite-de-laicite-et-de-citoyennete/" target="_blank">article6</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/09/07/le-combat-en-faveur-de-la-laicite-plus-que-jamais-dactualite/" target="_blank">article7</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/09/07/le-combat-en-faveur-de-la-laicite-plus-que-jamais-dactualite/" target="_blank">article8</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/10/01/place-a-lenseignement-confessionnel-adieu-laicite/" target="_blank">article9</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/10/08/les-socialistes-sopposent-aux-ventes-a-la-decoupe-de-leducation-reaffirmons-limperieuse-necessite-dune-laicite-intransigeante/" target="_blank">article10</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2010/01/28/quand-la-laicite-est-defendue-elle-gagne-indiscutablement/" target="_blank">article11</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2010/02/15/letat-fusionne-universite-publique-et-universite-catholique/" target="_blank">article12 </a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<div style="text-align: justify;">Après que la suppression de 60 000 postes d&#8217;enseignants ait déjà saigné les conditions de l&#8217;éducation offerte à nos enfants, le Ministre de l&#8217;Education Nationale, Luc Châtel promet sournoisement à travers un document confidentiel d&#8217;en sabrer encore entre 15 000 et 17 000 pour 2011.</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>Mais pour les adeptes de l&#8217;enseignement privé, point d&#8217;inquiétude. il a, lui, vu naître en février 2010 la &laquo;&nbsp;Fondation Saint-Mathieu&nbsp;&raquo;, catholique évidemment&#8230; Son objet ? Réunir tout bonnement 1 000 000 000 d&#8217;euros d&#8217;investissements dans les dix années qui viennent afin de financer la construction et la rénovation d&#8217;établissements privés catholiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant de poursuivre, rappelons qu&#8217;en France, ce sont les régions qui financent seules la construction et la rénovation des lycées, cela a son importance.</p>
<p><strong>Tenez-vous bien, la &laquo;&nbsp;Fondation Saint-Mathieu&nbsp;&raquo; (proche de &laquo;&nbsp;l&#8217;Opus Dei &laquo;&nbsp;et des &laquo;&nbsp;Légionnaires du Christ&nbsp;&raquo; :  tout un programme) a été fondée sur le socle d&#8217;une association de type loi de 1901 (l’Association d’Entraide des Établissements d’enseignement privé  d’Ile-de-France) et bénéficiant de ce statut, elle a pu &laquo;&nbsp;miraculeusement&nbsp;&raquo; obtenir le précieux sésame de &laquo;&nbsp;Fondation d&#8217;Utilité Publique&nbsp;&raquo; ! Juste après le scandale de Saint Eloi, cela devrait suffire à démontrer qu&#8217;une proportion non négligeable d&#8217;élus UMP a bien décidé si ce n&#8217;est de tuer l&#8217;enseignement public, tout au moins assume clairement la &laquo;&nbsp;non assistance&nbsp;&raquo; à personne en danger.</strong></p>
<p><strong>Cette réussite exceptionnelle permet donc à la &laquo;&nbsp;Fondation Saint-Mathieu&nbsp;&raquo; d&#8217;offrir à ses généreux donateurs des réductions d&#8217;impôts non négligeables</strong> (75% pour les assujettis à l&#8217;ISF et 60% pour les autres) ! Voilà comment retrouver nos niches fiscales soit disant rabotées&#8230; (<a href="http://www.fondation-st-matthieu.org/" target="_blank">voir le beau contentement de Saint-Mathieu</a>)</p>
<p>Les aides publiques font le bonheur de la fondation Saint-Matthieu, qui ne manque pourtant pas de “recettes”. Rêvée par le journal d’extrême droite Minute dans les années 1980, la fondation est co-présidée par <strong>Claude Bébéar</strong>, l’ancien patron d’AXA, dont le catholicisme fervent, presque traditionaliste, le pousse à accepter des invitations du centre Garmelle, tenu par l’Opus Dei.</p>
<p>Sur la liste du comité d’honneur de l’association, figurent des personnalités originales. A l’instar du Cardinal Vingt-trois, Archevêque de Paris, Président de la Conférence des Evêques de France ; et de Monseigneur Aumônier, évêque de Versailles, président de l’Enseignement Catholique en France. Mais aussi d’autres, plus inattendues. Comme l’ancien chef d’état major de la Marine ou le Président d’honneur du groupe Bayard Presse. Du beau monde en somme&#8230;</p>
<p>A l’image des constructions réalisées par la fondation qui, précise-t-elle, “déploie son action dans toute la France”. Ainsi, <strong>le lycée Jean-Paul II, à Sartrouville (78) (un établissement s’inscrivant dans la “Dynamique Espoir Banlieue”, portée par Fadela Amara , tiens donc) a-t-il été construit en partie grâce à Saint-Matthieu, qui apporta un tiers des fonds. Un autre tiers provenant de la région Ile-de-France, carrément !</strong></p>
<p>Saint-Matthieu cherche maintenant à obtenir le soutien, financier si possible, de la mairie de la Courneuve !</p>
<p><strong>Pour rappel, l&#8217;article L151-3 du code de l&#8217;éducation interdit tout financement public des écoles et le 151-4 n&#8217;autorise pas le dépassement à hauteur de 10% des fonds propres.  Les gestions collège et primaire doit être distinctes. Sur ces bases, les aides octroyées par la Région Ile de France au lycée Jean-Paul II, à Sartrouville (78) sont attaquables en justice ! Le seront-elles ? et par qui ?&#8230;</strong><strong>L&#8217;Assemblée Nationale financerait elle aussi ?</strong></p>
<p>Saint-Joseph : une nouvelle étape pour le groupe scolaire &#8211; Mûr-de-Bretagne. <strong>À la rentrée 2011-2012, le groupe scolaire Saint-Joseph devrait être équipé d&#8217;un nouveau bâtiment commun à l&#8217;école et au collège.</strong> Une demande de permis de construire vient d&#8217;être déposée. Pierre Le Corre, président de l&#8217;Organisme de gestion (OGEC), présente le projet.</p>
<p><strong>Quel en sera le coût ? Nous partons sur un estimatif de 440 000 € TTC avec un autofinancement de 130 000 € et un emprunt de 270 000 €. Nous avons quelques pistes pour des demandes de subventions : auprès du conseil général, de l&#8217;Assemblée Nationale, de l&#8217;Udogec.</strong> Mais il nous manque environ 40 000 €. Pour limiter le recours à l&#8217;emprunt, nous avons décidé de lancer <strong>une souscription</strong> dès dimanche, jour de la kermesse, auprès des parents, des anciens élèves, des sympathisants qui veulent nous soutenir en mettant en vente 4 000 ardoises, à 10 € l&#8217;unité. <strong>Cette souscription sera gérée par la Fondation Saint-Mathieu, une association reconnue d&#8217;utilité publique. Les dons seront déductibles des impôts.</strong></p>
</div>
<div style="text-align: justify;">La Laïcité se meurt, les Laïques se cachent ou renoncent et la République part en lambeaux.</div>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Des arbres pour la Laïcité</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Jun 2010 17:34:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Au Premier Plan]]></category>
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		<description><![CDATA[Nous avons assez peu d&#8217;occasions dans la société actuelle de réaffirmer notre attachement aux valeurs essentielles de la République. En dehors de quelques sondages qui disent tous que les citoyens français sont attachés à la Laïcité pour une grande proportion d&#8217;entre eux, nous n&#8217;avons pas d&#8217;occasion formelle de démontrer cet attachement et marquer d&#8217;un geste simple mais fort comme actuelle cette valeur Républicaine. Il est possible de remédier à cela. Sans débourser un seul euro, sans accomplir d&#8217;exploit surhumain, sans amputer le repos de fin de semaine de chacun, il est possible pour les français de tous horizons, de toute croyance, de toute sensibilité politique, mais attachés à la laïcité d&#8217;agir et d&#8217;envoyer un message à un gouvernement et un président de la république qui n&#8217;ont de cesse d&#8217;attaquer la Laïcité depuis 3 ans maintenant. Attention, elle est véritablement en danger. Espérons qu&#8217;après Saint-Eloi et les Infiltrés, chacun trouvera le temps de prendre une heure de son précieux temps. Le samedi 19 juin 2010 à Créon (33) à partir de 9h30 sera officiellement lancée l’opération nationale des « Arbres de la Laïcité » en présence de Guy Georges, instituteur syndicaliste de Haute-Marne, secrétaire général du Syndicat national des instituteurs de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://www.mrax.be/IMG/couv_laicite-4.jpg" alt="" width="236" height="336" />Nous avons assez peu d&#8217;occasions dans la société actuelle de réaffirmer notre attachement aux valeurs essentielles de la République. En dehors de quelques sondages qui disent tous que les citoyens français sont attachés à la Laïcité pour une grande proportion d&#8217;entre eux, nous n&#8217;avons pas d&#8217;occasion formelle de démontrer cet attachement et marquer d&#8217;un geste simple mais fort comme actuelle cette valeur Républicaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est possible de remédier à cela. Sans débourser un seul euro, sans accomplir d&#8217;exploit surhumain, sans amputer le repos de fin de semaine de chacun, il est possible pour les français de tous horizons, de toute croyance, de toute sensibilité politique, mais attachés à la laïcité d&#8217;agir et d&#8217;envoyer un message à un gouvernement et un président de la république qui n&#8217;ont de cesse d&#8217;attaquer la Laïcité depuis 3 ans maintenant. Attention, elle est véritablement en danger. Espérons qu&#8217;après Saint-Eloi et les Infiltrés, chacun trouvera le temps de prendre une heure de son précieux temps.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le samedi 19 juin 2010 à Créon (33) à partir de 9h30 sera officiellement lancée l’opération nationale des « Arbres de la Laïcité  »</strong> en présence de Guy Georges,  instituteur syndicaliste de Haute-Marne, secrétaire général du Syndicat national des instituteurs de 1976 à 1983, Président de l’association Solidarité laïque, Président du Comité de coordination des œuvres mutualistes et coopératives de l’éducation nationale, ancien Conseiller d’État en service extraordinaire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cette opération est la première étape d’un appel national à la défense de la Laïcité en France.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Guy Georges participera <strong>également à une rencontre citoyenne « Quel avenir pour l’école républicaine et laïque? » au Centre Culturel de Créon dès 9h30.</strong> Il sera entouré de Françoise Cartron, Sénateur de la Gironde qui se bat au Sénat pour la défense de l’école maternelle, Martine Faure, députée de la Gironde, Alain Anziani, Sénateur de la Gironde , Président de l’UDESR Gironde, qui suit le dossier de la réforme territoriale au Sénat et Jean-Marie Darmian, Maire de Créon, Conseiller Général et Député Suppléant,  à l’initiative de cette opération.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A 11h30, sera symboliquement planté à Créon, par Philippe Madrelle, Sénateur, Président du Conseil Général de la Gironde , le premier « Arbre de la laïcité »</strong>, place Camille Gourdon près de l’école Albanie Lacoume.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le 19 juin 1960, 25 000 délégués de tous les départements, étaient réunis à Vincennes pour témoigner de la protestation de près de 11 millions de signataires pétitionnaires contre le vote par l’Assemblée Nationale de la loi du 31 décembre 1959, dite loi Debré.</strong> En décidant de financer sur les fonds publics les établissements privés d’enseignement, la loi ouvrait une brèche dans l’édifice laïque de l’Etat. C&#8217;est cette loi qui instaura un système de contrats entre l&#8217;État et les écoles privées qui le  souhaitent.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cinquante ans après, la laïcité est en péril. La loi du 9 décembre 1905 de séparation des Églises et de l’Etat, pierre angulaire de la République , est quotidiennement bafouée.</strong> Elle n’est pas à l’abri de tentations d’en édulcorer la portée. Alors que l’Ecole Laïque, ciment de l’unité nationale, est sans cesse désorganisée et privée de moyens de fonctionnement, des lois successives ont accumulé les privilèges accordés, avec l’argent de tous les contribuables, à des établissements privés d’enseignement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’opération des « Arbres de la Laïcité  » se concrétisera dans toutes les communes qui le souhaiteront, menée par les laïques de tous les horizons, le 11 décembre 2010. Des milliers d’arbres comme celui de Créon seront plantés pour rappeler l’attachement de notre France au quatrième pilier de notre République.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ce sera le jour anniversaire de la publication au Journal Officiel de la loi de séparation des Églises et de l’Etat, du 9 décembre 1905, « clef de voûte de la laïcité » selon l’expression de la Cour Européenne des Droits de l’Homme.</strong> <strong>Par cette opération nationale lancée à Créon, tous les laïques de France sont invités à se rassembler et planter un Arbre de la Laïcité, comme nos ancêtres plantèrent un arbre de la liberté pour l’avènement de la 1ière République en 1792 et pour celui de la 2ième République en 1848. Préparons ensemble cet acte de résistance  partout où nous pouvons témoigner de notre attachement aux valeurs laïques.</strong></p>
<h5><em>Contact Organisation<br />
Jean-Marie Darmian, Maire de Créon, Conseiller Général de la Gironde</em><em> 06 08 05 64 23, <a href="mailto: jmdarmian@club-internet.fr"></a></em></h5>
<h5><em><a href="mailto: jmdarmian@club-internet.fr">jmdarmian@club-internet.fr</a><a href="http://www.jeanmariedarmian.fr" target="_blank"> </a></em></h5>
<h5><em><a href="http://www.jeanmariedarmian.fr" target="_blank">http://www.jeanmariedarmian.fr</a><br />
</em></h5>
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		<title>L&#8217;austérité arrive !</title>
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		<pubDate>Sun, 21 Mar 2010 15:54:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ça y est, le deuxième tour des élections régionales en France n&#8217;est même pas achevé que déjà l&#8217;horizon de l&#8217;austérité pointe le bout de son nez, comme on pouvait s&#8217;y attendre !  Ce n&#8217;est pas faute pourtant pour la droite d&#8217;avoir démenti depuis plusieurs semaines, ce que nombre de spécialistes ou d&#8217;observateurs avertis de la politique française prédisaient comme des oiseaux de mauvaise augure que personne ne voulait vraiment croire&#8230; Ainsi, les pays développés avec des déficits publics élevés (dont la France)  doivent commencer dès aujourd&#8217;hui à préparer leurs opinions publiques aux mesures d&#8217;austérités qui seront nécessaires à partir de l&#8217;an prochain, a estimé aujourd&#8217;hui le numéro deux du Fonds monétaire international, instance proche des pouvoirs gouvernementaux libéraux et des quatre ou cinq plus grandes nations économiques&#8230; Croyez-vous réellement que le n°2 du FMI ait pu se permettre une telle sortie le jour même des élections régionales en France sans vouloir adresser un message à l&#8217;opinion et aux médias?&#8230; Le n°1 du FMI, un certain Dominique Strauss-Khan, ne pouvait décemment pas envoyer lui-même le signal sans se positionner comme un acteur, à nouveau, de la politique française. Non mais, faire adresser le signal lui était possible&#8230; Des cerveaux malicieux pourraient [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-1084" title="L319xH321_Austerite-108bc" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/03/L319xH321_Austerite-108bc-298x300.jpg" alt="" width="298" height="300" />Ça y est, le deuxième tour des élections régionales en France n&#8217;est même pas achevé que déjà l&#8217;horizon de l&#8217;austérité pointe le bout de son nez, comme on pouvait s&#8217;y attendre !  Ce n&#8217;est pas faute pourtant pour la droite d&#8217;avoir démenti depuis plusieurs semaines, ce que nombre de spécialistes ou d&#8217;observateurs avertis de la politique française prédisaient comme des oiseaux de mauvaise augure que personne ne voulait vraiment croire&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, les pays développés avec des déficits publics élevés (dont la France)  doivent  commencer dès aujourd&#8217;hui à préparer leurs opinions publiques aux  mesures d&#8217;austérités qui seront nécessaires à partir de l&#8217;an prochain, a  estimé aujourd&#8217;hui le numéro deux du Fonds monétaire international, instance proche des pouvoirs gouvernementaux libéraux et des quatre ou cinq plus grandes nations économiques&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Croyez-vous réellement que le n°2 du FMI ait pu se permettre une telle sortie le jour même des élections régionales en France sans vouloir adresser un message à l&#8217;opinion et aux médias?&#8230; Le n°1 du FMI, un certain Dominique Strauss-Khan, ne pouvait décemment pas envoyer lui-même le signal sans se positionner comme un acteur, à nouveau, de la politique française. Non mais, faire adresser le signal lui était possible&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Des cerveaux malicieux pourraient y voir deux choses fortes dans l&#8217;annonce : &laquo;&nbsp;vous allez prendre une cure d&#8217;austérité jamais connue, je vous l&#8217;annonce&nbsp;&raquo;, et un &laquo;&nbsp;attendez, j&#8217;arrive !&#8230;&nbsp;&raquo; Mais je suis certain qu&#8217;aucun de mes lecteurs n&#8217;est malicieux, évidemment&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-medium wp-image-1085" title="austerite" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/03/austerite-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" />Alors, peut-être que nous pouvons dormir tranquille quand John Lipsky, directeur général adjoint du FMI, dit très exactement ceci <em><strong>&laquo;&nbsp;l&#8217;ampleur  des ajustements qui vont devoir être mis en oeuvre est si vaste qu&#8217;ils  risquent de se traduire par un recul des allocations santé et retraite,  une réduction des dépenses publiques et une hausse des impôts&nbsp;&raquo;</strong></em>.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Relever ce défi budgétaire est une priorité essentielle à court  terme car les inquiétudes à propos de la soutenabilité en termes  budgétaires pourraient entamer la confiance dans la reprise économique&nbsp;&raquo;,  souligne John Lipsky dans un discours préparé en vue de son  intervention devant le Forum de développement de la Chine.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>&laquo;&nbsp;Déjà dans plusieurs pays avec des déficits et une dette  particulièrement élevés, la prime sur le risque souverain a augmenté  fortement, ce qui pèse sur les pays concernés et augmente le risque  d&#8217;une possible contagion&nbsp;&raquo;</strong></em>, ajoute-t-il.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour la plupart des économies développées, il est pour l&#8217;instant  approprié de conserver les mesures de soutien à l&#8217;économie mais  l&#8217;assainissement des finances publiques devra démarrer dès l&#8217;an prochain  si la reprise économique suit son cours, a expliqué le numéro deux du  FMI.</p>
<p style="text-align: justify;">Préparons-nous à souffrir !&#8230;</p>
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		<title>Le sarkozysme, une idéologie de rupture</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 21:19:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Morceaux choisis&#8230; Dans l’univers médiatique contemporain, le temps s’est accéléré. L’information se consomme au quotidien, voire d’heure en heure, sur les fils internet. Une actualité chasse l’autre et, après avoir fait la « une » des journaux, disparaît dans l’oubli. La gestion médiatique impulsée par Nicolas Sarkozy, résolument modernisée, a encore renforcé l’accélération de l’information. L’Elysée orchestre un à deux évènements médiatiques par jour, confortant cette course à l’instantané. Résultat : l’analyse disparaît derrière le flux de l’information brute, de « l’actu ». La démocratie politique a du mal à s’exprimer : l’opposition n’a souvent guère plus de quelques heures pour réagir aux annonces gouvernementales ; au-delà, ses messages sont inaudibles, frappés de péremption. Les citoyens, noyés dans ce flot, n’ont pas les moyens d’évaluer l’action du gouvernement. Tel est justement l’une des missions de Terra Nova. Adossés à un réseau de près de 500 intellectuels et experts (universitaires, hauts fonctionnaires, associatifs, experts du privé), nous décryptons au quotidien les politiques publiques, pour en donner une lecture progressiste, « vue de gauche » . C’est également l’objet de ce livre : revenir sur les principaux sujets politiques qui marquent l’actualité, approfondir le décryptage, le rendre accessible à tous. Il a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-1076" title="couv2" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/03/couv2-191x300.jpg" alt="" width="205" height="323" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Morceaux choisis&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans l’univers médiatique contemporain, le temps s’est accéléré.  L’information se consomme au quotidien, voire d’heure en heure, sur les  fils internet. Une actualité chasse l’autre et, après avoir fait la «  une » des journaux, disparaît dans l’oubli.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La gestion médiatique  impulsée par Nicolas Sarkozy, résolument modernisée, a encore renforcé  l’accélération de l’information. <strong>L’Elysée orchestre un à deux évènements  médiatiques par jour, confortant cette course à l’instantané.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résultat  : l’analyse disparaît derrière le flux de l’information brute, de «  l’actu ». La démocratie politique a du mal à s’exprimer : l’opposition  n’a souvent guère plus de quelques heures pour réagir aux annonces  gouvernementales ; au-delà, ses messages sont inaudibles, frappés de  péremption. Les citoyens, noyés dans ce flot, n’ont pas les moyens  d’évaluer l’action du gouvernement.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tel est justement l’une des missions de Terra Nova. Adossés à un  réseau de près de 500 intellectuels et experts (universitaires, hauts  fonctionnaires, associatifs, experts du privé), nous décryptons au  quotidien les politiques publiques, pour en donner une lecture  progressiste, « vue de gauche » .</p>
<p style="text-align: justify;">C’est également l’objet de ce  livre : revenir sur les principaux sujets politiques qui marquent  l’actualité, approfondir le décryptage, le rendre accessible à tous. Il a  vocation à devenir un rendez-vous annuel. C<strong>haque chapitre s’attaque à  un des grands thèmes qui ont fait polémique ces douze derniers mois, au  cœur de l’action gouvernementale, et vise à en donner les clés de  compréhension.</strong> Derrière le barnum politico-médiatique, quelle est la  réalité des politiques qui sont menées ? Quel jugement porter ? Peut-on  formuler des politiques alternatives ?</p>
<p style="text-align: justify;">Les auteurs ? Des  personnalités membres du réseau de Terra Nova, issues de tous horizons :  philosophes, sociologues, économistes, acteurs de la société civile,  magistrats, experts de l’administration et du privé.<br />
A leur lecture,  <strong>les lignes de force des politiques gouvernementales se dégagent  nettement.</strong> Elles dessinent la vraie nature du sarkozysme.<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On a  beaucoup dit que Nicolas Sarkozy était un pragmatique, un politique à la  grande plasticité idéologique, brouillant les cartes, capable de «  piocher » dans toutes les familles intellectuelles en fonction des  circonstances.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour accréditer cette thèse, il y a bien sûr le  débauchage de personnalités de gauche.</strong> Mais <strong>on peine à identifier dans  cette « ouverture » les emprunts aux idées de gauche. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Eric Besson,  certes ancien socialiste, est commis depuis son ministère de l’identité  nationale à la chasse aux voix lepénistes.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bernard Kouchner, l’homme du «  droit d’ingérence humanitaire », doit subir une réorientation de la  diplomatie française vers une realpolitik agressive, dictée par  l’Elysée, aux antipodes de sa vision fondée sur les droits de l’homme. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux affaires européennes pendant  la présidence française de l’Union, est un fédéraliste européen  convaincu, à l’opposé de la vision intergouvernementale du Président de  la République.</p>
<p style="text-align: justify;">Fadela Amara, Martin Hirsch tentent de défendre leurs  causes, les banlieues et la lutte contre la pauvreté. Mais ils donnent  l’impression de se battre essentiellement contre leur propre  gouvernement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le cas de Jean-Marie Bockel est le plus révélateur. Il a  été débarqué du secrétariat d’Etat à la coopération après avoir annoncé  vouloir mettre fin à la « Françafrique ». En d’autres termes : débaucher  des hommes de gauche, oui ; mais importer leurs idées, non. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">« Des  parcours individuels », résume Jean-Pierre Jouyet. Mais pas d’emprunt  idéologique.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le fond, <strong>le traitement de la crise est souvent présenté comme  la démonstration éclatante de ce pragmatisme : relance macroéconomique,  interventionnisme étatique pour sauver les banques – en bref, la grande  panoplie sociale-démocrate. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Voire. <strong>Tous les pays développés, sans  exception, sont intervenus massivement pour secourir leur économie au  bord de l’effondrement.</strong> <strong><span style="color: #ff0000;">Dans ce retour généralisé de l’Etat, c’est le  gouvernement français qui en a le plus limité, ou cherché à en limiter,  la portée : un plan de relance parmi les plus modestes de l’OCDE ; une  aide financière sans précédent pour les banques (320 milliards d’euros),  mais sans nationalisation (contrairement au Royaume-Uni et aux  Etats-Unis).</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Élément positif, plus calculé celui-là, dans l’escarcelle  présidentielle : l’écologie. Grenelle de l’environnement I &amp; II,  mise en avant de la « croissance verte » dans le cadre du « grand  emprunt »</strong>, taxe carbone, agitation diplomatique pour Copenhague,  nomination de ministres aux compétences reconnues (Nathalie  Kosciusko-Morizet puis Chantal Jouanno), opération séduction – avortée –  en direction de Nicolas Hulot : le président en fait des tonnes.  Certes, là encore, le discours est très en avance sur les actes. Il y a  beaucoup d’affichage «  Canada Dry ».</p>
<p style="text-align: justify;">Cet infléchissement  écologique n’appartient pas à l’ADN du sarkozysme. Il est carrément  étranger à la droite française. <strong>L’objectif est avant tout tactique :  capter la partie la plus volatile de l’électorat progressiste, les «  bobos » aisés urbains, dans la perspective des prochaines échéances  présidentielles.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Ces éléments, ainsi que quelques autres plus  anecdotiques (la suppression de la publicité à la télévision par  exemple), ne traduisent pas la vraie nature des politiques en cours.  Elles la brouillent au contraire. Le sarkozysme n’est pas un pragmatisme  dérivant vers le centre de l’échiquier politique. C’est tout l’inverse :  une idéologie de rupture néoconservatrice.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous sortons, en France, d’une longue paix idéologique. Elle  scellait la victoire des valeurs de progrès. La France a vécu, depuis  1945, sur un compromis que l’on peut qualifier, pour aller vite, de «  social-démocrate ». Un modèle de société fondé sur deux piliers. La  démocratie, avec l’extension des libertés individuelles, la protection  des droits du citoyen, le développement des droits de l’homme : en cela,  notre modèle est fondamentalement un modèle humaniste. Et le social,  avec l’Etat-providence, les services publics, la fiscalité  redistributive : il s’agit d’un modèle égalitaire, un modèle de  solidarité .</p>
<p style="text-align: justify;">La gauche, tout comme le gaullisme social, avaient promu  ce modèle social-démocrate après-guerre. La droite avait accepté  d’accompagner ces évolutions, moteurs d’une prospérité inédite sous les  Trente Glorieuses.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Avec la crise contemporaine du modèle  social-démocrate, le compromis idéologique a volé en éclats. Désormais,  la droite est à l’offensive. Elle a longtemps hésité, sous Jacques  Chirac. C’est fini. Nicolas Sarkozy a été le premier, en France, à  revendiquer « la rupture », « le changement » : la fin du pacte social  historique.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le sarkozysme met en œuvre une double rupture de fond,  qui s’attaque aux deux piliers de la social-démocratie et esquisse un  basculement néoconservateur.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Une rupture antihumaniste, tout d’abord</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Elle se caractérise par la recherche systématique de coupables, de  boucs émissaires à désigner à la vindicte collective.</strong> <strong>Il y a toujours  les bons citoyens à protéger et les mauvais à bannir hors de la  communauté nationale – les immigrés, les musulmans, la racaille de  banlieue, les délinquants, les assistés, les fonctionnaires privilégiés…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cet  antihumanisme se déploie dans le débat sur l’identité nationale. <strong>La  vision néoconservatrice de la nation est figée sur l’identité fantasmée  du passé, à tentation ethnique (blanche), à coup sûr culturaliste  (religieuse, les racines chrétiennes). Une identité fermée, qui exclut  les générations de Français d’immigration récente, considérés comme des  étrangers sur leur propre sol.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une telle rupture se retrouve aussi  dans la politique d’immigration, de plus en plus brutale. « Rafles »  policières de sans-papiers, jusqu’aux enfants dans les écoles ; délit de  solidarité ; expulsion de réfugiés politiques vers l’Afghanistan ;  climat de soupçon dans les préfectures… L’exemple du Calaisis, qui  concentre les demandeurs d’asile en transit vers l’Angleterre, est  édifiant : fermeture du centre d’hébergement d’urgence de Sangatte,  démantèlement des campements de fortune de la « jungle », jusqu’à la  condamnation à l’errance. Une chute de Charybde en Scylla.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La  politique pénale subit le même processus de durcissement. Le champ des «  criminels », des « monstres » s’élargit toujours plus loin.</strong> Leur  répression s’intensifie. La politique de castration chimique pour les  pédophiles est emblématique. <strong>Jusqu’à l’évocation inouïe par Michèle  Alliot-Marie de la castration physique &#8211; une mutilation d’Etat, une  vision de la France digne d’Orange mécanique.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On peut également  rattacher à cette rupture antihumaniste <strong>la réorientation de la politique  étrangère. La diplomatie sarkozyste a renoncé à un équilibre entre  universalité des droits de l’homme et intérêts nationaux, au profit  d’une realpolitik parfois extrême, comme lors de l’accueil en France du  colonel Khadafi. Elle a également basculé dans une logique à la  coloration manichéenne et occidentaliste, entraînant la France vers un  rôle de « nouveau faucon » sur la scène internationale.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Seconde rupture de fond : la rupture inégalitaire </span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">La politique  fiscale apparaît comme un marqueur indélébile de cette rupture. La  gauche stigmatise à juste titre le « paquet fiscal », toute première  mesure prise par Nicolas Sarkozy lorsqu’il accède à l’Elysée : plus de  10 milliards d’euros par an pris dans les poches de tous les Français  pour être donnés aux ménages les plus riches. </span></strong>Au total, <strong>depuis 2002,  c’est 30 milliards d’euros par an qui font l’objet d’une redistribution à  l’envers des classes moyennes et populaires vers les ménages les plus  aisés.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nicolas Sarkozy l’assume régulièrement : ceux qui réussissent  ont le droit de s’enrichir. « A grosses responsabilités, gros revenus »,  a-t-il encore répété à Davos. <strong>La société méritocratique qu’il appelle  de ses vœux est une société inégalitaire.</strong> Sa méritocratie prétend  valoriser l’entrepreneur et le travail du capitalisme industriel, pas le  spéculateur et la rente du capitalisme financier. Pourtant, d<strong>ans les  faits, la plupart des mesures fiscales prises par la droite depuis 2002  favorise la rente : dévitalisation de l’ISF, bouclier fiscal,  disparition des droits de succession, allègement de la fiscalité sur les  dividendes…</strong> Et si peu a été fait – moins qu’aux Etats-Unis et au  Royaume-Uni – pour encadrer les bonus pharaoniques des traders et des  dirigeants de la finance.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Si la politique fiscale aide les forts, la  politique sociale abandonne les faibles. Le sarkozysme a insufflé dans  le pays une idéologie « anti-assistanat » dévastatrice.</strong> Il n’y pas à  aider les exclus puisqu’il s’agit d’assistés, qui ont choisi leur sort,  refusent de travailler. Ainsi, au fil du temps, l<strong>es minimas sociaux  français ont glissé à des niveaux alarmants : 40% à peine du salaire  médian, contre 60% en moyenne en Europe, plus de 70% au Danemark, aux  Pays-Bas, au Royaume-Uni.</strong> <strong><span style="color: #ff0000;">Appauvrir les plus pauvres : nous cultivons  ainsi une exception française délétère.</span></strong> Et <strong>même en pleine crise sociale,  le gouvernement refuse de prendre les mesures d’urgence de bon sens  contre le chômage</strong> : refus de suspendre les suppressions annuelles de  postes de fonctionnaires, refus de relancer les emplois aidés, refus de  revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nicolas  Sarkozy est, pour finir, à l’origine d’une troisième rupture,  méthodologique cette fois : l’hyperprésidence. </strong>Son credo : le  volontarisme politique. Il ne se résigne pas à l’impuissance politique.  S<strong>a méthode : la culture de l’action et la concentration des pouvoirs –  l’hyperprésidence.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La culture de l’action, c’est décider, trancher  dans le vif. Corollaire, l<strong>e sarkozysme ne prend pas le temps de  l’écoute, de la consultation, du dialogue démocratiques</strong>. En attestent le  refus de prendre en compte la votation citoyenne sur La Poste, le  passage en force sur la réforme des universités, l’absence de travail de  création de consensus pour une réforme aussi fondamentale que la taxe  carbone … Mais cette gestion du changement, au-delà des réserves  démocratiques qu’elle inspire, ne paraît guère efficace. Ce temps de  dialogue qu’il veut gagner en amont de la décision, Nicolas Sarkozy le  perd le plus souvent en aval, du fait des résistances et oppositions que  cette pratique expéditive suscite.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La tendance à la concentration personnelle du pouvoir est une  évolution plus inquiétante.</strong> Certes, les dernières décennies avaient sans  doute éclaté à l’excès le pouvoir étatique, vers le bas  (décentralisation), le haut (la construction européenne) et latéralement  (la multiplication des autorités administratives indépendantes),  l’enchaînant aussi dans des procédures de plus en plus rigides  (renforcement des marchés publics).</p>
<p style="text-align: justify;">Un mouvement de reconcentration  et de libération du pouvoir politique est sans doute nécessaire. Mais  <strong><span style="color: #ff0000;">Nicolas Sarkozy va très au-delà. Il procède à l’affaiblissement  systématique des contre-pouvoirs. Les médias (avec la nomination des  présidents de chaîne publique par l’Elysée), la justice (avec la  suppression du juge d’instruction indépendant) sont pensés comme des  relais de l’action gouvernementale. La réforme territoriale marque  l’acte I de la recentralisation. Des autorités indépendantes sont  supprimées.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’Europe échappe aux institutions fédérales (la Commission,  le Parlement européen) pour revenir entre les mains des Etats, dans une  logique intergouvernementale. <strong><span style="color: #ff0000;">Le Parlement est perçu comme une  institution trop lente, trop bavarde ; la réforme constitutionnelle  entraîne « l’agonie de la démocratie parlementaire » .</span></strong> Même au sein de  la sphère gouvernementale, la présidence concentre le pouvoir,  dévitalise les ministères et court-circuite le travail interministériel,  ravalant le premier ministre au rang de « super-directeur de cabinet »  sans réelle autonomie politique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Au total, l’hyper-présidence  déséquilibre dangereusement nos institutions démocratiques.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Antihumanisme,  inégalités, hyperprésidence : le sarkozysme attaque de front l’identité  politique du pays, la fraternité, la solidarité, les libertés  publiques, pour y intégrer des valeurs néoconservatrices, qui lui sont  historiquement étrangères.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mais <strong>ces trois ruptures ont eu, en revanche, une efficacité  politique redoutable. Elles ont permis à Nicolas Sarkozy de se  constituer une large assise électorale en réunissant les trois courants  de la droite française</strong> décrits par René Rémond.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a d’abord le  légitimisme : c’est la droite de l’ordre moral et des valeurs, celle qui  votait jusque-là pour Le Pen.</strong> Le sarkozysme a capté ses voix par  l’antihumanisme, sa politique des « 3 I » (insécurité, immigration,  identité), son slogan du « Karcher ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a ensuite l’orléanisme :  c’est la droite libérale, celle des milieux d’affaires qui, de Guizot à  Balladur, a pour projet l’enrichissement personnel.</strong> Le sarkozysme n’a  pas renforcé le libéralisme. C’est une des raisons qui expliquent sa  résilience face à la crise économique : il ne s’est jamais vraiment fait  l’apôtre du modèle néolibéral ; il survit donc à son effondrement  idéologique. <strong>Nicolas Sarkozy, s’il ne soutient pas les thèses  intellectuelles de l’orléanisme, fait en réalité bien mieux : il assure  son enrichissement.</strong> <strong>Il baisse la fiscalité des plus riches ; il  intervient pour défendre ses intérêts économiques ; il légitime l’argent  et les inégalités.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a enfin le bonapartisme : c’est le culte de  l’homme providentiel en lien direct avec le peuple, la droite sociale et  populaire</strong>. Certes, le sarkozysme pouvait heurter le courant  bonapartiste, attaché à l’Etat-providence, issu du Conseil national de  la résistance et du gaullisme. Mais il a séduit l’aile  gaullo-chiraquienne par une posture : le pouvoir personnel de  l’hyperprésident.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Face à cette rupture néoconservatrice, un front  progressiste est en train d’émerger. Il va des démocrates aux  socialistes et aux écologistes, jusqu’à la gauche de la gauche. Il doit  éviter deux écueils.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le premier est l’immobilisme. La gauche peut  être tentée par la défense du modèle d’hier. Elle a du mal à faire le  deuil du modèle historique qu’elle a contribué à créer. Elle risque  alors de s’enfermer dans la protestation.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le second écueil est le  renoncement idéologique. Dans l’incapacité de formuler une offre  politique alternative, la gauche laisserait filer le curseur idéologique  vers la droite.</strong> Le nouveau compromis national deviendrait un compromis  conservateur. La gauche pourrait encore espérer la victoire politique,  mais au prix de sa défaite idéologique, cantonnant son action à  l’accompagnement social et compassionnel d’un modèle qui n’est plus le  sien. Ce renoncement est une tentation dans nombre de partis  sociaux-démocrates européens, renoncement libéral avec le SPD allemand,  renoncement populiste en Autriche et aux Pays-Bas.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le camp  progressiste doit au contraire chercher la voie de la refondation  idéologique. Il doit reprendre l’offensive pour réaffirmer ses valeurs  historiques (égalité, solidarité, libertés démocratiques) ainsi que  leurs variantes contemporaines (écologie et développement durable). Il  trouvera les Français à ses côtés. Les citoyens continuent de  plébisciter les valeurs progressistes. Ils ont voté Nicolas Sarkozy pour  sa promesse d’efficacité, pour sauver le modèle social-démocrate  français en crise, pas pour le détruire. Ils ne veulent pas d’une  rupture néoconservatrice.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mais le modèle français n’est plus viable  en l’état. Les conditions historiques qui ont fait son succès au XXe  siècle ont disparu. Il faut le repenser dans le cadre du monde du XXIe  siècle : la globalisation, les mutations du capitalisme,  l’individualisation de nos sociétés, la pénurie des ressources, la fin  de la domination occidentale, le terrorisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous en avons les  moyens. Le matériau est là, désormais. Le diagnostic intellectuel s’est  enrichi. Les expérimentations européennes se développent, notamment dans  les social-démocraties nordiques. Les initiatives locales se  multiplient. Le travail qui reste à accomplir est de convertir ce  matériau en solutions programmatiques et de penser un projet global.  Nous en esquissons quelques grandes lignes dans ce livre.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Mais  l’heure n’est pas encore à la reconstruction. Nous sommes face à un  gouvernement qui brûle les fondements du modèle français. L’urgence est  de limiter la destruction et d’éteindre les incendies allumés par cet  Etat-pyromane : tel est le rôle de l’opposition progressiste.</strong></span></p>
<p><strong><br />
<em>Par Olivier Ferrand,</em><br />
<a href="http://www.amazon.fr/Etat-pyromane-L-Olivier-Ferrand/dp/2917986034/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1267442513&amp;sr=8-1" target="_blank">L&#8217;Etat pyromane, éditions Delavilla, 384  pages, 19 euros.</a></strong></p>
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		<title>Mars 2014 : miracle, l&#8217;UMP remporte les 22 régions métropolitaines</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Mar 2010 22:19:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est un succès inespéré que vient de remporter l&#8217;UMP aux élections régionales. En dépit de la crise qui ferme les usines et gonfle le chômage, en dépit des réformes qui tardent ou qui patinent, en dépit du solide discrédit dont pâtit Nicolas Sarkozy dans l&#8217;opinion, en dépit d&#8217;un score national calamiteux, en dépit de tous ces vents mauvais, le parti du président a remporté&#8230; les vingt-deux régions métropolitaines. On lui prédisait une déroute. Il vient non seulement de sauver l&#8217;Alsace et la Corse, mais de reconquérir plusieurs régions, et non des moindres : Ile-de-France, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d&#8217;Azur, Auvergne, Franche-Comté, Champagne-Ardenne, Centre. Grands et petits chefs de la droite jubilent de ce miracle soigneusement préparé depuis quatre ans. Arrêtons là la plaisanterie, puisque ce n&#8217;en est pas vraiment une. Mais simplement l&#8217;application aux résultats du 14 mars 2010 du nouveau mode de scrutin régional qui &#8211; si la réforme envisagée va à son terme &#8211; sera inauguré en 2014. Comparaison n&#8217;est pas raison, objecteront immédiatement les esprits rigoureux. A juste titre. Si elle fait l&#8217;objet d&#8217;un projet de loi approuvé par le conseil des ministres du 21 octobre 2009, cette réforme électorale n&#8217;a même pas encore été discutée par le Parlement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-1072" title="hold-up-studio-1217346547-holduplogo-crop-90-393" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/03/hold-up-studio-1217346547-holduplogo-crop-90-393-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" />C&#8217;est un succès inespéré que vient de remporter l&#8217;UMP aux élections régionales. En dépit de la crise qui ferme les usines et gonfle le chômage, en dépit des réformes qui tardent ou qui patinent, en dépit du solide discrédit dont pâtit Nicolas Sarkozy dans l&#8217;opinion, en dépit d&#8217;un score national calamiteux, en dépit de tous ces vents mauvais, le parti du président a remporté&#8230; les vingt-deux régions métropolitaines.</p>
<p style="text-align: justify;">On lui prédisait une déroute. Il vient non seulement de sauver l&#8217;Alsace et la Corse, mais de reconquérir plusieurs régions, et non des moindres : Ile-de-France, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d&#8217;Azur, Auvergne, Franche-Comté, Champagne-Ardenne, Centre. Grands et petits chefs de la droite jubilent de ce miracle soigneusement préparé depuis quatre ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Arrêtons là la plaisanterie, puisque ce n&#8217;en est pas vraiment une. Mais simplement <strong>l&#8217;application aux résultats du 14 mars 2010 du nouveau mode de scrutin régional qui &#8211; si la réforme envisagée va à son terme &#8211; sera inauguré en 2014.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comparaison n&#8217;est pas raison, objecteront immédiatement les esprits rigoureux. A juste titre. Si elle fait l&#8217;objet d&#8217;un projet de loi approuvé par le conseil des ministres du 21 octobre 2009, cette réforme électorale n&#8217;a même pas encore été discutée par le Parlement et encore moins examinée par le Conseil constitutionnel, qui pourrait y trouver de sérieux motifs de censure.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, elle chamboule complètement le paysage régional et départemental et invente le &laquo;&nbsp;conseiller territorial&nbsp;&raquo;, élu commun à ces deux collectivités locales. Enfin, elle instaure un mode de scrutin totalement baroque, à un seul tour, au terme duquel 80 % desdits conseillers territoriaux seront élus au scrutin uninominal dans le cadre des cantons, tandis que les 20 % de sièges restants seront attribués à la proportionnelle en fonction des suffrages obtenus par les candidats affiliés à des listes départementales. Un véritable &laquo;&nbsp;scrutin Shadok&nbsp;&raquo;, conforme à la devise &laquo;&nbsp;Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?&nbsp;&raquo;, selon la formule de Laurent Fabius.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces objections sont évidemment fondées. Il n&#8217;empêche : l&#8217;objectif affiché de cette réforme est de permettre aux candidats arrivés en tête au premier et unique tour de scrutin de remporter la victoire, même avec moins du tiers ou à peine plus du quart des voix.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Appliquée, dans son esprit, aux résultats du 14 mars, elle permettrait donc à la droite parlementaire de faire bonne figure. Quand bien même elle a réalisé, avec 26,18 %, le plus mauvais score de son histoire depuis le début de la Ve République.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En résumé, malgré un vote sanction cinglant sur le plan national, ce nouveau mode de scrutin régional aurait rendu possible un joli hold-up électoral au niveau régional. Espérons simplement que, lors de son examen au Parlement, chacun saura soit s&#8217;y opposer, soit l&#8217;amender suffisamment pour éviter une telle arnaque démocratique.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #c0c0c0;"><a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/03/15/mars-2014-miracle-a-l-ump-par-gerard-courtois_1319245_3232.html" target="_blank">source</a></span></p>
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		<title>L&#8217;ère Sarkozy : une dette record pour très longtemps !</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Feb 2010 11:55:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La France mettra 20 ans à retrouver un niveau de dette publique équivalent à celui d&#8217;avant la la présidence Sarkozy et la crise, selon le scénario le plus favorable figurant dans un rapport de la Délégation à la prospective du Sénat. Le rapport sur l&#8217;économie française et les finances publiques à l&#8217;horizon 2030,  prône une politique centrée sur la croissance et une coopération économique entre Européens pour restaurer la confiance, sans évidemment parler des orientations économiques à reconsidérer, notamment le libéralisme absolu qui est en train de tuer nos économies nationales. Le rapport pointe également qu&#8217;une forte restriction budgétaire risquerait de casser la reprise économique et de freiner la croissance potentielle de la France à très long terme, aggravant la situation au lieu de l&#8217;améliorer. Autrement dit; la politique menée depuis 3 ans par Nicolas Sarkozy dans les services publiques est une véritable catastrophes, le plan d&#8217;ultra rigueur qui est en préparation viendra encore aggraver la situation. A noter que la préparation du rapport a été commandée par le sénateur UMP Joël Bourdin&#8230; &#171;&#160;la bonne santé de l&#8217;économie française dans le futur est liée à une maximisation de la croissance potentielle et à la confiance des agents économiques&#160;&#187;, est-il écrit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-1065" title="-1" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/02/1-300x203.jpg" alt="" width="300" height="203" />La France mettra 20 ans à retrouver un niveau de dette publique équivalent à celui d&#8217;avant la la présidence Sarkozy et la crise, selon le scénario le plus favorable figurant dans un rapport de la Délégation à la prospective du Sénat.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rapport sur l&#8217;économie française et les finances publiques à l&#8217;horizon 2030,  prône une politique centrée sur la croissance et une coopération économique entre Européens pour restaurer la confiance, sans évidemment parler des orientations économiques à reconsidérer, notamment le libéralisme absolu qui est en train de tuer nos économies nationales.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rapport pointe également qu&#8217;une forte restriction budgétaire risquerait de casser la reprise économique et de freiner la croissance potentielle de la France à très long terme, aggravant la situation au lieu de l&#8217;améliorer. Autrement dit; la politique menée depuis 3 ans par Nicolas Sarkozy dans les services publiques est une véritable catastrophes, le plan d&#8217;ultra rigueur qui est en préparation viendra encore aggraver la situation.</p>
<p style="text-align: justify;">A noter que la préparation du rapport a été commandée par le sénateur UMP Joël Bourdin&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;la bonne santé de l&#8217;économie française dans le futur est liée à une maximisation de la croissance potentielle et à la confiance des agents économiques&nbsp;&raquo;</em>, est-il écrit dans le communiqué publié par la Délégation à la prospective du Sénat.</p>
<p style="text-align: justify;">En d&#8217;autres termes, ils n&#8217;est pas grand besoin d&#8217;être économiste pour imaginer que derrière cette formule, est glissée une allusion franche à une autre politique économique et sociale, faite de hausses de salaires, de relance de la consommation par la demande intérieure, un arrêt de la casse des services publics, un retour en arrière sur la sous-imposition des plus riches au profit d&#8217;une sur taxation des plus pauvres et des classes moyennes, une révision des diminutions de charges qui ruinent notre économie comme notre système social.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette confiance <em>&laquo;&nbsp;ne sera au rendez-vous que si les partenaires de l&#8217;Union européenne cessent de mener des politiques économiques non coopératives&nbsp;&raquo;</em>, et hop, une invitation à une grande politique de vraie gauche partout en Europe ?&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Cinq scénarios commandés à l&#8217;Observatoire français des conjonctures économique (OFCE) figurent dans le rapport. <strong>Le plus favorable fait état d&#8217;une dette publique à 63% du produit intérieur brut en 2030</strong>, proche des niveaux de 2006-2007.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le moins favorable prévoit une dette à 135% du PIB en 2030</strong>, et les trois autres des niveaux compris entre 81% et 88%, proches des chiffres actuels et des prévisions à court terme.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le gouvernement prévoit une dette à 83,2% du PIB cette année et 87,1% en 2012</strong>, disons donc qu&#8217;au moment de la prochaine échéance présidentielle, &laquo;&nbsp;Monsieur +&nbsp;&raquo;, vous savez celui qui vous a promis de travailler plus pour gagner plus, aura plongé le pays dans un endettement tel (90% du PIB), que celui-ci aura bien du mal à s&#8217;en relever. Et si 2012 devait porter une majorité de gauche (même pâle), elle aura peu de marges de manoeuvres à moins de faire cette fois une véritable rupture d&#8217;avec la ruine néolibérale !&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Le scénario le plus optimiste s&#8217;appuie sur une prévision de croissance moyenne très forte (3,5% à partir de 2011) et sur une décrue très rapide du chômage (taux de 4,4% dès 2015)&#8230; autant dire que pour y croire, il vaut mieux être un fan absolu &laquo;&nbsp;d&#8217;Alice au Pays des Merveilles&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&laquo;&nbsp;Le retour à des positions budgétaires soutenables est un impératif&nbsp;&raquo;, lit-on dans la synthèse du rapport. </strong><em><strong>&laquo;&nbsp;Pour autant, les scénarios de dette publique n&#8217;invitent pas à s&#8217;engager dans une &#8216;thérapie de choc&#8217; qui pourrait produire des effets irréversibles sur la croissance</strong></em>&laquo;&nbsp;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le pire scénario prend pour hypothèse la persistance d&#8217;un taux de chômage élevé (10,3% jusqu&#8217;en 2030) !&#8230; Merci qui ?<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le scénario central, qui débouche sur une dette à 81% du PIB en 2030, s&#8217;appuie sur l&#8217;hypothèse d&#8217;une croissance moyenne de 2,5% par an à partir de 2011, identique à celle du gouvernement, avec un taux de chômage de 4,4% en 2024. Même celui-ci est quasi utopiste, selon moi en tout cas. Pour mémoire, la dernière fois que la France a connu de tels taux de croissances et de baisse du chômage, il y avait un gouvernement socialiste aux commandes et un certain Jospin aux manettes. Pour 2012, faîtes votre choix mais quand je pense à mon fils en 2030, il aura 23 ans, il arrivera donc sur le marché de l&#8217;emploi avec quelles perspectives ?&#8230; Devons-nous attendre tranquillement que Sarkozy 1er passe la main à Sarkozy fils ?</p>
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		<title>L&#8217;Etat fusionne université publique et université catholique</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 22:20:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans notre République, la Loi de 1905 de Séparation des Églises et de l’Etat est un des textes fondamentaux. Cette loi,  que l&#8217;on doit à Aristide Briand qui en fut le rapporteur, scelle que la République protège la liberté de conscience de chaque citoyen en même temps qu&#8217;elle ne reconnaît aucune religion. Aristide Briand parvint ainsi à l&#8217;achèvement d&#8217;un affrontement violent qui avait duré presque vingt-cinq ans et qui avait opposé deux visions de la France : la France catholique royaliste et la France républicaine et laïque. Ainsi dans son article 1 il est écrit &#171;&#160;La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.&#160;&#187; Egalement, elle dit nettement dans son article 2 &#171;&#160;La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes. &#8230;.&#160;&#187; Passons sur la série d&#8217;épisodes où Nicolas Sarkozy s&#8217;est illustré en indiquant qu&#8217;il faisait peu de cas de la laïcité, c&#8217;est déjà largement relaté sur ce blog. Voici [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Dans notre République, la Loi de 1905 de Séparation des Églises et de l’Etat est un des textes fondamentaux. Cette loi,  que l&#8217;on doit à Aristide Briand qui en fut le rapporteur, scelle que la République protège la liberté de conscience de chaque citoyen en même temps qu&#8217;elle ne reconnaît aucune religion.</p>
<p style="text-align: justify;">Aristide Briand parvint ainsi à l&#8217;achèvement d&#8217;un affrontement violent qui avait duré presque vingt-cinq ans et qui avait opposé deux visions de la France : la France catholique royaliste et la France républicaine et laïque.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi dans son article 1 il est écrit<em> &laquo;&nbsp;La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.&nbsp;&raquo; </em>Egalement, elle dit nettement dans son article 2 <em>&laquo;&nbsp;La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes. &#8230;.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Passons sur la série d&#8217;épisodes où Nicolas Sarkozy s&#8217;est illustré en indiquant qu&#8217;il faisait peu de cas de la laïcité, c&#8217;est déjà largement relaté sur ce blog. <strong><span style="text-decoration: underline;">Voici l&#8217;Episode 10 de la triste saga sarkozyste</span></strong> :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.main-basse-sur-ecole-publique.com/" target="_blank"><img class="alignleft size-medium wp-image-1036" title="1COUVERTURE" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/02/1COUVERTURE-209x300.jpg" alt="" width="246" height="353" /></a>Un processus de fusion des universités de Nancy (Nancy I, Nancy II, INPL) et de Metz (Université Paul Verlaine) est  actuellement mis en oeuvre et devrait en théorie aboutir à la constitution de l’université de Lorraine. Jusque là, pas de quoi fouetter un chat me direz-vous. Alors lisez bien la suite&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Cette fusion aura pourtant de graves conséquences, eu égard au caractère laïque de cette nouvelle université. En effet, l’Université Paul Verlaine de Metz, établie en zone concordataire, possède un département de théologie, appelé Centre Autonome de Pédagogie Religieuse, faisant partie de l’UFR « Sciences humaines et arts » et relève à la fois du diocèse et de l’Université de Metz. Or ce département propose le cycle complet de théologie dans le cadre du LMD. Il s’adresse aux personnes qui se destinent à l’enseignement religieux et aux futurs prêtres de Lorraine, ainsi qu’à toute personne qui désire une formation en théologie chrétienne. Sur le site Web de l’Eglise Catholique, on peut lire que<em> « la plupart des cours ont lieu à l’Université de Metz, dans le cadre du Centre Autonome d’Enseignement de la Pédagogie Religieuse qui est en quelque sorte la section ‘‘théologie’’ de l’UFR Lettres et Sciences Humaines »</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, L’Université de Lorraine devrait avoir la charge de la formation des personnels clercs et séculiers de l’Eglise Catholique. Un tel département a-t-il sa place dans le cadre d’une Université Laïque ne subissant pas les contraintes du Concordat Napoléonien ?  <strong>EVIDEMMENT NON  !</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mais tout cela est tout sauf le fruit du hasard&#8230; <strong><a href="http://www.yannickserrano.fr/2008/12/22/scandale-diplomes-catholiques-reconnus-par-la-france/" target="_blank">pour mémoire</a></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Or dans le document préparatoire à la fusion on apprend qu’il ya aurait <em>&laquo;&nbsp;Fusion totale de toutes les UFR concernées pour ne faire qu’une grande UFR qui pourrait par exemple s’appeler &laquo;&nbsp;La faculté des humanités&nbsp;&raquo;</em>. Nulle part dans ce document n’apparaît nommé ès-qualité le département de théologie. <strong>S’agirait-il de masquer cette intégration de ce département religieux au mépris de la laïcité ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On apprend aussi que <em>« Les directeurs de département seraient invités de droit à participer aux conseils d’UFR de façon à pouvoir y faire entendre la voix de leur département et être informés au mieux »</em>. Ainsi, <strong>les autorités religieuses, via la direction du département de théologie pourrait donner leur avis sur le budget commun à toute l’UFR Sciences Humaines et Art comme sur les demandes de postes</strong>, ainsi que cela est stipulé dans ce document. Et donc dans une telle université, <strong>les représentants d’une Eglise pourraient intervenir sur les axes de recherche, et l’enseignement des autres disciplines</strong> qui ne relèvent pas de la religion Catholique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Si cette fusion intégrait le département de théologie de l’Université Paul Verlaine de Metz, l’Université de Lorraine ne serait pas laïque</strong>. Elle exprimerait l’extension du Concordat en matière scolaire en-dehors de la zone concordataire. <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cela constituerait une initiative de très grande gravité et préjudiciable pour toutes les universités françaises et donc la laïcité de l’Enseignement Supérieur.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le Parti Socialiste, sa Première Secrétaire et ses parlementaires doivent donc  demander avec fermeté que la loi de 1905 établissant la laïcité de l’Etat et des services publics ainsi que les articles correspondant du Code de l’éducation soient rappelés et mis en œuvre dans les textes fondateurs et les statuts de la future Université de Lorraine. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.yannickserrano.fr/2008/12/22/scandale-diplomes-catholiques-reconnus-par-la-france/" target="_blank">Le gouvernement accepte bien là un processus anti-laïque, que certains voudraient masquer et qui reviendrait à mettre en œuvre les accords que le Ministre Kouchner a signé avec le Vatican</a> sur lesquels un recours au Conseil d’Etat a été déposé. Il ouvrirait une brèche béante pour les autres religions au nom du principe d’équité auquel leurs membres ne manqueraient pas de se référer !</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si l’Université de Lorraine est créée, il faudrait que ce Département de Théologie abandonne tout caractère religieux, et devienne enfin un secteur véritablement laïcisé de l’Université Publique. En fait, ce département ayant été utilisé depuis tant d’années à de fins prosélytes, ce ne serait que justice.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La formation des clercs et laïcs (non clercs) travaillant pour l’Eglise Catholique doivent être formés par l’Eglise Catholique sur ses fonds propres. Aucun crédit public ne doit être attribué à un département à finalité religieuse.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tous les laïques et les organisations laïques se doivent d&#8217;agir pour préserver le caractère laïque de l’Université de Lorraine. J&#8217;espère que les lecteurs socialistes et journalistes qui lisent ce blog sauront intervenir politiquement ou enquêter.</p>
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		<title>Une Justice en crise et une République qui vacille !</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 22:08:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La scène se passe début janvier 2010. Chaque année à cette période, se déroule un moment solennel qui est le grand rendez-vous de l&#8217;institution judiciaire, l&#8217;audience solennelle de rentrée de la cour de cassation. C&#8217;est le moment qui est choisi pour annoncer une série de nominations qui sont de coutume l&#8217;objet de discussions au plus haut niveau mais dont l&#8217;esprit global a par tradition été le consensus et l&#8217;intérêt supérieur de la Justice. Pourtant, 2010 a vu la rupture avec les us et a été l&#8217;acte solennel, et peut-être fondateur, du début d&#8217;une révolution de velours au sein de la maison Justice. Le gouvernement s&#8217;est vu opposé un acte de désobéissance &#171;&#160;civique&#160;&#187; de la part du premier président de la plus haute des juridictions françaises, Vincent Lamanda. Celui-ci a refusé de nommer  à la tête de la chambre criminelle le magistrat qui était placé sous les &#171;&#160;bons auspices&#160;&#187; du président de la république, fait unique qui lui vaudra probablement quelques retours de bâtons ultérieurs mais qui devrait aussi être un appel d&#8217;air pour un mouvement de fond tôt ou tard. L&#8217;insoumis s&#8217;est vu relayé par le procureur général, Jean-Louis Nadal qui s&#8217;en est pris quant à lui au projet de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1026" title="images" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/02/images.jpg" alt="" width="174" height="186" />La scène se passe début janvier 2010. Chaque année à cette période, se déroule un moment solennel qui est le grand rendez-vous de l&#8217;institution judiciaire, l&#8217;audience solennelle de rentrée de la cour de cassation. C&#8217;est le moment qui est choisi pour annoncer une série de nominations qui sont de coutume l&#8217;objet de discussions au plus haut niveau mais dont l&#8217;esprit global a par tradition été le consensus et l&#8217;intérêt supérieur de la Justice.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, 2010 a vu la rupture avec les us et a été l&#8217;acte solennel, et peut-être fondateur, du début d&#8217;une révolution de velours au sein de la maison Justice.</p>
<p style="text-align: justify;">Le gouvernement s&#8217;est vu opposé un acte de désobéissance &laquo;&nbsp;civique&nbsp;&raquo; de la part du premier président de la plus haute des juridictions françaises, Vincent Lamanda. Celui-ci a refusé de nommer  à la tête de la chambre criminelle le magistrat qui était placé sous les &laquo;&nbsp;bons auspices&nbsp;&raquo; du président de la république, fait unique qui lui vaudra probablement quelques retours de bâtons ultérieurs mais qui devrait aussi être un appel d&#8217;air pour un mouvement de fond tôt ou tard.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;insoumis s&#8217;est vu relayé par le procureur général, Jean-Louis Nadal qui s&#8217;en est pris quant à lui au projet de réforme de la procédure pénale dont la mesure phare est la <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/01/06/la-fin-du-juge-dinstruction-decidee-par-nicolas-sarkozy-et-la-politisation-de-la-justice/" target="_blank">suppression du juge d&#8217;instruction</a>. A force de se faire marcher dessus à chaque niveau, la justice entame une révolte qui veut probablement alerter l&#8217;opinion sur l&#8217;état de délabrement de la république française, l&#8217;emprise du pouvoir exécutif sur le judiciaire et certainement les risque que cela fait courir à la démocratie.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut croire que les caricatures de Nicolas Sarkozy sur les petits pois, parlant des juges en octobre 2007 : <em>&laquo;&nbsp;des petits pois se caractérisant par leur même couleur, même gabarit, même absence de saveur&nbsp;&raquo;</em> ne sont pas restées lettre mortes. D&#8217;ailleurs, en janvier 2008,  lors de l&#8217;audience solennelle de la cour de cassation, tiens donc encore, plusieurs magistrats avaient ostensiblement portés une cravate à petits pois, chère à Gilbert Bécaud&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut dire que le &laquo;&nbsp;malfaiteur&nbsp;&raquo; Sarkozy ne s&#8217;est pas arrêté là car ses hauts faits en matière de destruction de l&#8217;institution judiciaire, de destruction de son crédit et de son indépendance, de mise à profit de celle-ci à des fins personnels commencent à corser l&#8217;addition : suppression des avoués pour venir offrir la possibilité de constitution de grands pôles d&#8217;avocats d&#8217;affaires (cf. système américain), destruction du périmètre de l&#8217;exercice des huissiers de justice pour favoriser la constitution de vastes pôles financiers d&#8217;études d&#8217;huissiers, volonté de mise en accusation des magistrats par les citoyens, destruction de la carte judiciaire de proximité au mépris de toute considération de service public et de bon sens, <a href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/02/04/conseil-constitutionnel-pierre-joxe-rompt-avec-le-devoir-de-reserve_1301081_823448.html" target="_blank">pressions sur les jugements du conseil constitutionnel</a>, prisons en déshérence, paupérisation des services de l&#8217;application des peines, naufrage de l&#8217;informatisation des parquets, procureurs aux ordres, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela commence à faire lourd dans la volonté de mise au pas et dans l&#8217;utilisation du pouvoir à des fins politiques, partisanes et personnelles !</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="size-medium wp-image-1025 alignright" title="clearstream-2" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/02/clearstream-2-300x239.jpg" alt="" width="300" height="239" />Le temps des caricatures possibles de l&#8217;apprenti dictateur n&#8217;est plus permis pour se mettre l&#8217;opinion publique dans la poche. Il faut dire que Rachida Dati n&#8217;est plus là pour focaliser l&#8217;attention médiatique qui masquait le dessin présidentiel, une justice sous tutelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cet ensemble, disons le, très nauséabond, la satisfaction peut être celle de constater qu&#8217;au lieu d&#8217;atomiser la communauté judiciaire, pourtant peu encline traditionnellement à faire cause unique, celle-ci aurait tendance à se rassembler. C&#8217;est dire si ce milieu pourtant très feutré sent pointer les périls&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Même les avocats, habitués à faire bande à part, commencent à faire entendre leur voix ! Une des figures emblématiques du barreau bordelais déclarait il y a peu : « Je préfère un con indépendant à un compétent aux ordres ».</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut dire que le contexte judiciaire dans les territoires commence à être catastrophique pour les professionnels de justice mais aussi pour les justiciables.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour prendre un exemple que je connais bien, en Gironde (département le plus grand de France et  connaissant une des plus fortes pression démographique), la réforme de la carte judiciaire a vu la destruction des tribunaux de Lesparre, Blaye, Bazas et La Réole (et là je ne parle que de tribunaux, car il y a aussi les greffes, ces instances qui font entre autre que le citoyen lambda a droit une justice plus ou moins rapide&#8230;).</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le mémoire ampliatif que nous rédigions pour le Conseil d&#8217;Etat en juillet 2009 pour faire valoir les intérêts de l&#8217;Association de Défense du Service Public de la Justice en Sud Gironde (présidée par Bernard Castagnet, et dont le secrétaire général est Jean-Marie Darmian), nous devions répliquer à l&#8217;argumentaire suivant avancé par Rachida Dati : &laquo;&nbsp;<em>la réforme envisagée l’a été  afin de</em><em> rendre l’organisation judiciaire plus compréhensible pour le citoyen en rationalisant les implantations démographiques, économiques et sociales du pays. </em><em>{…} Enfin, la réforme de la carte judiciaire doit permettre d’avoir une justice à un coût optimisé pour le contribuable. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-1027" title="avocat_jeune_2" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/02/avocat_jeune_2-234x300.gif" alt="" width="234" height="300" />Cette formidable réforme qui devait &laquo;&nbsp;favoriser des économies à grande échelle&nbsp;&raquo; pour &laquo;&nbsp;favoriser une justice mieux rendue&nbsp;&raquo; (Cf. Rachida Dati) ne va faire gagner un euro à l&#8217;État mais lui coûtera au mieux entre 400 et 500 millions d&#8217;euros pour une justice en lambeaux et de laquelle nombre de citoyens seront exclus car devant dans le meilleur des cas s&#8217;arrêter de travailler une journée entière pour une simple audience de 30 minutes à Bordeaux ou dans d&#8217;autres chefs lieux de départements.</p>
<p style="text-align: justify;">Songez au spectacle saisissant qu&#8217;offre par exemple la préfecture du Lot-et-Garonne. Dans la cour du palais, des préfabriqués ont été posés à la hâte, du fait de la réorganisation suscitée par la suppression du tribunal de grande instance de Marmande. Juste au moment où s&#8217;achevaient les travaux des locaux ultramodernes du pôle de l&#8217;instruction, pourtant promis à une prochaine disparition !&#8230; Qu&#8217;elle est triste la France sous Sarkozy.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Association de Défense du Service Public de la Justice en Sud Gironde a entamé depuis 2007 un combat de défense des intérêts des citoyens dans l&#8217;indifférence des médias, en dehors des traitements ponctuels dus à l&#8217;émotion d&#8217;annonces nationales et dans un oubli relatif de certains relais politiques&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Comme nous l’avons démontré dans les deux mémoires rédigés le Ministère de la Justice n’a tenu absolument aucun compte des incidences de cette réforme sur  des zones géographiques vastes et ayant connu des afflux massifs de population. Pour preuve, le Ministère de la Justice a lancé à marche forcée cette réforme sans attendre les décomptes définitifs du dernier recensement de la population dont nous faisons état et qui font ressortir dans les juridictions de Bazas et La Réole une augmentation sensible de la population.</p>
<p style="text-align: justify;">La<strong> </strong>Gironde est le plus vaste département de France avec 10.725 km<sup>2</sup>. Elle compte 1.376.137 habitants avec une densité de population de 128 hab./km<sup>2</sup>. 23% de la population a moins de 20 ans et 21,4% a plus de 60 ans. C’est un département attractif qui connaît un dynamisme démographique important et rapide comme en témoignent les chiffres du dernier recensement de population publié par l’INSEE, en outre, la population y est plus âgée que la moyenne nationale.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec la suppression des tribunaux d’instance de Bazas et La Réole, ce territoire n’accueillera plus aucun lieu de justice, obligeant les justiciables à se rendre à Bordeaux avec pour certaines communes plus de 163 km aller/retour à parcourir. Et là je ne parle même pas des personnes âgées ou invalides ni même des malheureux ne disposant d&#8217;aucun moyen de déplacement sérieux. Ce sont là 13 cantons du Sud-Gironde qui risquent voir la justice s&#8217;évaporer pour eux.</p>
<p style="text-align: justify;">A l’heure du pétrole cher, de la compensation carbone et de la rationalisation des politiques publiques, cette mesure de suppression des tribunaux d’instance de Bazas et La Réole va à l’encontre de toute logique du service public de la justice, du principe d’égalité des citoyens face à la loi (figurant pourtant dans la constitution). Cela limitera en outre considérablement l’accès au droit pour quantités de personnes dans des zones ne disposant pas ou très peu de transports publics, ce pour un bassin de population de plus de 147 000 habitants et dont la croissance est constante. Je parle de vraies personnes, pas de statistiques ministérielles&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Concernant le tribunal d’instance de La Réole, le bâtiment dans lequel il exerce est laissé à sa disposition par la commune de La Réole, il n’y a aucune charge concernant son occupation,  son budget de fonctionnement s’élève approximativement à 20.000 euros par an.</p>
<p style="text-align: justify;">Le transfert de cette juridiction, avec l’indemnisation éventuelle des fonctionnaires de la justice, représentera une charge supérieure, il n’y a donc aucun élément justifié d’économie dans la suppression du Tribunal d’Instance de La Réole si ce n&#8217;est un charcutage de tribunaux dépendant de la cartographie politique&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Je rappelle au passage que Dominique Perben lui-même (UMP), ex-Garde des Sceaux, lorsqu’il présentait en 2002 son projet de loi d’orientation et de programmation pour la justice qui allait aboutir à la création des juges de proximité établissaitt une relation de cause à effet entre proximité des tribunaux et recours à un juge.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 3 février 2010, le Conseil d’Etat a examiné en séance publique les recours frappant les décrets relatifs à la carte judiciaire. Nous attendons les conclusions du Conseil d&#8217;Etat (jugement en délibéré) concernant les deux recours déposés sur la suppression des tribunaux de Bazas et La Réole mais comme vous l&#8217;aurez deviné sous l&#8217;ère Sarkozy, on a quelques craintes sur le bien fondé des jugements&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Ce sont en tout cas les habitants des communes des cantons de Saint-Symphorien, Villandraut, Captieux, Grignols, Auros, Langon, Saint-Macaire, La Réole, Monségur, Sauveterre de Guyenne, Targon et Créon qui seront contraints de faire des dizaines ou centaines de kilomètres pour se rendre au Tribunal d’Instance de Bordeaux pour des affaires mineures ou qui simplement abandonneront la Justice.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous avez dit République ?</p>
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		<title>Chômage : les drôles de comptes de l&#8217;Etat-UMP</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Jan 2010 20:32:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le gouvernement et le Président de la République affiche une autosatisfaction surprenante après la publication des chiffres du chômage pour décembre 2009. En réalité, en décembre, on dénombre une augmentation de 8600 demandeurs d’emploi pour les catégories A, B et C. Si le chiffre de la seule catégorie A est en apparente amélioration, c’est uniquement parce que les salariés en contrat de transition professionnel (CTP) ou en convention de reclassement personnalisée (CRP), après un licenciement économique, ne sont pas décomptés comme demandeurs d’emploi mais comme « stagiaires de la formation professionnelle ». Avec un tel mode de calcul, plus on a de licenciés économiques, moins on a de chômeurs ! S’il y avait une amélioration de la situation économique, elle se traduirait forcément par une augmentation des offres d’emploi. Or, d’après les chiffres publiés par Pôle emploi, au contraire, au mois de décembre, les offres d’emploi ont diminué de 4 %. Bien que de nombreux analystes estiment que le chômage continuera d’augmenter en 2010, le gouvernement et le Président de la République restent passifs et semblent être déconnectés de la réalité que vivent les Français. La réalité de la France aujourd’hui, c’est un million de chômeurs en fin de droits [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le gouvernement et le Président de la République affiche une autosatisfaction surprenante après la publication des chiffres du chômage pour décembre 2009. En réalité, en décembre, on dénombre une augmentation de 8600 demandeurs d’emploi pour les catégories A, B et C.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/01/chomage-chiffres-00037.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1006" title="chomage-chiffres-00037" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/01/chomage-chiffres-00037-300x221.jpg" alt="" width="300" height="221" /></a>Si le chiffre de la seule catégorie A est en apparente amélioration, c’est uniquement parce que les salariés en contrat de transition professionnel (CTP) ou en convention de reclassement personnalisée (CRP),  après un licenciement économique, ne sont pas décomptés comme demandeurs d’emploi mais comme « stagiaires de la formation professionnelle ».  Avec un tel mode de calcul, plus on a de licenciés économiques, moins on a de chômeurs !</p>
<p style="text-align: justify;">S’il y avait une amélioration de la situation économique, elle se traduirait forcément par une augmentation des offres d’emploi. Or, d’après les chiffres publiés par Pôle emploi, au contraire, au mois de décembre, les offres d’emploi ont diminué de 4 %.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien que de nombreux analystes estiment que le chômage continuera d’augmenter en 2010, le gouvernement et le Président de la République restent passifs et semblent être déconnectés de la réalité que vivent les Français. La réalité de la France aujourd’hui, c’est un million de chômeurs en fin de droits en 2010 et un Président de la République qui refuse de leur donner tout aide supplémentaire. La réalité aujourd’hui, ce sont des sites qui ferment, comme chez Total, alors que l’entreprise fait des bénéfices, sans que le gouvernement réagisse.</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les spécialistes prévoient une aggravation du chômage en 2010, avec un taux de chômage qui pourrait atteindre 11%. Seul le gouvernement semble ignorer cette réalité&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Ci-dessous une vidéo qui m&#8217;a été adressée par un de mes lecteurs qui mérite un coup de pouce dans sa recherche d&#8217;emploi, ne serait-ce que parce qu&#8217;il est créatif et que cette vidéo vos bien certains contre argumentaires au discours de l&#8217;UMP sur la lutte contre le chômage&#8230; (NB: si un employeur sérieux veut lui transmettre une proposition, utiliser le formulaire de contact, je transmettrai à l&#8217;intéressé)</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="425" height="344" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/853Cjub9shM&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="344" src="http://www.youtube.com/v/853Cjub9shM&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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		<title>La réforme des collectivités locales inconstitutionnelle?</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Jan 2010 12:53:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est la thèse que je défends auprès de mes amis depuis de nombreux mois, texte à l&#8217;appui, et qui m&#8217;a fait me heurter parfois à certains d&#8217;entre-eux. Ayant pris la peine de lire, anoter des textes indigestes, d&#8217;en débattre avec des amis juristes ou responsables politiques, il apparaissait clair en effet que certains points des réformes en préparation ne pouvaient que rentrer en conflit direct avec la constitution. C&#8217;est donc avec une certaine satisfaction que j&#8217;ai pu lire aujourd&#8217;hui dans les colonnes de l&#8217;express un entretien avec  Pascal Jan, vice-président du Cercle des Constitutionnalistes et professeur à l&#8217;IEP de Bordeaux. Il soulève directement plusieurs points  cruciaux que j&#8217;avais relevé et il met aussi l&#8217;accent sur un volet des métropoles que j&#8217;avais également perçu. Pascal Jan aborde simplement des points précis des projets gouvernementaux qui pourraient leur faire rencontrer avec douleur, à nouveau, le chemin du conseil constitutionnel. Puisque c&#8217;est un expert qui parle, prenons la peine de le lire&#8230; Selon vous, les textes préparés par le gouvernement pourraient se heurter à des obstacles constitutionnels. Lesquels? Il y en a trois. Le premier concerne la parité. Aujourd&#8217;hui, on compte 49% de femmes élues dans les conseils régionaux et 13% dans les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
<p><img class="alignleft" src="http://placedeletape.files.wordpress.com/2009/02/conseil-constitutionnel-entree1203756267.jpg" alt="" width="360" height="246" />C&#8217;est la thèse que je défends auprès de mes amis depuis de nombreux mois, texte à l&#8217;appui, et qui m&#8217;a fait me heurter parfois à certains d&#8217;entre-eux. Ayant pris la peine de lire, anoter des textes indigestes, d&#8217;en débattre avec des amis juristes ou responsables politiques, il apparaissait clair en effet que certains points des réformes en préparation ne pouvaient que rentrer en conflit direct avec la constitution.</p>
<p>C&#8217;est donc avec une certaine satisfaction que j&#8217;ai pu lire aujourd&#8217;hui dans les colonnes de l&#8217;express un entretien avec  Pascal Jan, vice-président du Cercle des Constitutionnalistes et professeur à l&#8217;IEP de Bordeaux. Il soulève directement plusieurs points  cruciaux que j&#8217;avais relevé et il met aussi l&#8217;accent sur un volet des métropoles que j&#8217;avais également perçu.</p>
<p>Pascal Jan aborde simplement des points précis des projets gouvernementaux qui pourraient leur faire rencontrer avec douleur, à nouveau, le chemin du conseil constitutionnel. Puisque c&#8217;est un expert qui parle, prenons la peine de le lire&#8230;</p></div>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>Selon vous, les textes préparés par le gouvernement pourraient se heurter à des obstacles constitutionnels. Lesquels?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y en a trois. Le premier concerne la parité. Aujourd&#8217;hui, on compte 49% de femmes élues dans les conseils régionaux et 13% dans les conseils généraux. Avec l&#8217;institution du nouveau mode de scrutin cantonal à un tour prévu pour les futurs conseillers territoriaux, ce taux pourrait passer à 22%, ce qui marquerait un léger progrès dans les départements, mais un très fort recul dans les régions. Or, la Constitution, dans son article 1, dispose que &laquo;&nbsp;la loi favorise l&#8217;égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives.&nbsp;&raquo; Il y aurait là une contradiction évidente.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous estimez également que le projet de loi remet en cause l&#8217;identité des assemblées régionales et départementales&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tout à fait. Le gouvernement prévoit donc de créer un conseiller territorial, qui siègerait à la fois comme représentant de la région et du département. Or, le département et la région sont inscrits de manière séparée dans la Constitution. Le Conseil constitutionnel pourrait donc considérer que la création du conseiller territorial unique contrevient à l&#8217;article 72 de la loi fondamentale, qui stipule : &laquo;&nbsp;Les collectivités territoriales de la République sont les communes, les départements, les régions, les collectivités à statut particulier et les collectivités d&#8217;outre-mer régies par l&#8217;article 74.&nbsp;&raquo; C&#8217;est le second point litigieux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et quel est le troisième?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le projet de loi prévoit que les métropoles peuvent demander la délégation de compétences économiques aux départements (zones d&#8217;activité) et aux régions (aides aux entreprises) et qu&#8217;en cas d&#8217;absence d&#8217;accord dans un délai de 18 mois, ces compétences reviennent automatiquement aux métropoles. Cette disposition complexe contrevient selon moi au principe d&#8217;intelligibilité de la loi.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En revanche, le scrutin à un tour ne vous paraît pas inconstitutionnel, contrairement à la position de certains de vos collègues&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Non. Car si le Conseil constitutionnel en décidait ainsi, il tuerait purement et simplement la réforme alors qu&#8217;il a plutôt tendance à privilégier de simples corrections. Par ailleurs, cela reviendrait pour lui à constitutionnaliser un mode de scrutin, ce qu&#8217;il s&#8217;est toujours refusé de faire, pour laisser aux législateurs une grande liberté dans ce domaine. Pour ces deux motifs, je ne crois pas à une censure sur cette question.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.lexpress.fr/region/la-reforme-des-collectivites-locales-inconstitutionnelle_843195.html" target="_blank">à lire ici</a></p>
</blockquote>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Vers la création d&#8217;un ministère de la propagande</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Nov 2009 14:27:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
				<category><![CDATA[Au Premier Plan]]></category>
		<category><![CDATA[Christine Albanel]]></category>
		<category><![CDATA[direction du livre et de la lecture]]></category>
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		<description><![CDATA[Écrivons sans tarder l&#8216;épisode 9 de notre très noire saga sarkozienne et de la décente aux enfers de notre république. Grâce à mon ami Roland Greuzat , Adjoint au maire de Plourin-les-Morlaix qui a déniché une information croustillante que ne relatera pas votre édition de 20 heures préférée&#8230; &#171;&#160;On se demandait finalement pour quelles obscures raisons Frédéric Mitterrand avait conservé son maroquin de Ministre de la Culture après le scandale que l&#8217;on sait. Maintenant on commence à comprendre, certaines modifications dérangeantes sur l&#8217;organigramme du Ministère passaient difficilement avec Christine Albanel&#8230; mais avec Frédéric Mitterrand, on n&#8217;hésite plus puisque manifestement &#171;&#160;on le tient&#160;&#187;. C&#8217;est ainsi que disparait du Ministère la direction du Livre et de la Lecture qui se trouve ensevelie au fin fonds d&#8217;un tout nouvel organe de décision: &#171;&#160;La direction générale des médias et des industries culturelles&#160;&#187;. Cette dernière &#171;&#160;définit, met en œuvre et évalue la politique de l’Etat en faveur du développement et du pluralisme des médias, de l’industrie publicitaire, de l’ensemble des services de communication au public par voie électronique, de l’industrie phonographique, du livre et de la lecture et de l’économie culturelle&#160;&#187;. Dans ce magma que va devenir, entre autres, le Centre National du Livre qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Écrivons sans tarder l<strong>&#8216;épisode 9</strong> de notre très noire saga sarkozienne et de la décente aux enfers de notre république. Grâce à mon ami <strong><a href="http://lespenseesprovinciales.blogs.nouvelobs.com/" target="_blank">Roland Greuzat </a></strong>, Adjoint au maire de Plourin-les-Morlaix qui a déniché une information croustillante que ne relatera pas votre édition de 20 heures préférée&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-medium wp-image-955" title="SARKO.PROPAGANDE" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/11/SARKO.PROPAGANDE-210x300.jpg" alt="SARKO.PROPAGANDE" width="210" height="300" />&laquo;&nbsp;On se demandait finalement pour quelles obscures raisons Frédéric Mitterrand avait conservé son maroquin de Ministre de la Culture après le scandale que l&#8217;on sait. Maintenant on commence à comprendre, certaines modifications dérangeantes sur l&#8217;organigramme du Ministère passaient difficilement avec Christine Albanel&#8230; mais avec Frédéric Mitterrand, on n&#8217;hésite plus puisque manifestement &laquo;&nbsp;on le tient&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est ainsi que disparait du Ministère la direction du Livre et de la Lecture qui se trouve ensevelie au fin fonds d&#8217;un tout nouvel organe de décision: &laquo;&nbsp;La direction générale des médias et des industries culturelles&nbsp;&raquo;. Cette dernière &laquo;&nbsp;définit, met en œuvre et évalue la politique de l’Etat en faveur du développement et du pluralisme des médias, de l’industrie publicitaire, de l’ensemble des services de communication au public par voie électronique, de l’industrie phonographique, du livre et de la lecture et de l’économie culturelle&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce magma que va devenir, entre autres, le Centre National du Livre qui dispense un certain nombre d&#8217;aides notamment financières en direction des auteurs et de la petite édition. Il est question que cet organisme indispensable à la vie littéraire et à la création devienne un EPCC comme les autres (Établissement public de coopération culturelle). Si cette solution était la bonne pour les structures régionales (les centre régionaux du livres sont devenus des EPCC &laquo;&nbsp;Livre et Lecture&nbsp;&raquo;) elle est par contre totalement inadaptée à une structure telle que le CNL. Rien n’est anodin car cette nouvelle super direction procèdera à des évaluations des politiques publiques notamment dans le cadre de la lecture publique. Et il faudrait être naïf pour penser qu&#8217;elle ne s&#8217;en tiendrait qu’à cela. C&#8217;est vraiment l&#8217;ensemble de la politique culturelle qui va être mise en coupe réglée, la marge de manœuvre de notre action régionale à travers nos EPCC (Livre et Lecture principalement) en sera d&#8217;autant réduite. La terminologie même employée est inquiétante: &laquo;&nbsp;économie culturelle&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;industrie de diffusion et de production&nbsp;&raquo; tout cela mélangé avec &laquo;&nbsp;l&#8217;industrie publicitaire&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Bref cela sent très fort la liquidation. Une liquidation déjà en marche puisqu&#8217;un décret du 15 Novembre 2009 nous fait savoir que la direction du livre et de la lecture est supprimée et que :&nbsp;&raquo;la référence au directeur du développement des médias et au directeur du livre et de la lecture est remplacée par la référence au directeur général des médias et des industries culturelles.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">La conception sarkozienne de la culture non seulement s&#8217;affirme mais nos craintes de la mainmise d&#8217;un pouvoir centralisé sur un domaine où l&#8217;on espérait maintenir la liberté contre vents et marées se confirment&#8230; et quoi de plus normal dès lors de voir un Eric Raoult vitupérer contre le lauréat d&#8217;un prix littéraire&#8230; (même si les réactions officielles pour essayer de modérer cette intervention ont existé, elles ont surtout marqué l&#8217;opinion par leur tiédeur voire leur mollesse).</p>
<p style="text-align: justify;">Qu&#8217;on ne se leurre pas, la politique de la pensée est en route, elle a déjà trouvé ses &laquo;&nbsp;agents de police&nbsp;&raquo;.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>La &#171;&#160;Contre-Révolution&#160;&#187; est en marche !</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 22:01:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voilà, il n&#8217;aura pas été besoin d&#8217;être trop patient pour pouvoir écrire le triste épisode 8 de &#171;&#160;l&#8217;indécente décente aux enfers&#160;&#187; de la république française. Notre brave Nicolas Sarkozy continue son œuvre de destruction massive de la république et la déstructuration complète d&#8217;une société française qui a mis plus de deux siècles à construire, sans le parachever, un modèle de société équilibrée. Voilà donc que le roitelet, au lieu de parachever l&#8217;œuvre républicaine, vient de l&#8217;achever. Exit la décentralisation, exit la démocratie locale, exit la démocratie, tout simplement&#8230; Episode 8 : Mardi 20 octobre, Nicolas Sarkozy, le napoléon en herbe a asséné son discours du 18 brumaire, venant mettre à bas plus de trente ans de décentralisation au profit d&#8217;un parti, d&#8217;un clan, le sien, celui des copains et des coquins, serait-on presque tenté de dire. Sarkozy a vite « vendu » sa suppression de la taxe professionnelle. Il ne la supprime pas, il la remplace en saignant les collectivités qui seront privés des moyens de fonctionner, de venir en aide aux communes et de poursuivre leur action en faveur de tous via le secteur associatif. Elles y perdront en plus leur autonomie fiscale, pourtant garantie par la constitution. Et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-947" title="sarkozykadhafibenladenzg1" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/11/sarkozykadhafibenladenzg1-300x224.jpg" alt="sarkozykadhafibenladenzg1" width="301" height="224" />Voilà, il n&#8217;aura pas été besoin d&#8217;être trop patient pour pouvoir écrire le triste épisode 8 de &laquo;&nbsp;l&#8217;indécente décente aux enfers&nbsp;&raquo; de la république française. Notre brave Nicolas Sarkozy continue son œuvre de destruction massive de la république et la déstructuration complète d&#8217;une société française qui a mis plus de deux siècles à construire, sans le parachever, un modèle de société équilibrée. Voilà donc que le roitelet, au lieu de parachever l&#8217;œuvre républicaine, vient de l&#8217;achever. Exit la décentralisation, exit la démocratie locale, exit la démocratie, tout simplement&#8230;</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong><em>Episode 8</em></strong></span> :</h3>
<p style="text-align: justify;">Mardi 20 octobre, Nicolas Sarkozy, le napoléon en herbe a asséné son discours du 18 brumaire, venant mettre à bas plus de trente ans de décentralisation au profit d&#8217;un parti, d&#8217;un clan, le sien, celui des copains et des coquins, serait-on presque tenté de dire.</p>
<p style="text-align: justify;">Sarkozy a vite « vendu » sa suppression de la taxe professionnelle. Il ne la supprime pas, il la remplace en saignant les collectivités qui seront privés des moyens de fonctionner, de venir en aide aux communes et de poursuivre leur action en faveur de tous via le secteur associatif. Elles y perdront en plus leur autonomie fiscale, pourtant garantie par la constitution. Et les modalités de ce remplacement sont évidemment cruciales. Une nouvelle taxe, la «cotisation économique territoriale » (CET) sera toujours payée par les entreprises. Mais cette dernière reposera pour partie sur une cotisation locale d’activité (assise sur la valeur du foncier bâti) et pour partie sur une cotisation complémentaire sur la valeur ajoutée.</p>
<p style="text-align: justify;">Sarkozy a dû avouer que sa réforme n’était pas au point. Des élus nombreux grincent des dents, même à droite où Jean-Pierre Raffarin pourrait presque passer pour soixante-huitard attardé . La compensation annoncée pour les collectivités locales n’est pas à la hauteur. Pierre Mauroy comme Alain Juppé ont crié à l’arnaque. La décision fiscale est ramenée à Bercy mais surtout à l&#8217;Elysées et partout l&#8217;exécutif annonce qu&#8217;il ne reculera pas, semblant proposer un air de la théorie du chaos.</p>
<p style="text-align: justify;">UMP: «Les collectivités territoriales ne peuvent plus continuer à créer plus d’emplois que l’Etat n’en réduit» a déclaré Sarkozy. L’idée plaît au peuple de France  qui croirait presque entendre à nouveau que l&#8217;on va couper les têtes des privilégiés en mêlant élus locaux et fonctionnaires territoriaux. Le peuple de Franc e se rendra-t-il compte que ce projet sarkozyste est une recentralisation que l&#8217;on pourrait presque appeler rétablissement de la monarchie ?</p>
<p style="text-align: justify;">On imagine des strates administratives inutiles, des compétences locales floues, des élus redondants. Qui ne voudrait tailler dans ces dépenses inutiles ? «La population est légitimement exaspérée. Les élus sont épuisés des doubles-emplois» a rajouté Nicolas Sarkozy. Pourtant, le coût global de la fonction politique des pouvoirs locaux ne représente à peine que 1% de leurs charges de fonctionnement, soit « 28 millions d’euros pour une dépense publique locale de 220 milliards » comme le rappelait la Fondation Terra Nova. De surcroît, nombre des 500 000 élus locaux ne sont nullement rémunérés et purement bénévoles. L’augmentation des effectifs est ailleurs, du côté des fonctionnaires territoriaux, à fur et à mesure des transferts de charges de l’Etat vers les collectivités locales. Pourtant, aucun point de la réforme de Sarkozy ne concerne cette évolution !</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-medium wp-image-948" title="Appel18juin" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/11/Appel18juin-221x300.jpg" alt="Appel18juin" width="285" height="386" />Sous couvert de simplifier les échelons, Sarkozy simplifie&#8230; le mode de scrutin : les conseillers territoriaux seront élus au scrutin uninominal à un tour, sauf 20% d’entre eux qui seront élus à la proportionnelle. Le candidat arrivé en tête au premier tour sera élu. L’UMP est évidemment donné gagnante. Il ne suffit qu’un petit 30% des suffrages, sur fonds de divisions ailleurs (PS, Modem, extrême gauche, FN, Dupont-Aignant, écolos, etc) pour emporter la mise. On découpera les cantons après les circonscriptions et en plus on élira tout ce monde sur un seul tour de scrutin, histoire d&#8217;empêcher la gauche et les républicains de nouer des alliances et de faire converger les projets&#8230; Merci Nicolas 1er ! Demain, les collectivités locales, l’un des échelons électoraux les plus proches des citoyens, seront dirigés par des élus minoritaires en voix.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques 3200 conseillers territoriaux remplaceront donc les 6000 conseillers généraux (départements) et régionaux. Leur nombre sera défini par le  bon vouloir  du gouvernement et selon des modalités sur lesquelles le contrôle démocratique, la transparence des critères seront &laquo;&nbsp;sarkozyens&nbsp;&raquo;, circulez y&#8217;a rien à voir. Sarkozy institutionnalise donc le cumul des mandats : ces conseillers cumuleront cette double représentation départementale et régionale, et ils ne seront payés que 1,2 fois ce que gagnaient leurs prédécesseurs. Mais l’important est ailleurs. Ces élus seront pour l’essentiel UMP. Et oui !</p>
<p style="text-align: justify;">Pour clarifier les compétences des collectivités, Nicolas Sarkozy avance une fausse simplification : il faudrait «à une collectivité d’intervenir sur le domaine d’une autre collectivité». Kezako ? Sarkozy plaide aussi pour la suppression de niveaux inter-communaux qu’il ne comprend pas (syndicats communaux et intercommunaux jugés «inutiles», des «pays» ), et veux même inciter financièrement les communes à fusionner. En revanche, il veux inciter à la création, de façon volontaire, de grandes métropoles.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec cette nouvelle « réforme », Sarkozy tente de sortir des polémiques du moment. Le Monarque ne travaille pas, il annonce. Et comme le sujet est si chaud que même la droite n&#8217;en veut pas, on lance vite une nouvelle bombe médiatique, le débat sur l&#8217;identité nationale en se disant que là dessus chaque français va avoir son idée et se laissera pas embringuer dans les débats sur des collectivités que peu comprennent mais auxquelles il ne faudrait surtout pas que les français commencent à s&#8217;intéresser&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Alors appelons à l&#8217;aide toute la gauche, le centre et ce que la droite compte de républicains pour dire comme une sénatrice républicaine américaine : &laquo;&nbsp;Quand l’histoire appelle, l’histoire appelle&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<div><strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xavc5b_conference-de-presse-lfabius-collec_news"><br />
</a></strong><em><a href="http://www.dailymotion.com/fr/channel/news"></a></em></div>
<p style="text-align: center;">
]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;activité des députés étroitement surveillée !</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Oct 2009 09:28:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voici une nouveauté apparue sur la toile qui risque bien de bouleverser le quotidien de nos élus législatifs. Nosdeputes.fr, site né de la collaboration entre les fondateurs de deputesgodillot.info et de regardscitoyens.org, se propose de suivre à la trace les 577 députés de la législature. Comment ça marche ? A l&#8217;appui d&#8217;une finition simple et claire, ce nouvel observatoire de l&#8217;activité parlementaire propose de visionner le profil de chaque député et d&#8217;y voir le graphique de leurs activités sur les 12 derniers mois. Pour chacun, il est ainsi possible d’examiner le champ lexical utilisé durant les assemblées, le nombre de mots prononcés, mais aussi le taux de présence dans l’hémicycle. Ainsi, ce ne sont pas moins de 300 000 interventions, 30 000 amendements ou encore 60 000 questions écrites qui sont collectés sur l’actuelle législature. Quelques 240 dossiers traités par l’Assemblée Nationale sont également disponibles en ligne. Enfin, tous les internautes peuvent se retrouver dans la rubrique &#171;&#160;citoyens&#160;&#187; afin d&#8217;échanger au sujet des députés ou de la vie de l’Assemblée Nationale, ceci entrant dans le cadre de la &#171;&#160;démocratie participative&#160;&#187; qu&#8217;évoque Tangui Morlier, l&#8217;un des membres du collectif. Valoriser ou contrôler? Ce dernier affirme que l’utilité première de ce site [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Voici une nouveauté apparue sur la toile qui risque bien de bouleverser le quotidien de nos élus législatifs. <a href="http://www.nosdeputes.fr/" target="_blank">Nosdeputes.fr</a>, site né de la collaboration entre les fondateurs de deputesgodillot.info et de <a href="http://www.regardscitoyens.org" target="_blank">regardscitoyens.org</a>, se propose de suivre à la trace les 577 députés de la législature.</strong></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Comment ça marche ? </strong></span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.nosdeputes.fr" target="_blank"><img class="alignleft" src="http://img.over-blog.com/300x290/0/18/46/70/actualite3/Image-1-copie-6.png" alt="" width="316" height="307" /></a>A l&#8217;appui d&#8217;une finition simple et claire, c<strong>e nouvel observatoire de l&#8217;activité  parlementaire propose de visionner le profil de chaque député  et d&#8217;y voir le graphique de leurs activités sur les 12 derniers mois.</strong> Pour chacun, il est ainsi possible d’examiner le champ lexical utilisé durant les assemblées, l<strong>e nombre de mots prononcés</strong>, mais aussi <strong>le taux de présence dans l’hémicycle</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, ce ne sont pas moins de 300 000 interventions, 30 000 amendements ou encore 60 000 questions écrites qui sont collectés sur l’actuelle législature. Quelques 240 dossiers traités par l’Assemblée Nationale sont également disponibles en ligne.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, <strong>tous les internautes peuvent se retrouver dans la rubrique &laquo;&nbsp;citoyens&nbsp;&raquo; afin d&#8217;échanger au sujet des députés ou de la vie de l’Assemblée Nationale, ceci entrant dans le cadre de la &laquo;&nbsp;démocratie participative&nbsp;&raquo; qu&#8217;évoque Tangui Morlier, l&#8217;un des membres du collectif</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Valoriser ou contrôler?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Ce dernier affirme que l’utilité première de ce site sera de valoriser les travaux des députés. Une façon de mettre en place le site sans heurter la sensibilité des élus ? Rien n’est moins sûr, car le but plus ou moins affiché de cette création n’est autre que de les piquer à vif dans leur quotidien, plus ou moins chargé !</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, certains députés vont pouvoir surfer sur la &laquo;&nbsp;vague valorisatrice&nbsp;&raquo; de <a href="http://www.nosdeputes.fr/" target="_blank">nosdeputés.fr</a>, mais il est évident qu’aucun cadeau ne sera fait aux habitués de &laquo;&nbsp;l’assemblée buissonnière&nbsp;&raquo;.</p>
<h5 style="text-align: justify;"><em><strong><a href="http://www.nosdeputes.fr/circonscription" target="_blank">La liste des députés par circonsciption</a></strong></em></h5>
<h5 style="text-align: justify;"><em><strong><a href="http://www.nosdeputes.fr/deputes" target="_blank">la liste des députés par ordre alphabétique</a></strong></em></h5>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, il n’a pas fallu attendre pour voir les premières railleries se manifester sur la toile. L’une des personnalités  &laquo;&nbsp;stars&nbsp;&raquo; de l’hémicycle, Jack Lang, s’est tout simplement fait &laquo;&nbsp;dépouiller&nbsp;&raquo; de toute crédibilité en quelques secondes, et surtout, en quelques &laquo;&nbsp;clics&nbsp;&raquo;. Difficile de s’imaginer sa capacité à représenter les citoyens si celui-ci ne se présente pas plus de 4 fois aux assemblées en 12 mois. Mais, des dizaines de députés français sont dans un cas tout à fait similaire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les électeurs français pourront donc suivre à la trace leur représentant, sachant qu&#8217;un sondage de l’internaute.com révèle que 97% des français s’estiment lassés par l’attitude absentéiste des députés.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Prendront-ils le soin de tenir compte de ce moyen de pression publique, pour endosser pleinement leur rôle législatif ?&#8230; </strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Les socialistes s&#8217;opposent aux ventes à la découpe de l&#8217;éducation, réaffirmons l&#8217;impérieuse nécessité d&#8217;une laïcité intransigeante</title>
		<link>http://www.yannickserrano.fr/2009/10/08/les-socialistes-sopposent-aux-ventes-a-la-decoupe-de-leducation-reaffirmons-limperieuse-necessite-dune-laicite-intransigeante/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=les-socialistes-sopposent-aux-ventes-a-la-decoupe-de-leducation-reaffirmons-limperieuse-necessite-dune-laicite-intransigeante</link>
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		<pubDate>Thu, 08 Oct 2009 20:43:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;avais écrit il y a quelques jours un article pour remercier Michèle Delaunay de son travail d&#8217;opposition sur la loi Carle. Avec plusieurs amis, du local au national et par des biais multiples, nous avons œuvré pour convaincre les députés socialistes de prolonger leur refus de la loi Carle par un indispensable recours devant le Conseil Constitutionnel. ne pas le faire eu été en effet un renoncement qui serait revenu à voter cette loi scélérate. Je crois que nous pouvons dire que nous avons remporté une forme de victoire. Toutes les associations et leurs représentants, tous les relais de défense de la laïcité, souvent discrets peuvent être remerciés de leur travail car ils ont eu à n&#8217;en pas douter une influence déterminante sur le choix des socialistes de solliciter l&#8217;avis du Conseil Constitutionnel sur la Loi Carle. Comme quoi le travail paye quelquefois. Je veux penser que chacun à notre niveau et selon nos moyens, nous avons été utiles. Il me semble que nous avons contribué également à aider les députés socialistes qui militaient en faveur de ce recours, isolés face à certains fileux. Ce soir, on peut rendre hommage aux parlementaires socialistes qui ont bataillé, notamment Michèle Delaunay. Elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J&#8217;avais écrit il y a quelques jours un article pour remercier Michèle Delaunay de son travail d&#8217;opposition sur la loi Carle. Avec plusieurs amis, du local au national et par des biais multiples, nous avons œuvré pour convaincre les députés socialistes de prolonger leur refus de la loi Carle par un indispensable recours devant le Conseil Constitutionnel. ne pas le faire eu été en effet un renoncement qui serait revenu à voter cette loi scélérate.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-927" title="modification-loi-1905" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/10/modification-loi-1905-300x268.jpg" alt="modification-loi-1905" width="300" height="268" />Je crois que nous pouvons dire que nous avons remporté une forme de victoire. Toutes les associations et leurs représentants, tous les relais de défense de la laïcité, souvent discrets peuvent être remerciés de leur travail car ils ont eu à n&#8217;en pas douter une influence déterminante sur le choix des socialistes de solliciter l&#8217;avis du  Conseil Constitutionnel sur la Loi Carle. Comme quoi le travail paye quelquefois. Je veux penser que chacun à notre niveau et selon nos moyens, nous avons été utiles. Il me semble que nous avons contribué également à aider les députés socialistes qui militaient en faveur de ce recours, isolés face à certains fileux.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce soir, on peut rendre hommage aux parlementaires socialistes qui ont bataillé, notamment Michèle Delaunay. Elle pourrait être inspirée de prolonger son engagement précieux par une conférence régionale &laquo;&nbsp;Laïcité 2009 : Renaissance de la République indivisible, laïque, démocratique et sociale&nbsp;&raquo;, comme je le lui ai d&#8217;ailleurs suggéré. Les socialistes s&#8217;honoreraient à organiser un tel événement à Bordeaux avant la fin de l&#8217;année, cette ville est un haut lieu historique de certaines luttes,  un haut lieu des Lumières également. C&#8217;est une proposition que je fais donc ouvertement à la fédération du Parti Socialiste de la Gironde.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous le voyons bien, dans tous les domaines de la vie publique la laïcité est au cœur de l&#8217;actualité mais elle est aussi au cœur des attaques de la sphère publique. Notre vigilance ne doit pas diminuer.</p>
<p style="text-align: justify;">Le sujet va très vite revenir parle biais du recours au conseil constitutionnel mais aussi par l&#8217;entremise de la mission parlementaire dite &laquo;&nbsp;sur la burqa&nbsp;&raquo;. Il est très important d&#8217;avoir des débats là dessus car ils peuvent nous éclairer, enrichir nos points de vue et nous faire appréhender certaines facettes d&#8217;un sujet que l&#8217;on pourrait négliger. J&#8217;ai moi-même évoluer sur cette question après des échanges avec certains associatifs, et élus. Au final, c&#8217;est Marc Blondel qui aura à priori scellé mon sentiment.</p>
<p style="text-align: justify;">Je vous livre son point de vue, essentiel selon moi.</p>
<div style="text-align: justify;">
<p><em>&laquo;&nbsp;La question du port de la Burqa dans la rue. Indiquons tout d’abord notre étonnement que l’on puisse discuter de ce vêtement sans débattre de tous les autres vêtements prescrits par les autres religions.</em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;il est indéniable que le port imposé de la burqa ou du niqab est un symbole de l’oppression. Mais en quoi le port de la soutane pour les prêtres, de la robe de bure pour les moines, de la robe et de la cornette pour les religieuses, du schtreimel, du spodik ou du caftan pour certains juifs est-il moins oppressif que le port de la burqa pour certaines musulmanes ?</em></p>
<p><em>Rappelons que ce sont toujours les dictatures qui ont voulu imposer un mode de vie et des modes vestimentaires. En 1872, le tsar </em><em>Alexandre II a interdit, en Pologne, alors sous occupation russe, le port des papillotes et des longs manteaux (costume traditionnel) pour les juifs. Le Code civil de Napoléon Ier interdisait le port du pantalon pour les femmes. De 1967 à 1974, la Grèce des colonels a interdit les cheveux longs et la minijupe. L’Histoire regorge de ces tentatives totalitaires de vouloir régenter la vie des gens.</em></p>
<p><em>Interdire le port de la burqa, dans la sphère privé, est attentatoire aux libertés individuelles et démocratiques. Il semble aussi que nous soyons désormais dans une logique qui tend à restreindre toujours davantage la liberté de comportement des personnes. La population est toujours davantage surveillée, contrôlée, fichée. L’Histoire montre aussi qu’en renforçant sans cesse les pouvoirs du Pouvoir, on diminue toujours les libertés démocratiques des citoyens, les Elus républicains que vous êtes, ne peuvent être insensibles à cet environnement.</em></p>
<p><em>Et maintenant, la puissance publique va décréter comment les gens doivent s’habiller dans la rue ? Notre pratique de l’engagement politique et militant nous conduit, ensuite, à nous interroger : Comment ferez-vous appliquer cette décision, en cas de refus des personnes ? Une telle décision est à la fois inapplicable et source d’affrontements considérables. Le rôle du</em> <em>législateur n’est pas d’allumer des brûlots, mais de permettre que chacun puisse vivre en paix, selon ses choix et ses éventuelles convictions.</em></p>
<p><em>Le concept ne doit jamais précéder la preuve. Récusons les acrobaties juridiques de ceux qui, voulant interdire la burqa, et la seule burqa, pour les femmes musulmanes, en viennent à inventer des catégories juridiques aussi fumeuses qu’inexistantes.</em></p>
<p><em>Ainsi, certains tentent de remplacer la notion de </em><em>« sphères » publique et privée par la notion </em><em>« d’espaces » public et privé. La loi de 1901 a codifié la sphère privée et la loi de 1905 a délimité la sphère publique. Cette tentative de substitution lexicale n’est pas neutre. Le mot <strong>sphère</strong> –qui en géométrie est une figure correspondant à une surface fermée et qui au sens figuré, est donc un domaine limité, une étendue restreinte. Alors que <strong>l’espace</strong>, philosophiquement, serait un milieu idéal indéfini ; par exemple, l’immensité de l’espace céleste ou le champ de l’imagination. L’espace est indéfini par nature. En inventant, littéralement, la notion d’espace public dans lequel devrait s’appliquer la laïcité, uniquement d’ailleurs pour les musulmanes, on élargit tellement le principe de laïcité qu’on le rend inopérant. En étant partout, la laïcité ne serait plus nulle part. La laïcité est une frontière, avec de telles dispositions, on abolirait cette frontière qui est garante de la liberté de conscience pour tous.</em></p>
<p><em>Cela serait appliquer la définition théologique du Saint-Esprit à la nécessaire séparation des Eglises et de l’Etat : </em><em>« la circonférence est nulle part, le noyau partout et l’Esprit souffle où il veut .&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Rappelons quelques principes essentiels</span> :<br />
<img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://www.fnlp.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> La laïcité n’est pas une philosophie ni un art de vivre, sinon elle s’apparenterait à une religion, c’est un mode d’organisation politique des institutions. Elle vise, par la séparation des Églises et de l’État (loi de 1905), à distinguer institutionnellement le domaine de l’Administration et des services publics du domaine privé de la vie des citoyens.<br />
<img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://www.fnlp.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> La laïcité, comme principe politique d’organisation, s’applique aux institutions et non aux individus. C’est cette claire distinction, mise en œuvre par la loi sur la liberté d’association du 1er juillet 1901, et par la Loi du 9 décembre 1905 qui garantit la non-ingérence des conceptions métaphysiques dans le domaine public pour mieux garantir la liberté d’opinion et de comportement dans le domaine privé.</p>
<p>Dans cette acception, il est logiquement républicain et laïque d’interdire tout signe d’appartenance religieux à l’École publique et pour les agents du service public. C’est ce qu’ont fait la loi Goblet de 1886, la Loi de 1905 et les circulaires Jean Zay de 1936 et 1937. En revanche, la loi n’a pas à dicter les modes vestimentaires dans le domaine privé, ou tout autre comportement, tant que ceux-ci ne sont pas une menace pour la vie d’autrui.</p></div>
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		<title>Place à l&#8217;enseignement confessionnel, adieu laïcité</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Oct 2009 21:41:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je voudrais rendre ce soir un vibrant hommage à une députée que l&#8217;histoire parlementaire retiendra bien au-delà des &#171;&#160;minutes&#160;&#187; que les archives nationales lui consacreront. Sur un sujet difficile et requérant tout à la fois sens technique, sens politique et verbe juste, elle démontré qu&#8217;elle possédait la fibre des grands parlementaires. Mieux, l&#8217;espace d&#8217;un débat, elle a justifié, s&#8217;il en était besoin, que ses électeurs pouvaient être fiers de leur frêle bout de femme à la gouaille bien arrimée. Je veux parler de Michèle Delaunay, députée socialiste de la Gironde. Elle est assurément une solide parlementaire d&#8217;une République qui pourrait presque espérer en posséder davantage face aux innombrables godillots qui ont voté un texte inique pour l&#8217;éducation républicaine et la laïcité. La Loi Carle, adoptée dans l&#8217;anonymat médiatique au Sénat comme à l&#8217;Assemblée Nationale, n&#8217;a fait la &#171;&#160;une&#160;&#187; d&#8217;aucun quotidien, elle n&#8217;a été traitée dans aucun grand journal télévisé du soir et pourtant elle fait basculer notre République dans un système de reconnaissance et de financement de l&#8217;enseignement qui se veut désormais &#171;&#160;équitable&#160;&#187; entre le public et le privé. J&#8217;espère que mes lecteurs sauront mesurer la portée du mot &#171;&#160;équitable&#160;&#187; car il s&#8217;agit bien d&#8217;une révolution de velours qui s&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignright" src="http://www.yagg.com/wp-content/uploads/2009/01/woman.jpg" alt="" width="301" height="450" />Je voudrais rendre ce soir un vibrant hommage à une députée que l&#8217;histoire parlementaire retiendra bien au-delà des &laquo;&nbsp;minutes&nbsp;&raquo; que les archives nationales lui consacreront. Sur un sujet difficile et requérant tout à la fois sens technique, sens politique et verbe juste, elle démontré qu&#8217;elle possédait la fibre des grands parlementaires. Mieux, l&#8217;espace d&#8217;un débat, elle a justifié, s&#8217;il en était besoin, que ses électeurs pouvaient être fiers de leur frêle bout de femme à la gouaille bien arrimée.</p>
<p style="text-align: justify;">Je veux parler de <a href="http://www.michele-delaunay.net/delaunay/index.php" target="_blank">Michèle Delaunay</a>, députée socialiste de la Gironde. Elle est assurément une solide parlementaire d&#8217;une République qui pourrait presque espérer en posséder davantage face aux innombrables godillots qui ont voté un texte inique pour l&#8217;éducation républicaine et la laïcité.</p>
<p style="text-align: justify;">La Loi Carle, adoptée dans l&#8217;anonymat médiatique au Sénat comme à l&#8217;Assemblée Nationale, n&#8217;a fait la &laquo;&nbsp;une&nbsp;&raquo; d&#8217;aucun quotidien, elle n&#8217;a été traitée dans aucun grand journal télévisé du soir et pourtant elle fait basculer notre République dans un système de reconnaissance et de financement de l&#8217;enseignement qui se veut désormais &laquo;&nbsp;équitable&nbsp;&raquo; entre le public et le privé. J&#8217;espère que mes lecteurs sauront mesurer la portée du mot &laquo;&nbsp;équitable&nbsp;&raquo; car il s&#8217;agit bien d&#8217;une révolution de velours qui s&#8217;est jouée dans les velours du parlement avec d&#8217;innombrables complices tempétueux ou silencieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Michèle Delaunay a su s&#8217;emparer avec un rare brio d&#8217;un sujet dont pourtant des personnalités mieux qualifiées qu&#8217;elles à priori auraient pu ou dû se faire les portes parole. Mais comme il ne semble plus guère à la mode de parler de laïcité depuis que Nicolas Sarkozy s&#8217;est accordé le droit de la requalifier de &laquo;&nbsp;positive&nbsp;&raquo; et que les chantres de sa défense sont devenus atones, Michèle Delaunay a su remarquablement reprendre le flambeau du socialisme et du sens républicain. Elle en a presque réveillé son camarade Jean Glavany, très discret jusque là.</p>
<p style="text-align: justify;">Je vous épargnerai les références que j&#8217;ai déjà traitées, je vous laisserai, en bons espions avisés, effectuer une enquête méthodique en commençant par ce blog.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Alors Michèle, je salue tes convictions, ta force, ton sens du devoir et ton à propos.Espérons que les parlementaires de gauche trouveront maintenant la force de déposer le recours qui s&#8217;impose devant le conseil constitutionnel.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Voici le compte-rendu de son intervention. </strong><strong>(très long</strong></em> <strong>mais très&#8230; instructif)</strong><img title="Lire la suite…" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/wordpress/img/trans.gif" alt="" /> <span id="more-908"></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Parité de financement entre écoles publiques et privées pour l’accueil des élèves hors de leur commune de résidence</strong></span></p>
<p><!-- ZZTAGZZ  BIBARD_13_1319  --></p>
<p style="text-align: center;"><em><strong>Discussion d’une proposition de loi adoptée par le Sénat (dite Loi Carle) et validée par le Gouvernement</strong><br />
</em></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Madame Michèle Delaunay</span> :<br />
</strong>
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Monsieur le président, monsieur le ministre, madame la présidente de la commission des affaires culturelles, monsieur le rapporteur, mes chers collègues, c’est avec un grand sens de la responsabilité que les députés socialistes, radicaux et citoyens abordent ce texte relatif au financement des écoles élémentaires privées accueillant des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence. Avec un grand sens de la responsabilité, mais aussi avec pragmatisme. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Beaucoup d&#8217;entre nous gèrent une commune ou une collectivité. Tous connaissent à la fois le prix et le coût de l&#8217;enseignement. Tous en connaissent aussi l&#8217;importance décisive, pour le présent et pour le futur. Être pragmatique signifie pour eux éprouver chaque jour l’impérieuse nécessité de la mixité scolaire, si nous ne voulons pas voir notre équilibre social nous exploser à la figure dans un délai très court. Tous enfin sont guidés par un grand sens de la responsabilité mais aussi par la conscience de ce qui est à la base de leur engagement : le service de la République.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tous, sur ces bancs, nous savons que l’école est, avec la santé et la justice, l’un des trois piliers de notre système politique, l’un des piliers de notre « vivre ensemble » et la clef de notre avenir. Pour notre part, nous voulons que, sans avoir à employer de mots, tous les Français, et d&#8217;abord les plus jeunes, le sachent aussi.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Deux pages, trois articles et un titre presque aussi long que le texte lui-même : c&#8217;est toujours un signe… Ce qui se conçoit bien s&#8217;énonce clairement, mais surtout rapidement. Ce titre de neuf lignes ne dit rien d&#8217;autre que l&#8217;ambiguïté de ce texte, qu&#8217;une fois de plus vous présentez non comme un projet mais comme une proposition de loi, ce qui n&#8217;est pas insignifiant.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Juste mise en adéquation des textes aux faits ou texte fondamentalement, radicalement politique, cachant derrière chaque point-virgule une possible et dangereuse évolution de notre système scolaire ? Vous le savez : quand on s&#8217;interroge, c&#8217;est bien souvent qu&#8217;on a déjà répondu. Et sur tous ces bancs – nous l&#8217;avons constaté en commission – la réponse est finalement semblable, même si elle ne conduit pas toujours à la même attitude.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Deux pages et trois articles, mais derrière eux un siècle et demi d&#8217;histoire, qu&#8217;il ne s&#8217;agit ni de ranimer ni de raviver, mais seulement de comprendre au regard des enjeux d&#8217;aujourd&#8217;hui, qui sont, permettez-moi de vous le dire, radicalement différents de ceux qui, en 1959, ont présidé à la rédaction de la loi Debré : cinquante ans ont passé.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;histoire ne me retiendra pas longtemps car, dans cet hémicycle, nous la connaissons, même si ce n&#8217;est plus le cas de tous nos concitoyens. De cette histoire, je ne retiendrai donc que quelques repères pour que ceux qui nous entendent ou qui nous liront au-delà de la demi-circonférence de notre assemblée puissent en situer les avancées ou les reculs.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La loi Debré de 1959 définit, d’une part, des établissements publics et, d’autre part, des établissements privés conventionnés, financés par l&#8217;État et liés par contrat avec lui sous réserve d&#8217;obligations. La loi Guermeur fixe en 1977 une contribution forfaitaire versée par les communes par élève et par an. Puis, en 1985, une disposition prise au Sénat pose le principe de la participation de la commune de résidence aux frais de scolarité dans une école publique d’une autre commune, sans arbitrage préfectoral en cas de désaccord du maire. Jusqu&#8217;en 2004, donc, la possibilité de financement concernant les enfants non résidents se fait par convention.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;article 89 de la loi du 13 août 2004, né d&#8217;un malentendu, l&#8217;intention de son auteur étant tout autre que son application, est relatif à la prise en charge par les communes des frais de fonctionnement des classes élémentaires hors du territoire de résidence des enfants. Cet article – beaucoup s’en souviennent – a été adopté comme « réputé conforme » sans avoir été examiné par les députés. Il institue une obligation de financement du privé à hauteur du public ; il prévoit une intervention du préfet à défaut d&#8217;accord entre les communes ; aucune référence n&#8217;est faite à des conditions limitatives alors qu&#8217;elles existent pour le public.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous le savez, le décret d&#8217;application n&#8217;est jamais sorti, mais une simple circulaire – deux en réalité, en 2005 et 2007 – ne levant en aucun cas les ambiguïtés. Le Conseil d&#8217;État n&#8217;a d’ailleurs toujours pas statué sur la dernière de ces circulaires.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous n&#8217;ignorez pas non plus que, le 28 février 2008, le tribunal administratif de Dijon a annulé une délibération du conseil municipal de Semur-en-Brionnais qui avait refusé de participer aux frais de scolarisation de trois enfants résidant dans la commune mais inscrits dans une école élémentaire privée sous contrat située sur le territoire d&#8217;une autre commune.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La commune invoquait, d&#8217;une part, l&#8217;absence d&#8217;accord préalable de son maire et, d&#8217;autre part, l&#8217;existence dans sa commune d&#8217;une garderie et d&#8217;une cantine. Le tribunal administratif lui a donné tort, considérant que la notion de capacité d&#8217;accueil suffisante ne pouvait être retenue dans la mesure où les établissements privés ne sont pas soumis à la carte scolaire et sont choisis principalement en fonction de leur caractère propre. Il existe donc bien une divergence d&#8217;interprétation, qui suscite plus que de simples inquiétudes et a des conséquences lourdes et tangibles.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le sort d&#8217;un article fondé sur un malentendu et ne répondant pas aux intentions de son auteur, à l&#8217;origine de circulaires ambiguës sur lesquelles le Conseil d’État n&#8217;a toujours pas tranché et ouvrant la voie à des contentieux, même si ceux-ci sont dans la pratique peu nombreux, n&#8217;est il pas purement et simplement d&#8217;être abrogé ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous l&#8217;avons proposé à deux reprises, dont la dernière en novembre 2007 par la voix de Jean Glavany, dont je salue le travail. Vous avez, comme chaque fois, refusé de débattre sur cette proposition de loi et opposé une fin de non-recevoir. Vous ne faites mine aujourd’hui d&#8217;entendre notre demande qu&#8217;en l&#8217;incluant dans une proposition de loi qui, au contraire, en confirme le principe ; est-ce loyal ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mais revenons au texte et à son titre. Dans le titre même de cette proposition de loi, on parle de parité entre écoles privées et écoles publiques. Où avez vous vu que cette parité soit une obligation constitutionnelle ? Quel sens donnez-vous à ce mot : égalité de droits ? de devoirs ? de chiffres ? Il n’y a de parité qu’à égalité d’obligations et de charges.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je prendrai un exemple à Bordeaux, où le manque d’équipements sportifs se fait cruellement sentir. L’enseignement privé, qui bénéficie de l’usage des équipements sportifs publics a-t-il l’obligation, en cas de carence du public, de mettre à disposition des enfants ses salles de sport et ses équipements ? Non !</strong></p>
<p><strong>Cette dissymétrie dément ce que vous affirmez ! Mais retenons ce mot de parité. La loi satisfait-elle à ce principe ? Trouvons-nous point par point cet équilibre des formes que vous réclamez ? </strong></p>
<p><strong>C’est précisément au nom de cette parité que nous réclamerons que l’avis du maire soit requis avant que le financement soit acté.</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste</span>. C’est anticonstitutionnel !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany</span>. Ah bon ?</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Quelle justification, monsieur le député, pouvez-vous avancer pour ne pas l&#8217;exiger pour une école privée, quand cette obligation existe pour une école publique ?</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yvan Lachaud</span>. La liberté !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. La liberté de qui ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Je connais la réponse : rien ne peut entraver la liberté de l&#8217;enseignement. Mais pourquoi dans un cas et pas dans l’autre ? C’est une simple affaire de logique.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et surtout, comment pouvez-vous ainsi acter la rupture de l&#8217;école avec la République ? Comme l’hôpital, l&#8217;école publique, laïque et républicaine accueille tous les enfants sans distinction, quels que soient leur milieu social, les revenus et le statut de leurs parents, leur religion ou leur capital culturel, au sens où Bourdieu l&#8217;entend. L&#8217;école privée, non.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste</span>. Elle est soumise aux mêmes obligations !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Ou, si elle le fait, elle le fait en pratiquant une forme de ségrégation, sans doute non intentionnelle, mais effective.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste</span>. Pas du tout ! (Protestations sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. On y retrouve d’un côté les élèves issus de milieux aisés et de l&#8217;autre – c&#8217;est-à-dire dans d&#8217;autres écoles – ceux issus de milieux défavorisés, orientés vers des établissements dits d&#8217;insertion.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cette proposition de loi essaie de nous faire accroire que financer à parité la scolarisation dans le public ou le privé est un devoir. Mais soyons clairs : la parité n&#8217;a ici aucun fondement juridique. En arrivera-t-on un jour à rembourser les notes de taxi de ceux qui n&#8217;aiment pas prendre le bus ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ce sont les inégalités déjà réelles, parfois criantes en matière d&#8217;éducation que nous risquons encore d&#8217;aggraver. Ce serait, à Bordeaux, ne pas éduquer à Caudéran comme dans le quartier du Grand-Parc, comme si d&#8217;un côté l&#8217;éducation était une exigence et de l&#8217;autre une simple possibilité… Telles sont les conséquences que pourrait avoir votre proposition de loi.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Même si ce principe – non constitutionnel – de parité était appliqué, l’enseignement privé ne devrait en aucun cas percevoir plus pour son fonctionnement que l’enseignement public : je vous invite, mes chers collègues de droite, à relire la loi Debré de 1959.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Aujourd’hui, c’est pourtant le cas : le secteur privé en zone d’éducation prioritaire bénéficie de 100 postes supplémentaires, alors que le public en reçoit 167. Si ce principe de parité, dont vous usez et abusez, était respecté, c’est de 383 postes supplémentaires que l’enseignement public devrait bénéficier !</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ce que vous organisez en réalité avec ce texte, c’est tout simplement le glissement progressif de la loi vers le chèque scolaire – je parodie, vous ne m’en voudrez pas, le beau titre d’Alain Robbe-Grillet.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Où allons-nous, en effet, s’il n’y a aucune limitation, aucune référence, je dirais même aucune démarche officielle à faire pour obtenir le financement de la République pour la scolarisation de son enfant – sinon vers la remise d’un chèque, d’un pass-éducation, une sorte de ticket-restaurant du savoir, et dans bien des cas, de l’ignorance ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Marie-Odile Bouillé et M. Pascal Deguilhem</span>. Exactement !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Qui bientôt saura que la scolarisation est obligatoire, que c’est un devoir autant qu’un droit ? Qui saura que ce devoir n’a pas été instauré par une communauté, religieuse ou pas, ou par une entreprise à fins lucratives, mais par la République – et que celle-ci en assure la charge du fait même qu’elle est la République ? Est-ce que bientôt un distributeur, aux couleurs de quelque sponsor, viendra délivrer ce chèque ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mais surtout, comment ne pas prendre en pleine figure le parallélisme de cette proposition de loi avec le texte de la loi portant réforme de l’hôpital – sans pour autant jamais en prononcer le nom ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La démarche est, hélas ! similaire : en cas de « carence » de l’école publique –ce mot est bien souvent utilisé aujourd’hui – on ne comble pas cette carence, mais on transfère la demande et les moyens vers l’école privée. Allons plus loin. Il ne s’agit même plus de combler la carence, mais de l’organiser : des milliers d’emplois ont été détruits dans le secteur public de l’éducation ; c’est un plan social pire encore que celui qu’a subi le ministère de la défense.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment le maire d’une petite commune qui se débat pour conserver son école, ses classes, après son bureau de poste, peut-il accepter cet aspirateur à élèves qu’est l’obligation de financer le départ des enfants qui en auront les moyens vers l’école privée voisine ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment un maire de banlieue, qui se bat pour maintenir un équilibre social dans sa commune et un équilibre scolaire dans ses classes, peut-il accepter cet aspirateur à enfants « les plus nantis », comme on dit ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je n’ai aucunement l’intention d’attaquer de quelque manière dogmatique que ce soit cette politique que pourtant je réprouve. J’espère simplement, chers collègues, que vous prendrez conscience du danger de cette loi.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je suis pourtant obligée de constater, depuis 2002, une série d’actions contre l’école publique, en faveur du privé. Depuis 2002, le Gouvernement a supprimé plus de 50 000 postes dans les écoles publiques ; il a supprimé la carte scolaire, mettant à mal la mixité sociale ; il menace la maternelle ; il abandonne l’éducation prioritaire ; il offre aujourd’hui des subventions au secteur privé pour qu’il s’installe dans les quartiers défavorisés : une dotation spécifique, avec la création de cent emplois supplémentaires pour les établissements privés situés dans les zones défavorisées, a en effet été créée par le plan « Espoir Banlieues » de Fadela Amara.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Savez-vous vraiment où vous allez ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Oui, encore une fois, je parlerai du transfert du public vers le privé, au détriment des parents et des enfants. Dans la pratique, ce que nous voyons, c’est la facilitation de l’évasion scolaire : des maires qui se battent bec et ongles pour maintenir leurs classes sont condamnés à financer ceux qui désertent ces classes, risquant ainsi d’en entraîner la fermeture.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Parlons chiffres : 30 à 40 % des élèves du privé, soit 400 000 élèves, sont aujourd’hui scolarisés dans une école implantée hors de leur commune. Le forfait communal peut varier de 400 à 1 500 euros. Ainsi, la somme globale versée par les communes à l’enseignement privé pourrait s’élever à 500 millions d’euros. Et qui dit que cette somme ne s’accroîtra pas ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard</span>. C’est totalement inexact !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Bérengère Poletti</span>. Et c’est un connaisseur qui parle !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Je sais que certains d’entre vous, à droite de cet hémicycle, sentent les risques que nous prenons. Je sais que vous êtes plusieurs à penser, notamment lorsque vous êtes maires d’une petite commune : « J’ai passé vingt-six ans à lutter contre l’évasion scolaire. Dans ma circonscription, les deux collèges dont la capacité d’accueil est de 1 000 élèves n’en reçoivent plus que 400. » Et je pourrais vous donner, hélas ! plusieurs exemples bordelais de situations similaires.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Enfin, nous ne pouvons ne pas nous interroger sur les intérêts cachés, et pourtant réels, de cette proposition de loi. L’enseignement privé y est-il fortement favorable au nom de l’intérêt général, au nom de valeurs religieuses, au nom de la volonté de faire mieux que le service public – ou au nom d’une logique libérale visant le profit ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Permettez-moi de vous citer monseigneur Claude Dagens qui disait en 2007, en parlant autant, d’ailleurs, de l’éducation que de la santé : « Il n’y a plus de sens pour que l’Église occupe ce terrain, sinon au risque de se laisser instrumentaliser au service d’une logique de privatisation, en mettant à la disposition des privilégiés des systèmes privés de soins ou d’éducation dont l’inspiration catholique n’est plus qu’une source d’inspiration lointaine, et finalement inopérante, qui risque de produire un contre-témoignage. » Qui peut rester indifférent à ce regard aiguisé d’un homme d’Église sur ce qui est en train de se passer dans notre société, et, ajoutons-le, dans l’Église ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chers collègues de la majorité, vous avez déposé des amendements similaires aux nôtres, exigeant en particulier l’accord du maire préalablement au financement de la scolarisation hors résidence. Vous confirmez ainsi que la meilleure réponse aux problèmes de notre école serait la suppression pure et simple de l’article 89, sans autre faux compromis.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je vous demande donc, au nom de la République qui nous réunit, au nom de ses principes, de retirer cette proposition de loi qui n’a pas lieu d’être parce qu’elle dément la force que pourrait avoir l’abrogation pure et simple de l’article 89, parce qu’elle est excessivement coûteuse à terme et dangereuse pour notre pacte social. (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR.)</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. le président.</span> La parole est à M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale.</span> Madame, la députée, je voudrais d’abord rappeler que la parité est prévue par la loi Debré de 1959, que j’ai eu l’occasion d’évoquer tout à l’heure. Elle est la conséquence du libre choix, qui est garanti par la Constitution. C’est dans cet esprit que cette proposition de loi a été élaborée et qu’elle vous est aujourd’hui proposée.</p>
<p>Je ne peux pas laisser dire que cette proposition reviendrait en quelque sorte à mettre à disposition de l’enseignement privé des chèques en blanc adressés pour paiement aux communes, qui auraient à financer coûte que coûte, sans limitation… (Protestations sur les bancs du groupe SRC.) C’est ce que vous avez dit, madame la députée, et c’est ce qui justifie mon intervention.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand.</span> On va y revenir !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale.</span> Le texte encadre très précisément les cas où les communes auront à régler le financement de la prise en charge par l’enseignement privé d’un élève qui réside sur leur territoire. Ces cas sont très précis, et ce sont les mêmes que pour l’enseignement public. Il y a donc parité stricte, et il n’y a pas de fuite en avant qui amènerait les maires, désormais, à payer systématiquement pour les élèves scolarisés dans l’enseignement privé.</p>
<p>M. Pascal Deguilhem. Sauf que…</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Luc Chatel</span>, <span style="text-decoration: underline;">ministre de l’éducation nationale</span>. Il n’est pas non plus possible de laisser dire qu’il n’y a pas parité – suivant un rapport 80/20, puisque tel est la proportion entre l’enseignement public et l’enseignement privé dans notre pays – pour les créations et les suppressions de postes. Nous respectons systématiquement la proportionnalité. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany</span>. C’est faux, absolument faux !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale</span>. Monsieur Glavany, nous respectons strictement ce rapport à la fois pour les créations comme pour les suppressions de postes !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. C’est faux !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale</span>. Dans le cadre du plan « Espoir Banlieues » de Mme Amara, donc dans le cadre d’une dotation globale nationale, l’enseignement privé a choisi de créer un certain nombre de postes dans les zones urbaines sensibles, les zones d’éducation prioritaire. C’est sa liberté ! Mais au total, le rapport 80/20, dans les créations comme dans les suppressions, est respecté.</p>
<p>Vous évoquez enfin la casse sociale de l’éducation ; j’aimerais simplement vous rappeler deux ou trois chiffres. D’abord, le budget de l’éducation nationale n’a jamais été aussi élevé qu’aujourd’hui : c’est le premier budget de l’État…</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. Heureusement !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale</span>. …et il est en progression, dans un contexte budgétaire que vous connaissez tous. (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.)</p>
<p>{&#8230;}</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. Monsieur le ministre, nous aurons la discussion sur l’importance de l’effort consenti pour l’éducation au moment de l’examen du budget. Le seul regret que je puisse exprimer cet après-midi, c’est que si le budget de l’éducation nationale est le premier et le plus important de la nation, il aurait été bon de le discuter dans l’hémicycle et non dans une commission, un peu à la va-vite.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, je ne suis pas un constitutionnaliste mais il me semble que ce n’est ni la parité, ni le libre choix qui est inscrit dans la Constitution de notre pays, mais la liberté de l’enseignement, ce qui n’est pas tout à fait la même chose, et nous verrons d’ailleurs quelles peuvent être les conséquences de cette nuance.</p>
<p style="text-align: justify;">J’en viens à l’explication de vote sur la motion qu’a brillamment défendue Mme Delaunay.</p>
<p style="text-align: justify;">Au départ de cette histoire, il y a un amendement, appelé amendement Charasse, qui tentait d’apaiser et même, autant que faire se peut, de régler les rapports entre l’enseignement public et l’enseignement privé. Mais cet amendement a été détourné de son objet, comme le reconnaît d’ailleurs son auteur. Et la machine s’est emballée.</p>
<p style="text-align: justify;">Le seul moyen de retrouver des rapports normaux entre enseignement public et enseignement privé – notamment pour que les maires puissent gérer leurs propres finances et favoriser la scolarisation dans des écoles qui, en dehors des enseignants, relèvent de leurs compétences – aurait été de supprimer l’article 89 de la loi de 2004. Vous avez refusé cette proposition, dont l’initiative revenait à notre collègue Jean Glavany. Pire, par le biais d’une proposition de loi du sénateur Jean-Claude Carle, vous reprenez aujourd’hui cet article 89, pour l’aggraver sur certains points.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour régler le problème, je vous demande, au nom du groupe que je représente cet après-midi, d’accepter que nous redéposions ensemble une proposition de loi tendant à supprimer l’article 89 ou, à tout le moins, de voter cette motion de rejet préalable.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président</span>. La parole est à M. Jacques Desallangre, pour le groupe de la Gauche démocrate et républicaine.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Le groupe de la Gauche démocrate et républicaine votera cette motion parce qu’elle tend à écarter un texte hypocrite, un texte qui cadenasse, afin de le sécuriser juridiquement, une loi précédente. Au nom d’une égalité que l’on bafoue, le but est de financer l’école privée, de l’aider à mieux réduire les moyens de l’école publique, l’école de la République, celle qui accueille tous les enfants sans distinction d’origine sociale, de moyens, de confession.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous dites vouloir clarifier les règles et aider les collectivités locales mais, pour cela, vous proposez d’ôter à ces collectivités toute intervention dans la recherche d’une justification de la demande de dérogation par exemple.</p>
<p>Non, l’école privée et l’école publique n’ont pas le même rôle, les mêmes références, elles sont différentes et les traiter différemment n’est pas une offense faite au respect du principe d’égalité.</p>
<p>La proposition de loi qui nous est soumise organise le soutien dissimulé, mais bien effectif, à l’école privée, alors que c’est l’école publique qui, aujourd’hui, a un besoin urgent, significatif, de l’aide de l’État. Nous réclamons cette aide au nom des valeurs de la République et nous voterons donc la motion de rejet préalable.</p>
<p>{&#8230;}</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Yvan Lachaud</span>. <strong>On demande souvent au Gouvernement de faire preuve de sagesse. J’aimerais que les socialistes retrouvent la sagesse de leurs collègues sénateurs qui ont porté un autre regard sur ce texte.<br />
</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Si nos amendements sont adoptés, nous verrons !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yvan Lachaud</span>. Ils l’ont abordé dans un esprit d’ouverture qui aujourd’hui vous fait un peu défaut – mais peut-être allez-vous vous ressaisir au fil de la discussion.</p>
<p style="text-align: justify;">En tout cas, le groupe Nouveau Centre votera contre cette motion de rejet. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président</span>. La parole est à M. Jacques Pélissard, pour le groupe de l’Union pour un mouvement populaire.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard</span>. J’ai écouté attentivement Mme Delaunay. Et très franchement, je n’ai relevé dans ses propos aucun argument qui milite en faveur de la motion de rejet.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, tous les principes auxquels nous sommes attachés, la liberté de choix des parents, la parité de traitement…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Michel Ménard.</span> Elle n’est pas respectée !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay.</span> Eh non ! Vous ne m’avez pas écoutée.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard</span>. …y compris dans l’application de l’article L.212-8 du code de l’éducation nationale, et enfin la concurrence (« Ah ! » sur les bancs du groupe SRC.) équilibrée entre l’école publique et l’école privée, sont au rendez-vous.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. La concurrence, vous l’avez dit !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yvan Lachaud</span>. Mais oui !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pascal Deguilhem</span>. Quel aveu !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard</span>. « Je me suis aperçu qu’un certain nombre de maires de communes de résidence incitaient les familles à envoyer leurs enfants à l’école privée de la commune voisine pour éviter le paiement de la participation. » Voilà ce que disait Michel Charasse en juillet 2004.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Vous n’avez que Michel Charasse comme référence ?</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard</span>. L’idée est d’avoir un dispositif équilibré, qui préserve la liberté et la parité.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ces conditions, la motion de rejet ne peut être que repoussée. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)</p>
<p style="text-align: justify;"><em>(La motion de rejet préalable, mise aux voix, n&#8217;est pas adoptée.)<br />
Discussion générale</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président</span>. Dans la discussion générale, la parole est à M. Yves Durand.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. Monsieur le ministre, monsieur le rapporteur, on aurait pu espérer que ce texte fut un texte d’apaisement – comme d’ailleurs avait voulu l’être l’article 89 …</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany.</span> Cherchez l’erreur !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. …avant qu’il ne soit, malheureusement, dévoyé – mais la proposition de loi qui nous est transmise par nos collègues sénateurs ne me paraît pas aller dans ce sens.</p>
<p style="text-align: justify;">D’abord, parce que si l’on respecte l’esprit de la loi de 1959, dite loi Debré, que l’on ait été pour ou contre à l’époque, on doit considérer, monsieur Pélissard, que l’enseignement public et l’enseignement privé ne sont pas concurrents.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Robert Lecou</span>. Absolument !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yves Durand. Ils font partie du service public d’éducation, chacun de leur côté, avec les mêmes droits, et normalement, si le mot « parité » a un sens, les mêmes devoirs.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Ce qui n’est pas le cas.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. En effet, ce n’est pas le cas. Premier problème, essentiel.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette proposition de loi ne va pas non plus dans le sens de l’apaisement parce que, au-delà des rapports entre l’enseignement privé et l’enseignement public, que nul ne veut envenimer – personne ici ne songe à rallumer une guerre scolaire qui a été largement évacuée –, la question est bien de donner à l’institution scolaire, publique et privée, les moyens de permettre l’égalité des chances dans toutes les communes. Or cette proposition de loi contient deux dispositions qui vont totalement à l’encontre de cet objectif.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>D’une part, cette proposition de loi organise ce que j’appellerai l’exode scolaire.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Bien sûr !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. Désormais, il n’y aura plus de véritable contrainte puisqu’il n’y aura plus besoin de l’accord du maire. Les trois autres contraintes pour justifier des dérogations scolaires, à savoir les raisons médicales, le fait que les parents travaillent ailleurs et la scolarisation du frère ou de la sœur dans l’autre commune ne sont guère significatives : en tant que maire, je reçois dix demandes tous les jours. Dès lors, les parents qui voient leur école rurale ou périurbaine devenir de plus en plus petite…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay.</span> De plus en plus pauvre.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. …et de plus en plus pauvre, vont vouloir mettre leurs gosses dans la commune voisine, plus urbaine, où ils travaillent le plus souvent. Ainsi, vous allez assécher, désertifier des écoles rurales qui sont pourtant le seul endroit où un lien social entre les enfants peut encore se tisser.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Très juste !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. Il en sera de même dans les quartiers de banlieue dits défavorisés. Des classements d’écoles se baladent un peu partout, vous le savez. Nous assisterons à un assèchement parce que les meilleurs éléments des écoles de ces quartiers défavorisés, pour lesquelles les maires s’efforcent de garder l’excellence, vont partir dans les écoles de centre-ville, sachant que, derrière, il y a le collège, le lycée et tout le cursus scolaire qui permet, paraît-il, une meilleure réussite des enfants.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous me dites, monsieur le ministre, que c’est pareil dans le public. Certes, à la différence notable que l’accord du maire ne figure pas, pour le privé, dans la proposition de loi sénatoriale.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette première atteinte à la parité est d’autant plus grave que vous avez supprimé la carte scolaire, ce qui renforce la possibilité d’exode des élèves.</p>
<p style="text-align: justify;">En second lieu, vous allez encourager ce qui est peut-être le pire ennemi de l’école : le développement du consumérisme scolaire chez beaucoup de parents.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay.</span> Très juste !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand.</span> À partir du moment où l’accord du maire n’est plus requis, vous créez un lien immédiat entre la famille et l’établissement et non plus entre la famille et l’établissement par l’intermédiaire d’un représentant de la République, en l’occurrence le maire.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Exactement !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. Cela favorisera inéluctablement le développement du consumérisme scolaire. On choisira son établissement comme on le veut, à la carte. Mme Delaunay a dénoncé à juste titre la perspective du « chèque scolaire », qui figurait d’ailleurs dans le programme d’un certain candidat à l’élection présidentielle. Cette idée, qui était dans les têtes, va commencer à se concrétiser dans les textes.</p>
<p style="text-align: justify;">La proposition de loi partait d’une bonne intention, je veux bien l’admettre, ce qui a sans doute influencé nos collègues sénateurs, du moins certains d’entre eux,…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Michel Ménard</span>. Je ne le crois pas !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Ils sont candides !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. …mais il suffit de la mettre en perspective avec d’autres mesures comme la suppression de la carte scolaire pour s’apercevoir qu’elle risque, sinon de rallumer la guerre séculaire entre le public et le privé qui fait partie de l’histoire de la République mais qui, aujourd’hui, parce que tout le monde y a mis du sien, s’est éteinte,…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Robert Lecou</span>. Très bien !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand.</span> …au moins de détruire le seul endroit où, quel que soit le quartier, quelle que soit la commune, tous les enfants peuvent se retrouver, se réunir, travailler ensemble, se comprendre. Cette base même du vivre ensemble est pourtant le fondement de notre République.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà pourquoi, au-delà du public et du privé, ce texte est particulièrement grave, et voilà pourquoi nous pensons voter contre – nous aviserons au terme de la discussion. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président</span>. La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, avant d’aborder à proprement parler la proposition de loi relative au financement de l’école privée, je souhaite vous soumettre une question relative au travail parlementaire et tenant plus particulièrement à l’application de l’article 40 de la Constitution. Nous subissons depuis des années dans l’opposition l’application draconienne de cet article qui censure nos propositions et nos amendements avant même que nous n’en débattions au fond. Le Gouvernement et la majorité nous l’opposent sans savoir si nos propositions sont légitimes et judicieuses.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque la question de la revalorisation du rôle du Parlement s’est posée, nous avons proposé l’abrogation de l’article 40 afin de donner à l’initiative parlementaire toute son ampleur. Vous avez rejeté notre demande. Aujourd’hui, les propositions de loi émanant de la majorité se multiplient. L’article 40 trouve ainsi une seconde jeunesse, car il devrait aussi s’appliquer, dans toute sa rigueur, à vos propositions.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais vous semblez bénéficier de passe-droits. En effet, bien que directement contraire à l’article 40 de la Constitution, cette proposition de loi a miraculeusement passé sans encombres la première lecture.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay.</span> Très juste !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. <strong>Le Sénat aurait dû relever cette inconstitutionnalité et déclarer irrecevable son article 1er, qui établit une contribution de la part des communes. Il s’agit donc bien – je cite l’article 40 – de « la création ou l’aggravation d’une charge publique ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Eh oui !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. L’article 1er n’est donc pas constitutionnellement recevable. Mais vous avez bénéficié de la cécité momentanée de la commission des finances du Sénat qui a fait comme s’il n’en était rien. J’ai donc saisi le président de notre commission des finances de cette inconstitutionnalité, conformément à l’article 89 de notre nouveau règlement. Le président Migaud, dont on connaît et reconnaît la qualité, s’est déclaré incompétent au prétexte que la proposition de loi avait déjà été examinée par le Sénat.</p>
<p style="text-align: justify;">Permettez-moi de vous dire que je ne partage nullement l’interprétation erronée qui fut faite de l’article 89 de notre règlement. Et je souhaite que le Conseil constitutionnel puisse rétablir la portée stricte de l’article 89. Le quatrième alinéa de cet article dispose en effet que « les dispositions de l’article 40 de la Constitution peuvent être opposées à tout moment aux propositions de loi et aux amendements ». Le premier alinéa traite du dépôt devant le bureau de nos propositions de loi. Le deuxième est relatif aux amendements en commission. Le troisième s’applique aux amendements en séance. II n’existe aucun alinéa spécifique relatif aux propositions de loi provenant du Sénat. Ces propositions de loi restent des propositions de loi et sont soumises au même régime juridique. Les conditions de leur recevabilité sont donc les mêmes. Le fait que l’irrecevabilité de celle que nous examinons ait été couverte par la cécité du Sénat et son vote ne saurait enlever à l’article 1er son caractère inconstitutionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">Aucune disposition constitutionnelle, aucune décision du Conseil, rien dans notre règlement ne précise que les propositions de loi déjà examinées par le Sénat n’ont plus à respecter l’article 40 de la Constitution.</p>
<p style="text-align: justify;">Permettez-moi de prolonger le raisonnement de la commission des finances jusqu’à l’absurde. Rien dans la Constitution ne réserve un sort particulier à l’article 40. Son régime et sa portée sont les mêmes que ceux des autres articles. Le raisonnement de la commission des finances sur l’application de l’article 40 devrait être le même pour l’ensemble de la Constitution. Nous serions ainsi privés de la possibilité de contester la constitutionnalité d’une proposition ou d’un projet de loi dés lors qu’il a déjà été examiné et voté par l’une des chambres. C’est ridicule !</p>
<p style="text-align: justify;">Le président de notre commission des finances aurait donc dû déclarer irrecevable votre proposition de loi, mais peut-être n’a-t-il pas voulu vous faire subir ce châtiment deux fois dans la même journée, au risque de créer de fâcheux précédents contra legem. En effet, votre proposition de loi suivante sur le vote électronique est tout aussi irrecevable. Cependant, je ne souhaite pas que s’instaure cette « jurisprudence » qui voudrait qu’une proposition de loi inconstitutionnelle soit exonérée de toute sanction juridique dès lors qu’elle est votée en première lecture par le Sénat.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le fond, votre proposition de loi dite « Carle » est également contraire à plusieurs dispositions de la Constitution. Elle vise à asseoir et élargir le financement des écoles privées par les communes et l’impôt. Vous prétendez ainsi éviter une nouvelle guerre scolaire, mais c’est oublier un peu vite que, dans cette guerre scolaire, chaque partie a largement sa part de responsabilité, et au premier chef l’enseignement confessionnel. Devrions-nous lui donner satisfaction pour éviter de nouvelles tensions ? Car votre proposition de loi va bien plus loin que la loi dite « Debré » de décembre 1959 qui impose aux communes l’obligation de financer les dépenses de fonctionnement des écoles privées sous contrat se trouvant sur leur seul territoire pour les enfants domiciliés dans leur commune.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce principe était largement appliqué sans contestation majeure depuis plus de vingt ans jusqu’à ce que l’article 89 de la loi de 2004 cherche à étendre le financement obligatoire des dépenses de fonctionnement aux écoles privées placées sur le territoire de communes voisines. Cet article 89 fut source d’interprétations divergentes et de contentieux à la suite de demandes parfois extravagantes.</p>
<p style="text-align: justify;">La proposition d’aujourd’hui prétend mettre un terme à cet imbroglio juridique, mais elle renforce en fait les nouvelles obligations créées par l’article 89 au bénéfice des écoles privées implantées sur le territoire de communes autres que celle de résidence.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi accorder un traitement égalitaire alors qu’il n’y a pas identité entre les systèmes publics et privés ? L’enseignement public est sectorisé pour éviter les phénomènes de ghettoïsation alors que l’enseignement privé ne l’est pas. L’école publique accueille tous les élèves alors que le privé les sélectionne souvent. L’école publique est gratuite alors que l’école privée l’est rarement. L’école publique est laïque alors que l’école privée est le plus souvent confessionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">La loi impose déjà une part de financement public pour le fonctionnement des écoles privées, mais la parité de traitement n’a pas à s’imposer comme le laisse supposer le titre de la proposition de loi. Nous proposerons d’ailleurs par amendement de modifier ce titre afin d’écarter toute idée de parité ou d’égalité entre enseignement public et privé. Si jamais vous persévérez dans cette idée de traitement égalitaire, nous vous proposerons alors un amendement visant à s’assurer que l’enseignement privé bénéficiaire des fonds publics respecte scrupuleusement les valeurs de la République laïque.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous souhaitez que l’enseignement privé bénéficie des fonds publics. Assurez-nous alors qu’il respecte les mêmes obligations en matière de refus des communautarismes – notamment par l’interdiction des signes ostensibles d’appartenance religieuse –, de respect de la liberté de conscience, de la liberté de croire et de ne pas croire, de la promotion de la stricte égalité des sexes ! En votant cet amendement, nous mesurerons l’attachement républicain de chacun de nous au-delà des latéralisations partisanes.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous vous proposerons également des amendements de suppression car, dans la proposition qui nous est présentée, l’accord du maire n’est ni demandé ni requis alors que les finances de la collectivité locale seront directement engagées. Le maire ne pourra même pas vérifier au préalable que les conditions légales sont respectées. Le préfet, se substituant au conseil municipal et au maire, pourrait ainsi obliger la collectivité à financer.</p>
<p style="text-align: justify;">Par leur caractère obligatoire et automatique ces dispositions législatives contreviennent au principe constitutionnel de libre administration des collectivités territoriales. Elles font de surcroît primer l’intérêt particulier sur l’intérêt général. Comment justifier auprès des contribuables qu’une commune se voie obligée de fermer une classe ou une école car quelques parents auraient décidé de placer leurs enfants dans la commune voisine pour des raisons de convictions religieuses, au demeurant tout à fait respectables ?</p>
<p style="text-align: justify;">Les décisions de fermeture tiennent parfois à la présence d’un seul ou de deux enfants. Cette proposition risque d’accentuer les fermetures de classes et d’écoles publiques. Est-ce l’objectif indirectement poursuivi ? Ce serait préoccupant car, quand l’école publique ferme ses portes, c’est le processus d’intégration à la communauté des citoyens et la République laïque qui régressent. Vous organisez la concurrence scolaire sur tout le territoire. C’est la fin de la sectorisation, car les écoles publiques seront concurrencées par les écoles privées limitrophes. C’est un véritable marché de l’enseignement primaire que vous créez et qui provoquera une concurrence entre les communes alors que nous avons besoin de complémentarité et de dialogue.</p>
<p style="text-align: justify;">En sécurisant juridiquement et en élargissant les cas de financement de l’école privée par des fonds publics, combien de millions d’euros supplémentaires seront-ils versés au privé ? Vous organisez un transfert de fonds publics vers le privé alors que certains villages ou regroupements réclament la création d’écoles ou de classes. Tout l’argent que vous souhaitez donner au privé pourrait utilement être consacré à l’enseignement public afin de renforcer et d’améliorer les conditions d’accueil.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Exactement !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Vous prétendez par ailleurs encadrer les cas dans lesquels la commune aura l’obligation de contribuer aux dépenses de l’école privée de la commune voisine. Cette contribution serait due dans quatre hypothèses, dont certaines relèvent de la convenance personnelle.</p>
<p>Le premier motif porte sur l’absence de capacité d’accueil dans la commune de résidence. Ce critère pourrait sembler justifié, mais ce serait oublier un peu vite le principe issu du préambule de la Constitution de 1946 qui dispose que « l’organisation de l’enseignement public, gratuit et laïque à tous les degrés, est un devoir de l’État ». Il devrait, en conséquence, n’y avoir aucune commune ou regroupement de communes dépourvu d’école publique.</p>
<p>Par ailleurs, l’alinéa que je viens de citer impose que l’enseignement soit laïque. Les collectivités locales ne peuvent donc pas sous-traiter leurs obligations scolaires à des associations rattachées à un culte, comme c’est le plus souvent le cas des établissements privés, avec parfois des débordements auxquels je reviendrai en défendant l’un de mes amendements.</p>
<p>Le second motif tiendrait aux obligations professionnelles des parents, lorsqu’ils résident dans une commune qui n’assure pas directement ou indirectement la restauration et la garde des enfants. Mais que recouvre réellement cette catégorie ? S’agit-il uniquement des cas ou les deux parents ont des horaires décalés, ou bien est-ce déjà la porte ouverte aux convenances personnelles ? Pourquoi la proposition n’impose-t-elle pas que la garderie et le service de restauration soient bien assurés dans l’école d’accueil ?</p>
<p>Enfin, le regroupement de la fratrie est l’exemple même du motif pour convenance personnelle. Il suffit qu’une famille ait, pour une raison relevant de son seul choix, scolarisé son premier enfant dans une école privée d’une autre commune pour que la scolarisation de l’ensemble de la fratrie dans ce même établissement soit imposée à la commune de résidence.</p>
<p>L’interprétation large de ces trois « motifs légitimes » recouvre la quasi-totalité des enfants scolarisés dans l’enseignement privé en dehors de leur commune de résidence.</p>
<p>Par ailleurs, lorsque le financement n’est pas rendu obligatoire, il pourra néanmoins être assuré à titre facultatif. Nous sommes en présence d’une atteinte directe aux principes de laïcité et d’égalité. Le choix de subventionner une association rattachée à une religion ou à un culte serait contraire au principe constitutionnel de laïcité selon lequel « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » – article 2 de la loi du 9 décembre 1905.</p>
<p>Attaché aux principes de laïcité de la République et d’égalité des citoyens, je vous appelle, mes chers collègues, à rejeter cette proposition de loi, car elle porte en elle des ferments de désagrégation de l’école républicaine et laïque. Restons attachés à l’adage « à l’enseignement public, fonds publics ; à l’enseignement privé, fonds privés » ! Cet adage ne reflète malheureusement pas le droit applicable depuis les lois Debré, mais pour ma part je reste fidèle aux valeurs défendues par ma famille politique républicaine de gauche, qui s’est toujours élevée contre la loi de 1959 et les accords ultérieurs avec l’enseignement privé.</p>
<p>Je souhaiterais, en cas d’adoption de ce texte, que nous soyons assez nombreux pour prolonger notre engagement républicain et laïque par une saisine du Conseil constitutionnel, qui ne manquera pas de censurer les atteintes les plus flagrantes aux principes de l’article 40, de libre administration des collectivités locales, d’égalité et de laïcité. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. le président.</span> La parole est à M. Yvan Lachaud.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Yvan Lachaud</span>. Apaisement, c’est le mot qui doit définir ce débat, et traduire l’esprit de cette proposition de loi visant à garantir la parité de financement entre les écoles élémentaires publiques et privées sous contrat quand elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence.</p>
<p>C’est en effet l’apaisement qui, depuis la loi Debré de 1959 – et malgré quelques crises –, a le plus souvent caractérisé les relations entre l’école publique et l’école privée, permettant aux « deux écoles » de cohabiter sereinement, ce qui est la volonté du peuple.</p>
<p>C’est notamment l’institution d’un principe de parité qui a permis cet apaisement, en consacrant la possibilité pour le service public de l’éducation d’être mis en œuvre non seulement par des établissements publics, mais également, dans des conditions fixées par la loi et par le contrat qui les unit à l’État, par des établissements privés.</p>
<p>Le succès de l’école privée sous contrat, qui ne se dément pas année après année, se manifeste par le fait qu’un grand nombre de familles choisissent cet enseignement librement et sans contrainte. Cela montre bien que l’immense majorité de nos concitoyens est attachée à la coexistence de ces deux écoles, publique et privée, qui contribuent chacune à sa manière à la réalisation des objectifs fixés par la nation.</p>
<p>Aujourd’hui, au moment où nous abordons la question du financement des écoles primaires privées, le Nouveau Centre veut affirmer la nécessité de respecter deux exigences aussi fondamentales l’une que l’autre.</p>
<p>D’abord, la liberté de l’enseignement doit être pleinement garantie, ce qui suppose que les conditions de financement des établissements privés sous contrat permettent l’exercice effectif de cette liberté.</p>
<p>Ensuite, la parité entre public et privé sous contrat doit être respectée, car elle a permis aux deux formes d’enseignement d’être non plus rivales, mais complémentaires.</p>
<p>Reconnaissons-le, il résultait de l’état du droit applicable avant l’entrée en vigueur de la loi n° 2004-809 du 13 août 2004 un déséquilibre certain en défaveur des écoles élémentaires privées sous contrat d’association. Il était temps d’y mettre fin, en inscrivant dans la loi un nouveau régime de financement des classes élémentaires sous contrat par les communes de résidence.</p>
<p>Le Nouveau Centre considère que la proposition de loi institue, de manière réaliste et pragmatique, un compromis juridiquement fondé et politiquement équilibré.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Frédéric Reiss, rapporteur</span>. Merci !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Yvan Lachaud</span>. Celui-ci respecte les intérêts de chacune des parties. Il garantit en effet aux écoles élémentaires privées sous contrat d’association qu’elles seront traitées à égalité avec les écoles publiques, préservant l’exigence de parité qui est le fondement de la loi Debré. Cependant, il n’impose pas aux communes des obligations financières qui mettraient en péril leur équilibre budgétaire.</p>
<p>Le nouveau régime de financement respecte le principe de parité. Il prévoit qu’une commune versera une contribution pour un élève d’une classe élémentaire sous contrat uniquement dans le cas où elle l’aurait versée pour un élève inscrit dans une école publique. Cependant, il respecte également le libre choix de l’enseignement en excluant tout accord du maire pour scolariser un élève, ce qui correspond à la définition même de la liberté d’enseignement. (Protestations sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p>Une contribution est ainsi exigible dans quatre cas : l’absence de capacités d’accueil dans la commune de résidence ou dans le regroupement pédagogique intercommunal auquel elle participe ; la nécessité de scolariser l’enfant dans une autre commune du fait des obligations professionnelles de ses parents et de l’inexistence d’un service de garde et de restauration ; la nécessité de scolariser l’enfant dans une autre commune pour des raisons médicales ; enfin, la scolarisation d’un frère ou d’une sœur dans la commune d’accueil.</p>
<p>Sur le premier point, monsieur le ministre, vous nous avez apporté un éclaircissement nécessaire en précisant que la notion de regroupement pédagogique intercommunal n’a de sens que dans le cadre d’un établissement public de coopération intercommunale. Elle ne s’applique donc à un regroupement pédagogique intercommunal que s’il est adossé à un EPCI.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant à la notion de fratrie, nous avons appelé votre attention sur la nécessité de la définir précisément, dans les décrets d’application,…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay.</span> C’est nécessaire !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yvan Lachaud.</span> …puisque l’évolution de la société, marquée par le développement des foyers monoparentaux et des familles recomposées, l’a rendue plus floue.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Michel Ménard</span>. Il va falloir pratiquer des tests ADN !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany</span>. Allons donc ! Vous savez bien que ce n’est plus d’actualité !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yvan Lachaud</span>. Il paraît essentiel d’imposer aux communes des obligations claires et d’assurer aux écoles privées des financements garantis. C’est pourquoi nous avons affirmé notre volonté de n’apporter notre soutien qu’à un texte légitime et équilibré, comme celui qui nous est présenté. Il permet en effet de respecter pleinement la parité en construisant deux régimes de financement parallèles, propres l’un au public, l’autre au privé.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Nouveau Centre votera la proposition de loi, en espérant que la clarification des relations entre les écoles primaires sous contrat et les écoles primaires publiques permettra de restaurer un apaisement nécessaire, et de traiter équitablement tous les enfants de la nation, quelle que soit l’école qu’ils fréquentent, que leurs parents ont encore le droit de choisir. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président.</span> La parole est à M. Jacques Grosperrin.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Grosperrin.</span> Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, grâce à cette proposition de loi, nous avons aujourd’hui l’opportunité de mettre un terme à ce que notre rapporteur, Frédéric Reiss, a qualifié à juste titre de « feuilleton juridique et politique lié à l’interprétation de l’article 89 de la loi du 13 août 2004 ».</p>
<p style="text-align: justify;">Nous voilà en mesure de clore définitivement un chapitre de notre vie démocratique qui n’a entraîné que des débats partisans, au mépris de ce qui constitue l’essence même de notre mandat de députés : la protection des citoyens. La loi doit viser, non à protéger des intérêts particuliers ou une idéologie, si respectable soit-elle, mais à servir le plus grand nombre, l’intérêt général qui dépasse toujours les intérêts particuliers. Dans les textes que nous élaborons, faute d’atteindre toujours notre but, notre devoir est du moins de ne pas nuire et de ne pas créer d’inégalités. Tel est bien l’enjeu de ce débat.</p>
<p style="text-align: justify;">Il concerne 300 000 élèves non résidents en France. Si l’on compte leurs parents, ce sont près d’un million de nos concitoyens qui attendent de nous, non que nous menions un débat théorique ou d’arrière-garde, plein de disputes ou d’excès, mais que nous mettions enœuvre des solutions pratiques qui les aident dans leur vie de tous les jours.</p>
<p style="text-align: justify;">Monsieur le ministre, vous avez très justement rappelé, jeudi 24 septembre, en visitant deux établissements privés sous contrat d’association avec l’État en Seine-Saint-Denis – le groupe scolaire catholique de l’Assomption à Bondy et le groupe scolaire juif de l’Alliance aux Pavillons-sous-Bois – que 20 % des élèves scolarisés le sont dans des établissements privés. Dans notre pays, un enfant sur cinq est donc accueilli dans un établissement sous contrat. Or environ 35 % des enfants scolarisés dans le privé sont des élèves non résidents. C’est dire que nous débattons aujourd’hui du sort, de la quiétude et de la sécurité juridique d’un nombre important de nos concitoyens.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous ignorons quelle est la sensibilité politique de leurs proches et quel bulletin ils mettront dans l’urne aux prochaines élections.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yvan Lachaud</span>. Bien sûr !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Grosperrin</span>. Cela n’a d’ailleurs aucun intérêt. Mais notre devoir est d’apporter une solution aux difficultés qu’ils rencontrent. L’heure n’est plus aux joutes verbales mais à une action concrète qui relaiera toutes celles que nous menons avec nos concitoyens dans nos circonscriptions respectives. Ne parlons donc pas de remise en cause du service public de l’éducation ni même de suppression de postes : il s’agit seulement de mettre en place un dispositif assurant la parité pour tous.</p>
<p style="text-align: justify;">La loi Debré du 31 décembre 1959 a en effet posé entre l’enseignement public et l’enseignement privé un principe de parité qui, nous l’avons souvent rappelé, a été réaffirmé par les accords Lang-Cloupet de 1992. Parce que ce principe a été régulièrement battu en brèche, la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales a rendu obligatoire la participation aux frais de fonctionnement en étendant aux écoles privées sous contrat la procédure de règlement des conflits prévue pour les écoles publiques. Cependant, parce que l’article 89 n’a pas posé de conditions à la contribution de la commune de résidence pour les écoles privées, des problèmes d’interprétation ont surgi. À l’évidence, les circulaires de 2005 et de 2007 ne suffisaient pas pour que le dispositif soit appliqué à tous.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelles que soient nos idées et notre appartenance politiques, nous ne pouvons accepter qu’une loi ne soit pas appliquée uniformément à tous nos concitoyens, que son universalité soit violée par les uns ou par les autres et que, de ce fait, un élève soit traité différemment en fonction de la commune dont il est l’administré. Il est grand temps de faire respecter pour tous le principe constitutionnel de la liberté de l’enseignement.</p>
<p style="text-align: justify;">La commission des affaires culturelles, familiales et sociales a eu à cœur de trouver une solution de compromis, et le Sénat a adopté le texte qui nous est soumis.</p>
<p style="text-align: justify;">La problématique est somme toute très simple. Bien que nous ayons calqué le régime de financement des classes élémentaires sous contrat d’association sur celui des classes élémentaires publiques, en vertu du fameux article L. 442-5 du code de l’éducation, et que, parallèlement, le problème du financement des dépenses de fonctionnement relatives à la scolarisation d’enfants domiciliés dans une autre commune que celle où est implantée l’école ait été abordé à l’article L 212-8 du code de l’éducation, aucun dispositif analogue n’a été prévu dans tous les cas pour les établissements sous contrat.</p>
<p style="text-align: justify;">De ce fait, on se heurte à deux écueils : l’absence de procédure de médiation ou de résolution des litiges en cas de désaccord entre deux communes, et l’absence de moyen juridique et coercitif pour imposer à une commune de respecter ses engagements financiers liés à la participation, lorsqu’elle en a pris.</p>
<p>L’article 89 de la loi du 13 août 2004 est venu résoudre ces difficultés mais, voulant trop bien faire, nous n’avons pas exposé de manière suffisamment explicite que le principe de la contribution des communes devait s’appliquer avec les restrictions qui ont cours dans toutes les écoles publiques.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard</span>. C’est juste !</p>
<p>M. Jacques Grosperrin. Une lecture objective des circulaires du 2 décembre 2005 et du 27 août 2007 ne suffisant pas à assurer une solidité juridique réelle, il nous a paru opportun d’ouvrir un véritable débat et de garantir par un texte minutieusement élaboré l’avenir juridique de ce type de situation.</p>
<p style="text-align: justify;">Au cœur du dispositif, deux problèmes suscitent nombre de débats.</p>
<p style="text-align: justify;">Le premier concerne évidemment l’autorisation préalable du maire de la commune de résidence. II faut rappeler que, si cette autorisation est requise pour la scolarisation dans un établissement public, elle n’est pas nécessaire pour les élèves scolarisés dans des établissements privés. Certains nous interrogent donc sur cette rupture d’égalité entre écoles privées et publiques. (« À juste titre ! » sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">Le second problème est relatif à la notion de fratrie. L’article L. 212-8 du code de l’éducation édicte une obligation de participation financière dans trois cas de figure, notamment « l’inscription d’un frère ou d’une sœur dans un établissement scolaire de la même commune ». Le nouveau texte, même s’il prévoit quatre cas, reprend ces dérogations et réaffirme le caractère obligatoire de la contribution de la commune.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce qui concerne la fratrie, les nouvelles dispositions prévoient le cas où la scolarisation de l’élève dans une autre commune trouve son origine dans l’inscription d’un frère ou d’une sœur dans la même commune. Mais doit-on inclure dans la fratrie la famille recomposée ?</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Et les cousins ?</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Grosperrin</span>. Monsieur le ministre, je vous remercie de répondre à ces deux questions.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le reste, je considère en conscience que la proposition de loi saura aplanir les difficultés rencontrées par nos concitoyens. C’est pourquoi je vous demande, mes chers collègues, de l’adopter immédiatement pour que, la nouvelle rentrée scolaire devant générer irrémédiablement de nouvelles inégalités, ses dispositions bénéficient rapidement au plus grand nombre. (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président</span>. La parole est à M. Jean Glavany.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany</span>. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, dans l’histoire déjà longue et tumultueuse des relations entre l’État et l’enseignement privé, l’article 89 de la loi du 13 août 2004 aura fait couler beaucoup d’encre et de salive.</p>
<p style="text-align: justify;">Permettez-moi, à ce stade de nos travaux, une simple remarque méthodologique pour en appeler à la sagesse collective. Tâchons d’éviter que des initiatives individuelles brouillonnes n’aboutissent à des dispositions législatives aux conséquences incommensurables, sans qu’aucune évaluation globale suffisante ait été entreprise. Hier, nous avons tiré un chèque de plusieurs centaines de millions d’euros sur les collectivités locales au profit de l’enseignement privé, après avoir permis qu’une secte soit récemment amnistiée. (Protestations sur les bancs du groupe UMP. – Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste.</span> Ce n’est pas le même style !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany.</span> Mais c’est la même chose : les initiatives individuelles sans évaluation collective produisent les mêmes résultats.</p>
<p>Depuis 2004, nous n’avons pas cessé d’alerter la majorité, l’Association des maires de France et le Gouvernement sur les conséquences dramatiques pour les communes, notamment les petites communes rurales, de l’article 89 de la loi du 13 août 2004. Je me souviens avoir défendu dans cet hémicycle, au nom du groupe socialiste, à l’automne 2007, une proposition de loi visant à abroger purement et simplement cet article. Que n’ai-je entendu alors ! D’après le porte-parole de l’UMP – il s’agissait de M. Guy Geoffroy –, les socialistes n’avaient rien de plus urgent à faire, en période de crise, que de raviver la guerre scolaire.</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, ils essayaient simplement d’appeler votre attention sur une disposition législative aux conséquences néfastes, pour pouvoir la corriger ensemble.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, on la corrige, à l’initiative de l’Association des maires de France, dont le président, que je salue, avait pris l’engagement devant le bureau, il y a plusieurs années déjà, de tout faire pour cela. Vous pourriez donc me dire : « Vous devez être content, monsieur Glavany, l’article 89 est abrogé. On a pris conscience du problème. » Je suis content qu’il soit abrogé, même si je ne suis pas trop content de moi d’avoir mis tant d’années à vous convaincre – je pensais y parvenir plus vite. Et je suis content qu’on prenne enfin le problème à bras-le-corps.</p>
<p style="text-align: justify;">En même temps, je ne suis pas satisfait, pas plus que ne le sont mes collègues socialistes, qu’une fois de plus la droite prenne prétexte de cette rectification pour faire pencher le balancier du mauvais côté…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard</span>. Mais non !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Grosperrin</span>. C’est quoi, le mauvais côté ?</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany</span>. …qui n’est pas celui de l’équilibre.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, depuis le début de la discussion, vous n’avez qu’un mot à la bouche, celui de parité. Ce mot, je le conteste formellement ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.) Et je le conteste d’abord du point de vue constitutionnel, car la Constitution ne protège pas la parité entre les groupes, elle protège l’égalité entre les citoyens. (« Très bien ! » sur les bancs des groupes SRC et GDR.) C’est en raison de cet obstacle que nous avions dû, il y a quelques années, modifier la Constitution pour introduire la parité entre hommes et femmes. Cela devrait vous faire réfléchir. En effet, en raison de ce principe de parité, le dispositif que vous faites adopter aujourd’hui, monsieur le ministre, est fragile sur le plan constitutionnel. Y aura-t-il ou non un recours de la part des parlementaires ? Nous verrons. Mais il y en aura forcément un, et plus vite que vous ne le croyez, puisque désormais les citoyens peuvent demander devant les juridictions la saisine du Conseil constitutionnel – ce qu’ils ne vont pas manquer de faire. Et puisque vous ne tenez pas compte des avertissements que nous vous lançons à ce stade, je crains bien que nous ne soyons obligés de nous retrouver très vite pour corriger ce caractère anticonstitutionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette parité, je la conteste également dans ses modalités telles que vous les mettez en place. Mme Delaunay et M. Durand l’on dit : vous parlez de parité, mais vous vous gardez bien de la mettre en œuvre, notamment en ce qui concerne l’accord préalable du maire. Cet accord est requis pour le public, il ne l’est pas pour le privé : où est la parité ?</p>
<p>Cette parité, je la conteste enfin comme l’a fait M. Desallangre en me référant au préambule de la Constitution de 1946 : « l’organisation de l’enseignement public gratuit et laïc à tous les degrés est un devoir de l’État ». Mais pour remplir ce devoir, on fait preuve de plus ou moins de volonté politique. Et, monsieur le ministre, je vous ai déjà interpellé, aimablement, à ce sujet : vous remplissez ce devoir d’État à géométrie variable. Si vous donniez aujourd’hui à l’éducation nationale tous les moyens dont elle a besoin pour assumer cette tâche, (« Bien sûr ! » sur les bancs des groupes SRC et GDR.) si la lutte contre l’échec scolaire était une vraie priorité, si le combat contre la reproduction des inégalités sociales et de la ségrégation par l’institution était mené efficacement, nous pourrions baisser la garde. Mais tout ce que nous voyons va dans le sens opposé. Cela nous inquiète beaucoup et nous rend extrêmement vigilants.</p>
<p>Monsieur le ministre, pour faire face à ce devoir d’État, chaque responsable politique définit ses priorités. Le principe de parité va brider ceux d’entre eux qui voudraient donner la priorité à l’éducation nationale au nom de leurs convictions. Vous, vous faites l’inverse, vous favorisez l’enseignement privé. Lors de la dernière rentrée, vous avez supprimé un poste pour deux élèves dans l’enseignement public et un poste pour trois élèves dans l’enseignement privé. C’est cela que vous appelez la parité ? Il en va de même des créations de postes.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay.</span> C’est la parité : une blanche vaut deux noires !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany.</span> Cette année, le privé, avec 3700 élèves de plus, a bénéficié de la création de 93 équivalents temps plein, soit un poste pour 39 élèves ; le public, avec 59 700 élèves de plus, a eu 160 équivalents temps plein, soit un pour 357.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. C’est révélateur.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany.</span> C’est parce que, dans la gestion quotidienne, vous ne mettez pas en œuvre ce principe de parité que je conteste…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Très juste.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany.</span>… que nous serons vigilants. Je le répète : nous nous retrouverons tôt ou tard pour corriger le dispositif anticonstitutionnel que vous mettez en place. (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président</span>. La parole est à M. Jacques Pélissard.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard.</span> Au commencement, ce fut une affaire d’Auvergnats. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Michel Ménard.</span> Quand il y en a un, ça va, c’est quand il y en a beaucoup que les problèmes commencent !&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard.</span> Non un auvergnat isolé, mais plusieurs maires, dont le village n’a pas d’école et qui, soucieux des fonds publics, dirent à leurs administrés : « Ne mets pas tes enfants dans une école publique voisine, car on va le facturer à notre commune, mets-les plutôt dans une école privée. ». D’autres maires, dont les communes possèdent des écoles publiques, s’aperçurent du déséquilibre de la situation que créait ce flux d’élèves vers les écoles privées. Intervint alors un dernier acteur, un sénateur auvergnat lui aussi, que je connais bien, et qu’on ne peut pas suspecter de cléricalisme aigu, mais qui est un vrai porteur, au sens noble, de la valeur de laïcité, valeur de la République. Il rédigea un amendement qui devint l’article 89 de la loi du 13 août 2004. Sa réaction aboutit à un texte un peu maximaliste et à toute une série de difficultés.</p>
<p style="text-align: justify;">Très rapidement, dans tous les départements de France, les associations de gestion des établissements privés se mirent à adresser aux maires des demandes de prise en charge, voire directement des factures, pour des élèves qui fréquentaient leurs établissements, contournant ainsi le nécessaire filtrage par le préfet. Très vite également, l’Association des maires de France alerta les ministres de l’éducation nationale et de l’intérieur. Sous l’égide de ce dernier et du directeur de cabinet, M. Guéant à l’époque, nous avons entamé une négociation et, le 16 mai 2006 ? nous sommes parvenus à un accord équilibré. Celui-ci a ensuite été repris dans une instruction du ministre de l’intérieur aux préfets.</p>
<p style="text-align: justify;">Je résume cet accord. Une commune qui n’a pas d’école publique verse une participation pour la scolarisation d’un enfant dans une école publique voisine, en application de la loi Chevènement du 21 janvier 1985 ; en application de l’amendement Charasse, si elle a des enfants scolarisés en vertu du libre choix des parents, elle doit verser une participation également à l’école privée. Dans le cas d’une commune sans école publique sur son territoire, il y a donc parité ou égalité, peu m’importe le terme, en tout cas approche équilibrée entre le public et le privé. Prenons maintenant le cas d’une commune qui a une école publique sur son territoire. Vous le savez, monsieur le ministre, les maires se passionnent pour leurs écoles, investissent, les équipent désormais en informatique, construisent même des logements sociaux pour y faire venir des enfants. Dans la proposition de M. Carle, traduisant le protocole d’accord du 16 mai 2006, ces communes n’ont pas à payer pour les enfants scolarisés dans une école publique d’une autre commune sauf dans les trois cas prévus par l’article L 212.8 du code de l’éducation nationale et – c’est là une grande avancée que je souligne à l’intention de nos collègues de gauche – elles ne payent pas non plus pour la scolarisation d’enfants dans une école privée d’une autre commune, sauf dans les mêmes cas d’exception. C’est une approche équilibrée qui permet de soutenir cette proposition.</p>
<p style="text-align: justify;">L’AMF a indiqué à plusieurs reprises que ce texte était nécessaire et correspondait à son attente. Son bureau comporte 36 membres : 18 de droite et 18 de gauche. Nous nous efforçons de dégager des consensus et des convergences en son sein. Ce texte a été passé au crible et le bureau de l’AMF, dans sa diversité, a donné son accord sur l’équilibre qu’il instaure.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce texte, dis-je, était nécessaire. Il y a bien eu des instructions ministérielles aux préfets, différentes circulaires. Mais on ne peut modifier une loi par circulaire. L’accord du 16 mai 2006 restait en quelque sorte dans l’apesanteur juridique. Pour modifier l’article 89 de la loi du 13 août 2004, il fallait une disposition législative. Nous l’avons dit à votre prédécesseur à plusieurs reprises. Finalement, nous avons bénéficié du « concours » du tribunal administratif de Dijon qui, le 28 février 2008, a décidé qu’une circulaire ne pouvait entraver l’application de la loi et a donc imposé à la commune de Semur-en-Brionnais de participer aux frais de scolarisation d’un enfant dans une école privée de la commune de Marcigny. Ce jugement a inspiré à M. Carle sa proposition de loi, que le Sénat a votée le 10 décembre 2008 à l’unanimité avec l’abstention du seul groupe communiste.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce texte apporte une solution équilibrée qui met fin à une phase de contentieux. Sachez que cet été, j’ai reçu cinq recours contre la ville de Bron émanant d’associations de gestion d’établissements privés. Par ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Lyon du 19 juillet 2009, ces recours ont été rejetés pour défaut d’urgence. Mais tous les maires sont exposés à ce risque de contentieux et il fallait absolument sortir de cette situation.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Michel Ménard.</span> Il suffit de voter l’article 3, à l’exclusion des autres !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard.</span> La proposition respecte également le principe fondateur du libre choix des parents de scolariser leurs enfants dans le public ou le privé. C’est donc un principe d’équité, d’égalité de traitement s’agissant des dépenses de fonctionnement, tandis que, bien entendu, les dépenses d’investissement sont à la charge des communes pour les seules écoles publiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce texte de compromis et d’équilibre permet de résoudre une série de difficultés et d’apaiser les inquiétudes des maires en cette période de rentrée scolaire. Ils l’attendaient et je vous demande de le voter. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président</span>. La parole est à Mme Marie-Odile Bouillé.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Marie-Odile Bouillé.</span> Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, notre débat est profondément politique car il s&#8217;agit de légiférer sur les liens historiques et, j&#8217;oserai dire, organiques qui unissent la commune et l&#8217;école.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces liens sont en permanence menacés par des attaques répétées de groupes d&#8217;intérêt communautaristes ou adeptes de la privatisation de l&#8217;école, qui veulent mettre en concurrence l&#8217;enseignement public et l&#8217;enseignement privé. Disons-le d’entrée de jeu sans ambiguïté : nous refusons cette logique marchande de l’éducation.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, elle aurait pour conséquence l&#8217;effacement de la spécificité de l’enseignement public, et nous risquerions de voir s’instaurer la décentralisation de l’éducation au niveau des régions et l&#8217;accroissement des inégalités entre les enfants. Le comble serait atteint si l’État se faisait le complice de cette logique et que la loi favorisait clairement le financement des écoles privées. À ce titre, le récent décret concernant l’accord relatif aux diplômes universitaires signé entre le Vatican et l&#8217;État français est un coup bas de plus contre l&#8217;enseignement public.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Excellent rappel !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Marie-Odile Bouillé.</span> Quant à l&#8217;enseignement privé – rappelons que, dans notre pays, il est quasi exclusivement catholique –, une étude européenne a révélé, il y a quelques années, que c’était en France que son financement était le mieux assuré.</p>
<p style="text-align: justify;">Or l’article 89 de la loi de 2004 est l’une des raisons, parmi d&#8217;autres, de cet enrichissement. Cela explique sans doute la colère de certaines autorités catholiques à l&#8217;idée de voir cet article abrogé.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, non : privé et public ne sont pas la même chose. Les publics accueillis ne sont pas les mêmes et les valeurs ne sont pas les mêmes. Certes, le choix de mettre son enfant dans une école privée revient aux parents, mais il n&#8217;est en aucun cas acceptable qu’il en résulte une obligation de financement pour une commune. Ce serait ni plus ni moins que la négation du principe constitutionnel de libre administration des collectivités locales.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce serait aussi bafouer le principe de l&#8217;égalité des citoyens. En effet, l&#8217;élève de l&#8217;école publique qui souhaite s’inscrire dans une école publique située dans une autre commune que celle où il réside doit obtenir l&#8217;accord de cette dernière alors que l’élève d’une école privée n’a nul besoin de cet accord préalable : quelle iniquité ! L&#8217;article 89 a donc créé une situation de concurrence déloyale entre le public et le privé, au profit de ce dernier. En effet, si la loi Carle nous propose un habillage de l’obligation de financement en la restreignant à quatre cas, elle ne prévoit pas d’accord préalable de la commune de résidence.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous ne voulons pas de ces aménagements à la marge qui ne règlent en rien les différences de traitement que l&#8217;État continue d’opérer au profit de l&#8217;école privée. Ce que nous voulons, c&#8217;est l&#8217;abrogation pure et simple de l’article 89 ! (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président.</span> La parole est à M. Christian Vanneste.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany</span>. Il va nous parler de laïcité : on en rigole d’avance !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste.</span> Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, le but de l&#8217;école n&#8217;est pas l&#8217;école. Ce sont les élèves, leur formation, leur épanouissement. C&#8217;est la nation, son avenir et son adaptation aux évolutions du monde.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Grosperrin</span>. C’est vrai !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste</span>. L&#8217;école n&#8217;est qu&#8217;un moyen que nous devons rendre plus propre à atteindre ces deux objectifs.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme le disait Deng Xiaoping : « Peu importe qu&#8217;un chat soit noir ou gris s&#8217;il attrape les souris. » Dès lors qu&#8217;un établissement scolaire remplit sa fonction, qu&#8217;il soit public ou privé a peu d&#8217;importance. Le caractère propre est un choix des consciences. La qualité pédagogique est l&#8217;essentiel pour le service public auquel, je vous le rappelle, l’enseignement privé sous contrat est associé. Je suis d’ailleurs totalement d’accord avec les propos de M. Durand à ce sujet.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand.</span> Seulement à ce sujet ! (Sourires sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Les programmes et le niveau de formation des maîtres sont désormais les mêmes. Mais, par le passé, lors de la scolarisation des générations du baby-boom, l&#8217;État a bénéficié des qualités pédagogiques acquises par la pratique des maîtres du privé, mal rémunérés et, aujourd&#8217;hui encore, victimes de la disparité des retraites.</p>
<p style="text-align: justify;">Liberté et égalité, les deux premiers principes de la République ne sont qu&#8217;imparfaitement réalisés à l&#8217;école.</p>
<p style="text-align: justify;">La liberté de l&#8217;enseignement a pourtant été reconnue par le Conseil constitutionnel, le 23 novembre 1977, et si la liberté est un droit, c&#8217;est aussi un atout. Les parents sont le mieux à même de choisir l&#8217;école qui convient à leurs enfants, tout comme une école libre de choisir sa ligne pédagogique sera plus capable qu’une autre de s&#8217;adapter au terrain. Mais cette liberté est niée dans les faits par la toise absurde des 20 % qui, j’insiste sur ce point, empêchera à coup sûr que se produise l’exode vers l’école privée dont certains parlaient tout à l’heure. Elle est également niée par l’étrange contradiction entre les lois Falloux, Goblet et Astier, source d’inégalités pour les écoles et les familles en matière d&#8217;investissement. Enfin, elle est remise en cause par les limites de la prise en charge des élèves scolarisés en dehors de leur commune de résidence.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette liberté est aussi insuffisante dans l&#8217;enseignement public, qui devrait bénéficier de plus d&#8217;autonomie pour les établissements, de la généralisation et du renforcement du chef d&#8217;établissement. (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.) Si l&#8217;enseignement privé est surtout privé de moyens, l&#8217;enseignement public a besoin de liberté et d&#8217;autorité. L&#8217;excellente idée d&#8217;un chèque-éducation pourrait rendre réelle une liberté aujourd’hui virtuelle. (« Et voilà ! Nous y sommes ! » sur les bancs du groupe SRC)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pascal Deguilhem</span>. C’est l’enseignement à la carte !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste</span>. Chaque famille, munie de ce chèque, choisirait son école, qui disposerait des deniers publics en proportion des inscrits. (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.)</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand.</span> M. Vanneste ose dire tout haut ce que la droite pense tout bas.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Michel Ménard</span>. Cela a le mérite de la clarté !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste</span>. Cette méthode idéale se heurte à des réalités : le maintien nécessaire de l&#8217;équilibre des emplois et des investissements, et la difficulté d&#8217;harmoniser les interventions des collectivités, entre elles, et avec les vœux des parents. Cette tâche serait facilitée si une seule collectivité, la région par exemple, avait seule compétence en matière de formation.</p>
<p>Mais, pour l&#8217;heure, nous en sommes à chercher un équilibre légitime, non entre le public et le privé, mais entre la liberté d&#8217;enseignement et les intérêts de la gestion communale.</p>
<p>Avant l&#8217;amendement Charasse, un élève scolarisé dans le privé hors de sa commune de résidence, ne pouvait exiger le soutien financier de celle-ci. Cette commune pouvait à la fois contrarier le libre choix de l&#8217;école et en tirer avantage ; elle pouvait percevoir l&#8217;impôt sans rendre le service ! L&#8217;enseignement privé est souvent une bonne affaire pour les deniers publics : un élève du privé pèse davantage dans le budget des familles et moins sur les finances publiques. Ces dernières ignorent la majorité des investissements de l’école privée, d’ailleurs étrangement moins lourds pour le même service.</p>
<p>La démarche du sénateur Charasse était donc rationnelle : il souhaitait mettre un terme à l&#8217;abus d&#8217;un certain nombre de maires de communes de résidence qui incitaient les familles à envoyer leurs enfants à l&#8217;école privée de la commune voisine pour éviter le paiement de la participation.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant une réticence illégitime, mais compréhensible, a perduré après le vote de l&#8217;article 89 de la loi de 2004 et nous conduit au compromis d&#8217;aujourd&#8217;hui. Celui-ci acte la prévalence de l&#8217;intérêt communal sur la liberté de choix puisque celle-ci est limitée. Si le plafonnement au coût d&#8217;un élève scolarisé dans le public, activités périscolaires non comprises, paraît justifié, la capacité d&#8217;accueil demeure, en revanche, un obstacle à la liberté de choix, puisqu&#8217;elle fonde l&#8217;accord du maire. En 1985, le Conseil constitutionnel avait pourtant rappelé qu&#8217;il n&#8217;appartenait pas aux collectivités de s&#8217;opposer au libre choix de l&#8217;école. Le petit nombre des contentieux, et une interprétation large des motifs de dérogation, professionnels, familiaux et médicaux, doivent cependant nous rendre confiants.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce texte est un compromis entre deux thèses : celle de la liberté de choix de l&#8217;école et celle de la prévalence de l&#8217;intérêt communal. Les arguments en faveur de cette dernière sont parfois mauvais – c’est le cas de la libre administration des collectivités publiques – et parfois bons. Je pense au risque de ghettoïsation ou à la question de la surcapacité des moyens, cités par Pierre Cardo. (« Ah ! » sur les bancs des groupes SRC et GDR.) Cette proposition de loi voit donc le principe de la liberté amendé par le réalisme.</p>
<p style="text-align: justify;">L’égalité est un autre principe essentiel qui continuera à être négligé. Dans le meilleur cas, les parents qui optent pour le privé ne pourront le faire que dans la limite des 20 % octroyés, et dans des locaux dont l&#8217;investissement sera à leur charge, y compris pour les dépenses que la loi rend obligatoires, comme celles relatives à l&#8217;accès aux handicapés.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes donc très loin de la parité, mais aussi très loin de la guerre scolaire parfois évoquée par certains avec une évidente nostalgie. (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.) Mais je remarque qu’ils sont, Dieu merci, de moins en moins nombreux.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Dieu merci !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand.</span> M. Vanneste veut sauver la France au nom du Sacré-Cœur !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président.</span> La parole est à Mme Sylvia Pinel.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Sylvia Pinel</span>. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, la proposition de loi que nous examinons est à la fois technique et profondément symbolique. Permettez-moi de m&#8217;attarder sur ces deux aspects.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2004, le sénateur Charasse avait déposé un amendement, dont l&#8217;intention initiale était d’éviter que les maires de certaines communes rurales n’encouragent les enfants d&#8217;âge scolaire à fréquenter les écoles privées des communes avoisinantes pour lesquelles ils ne payaient pas de contribution. L&#8217;application, que je qualifierais d’abusive, de cette disposition aboutit, à l&#8217;inverse, à rendre obligatoire une ancienne possibilité de contribution au financement des écoles privées, hors du territoire de la commune, précédemment fixée par voie conventionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon ceux qui défendent cette proposition de loi, elle vise à mettre fin à un flou juridique né de cette interprétation de l’article 89 de la loi du 13 août 2004. Les promoteurs du texte proclament même qu&#8217;avec lui il sera mis un terme à une inégalité de traitement entre les établissements publics et les établissements privés sous contrat d&#8217;association.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela est malheureusement faux, et ce texte porte en lui deux écueils majeurs. Tout d’abord, si elle réduit le déséquilibre né de la loi du 13 août 2004, cette proposition de loi est loin d’y remédier. Ensuite, un second écueil réside précisément dans le fait que ce texte sanctuarise ces inégalités.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, je me permets d&#8217;évoquer à cette tribune d&#8217;autres déséquilibres entre le public et le privé sous contrat. Les établissements publics et privés sous contrat d&#8217;association remplissent des missions de service public : c&#8217;est un fait. Je note néanmoins que les premiers sont les seuls à le proposer gratuitement, et cela, depuis les lois Ferry. Je note également que seuls les établissements privés pratiquent la sélection des élèves.</p>
<p style="text-align: justify;">Entre une école gratuite et une autre payante ; entre une école de toutes les filles et tous les fils de la République, et une école de certains, devrait-il y avoir un traitement identique de la part des pouvoirs publics ? Je ne le pense pas. Devrait-on faire courir à notre école publique une course à handicap ? Au contraire, il me semble qu’elle devrait être privilégiée.</p>
<p style="text-align: justify;">Finalement, ces éléments pourraient, à eux seuls, justifier que l&#8217;obligation de financement par les communes de résidence ne s&#8217;applique que pour les établissements publics.</p>
<p style="text-align: justify;">Si les modalités de ce texte sont techniques – et rendues plus complexes encore si l&#8217;on y ajoute les EPCI des regroupements pédagogiques intercommunaux et le mécanisme de calcul des contributions –, ses implications sont, quant à elles, éminemment symboliques.</p>
<p style="text-align: justify;">Imaginez, chers collègues, un village rural français dont l’école vient d’être fermée en raison du manque d&#8217;élèves et, comme c’est souvent le cas, du désengagement de l&#8217;État. Voici que cette commune se trouverait dans l’obligation de financer l’école privée qui, de surcroît, se trouve dans du village voisin ! C’est la triple peine !</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne s&#8217;agit pas de remettre en cause la liberté d&#8217;enseignement – comme vous, j&#8217;y suis attachée –, mais nous devons nous interroger sur les orientations que nous voulons donner au service public français de l&#8217;éducation.</p>
<p style="text-align: justify;">« Il ne faut pas rallumer la guerre scolaire », nous disent les initiateurs du texte, et je souscris à leurs propos. Dans ce but, évitons donc les réformes qui soufflent sur ces braises. Une solution simple et vraiment équilibrée serait de supprimer purement et simplement l’article 89 afin de revenir à la situation antérieure à la loi d’août 2004 et de ne pas remettre en cause le principe de libre administration des collectivités locales.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, les débats parlementaires m&#8217;ont permis de noter l&#8217;absence d&#8217;un terme devenu tabou. Dans les textes, dans les rapports, dans les argumentaires, il n&#8217;est jamais fait mention de la laïcité. Si la « laïcité positive » consiste à occulter la laïcité, il faudrait songer à changer cette épithète.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;article 1er de notre Constitution ne proclame-t-il pas : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale » ? Pour les radicaux de gauche, cette proposition de loi constitue la dernière attaque contre le principe de laïcité.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Marcel Rogemont</span>. Si seulement c’était la dernière !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Sylvia Pinel.</span> Elle fait suite à la reconnaissance, en catimini, de l&#8217;équivalence des diplômes délivrés par les établissements d&#8217;enseignement supérieur catholique et – je n&#8217;y reviens pas – au dramatique discours de Latran. Je le qualifie de dramatique, tant il est une insulte à la laïcité, car, pour nous, l&#8217;instituteur remplace avantageusement le curé dans la transmission du savoir et dans l&#8217;éducation citoyenne de nos enfants. (Très bien ! sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">Or l&#8217;on constate que petit à petit, loi après loi, le Gouvernement déconstruit et saccage notre bel édifice républicain, au mépris de nos valeurs, au mépris de l&#8217;histoire et des luttes qui ont permis son édification.</p>
<p>Sous des vernis techniciens, cette proposition de loi nous montre, s&#8217;il le fallait, qu&#8217;aujourd&#8217;hui encore, la République reste à construire.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Grosperrin</span>. Le privé, c’est aussi la République !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Sylvia Pinel</span>. Au nom de cette conception de la République, laïque et sociale, solidaire et humaniste, nous demandons l’abrogation de l’article 89 de la loi du 13 août 2004 et le retrait des autres articles de cette proposition de loi. Pour toutes ces raisons, les députés radicaux de gauche et apparentés voteront contre ce texte. (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président.</span> La parole est à Mme Martine Pinville.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Martine Pinville</span>. Monsieur le président, monsieur le ministre, chers collègues, La proposition de loi que nous examinons poursuit un double objectif. Il s&#8217;agit de reconnaître, de fait, une mission de service public aux écoles privées, qui sont pourtant des structures n’ayant pas les mêmes obligations que les écoles publiques, et de contraindre les communes à financer des écoles privées situées en dehors de leur territoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, cette proposition de loi, si elle devait être adoptée, poserait deux problèmes majeurs. Elle instaurerait un libre marché scolaire au détriment de l&#8217;enseignement public laïc auquel nous sommes nombreux à être attachés, et elle remettrait en cause la libre administration des communes en n’offrant pas au maire la possibilité de refuser préalablement un accord de financement.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis son adoption, l’article 89 de la loi du 13 août 2004 n’a cessé de faire débat. En effet, jamais les communes n&#8217;ont pu mesurer les limites de son champ d&#8217;application et donc l&#8217;étendue précise de leurs nouvelles obligations. L&#8217;abrogation de l’article 89 était et demeure nécessaire, et nous aurions dû nous en tenir là. Il nous est au contraire proposé de définir des critères permettant de légitimer l&#8217;accueil des enfants dans une école privée hors de leur commune de résidence et de rendre obligatoire la participation de celle-ci au financement de leur scolarité. Les conditions liées aux obligations professionnelles des parents ou les raisons médicales évoquées dans cette proposition de loi sont des critères sujets à interprétations, quand ils ne sont pas contestables. Je suis prête à le parier : tous ces critères seront, pour certains parents demandeurs, la source d&#8217;arguments abusifs ou erronés.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est utile de rappeler que l&#8217;école publique est et doit rester celle de tous les citoyens. Elle, et elle seule, assume toutes les contraintes de service public :…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Marcel Rogemont</span>. Exactement ! Il est bon de le rappeler !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Martine Pinville</span>. …à savoir la laïcité, qui est un fondement essentiel de la République, l&#8217;obligation d&#8217;accueillir tous les élèves sans conditions morales, philosophiques ou religieuses, ainsi que le principe de gratuité qui, aujourd&#8217;hui peut-être plus que jamais, est pour toutes les familles la garantie d&#8217;un égal accès à l&#8217;école.</p>
<p style="text-align: justify;">Au contraire, la proposition de loi aggravera le dualisme scolaire, en donnant des moyens supplémentaires à l&#8217;enseignement privé dont ne dispose plus l&#8217;enseignement public, soumis qu’il est à des contraintes budgétaires dont nous pourrons évaluer la portée lors de l’examen, dans quelques semaines, du projet de loi de finances pour 2010.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous devons rester vigilants et maintenir un lien fort entre l&#8217;État, les élus d&#8217;une commune et ses habitants. Moi-même élue d&#8217;une petite commune, Balzac, en Charente, je peux témoigner de la volonté de tous mes collègues élus municipaux, à la fois de maintenir une école dans leur commune et de s&#8217;inscrire dans une démarche de regroupement pédagogique intercommunal, afin d’éviter à nos enfants l’exode scolaire vers le chef-lieu de canton ou vers les villes. Or cette proposition de loi entraînera des dépenses d&#8217;éducation supplémentaires pour les communes : les banlieues doivent-elles payer pour les villes et les petites communes pour les petites villes ? À l&#8217;heure où les finances publiques locales sont exsangues, il paraît peu judicieux de leur imposer des charges supplémentaires qui auraient pour conséquence d&#8217;alourdir, à terme, la fiscalité des ménages.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, faciliter la scolarisation des enfants dans des établissements privés hors de la commune de résidence provoquerait l’éclatement scolaire, social et communautaire.</p>
<p>Nous sommes nombreux ici à plaider pour un renforcement des politiques tendant à promouvoir la mixité sociale : ne nous amusons pas à séparer nos enfants dès l&#8217;école primaire mais évertuons-nous, au contraire, à renforcer le lien entre l’ensemble de la jeunesse et la collectivité, seule garante de l&#8217;intérêt général.</p>
<p>Enfin, cette proposition de loi créera, pour toutes les communes, de nouvelles obligations au profit de l&#8217;ensemble des écoles privées implantées dans les communes environnantes. Or les communes concernées n&#8217;auront pas donné leur accord pour le contrat passé entre d&#8217;autres communes, les écoles privées situées sur le territoire de celles-ci et l&#8217;État.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard</span>. Si la commune a une école publique, elle ne paiera pas !</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Martine Pinville. La libre administration des communes, inscrite dans la Constitution, est, de ce fait, remise en cause. C’est le maire, de par la loi, ne l’oublions pas, qui procède à l’inscription des élèves à l’école publique de sa commune et non le directeur de l’école, comme cela se pratique fréquemment. Le maire n’aura donc plus le choix que de se soumettre à la volonté des familles, en vue de satisfaire des intérêts particuliers. Il est indispensable, je le répète, d’abroger l’article 89 de la loi du 13 août 2004. Quant à l’article 1er de la présente proposition de loi, il me paraît inutile et dangereux. (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président.</span> La parole est à M. Pierre Cardo.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Marcel Rogemont</span>. Un autre son de cloche !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany</span>. Pas nécessairement : il ne faut pas désespérer.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pierre Cardo</span>. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, ce texte aurait pu aller au bout de sa logique : tel n’est pas le cas.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est vrai que les textes précédents sont loin de résoudre tous les problèmes, notamment lorsque des maires, pour diverses raisons, refusent systématiquement de régler les frais de scolarité des enfants inscrits dans des écoles privées extérieures à la commune, alors que celle-ci n’a pas la possibilité de les accueillir. C’est sans aucun doute intolérable. Faut-il pour autant voter la proposition de loi telle qu’elle est rédigée ?</p>
<p style="text-align: justify;">Avant de répondre à cette question, nous devons, à mon avis, nous interroger sur la situation actuelle des établissements situés non seulement en milieu rural, mais également dans les banlieues les plus en difficulté.</p>
<p style="text-align: justify;">Je tiens tout d’abord à souligner le fait qu’il n’est pas logique que le maire ne puisse pas donner son avis dans tous les cas de figure, notamment en cas d’inscription d’un enfant dans le privé. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany</span>. Très bien, monsieur Cardo !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pierre Cardo</span>. J’ai décidé de ne participer à aucun bal, que ce soit celui des idéologues ou celui des faux culs ! Je dis ce que je pense sur des sujets qui me paraissent importants à la fois pour l’avenir de l’école et pour celui de la République, qui se trouve, à mon avis, en grande difficulté. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Marcel Rogemont</span>. Nous sommes des idéologues, pas des faux culs !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pierre Cardo</span>. Faites votre choix !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. Il est déjà fait !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président</span>. Laissez M. Cardo s’exprimer.</p>
<p style="text-align: justify;">Poursuivez, mon cher collègue.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pierre Cardo</span>. Si je me contente de rappeler des problèmes déjà existants dans le cadre des textes actuels, est-ce une raison pour que la proposition de loi ne soit pas l’occasion de les résoudre ? Si on doit voter une loi, autant qu’elle soit intelligente !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Marie-Odile Bouillé</span>. Très bien !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pierre Cardo</span>. Nous sommes tous d’accord pour reconnaître que lorsqu’une commune ne peut pas accueillir les enfants, elle doit participer aux frais d’inscription dans des établissements, publics ou privés, situés à l’extérieur de son territoire. Il n’en est pas moins vrai que les dérogations posent de vrais problèmes. Pour être, depuis vingt-six ans, maire d’une commune de banlieue, dans le collège de laquelle j’ai scolarisé mes propres enfants, je peux vous assurer qu’en raison des textes déjà existants le taux des dérogations atteint 60 %. C’est pourquoi je ne saurais être favorable à un texte qui ne prévoit pas les garde-fous nécessaires – ce qu’il aurait dû faire.</p>
<p style="text-align: justify;">Au contraire, en prévoyant qu’on puisse se passer de l’accord du maire et en rendant, pour la commune, la dépense obligatoire, la logique du texte va trop loin !</p>
<p style="text-align: justify;">En ce qui concerne toujours les dérogations,…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Pour convenances personnelles !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pierre Cardo.</span> …n’oublions pas que, pour diverses raisons, un grand nombre d’élèves sont d’ores et déjà dispensés de la pratique du sport ou d’autres activités. Pensez-vous que nous serons d’accord avec des médecins qui, refusant la mixité dans le cadre, notamment, de certaines activités sportives, accepteront de fournir en ce sens des dispenses aux élèves qui le leur demanderont ? Alors que nous nous sommes battus pour l’école laïque, autoriserons-nous de tels dérapages ? Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres !</p>
<p style="text-align: justify;">Une autre disposition est particulièrement dangereuse, celle qui autorise l’inscription d’un enfant dans l’établissement que fréquente son frère ou sa sœur.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Cette disposition existe déjà.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pierre Cardo</span>. Le fait que l’aîné d’une fratrie soit scolarisé dans une école élémentaire privée de la commune voisine permet déjà d’inscrire automatiquement dans le même établissement l’ensemble de la fratrie, mais, de surcroît, la commune d’origine sera désormais obligée de payer ! Ainsi, à partir du moment où l’aîné d’une fratrie sera inscrit dans un établissement privé, sans l’accord de la ville,…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Les autres suivront !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pierre Cardo</span>. …les autres suivront, et si l’aîné a été inscrit sans dérogation, ses frères et sœurs, eux, l’obtiendront.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Marcel Rogemont</span>. Exactement !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pierre Cardo</span>. L’addition de toutes ces dispositions me conduit à penser que le maire devrait au moins être autorisé à donner son avis. Certes, il est nécessaire de prévoir des garde-fous contre les maires qui ne sont pas objectifs – ce pourrait être le préfet ou l’inspecteur d’académie. En revanche, monsieur le ministre, il serait très dangereux de laisser le texte en l’état. La situation est déjà suffisamment préoccupante, du fait que, partout, on annonce l’ouverture de la carte scolaire et que les gens y croient. Or voilà que ce texte, tel qu’il est rédigé, va accroître le flux des départs et donc le nombre de fermetures d’écoles, si bien que, comme c’est du reste déjà le cas, ce sont ceux qui n’auront pas les moyens d’inscrire leurs enfants à l’extérieur de la commune ou la possibilité de se déplacer, qui resteront coincés chez nous. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">Je le répète : cette proposition de loi aurait dû être l’occasion de prévoir des garde-fous permettant de pallier les conséquences des textes antérieurs et de prévenir les effets qu’elle ne manquera pas de provoquer. Tel n’est pas le cas. C’est la raison pour laquelle je ne la voterai pas. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Marcel Rogemont</span>. Si seulement tous pouvaient suivre vos réflexions !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Grosperrin</span>. Il sera le seul !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. Non !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Grosperrin</span>. Il n’y a pas d’idéologues chez nous !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Marcel Rogemont</span>. Première nouvelle !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. le président.</span> Monsieur Rogemont, la parole est à Mme Martine Martinel, et à elle seule.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Martine Martinel</span>. Monsieur le président, monsieur le ministre, madame la présidente de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, monsieur le rapporteur, la proposition de loi que nous examinons est un remède à un vrai problème, avec, toutefois, des effets secondaires redoutables pour l’enseignement public déjà mis à mal. Le principe de parité de la loi Debré entre enseignements public et privé, quelque jugement qu’on porte à son sujet, avait au moins le mérite de ne pas favoriser le privé au détriment du public. Depuis 2007, le Président Sarkozy et le Gouvernement favorisent l’enseignement privé de façon unilatérale. Faut-il rappeler le plan « Espoir banlieues », qui a provoqué la création d’un fonds d’intervention spécifique permettant l’ouverture en banlieue d’écoles privées là où la manne publique devrait servir massivement au financement de l’école publique, laïque, gratuite et obligatoire ?</p>
<p style="text-align: justify;">La proposition de loi du sénateur Jean-Claude Carle, dans son intitulé comme dans sa justification, cherche, au nom de la liberté, à poser un principe de parité de traitement entre les écoles publiques et privées. Or, si nul ne remet en cause la liberté de choisir son école, il revient à l’État d’assurer sa mission républicaine d’excellence de l’enseignement public partout et pour tous.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&#8217;hui, comme l’État se dédouane de ses engagements, les écoles publiques sont fermées dans les communes rurales et on altère méthodiquement les moyens les plus efficaces pour former les enfants et les enseignants. Alors que chacun connaît les défis que l’école a à affronter, les moyens donnés ne seront pas suffisants pour les relever. On ne lui permettra pas, en tout cas, de le faire, en proposant des aménagements censés répondre à un problème d’insécurité juridique, moins important qu’on ne le prétend, ni en laissant la collectivité payer pour des choix qu’elle n’a pas tranchés.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette proposition de loi renforce le risque, déjà évoqué sur tous les bancs, d’une aggravation de l’hémorragie scolaire, provoquée par l’abandon de la carte scolaire. En effet, de nombreux maires, en raison de la réputation des établissements situés sur le territoire de leur commune ou des préjugés qui y sont attachés, voient leur population multiplier les dérogations plus ou moins fantaisistes en vue d’inscrire leurs enfants dans l’établissement d’une autre commune. Ce phénomène est grave car il a des effets dévastateurs : la relégation de la pauvreté dans certaines communes qui en supportent la charge, la diminution de la mixité scolaire et, en prime, la prise en charge, par la commune victime de cette évasion, d’une partie de son coût.</p>
<p style="text-align: justify;">Même si les auteurs de cette proposition de loi veulent, de façon louable, lever l’ambiguïté de l’article 89 de la loi du 13 août 2004, les conséquences de ce texte interdiront toute solution satisfaisante.</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, il y a quelque tartuferie à prôner un enseignement de qualité pour tous et à présenter, comme M. Martin Hirsch lors de son audition devant la commission des affaires culturelles et de l’éducation, la lutte contre l’échec scolaire comme une priorité, quand, dans le même temps, on fait adopter un lundi, en toute discrétion, une proposition de loi qui s’inscrit dans un mouvement de fond en transférant une mission publique au privé, au risque, comme l’a souligné M. Cardo dans le rapport, d’encourager l’évasion scolaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">Monsieur le ministre, il ne s’agit pas, pour reprendre vos propres mots, d’une pétition de principe. Il ne s’agit pas non plus de ranimer la guerre scolaire ou de participer à un quelconque bal des faux culs – je cite M. Cardo. Il s’agit de refuser un texte qui met à mal l’égalité devant l’école, principe auquel tous les républicains que nous sommes sont attachés.</p>
<p>M. Pierre Cardo. Les faux culs sont ceux qui ne scolarisent jamais leurs enfants dans le public.</p>
<p>M. le président. La parole est à M. Pascal Deguilhem, dernier orateur inscrit et qui sera donc un jour le premier au paradis.</p>
<p>M. Marcel Rogemont. Nous défendons la laïcité, monsieur le président, il ne saurait être question de paradis !</p>
<p>M. Pascal Deguilhem. Monsieur le président, monsieur le ministre, madame la présidente de la commission, monsieur le rapporteur, chers collègues, nous arrivons au terme de la discussion générale et, même si on l’a maintes fois rappelé, j’insiste sur le fait que notre priorité reste de mettre fin à nos désaccords sur l’interprétation de l’article 89 de la loi du 13 août 2004.</p>
<p>Aux risques induits par ce flou juridique, nous préférons bien entendu un cadre législatif sûr, juste et équilibré, comme l’a encore rappelé récemment l’arrêt du tribunal administratif de Dijon, qui a mis à mal l’accord conclu entre l’AMF, que vous présidez, monsieur Pélissard, et le secrétariat général de l’enseignement catholique.</p>
<p>Or le présent texte, qui tend à garantir la parité de financement entre les écoles publiques et privées sous contrat d’association lorsqu’elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence, est trop déséquilibré pour être juste.</p>
<p>M. Jacques Pélissard. Quand il n’y a pas d’école !</p>
<p>M. Pascal Deguilhem. Tout à fait.</p>
<p>Le dispositif proposé, adossé au principe de parité, sur lequel je reviendrai, prévoit qu’une commune aura à verser une contribution pour une classe élémentaire d’un établissement privé sous contrat dans tous les cas où elle aurait dû la verser pour une classe du service public d’enseignement.</p>
<p>Cependant, les modalités que vous avez retenues pour encadrer cette obligation de contribution ne sont pas tout à fait les mêmes. Et la différence est importante…</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Marcel Rogemont.</span> Exactement !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Pascal Deguilhem</span>. …car, en instituant une obligation de financement sans accord préalable de la commune de résidence,…</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Marcel Rogemont</span>. Ce n’est pas normal !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pascal Deguilhem</span>. …vous faites une nouvelle concession à l’enseignement privé par la création d’un véritable « chèque éducation », cela dit sans vouloir rallumer une quelconque guerre scolaire. M. Vanneste nous en a donné un aperçu.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le service public, un accord préalable de la commune de résidence doit répondre à des critères dérogatoires définis. Pour le privé, rien de cela : on oblige, sans autorisation préalable, ces mêmes communes de résidence à prendre en charge les exigences des parents qui refusent le service public et scolarisent leurs enfants dans le privé hors de la commune. Au nom de la liberté d’enseignement, on piétine la libre administration des communes.</p>
<p style="text-align: justify;">Jusqu’à présent, le financement des établissements privés résultait d’un contrat passé entre une école, sa commune d’implantation et l’État. Demain, si votre proposition de loi recueille une majorité de voix, pour la première fois les communes de résidence financeront, au titre de la liberté d’enseignement, la scolarité d’enfants fréquentant une école privée hors de leur territoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Votre texte transforme le principe de liberté d’enseignement, qui n’impliquait jusqu’alors aucun financement public, en principe d’obligation de financement contraire aux textes fondateurs de l’école de la République, de l’école de Jules Ferry, outrepassant de loin la loi Debré de 1959. Cette loi, pourtant, consacrait déjà, à mon sens, une logique discriminatoire et dispendieuse en mettant à la charge des communes les dépenses de fonctionnement des écoles privées sous contrat implantées sur leur territoire, et elles seules.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela ne suffisait pas et vous voulez créer de nouvelles obligations en instituant un droit d’accès au budget municipal, en imposant à la commune de résidence le paiement de la scolarité dans une école privée d’une autre commune. De la sorte, vous instituez une relation marchande entre les usagers et la commune, relation fondée sur le principe de la liberté d’enseignement. Toutefois, M. Cardo l’a rappelé, une telle relation marchande, même parée des atours du principe de parité, est une pratique dangereuse.</p>
<p style="text-align: justify;">En garantissant la parité, vous reconnaissez en effet de fait une mission de service public aux écoles privées, qui sont pourtant des établissements n’ayant aucune des obligations des écoles publiques – laïcité, obligation d’accueil de tous les élèves, continuité du service et gratuité pour les familles.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste</span>. N’importe quoi ! Vous n’y connaissez rien !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pascal Deguilhem</span>. Voilà la réalité, une réalité dangereuse, j’insiste, car en encourageant, par ce régime de faveur, la scolarisation dans des écoles privées, vous privilégiez les choix particuliers par rapport à l’intérêt général.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste</span>. C’est une insulte pour ceux qui travaillent dans les écoles privées !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pascal Deguilhem. Elle est dangereuse pour des secteurs où l’enseignement public est déjà fort fragilisé – dans les banlieues difficiles comme dans les territoires ruraux, et je parle en connaissance de cause.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme nombre de collègues maires de petites communes, je me suis efforcé, pendant plus de vingt ans, de trouver des solutions dans l’école et autour de l’école pour défendre les classes. En créant un regroupement pédagogique intercommunal, nous avons restructuré les classes, nous avons créé des garderies puis, dans la foulée, des centres de loisirs ;…</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Pélissard. Et alors ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pascal Deguilhem. …nous avons adapté les transports pour rendre le meilleur service possible aux parents, qui travaillent pour la plupart en dehors de la commune ; nous avons créé de nouveaux restaurants scolaires ; enfin, nous avons mis à la disposition de l’école publique le personnel nécessaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pas tout : chaque fois qu’une demande de dérogation nous a été faite, nous nous sommes efforcés de trouver une solution permettant la scolarisation de l’enfant au sein de l’école publique de la commune.</p>
<p style="text-align: justify;">Oui, nous avons chaque fois bataillé pour maintenir dans nos communes l’école publique, laïque et gratuite.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Pélissard. Le texte n’y changera rien !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pascal Deguilhem. Mais si !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Pélissard. Le texte est fondé sur le principe de liberté !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pascal Deguilhem. Mais non ! Vous proposez la liberté pour les uns et des obligations pour les autres !</p>
<p style="text-align: justify;">Vous comprendrez aisément, monsieur le ministre, notre opposition à ce principe de parité qui n’en est pas un puisqu’il crée des conditions plus favorables pour les écoles privées.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Mais non !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pascal Deguilhem. Au nom de la liberté, dites-vous, mais où est l’égalité et la liberté de choix pour les enfants et les parents des communes qui seront contraintes de fermer demain leur école malgré les efforts déployés, faute de moyens ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je vous remercie de bien vouloir conclure, mon cher collègue.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pascal Deguilhem. Le texte ne va pas dans le bon sens. Depuis plus d’un siècle, depuis la répartition proportionnelle scolaire de 1905 jusqu’à la parité public-privé que vous proposez, les députés socialistes se sont toujours opposés à ce qu’ils considéraient comme de mauvais coups portés au service public d’éducation.</p>
<p style="text-align: justify;">À moins que vous ne repreniez plusieurs de nos amendements, nous resterons fidèles à ceux qui nous ont précédés sur ces mêmes bancs. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yves Durand. Très juste !</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La discussion générale est close.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. le ministre de l’éducation nationale.</p>
<p style="text-align: justify;">Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. J’ai bien entendu l’appel à l’apaisement, la volonté de renoncer à la guerre scolaire ; reste, mesdames, messieurs les députés du groupe SRC, que j’ai aussi entendu de nombreuses caricatures.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Absolument !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Je reviens par conséquent sur le fond du texte, même si Jacques Pélissard l’a fort bien expliqué, rappelant la situation très difficile dans laquelle les communes se trouvent.</p>
<p style="text-align: justify;">Un accord a été signé en 2006 entre l’AMF et le secrétariat général de l’enseignement catholique.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Tout à fait !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Or cet accord est juridiquement fragile ; c’est pourquoi, pour mettre un terme à cette insécurité – très bien décrite par M. Pélissard –, la proposition de loi reprend textuellement l’accord. Sans le présent dispositif, en effet, les tribunaux continueraient de condamner les communes à payer dans tous les cas et sans conditions.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne partage pas du tout le point de vue de M. Deguilhem : ce n’est pas la première fois que des communes vont payer pour la scolarité d’enfants inscrits dans l’enseignement privé dans des communes voisines ; la proposition de loi vise seulement à encadrer cette réalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous craignez, monsieur Durand, l’assèchement des écoles des endroits défavorisés. Néanmoins, comme M. Pélissard l’a très bien souligné, le texte prévoit un verrou important : si une commune dispose d’une école sur son territoire, il n’y a pas d’obligation pour elle de payer.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Michel Ménard. Ce n’est pas ce que dit le texte !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Yves Durand entend ensuite soumettre le paiement de la contribution par la commune de résidence à l’autorisation du maire. Une telle disposition n’empêche toutefois pas l’élève d’être scolarisé dans la commune voisine.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Pélissard. Exactement !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Soyons réalistes : la proposition de loi n’empêchera pas l’assèchement que vous craignez. (Murmures sur les bancs des groupes SRC et GDR.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Desallangre a évoqué l’article 40 de la Constitution. Je ne reviendrai pas sur les raisons formelles que le président de la commission des finances a avancées pour ne pas s’opposer à l’examen du présent texte. J’ajouterai, sur le fond, que cette proposition encadre les dispositions en vigueur et se révèle moins favorable à l’enseignement privé que l’interprétation qui est faite de plusieurs dispositions de l’article 89 de la loi du 13 août 2004.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Pélissard. Tout à fait !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Le dispositif proposé ne crée par conséquent aucune nouvelle dépense, bien au contraire.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous avez été nombreux à évoquer l’autorisation du maire.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. Il s’agit de respecter le parallélisme des formes !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Cette autorisation soulève une question constitutionnelle relevée par plusieurs députés de la majorité. Si le maire donnait son avis, il s’immiscerait dans le choix d’une famille – liberté fondamentale garantie par la Constitution –, de se tourner vers l’enseignement public ou bien vers l’enseignement privé. (Murmures sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Si ça n’est pas faux-cul !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Cette liberté fondamentale ne saurait par conséquent être placée sous le contrôle du maire, à moins de rendre le dispositif inconstitutionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Alors, pourquoi demander l’autorisation dans un cas et pas dans l’autre ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. MM. Lachaud et Grosperrin, entre autres, m’ont interrogé sur la question des fratries.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. Allez-vous répondre, monsieur le ministre ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Ce n’est pas à l’Oréal qu’on apprend la Constitution, manifestement !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Je reviendrai sur la Constitution, monsieur Glavany. J’ignore si on l’apprend chez l’Oréal, en tout cas je ne suis pas sûr que vous interprétiez très bien les décisions du Conseil constitutionnel. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe UMP.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Je ne méprise en rien ce qu’on apprend chez l’Oréal, je constate seulement que ce n’est certainement pas la Constitution !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. MM. Lachaud et Grosperrin m’ont à juste titre, disais-je, interrogé sur la question des fratries. Dans un souci de strict alignement sur les dispositions relatives au financement de la scolarisation dans le public, le texte reprend les termes de « frères et sœurs » qui figurent à l’article L. 212-8 du code de l’éducation. Cela ne signifie néanmoins pas que l’interprétation qu’en feront le pouvoir réglementaire et le juge administratif doit être restrictive.</p>
<p style="text-align: justify;">L’objet de la loi, à savoir la prise en compte des contraintes professionnelles des adultes composant un foyer, plaide au contraire, à mes yeux, pour une acception « contemporaine » de la fratrie, englobant les demi-frères, les demi-sœurs mais aussi l’ensemble des enfants qui vivent dans un même foyer, ce que vous avez appelé, monsieur Grosperrin, les familles recomposées.</p>
<p style="text-align: justify;">Monsieur Glavany – vous ne perdez rien pour attendre –, vous contestez la parité.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs députés du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche. Oui !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Je la conteste d’un point de vue constitutionnel !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Relisez donc les décisions du Conseil constitutionnel !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Je les lis manifestement plus souvent que vous !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Ainsi, le vingt-septième considérant de la décision du 13 janvier 1994 précise que la parité est une condition de la liberté d’enseignement.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Non !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. C’est l’avis du Conseil constitutionnel et c’est donc avec lui que vous n’êtes pas d’accord.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme vous, monsieur Glavany, Mme Bouillé nous a interpellés sur le fait que chaque fois que la majorité revenait sur les équilibres atteints en matière scolaire, elle faisait pencher la balance du côté de l’enseignement privé.</p>
<p style="text-align: justify;">Seulement, qui a adopté cette proposition de loi au Sénat ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Grosperrin. En effet !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. Pas nous !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Non seulement la majorité sénatoriale mais également le groupe socialiste ! Cela signifie, monsieur Glavany, que l’on peut très bien…</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. Commettre des erreurs !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. …dépasser les clivages partisans. Du reste, l’avis du bureau de l’association des maires de France, ainsi que l’a rappelé Jacques Pélissard, en témoigne : nous pouvons nous retrouver sur certaines questions à condition de laisser l’idéologie et l’esprit politicien au vestiaire.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Nicolas Perruchot. Tout à fait !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Bla, bla, bla !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Enfin, monsieur Glavany, vous reprochez au Gouvernement de mener une lutte à géométrie variable contre l’échec scolaire ; mais qu’est-ce donc que l’accompagnement éducatif au collège, une réponse aux « orphelins de seize heures », ces élèves livrés à eux-mêmes entre seize et dix-huit heures, si ce n’est la lutte contre l’échec scolaire ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Répondez sur les suppressions de postes ! Je vais vous citer des chiffres !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Qu’est-ce que l’aide personnalisée, qui prend en charge un million d’élèves à l’école primaire, les élèves qui ont le plus de difficultés dans l’apprentissage de la lecture, sinon la lutte contre l’échec scolaire ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC.)</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’est-ce que l’ouverture d’internats d’excellence accueillant les enfants de milieux défavorisés pour les accompagner dans leur réussite scolaire, si ce n’est une politique de lutte contre l’échec scolaire ?</p>
<p style="text-align: justify;">La réforme du bac professionnel en trois ans, c’est clairement une réponse à l’échec scolaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne peux donc pas vous laisser dire que le Gouvernement adopte, sur ce sujet, des positions à géométrie variable et qu’il abandonne la lutte contre l’échec scolaire, qui est au contraire au cœur de sa politique. (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. le rapporteur.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Avant de passer à l’examen des articles, je voudrais apporter un élément de réponse qui me semble de taille. Il faut en effet répondre à tous ceux qui s’arc-boutent sur l’accord initial du maire.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. Absolument !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. On a l’impression que, s’agissant de l’école publique, on demande toujours l’accord du maire, et que, s’agissant de l’école privée, on ne le lui demande jamais. Je pense qu’il y a là une grande confusion. L’accord préalable est requis, évidemment, lorsque la commune a la capacité d’accueil suffisante, mais pas toujours. Un décret en Conseil d’État précise que la commune, même dans ce cas, est tenue de participer financièrement à la scolarisation d’enfants résidant sur son territoire lorsque leur inscription dans une autre commune est justifiée par des motifs tirés des contraintes que nous avons déjà suffisamment entendues : les obligations professionnelles, l’inscription d’un frère ou d’une sœur, les raisons médicales. Tout cela est précisé en détail dans l’article R. 212-21 du code de l’éducation. Pour l’école publique, dans ce cas-là, on ne demande pas l’accord du maire. C’est de droit. Et la commune doit participer au financement des frais de scolarité.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yves Durand. Ce n’est pas vrai !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. Qui juge de la recevabilité de la demande, monsieur le rapporteur ?<br />
Discussion des articles</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. J’appelle maintenant les articles de la proposition de loi dans le texte de la commission.<br />
Article 1er
</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Michel Ménard, inscrit sur l’article.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Michel Ménard. J’ai bien entendu notre collègue Pélissard rappeler que l’Association des maires de France s’était dite favorable à la proposition de loi. Je crois néanmoins qu’un certain nombre de maires qui sont membres du conseil d’administration de cette association ont raisonné en se disant que ce texte n’était pas très bon, mais qu’il en remplacerait un encore plus mauvais.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. C’est moins pire !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Michel Ménard. Oui, « c’est moins pire : donc prenons toujours ça, cela nous évitera quelques déconvenues ».</p>
<p style="text-align: justify;">Cela ne veut pas dire que ce texte satisfasse une grande partie des maires.</p>
<p style="text-align: justify;">L’article 1er pose plusieurs problèmes. Vous dites qu’il garantit la parité. En fait, il ne la garantit pas. D’un côté, des dépenses obligatoires sont imposées au maire dans le cadre de la scolarisation dans l’enseignement privé. De l’autre, quand l’élève est scolarisé dans le public, l’accord du maire est nécessaire. Ce n’est pas la parité qui est mise en avant. L’enseignement privé est favorisé.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre problème, les conditions restrictives qui sont indiquées dans cet article : obligations professionnelles, fratrie, raisons médicales. Il me semble que cette rédaction est très imprécise. Elle peut largement ouvrir les possibilités d’inscription d’un enfant dans une école d’une autre commune, et en l’occurrence dans une école privée. Cette disposition prêtera d’ailleurs certainement à contentieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Troisièmement, cette proposition de loi réduit les pouvoirs du maire, allant ainsi dans le sens de la mise sous tutelle des collectivités locales que l’on constate depuis plusieurs mois et qui sera encore renforcée par le texte inscrit à l’ordre du jour du Sénat au mois de décembre.</p>
<p style="text-align: justify;">Des dépenses obligatoires sont imposées à la commune. C’est un coût supplémentaire particulièrement problématique pour les maires des petites communes, qui se battent pour maintenir leur école publique. Or on sait que, dans certaines d’entre elles, des investissements importants, des choix financiers difficiles sont nécessaires pour maintenir l’école communale. Il est regrettable de constater que ces maires vont devoir, d’un côté, continuer à investir au bénéfice de leur école publique, élément indispensable pour la vie de la commune, et, de l’autre, continuer la scolarisation dans des écoles privées, au bon vouloir des familles.</p>
<p style="text-align: justify;">Je dois rappeler ce que disait l’Association des maires ruraux de France.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Pélissard. Mais elle aussi est d’accord avec ce texte !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Michel Ménard. Parlant de l’article 89 – mais ceci est toujours valable pour le présent texte –, elle jugeait « inacceptable que les finances communales puissent être engagées à leur insu par le choix de parents de scolariser leur enfant dans une école privée ».</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pascal Deguilhem. Eh oui !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Michel Ménard. Eh bien, c’est toujours vrai ! Même si vous réduisez le nombre de cas dans lesquels les maires seront obligés de financer – la proposition de loi est moins mauvaise à cet égard que l’article 89 –, c’est la même philosophie que l’on retrouve.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela rejoint d’ailleurs ce que nous a dit Pierre Cardo tout à l’heure. Chers collègues de la majorité, écoutez ce que dit votre collègue. C’est le témoignage d’un élu qui est confronté à l’exode scolaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, je voudrais dire que l’ensemble de l’opposition peut tout à fait approuver l’article 3 de cette proposition de loi.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Marcel Rogemont.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. Tout d’abord, l’accord de l’AMF vise un texte qui s’imposait. L’AMF, et c’est tout à fait naturel, a défendu l’idée que cet article, mauvais en lui-même, devait être corrigé dans son application. Mais ce n’est pas parce que l’on essaie d’améliorer l’application d’un texte que, pour autant, l’on ne doit pas revenir sur le texte lui-même. Il est de la responsabilité de l’Association des maires de France de faire en sorte que les lois soient appliquées le plus justement possible, notamment eu égard aux intérêts des communes, mais il est de la responsabilité du Parlement de légiférer. Or la législation précédemment adoptée pose problème.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est tout à fait naturel que le libre choix des parents puisse s’exprimer, mais cela ne doit en aucun cas conduire à entamer les finances communales. Il faut rappeler que l’État prend en charge une bonne partie des dépenses liées à une école privée dès lors qu’elle est sous contrat d’association, et que, par ailleurs, les parents apportent de l’argent en plus. Cela crée déjà une distorsion entre l’enseignement public et l’enseignement privé.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Pélissard. C’est leur choix !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. C’est leur choix, en effet. C’est exactement ce que je suis en train de vous dire, cher collègue. Mais il ne faudrait pas que ce choix entame, de quelque façon que ce soit, les finances communales.</p>
<p style="text-align: justify;">Deuxième point : à défaut de respecter le principe que je viens d’énoncer, c’est le strict parallélisme des formes entre le public et le privé qui doit s’imposer.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. Bien sûr !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. À partir du moment où l’on adopte un dispositif visant à financer l’accueil des élèves scolarisés à l’extérieur de la commune, je ne vois pas pourquoi on n’applique pas strictement au privé les règles en vigueur pour le public.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, il y a un fait que je veux relever ici, et qui me conduira d’ailleurs à interroger le ministre. Il se trouve que, dans mon département, l’enseignement privé est extrêmement présent. Il est d’ailleurs de qualité, je le dis très nettement. La question n’est pas là. Mais puisque l’on me parle tout le temps de la liberté de choisir entre le public et le privé, je voudrais savoir ce que fait l’État dans les communes où l’on n’ouvre pas d’école publique alors qu’elles ont, a priori, les effectifs nécessaires pour le faire. On ne peut pas à la fois être les tenants de la liberté que doivent avoir les parents de choisir, et accepter une telle situation. Je demande expressément au ministre de me répondre, de me dire ce que fait l’État pour que ce principe de libre choix soit effectif.<br />
Rappel au règlement
</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Jean Glavany.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Monsieur le ministre, dans votre réponse aux orateurs inscrits dans la discussion générale, vous avez dit une contrevérité flagrante. J’en suis navré, parce que j’ai beaucoup, beaucoup de respect, comme je le disais tout à l’heure – et je ne voudrais pas que vous le preniez comme une attaque personnelle –, pour l’entreprise privée dans laquelle vous avez exercé vos responsabilités. C’est un grand groupe multinational, qui fait beaucoup de bien à l’économie française (Exclamations sur les bancs du groupe UMP), mais il se trouve que cela vous a donné plus de compétences pour aider le privé que pour aider le public.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Cette remarque est parfaitement déplacée !</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Marie-Louise Fort. Ça veut dire quoi ? Qu’il faut être fonctionnaire pour être député ou ministre ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Cela dit, il va falloir que vous donniez un grand coup de règle sur les doigts de vos collaborateurs, qui vont ont fait faire une énorme bourde. Il se trouve que la décision du Conseil constitutionnel de 1994, je la connais bien. Je ne suis pas un très vieux parlementaire, mais suffisamment ancien pour avoir mené bataille, avec quelques-uns ici, contre l’aggravation de la loi Falloux qui était portée à l’époque par M. Bayrou. Nous n’étions pas très nombreux, je m’en souviens. Je siégeais tout là-haut. J’ai mené cette bataille jour et nuit. Le recours devant le Conseil constitutionnel, je l’ai signé. Et j’étais d’ailleurs dans les rues de Paris, le 16 janvier 1994, avec beaucoup de mes amis – un million –, pour me réjouir de sa décision. C’est vous dire si je la connais, pour l’avoir suscitée et l’avoir espérée de toutes mes forces.</p>
<p style="text-align: justify;">Or le considérant 27, monsieur le ministre, dont vous avez dit tout à l’heure qu’il établissait le principe de parité, je l’ai ici sous les yeux. Il fait quatorze lignes. À aucun moment il ne mentionne le mot parité. Vos collaborateurs vous ont donc fait dire une grosse bêtise. Dans ce considérant, le Conseil constitutionnel affirme « que les aides allouées doivent, pour être conformes aux principes d’égalité et de liberté, obéir à des critères objectifs ». Il est bien question d’égalité ! Et cela change tout. Car si la Constitution protège l’égalité entre les citoyens, elle ne protège pas la parité. Dans la décision du Conseil constitutionnel, il n’y a pas le mot parité et vos collaborateurs n’ont pas le droit de manifester leur désapprobation.</p>
<p style="text-align: justify;">Quoi qu’il en soit, j’ai, je le répète, la décision sous les yeux : le mot parité n’y figure pas. Alors, qu’on ne nous provoque pas ici. Je vais à l’instant même vous remettre cette décision en mains propres, monsieur le ministre. Il n’y a pas le mot parité. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">Et vous direz à vos collaborateurs d’arrêter ! (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. le ministre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Monsieur Glavany, je crois que nous pouvons débattre dans l’apaisement, dans l’écoute et le respect mutuels, même si ce sont des débats passionnés et passionnants.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Je suis dans le respect. À condition que l’on respecte la vérité.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Oui. Ce que je voudrais simplement vous dire, monsieur Glavany, c’est que la décision du Conseil constitutionnel que j’ai évoquée tout à l’heure, le fameux considérant 24,…</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Vous avez dit 27, tout à l’heure.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. …répondait à une critique sur la parité en évoquant l’égalité. Vous devriez être d’autant plus satisfait. C’est l’égalité qui est inscrite dans cette décision.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant à la parité, je rappelle que c’est l’un des points essentiels de la loi de 1959, dite loi Debré, qu’aucun des gouvernements que vous avez soutenus n’a jamais voulu remettre en question. Enfin, ils ont essayé, dans les années quatre-vingt, mais ils ont vite oublié. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. C’est un autre problème !<br />
(suite)
</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 14.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Le présent amendement tend à supprimer l’article 1er, que nous considérons comme totalement à rejeter, alors que M. Reiss y voit une solution de compromis qui s’inscrit dans la philosophie de la loi Debré de 1959. Or, en créant pour les communes de nouvelles obligations au bénéfice des écoles privées implantées sur d’autres communes, la proposition va beaucoup plus loin que la loi Debré, qui n’a vocation à régir que les rapports entre les établissements d’enseignement privés et l’État. En plus d’organiser une contribution obligatoire des communes pour les écoles privées situées hors de leur territoire – avec lesquelles elles n’ont donc pas de contrat –, le texte prévoit un financement facultatif qui correspond tout bonnement à un chèque éducation. Les montants seront énormes puisqu’on estime à près d’un tiers les écoliers du privé scolarisés en dehors de leur commune de résidence.</p>
<p style="text-align: justify;">Les députés du groupe communiste, républicain et du parti de gauche ne voient aucun motif légitime au financement par les communes de résidence ou d’accueil des écoles privées sous contrat d’association avec l’État. Nous considérons que ces fonds publics ne peuvent pas être utilisés pour donner à l’enseignement privé des moyens dont ne dispose malheureusement pas l’enseignement public, qui a toutes les contraintes de service public : laïcité, obligation d’accueil de tous les élèves, continuité du service et gratuité pour les familles.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Frédéric Reiss, rapporteur de la commission des affaires culturelles et de l’éducation ».</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur de la commission des affaires culturelles et de l’éducation. Je ne soutiens évidemment pas l’argumentation de M. Desallangre. Comme je l’ai précisé dans mon intervention liminaire, la situation actuelle n’est satisfaisante pour personne, ni pour les maires, qui aimeraient connaître leurs obligations légales, ni pour les écoles privées, qui ignorent le montant des financements dont elles bénéficieront.</p>
<p style="text-align: justify;">La suppression de l’article 1er n’est pas compatible avec la nécessité, aujourd’hui, de légiférer. Cet article met précisément en place le nouveau dispositif calquant les modalités de financement d’un élève inscrit dans une école privée sur celles d’un élève inscrit dans une école publique.</p>
<p style="text-align: justify;">L’amendement a été repoussé par la commission.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Cette proposition de loi se propose de compléter l’article 89 de la loi d’août 2004 afin, comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises depuis le début de la discussion, de mettre fin aux contentieux que nous connaissons aujourd’hui, en revenant à une lecture de la loi qui sera conforme au compromis qui avait été trouvé entre l’Association des maires et le secrétariat général de l’enseignement catholique, et qui permettra ainsi de limiter la participation de la commune au cas où celle-ci serait obligatoire pour un élève scolarisé dans le public.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour toutes ces raisons, le Gouvernement ne peut être que défavorable à cet amendement de suppression.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 14 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 1.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à Mme Michèle Delaunay.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. Permettez-moi un préalable sur ce passionnant débat sur les mots que nous venons d’avoir. Le mot « parité » est en effet mal utilisé puisque, étymologiquement, il concerne des pairs. Mieux vaudrait l’utiliser comme on le fait pour les genres entre personnes et non pas entre articles de loi. D’ailleurs, dans la suite du texte que M. Glavany avait en main, il est dit que l’égalité contrevient à la parité. Je crois donc que nous devrions être très sourcilleux sur ces termes, en particulier quand ils apparaissent dans le titre d’une loi.</p>
<p style="text-align: justify;">Une autre remarque concerne la liberté de l’enseignement, qui n’est autre que la liberté d’enseigner. Cette expression n’a pas, à de multiples reprises sur d’autres bancs, été utilisée de cette manière.</p>
<p style="text-align: justify;">J’en viens à l’amendement n° 1, sur lequel beaucoup a déjà été dit, et j’indique à M. Lachaud, de manière apaisée et sans passion, deux raisons pour soutenir cet équilibre entre les conditions faites à l’école publique et à l’école privée. La première c’est que, s’agissant du parallélisme des formes, de l’identité des conditions, d’un côté, vous soutenez cette parité, dont nous avons dit ce que nous pensons, et, d’un autre côté, vous la rendez bancale.</p>
<p style="text-align: justify;">La seconde raison est celle que j’ai soutenue dans la motion de rejet préalable : cela rompt le lien avec la République et avec le maire qui va financer. Il est nécessaire qu’il soit requis par principe, mais aussi tout simplement pour valider les critères. Nous venons de voir qu’il pouvait être outrepassé, que ces conditions peuvent être interprétées de manière différente. Je crois que l’obligation faite au maire de valider ces critères et de donner son avis au nom de l’autorité publique, au nom de ce qu’il représente, est tout à fait indispensable.</p>
<p style="text-align: justify;">Je dois dire que, si vous acceptiez cet amendement, avec beaucoup de volonté de conciliation nous reverrions positivement notre vote.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Selon l’article L. 212-8 du code de l’éducation, l’autorisation du maire n’intervient que dans le cas où il existe des capacités d’accueil dans la commune de résidence. Celle-ci peut d’ailleurs participer aux frais de fonctionnement si elle a préalablement donné son accord à l’inscription de l’enfant. Nous sommes là dans le domaine de l’école publique.</p>
<p style="text-align: justify;">Aucun accord préalable du maire n’est nécessaire pour les dérogations liées aux obligations professionnelles des parents, aux fratries ou à des raisons médicales. L’article L. 212-8 est très clair à ce sujet. Il précise même : « À défaut d&#8217;accord entre les communes intéressées sur la répartition des dépenses, la contribution de chaque commune est fixée par le représentant de l&#8217;État dans le département après avis du conseil départemental de l&#8217;éducation nationale. »</p>
<p style="text-align: justify;">Le ministre l’a indiqué tout à l’heure, une telle disposition serait, de mon point de vue aussi, contraire à la Constitution. Il est clairement inscrit, dans la décision du Conseil constitutionnel du 13 janvier 1994, « si le principe de libre administration des collectivités locales a valeur constitutionnelle, les dispositions que le législateur édicte ne sauraient conduire à ce que les conditions essentielles d&#8217;application d&#8217;une loi relative à l&#8217;exercice de la liberté de l&#8217;enseignement dépendent de décisions des collectivités territoriales et, ainsi, puissent ne pas être les mêmes sur l&#8217;ensemble du territoire ».</p>
<p style="text-align: justify;">Les réponses sont claires et la commission a rejeté cet amendement.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Pour compléter l’avis du rapporteur, j’avoue que je m’interroge sur les conséquences qu’aurait l’adoption d’un tel amendement pour les finances d’une commune. S’il n’y avait plus d’école dans la commune, par exemple, y aurait-il obligation d’en rouvrir une pour un seul élève ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. Allons !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Cela rejoint la question de M. Rogemont tout à l’heure. Je rappelle que l’ouverture d’une classe doit correspondre à un besoin scolaire reconnu.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. C’est combien d’élèves, un besoin scolaire reconnu ? Trente ? Quarante ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. C’est dans cet esprit que l’éducation nationale adapte sa carte scolaire aux besoins répartis sur l’ensemble du territoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre conviction, et nous en avons discuté avec le rapporteur, c’est que cet amendement entraînerait la suppression de l’obligation pour les communes de participer aux frais de scolarisation des élèves que leurs parents auraient choisi de placer dans l’enseignement privé. C’est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas y être favorables.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Yvan Lachaud.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yvan Lachaud. Je voudrais revenir sur les propos de Mme Delaunay s’agissant de la liberté et de l’obligation de signature du maire. Faisons un parallélisme des formes avec les crèches, qu’elles soient communales ou associatives. Que je sache, dès lors que la CAF reconnaît une crèche en tant que telle, il y a participation communale sans pour autant que le maire ait à autoriser l’inscription d’un enfant dans la crèche associative privée. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Michel Ménard. Ce n’est pas la même chose, l’école est obligatoire !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yvan Lachaud. Il y a un parallélisme des formes entre ce qui dépend de la commune, ce qui est du domaine public, et ce qui est du domaine privé.</p>
<p style="text-align: justify;">Je comprends que vous puissiez vous offusquer – c’est une vieille bataille que la liberté de l’enseignement.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. Ce n’est pas du tout la même chose, ce que vous dites est inexact !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yvan Lachaud. Puisque cela ne vous dérange pas pour les crèches, alors qu’il y a obligation pour une commune, pourquoi cela vous dérange-t-il pour l’enseignement privé ? Allez plus loin, dites pourquoi cela vous dérange !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. Aucune commune n’est obligée de payer une crèche. Vous racontez des sottises !</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Yves Durand.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yves Durand. Je remercie M. Lachaud de son intervention, qui a dévoilé la volonté profonde qui se cache derrière ce texte.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yvan Lachaud. La vôtre !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yves Durand. C’est exactement ce qu’il faut faire si l’on veut rallumer la guerre scolaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Je voudrais revenir sur votre réponse dans la discussion générale, monsieur le ministre, pour m’étonner que vous opposiez l’obligation de payer pour la scolarité d’un élève et l’accord du maire – que nous voulons nécessaire pour les élèves du privé comme pour les élèves du public – au libre choix des familles. Je trouve que cette réflexion est extraordinairement dangereuse.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. Tout à fait !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yves Durand. Vous proposez, pour les uns, la liberté sans accord du maire et, pour les autres, la nécessité, quoi que vous en disiez parce que c’est ainsi que cela se passe, de l’avis du maire. Au fond, vous nous demandez d’accepter de payer le restaurant à ceux qui ne veulent pas aller à la cantine avec l’argent de ceux qui ne peuvent pas se le payer et qui sont obligés d’aller à la cantine. Ce n’est ni la parité ni l’égalité !</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi nous voulons l’accord du maire, et que nous insistons sur cet amendement qui nous paraît essentiel. Beaucoup d’entre nous l’ont fait, je l’ai développé dans mon intervention, M. Cardo l’a repris. Ce dernier n’appartient pas à notre groupe, mais il partage nos préoccupations. Comme moi, il est maire d’une commune de banlieue et il voit comment cela se passe quand il n’y a pas accord ni discussion entre les maires, quelle que soit leur couleur politique, pour qu’il y ait dans l’enseignement public une répartition à peu près convenable et républicaine des difficultés scolaires, de façon à les résoudre ensemble.</p>
<p style="text-align: justify;">Si vous n’acceptez pas cet amendement, que vous le vouliez ou non, derrière l’idée de liberté de choix des familles, il y a en vérité le chèque scolaire, auquel s’est référé M. Vanneste tout à l’heure. Je crains qu’il ne dise tout haut ce que vous pensez tout bas.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 1 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 26 rectifié.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Par cet amendement, nous nous élevons contre la tentative, à l’alinéa 3 de l’article 1er, de permettre le financement d’une école privée dans le cas où la commune de résidence ne disposerait pas elle-même des capacités d’accueil dans une école publique.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui apparaît logique au premier abord est en réalité fallacieux. Cette disposition omet de prévoir que la commune d’accueil puisse elle-même disposer d’une école publique aux capacités d’accueil suffisantes. Avec une telle omission, vous organisez bien le financement des écoles privées au détriment des écoles publiques. C’est d’autant plus gênant qu’une commune a toujours une école publique située soit sur son territoire, soit sur celui d’une commune voisine – je me réfère à ce que disait en 2007 le président de l’association des maires ruraux de France.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous omettez de préciser que c’est la politique du Gouvernement qui organise la carence pour mieux légitimer la privatisation de l’enseignement,…</p>
<p style="text-align: justify;">M. Franck Gilard. C’est quelque peu manichéen !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. …car les capacités d’accueil sont bien définies à l’article L. 212-8 du code de l’éducation. Elles sont considérées comme suffisantes lorsque la commune de résidence dispose des locaux nécessaires mais aussi des postes d’enseignement. Et le préambule de la Constitution de 1946 prévoit bien que « L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État. »</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. La possibilité de scolariser son enfant dans une école publique est offerte à toutes les familles. Il n’y a aucun désengagement de l’État au profit de l’école privée et au détriment de l’école publique. De plus, vous balayeriez avec votre amendement la notion de RPI, qu’il faut certes préciser, mais non ignorer.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet amendement a été repoussé par la commission car il revient à empêcher les parents d’inscrire leurs enfants dans une école privée, même quand la commune ne dispose pas des capacités d’accueil. En réalité, il s’agit effectivement d’une rupture. Et là, c’est de la parité entre le public et le privé.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Vous savez bien qu’ils le peuvent.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Même avis défavorable.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 26 rectifié n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 15.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Les alinéas 3 et 6 de la proposition de loi prévoient un dispositif qui ne prend pas en considération la possibilité que les contraintes rencontrées par les familles puissent être résolues dans une école publique de la commune d’accueil.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi permettrait-on à un établissement privé d’exiger un financement au motif qu’il proposerait, contrairement à l’école publique de la commune de résidence, la restauration et la garde des enfants, alors même qu’un établissement public le proposerait également ?</p>
<p style="text-align: justify;">Faut-il considérer cet oubli comme une volonté cachée de privatiser l’enseignement, en mettant en œuvre un chèque éducation ? Ce projet correspond, à nos yeux, à une aspiration libérale d’ouvrir en grand les portes d’un marché de l’éducation, qui est estimé très haut.</p>
<p style="text-align: justify;">Le dispositif proposé joue également sur le fait que, pour des raisons financières, certaines communes peuvent rencontrer des difficultés à proposer restauration et garde des enfants dans les écoles publiques. Si ces communes donnent plus aux écoles privées, elles auront encore moins de moyens pour proposer ces services dans leurs écoles publiques.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Cet amendement, ici encore, est contraire à la liberté de l’enseignement, puisque cela reviendrait à obliger les parents à inscrire leur enfant dans une école publique, même s’ils se trouvent dans l’un des trois cas de dérogation prévus par la loi.</p>
<p style="text-align: justify;">Avis défavorable de la commission.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Nous pensons que cet amendement reviendrait à mettre en cause la liberté de choix des parents. Le Gouvernement y est donc défavorable.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 15 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 16.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Cet amendement rédactionnel vise à préciser que la contribution de la commune de résidence ne revêt un caractère obligatoire que lorsque aucun des critères de restauration et de garde des enfants n’est satisfait par l’une de ses écoles publiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Si vous adoptez cet amendement, le financement ne pourra donc être revendiqué si une école publique de la commune de résidence propose l’un de ces deux services.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Nous nous trouvons dans le domaine réglementaire. Cela figure déjà dans l’article R. 212-21.</p>
<p style="text-align: justify;">Avis défavorable de la commission.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Même avis.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 16 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi de trois amendements, nos 17, 5 et 2, pouvant être soumis à une discussion commune.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre, pour défendre l’amendement n° 17.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Il nous semble nécessaire que l’école privée démontre qu’elle répond à la contrainte invoquée pour la scolarisation hors de la commune de résidence en ce qui concerne la restauration et la garde des enfants.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne serait pas envisageable d’exiger des garanties de la part des écoles publiques sans exiger les mêmes garanties de la part des écoles privées.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre amendement vise donc à compléter l’alinéa 4 de l’article 1er par les mots : « et que l’école privée d’accueil les assure ; »</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Pierre Cardo, pour soutenir l’amendement n° 5.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. L’objectif de l’amendement est d’autoriser une dérogation car certaines prestations ne sont pas offertes par l’établissement public de la commune d’origine. On peut comprendre que les parents souhaitent certaines prestations ; la dérogation est autorisée à condition qu’il n’y ait pas sur la commune d’accueil d’établissement untel ou untel.</p>
<p style="text-align: justify;">Des établissements ne disposent pas de garderies. La plupart du temps, ce sont les communes qui s’occupent des garderies. Dans ces conditions, il faut que l’on puisse trouver sur la commune concernée la prestation qui justifie la demande de dérogation des parents et l’éventuel accord du maire.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai déposé cet amendement car il serait difficilement compréhensible que l’on change de commune après avoir obtenu une dérogation compte tenu du manque de prestations et que, sur la commune voisine, les prestations pour lesquelles la dérogation est demandée n’existent pas.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Soyons prudents !</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à Mme Michèle Delaunay, pour soutenir l’amendement n ° 2.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. Cet amendement est presque une évidence.</p>
<p style="text-align: justify;">Soit les intentions des rédacteurs de cette proposition de loi sont honnêtes et claires, et vous accepterez volontiers ces amendements, car il s’agit d’un oubli. Il est bien évident que la dérogation ne peut être acceptée que si l’établissement sollicité ou l’établissement d’accueil fournit ce qui manque dans la commune de résidence.</p>
<p style="text-align: justify;">Soit il existe une imprécision qui permet d’élargir les dérogations.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Je pense que ces amendements manquent leur cible.</p>
<p style="text-align: justify;">L’idée de rapprocher le lieu de travail des parents et le lieu de scolarisation des enfants doit justement permettre de surmonter l’absence d’un service de restauration ou de garde dans la commune de résidence. Si le choix de l’école privée est fait par la famille en raison de l’absence de ce service, il me semble évident qu’elle ne mettra pas l’enfant dans une école où ce service est inexistant.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. C’est vous qui le dites !</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs députés du groupe SRC. Il faut le préciser !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Aujourd’hui, le dispositif a fonctionné pour l’école publique. Il s’agit de l’article R. 212-31. Je ne vois donc pas pourquoi il ne fonctionnerait pas demain pour l’école privée.</p>
<p style="text-align: justify;">La commission a repoussé ces amendements.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Je voudrais reprendre l’argumentation du rapporteur.</p>
<p style="text-align: justify;">La proposition de loi reprend la même rédaction pour le privé et pour le public. Il n’y a donc aucune raison pour que, s’agissant de l’enseignement privé, la commune de résidence ne soit tenue de participer aux frais de scolarisation que si l’établissement privé assure lui-même la restauration, la garde des enfants, alors qu’une telle condition n’existe pas, comme le rappelait le rapporteur, pour les écoles publiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Gouvernement est défavorable aux trois amendements.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 17 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 5 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 2 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 18.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Je souhaite revenir sur une réflexion émanant des bancs UMP, à savoir la condition d’inscription d’un frère ou d’une sœur dans un établissement scolaire de la même commune. Cela n’a de sens que s’il s’agit du même établissement scolaire élémentaire. Il convient donc de le préciser. Sinon, dès que le grand frère est au collège ou au lycée, toute la fratrie suit et personne ne peut s’y opposer.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Dans le cadre du parallélisme des formes, l’alinéa 5 reprend strictement la rédaction du 2° de l’article L. 212-8.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. C’est bien quand ça vous arrange !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Il serait donc contraire à la parité public-privé, que vous contestez, d’en restreindre le champ.</p>
<p style="text-align: justify;">La commission est défavorable à cet amendement.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Le texte auquel faisait référence M. Desallangre est de nature réglementaire. Nous pensons donc qu’il n’y a pas lieu de modifier la loi, comme le rapporteur vient de le préciser.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. Ben voyons !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Il doit être de même nature pour le privé et pour le public. Le Gouvernement est donc, pour cette raison, défavorable à cet amendement.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Christian Vanneste.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Cet amendement est de l’ordre de l’aveu.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. De votre part !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Vous ne supportez pas que la liberté des familles puisse s’imposer à la liberté politique d’une collectivité.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs députés du groupe SRC. Nous parlons de financement !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Votre point de vue est très idéologique.</p>
<p style="text-align: justify;">Manifestement, cet amendement se heurte tout simplement à la vie quotidienne des gens. Si un contribuable va conduire un enfant dans une école et l’autre – le frère ou la sœur – dans un collège, et que ceux-ci sont à proximité, vous compliquez inutilement la vie de votre contribuable pour imposer votre volonté. Le véritable débat, ici, c’est la liberté des familles et le pouvoir des maires.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce texte a, je crois, trouvé, un équilibre. Restons-en là !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yves Durand. L’école publique, ce n’est pas la liberté publique.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Pierre Cardo.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. Je ne partage pas cette opinion. Si je suivais ce raisonnement, cela signifierait qu’il faudrait supprimer les écoles maternelles et primaires un peu isolées en milieu rural, qui ont déjà du mal à exister, car cela dérange un peu les parents d’aller, d’un côté, déposer les enfants et, de l’autre, d’aller au collège. Il existe des ramassages scolaires pour ces situations.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs députés du groupe SRC. Exactement !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. Ainsi que je l’ai indiqué lors de la discussion générale, ce que je n’accepte pas dans ce texte pour le fonctionnement du privé, je ne l’accepte pas davantage pour le public.</p>
<p style="text-align: justify;">Des incohérences ont permis d’arriver à des détournements de la loi par le biais des dérogations massives dans certains secteurs. L’idéal de cette proposition de loi aurait été qu’elle les limite. Or, non seulement ce n’est pas le cas, mais on les accentue légèrement.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Trois nouveaux orateurs se sont inscrits. À titre exceptionnel, et à condition que vous respectiez le délai de deux minutes, je vais vous donner la parole, car ce point me semble être essentiel.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. En ce qui concerne les transports scolaires, le raisonnement de M. Vanneste est hypocrite.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Je ne vous permets pas !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Je ne dis pas que lui-même soit hypocrite.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous savez parfaitement que, lorsque vous avez deux enfants de quatorze et neuf ans, l’un est dans le primaire et l’autre dans le secondaire, et qu’il y a tous les jours des transports scolaires. Vous ne conduirez pas votre grand de quatorze ou dix-sept ans au collège ou au lycée. C’est un subterfuge, un mauvais prétexte.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. On voit bien que vous ne connaissez pas certains quartiers.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. J’ai été maire pendant vingt-six ans.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Jean Glavany.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Monsieur Vanneste, cette question de liberté est une histoire sempiternelle.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Ça vous agace ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Il y a bien longtemps que vous ne m’agacez plus, mais là n’est pas la question.</p>
<p style="text-align: justify;">L’essentiel est d’avoir une confrontation d’idées et de convictions. Les libertés individuelles sont toutes respectables ; sauf lorsqu’elles ont une limite : la liberté collective. La République n’a jamais cessé de fixer des limites aux libertés individuelles, lorsqu’il y a au-dessus de celles-ci les libertés collectives et l’intérêt général.</p>
<p style="text-align: justify;">Monsieur Vanneste, à force de défendre les libertés individuelles, on arrive à des contradictions majeures. Je vais vous dire quelque chose que j’ai sur le cœur et que je n’ai jamais exprimé dans cet hémicycle. J’entends un certain nombre de parlementaires de la majorité – au nom de la liberté de conscience et parce qu’il ne faut surtout pas que les instituteurs puissent voir quelles sont les croyances de leurs élèves – dire, à juste titre, qu’il ne faut pas porter le voile à l’école. Ils ont raison, j’ai voté pour ce principe. Cependant, les mêmes parlementaires financent à tour de bras des établissements d’enseignement privés qui acceptent les jeunes portant le voile. À force de défendre les libertés individuelles, on arrive, monsieur Vanneste, à ce genre de contradictions, auxquelles il faut mettre aussi un terme.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Ce n’est pas une contradiction !</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 18 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi de deux amendements, nos 19 et 6, pouvant être soumis à une discussion commune.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre, pour défendre l’amendement n° 19.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Nous traitons du financement des écoles élémentaires privées sous contrat d’association. Pourquoi alors évoquer tous les types d’établissement pour justifier le regroupement de fratries ? Nous proposons de restreindre le recours à ces dérogations, en ne rendant la contribution obligatoire que si elle correspond au regroupement des fratries dans des établissements élémentaires, et non dans n’importe quel établissement scolaire.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Pierre Cardo, pour défendre l’amendement n° 6.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. Dans la mesure où une commune ne dispose ni d’un collège ni d’un lycée, il est évident que l’aîné d’une fratrie sera scolarisé à l’extérieur de la commune – cela vaut du reste pour le privé comme pour le public –, mais il convient d’éviter qu’une famille se fonde sur cette disposition pour faire inscrire de même l’ensemble des enfants, scolarisés en maternelle ou en primaire, au motif qu’un frère ou une sœur est scolarisé dans le secondaire à l’extérieur de la commune.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, il est tout à fait possible de détourner la loi, et tel est déjà le cas : il suffit de scolariser son enfant dans un établissement privé sans que cela nécessite de dérogation. Aux termes de l’alinéa 5, la commune de résidence devra s’acquitter d’une contribution pour les autres enfants de la fratrie.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Non !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. La rédaction du texte est ambiguë.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. L’alinéa incriminé vaut également pour le public. Or, tel qu’il est rédigé, cet alinéa est ambigu même pour le public.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. En effet.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Nous sommes là dans le cadre réglementaire, avec l’article R. 212-21 qui précise les conditions requises. Il appartiendra donc au pouvoir réglementaire de préciser la nature des établissements.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Michel Ménard. Faisons-le maintenant !</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. Tout de suite !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. La participation financière à la scolarisation des enfants dans une autre commune, liée au frère ou à la sœur, qui, elle, ne respecterait pas les termes de la loi, me semblerait contraire au dispositif. C’est ainsi et je ne vois pas pourquoi il faudrait modifier ce dispositif dans le cadre de cette proposition de loi. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">Avis défavorable, donc.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Le Gouvernement n’est pas favorable à ces deux amendements. Le décret que le Gouvernement prendra sera bien sûr soumis au Conseil d’État et tiendra compte de l’esprit de la loi.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Pierre Cardo.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. « L’esprit de la loi, je ne connais pas » disait André Damien. Que je sache, nous sommes des législateurs, et, à un moment où on parle d’hyperparlement, je m’interroge sur la latitude qui nous est laissée pour imposer notre volonté et rédiger des textes intelligibles !</p>
<p style="text-align: justify;">Le texte actuel permet les détournements : on constate jusqu’à 60 % d’évasion scolaire dans certains secteurs. En dépit d’une réglementation prétendument claire, il va de soi qu’elle est insuffisante. C’est pourquoi j’aurais souhaité qu’avec cette proposition de loi nous rectifiions les abus, tant pour ce qui concerne le privé que le public.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Michel Ménard. Tout à fait !</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 19 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 6 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 3.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à Mme Michèle Delaunay.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. Nous avons déjà eu cette discussion, mais nous souhaitons redire que la loi doit être non seulement intelligente, mais également honnête et précise. Nous voulons, dès aujourd’hui, et non demain, comme vient de le dire M. le rapporteur, éviter que l’admission d’un frère aîné dans une école, selon des critères contraires à la loi, ne puisse entraîner celle des douze frères et sœurs suivants !</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. En effet, madame Delaunay, nous avons déjà eu cette discussion à propos de l’amendement précédent. Intégrer des dispositions d’ordre réglementaire dans la loi n’est pas une bonne manière de légiférer. L’inscription du premier enfant devra respecter l’une des quatre conditions préalables prévues. Il est évident que les dispositions réglementaires nécessaires à l’application du nouveau dispositif seront prises avec le même objectif, à savoir l’égalité de traitement entre le public et le privé, tout en respectant les spécificités du privé.</p>
<p style="text-align: justify;">Avis défavorable, donc.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. L’avis du Gouvernement est également défavorable.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 3 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 20.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. L’amendement est défendu.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 20, repoussé par la commission et le Gouvernement, n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi de deux amendements, nos 21 et 7, pouvant être soumis à une discussion commune.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Il est parfaitement compréhensible que des contraintes médicales puissent obliger une famille à scolariser son enfant en dehors de sa commune de résidence. Sans être mentionnées dans la loi, les contraintes de santé sont d’ailleurs très souvent acceptées par les communes pour la délivrance de dérogations scolaires. Toutefois, telles qu’elles sont énoncées à l’alinéa 6 de l’article 1er, ces raisons médicales n’apparaissent pas suffisamment précises et vérifiables par la commune de résidence. Concernent-elles les enfants, leurs parents, leur tuteur ? Doivent-elles être valables toute l’année ou seulement pour la rentrée scolaire ? Font-elles l’objet d’une simple déclaration ou doivent-elles être justifiées par un médecin ? Que se passe-t-il l’année suivante ?</p>
<p style="text-align: justify;">Il paraît donc indispensable d’encadrer réglementairement ces raisons médicales afin de définir précisément quels sont les pathologies ou traitements faisant l’objet d’un protocole particulier qui justifieraient qu’un enfant ne puisse être scolarisé dans sa commune de résidence.</p>
<p style="text-align: justify;">La pathologie et la conformité du motif médical aux conditions réglementaires seraient examinées et validées par le médecin-conseil de la caisse régionale d’assurance maladie dans le respect du secret médical.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Pierre Cardo, pour soutenir l’amendement n° 7.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. Je souhaite l’avis conforme d’un médecin scolaire, même si je suis conscient qu’il n’y a pas, hélas, de médecins scolaires dans tous les établissements.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Il n’y en a pas assez !</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Marie-Odile Bouillé. Et pas partout !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. Je rappelle que nous avons voté une loi contre le port du voile à l’école – loi que, pour ma part, je n’ai pas votée –, que d’autres débats sensibles ont lieu concernant l’espace public et que l’école publique est soumise à de nombreuses pressions et renvoie une image négative.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pas parce que les médecins sont soumis au serment d’Hippocrate qu’ils n’ont pas de convictions, politiques, religieuses, cultuelles. Imaginez qu’un jour vous ayez à faire face à des demandes de dérogation pour des raisons de régime alimentaire ou liées à la mixité – rappelez-vous du débat sur la mixité dans les piscines –, notamment s’agissant d’activités sportives. Ne craignez-vous pas, non seulement d’alourdir les contraintes du public, mais également d’ouvrir la voie à des écoles privées, certes, mais très cultuelles ? Cette question mériterait, pour le moins, d’être posée.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Marie-Odile Bouillé. Absolument !</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. La commission est défavorable à ces deux amendements.</p>
<p style="text-align: justify;">L’article L. 212-8 parle de contraintes liées à des raisons médicales. Quant à l’article R. 212-21, il apporte des précisions conformément à ce que souhaitent les auteurs des deux amendements. La commune de résidence est tenue de participer financièrement à la scolarisation d’enfants dans une autre commune dans les cas suivants : l’état de santé de l’enfant nécessitant d’après une attestation établie par un médecin scolaire ou par un médecin agréé – hospitalisations fréquentes ou soins réguliers et prolongés assurés dans la commune d’accueil et ne pouvant l’être dans la commune de résidence.</p>
<p style="text-align: justify;">Les choses étant suffisamment claires, la commission a repoussé ces amendements.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Le Gouvernement considère qu’il n’est pas utile d’inscrire dans la loi de conditions supplémentaires, soit l’avis conforme du médecin scolaire, soit la validation par le médecin-conseil de la caisse régionale d’assurance maladie. Ces précisions n’existant pas dans le texte applicable à l’enseignement public, cela introduirait une distorsion de traitement entre le public et le privé.</p>
<p style="text-align: justify;">Avis défavorable, donc.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Patrice Debray.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Patrice Debray. On ne peut accorder de prérogatives particulières ni aux médecins conseils des caisses régionales ni aux médecins du travail. Étant moi-même médecin généraliste, je suis bien placé pour savoir que la délivrance d’un certificat est couverte par le secret médical.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 21 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 7 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 4.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à Mme Michèle Delaunay.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. Dans le prolongement des propos de M. Cardo, j’indique que nous favorisons actuellement l’installation d’écoles confessionnelles dans les cités. Comme mon collègue l’a excellemment souligné, l’imprécision de la loi peut favoriser des glissements très néfastes qui ne peuvent que nous inciter à nous engager très fermement derrière le principe de laïcité.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 4, repoussé par la commission et le Gouvernement, n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 8.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Pierre Cardo.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. L’amendement est défendu.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 8, repoussé par la commission et le Gouvernement, n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 22.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Par cet amendement, nous entendons préserver le principe de libre administration des collectivités territoriales. Nous proposons de soumettre directement à la municipalité la demande de dérogation justifiant le financement de la scolarité d’un élève dans une école primaire privée sous contrat d’association située sur le territoire d’une autre commune, ainsi que cela est prévu pour le financement de la scolarité d’un élève dans une école publique.</p>
<p style="text-align: justify;">Si la représentation nationale repousse cet amendement, il est évident qu’elle acceptera d’aller plus loin que la deuxième circulaire d’application de l’article 89 du 6 septembre 2007 qui prévoyait que l’accord des communes intéressées doit être recherché.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, il est possible que la réalité des motifs invoqués pour justifier la demande de dérogation évolue au cours du temps, voire disparaisse. La commune de résidence peut avoir renforcé son service de garde ou de restauration, les parents peuvent avoir changé d’employeur, les frères et les sœurs peuvent avoir changé d’établissement ou quitté l’enseignement scolaire et, enfin, la situation médicale peut avoir – heureusement – évolué. Tous ces motifs sont susceptibles d’évolution ; ils doivent donc pouvoir être évalués lors de la demande initiale, puis lors de chaque rentrée scolaire. Il ne serait pas légitime que l’obligation de financement persiste alors que les motifs la justifiant ont disparu.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous proposons que la demande de dérogation soit transmise chaque année à la mairie de résidence afin de permettre au maire d’apprécier le bien-fondé de la demande.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. La commission a repoussé cet amendement qui a, pourtant, le mérite de poser les bonnes questions quant à la procédure à suivre. Les relations entre les communes et les établissements privés méritent d’être formalisées, en particulier la question de la périodicité de la dérogation. Dans la mesure, où ces questions relèvent du domaine réglementaire, l’avis de la commission est défavorable. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. J’ai expliqué tout au long du débat les raisons – constitutionnelles, en particulier – pour lesquelles le Gouvernement n’est pas favorable à un avis du maire, qui plus est un avis annuel.</p>
<p style="text-align: justify;">Je rappelle que, dans le public, le maire n’a pas la possibilité d’interrompre un cycle de scolarité.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Il ne s’agit pas d’interrompre la scolarité, mais de ne plus payer !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Il ne semble pas envisageable d’autoriser pour le privé ce qui est interdit pour le public.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 22 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">(L’article 1er est adopté.)<br />
Article 2
</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d’un amendement de suppression de l’article, n° 23.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. L’amendement propose de supprimer l’article 2, aux termes duquel seul le préfet aurait le pouvoir de décider qu’une commune participe au financement de la scolarisation d’élèves hors de leur commune de résidence.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, il nous paraît inadmissible que, d’un côté, on exige une égalité de traitement dans le financement des écoles publiques et privées, mais que, de l’autre, on permette que ces deux régimes fonctionnent différemment.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon le rapporteur, « parallèles, ces régimes sont néanmoins autonomes : n’est ainsi pas reprise, dans le régime applicable aux écoles privées, l’autorisation préalable du maire de la commune de résidence » – et de se justifier aussitôt : « une telle disposition serait contraire à la Constitution, car elle subordonnerait l’exercice effectif d’une liberté publique à l’accord préalable d’une autorité locale ».</p>
<p style="text-align: justify;">Vous faites ici référence, monsieur le rapporteur, à la décision du Conseil constitutionnel du 18 janvier 1985. Mais relisons-la : elle a jugé non conforme à la Constitution le fait que la commune siège de l’école dispose du pouvoir de s’opposer à la conclusion d’un contrat d’association entre l’État et un établissement privé du premier degré. Il ne s’agit absolument pas du financement d’une école privée située hors de la commune en question.</p>
<p style="text-align: justify;">Du reste, votre raisonnement ne tient pas puisque, pour la scolarisation dans une école publique hors de la commune de résidence – qui constitue tout autant, sinon davantage, une liberté publique –, l’accord de l’autorité locale est demandé. Par ce type d’arguments, vous cherchez à nous démontrer que l’école privée pourrait être maltraitée par certaines municipalités et qu’il faut absolument faire appel à un juge impartial en la personne du représentant de l’État. J’ajoute que la dépense sera imposée a posteriori, alors que toute dépense doit normalement résulter d’une délibération en conseil municipal.</p>
<p style="text-align: justify;">Aux yeux des députés communistes, républicains et du parti de gauche, associé aux lacunes de l’article 1er, cet article constitue une violation du principe de libre administration des collectivités territoriales. Voilà pourquoi nous proposons de le supprimer.</p>
<p style="text-align: justify;">(L’amendement n° 23, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;article 2 est adopté.)<br />
Après l’article 2
</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n°24.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Cet amendement propose de subordonner la parité de financement entre écoles publiques et privées, que la proposition de loi vise à instaurer, au respect des valeurs républicaines.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous souhaitez que l’enseignement privé bénéficie des fonds publics ; assurons-nous donc qu’il respecte les mêmes obligations, notamment en matière de laïcité. Tous les établissements scolaires, publics et privés, recevant des fonds publics devraient promouvoir la liberté de croire ou de ne pas croire, la liberté absolue de conscience, le refus des communautarismes, l’interdiction des signes ostensibles d’appartenance religieuse, enfin la stricte égalité des sexes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Marie-Odile Bouillé et M. Pascal Deguilhem. Ce n’est pas gagné !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Or certaines écoles confessionnelles outrepassent le respect de ces valeurs républicaines. Ces principes à valeur constitutionnelle opposables aux personnes publiques doivent pourtant être également applicables aux établissements concourant au service public ou recevant des fonds publics.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l’avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Cet amendement a été rejeté par la commission.</p>
<p style="text-align: justify;">Le titre IV vise spécifiquement la laïcité de l’enseignement public ; il ne concerne donc pas l’enseignement privé, dont l’une des spécificités est précisément son caractère confessionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">Le député d’Alsace que je suis tient à préciser qu’en Alsace-Moselle, toujours soumise au régime concordataire, l’enseignement de la religion est obligatoire dans les écoles publiques, mais les dérogations sont faciles à obtenir sur demande des familles. Ce régime fonctionne bien, et cela montre que la laïcité peut se décliner de plusieurs manières. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Michel Ménard. Vous êtes en terrain glissant !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Son caractère religieux n’empêche toutefois pas l’enseignement privé sous contrat d’être tenu à plusieurs obligations, s’agissant en particulier du recrutement des élèves. Ainsi, aucune discrimination fondée sur la religion n’est bien entendu admise, et les établissements privés accueillent souvent des élèves de toutes les confessions.</p>
<p style="text-align: justify;">Avis défavorable. (Exclamations sur les bancs du groupe GDR.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Monsieur Desallangre, je vous rappelle que l’enseignement privé contribue au service public de l’éducation nationale. En outre, l’adoption de cet amendement aboutirait en quelque sorte à nier la spécificité des établissements privés, spécificité que le rapporteur vient de souligner,…</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. La possibilité d’accepter des jeunes filles voilées, par exemple ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. …et donc à revenir sur la loi de 1959.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Eh oui, la loi Debré !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Vous comprendrez aisément que le Gouvernement n’y est pas favorable.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Yves Durand.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yves Durand. Monsieur le rapporteur, vous êtes député alsacien, et l’histoire est ce qu’elle est. Mais, au-delà de l’histoire, nous sommes des élus républicains, et la République, c’est aussi la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905,…</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Je suis entièrement d’accord !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yves Durand. …que tous doivent respecter et défendre. Je ne voudrais pas que l’on puisse lire dans le compte rendu de nos débats que le rapporteur d’une loi a cité en exemple le régime concordataire, qui, pour la République, n’est pas la loi.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Ce n’était pas du tout mon intention !</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 24 n&#8217;est pas adopté.)<br />
Article 3
</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. L’amendement n° 12 n’est pas défendu.</p>
<p style="text-align: justify;">(L’article 3 est adopté.)<br />
Titre
</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d’un amendement n°25.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Nous entendons défendre ici le préambule de la Constitution du 25 octobre 1946, qui proclame que « l’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État », et nous opposer à l’inscription dans la loi de la notion de parité de financement entre écoles publiques et privées.</p>
<p style="text-align: justify;">À nos yeux, en effet, cette notion renvoie à celle d’égalité, qui implique l’augmentation des charges communales destinées à financer l’école privée, donc la diminution des crédits de fonctionnement alloués à l’école publique. Or, si l’égalité de traitement est mentionnée dans l’article L. 442-5 du code de l’éducation, directement issu de la loi Debré, la parité de financement n’a ni sens juridique ni légitimité. Mais ce terme met en jeu le maintien et le développement de l’école publique.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, monsieur le ministre, vos déclarations il y a quelques jours, en Seine-Saint-Denis, sur la création de partenariats avec les écoles privées pour des projets éducatifs laissent également entendre que l’État s’apprête à engager davantage de moyens en faveur de l’école privée.</p>
<p style="text-align: justify;">Défendre une égalité de financement des dépenses de fonctionnement des écoles publiques et des établissements privés revient à remettre en cause la séparation de l’Église et de l’État, que mon collègue vient d’évoquer. L’impôt public devrait être utilisé selon une parfaite neutralité, et non pour moitié au profit des écoles privées, confessionnelles à 90 %.</p>
<p style="text-align: justify;">Par cet amendement, nous proposons donc de s’en tenir à la rédaction suivante du titre : « Proposition de loi relative au financement des écoles élémentaires privées sous contrat d’association lorsqu’elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence ».</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 25, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">(Le titre proposé par la commission est adopté.)<br />
Explications de vote
</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Dans les explications de vote, la parole est à M. Jean Glavany, pour le groupe SRC.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Nos débats ont été instructifs à plus d’un titre. Ils ont été sereins, ce dont nous pouvons tous nous réjouir (Sourires sur les bancs du groupe UMP) : personne n’a ravivé la guerre scolaire, ce qui peut pourtant démanger certains d’entre nous, sur tous les bancs de cet hémicycle. (« Ah bon ? » sur les bancs du groupe UMP.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Grosperrin. Vous êtes énervés ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Mais nous nous opposerons à ce texte, et je vais vous expliquer pourquoi.</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, le texte montre que le Gouvernement et la majorité ont enfin pris conscience, au bout de cinq ans, des difficultés que posait à des centaines de milliers de communes l’application de l’article 89 de la loi du 13 août 2004. Il était temps ! Le texte résoudra, bon an mal an, une grande partie de ces problèmes ; c’est heureux.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. C’est vrai !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Deuxièmement, le texte abroge l’article 89, ce qui nous satisfait ; il eût fallu s’en tenir là, et les membres du groupe SRC l’auraient alors voté des deux mains.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi ne le ferons-nous pas ? Parce que vous allez remplacer cet article par un nouveau dispositif, qui, si j’ose m’exprimer ainsi, est « moins grave que si c’était pire » – moins grave que l’article auquel il se substitue –, mais dont les fondements idéologiques demeurent contestables. Nous les retrouvons du reste dans tous les débats sur ce sujet.</p>
<p style="text-align: justify;">Si j’y reviens, c’est que, au-delà du petit incident qui nous a tout à l’heure opposés à M. Chatel à propos de la décision constitutionnelle de 1994, ce débat entre parité et égalité est un débat de principes, qui nous a toujours opposés. Je m’amusais tout à l’heure à relire cette décision : je vous confirme, monsieur le ministre, que, si le point 27 ne cite jamais le mot de parité, celui-ci est mentionné au point 24, à la demande des requérants, qui considèrent que l’application du principe de parité viole le principe d’égalité, car il impose les mêmes responsabilités à des établissements publics et privés, alors que les contraintes qui pèsent sur eux ne sont pas les mêmes.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est toujours la même histoire – comme pour les cliniques privées et les hôpitaux publics : on charge la barque du public sans lui donner les moyens du privé, et on donne des moyens au privé sans lui imposer les mêmes contraintes qu’au public. (Protestations sur les bancs du groupe UMP.) Vous pouvez dire ce que vous voulez : c’est toujours la même chose, toujours le même débat ! Et vous le menez toujours au son de cette sempiternelle rengaine de la liberté dont M. Vanneste nous a abreuvés tout l’après-midi.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. C’est un mot qui vous révulse !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Parfaitement, monsieur Vanneste, il me révulse parfois !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Mais c’est l’un des deux piliers de la République ! En le critiquant, c’est la République que vous critiquez, et vous montrez ainsi que vous êtes un mauvais républicain !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Régis Juanico. Oh là là !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Vous devriez regarder devant vous plutôt que de vous indigner ainsi ! Oui, monsieur Vanneste, il me révulse quand c’est au nom de la liberté individuelle que des femmes demandent à porter la burqa (Approbation sur les bancs du groupe SRC),…</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Quelle caricature !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. …, cette burqa que vous allez probablement interdire dans l’espace public, mais qui sera autorisée dans les établissements privés que vous financez, au nom de la liberté religieuse !</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Bérengère Poletti. N’importe quoi !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Le voile est bien autorisé dans les établissements privés, madame !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Lamblin. Sous contrat ! Vous oubliez toujours cette précision !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Qui recrute les jeunes filles qui portent le voile et ne veulent plus fréquenter les établissements publics ?</p>
<p style="text-align: justify;">Cette croisade pour la liberté, nous vous voyons la mener depuis des années. Ce principe de parité est pour nous anticonstitutionnel et antirépublicain. Le seul principe qui compte, c’est le principe d’égalité des citoyens, et non de parité entre les groupes ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Ce sont les deux, et vous les refusez à l’enseignement privé !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Vous mélangez tout, monsieur Vanneste, et je suis heureux de ne pas être d’accord avec vous, étant donné les positions que vous avez prises dans cet hémicycle !</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Monsieur Vanneste, si vous continuez, je vais devoir accorder une minute supplémentaire à M. Glavany. Ce serait dommage !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Je n’en aurai pas besoin !</p>
<p style="text-align: justify;">C’est parce que nous sommes ancrés à ce principe républicain d’égalité – et non de parité – que nous ne pouvons accepter le dispositif que vous instaurez.</p>
<p style="text-align: justify;">Je l’ai dit tout à l’heure : nous ne faisons que reculer pour mieux sauter.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Non, nous avançons !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. En effet, nous sommes convaincus que ce texte ne résistera pas à l’épreuve des faits constitutionnels, qu’il fasse ou non l’objet d’un recours de la part de parlementaires : vous avez pris dans ce domaine une mesure dont nous nous réjouissons, et nous avons voté pour la loi qui l’applique.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs députés UMP. Chantage ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Non, c’est la réalité !</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons mis en place le principe de l’ouverture du recours constitutionnel à tous les citoyens qui estimeraient qu’une loi est anticonstitutionnelle. Ne vous faites aucune illusion : les recours sont prêts un peu partout à travers la France. Il ne s’agit aucunement d’un chantage. Faute de nous avoir entendus cet après-midi, vous serez confrontés à la fragilité de votre dispositif sur lequel nous serons obligés de revenir d’une manière ou d’une autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons perdu du temps – après tout, nous en avions perdu beaucoup auparavant –, et si nous vous avons convaincus de la nécessité de revenir sur le dispositif de 2004, nous ne vous avons pas convaincus d’abandonner ce satané principe de parité en faveur du principe d’égalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous voterons donc contre cette proposition de loi, prêts à poursuivre le débat avec vous. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Jacques Desallangre, pour cinq minutes, en application de l’alinéa 3 de l’article 54 du règlement, je le précise à l’attention de M. Vanneste.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Merci, monsieur le président.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. La République joue contre son camp quand, dans le domaine de l’éducation nationale, elle aide le privé à concurrencer le public, en la circonstance aux frais des collectivités locales.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce texte est avant tout marqué par l’idéologie et nous ne vous en faisons pas grief. Nous ne vous reprochons pas de vouloir favoriser l’école privée mais de le faire au nom de l’égalité républicaine et de la liberté individuelle. Ce n’est pas la parité que vous nous proposez mais la reconnaissance positive de la disparité, avec prime au privé, prime à l’exode scolaire, prime à l’accentuation de la ghettoïsation. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pas la liberté de l’enseignement que l’on défend ; c’est la concurrence que l’on favorise et l’égalité entre les citoyens que l’on trahit. Le recours devant le Conseil constitutionnel, nous le déposerons, soyez-en sûrs.</p>
<p style="text-align: justify;">Attachés aux valeurs de la République, nous sommes opposés à ce texte dangereux pour la liberté de l’enseignement public. La seule école libre, rappelons-le, c’est l’école publique. C’est celle que l’on doit défendre avec conviction et c’est au nom de cette conviction que les députés de la gauche démocrate et républicaine voteront contre cette proposition de loi.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Yvan Lachaud.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yvan Lachaud. Le débat a peut-être été serein mais il nous a rappelé des idées dépassées et des caricatures archaïques stigmatisant la ségrégation et l’école réservée aux riches. Il faut avancer, mes chers collègues, et pour cela je vous invite à davantage visiter les établissements privés « sous contrat », mots que vous oubliez trop souvent.</p>
<p style="text-align: justify;">L’État se doit de vérifier que ces établissements respectent la mixité et la législation sur le port des signes distinctifs.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Ils ont leur caractère propre !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yvan Lachaud. Il est de notre responsabilité d’y veiller et de dénoncer, s’il y a lieu, les manquements aux règles. Sur ce point, je vous rejoins.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais dépassons ces clivages et cessez de considérer ce type d’établissements avec le même prisme : il s’agit d’idées totalement irrecevables, en complet décalage avec la réalité du terrain.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est urgent de voter ce texte, pour plusieurs raisons.</p>
<p style="text-align: justify;">D’abord, il correspond à une forte attente de la part des maires, confrontés à des situations très complexes qui ont parfois donné lieu à des procès et abouti à des choses inacceptables, les préfectures ne sachant plus comment appliquer le texte en vigueur. Voilà un peu de liberté qui leur est donnée dans l’application de la législation.</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, il permettra aux établissements privés sous contrat de vivre normalement et aux parents de réaffirmer la liberté qui est la leur dans ce pays d’inscrire leurs enfants là où ils le souhaitent.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, monsieur le ministre, j’ajouterai que la clarification que vous avez apportée à propos de l’adossement des regroupements pédagogiques intercommunaux aux EPCI nous satisfait. Je vous remercie également d’être revenu sur la notion de fratrie : les décrets pourront ainsi prendre en compte la réalité vécue aujourd’hui par les familles monoparentales et recomposées.</p>
<p style="text-align: justify;">Je considère que nous avons assez débattu. C’est avec grand plaisir que le Nouveau Centre votera en faveur de cette proposition de loi.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Jacques Grosperrin.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Grosperrin. J’aimerais tout d’abord répondre à M. Glavany : il n’y a rien d’idéologique dans cette proposition de loi. Il s’agit avant tout d’un texte pratique destiné à répondre aux inquiétudes des maires. (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Ah bon !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Grosperrin. M. Glavany a sans doute fait un réquisitoire brillant…</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Bérengère Poletti. Même pas !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. On ne peut pas plaire à tout le monde !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Grosperrin. …où il a mêlé idéologie et burqa. Mais je ne suis pas certain que, ce faisant, il soit resté au cœur du sujet. Je ne suis pas certain non plus que ses propos sur l’égalité de l’investissement entre établissements publics et privés soient fondés.</p>
<p style="text-align: justify;">Le vote de cette proposition de loi mettra fin aux problèmes nés de l’application de la loi du 20 janvier 1985. Depuis vingt-quatre ans, les maires attendent une solution, il est important de le rappeler.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme M. le ministre l’a souligné tout à l’heure, il s’agit d’un compromis, et le décret qui suivra permettra de préciser certains points.</p>
<p style="text-align: justify;">Le ministre a également parlé d’apaisement. À cet égard, je tiens à rappeler à M. Glavany qu’en décembre 2008, son collègue, le sénateur Charasse, disait lui-même qu’il appelait de ses vœux un apaisement dans la question de l’école privée et publique.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Il y contribue beaucoup, comme chacun sait !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Grosperrin. Il ne faut pas oublier que les enfants qui vont à l’école, qu’elle soit privée ou publique, sont avant tout les enfants de la République.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s’agit d’un texte équilibré qui concerne au premier chef les maires de notre pays – M. Pélissard évoquait dix-huit maires de droite et dix-huit maires de gauche –, lesquels ne peuvent plus se contenter d’incantations. S’il y a consensus autour de la solution offerte par la proposition de loi, c’est d’abord parce qu’elle était très attendue. Outre qu’elle établit une plus grande sécurité juridique, elle respecte le libre choix et permet une stricte parité entre le public et le privé.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour toutes ces raisons, le groupe UMP votera pour. (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC.)</p>
<p style="text-align: justify;">Vote sur l&#8217;ensemble</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je mets aux voix l&#8217;ensemble de la proposition de loi.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;ensemble de la proposition de loi est adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Avant d’examiner, dans le cadre d’une séance prolongée, la proposition de loi tendant à permettre le recours au vote par voie électronique lors des élections des membres de conseils des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel, je suspends la séance pour cinq minutes.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2008-2009-extra2/20092014.asp#INTER_3" target="_blank">l&#8217;intégralité de débats</a></p>
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		<title>Y&#8217;a-t-il ou non en France un problème avec les médias ?</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Oct 2009 06:30:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je vous laisse le soin de la réponse mais je vous recommande l&#8217;excellente intervention de Benoît Hamon en clôture des universités d&#8217;été d&#8217;un monde d&#8217;avance&#160;&#187; (courant du PS). A regarder vraiment !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je vous laisse le soin de la réponse mais je vous recommande l&#8217;excellente intervention de Benoît Hamon en clôture des universités d&#8217;été d&#8217;un monde d&#8217;avance&nbsp;&raquo; (courant du PS). A regarder vraiment !</p>
<div><strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xamq2n_benoit-hamlon-universites-de-rentre_news"></a></strong><em><a href="http://www.dailymotion.com/fr/channel/news"><br />
</a></em></div>
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		<title>Rénovation à PS City</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Sep 2009 15:53:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le Parti Socialiste dont je suis militant a décidé de se lancer à l&#8217;abordage de sa propre rénovation sous l&#8217;impulsion de Martine Aubry. &#171;&#160;Enfin&#160;&#187;, certains diront, &#171;&#160;un peu tard&#160;&#187; ou &#171;&#160;de quelle façon&#160;&#187; pourra-t-on lire ici ou là. Une chose est acquise pour tous, le PS ne peut plus se permettre un ou deux ans de plus au rythme des guerres d&#8217;égos, des questions stratégiques présidentielles aux visées 2012 ou 2017. Le PS doit ou devrait se contenter d&#8217;agiter le bocal, le casser sur la table, inviter tous ceux qui se reconnaissent du socialisme, à l&#8217;intérieur comme à l&#8217;extérieur, à participer à la grande rénovation socialiste du 21ème siècle. Au lieu de cela, le débat est bien gangrené par les questions d&#8217;ambitions personnelles, de triches &#171;&#160;post-reimsoises&#160;&#187; (réelles, supposées ou fictives), d&#8217;alliance avec le Modem, de casting présidentiel pour &#171;&#160;battre Nicolas Sarkozy&#160;&#187; (les mots sont importants), de &#171;&#160;TSSR&#160;&#187;, de &#171;&#160;non pas lui&#160;&#187;, de &#171;&#160;non pas elle&#160;&#187;, de &#171;&#160;attention à celui-là&#160;&#187;&#8230; Objectivement, le PS est dans un tel état que cela en est à la fois paradoxal et inquiétant. Il faut bien le dire, sur le terrain des territoires les socialistes sont bien souvent flamboyants. Ils sont relativement soudés, en dehors des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le Parti Socialiste dont je suis militant a décidé de se lancer à l&#8217;abordage de sa propre rénovation sous l&#8217;impulsion de Martine Aubry. &laquo;&nbsp;Enfin&nbsp;&raquo;, certains diront, &laquo;&nbsp;un peu tard&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;de quelle façon&nbsp;&raquo; pourra-t-on lire ici ou là. Une chose est acquise pour tous, le PS ne peut plus se permettre un ou deux ans de plus au rythme des guerres d&#8217;égos, des questions stratégiques présidentielles aux visées 2012 ou 2017. Le PS doit ou devrait se contenter d&#8217;agiter le bocal, le casser sur la table, inviter tous ceux qui se reconnaissent du socialisme, à l&#8217;intérieur comme à l&#8217;extérieur, à participer à la grande rénovation socialiste du 21ème siècle.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-888" title="democratie-1600x1200_12284161111" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/09/democratie-1600x1200_12284161111-241x300.jpg" alt="democratie-1600x1200_12284161111" width="241" height="300" />Au lieu de cela, le débat est bien gangrené par les questions d&#8217;ambitions personnelles, de triches &laquo;&nbsp;post-reimsoises&nbsp;&raquo; (réelles, supposées ou fictives), d&#8217;alliance avec le Modem, de casting présidentiel pour &laquo;&nbsp;battre Nicolas Sarkozy&nbsp;&raquo; (les mots sont importants), de &laquo;&nbsp;TSSR&nbsp;&raquo;, de &laquo;&nbsp;non pas lui&nbsp;&raquo;, de &laquo;&nbsp;non pas elle&nbsp;&raquo;, de &laquo;&nbsp;attention à celui-là&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Objectivement, le PS est dans un tel état que cela en est à la fois paradoxal et inquiétant.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut bien le dire, sur le terrain des territoires les socialistes sont bien souvent flamboyants. Ils sont relativement soudés, en dehors des querelles d&#8217;ambitions habituelles mais sans perdre le sens de l&#8217;intérêt général le plus souvent. Ils conduisent des politiques de territoires, de services et de projets bien souvent remarquables, disons au moins intéressantes. Ils en ont même la reconnaissance de la majorité de leurs concitoyens puisqu&#8217;ils dirigent une grande majorité des régions, des départements et des communes et que lors de toutes les élections partielles, ils sont soient reconduits ou élus, hors d&#8217;infimes cas assez particuliers.  Ils n&#8217;en oublient pour autant pas de &laquo;&nbsp;serrer au maximum les castings&nbsp;&raquo; pour éviter que des intrus entrent dans le bal des prétendants. Grosso modo, il faudrait être ingrat pour ne pas leur attribuer un satisfécit global.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;y a qu&#8217;à prendre le cas de la Gironde et de l&#8217;Aquitaine pour s&#8217;en convaincre. Autant Philippe Madrelle qu&#8217;Alain Rousset ont d&#8217;excellents bilans  quelles que soient les opinions  personnelles des uns ou des autres. Ils conduisent des politiques innovantes, ils savent mettre en œuvre le principe de développement équilibré des territoires, ils favorisent le développement rural, ils développent des politiques de solidarité tous azimuts, ils savent renforcer l&#8217;attractivité économique de la Gironde et de l&#8217;Aquitaine.<span id="more-864"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Au plan national, c&#8217;est par contre comme au casino &laquo;&nbsp;rien ne va plus&nbsp;&raquo; tant et si bien que n&#8217;importe quel français si vous l&#8217;interrogez, qu&#8217;il soit socialiste ou pas, vous dira en quelque sorte &laquo;&nbsp;y&#8217;en a marre de cette zizanie&nbsp;&raquo;? Bref, ils attendent, et à juste titre autre chose des socialistes. Pourtant, j&#8217;en suis le témoin, le travail des parlementaires socialistes est bien souvent riche, très productif sur tous les sujets et relativement exemplaire en terme d&#8217;opposition au gouvernement. Ce qui confine le travail colossal qui est conduit à son sort actuel relève de la même chose que ce qui gangrène &laquo;&nbsp;l&#8217;institution PS&nbsp;&raquo; au plan national, les querelles d&#8217;ambitions ou d&#8217;égos.</p>
<p style="text-align: justify;">Le résultat en est que le travail des socialistes ne possède pas la lisibilité ni la légitimité nationale qu&#8217;il mériterait pourtant. Les médias qui sont souvent accusés de ne pas couvrir réellement les sujets comme il conviendrait ont une évidente responsabilité mais enfin bon, pouvons-nous objectivement les blâmer sans cesse alors que nous nous offrons sans cesse en pâture pour un spectacle bien plus vendeur en terme de tirage&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">La réflexion permanente, la créativité d&#8217;un PS qui était autrefois une porte ouverte sur le monde se sont envolés. L&#8217;agitation d&#8217;idées a laissé place à l&#8217;agitation des égos et comme le dirait un ami dont je tairai le nom, <em>&laquo;&nbsp;au PS, y&#8217;a un nombril qui se réveille chaque jour&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Martine Aubry voit peser sur ses épaules l&#8217;immense responsabilité de mettre en œuvre une vraie révolution socialiste  à tous les niveaux sous peine de voir exploser ce parti auquel je suis sûr que les français restent malgré tout attachés. Avouons que la tâche est sacrément compliquée et que sur la ligne de départ, certains ont lesté le sac à dos&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Ségolène Royal, elle aussi, portera une immense responsabilité, quoi qu&#8217;il advienne, sur la suite des événements. Quelles que soient ses raisons réelles ou supposées d&#8217;être insatisfaite du résultat de Reims, son devoir, sa responsabilité de socialiste aurait dû être de favoriser la réussite d&#8217;un PS auquel elle doit tout, quoi qu&#8217;elle dise. Car favoriser la réussite du PS ne l&#8217;aurait pas mise &laquo;&nbsp;hors jeu&nbsp;&raquo; mais lui aurait ouvert la voie au contraire. Au lieu de cela elle s&#8217;est enferrée dans une logique de dépassement comme elle le dit elle même et d&#8217;alliance à droite. L&#8217;histoire le retiendra, j&#8217;en suis convaincu, quoi qu&#8217;il advienne pour notre cher PS.</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis il y a le fond, les &laquo;&nbsp;vraies choses&nbsp;&raquo; qui devraient nous intéresser toutes et tous. Imaginer gagner demain, OK. Pour quoi ? Comment ? Avec qui ensuite ? Bref, non un programme mais le projet.</p>
<p style="text-align: justify;">Quel projet inventer pour ce que peut ou doit être le socialisme du 21ème siècle ? Sur la base de quelles valeurs inventer ce projet ? Avec quelle espérance nationale et universelle inventer un projet ? Avec quelles inspirations territoriales, locales inventer un projet ? Quelle visée humaniste doit guider le projet socialiste du 21ème siècle ? Quelle place veut offrir le socialisme à tous les hommes et à toutes les femmes de toutes origines le projet de demain et surtout comment ? Comment le projet socialiste peut-il ou veut-il organiser le développement mondial et pas seulement national ? Comment le projet socialiste global peut-il offrir au pays et au monde une réconciliation avec son environnement ? Comment le socialisme veut-il organiser la création de richesses par tous et pour tous ? Comment le projet socialiste peut-il mettre à contribution chacun, équitablement, en fonction de sa capacité ? comment le projet socialiste peut-il réconcilier les générations en permettant à chacune d&#8217;améliorer son sort ?&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, vous m&#8217;aurez compris la rénovation ne prend pour le moment pas encore le bon chemin. Alors je livrerai ici comme une contribution militante ma réponse au questionnaire sur lequel les socialistes doivent se prononcer le 1er octobre au soir&#8230; (<span style="text-decoration: underline;">mes réponses en italique et gras</span>)</p>
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<h3 style="text-align: center;"><strong>Consultation militante : le questionnaire</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>1.Les primaires ouvertes</strong></span><br />
L’organisation de primaires ouvertes pour l’élection présidentielle est une avancée démocratique et doit être aussi une chance pour créer un vaste mouvement populaire en faveur de notre candidat(e) et de nos idées.
</p>
<p style="text-align: justify;">Nous souhaitons qu’elles permettent d’agréger autour de nous toutes celles et tous ceux qui veulent nous aider à construire un autre projet de société, choisir notre candidat(e) en 2011, l’amener à la victoire en 2012 et se mobiliser ensuite pour changer la France.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous vous proposons d’en adopter aujourd’hui le principe, les modalités concrètes d’organisation de ces primaires étant précisées dans la convention de l’été 2010.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Question 1-1 : « Etes-vous favorables à la désignation du candidat(e) des socialistes par des primaires ouvertes aux citoyens qui souhaitent le changement en 2012 et veulent participer à la victoire de la gauche? »</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>La véritable primaire ouverte réside dans le premier tour de l&#8217;élection présidentielle. Tant que notre pays n&#8217;aura pas profondément rénové sa démocratie en l&#8217;orientant vers une république parlementaire et donc collégiale, nous ne pouvons nous orienter vers ce système qui est un piège dont nous avons déjà vu les méfaits en Italie notamment. ce système nous est proposé par les tenants d&#8217;une alliance à droite et qui ne veut pas dire son nom. Comment accepter de donner mandat aux instances nationales, de façon volontairement floue?&#8230; on ne peut accepter de se prononcer sur un principe dont les modalités exactes ne sont pas définies et alors que la ligne politique n&#8217;est même pas déterminée. S&#8217;il s&#8217;agissait de constituer un véritable front populaire des forces de gauche, alors peut-être serait-il possible de reconsidérer cette question. en l&#8217;état actuel des choses, cette question est un piège dont le PS sortira laminé à la fin. </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>MA RÉPONSE EST NON !<br />
</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>&#8212;<br />
</strong>
</p>
<p style="text-align: justify;">Nous nous sommes engagés, avec nos partenaires de gauche, dans une nouvelle démarche de rassemblement à gauche. C’est dans ce cadre et sur le fondement d’un travail en commun sur nos valeurs et nos idées, avec des actions communes, que seront discutées les stratégies électorales les plus appropriées pour gagner en 2012. Ces discussions pourront amener certains de nos partenaires à vouloir organiser en commun, par des primaires ouvertes, la désignation du candidat(e) de la gauche.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Question 1-2 : Donnez vous mandat au Bureau National pour organiser ensemble avec les formations de gauche qui le souhaitent de telles primaires dans le cadre d’un rassemblement politique et sur la base d’une plate-forme commune ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>La question est éminemment piégeuse. On nous dit &laquo;&nbsp;les forces de gauche qui le souhaitent&nbsp;&raquo;. On en revient à la ligne politique non définie et au projet encore inexistant. J&#8217;en fais la lecture suivante, on va partir sur une plateforme programmatique qui ne sera pas à même d&#8217;opérer un rassemblement de toutes les forces de gauche pour mieux nous dire ensuite &laquo;&nbsp;ils n&#8217;ont pas voulu&nbsp;&raquo; et nous conduire incidemment avec ceux qui voudront bien&#8230; le Modem ?&#8230; Tout cela pour ensuite revendiquer un mandat des militants qui auraient validés cela et désirés l&#8217;orientation définitive vers un socialisme mou et libéral ? La question peut être posée.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>MA RÉPONSE EST NON !<br />
</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>&#8212;<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>2- Le non-cumul des mandats</strong></span><br />
La limitation du cumul des mandats est une condition du bon exercice de chacun d’entre eux mais aussi du renouvellement des responsables politiques. C’est la fierté des socialistes d’avoir été à l’initiative des seules lois limitant le cumul des mandats. Le groupe socialiste déposera d’ailleurs des amendements pour aller plus loin lors du débat sur le projet de loi sur les collectivités territoriales. Dès à présent, notre groupe parlementaire et le Parti vont travailler à un projet de véritable statut de l’élu que nous mettrons en œuvre lorsque nous reviendrons au pouvoir.<br />
Mais il est temps aujourd’hui pour les socialistes de franchir une étape majeure. Nous proposons d’inscrire dans nos statuts deux nouvelles limitations qui vont plus loin que la loi actuelle, qui s’inscrivent dans l’objectif du mandat unique pour les parlementaires et qui s’imposeront à tous les socialistes à chaque renouvellement.
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Question 2-1 : Etes-vous favorables, comme étape vers le mandat parlementaire unique, à l’impossibilité de cumuler, sans attendre le vote d’une loi, dès les prochains renouvellements (cantonales 2011, Sénatoriales 2011, législatives 2012) un mandat de parlementaire avec une présidence d’exécutif local (Communes, Intercommunalité, CG, CR) ou la participation à un exécutif (Vice-Pdt, Maire adjoint )?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Sur la question du non cumul des mandats, je suis assez favorable à une limite du cumul mais ayant pratiqué de près la collaboration avec des élus divers, je puis garantir qu&#8217;il ne serait pas souhaitable de couper le lien entre le local et le national pour les parlementaires. Selon moi, un parlementaire disposant d&#8217;un mandat local ne reste que mieux en prise avec les réalités citoyennes de proximité ainsi qu&#8217;avec les réalités qui touchent les collectivités locales. En outre, engager cette démarche sans que ce soit une loi qui l&#8217;impose à toutes les formations politique, c&#8217;est enclencher la &laquo;&nbsp;machine à perdre&nbsp;&raquo;. Nous aurions un fourmillement de candidatures nouvelles et de moindre notoriété alors que nos adversaires ne se priveront pas de présenter des candidat(e)s clairement identifiés&#8230;</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>MA RÉPONSE EST NON !</em></strong></p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Question 2-2 : Êtes-vous favorables à limiter à trois les mandats successifs des présidents d’exécutifs locaux (Maires, Présidents de Conseil Général, de Conseil Régional, et d’Intercommunalité) ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Sur ce point, j&#8217;avais rédigé en 2005 une proposition visant à rendre impossible l&#8217;exercice du même mandat plus de deux fois successivement. Sur ce principe, on pourrait être Maire durant deux mandats, conseiller général ou régional durant deux mandats, député ou sénateur durant deux mandats&#8230; mais ne jamais exercer au delà. Cette proposition présenterait pour moi l&#8217;avantage de permettre à des élus de poursuivre un investissement public de long ou très long terme tout en permettant une meilleure oxygénation des différentes collectivités ou des assemblées parlementaires. La proposition du PS est nettement moins ambitieuse mais elle va dans le bon sens.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>MA RÉPONSE EST OUI !</em></strong></p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>3- La parité, les diversités, les outremers et le renouvellement générationnel</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Un Parti fort est un Parti qui ressemble à la société qu’il représente. Nous devons ainsi organiser en notre sein les conditions de l’égalité réelle d’accès aux responsabilités.</p>
<p style="text-align: justify;">La première exigence est la parité. Les socialistes déposeront une proposition de Loi afin de durcir les conditions du financement des partis politiques qui ne respectent pas la stricte parité dans leurs candidat(e)ures aux élections législatives. Par ailleurs, nous vous proposons d’aller au-delà du seuil de 40% minimum de femmes présentes dans nos instances dirigeantes comme nos statuts le prévoient aujourd’hui. Si vous décidez d’approuver le principe de parité totale, cela sera applicable dès le prochain congrès.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Question 3-1 : « Êtes-vous favorables à l’instauration de la parité totale dans toutes les instances du Parti (locales et nationales) ? »</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Si le principe de la parité est un essentiel et louable, je suis en désaccord avec ce qui pourrait devenir doctrinaire et contreproductif en mettant de côté les critères de compétences et bien d&#8217;autres. Cette opinion fera probablement débat, mais j&#8217;estime que cette proposition peut un jour nous conduire à devoir appliquer d&#8217;autres &laquo;&nbsp;quotas&nbsp;&raquo; au titre de je ne sais quelle minorité ou communauté, quelle qu&#8217;en soient les fondements. C&#8217;est adopter indirectement et de façon éloignée, l&#8217;idée non pas d&#8217;une communauté nationale mais d&#8217;un agrégat de micro-communautés.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>MA RÉPONSE EST NON !</em></strong></p>
<p style="text-align: center;">&#8212;<strong><br />
</strong>
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Question 3-2 : « Êtes-vous favorables à l’instauration de la parité dans les candidat(e)ures pour les élections législatives de 2012 ? »</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Même réponse que précédemment. Je rajouterai une chose. combien de militants ou même d&#8217;élus ont-ils en mémoire des candidat(s) battu(e)s car désigné(e)s au titre de la parité et pourtant moins bien implantés localement et disposant de chances de victoires plus faibles ?&#8230; Les réalités locales doivent primer sur les autres questions. En outre , la désignation de candidat(e)s par les instances internes au nom du principe de parité ne permet souvent pas que s&#8217;exprime la démocratie militante, assez souvent sage et connaisseuse de ses propres territoires. De plus, cela entraîne certains marchandages nationaux ou locaux qui sont néfastes selon moi.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>MA RÉPONSE EST NON !</em></strong></p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut aussi créer les conditions d’assurer en notre sein la diversité, au sens le plus large du terme, sans instaurer de quotas, en visant l’accès aux responsabilités de militants issus de l’immigration, d’ouvriers, d’agriculteurs, d’employés du secteur privé…, qui sont aujourd’hui sous-représentés parmi les responsables et les élus de notre Parti. Il s’agit aussi de préparer aujourd’hui une nouvelle génération à exercer demain les responsabilités. L’expérience nous a appris que nous ne pouvions réussir qu’en s’y prenant suffisamment tôt et en réservant des cantons ou des circonscriptions pour mettre en application nos principes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Question 3-3 : « Donnez-vous mandat au Bureau National pour fixer, pour chaque élection, des objectifs de renouvellement contribuant à une meilleure représentation des diversités de la société française, et pour cela, en réservant si nécessaire, des circonscriptions électorales ? »</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Même réponse que précédemment. Limiter le cumul des mandats dans le temps suffirait à répondre à l&#8217;objectif visé sans avoir à entrer dans des questions touchant immanquablement aux communautés, minorités&#8230;<br />
</em></strong>
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>MA RÉPONSE EST NON !</em></strong></p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">4. Pour une démocratie interne aboutie</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous savons par ailleurs que l’acte d’adhésion est encore trop difficile dans notre parti et nous empêche de devenir un parti de masse à l’image de la société. Il est donc nécessaire de réfléchir collectivement à de nouveaux modes d’organisation et de formation.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Question 4-1: Donnez-vous mandat au Bureau National pour proposer dans la réforme de nos statuts des règles nouvelles permettant d’ouvrir largement notre parti aux hommes et aux femmes de gauche en réduisant les obstacles à leur adhésion (adhésion directe, adhésion à des sections thématiques, montant des cotisations, modalité d’accueil, adhésion sur Internet…)?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Nul besoin d&#8217;argumentation. Du sang neuf !</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>MA RÉPONSE EST OUI !</em></strong></p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;">Le Congrès de Reims a montré que l’élection au suffrage universel direct du 1er Secrétaire National et des 1ers secrétaires fédéraux après le Congrès pouvait empêcher celui-ci d’être un moment de synthèse, de travail et de rassemblement. Sans remettre en cause la proportionnelle, qui est un élément fondamental de l’unité des socialistes permettant le respect de la pluralité d’opinion dans chacun de nos instances, il nous faut réfléchir à une nouvelle organisation de nos Congrès permettant que le choix de nos dirigeants repose sur des choix politiques et sur leur capacité à créer des majorités stables pour pouvoir gérer le parti.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Question 4-2 : Donnez-vous mandat au Bureau National pour proposer dans la réforme de nos statuts, des règles de démocratie interne permettant d’améliorer l’efficacité de nos Congrès et de choisir nos dirigeants en cohérence avec nos orientations politiques ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>En clair, on nous propose de nous enfumer et de donner mandat pour cela&#8230; personnellement, je donne mandat sur des choix clairs, pas sur des approximations !</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>MA RÉPONSE EST NON !</em></strong></p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>5. Pour des règles d’éthique</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Nous devons nous doter des moyens pour garantir un réel civisme interne et la solidarité entre socialistes à tous les niveaux. Nous proposons que soit rédigée une charte d’éthique, prévue par nos statuts, mais jamais écrite. Une commission composée de personnalités incontestées faisant autorité dans notre Parti pourrait être chargée de faire respecter ces règles communes. Elle pourrait, entre autres, proposer une réforme de l’organisation de nos scrutins afin qu’il n’y ait plus de contestations, rappeler à l’ordre ceux de nos camarades ou de nos instances qui ne respecteraient pas les valeurs et les règles de notre collectif.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Question 5.1: Êtes-vous favorables à la création dans notre parti d’une autorité indépendante et incontestée, chargée de faire respecter les règles d’éthique et de droit s’imposant à tous les adhérents du Parti Socialiste, disposant des moyens de les faire respecter et tranchant en dernier ressort toute question en rapport avec la violation de nos règles communes ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Sur le principe on ne peut qu&#8217;y être favorable, mais là encore, il nous faudrait donner mandat sur du vent !&#8230; Que l&#8217;on nous propose une ou deux solutions techniquement claires et nous pourrons alors choisir&#8230;</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>MA RÉPONSE EST NON !</em></strong></p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Question 5.2: Approuvez-vous la mise en œuvre dans les scrutins internes de notre parti, de nouveaux mécanismes, inspirés des règles et des moyens de la République, garantissant la sincérité et la fiabilité de nos votes ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Alors là, on peut dire que c&#8217;est le bouquet final ! on va nous faire croire que l&#8217;on ne dispose des moyens depuis des décennies d&#8217;avoir des scrutins internes fiables ?&#8230; En restant poli, ne serait-ce pas se moquer du monde ?&#8230;</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>MA RÉPONSE EST OUI !</em></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Quand le nouveau site de Ségolène Royal fait le &#171;&#160;buzz&#160;&#187; et que Pierre Desproges se rappelle à nous</title>
		<link>http://www.yannickserrano.fr/2009/09/24/quand-le-nouveau-site-de-segolene-royal-fait-le-buzz-et-que-pierre-desproges-se-rappelle-a-nous/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=quand-le-nouveau-site-de-segolene-royal-fait-le-buzz-et-que-pierre-desproges-se-rappelle-a-nous</link>
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		<pubDate>Thu, 24 Sep 2009 15:50:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Histoires Socialistes]]></category>
		<category><![CDATA[blog]]></category>
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		<category><![CDATA[Congrès de Reims]]></category>
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		<category><![CDATA[désirs d'avenir]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;actualité de la semaine a été en partie occupée par la sortie du nouveau site Désirs d&#8217;Avenir, de Ségolène Royal. Il faut dire que dame Ségolène avait fait une publicité colossale sur la sortie de son nouveau site en la couplant à sa réponse concernant un livre polémique sur le dernier congrès de Reims. J&#8217;ai moi-même tenté, à l&#8217;heure dite de me connecter sur le fameux site en étant incrédule devant l&#8217;aspect figé et d&#8217;un autre temps de la réalisation &#171;&#160;révolutionnaire&#160;&#187;. Je me suis dit que ce n&#8217;était pas possible, je n&#8217;étais pas le seul puisque tous les médias, les journaux ont parlé de cela. L&#8217;agence CB News en a même fait une place de choix dans son actu vidéo de la semaine en montrant une parodie d&#8217;un film, lui aussi dans l&#8217;actu (Apocalypse) qui était détourné pour parler de désirs d&#8217;avenir sous un regard caustique mais au combien marrant pour beaucoup de gens. C&#8217;est donc volontairement que je ne fais pas de liens, mes lecteurs besogneux taperont les bons mots clés dans google pour dénicher tout cela&#8230; A ma grande stupéfaction, cette vidéo a soulevé l&#8217;ire de certains esprits étriqués, pas nombreux je vous rassure, 3 exactement. Cela m&#8217;a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">L&#8217;actualité de la semaine a été en partie occupée par la sortie du nouveau site Désirs d&#8217;Avenir, de Ségolène Royal. Il faut dire que dame Ségolène avait fait une publicité colossale sur la sortie de son nouveau site en la couplant à sa réponse concernant un livre polémique sur le dernier congrès de Reims. J&#8217;ai moi-même tenté, à l&#8217;heure dite de me connecter sur le fameux site en étant incrédule devant l&#8217;aspect figé et d&#8217;un autre temps de la réalisation &laquo;&nbsp;révolutionnaire&nbsp;&raquo;. Je me suis dit que ce n&#8217;était pas possible, je n&#8217;étais pas le seul puisque tous les médias, les journaux ont parlé de cela. L&#8217;agence CB News en a même fait une place de choix dans son actu vidéo de la semaine en montrant une parodie d&#8217;un film, lui aussi dans l&#8217;actu (Apocalypse) qui était détourné pour parler de désirs d&#8217;avenir sous un regard caustique mais au combien marrant pour beaucoup de gens. C&#8217;est donc volontairement que je ne fais pas de liens, mes lecteurs besogneux taperont les bons mots clés dans google pour dénicher tout cela&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">A ma grande stupéfaction, cette vidéo a soulevé l&#8217;ire de certains esprits étriqués, pas nombreux je vous rassure, 3 exactement. Cela m&#8217;a par contre valu de nombreux témoignages de franche rigolade par des mails que j&#8217;ai reçu de personnes de toutes sensibilités et quelques commentaires savoureux, publiés ici mais effacés depuis. Je suis toujours étonné quand quelques personnes qui revendiquent un certain esprit critique sur la société, même une forme de capacité à &laquo;&nbsp;réfléchir&nbsp;&raquo; sont à ce point &laquo;&nbsp;choquées&nbsp;&raquo; de bout de films humoristiques qui sont fait sur le web. Il m&#8217;arrive d&#8217;attendre la même indignation de ces gens sur des sujets ô combien plus sérieux et sur lesquels j&#8217;ai pu écrire des billets autrement plus sérieux et significatifs, eux. Mais souvent rien ne vient.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme quoi l&#8217;indignation est à géométrie variable et bien souvent concentrée sur des sujets bassement puérils alors que sur des thèmes bien forts comme la <a href="http://www.yannickserrano.fr/?s=laicit%C3%A9" target="_blank">laïcité</a>, <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/07/30/letouffement-de-la-democratie-par-le-bas/" target="_blank">l&#8217;affaiblissement programmé de la démocratie</a>, <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/07/12/voiles-foulards-et-autres-artifices-une-question-degalite-de-laicite-et-de-citoyennete/" target="_blank">les tentatives de communautarisation de notre pays</a>, <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/05/15/toutes-les-libertes-passent-par-la-liberte-de-la-presse/" target="_blank">la mise au pas de la liberté de la presse</a>, <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/04/28/etes-vous-volontaires-pour-le-dimanche/" target="_blank">le travail du dimanche</a>, <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/04/22/la-censure-arrive-pour-les-blogueurs/" target="_blank">la censure qui pointe son nez sur le web</a> (tiens donc), <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/03/26/les-departements-rejettent-en-totalite-le-rapport-%C2%AB-balladur-%C2%BB/" target="_blank">la réforme des collectivités</a>, <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/03/06/urgence-pour-la-penitentiaire-un-girondin-fer-de-lance-des-debats-parlementaires/" target="_blank">la réforme pénitentiaire</a>, <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/02/14/les-visiteurs-du-soir/" target="_blank">la souffrance des gens au quotidien</a>, <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/01/30/petite-ou-grande-histoire-de-greves-et-de-manifestations/" target="_blank">le mouvement social</a> et tant d&#8217;autres&#8230; on voit beaucoup moins souvent (chez les mêmes?) une aussi forte capacité d&#8217;indignation, de protestation et de commentaire&#8230; Alors je ne parlerai même pas de la capacité de propositions.</p>
<p style="text-align: justify;">Allez, comme je suis beau joueur, je ne résiste pas à la tentation de vous montrer la vidéo de LCI qui a parfaitement couvert l&#8217;événement du site désirs d&#8217;avenir&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Soyez rassurés, je continuerai à écrire, à critiquer (au sens positif du terme), à proposer et à défendre sur des sujets forts dont je ne doute pas qu&#8217;ils seront &laquo;&nbsp;épluchés&nbsp;&raquo; dans les moindres détails.</p>
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		<title>Pour moi la France&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Sep 2009 08:57:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<title>Primaires à gauche : lever les ambiguïtés</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Sep 2009 06:00:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès, initiateurs de l’appel « Gauche 2012 », expliquent pourquoi l&#8217;idée de primaires ouvertes n&#8217;est pas, à leur sens, une urgence: «Ce dont la France a besoin, ce n’est pas seulement d’une alternance, mais aussi d’une politique alternative.» C&#8217;est de ce projet que naîtra, selon eux, la mobilisation de la gauche qui mènera jusqu&#8217;à la victoire. La « pétition des 100 » du club Terra Nova commence bien, avec cette interpellation: « Nous appelons à une primaire populaire ouverte aux citoyens de gauche… ». Mais, très vite, le malaise s’installe. Dans la liste hétéroclite des signataires, on trouve, entre autres, Jean Peyrelevade, vice-président du Modem, les principaux soutiens socialistes à la ligne d’alliance du PS avec le centre…mais aussi des responsables socialistes, qui faisaient pourtant partie des deux tiers de militants du congrès de Reims opposés à cette alliance ! Si de nouvelles formes de démocratie doivent être inventées, elles ne sauraient se substituer à des délibérations collectives organisées. Chacun se souvient que ce débat est d’une importance capitale dans l’histoire de la gauche française. On sait par exemple ce qu’il en est advenu de l’idée que la « démocratie à la base » devait se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès, initiateurs de l’appel « Gauche 2012 », expliquent pourquoi l&#8217;idée de primaires ouvertes n&#8217;est pas, à leur sens, une urgence: «Ce dont la France a besoin, ce n’est pas seulement d’une alternance, mais aussi d’une politique alternative.»  C&#8217;est de ce projet que naîtra, selon eux, la mobilisation de la gauche qui mènera jusqu&#8217;à la victoire.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La « pétition des 100 » du club Terra Nova commence bien</strong>, avec cette interpellation: « Nous appelons à une primaire populaire ouverte aux citoyens de gauche… ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mais, très vite, le malaise s’installe.</strong> Dans la liste hétéroclite des signataires, on trouve, entre autres, Jean Peyrelevade, vice-président du Modem, les principaux soutiens socialistes à la ligne d’alliance du PS avec le centre…<span id="more-841"></span>mais aussi des responsables socialistes, qui faisaient pourtant partie des deux tiers de militants du congrès de Reims opposés à cette alliance ! Si de nouvelles formes de démocratie doivent être inventées, elles ne sauraient se substituer à des délibérations collectives organisées. Chacun se souvient que ce débat est d’une importance capitale dans l’histoire de la gauche française. On sait par exemple ce qu’il en est advenu de l’idée que la « démocratie à la base » devait se substituer à la « démocratie bourgeoise »!</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Alors, soyons clairs, ce débat sur les primaires ne doit pas être l’occasion de faire passer par la « petite porte » un accord politique avec le Modem -nouvelle mouture de la vieille lune de la « troisième voie »-, qui se révèlerait doublement inefficace :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">* <strong>en empêchant l’unité de toute la gauche</strong>, ou au moins de toute la gauche prête à gouverner ;<br />
* <strong>en réduisant les ambitions à quelques références, à des valeurs « communes » qualifiées de « progressistes » et dont on ne sait qui les définirait. </strong>
</p>
<p style="text-align: justify;">Le malaise s’accroît, lorsque l’on essaie de comprendre ce qui est proposé. S’agit-il de désigner le candidat du PS ou un candidat du « centre gauche » ou un candidat du rassemblement de la gauche et des écologistes ? Tout au long du texte et des déclarations qui l’accompagnent, la confusion est entretenue et, comme on n’aperçoit nulle part de volonté d’associer l’ensemble des forces politiques à une démarche commune, large et globale, on en déduit qu’il s’agit de désigner le candidat socialiste. Les partenaires du PS, invités à se rallier et placés en position subalterne, ne pourront que refuser cette démarche méprisante. Au passage, cela arrangerait bien les tenants de l’alliance au centre…… et, sans doute, Nicolas Sarkozy!</p>
<p style="text-align: justify;">Le chemin vers une candidature unique de la gauche et des écologistes, qui est la seule stratégie susceptible de permettre la victoire de la gauche en 2012, passe par la définition d’un cadre commun, qui ne saurait se limiter à l’organisation de primaires. Il faut un accord global pour une majorité alternative (et pas seulement un président), sur la base d’un projet, puis d’un programme. C’est cela l’urgence. Toute prise de position préalable du PS qui ne chercherait pas à être partagée et établie en commun avec ses partenaires serait une grave erreur et conduirait à l’échec.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Pour sortir de l’ambigüité, il faut dire clairement</strong></span>:</p>
<p style="text-align: justify;">1. que les primaires ont vocation à désigner un candidat unique de la gauche et des écologistes ;<br />
2. qu’elles doivent être préparées dans un cadre unitaire, à l’issue d’une démarche globale, qui aura permis de jeter les bases, en commun, d’un accord de gouvernement et d’un programme.
</p>
<p style="text-align: justify;">Notons que la préparation du programme doit faire appel à un processus aussi participatif que le choix du candidat, sauf à définitivement basculer dans le présidentialisme, en confortant la logique dévastatrice de la Ve République. Comment comprendre à cet égard que les promoteurs d’une 6VIe République parlementaire semblent faire de la désignation du président l’alpha et l’oméga du renouveau de la gauche ?</p>
<p style="text-align: justify;">Prenons garde, à travers ce choix de ne pas accélérer une évolution « à l’américaine » de nos institutions. Outre le fait que les traditions politiques américaines sont très éloignées de notre culture politique, elles ne sont pas cohérentes avec les idéaux de la gauche, qui privilégient le collectif et ne croient pas en l’homme providentiel ! Partir tête baissée dans cette direction, c’est faire la même erreur qu’au moment de la décision de passer au quinquennat et d’inverser le calendrier électoral, décision alors plébiscitée dans les sondages, mais peu soutenue dans les urnes et dont on voit aujourd’hui les nocives dérives !</p>
<p style="text-align: justify;">Les signataires de la pétition ont bien senti que l’on ne saurait éluder le fond, puisqu’ils indiquent : « Le périmètre de la primaire ne pourra être arrêté qu’à l’issue d’un travail préalable sur le fond, permettant d’élaborer des fondamentaux idéologiques communs. Mais le principe doit être arrêté dés maintenant, sereinement et non dans l’urgence pré- électorale ».</p>
<p style="text-align: justify;">Cette idée – la recherche de « fondamentaux idéologiques communs » — ne nous semble pas bonne. En effet, elle risque de conduire à se limiter à des formules creuses sur les valeurs, sorte de « fourre tout », que certains, même à droite, pourraient accepter ! Ou alors, il s’agira de tenter d’unir largement toute la palette idéologique de la gauche derrière une forme de pensée unique. Mission quasiment impossible, compte tenu de la diversité des courants culturels qui s’expriment dans la gauche française (communiste, écologiste, social-démocrate, altermondialiste, libertaire, chrétien de gauche, républicains sociaux, …), peu enclins à noyer leur identité idéologique dans un discours minimal, qui risque, de plus, de ne pas être clivant avec la droite.</p>
<p style="text-align: justify;">En revanche, ils peuvent s’unir autour d’objectifs de transformation sociale concrets et actuels, fondés sur des valeurs communes. C’est à ce travail que doivent être conviées une large part des forces vives de la gauche et de l’écologie, tant dans le monde associatif, les ONG, les clubs, les syndicats, parce qu’ils s’intéressent d’abord aux propositions et aux changements effectifs qui doivent être engagés, avant de se préoccuper de la personnalité qui l’incarnera.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est avec cette, préoccupation que <strong>nous avons proposé de constituer un Nouveau Front populaire qui associe, à la démarche de définition d’un programme et de désignation du candidat, non seulement les partis mais aussi les nombreux citoyens engagés dans différentes organisations militantes et de réflexion et qui ne se reconnaissent plus dans le paysage partisan actuel.</strong> Ils ne conçoivent pas la politique comme un « zapping électoral » et veulent être acteurs de choix politiques précis ; pour eux, le projet de la gauche doit se construire « tous ensemble ».</p>
<p style="text-align: justify;">L’appel que nous avons lancé en ce sens il y a 6 mois (<em><strong>« Gauche 2012 : le logiciel de la victoire »</strong></em> <a href="www.gauche2012.org" target="_blank">www.gauche2012.org)</a> et qui a rassemblé 900 signatures de militants, d’élus et de responsables issus des diverses sensibilités de la gauche, nous semble toujours pertinent. Il propose un calendrier comportant 6 phases:</p>
<p style="text-align: justify;">- 1re phase (été 2009). Décision de mettre en place un Comité de préparation des « Etats généraux de la gauche ».</p>
<p style="text-align: justify;">- 2e phase (2e semestre 2009). Travaux du Comité de préparation :<br />
<em>+ fixation des objectifs des Etats Généraux, du mode de débat, de la date et du fonctionnement des Etats généraux.</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><em> + rédaction de textes introductifs et choix des enjeux prioritaires à débattre.</em></p>
<p style="text-align: justify;">- 3e phase (décembre 2009 &#8211; janvier 2010). Préparation des Etats généraux nationaux par des rencontres décentralisées</p>
<p style="text-align: justify;">- 4e phase (juin 2010, après les élections régionales). Etats Généraux : vote du projet en vue de la préparation d’un accord de gouvernement, détermination du mode de fonctionnement des primaires (auxquelles participeront les militants et adhérents de toutes les organisations ayant accepté le projet).</p>
<p style="text-align: justify;">- 5e phase (2e semestre 2010). Mise en place d’un comité unitaire de préparation des primaires et arrêtant les grandes lignes d’un programme ; établissement de la liste des votants ; Campagne des candidats se présentant aux primaires.<br />
o 6e phase (début 2011). Primaires.
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ce dont la France a besoin, ce n’est pas seulement d’une alternance, mais aussi d’une politique alternative à la logique dominante. Sans l’unité de toute la gauche, pas de victoire possible ; sans « rupture », pas de mobilisation du peuple de gauche, des employés, du monde du travail, qui risquent fort de bouder ces primaires ». C’est par une nouvelle dynamique unitaire que deviendra possible la reconquête des couches populaires. Cette tâche est certainement plus prioritaire que la méthode de désignation du candidat, pour rénover la gauche et assurer sa victoire en 2012.</strong></p>
<h6 style="text-align: justify;"><strong><em><a href="http://www.mediapart.fr/club/edition/article/270809/primaires-gauche-lever-les-ambiguites" target="_blank">source Médiapart</a></em><br />
</strong></h6>
]]></content:encoded>
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		<title>A nos amis socialistes qui parlent de primaires sans savoir de quoi ils parlent</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Sep 2009 14:54:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour Jacques Claude, ancien membre des cabinets d&#8217;André Chandernagor, Ségolène Royal, Jean-Jack Queyranne et Alain Richard, et Fred Abram-Profeta, ancien secrétaire de la section PS de Boulogne-Billancourt, les primaires ouvertes existent déjà: il s&#8217;agit du premier tour de l&#8217;élection présidentielle. Il suffirait de renforcer constitutionnellement la logique bipartisane pour les rendre pleinement opérationnelles. Pour faire des primaires, il ne suffit pas de sauter sur sa chaise comme un cabri et crier « primaires, primaires, primaires » ! Il faut laisser au vestiaire les postures, les invectives et les menaces, faire cesser les divisions stériles, réfléchir un peu et travailler au programme. En incluant notamment le question des primaires. Nous ne sommes ni aux États-Unis, ni en Italie. Les primaires américaines appartiennent à l&#8217;histoire des Etats-Unis. Encore le modèle américain n&#8217;est-il pas parfait, en raison de sa diversité de régimes locaux et en raison du système des grands électeurs qui a permis à G.W. Bush d&#8217;être élu à la minorité absolue des citoyens. Des primaires à l&#8217;italienne auraient peut-être inversé le dernier résultat aux États-Unis. De plus, le système est loin d&#8217;avoir conduit à des succès, autre que d&#8217;estime. Il s&#8217;agit plus d&#8217;un avatar de la « combinazione » que d&#8217;un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Pour Jacques Claude, ancien membre des cabinets d&#8217;André Chandernagor, Ségolène Royal, Jean-Jack Queyranne et Alain Richard, et Fred Abram-Profeta, ancien secrétaire de la section PS de Boulogne-Billancourt, les primaires ouvertes existent déjà: il s&#8217;agit du premier tour de l&#8217;élection présidentielle. Il suffirait de renforcer constitutionnellement la logique bipartisane pour les rendre pleinement opérationnelles.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-844" title="dc2aebat-sur-les-primaires-au-ps" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/09/dc2aebat-sur-les-primaires-au-ps-300x174.jpg" alt="dc2aebat-sur-les-primaires-au-ps" width="300" height="174" />Pour faire des primaires, il ne suffit pas de sauter sur sa chaise comme un cabri et crier « primaires, primaires, primaires » ! Il faut laisser au vestiaire les postures, les invectives et les menaces, faire cesser les divisions stériles, réfléchir un peu et travailler au programme.<span id="more-836"></span> En incluant notamment le question des primaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous ne sommes ni aux États-Unis, ni en Italie.</p>
<p style="text-align: justify;">Les primaires américaines appartiennent à l&#8217;histoire des Etats-Unis. Encore le modèle américain n&#8217;est-il pas parfait, en raison de sa diversité  de régimes locaux et en raison du système des grands électeurs qui a permis à G.W. Bush d&#8217;être élu à la minorité absolue des citoyens.</p>
<p style="text-align: justify;">Des primaires à l&#8217;italienne auraient peut-être inversé le dernier résultat aux États-Unis. De plus, le système est loin d&#8217;avoir conduit à  des succès, autre que d&#8217;estime. Il s&#8217;agit plus d&#8217;un avatar de la « combinazione » que d&#8217;un système miraculeux. Même si cela peut ressembler à une sorte de progrès.</p>
<p style="text-align: justify;">En France, nous n&#8217;appliquons ni le régime présidentiel, ni le régime d&#8217;assemblées. Il ne faut pas se tromper de contexte, ou alors, il faut le dire !</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons essayé l&#8217;adhésion à 20 euros, sans que le succès ait été au rendez vous de leur initiateur, qui, ensuite, a voté la réforme incomplète voulue par le président Sarkozy. On nous propose maintenant le suffrage censitaire à 2 euros. Ambition, ou régression ?</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, la Ve république fait débat : si elle permet à l&#8217;exécutif de s&#8217;appuyer durablement sur une majorité parlementaire stable, elle ne répond plus à certaines exigences liées, soit à son propre fonctionnement, soit à l&#8217;évolution générale du pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, les modes de désignation des candidats se sont révélés critiquables , mais, du moins, étaient-il légitimes. En revanche, les primaires à l&#8217;italienne qui nous sont proposées, et qui se situent dans un contexte de structuration de l&#8217;offre politique et de nature du mandat différents n&#8217;auraient permis d&#8217;éviter ni le problème de 2002, ni celui de 2007.  Surtout, il n&#8217;interdirait en aucune façon, dans le futur, aux partis marginaux, au Front national ou au Modem de présenter leurs propres candidats, et ne garantirait en aucune façon le respect, le cas échéant, de leurs engagements par les alliés de l&#8217;ex gauche plurielle.</p>
<p style="text-align: justify;">La constitution et les lois électorales actuelles organisent les pouvoirs de façon à ce que soit proposé aux électeurs un choix binaire (deux candidats au second tour de la présidentielle ; règles d&#8217;élimination des marginaux dans les seconds tours des autres élections ; mécanismes inspirés du parlementarisme rationalisé afin de délimiter clairement majorité et opposition). Toutefois, la constitution, tout en confirmant le rôle des partis, ne va pas au bout de la logique bipartisane que confirme pourtant depuis 1914 la tradition politique française, qui laisse fluctuer de façon constante une droite et une gauche proches de l&#8217;équilibre à chaque scrutin national.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;élection majeure, en France, concerne le président de la république, qui se fait à deux tours. Le premier permet de choisir son camp et le second, d&#8217;éliminer, le cas échéant, la peste ou le choléra. La France en a fait l&#8217;amère expérience en 1969 et surtout en 2002. Renforcer le clivage entre la droite et la gauche permettrait d&#8217;atténuer des risques aussi différents que celui de la fragilisation des coalitions majoritaires par leurs propres minorités (ce que n&#8217;évite pas le système italien) ou que celui de l&#8217;absence d&#8217;alternance, qui nous guette.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;instauration de primaires au suffrage universel rétablirait la logique initiale du système : il faudrait dissocier le premier tour du second pour transformer le premier en véritables primaires, sans autrement modifier le second tour de l&#8217;élection au suffrage universel.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, le premier tour serait transformé en véritables primaires : les candidats s&#8217;inscriraient, soit au titre de la droite, soit au titre de la gauche à un scrutin au suffrage universel à un tour ayant pour objet de désigner les deux candidats restant en lice pour l&#8217;élection proprement dite.</p>
<p style="text-align: justify;">Rendre constitutionnelle cette nouvelle règle rendrait impossible le parasitage des « primaires à l&#8217;italienne », que l&#8217;on nous propose, par des électeurs pouvant parfaitement venir de l&#8217;autre bord pour imposer le pire des candidats.</p>
<p style="text-align: justify;">Le second tour, sans changement, et qui deviendrait un tour unique, institutionnaliserait ainsi le choix entre un candidat de droite et un candidat de gauche.</p>
<p style="text-align: justify;">La difficulté  de faire admettre l&#8217;inscription dans la constitution des notions de droite et de gauche, bien que consacrées par notre tradition, ne résulterait que de l&#8217;opposition de ceux qui prétendent ne se reconnaître ni dans l&#8217;une ni dans l&#8217;autre. Marginales, ces oppositions ne suffiraient pas à faire obstacle à une telle réforme car les électeurs et les grands partis y trouveraient un avantage : maintenant lors des primaires l&#8217;offre politique dans sa totalité, le choix serait laissé aux électeurs, dans chaque camp, entre les partis ou les personnes ; l&#8217;élection proprement dite départagerait des candidats clairement identifiés.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fait que, de surcroît, depuis l&#8217;apparition de Nicolas Sarkozy sur le devant de la scène, la droite s&#8217;affirme sans complexe comme étant de droite, lève l&#8217;hypothèque du confusionnisme ambiant qui précédait.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est évident que, faute d&#8217;avoir imaginé un tel dispositif avant la dernière réforme constitutionnelle et de l&#8217;avoir négocié à temps, ce qui aurait rendu l&#8217;ensemble du « paquet constitutionnel » unanimement acceptable, ce système n&#8217;est aujourd&#8217;hui pas réalisable. Encore faudrait-il en débattre dès aujourd&#8217;hui et l&#8217;inscrire dans le programme de la gauche, puis de gagner les élections et  de le mettre en œuvre dans la foulée.</p>
<p style="text-align: justify;">A cette condition préalable, peu importe le mécanisme à mettre en place maintenant pour désigner le candidat unique de la gauche (que fut plusieurs fois François Mitterrand et que fut Lionel Jospin au second tour des élections de 1995, sans aucune sorte de primaire), pourvu qu&#8217;il soit bon. L&#8217;essentiel est de gagner donc, de bâtir un programme sur des valeurs solides, incluant cette réforme de fond, seule démarche permettant de gagner la confiance de nos concitoyens davantage que d&#8217;entretenir leur insatisfaction.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, pour y parvenir, il faut mettre fin aux débats délétères, y compris sur la question des primaires, et faire bloc derrière la première secrétaire du Parti socialiste, et ne pas fragiliser davantage sa légitimité de chef de l&#8217;opposition.</p>
<h6 style="text-align: justify;"><em><a href="http://www.mediapart.fr/club/edition/article/280809/nos-amis-socialistes-qui-parlent-de-primaires-sans-savoir-de-quoi-ils-pa" target="_blank">source Médiapart</a></em></h6>
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		<title>Les primaires : &#171;&#160;c&#8217;est suicidaire&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Sep 2009 08:24:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce n&#8217;est pas moi qui le dit mais Bernard Poignant, maire PS de Quimper (Finistère) et député européen revient sur le choix du parti socialiste d&#8217;avoir recours à des primaires qui s&#8217;étendraient à toute la gauche pour désigner un candidat aux prochaines présidentielles. Ces arguments sont intéressants et il a le mérite d&#8217;oser dire tout haut ce que beaucoup de socialistes pensent tout bas tout en n&#8217;osant (plus) le dire&#8230; J’ai beau retourner le sujet dans tous les sens, je n’arrive pas à voir le lien entre la technique des primaires pour choisir un candidat à l’élection présidentielle et la rénovation du parti qui la propose. Il y a même du masochisme dans l’air: c’est quand même osé de demander par référendum à des militants de bien vouloir abandonner leur seul vrai pouvoir. Quand un parti veut se rénover, il le fait par la pensée, pas par la primaire. La solution n’est pas la fuite vers l’extérieur quand le problème est à l’intérieur. Quand il s’agit de “primaires ouvertes et populaires”, selon la pétition lancée, le message relève du renoncement: choisissez un candidat, mais vous n’êtes pas obligé de prendre un socialiste! Quand on sait qu’en 2012, l’alternance passe forcément [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Ce n&#8217;est pas moi qui le dit mais Bernard Poignant, maire PS de Quimper (Finistère) et député européen revient sur le choix du parti socialiste d&#8217;avoir recours à des primaires qui s&#8217;étendraient à toute la gauche pour désigner un candidat aux <a href="http://www.liberennes.fr/libe/2009/09/le-socialiste-bernard-poignant-hostiles-aux-primaires.html" target="_blank">prochaines présidentielles.</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ces arguments sont intéressants et il a le mérite d&#8217;oser dire tout haut ce que beaucoup de socialistes pensent tout bas tout en n&#8217;osant (plus) le dire&#8230;<br />
</strong>
</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-810" title="n1043139785_30003575_3698" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/09/n1043139785_30003575_3698-201x300.jpg" alt="n1043139785_30003575_3698" width="201" height="300" /><strong>J’ai beau retourner le sujet dans tous les sens, je n’arrive pas à voir le lien entre la technique des primaires pour choisir un candidat à l’élection présidentielle et la rénovation du parti qui la propose.</strong> <strong>Il y a même du masochisme dans l’air: c’est quand même osé de demander par référendum à des militants de bien vouloir abandonner leur seul vrai pouvoir. </strong>Quand un parti veut se rénover, il le fait par la pensée, pas par la primaire. La solution n’est pas la fuite vers l’extérieur quand le problème est à l’intérieur. Quand il s’agit de “primaires ouvertes et populaires”, selon la pétition lancée, <strong>le message relève du renoncement: choisissez un candidat, mais vous n’êtes pas obligé de prendre un socialiste!</strong> Quand on sait qu’en 2012, l’alternance passe forcément par là, c’est suicidaire. Ce sera obligatoirement un socialiste, dira-t-on : mais alors c’est une forme de pensée hégémonique contraire à la rénovation.</p>
<p style="text-align: justify;">Une chose est sûre, <strong>la personne choisie ainsi s’éloignerait du Parti Socialiste</strong>. Elle ne lui devrait pas sa désignation. On l’a déjà vu en 2007. La candidate vivait son parti comme un handicap, voire un boulet. On connaît la suite. Pourquoi alors adhérer ? Autant payer sa petite somme tous les 5 ans, ça suffira bien, comme aux Etats-unis. Une primaire à l’américaine peut transformer une virtuelle rénovation en une réelle dissolution du Parti Socialiste. C’est ce qui est arrivé en Italie. La moindre des choses serait de s’inspirer des pays où il y a des partis socialistes et sociaux-démocrates plutôt que dans ceux où ils disparaissent.</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, la proposition signe un <strong>terrible aveu de faiblesse</strong>. <strong>Faiblesse des dirigeants</strong> et notamment des “quadra”, incapables de dégager l’un d’entre eux ayant carrure présidentielle. <strong>Faiblesse des structures</strong>, surtout quand il s’agit d’organiser des scrutins sans cesse contestés. <strong>Faiblesse de l’adaptation d’un projet </strong>au nouvel état du monde. Car l’essentiel est là. Sauf à défendre la thèse d’une France repliée, enfermée, coupée du reste du monde, comment s’adapter dans la mondialisation avec une politique de gauche? De même Nicolas Sarkozy rendra une France endettée et déficitaire, que proposera la Gauche dans ce contexte? Promettre à tout va, satisfaire toutes les demandes manquera de crédibilité. Mieux vaudrait traiter ces questions à temps.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cela amène à se pencher sur les qualités nécessaires qu’il faut réunir pour devenir un Président de la République française crédible, cohérent, rassembleur, imprégné de l’histoire de France, connaisseur pointu de sa géographie et de ses institutions, reconnu et estimé dans le monde, plein de courtoisie dans les échanges et de sang-froid dans les crises, cultivé sans suffisance, proche des Français sans flatterie à leur égard. Une perle !</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Que faire alors ? Quelques principes doivent guider : <strong>les socialistes doivent avoir un candidat et ne pas prendre le risque d’en être privés. Il doit être choisi par les socialistes.</strong> De plus, les partenaires ont déjà fait savoir qu’ils auraient le leur. Ces socialistes doivent être les plus nombreux possible pour le choisir et en même temps discuter de son projet. S’il s’agit d’une question financière, <strong>le Parti Socialiste reçoit suffisamment d’argent public pour abaisser fortement ses cotisations</strong>, d’autant que celles-ci sont proportionnelles aux revenus. Finalement la rénovation consiste à améliorer le Parti Socialiste et non à prendre le risque de son évanescence. Car que se passera-t-il pour toutes les autres élections : on continue comme avant ou on fait des primaires ? <strong>Dire “j’ai rénové avec ma primaire présidentielle&nbsp;&raquo; et continuer ma petite cuisine pour le reste relève de l’hypocrisie. </strong>N’oublions pas l’article 4 de la constitution française : “Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage”. Ne tirons pas un trait sur le Parti Socialiste parce qu’il traverse une crise depuis le 21 avril 2002. <strong>N’oublions pas non plus le Président sortant</strong>. En ce moment, il consolide son parti pour 2012. Il n’est pas difficile de l’imaginer, sourire aux lèvres, assister pendant des mois à l’étalage d’une querelle de compétition car il n’y a pas de primaire de tendresse. <strong>Il lui suffira de reprendre certains arguments des candidats non retenus pour mettre une bûche dans le feu de la division</strong>. <strong>Et si les primaires étaient une forme de cadeau à Sarkozy ?</strong> A voir !</p>
<p style="text-align: justify;">Un jour, je l’espère, la Gauche aura, elle aussi, un Président sortant. Faudra-t-il lui imposer des primaires? <strong>Précisons alors que celles de 2012 ne valent que pour cette échéance, c’est-à-dire quand nous sommes en phase de conquête. </strong>Car il faudra bien changer nos statuts qui fixent la règle de désignation de notre candidat. Et les statuts ne se changent pas au gré des convenances. <strong>Je parie donc que, lorsque nous aurons un Président sortant, la rénovation consistera à ne pas en organiser </strong>pour ne pas lui infliger cette épreuve.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Bernard Poignant</em></p>
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		<title>L&#8217;UMP dit que ce n&#8217;est pas du racisme !</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Sep 2009 21:19:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour moi c&#8217;est sans discussion possible des propos tout ce qu&#8217;il y a de plus raciste. Qu&#8217;on ne nous raconte pas des tralalas pour justifier cela. Quand Brice Hortefeux dérape envoyé par lemondefr. &#8211; L&#8217;info internationale vidéo.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pour moi c&#8217;est sans discussion possible des propos tout ce qu&#8217;il y a de plus raciste. Qu&#8217;on ne nous raconte pas des tralalas pour justifier cela. </strong></p>
<div><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="387" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/xafxrd_quand-brice-hortefeux-derape_news&amp;related=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="387" src="http://www.dailymotion.com/swf/xafxrd_quand-brice-hortefeux-derape_news&amp;related=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xafxrd_quand-brice-hortefeux-derape_news">Quand Brice Hortefeux dérape</a></strong><br />
<em>envoyé par <a href="http://www.dailymotion.com/lemondefr">lemondefr</a>. &#8211; <a href="http://www.dailymotion.com/fr/channel/news">L&#8217;info internationale vidéo.</a></em></div>
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		<title>Le combat en faveur de la laïcité plus que jamais d&#8217;actualité</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Sep 2009 21:22:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La laïcité institutionnelle connaît des attaques sans précédent et sournoises, d&#8217;autant plus qu&#8217;elles interviennent dans un contexte de réformes sarkozystes menées au pas de charge et qui ne permettent parfois pas aux oppositions parlementaires de couvrir ces sujets avec la primauté qu&#8217;ils méritent. Pour autant, on peut parfois regretter le silence des grands partis de gauche ou des grands leaders nationaux. A leur décharge, on peut estimer que les préoccupations des français sont ailleurs, même si les atteintes à la laïcité leurs vaudront demain des réveils difficiles. L’offensive des Eglises pour reconquérir l’État et tenir un rôle de premier plan dans la vie politique et sociale de la République se fait chaque jour de plus en plus vive. Force est de constater également que le gouvernement de Nicolas Sarkozy, leur ouvre grand les portes, avec un empressement affiché. Après la “laïcité ouverte“ ou “plurielle“ sous des gouvernements précédents, la “laïcité positive“ ou &#171;&#160;intelligente&#160;&#187;constitue une nouvelle étape dans la remise en cause du principe essentiel de laïcité. L’offensive cléricale s’intensifie et s’accélère dans le désintérêt absolu de la gauche et des grandes associations humanistes. Jamais n’ont été appliquées avec autant de zèle et de clarté les consignes de l’ultra libérale Union [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-806" title="sarkozy-laicite" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/09/sarkozy-laicite-300x270.jpg" alt="sarkozy-laicite" width="300" height="270" />La laïcité institutionnelle connaît des attaques sans précédent et sournoises, d&#8217;autant plus qu&#8217;elles interviennent dans un contexte de réformes sarkozystes menées au pas de charge et qui ne permettent parfois pas aux oppositions parlementaires de couvrir ces sujets avec la primauté qu&#8217;ils méritent. Pour autant, on peut parfois regretter le silence des grands partis de gauche ou des grands leaders nationaux. A leur décharge, on peut estimer que les préoccupations des français sont ailleurs, même si les atteintes à la laïcité leurs vaudront demain des réveils difficiles.</p>
<p style="text-align: justify;">L’offensive des Eglises pour reconquérir l’État et tenir un rôle de premier plan dans la vie politique et sociale de la République se fait chaque jour de plus en plus vive. Force est de constater également que le gouvernement de Nicolas Sarkozy, leur ouvre grand les portes, avec un empressement affiché. Après la “laïcité ouverte“ ou “plurielle“ sous des gouvernements précédents, la “laïcité positive“ ou &laquo;&nbsp;intelligente&nbsp;&raquo;constitue une nouvelle étape dans la remise en cause du principe essentiel de laïcité. L’offensive cléricale s’intensifie et s’accélère dans le désintérêt absolu de la gauche et des grandes associations humanistes.</p>
<p style="text-align: justify;">Jamais n’ont été appliquées avec autant de zèle et de clarté les consignes de l’ultra libérale Union européenne. Dans la continuité du Traité d’Amsterdam et du projet de Constitution européenne, le Traité de Lisbonne signé en décembre 2007 par les 27 chefs d’État et validé par de très nombreux parlementaires de gauche, en cours de ratification, stipule en son article 16-C : « reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les Églises ». Cet article est en totale contradiction avec la loi de 1905 et en particulier son article 2.</p>
<p style="text-align: justify;">Rien que cela pourrait et devrait mériter des débats à l&#8217;intérieur des sections socialistes. Cela pourrait et devrait même faire partie du grand chantier national auquel s&#8217;est attelé Martine Aubry. La laïcité devrait même être un volet essentiel de la formation militante de base. Mais là aussi, le terrain est malheureusement déserté sur un sujet pourtant hautement symbolique et qui permettrait de rebondir nationalement sur une foule de sujets politiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est à noter au passage que la la Charte européenne des droits fondamentaux, intégrée aux traités européens, ne garantit que la liberté de religion , celle de changer de religion, mais en aucun cas celle de n’en avoir aucune, alors que près de 40% des européens n’a aucune appartenance ni pratique religieuse&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Si la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme est censée garantir “la liberté de conscience, de pensée et de religion”, la jurisprudence constante de la Cour européenne de justice considère que ces notions n’impliquent nullement la laïcité des institutions nationales ni la séparation des Eglises et des Etats. Pour la Cour européenne, ni les religions d’Etat, ni le délit moyenâgeux de blasphème ni les impôts d’Eglise ne sont contraires à son article 9.</p>
<p style="text-align: justify;">Force est encore de constater qu’aujourd’hui, en France et dans l’Union européenne, le fer de lance de l’offensive cléricale est l’Eglise catholique et qu’elle est celle qui rencontre le plus d’écho auprès des gouvernants.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela peut notamment s’expliquer par le fait que, de toutes les religions, l’Eglise catholique est la principale à avoir élaboré, théorisé et diffusé une doctrine sociale, reprise à leur compte par les dirigeants politiques, y compris socialistes, surtout à la faveur de la crise du capitalisme, au cœur des institutions de l’UE et de ses traités, tous articulés autour du principe théologique de subsidiarité.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, M.Sarkozy a explicitement salué les bienfaits de la doctrine sociale de l’Eglise catholique, à l’occasion de son discours de bienvenue au pape Benoît XVI en septembre 2008.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut rappeler que dès son origine, avec la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) en 1951, l’Union européenne a été voulue, mise en place, et structurée par des hommes politiques qui manifestaient ouvertement leurs liens avec le christianisme en général et le catholicisme romain en particulier : Robert Schuman, Jean Monnet sont les plus connus d’entre eux. De nombreux hauts fonctionnaires qui œuvrent aujourd’hui à Bruxelles ou à Strasbourg, affichent tout autant leurs croyances, dans l’exercice de leurs fonctions&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Des relations diplomatiques ont été ouvertes en 1970 entre le Vatican et l’Union européenne et que la COMECE (Commission des Épiscopats de l’Union Européenne) créée en 1980 occupe une place prépondérante parmi les représentations officielles dont disposent les Églises à Bruxelles.</p>
<p style="text-align: justify;">En France, lors de sa visite en septembre 2008, Benoît XVI a appelé à trouver « une voie nouvelle pour une saine collaboration entre l’Eglise et l’Etat ».</p>
<p style="text-align: justify;">Quatre mois plus tard cette « saine collaboration » accouchait, le 18 décembre 2008, de l’accord Kouchner-Mamberti. Cet accord diplomatique entre le quai d’Orsay et le Vatican, établit que l’État français reconnaît désormais les diplômes de l’enseignement supérieur catholique. Il a débouché sur le décret 2009-427 du 16 avril 2009. Une seule organisation française a déposé un recours contre dès le 4 mai 2009, visant à obtenir son annulation. Il ne faudrait pas poser ce genres de questions à d&#8217;autres organisations, quelles qu&#8217;elles soient, car elles en seraient très embarrassées ! Suivez mon regard&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Cinq organisations seulement (associative) ont condamné cette remise en cause du monopole public de la collation des grades, découlant des directives de l’Union Européenne, via le processus de Bologne : <span style="font-family: Arial;">la Libre Pensée, le groupe socialiste du  Sénat (pour se dédouaner de son vote de la loi Carle ?), le CNAL ( il existe  toujours&#8230;.) et conjointement la Ligue des Droits de l&#8217;Homme et la Ligue de  l&#8217;Enseignement. <em>(Merci à Gut Georges pour sa très haute vigilance et sa grande cordialité)</em><br />
</span>
</p>
<p style="text-align: justify;">A venir dans les très prochains débats du parlement, le très dangereux projet de loi « Carle » qui renforce la fuite des fonds publics vers l’enseignement privé à 95% catholique (dans le droit fil de l’article 89 de la loi d’août 2004) et impose des dépenses exorbitantes aux communes pour financer la scolarité des élèves des établissements privés sous contrat du 1er degré situés hors de leurs limites territoriales. J&#8217;attends encore sur ce sujet de lire ou d&#8217;écouter les &laquo;&nbsp;hautes voix de stentors&nbsp;&raquo; des ténors de l&#8217;opposition afin de mesurer ce qu&#8217;il reste de la motivation de la gauche à tenir bon sur certaines considérations essentielles. Là aussi, il s&#8217;agit d&#8217;une bombe à double impact. Le premier, si la loi Carle est adoptée, sera une masse de demandes de financements faites en faveur des écoles privées, il y a fort à parier que ni les leaders nationaux ni les médias ne sauront ou ne voudront expliquer et simplifier la hauteur de l&#8217;enjeu pour les français.</p>
<p style="text-align: justify;">La seconde déflagration de la loi Carle sera pour les mairies notamment rurales qui seront bien en peine  d&#8217;assurer les financements concernés et pour les écoles du secteur publiques qui seront inévitablement touchées par des amputations de crédits des collectivités. Mais là encore, va-t-on savoir expliquer et combattre ?  Attendra-t-on que la droite réactionnaire ne vienne accuser les élus locaux de ne pas assurer leur missions ? Attendra-t-on que l&#8217;école publique soit mise en accusation pour ses futurs manquements qui serviront à la privatisation complète ultérieure de l&#8217;éducation ?</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est une véritable entreprise de destruction de l’École de la République qui est actuellement en cours. Alors que l’on assiste à un véritable racket financier au profit de l’école privée, des milliers de postes d’enseignants sont supprimés, les fermetures de classes et d’établissements se multiplient dans l’école publique.</p>
<p style="text-align: justify;">Les laïques de tous bords devraient se révolter sur l’expérimentation en cours des &laquo;&nbsp;jardins d’éveil&nbsp;&raquo; qui est de la même veine. Alors que l’école maternelle est publique, laïque et gratuite, il s’agit de transférer à terme la responsabilité de l’accueil des enfants de 2 à 6 ans aux collectivités locales et de favoriser la mise en place de structures d’accueil concurrentielles privées et payantes. Les responsables de l’enseignement confessionnel (notamment catholique) ont immédiatement marqué leur intérêt pour les jardins d’éveil&#8230; CQFD !</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les laïques et en particulier les élus républicains doivent s&#8217;opposer à cette expérimentation.</p>
<p style="text-align: justify;">La réflexion républicaine devrait se borner à : « Fonds publics à l’Ecole publique-Fonds privés à l’Ecole privée ».</p>
<p style="text-align: justify;">Encore,  un grand nombre de lycées privés sont désormais classés centres d’examen pour les diplômes d’Etat, phénomène qui s’est généralisé cette année&#8230; Cette décision s’appuie notamment sur le titre VI article 30 de la loi d’orientation sur l’éducation du 10 juillet 1989, dite loi Jospin qui stipule : ’Les dispositions de la présente loi qui sont relatives à l’enseignement sont applicables aux établissements d’enseignement privés sous contrat dans le respect des dispositions de la loi n° 59-1557 du 31 décembre 1959 (loi Debré) sur les rapports entre l’État et les établissements d’enseignement privés (&#8230;).</p>
<p style="text-align: justify;">Faut-il rappeler que les établissements privés confessionnels (catholiques pour l’essentiel) ne sont pas des services publics d’Etat ? La liberté de conscience des professeurs doit être respectée ainsi que leur statut de fonctionnaire d’Etat. La liberté de conscience des élèves, également devraient être respectée.</p>
<p style="text-align: justify;">Faut-il accepter que les élèves passent les épreuves des diplômes nationaux de l’Etat républicain, avec un crucifix au dessus de leur tête ou qu’un employé de l’évêché, du diocèse, soit le maître à bord lors des examens et donne des ordres aux enseignants fonctionnaires ?</p>
<p style="text-align: justify;">La gauche dans son ensemble, les grandes associations nationales se doivent de soutenir tous les enseignants qui veulent assurer leur mission de fonctionnaire d’Etat dans les seuls établissements publics laïques et les élèves qui n’acceptent pas cette attaque contre leur liberté de conscience.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces entorses graves aux principes républicains et au monopole de la collation des grades doivent cesser.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour que la laïcité soit restaurée dans toute la République, le respect absolu de la loi de 1905 doit être rétabli. Il suppose  :<br />
- l’abrogation de toutes les lois anti-laïques (Debré, Guermeur, Le Pors-Deferre, Rocard, Chevènement, Jospin, Lang-Cloupet, Censi)<br />
- l’abrogation de la loi Pétain du 25 décembre 1942 qui prévoit que « ne sont pas considérées comme subventions les sommes allouées aux édifices affectés au culte public, qu’ils soient ou non classés monuments historiques. » (oui, elle existe encore!&#8230;)<br />
- l’abrogation du décret 2009-427 sur la reconnaissance des diplômes catholiques.<br />
- l’abrogation de l’article 89 de la loi du13 août 2004.<br />
- le retrait du projet de loi Carle très bientôt à l&#8217;étude au parlement.<br />
- l’abrogation du statut concordataire d’Alsace Moselle<br />
- l’abrogation des concordats d’Outre-mer et des décrets Mandel..<br />
- l’abrogation de la loi LRU-Pécresse (Loi no 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités) qui organise la privatisation de l’enseignement supérieur.<br />
- le retrait des décrets Darcos sur la formation des enseignants, plus spécifiquement toutes les dispositions visant à détruire le statut de la Fonction publique.<br />
- le retrait du projet de décret transformant les écoles primaires en Établissements Publics d’Enseignement primaire (EPEP) placés sous la tutelle pédagogique, administrative et financière des collectivités locales, ce qui équivaut à dénationaliser et délaïciser l’enseignement du premier degré.
</p>
<p style="text-align: justify;">Toutes les intrusions dans l’École publique de groupes de pression, qu’ils soient financiers, économiques, religieux, caritatifs, pour quelque motif que ce soit, y compris sous couvert de projets pédagogiques, devrait être interdite également à proscrire.</p>
<p style="text-align: justify;">L’éducation religieuse à l’école publique au travers de l&#8217;astucieux « enseignement du fait religieux », désormais introduit dans les programmes scolaires devrait être combattue et fait partie de ces subtilités stratégiques d&#8217;atteinte à l&#8217;enseignement public et laïque que la gauche se doit de dénoncer.</p>
<p style="text-align: justify;">Et ne doit-on demander des comptes sur la présence de la hiérarchie catholique dans la commission nationale des programmes ?</p>
<p style="text-align: justify;">Par delà l’école, les atteintes à la laïcité se multiplient dans tous les domaines de la vie publique et c&#8217;est la République entière qui se meurt !</p>
<p style="text-align: justify;">La suppression des services hospitaliers, des hôpitaux dits de proximité, a pour conséquence la privatisation de la santé, et de ce fait un recul du service de santé public et laïque&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Les associations caritatives prennent la place des services publics conformément aux directives de l’Union européenne, ouvrant ainsi la voie au communautarisme et au prosélytisme, remettant en cause l’égalité en droit de tous sur tout le territoire, un des fondements de la République&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Rappelons-nous et que chacun pose les questions, là où il est, sur les 10 milliards d’euros annuels de fonds publics qui sont détournés de leurs missions républicaines pour financer l’Eglise catholique et ses œuvres, soit l’équivalent de 20% de l’impôt sur le revenu&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Et que doit-on penser de la création de carrés confessionnels dans les cimetières, qui avec ses nouvelles dispositions sur les cendres reconstitue de fait les cimetières religieux ?&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">La gauche ne pourrait-elle pas s&#8217;enorgueillir si elle demandait aussi  l’abrogation de la loi du 19 décembre 2008 sur les obsèques, qui fait des lieux de culte des dépositaires légaux des urnes cinéraires ?</p>
<p>Enfin, la gauche devrait réaffirmer solennellement son exigence que tous les élus et représentants de la République respectent une totale neutralité à l’égard des cultes dans l’exercice de leur mandat, neutralité à laquelle ils sont tenus en vertu de l’article 2 de la loi de 1905 qui stipule que la République ne reconnaît aucun culte.</p>
<p style="text-align: justify;">L’offensive cléricale appelle une contre-offensive, Laïque et Républicaine !</p>
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		<title>Pour un candidat de toute la gauche</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2009 17:22:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cette tribune est co-signée de Marie-Noelle Lienemann et Paul Quilès. Elle  a été publiée samedi par Marianne. Poser aujourd’hui la question des primaires pour la désignation d’un candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012 peut sembler étrange, alors qu’à l’évidence, l’urgence est ailleurs. Comment ne pas voir en effet que Nicolas Sarkozy, en dépit de ses discours sur « rien se sera comme avant », poursuit dans la voie du libéralisme et de la mondialisation financière, en laissant les banques reprendre leurs mauvaises habitudes (bonus des traders, faibles crédits aux entreprises), en préparant la privatisation de la Poste, en réduisant le nombre d’enseignants, en laissant s’accélérer la désindustrialisation de la France ! Proposer une alternative de sortie de crise paraît certainement plus nécessaire à bon nombre de nos concitoyens que d’engager un débat sur l’opportunité de primaires au PS. Pour que cette question des primaires prenne tout son sens, elle doit procéder d’une réflexion plus large sur la stratégie que la gauche devrait mettre en œuvre pour gagner en 2012. Une telle démarche ne peut alors se concevoir que dans la perspective d’un accord global pour une majorité alternative (présidentielle, législatives, dynamique sociale…) et sur la base d’un projet, puis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Cette tribune est co-signée de Marie-Noelle Lienemann et Paul Quilès. Elle  a été publiée samedi par Marianne.<br />
</em></strong>
</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://www.gauche2012.org/images/stories/logos/Logocarre-facebook.jpg" alt="" width="272" height="223" />Poser aujourd’hui la question des primaires pour la désignation d’un candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012 peut sembler étrange, alors qu’à l’évidence, l’urgence est ailleurs. Comment ne pas voir en effet que Nicolas Sarkozy, en dépit de ses discours sur «  rien se sera comme avant », poursuit dans la voie du libéralisme et de la mondialisation financière, en laissant les banques reprendre leurs mauvaises habitudes (bonus des traders, faibles crédits aux entreprises), en préparant la privatisation de la Poste, en réduisant le nombre  d’enseignants, en laissant s’accélérer la désindustrialisation de la France ! Proposer une alternative de sortie de crise paraît certainement plus nécessaire à bon nombre de nos concitoyens que d’engager un débat sur l’opportunité de primaires au PS.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour que cette question des primaires prenne tout son sens, elle doit procéder d’une réflexion plus large sur la stratégie que la gauche devrait mettre en œuvre pour gagner en 2012. Une telle démarche ne peut alors se concevoir que dans la perspective d’un accord global pour une majorité alternative (présidentielle, législatives, dynamique sociale…) et sur la base d’un projet, puis d’un programme.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour cela, la première tâche est de clarifier le cap stratégique, dont on voit mal comment il ne pourrait pas être celui de l’unité de la gauche. Lors de son dernier congrès, le PS a arbitré dans cette direction, mais, pour enclencher une nouvelle étape de son rassemblement, les discours ne suffisent plus ; il faut des actes immédiats, afin de le préparer et d’éviter le retour aux vieilles tentations de l’alliance avec le centre.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut aussi éviter à tout prix de céder à la tentation de la présidentialisation de la vie politique française. Aucun candidat de gauche ne sera élu au sommet de l’Etat s’il n’est pas porté par un élan collectif, qui ne pourra se créer sans la constitution d’un nouveau Front populaire. Ce Front devra se constituer en respectant les différences qui subsistent au sein de la gauche française et donc en garantissant à ses différentes composantes une représentation politique, en particulier au Parlement, autour d’une nouvelle synthèse. Au vue de la crise et des besoins de changement, celle-ci ne saurait être à minima ; elle doit aussi concerner le monde syndical, associatif, bref la gauche vivante.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut en effet ne pas perdre de vue que le fond du projet et du programme, la vision d’avenir et les valeurs seront les clés du succès. S’ils ne se résument pas à quelques slogans et s’ils sont préparés collectivement, ils assureront un vrai rassemblement, mobilisateur pour la campagne électorale et ils engageront tout candidat.</p>
<p style="text-align: justify;">La désignation ne peut donc venir qu’à la fin d’un processus complet. Le candidat portera une dynamique, un message et des engagements, auxquels il ajoutera sa force personnelle. La question de la primaire ne se pose qu’en achèvement d’une stratégie, qui ne saurait se limiter à trouver le « bon » candidat censé sauver la gauche, encore moins à désigner le seul candidat socialiste. Elle ne peut non plus consister à copier des expériences étrangères, au demeurant peu probantes : la méthode italienne n’a pas été suffisante pour empêcher la défaite ; quant à la culture politique américaine, elle est très différente de celle de la France.</p>
<p style="text-align: justify;">L’histoire des élections présidentielles françaises nous enseigne que c’est toujours le camp le plus uni qui l’emporte. En 2012, il faudra présenter un projet collectif en phase avec les attentes du peuple de gauche, mais qu’aucune des forces en présence ne peut prétendre porter seule. Sans l’unité, il ne sera pas possible d’élaborer une nouvelle synthèse qui dépasse les vieux antagonismes, les rancœurs accumulées, les procès d’intention plus tournés vers le passé que vers l‘avenir. Sans l’unité, les Français demeureront dubitatifs sur la capacité de la gauche à gouverner et à transformer.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est dans cet esprit que nous proposons une démarche, soutenue par 900 militants, élus et responsables issus des diverses sensibilités de la gauche [1]. Cette démarche comporte:</p>
<p style="text-align: justify;">1)     La constitution d’un « Comité pour le rassemblement de la gauche », avec le même souci d’associer, au-delà des partis, toutes les forces qui s’engagent à gauche. Ce comité pourrait organiser immédiatement la « convergence » des gauches et des écologistes. Il préparerait des « Etats généraux de la gauche », dégageant des thèmes fondateurs en vue de la préparation d’une charte. La proposition de Martine Aubry de « maison commune » peut être un élément  de cette démarche, à condition qu’elle y associe très vite des personnalités syndicales, des clubs, des associations et des mouvements citoyens.</p>
<p style="text-align: justify;">2)     Cette « Charte pour l’élection présidentielle », à achever avant mi 2010, servirait de base à un accord pour les législatives, et pour le programme d’un candidat unique de la gauche à l’élection présidentielle.</p>
<p style="text-align: justify;">3)     L’organisation de primaires, où les militants des organisations signataires de la Charte seraient consultés, prendrait alors tout son sens. Bien entendu, il s’agit ici des adhérents appartenant aux structures (politiques syndicales, associatives) ayant concouru à la rédaction de la Charte. Nous refusons l’idée de faire appel au concept vague de sympathisant, dont l’engagement se limiterait à procéder à une sorte de zapping occasionnel entre des leaders. Cela contribuerait un peu plus à la dépolitisation ambiante, en rejetant ce qui fait la force de la gauche française : le débat d’idées, l’engagement politique, la fibre militante.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l’on veut sortir de la confusion et du désordre créés par la façon dont cette question des primaires est actuellement abordée, il faut être précis et dire :</p>
<p style="text-align: justify;">- que ces primaires doivent avoir pour objectif de désigner un candidat de toute la gauche et pas du seul PS ;</p>
<p style="text-align: justify;">- qu’elles doivent être préparées par un rassemblement de l’ensemble des forces vives de la gauche ;</p>
<p style="text-align: justify;">- que les votants de ces primaires doivent être engagés dès le début du processus et être membres des partis, associations, clubs, syndicats, constitutifs de ce nouveau Front populaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette démarche nous paraît aujourd’hui la seule voie sérieuse pour organiser la victoire de la gauche en 2012.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>[1]  voir le site <a title="http://www.gauche2012.org" href="http://www.facebook.com/note_redirect.php?note_id=146566709251&amp;h=a19f0b328b7f07b8a24e7913d9cf6200&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.gauche2012.org" target="_blank">www.gauche2012.org</a></em></strong></p>
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		<title>L&#8217;étouffement de la démocratie par le bas</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Jul 2009 20:58:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le moment semble venu pour le pouvoir sarkozyste et son bras armé l&#8217;UMP de limiter les contrepouvoirs détenus par les opposants politiques, le plus souvent socialistes. Comme la France n&#8217;est pas un pays où l&#8217;on puisse désormais installer un pouvoir autocratique avec aisance et que le français est un grognard par nature, le puissant Nicolas Sarkozy doit en passer par quelques stratagèmes afin de mettre en oeuvre son plan. Il dirige déjà le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif (voir l&#8217;épisode 5). Il s&#8217;apprête à &#171;&#160;reprendre en mains&#160;&#187; le pouvoir judiciaire (voir épisode 4 et là aussi) avec la réforme de la carte judiciaire et la fin annoncée du juge d&#8217;instruction. Il a la haute main sur les grands médias via ses amis proches qui possède de grands groupes de presse, via la chaîne de télévision affidée TF1, sa reprise en main du groupe France Télévision et la destruction programmée des rédactions régionales de France 3 qui sont un trop grand relais des mérites de collectivités territoriales et de leurs élus locaux (souvent de gauche) solidement ancrés dans la proximité citoyenne. Il met tranquillement en place la reprise en main des consciences et la mise à bas de l&#8217;éducation nationale [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-788" title="6a00fa96a53a4c00020110160b5b81860b-500pi" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/07/6a00fa96a53a4c00020110160b5b81860b-500pi-232x300.jpg" alt="6a00fa96a53a4c00020110160b5b81860b-500pi" width="232" height="300" />Le moment semble venu pour le pouvoir sarkozyste et son bras armé l&#8217;UMP de limiter les contrepouvoirs détenus par les opposants politiques, le plus souvent socialistes. Comme la France n&#8217;est pas un pays où l&#8217;on puisse désormais installer un pouvoir autocratique avec aisance et que le français est un grognard par nature, le puissant Nicolas Sarkozy doit en passer par quelques stratagèmes afin de mettre en oeuvre son plan.</p>
<p style="text-align: justify;">Il dirige déjà le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif (<a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/01/21/la-democratie-assassinee/" target="_blank">voir l&#8217;épisode 5</a>). Il s&#8217;apprête à &laquo;&nbsp;reprendre en mains&nbsp;&raquo; le pouvoir judiciaire (<a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/01/17/une-justice-aux-ordres/" target="_blank">voir épisode 4</a> et <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/01/06/la-fin-du-juge-dinstruction-decidee-par-nicolas-sarkozy-et-la-politisation-de-la-justice/" target="_blank">là aussi</a>) avec la réforme de la carte judiciaire et la fin annoncée du juge d&#8217;instruction. Il a la haute main sur les grands médias via ses amis proches qui possède de grands groupes de presse, via la chaîne de télévision affidée TF1, sa reprise en main du groupe France Télévision et la destruction programmée des rédactions régionales de France 3 qui sont un trop grand relais des mérites de collectivités territoriales et de leurs élus locaux (souvent de gauche) solidement ancrés dans la proximité citoyenne. Il met tranquillement en place la reprise en main des consciences et la mise à bas de l&#8217;éducation nationale sans plus d&#8217;écho médiatique (<a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/04/30/les-medias-nont-pas-encore-annonce-la-mort-de-la-laicite-francaise-assassinee-le-16-avril-2009-par-un-certain-nicolas-sarkozy/" target="_blank">voir épisode 6</a>).</p>
<p style="text-align: justify;">Nicolas 1er a annoncé et bien relayé une politique de relance que financent les collectivités territoriales mais cela n&#8217;est pas suffisant, il ne tient pas la haute main dessus et comme elles ne savent pas organiser une défense à la hauteur de l&#8217;enjeu en vantant leurs propres mérites, autant profiter de leur insuffisance stratégique. Nicolas Sarkozy s&#8217;apprête donc à écrire le prochain épisode de notre saga de mise au pas de la société française, la contre-révolution est bien en marche.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Episode 7 </strong></em></span>: Juste après le redécoupage électoral qui vient de signer qu&#8217;avec 48% de suffrages la droite gouvernera la France alors qu&#8217;il en faudra près de 52% à la gauche pour devenir majoritaire, il faut donc étouffer la démocratie de proximité qui a trop tendance à désigner des élus réfractaires au néoconservatisme. Ces élus locaux sont des freins à la nouvelle ampleur que Nicolas sarkozy souhaite donner à sa politique de mise à bas des services publics nationaux et territoriaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Après avoir avancé dans un premier temps la suppression des départements, le président de la république a reculé devant le tollé suscité et la parution de sondages démontrant largement l&#8217;attachement des français à cette structure territoriale essentielle en termes de services de proximité, de lien et de soutien aux communes ou multiples acteurs locaux. Qu&#8217;à cela ne tienne, Nicolas Sarkozy a endormi son monde et procèdera donc en plusieurs phases. Puisqu&#8217;on ne peut supprimer l&#8217;échelon aussi facilement, on va donc le dépecer en jouant sur la création des agglomérations aux pouvoirs largement renforcés et qui qui préempteront les missions et moyens des départements sur leur périmètre. Egalement on reverra habilement le découpage des cantons et la création des conseillers territoriaux finira progressivement d&#8217;éloigner les gêneurs des citoyens et de leur électorat. L&#8217;esprit est identique pour ce qui est de la suppression de la clause de compétence générale envisagée au prétexte d&#8217;éviter les financements croisés et le saupoudrage territorial.</p>
<p style="text-align: justify;">En la supprimant, malgré les prétextes avancés par la droite, on empêchera les départements d&#8217;intervenir dans des domaines qui ne font pas partie de leurs missions premières. Alors qu&#8217;il suffirait de revoir les compétences des collectivités et de désigner sur celles-ci un collectivité chef de file avec une conférence régionale et départemental des exécutifs, on lance en fait une vraie guerre politique. Après quelques années de ce régime, les petites mairies, les associations, les communautés de communes n&#8217;auront plus aucune raison de soutenir un échelon territorial réduit à la portion congrue et qui ne leur apportera plus rien&#8230; les citoyens quant à eux, auront fini de soutenir &laquo;&nbsp;moralement&nbsp;&raquo; cette institution devenue inutile et &laquo;&nbsp;coûteuse&nbsp;&raquo;&#8230; Problème, in fine le projet gouvernemental se heurte à la constitution qui imposerait une révision constitutionnelle devenue impossible par une majorité des 3/5èmes perdue par la droite du fait de large victoire de la gauche aux dernières élections sénatoriales. Mais Nicolas Sarkozy, pourrait décider d&#8217;en passer par référendum une fois le dépeçage des départements réalisés et donc leur inutilitée démontrée !&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">La suppression de quantité d&#8217;élus récalcitrants passera aussi par la création de conseillers territoriaux.Là aussi, Nicolas Sarkozy est malin. le projet faisait partie du programme de François Bayrou en 2007 et ainsi, il aura beaucoup de peine à s&#8217;opposer à ce projet, un de moins. On peut aussi dire que c&#8217;est une preuve ou disons un indice attestant de la droititude profonde du béarnais, malgré ses envolées lyriques aux accents gauchisants. Les conseillers territoriaux seraient renouvelés intégralement tous les six ans et rééligibles, alors qu’actuellement, les élus des départements sont aujourd’hui renouvelés de moitié tous les trois ans. Pour le moment, le flou règne sur le périmètre de leur circonscription élective, sur le redécoupage inévitable que cela imposerait sur les cantons restants, et sur le mode de scrutin visant à élire ensuite conseillers territoriaux et les conseillers généraux restants&#8230; Après le redécoupage de la carte actuelle des 4 000 cantons en nouvelles circonscriptions de 20 000 habitants, les conseillers généraux-territoriaux pourraient être élus au scrutin uninominal dans les zones rurales et au scrutin proportionnel de liste à un tour dans les zones urbaines. (je n&#8217;évoquerai même pas le caractère probablement inconstitutionnel d&#8217;une telle disposition, nous aurons très certainement l&#8217;occasion d&#8217;y revenir plus tard)</p>
<p style="text-align: justify;">Au passage, on notera que les conseillers territoriaux exerceraient &laquo;&nbsp;deux fonctions&nbsp;&raquo; mais un seul mandat !&#8230; Est-ce à dire qu&#8217;il ne devraient se consacrer à ce seul mandat ou qu&#8217;ils auraient la porte ouverte à l&#8217;exercice d&#8217;un deuxième-troisième mandat ?&#8230; Une chose est certains, la droite ne peut et ne veut se contenter d&#8217;attendre le moment où elle pourra &laquo;&nbsp;officiellement&nbsp;&raquo; supprimer les départements. Elle souhaite donc faire un tour de passe-passe démocratique en envisageant un mode de scrutin proportionnel à un tour qui lui permettrait de récupérer &laquo;&nbsp;sur tapis vert&nbsp;&raquo; la direction des exécutifs locaux&nbsp;&raquo;. Si j&#8217;osais, je dirais que c&#8217;est comme pour feu le projet de vins rosés obtenus par coupage&#8230; ça aurait la couleur de la démocratie, ça aurait aussi de prime abord le goût de la démocratie mais ce serait pourtant un véritable coup d&#8217;état démocratique ! mais on nous dira que le petit Nicolas n&#8217;a aucune tentation monarchique ou autoritaire&#8230; On nous caricaturera, nous socialistes en nous traitant d&#8217;archaïques&#8230; Pourtant il s&#8217;agira bien d&#8217;offrir ni plus ni moins le gâteau au parti du président. <em><a href="http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-ump-veut-supprimer-les-seconds-59528" target="_blank">(Lire sur ce point l’article d’Antoine Vielliard </a></em><em><a href="http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-ump-veut-supprimer-les-seconds-59528" target="_blank">UMP veut supprimer les seconds tours qu’elle perd&nbsp;&raquo;)</a></em></p>
<p style="text-align: justify;">Bref, seule demeurerait la clause de compétence des communes, pour épater la galerie et duper les &laquo;&nbsp;analphabètes&nbsp;&raquo;. La question de la fiscalité locale n&#8217;étant pas réglée concomitamment à toute réforme sérieuse des collectivités et étant entendu que la création ou le renforcement des intercommunalités en lien avec la création de supra-agglomérations supprimant quantité de communes au profit de &laquo;&nbsp;mairie d&#8217;arrondissements&nbsp;&raquo; aux compétences et moyens moindres, la clause de compétence générale des mairies restantes seraient de la pure &laquo;&nbsp;barbouzerie&nbsp;&raquo; construite pour endormir les maires et les citoyens peu avertis ! Sur l&#8217;intercommunalité en général, le projet fixe au 31 décembre 2011 l&#8217;achèvement de la carte de l&#8217;intercommunale et donne aussi aux préfets des pouvoirs accrus d&#8217;initiative&#8230; Il va bien falloir aux communes, et donc aux élus maires de chef-lieux d&#8217;intercommunalité de moyenne importance préparer cela pour éviter des surprises désagréables et résister à la future hyper-importance des métropoles (Libournais, Bassin d&#8217;Arcachon, Langonnais par exemple en Gironde)&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-weight: normal;">La collectivité nouvellement créée dite &laquo;&nbsp;métropole&nbsp;&raquo; dans les agglomérations de plus de 400 000 ou 500 000 habitants (exemple la Gironde et Bordeaux) remplacerait bien les départements et disperserait toute lisibilité de l&#8217;action publique, effacerait d&#8217;un coup tout accès simple pour le citoyen en terme de &laquo;&nbsp;guichet&nbsp;&raquo;. Ces métropoles seraient dotées, au minimum, de l’ensemble des compétences des conseils généraux et des communautés urbaines. On ne connaît pas encore, même si on en devine certains contours, le périmètre des métropoles. Prenons un cas d&#8217;espèce qui ne tienne pas compte de l&#8217;élargissement très probable de la CUB (exemple girondin). Un citoyen lambda qui résiderait sur la commune de Bègles et qui aujourd&#8217;hui est pris en charge socialement par sa commission locale d&#8217;insertion de secteur (dépendant du conseil général). Demain, il dépendrait de la CUB devenue métropole avec quels changements ? quelle prise en charge ?&#8230; Ce citoyen déménage pour habiter Créon. Où seront ses repères pour le suivi de son dossier social et son insertion ?&#8230; A moins que&#8230; Créon soit absorbée très prochainement par la CUB (oh pardon, la métropole bordelaise)&#8230;</span></strong></p>
<p><strong><span style="font-weight: normal;">Enfin, pour rester dans l&#8217;essentiel, l’avant projet de loi prévoit enfin un achèvement de la carte intercommunale d’ici au 1er janvier de l’année 2014 en facilitant un certain nombre de procédures de dissolution ou de fusion.</span></strong></p>
<div style="text-align: justify;">
<p>Face à ses enjeux essentiels pour l&#8217;avenir des collectivités, des associations, des citoyens et de toutes les forces vives les élus tentent de réagir, avec dispersion, manque de pédagogie citoyenne et un sens de la communication politique ou stratégique aléatoire. On peut le comprendre tant il s&#8217;agit d&#8217;une guerre à mener sur plusieurs fronts.</p>
<p>Il est nécessaire de redonner du mordant aux méthodes de militantisme et d&#8217;action politique nationale ou de proximité. Quelques élus ont compris la hauteur des enjeux, parmi eux, le maire de Créon, Jean-Marie Darmian, a su oser une méthode novatrice, participative et pleinement responsabilisante pour les citoyens. Ainsi, <a href="http://www.jeanmariedarmian.fr/?p=795" target="_blank">il a prévu d&#8217;organiser une conseil municipal extraordinaire le 6 août 2009 avec au menu l&#8217;organisation d&#8217;un référendum d&#8217;initiative locale sur la réforme des collectivités</a> (la loi permet cela mais les élus ne veulent, n&#8217;osent ou ne pensent à utiliser certains ressorts que la loi leur permet encore). Il interrogera donc directement les Créonnais sur leur souhait d&#8217;intégrer ou non la future métropole bordelaise. cela reviendrait dans la réalité à supprimer la commune de Créon telle que les créonnais la connaisse aujourd&#8217;hui. Il en serait fini, entre autre, de la proximité et les Créonnais pourraient ainsi se rendre au centre de Bordeaux pour espérer avoir l&#8217;écoute d&#8217;un élu ou d&#8217;un fonctionnaire local&#8230; Les Créonnais devraient donc voter le 18 octobre 2009 pour dire au Préfet et au gouvernement ce qu&#8217;ils veulent pour leur avenir. le scrutin n&#8217;aura pas valeur de décision mais la mobilisation qu&#8217;il suscitera, et son résultat, pourrait être un indicateur fort d&#8217;action pour les élus locaux ou nationaux et pour les collectivités (départements et régions) qui pourraient, sur ce modèle, avoir l&#8217;avantage de la plus pure expression démocratique pour faire pression sur un pouvoir de plus en plus autoritaire et autiste. Et en matière de &laquo;&nbsp;sondage&nbsp;&raquo;, cela aurait une autre ampleur qu&#8217;un sondage &laquo;&nbsp;opinionway&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<div id="attachment_787" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-787" title="&quot;salut sarkozy&quot;" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/07/6a00fa96a53a4c000201101650330b860c-500pi-300x208.jpg" alt="Curieuse expression de nicolas sarkozy, non ?..." width="300" height="208" /><p class="wp-caption-text">Curieuse expression de nicolas sarkozy, non ?...</p></div>
<p>Le projet de loi de réforme territoriale constituera évidemment un des grands rendez-vous politiques de la rentrée. Il porte en lui les germes d&#8217;un parti sectaire, largement antirépublicain (l&#8217;UMP) et qui veut offrir la république à une caste et au privé. Il partagera l&#8217;actualité avec d&#8217;autres régressions démocratiques programmées comme la suppression des juges d&#8217;instructions, l&#8217;atteinte majeure à la laïcité républicaine et la future privatisation de l&#8217;éducation à travers la <a href="http://www.laicite-laligue.org/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=1160&amp;Itemid=347" target="_blank">&laquo;&nbsp;Loi Carle&nbsp;&raquo;</a> (en septembre au parlement), la loi Hadopi II&#8230;</div>
<p style="text-align: justify;">Dans tous les cas, je crois que nous aurons malheureusement l&#8217;occasion de revenir sur tout cela pour écrire l&#8217;épisode 8 de notre saga de la contre-révolution sarkozyste ! Bonnes vacances et à très bientôt.</p>
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