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	<title>Yannick Serrano &#187; Benoît Hamon</title>
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	<description>&#34;L&#039;engagement est un devoir autant qu&#039;une nécessité&#34;</description>
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		<title>Y&#8217;a-t-il ou non en France un problème avec les médias ?</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Oct 2009 06:30:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je vous laisse le soin de la réponse mais je vous recommande l&#8217;excellente intervention de Benoît Hamon en clôture des universités d&#8217;été d&#8217;un monde d&#8217;avance&#160;&#187; (courant du PS). A regarder vraiment !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je vous laisse le soin de la réponse mais je vous recommande l&#8217;excellente intervention de Benoît Hamon en clôture des universités d&#8217;été d&#8217;un monde d&#8217;avance&nbsp;&raquo; (courant du PS). A regarder vraiment !</p>
<div><strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xamq2n_benoit-hamlon-universites-de-rentre_news"></a></strong><em><a href="http://www.dailymotion.com/fr/channel/news"><br />
</a></em></div>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="510" height="429" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/xamq2n" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="510" height="429" src="http://www.dailymotion.com/swf/xamq2n" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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		<title>Le virage à droite pour quoi faire ?</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Jul 2009 21:30:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La maire UMP sortante, Maryse Joissains a gardé Aix en Provence pour l&#8217;UMP en devançant le socialiste Alexandre Medvedowsky à l&#8217;issue du second tour de l&#8217;élection municipale partielle. La candidate de la majorité est élue d&#8217;une courte tête contre le leader local socialiste qui avait pourtant fait l&#8217;union avec le Modem (en plus des radicaux de gauche (PRG) et des Verts). Au premier tour, dimanche dernier, Maryse Joissains était arrivée en tête avec 43,31% des voix devant Alexandre Medvedowsky (34,08%) et Hervé Guerrera (Verts, 11,31%). Ce scrutin avait une portée nationale et constituait un test pour l&#8217;aptitude de l&#8217;opposition française à battre la majorité. Force est de constater que cette défaite, en alliance avec le Modem, devrait nous emmener à poser une série de questions. Pourquoi l&#8217;alliance avec le Modem ? Quel intérêt pour le PS ? Sur quelle base ? Est-ce donc une allaince nationale qui a été testée ? Les instances nationales ont-elles validé ainsi une &#171;&#160;nouvelle&#160;&#187; orientation politique ? A priori oui, pour preuve le programme des universités d&#8217;été de la mouvance royalo-peillonaise &#171;&#160;l&#8217;espoir à gauche&#160;&#187; et regardez les présents&#8230; Quoi qu&#8217;il en soit, dans cette partielle sous haite surveillance, le symbôle est gênant car le PS [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-748" title="modem" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/07/modem-300x278.gif" alt="modem" width="300" height="278" />La maire UMP sortante, Maryse Joissains a gardé Aix en Provence pour l&#8217;UMP en devançant le socialiste Alexandre Medvedowsky à l&#8217;issue du second tour de l&#8217;élection municipale partielle.</p>
<p style="text-align: justify;">La candidate de la majorité est élue d&#8217;une courte tête contre le leader local socialiste qui avait pourtant fait l&#8217;union avec le Modem (en plus des radicaux de gauche (PRG) et des Verts).</p>
<p style="text-align: justify;">Au premier tour, dimanche dernier, Maryse Joissains était arrivée en tête avec 43,31% des voix devant Alexandre Medvedowsky (34,08%) et Hervé Guerrera (Verts, 11,31%).</p>
<p style="text-align: justify;">Ce scrutin avait une portée nationale et constituait un test pour l&#8217;aptitude de l&#8217;opposition française à battre la majorité.</p>
<p style="text-align: justify;">Force est de constater que cette défaite, en alliance avec le Modem, devrait nous emmener à poser une série de questions. Pourquoi l&#8217;alliance avec le Modem ? Quel intérêt pour le PS ? Sur quelle base ? Est-ce donc une allaince nationale qui a été testée ? Les instances nationales ont-elles validé ainsi une &laquo;&nbsp;nouvelle&nbsp;&raquo; orientation politique ? A priori oui, pour preuve <a href="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/07/Lespoir-à-gauche-20090718.jpg" target="_blank"><strong>le programme des universités d&#8217;été de la mouvance royalo-peillonaise &laquo;&nbsp;l&#8217;espoir à gauche&nbsp;&raquo; et regardez les présents</strong></a>&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Quoi qu&#8217;il en soit, dans cette partielle sous haite surveillance, le symbôle est gênant car le PS n&#8217;a pas tranché sa ligne politique mais a, à priori, tranché la question des alliances&#8230; Je n&#8217;ai pas entendu notre porte-parole national aborder la question. &laquo;&nbsp;une gauche décomplexée&nbsp;&raquo; vous dîtes ?&#8230; Certains devraient avaler leur chapeau&#8230; A priori, Ségolène a gagné le troisième tour du Congrès de Reims !</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, il n&#8217;y a qu&#8217;à regarder du côté de Salles en Gironde (cf. magnifique score de Vincent Nuchy dans une campagne de gauche dans sa cantonale partielle) pour constater que l&#8217;alliance avec le Modem n&#8217;est pas forcément un &laquo;&nbsp;Modèle&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
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		<title>Le PS perdu entre la &#171;&#160;Valls&#160;&#187; des amabilités et des étiquettes ?</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Jul 2009 16:27:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après que Martine Aubry ait subitement décidé d&#8217;écrire à Manuel Valls pour lui signifier l&#8217;emplacement de la ligne jaune et que ce dernier ait répondu à la première secrétaire, le PS est &#171;&#160;à nouveau&#160;&#187; plongé dans ses divisions, tant et tant que l&#8217;on ne sait plus guère quel est le véritable objet du problème. Avant d&#8217;aller plus loin, voici ci-dessous les missives de Martine Aubry et Manuel Valls. Cher Manuel, Notre Parti a besoin de chacun des socialistes pour contribuer à son redressement après des années difficiles ponctuées par trois échecs à la présidentielle et un Congrès de Reims difficile qui a laissé une image déplorable de notre parti. Au congrès, les militants nous ont demandé avec force de jouer notre rôle de principal parti d’opposition, c&#8217;est-à-dire de dénoncer ce qui nous apparaît injuste, ou inefficace, et de proposer une alternative qu’attend aujourd’hui notre pays. Ils nous ont aussi demandé de nous réunir et de parler d’une même voix. Depuis cette date, et personne ne le conteste, le parti s’est remis au travail, s’est ouvert sur la société et a su porter des propositions fortes. Nos parlementaires mènent depuis plusieurs mois un travail coordonné et tout à fait remarquable. Par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-735" title="valls" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/07/valls-228x300.jpg" alt="valls" width="228" height="300" />Après que Martine Aubry ait subitement décidé d&#8217;écrire à Manuel Valls pour lui signifier l&#8217;emplacement de la ligne jaune et que ce dernier ait répondu à la première secrétaire, le PS est &laquo;&nbsp;à nouveau&nbsp;&raquo; plongé dans ses divisions, tant et tant que l&#8217;on ne sait plus guère quel est le véritable objet du problème. Avant d&#8217;aller plus loin, voici ci-dessous les missives de Martine Aubry et Manuel Valls.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Cher Manuel,<br />
Notre Parti a besoin de chacun des socialistes pour contribuer à son redressement après des années difficiles ponctuées par trois échecs à la présidentielle et un Congrès de Reims difficile qui a laissé une image déplorable de notre parti.<br />
Au congrès, les militants nous ont demandé avec force de jouer notre rôle de principal parti d’opposition, c&#8217;est-à-dire de dénoncer ce qui nous apparaît injuste, ou inefficace, et de proposer une alternative qu’attend aujourd’hui notre pays. Ils nous ont aussi demandé de nous réunir et de parler d’une même voix.<br />
Depuis cette date, et personne ne le conteste, le parti s’est remis au travail, s’est ouvert sur la société et a su porter des propositions fortes. Nos parlementaires mènent depuis plusieurs mois un travail coordonné et tout à fait remarquable.<br />
Par ailleurs, j’ai mis toute mon énergie à rassembler les diverses sensibilités dans le respect de la ligne politique définie par le Congrès de Reims. Je suis d’ailleurs heureuse des relations de confiance qui me permettent de débattre en toute sérénité avec Ségolène Royal.<br />
A la suite des élections européennes, nous avons défini notre feuille de route, en nous attelant à deux tâches essentielles : la préparation du projet et le rassemblement de la Gauche.<br />
Le séminaire de Marcoussis a constitué le coup d’envoi de ce travail collectif. Chacun a reconnu la qualité du débat qui nous a rassemblés.<br />
Par ailleurs, après de nombreux contacts avec nos partenaires de la gauche, j’ai écrit à chacun d’entre eux pour engager une nouvelle démarche de rassemblement, fondée sur les idées comme sur la stratégie politique.<br />
Force est de constater que ce travail collectif pour moderniser nos idées est contrarié chaque jour par la cacophonie d’expressions isolées -d’ailleurs le plus souvent contradictoires-, et par des initiatives solitaires prenant le contrepied des positions de notre Parti.<br />
S’engager dans un Parti, c’est un acte d’adhésion à des valeurs et des pratiques communes, mais c’est aussi &#8211; qui plus est dans un parti démocratique  comme le nôtre-, accepter de débattre en son sein, d’y apporter ses idées et ses réflexions, et lorsque la décision est prise de la respecter et la porter dans l’opinion.<br />
On ne peut utiliser un Parti pour obtenir des mandats et des succès, en s’appuyant sur la force et la légitimité d’une organisation collective, et s’en affranchir pour exister dans les médias à des fins de promotion personnelle. On n’appartient pas à un Parti pour s’en servir mais pour le servir. Les militants et même les français exigent de nous du travail, du courage et des idées.<br />
Il n’y a pas un jour, mon cher Manuel, où tu n’expliques aux médias que notre parti est en crise profonde, qu’il va disparaître et qu’il ne mérite pas de se redresser. Paradoxalement, tu t’appuies sur nos règles collectives pour appeler à « l’insurrection militante ».<br />
Les militants, eux, ont un souhait, c’est que tu mettes ton intelligence et ton engagement au service du Parti et donc des Français. Tes propos, loin d’apporter une solution, portent atteinte à tous les militants et à tous les dirigeants, qui aujourd’hui travaillent à retrouver la confiance avec nos concitoyens.<br />
Tu donnes l’impression d’attendre, voire d’espérer la fin du Parti Socialiste.<br />
Mon cher Manuel, s’il s’agit pour toi de tirer la sonnette d’alarme par rapport à un Parti auquel tu tiens, alors tu dois cesser ces propos publics et apporter en notre sein tes idées et ton engagement. Si les propos que tu exprimes, reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti Socialiste.<br />
Je ne peux, en tant que première secrétaire, accepter qu’il soit porté atteinte au travail que nous avons le devoir de réaliser. La discipline n’est pas la police des idées, mais la condition de la cohésion et de la réussite d’une équipe.<br />
C’est un moment de vérité. Je te demande de me faire part de ton choix dans les jours qui viennent, et d’en assumer toutes les conséquences pour l’avenir.<br />
Avec toute mon amitié.<br />
Martine AUBRY</em></p>
</blockquote>
<div>
<p><em>La réponse de manuel Valls ne s&#8217;est pas faite attendre et sonne comme une fin de non recevoir&#8230;</em></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em> </em><em>Chère Martine,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em><em>J&#8217;ai lu avec étonnement la lettre dans laquelle tu m&#8217;adresses tes amitiés et m&#8217;enjoins&#8230; de me taire ou de quitter le Parti socialiste.<br />
J&#8217;ai conscience des difficultés de ton rôle et de sa part ingrate. Personne n&#8217;a oublié les circonstances exceptionnelles de notre dernier congrès. Beaucoup de forces se sont alors mobilisées pour étouffer l&#8217;indispensable démarche de rénovation. Après le désastre électoral du 7 juin dernier, je ne suis pas étonné que ces mêmes forces te demandent aujourd&#8217;hui d&#8217;imposer le silence dans les rangs.<br />
Je suis surpris, par contre, par la méthode. Pourquoi avoir transmis simultanément ta lettre à la rédaction du Parisien ? L&#8217;objectif affiché par ton courrier n&#8217;est-il pas de clore l&#8217;ensemble de nos débats à l&#8217;abri des huis clos ? L&#8217;urgence était-elle donc telle qu&#8217;il ait fallu reprendre la plume pour masquer le cuisant échec d&#8217;une récente initiative épistolaire à l&#8217;attention des autres partis de gauche ?<br />
Mais je veux te répondre sur l&#8217;essentiel.<br />
Tu me soupçonnes « d&#8217;espérer la fin du Parti socialiste ». J&#8217;y suis rentré à l&#8217;âge de 18 ans et j&#8217;y consacre ma vie. Sans jamais renoncer à mes convictions, j&#8217;y ai exercé de multiples responsabilités et j&#8217;en suis l&#8217;élu depuis 1986. Et contrairement à certains qui s&#8217;érigent aujourd&#8217;hui en grands sages, j&#8217;ai toujours respecté, quoiqu&#8217;il ait pu m&#8217;en coûter, le choix des militants et les règles de vote de notre groupe parlementaire dont je suis aussi l&#8217;un des animateurs.<br />
Ton procès d&#8217;intention relève donc, au mieux, de la désinformation et, au pire, de l&#8217;insulte. S&#8217;il y a une chose dont j&#8217;espère la fin, ce n&#8217;est pas celle d&#8217;une formation qui garde encore l&#8217;honneur d&#8217;être le pivot de la gauche ; c&#8217;est celle d&#8217;une machine à perdre qui détruit l&#8217;espoir mis par nos concitoyens dans le progrès social.<br />
Tu affirmes que notre « parti s&#8217;est remis au travail, s&#8217;est ouvert sur la société et a su porter des propositions fortes » depuis le congrès de Reims. Malgré un dévouement et une bonne volonté  que je ne mets pas en cause, force est pourtant de constater, pour l&#8217;heure, que ce travail et ces propositions n&#8217;ont pas convaincu nos compatriotes. Je suis frappé que tu n&#8217;évoques nulle part, dans ta lettre, les résultats du scrutin européen. Pourquoi un tel déni ? Faut-il que le désaveu ait été si cruel pour justifier un tel refoulement ?<br />
Il est vain de m&#8217;accuser qu&#8217;« il n&#8217;y a pas un jour, où [je] n&#8217;explique [...] que notre parti est en crise profonde ». La crise de notre parti – qui est aussi celle de la social-démocratie européenne – n&#8217;est pas de mon fait ; elle a été établie et sanctionnée par nos concitoyens eux-mêmes lors de toutes les échéances électorales majeures depuis 2002. Et si cette vérité dérange notre confort et nos certitudes, je prendrai toujours le risque, pour ma part – et avec bien d&#8217;autres – de l&#8217;assumer. Quel que soit le prix à payer, je ne me ferai pas le silencieux complice de l&#8217;aveuglement. C&#8217;est un choix éthique qui relève de ma conscience et qui donne sens à mon engagement. Je te confirme donc que mes propos reflètent bien ma pensée !<br />
Il est également malhonnête de sous-entendre que je réserve ma parole « aux médias ». Avec une égale constance, je m&#8217;exprime à l&#8217;intérieur comme à l&#8217;extérieur de notre parti. Et si cette parole rencontre davantage d&#8217;écho hors les murs, c&#8217;est qu&#8217;elle entre en résonance avec des aspirations et des interrogations que l&#8217;on voudrait bien étouffer.<br />
Ma chère Martine, tu l&#8217;auras compris, je ne renoncerai donc jamais à l&#8217;ambition collective de définir un nouveau projet pour la gauche – d&#8217;autant que je suis convaincu que nous pouvons gagner en 2012 et battre Nicolas Sarkozy. A travers mes ouvrages et mon expression publique, sans vouloir imposer une vérité, je me place toujours sur le terrain des idées et des propositions : école, retraites, sécurité, culture, entreprise, nouvelle ville&#8230; C&#8217;est cet effort que j&#8217;ai souhaité amplifier – et je tiens à t&#8217;adresser, une nouvelle fois, mon intervention faite le mois dernier au Théâtre Michel ; et c&#8217;est cet effort que j&#8217;entends bien poursuivre au cours des prochaines années en m&#8217;appuyant sur l&#8217;expérience de nos élus locaux, la générosité de nos militants, l&#8217;attente de nos sympathisants et aussi sur les travaux de nos clubs de réflexions.<br />
Oui, pour redonner une envie de gauche, je pense qu&#8217;il faut transformer profondément notre formation, l&#8217;ouvrir réellement à la société et être clair sur des alliances qui ne doivent pas être déterminées au cas par cas.<br />
L&#8217;idée selon laquelle un parti peut être à lui-seul porteur d&#8217;un projet clé en main pour transformer la société est aujourd&#8217;hui dépassée. Son action est désormais plus horizontale que verticale à l&#8217;instar de la révolution internet. La mise en place de primaires s&#8217;inscrit parfaitement dans cette évolution. A la lecture de ta lettre, je ne te cache pas ma profonde inquiétude sur ta conception très datée du parti.<br />
Pour la gauche, l&#8217;urgence est de redessiner, avec les français, une perspective qui suscite, à nouveau, l’espérance. En partant de notre traditionnelle ligne de clivage avec la droite – l&#8217;appréciation différente de l&#8217;origine des inégalités entre les hommes – je m&#8217;efforcerai, avec tous ceux qui voudront en faire l&#8217;effort, de jeter les bases d&#8217;un nouveau modèle de développement pour le 21ème siècle. Donner à chaque individu les moyens de son autonomie devrait devenir la nouvelle frontière de la gauche.<br />
« Je me révolte donc nous sommes » disait Albert Camus. Par cette formule, il établissait une dialectique originale entre l&#8217;individuel et le collectif. J&#8217;espère que tu pourras aussi y voir, comme moi, une source d&#8217;encouragement et d&#8217;espoir.<br />
Et puisque tu me sommes de donner une réponse claire à ton ultimatum, je t&#8217;informe que j&#8217;entends bien rester fidèle à mon poste, à ma famille politique et à mes valeurs. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em><em>Avec toute mon amitié,<br />
Manuel VALLS<br />
Député de l&#8217;Essonne, Maire d&#8217;Évry</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><br />
</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Sur le fond, évidemment, je partage le rappel à l&#8217;ordre effectué par Martine Aubry et il y a bien longtemps que les militants socialistes sont en attente d&#8217;une attitude ferme à l&#8217;égard des &laquo;&nbsp;droitistes&nbsp;&raquo; du PS qui se permettent de dire, écrire partout les pires cochoneries sans être inquiétés le moins du monde. Et il y a bien longtemps que des rappels à l&#8217;ordre auraient dû avoir lieu.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur la forme on peut s&#8217;interroger sur le moment auquel survient cette offensive directe de Martine Aubry. Manuel Valls n&#8217;a rien dit depuis ces derniers jours, qu&#8217;il ne défende déjà depuis assez longtemps&#8230; On a même eu l&#8217;occasion d&#8217;entendre le même langage, les mêmes idées, les mêmes propositions dans la bouche d&#8217;autres membres de la direction actuelle ou passée. Je me rappelle avoir eu un échange assez rugueux avec Pierre Moscovici à La Rochelle quand il proposa devant les militants socialistes et devant les journalistes rassemblés de renommer le PS en &laquo;&nbsp;Parti Démocrate&nbsp;&raquo;&#8230; François Hollande était alors premier secrétaire et il n&#8217;y eut aucun rappel à l&#8217;ordre !</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est dire si le moment, les raisons officielles ou stratégiques pour ce rappel à l&#8217;ordre sont mal choisis. On sent bien que notre parti est dans une souffrance extrême et qu&#8217;il ne sait comment affronter sa propre rénovation. Cela me fait penser avec amusement à Marie-Antoinette, il faut bien en rire quand on a passé le stade de la déprime politique que tout cela peut valoir. &laquo;&nbsp;le peuple a faim et il n&#8217;y a plus de pain, qu&#8217;il mange de la brioche&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi le PS n&#8217;a-t-il pas bombé le torse au moment de la réforme constitutionnelle et viré Jack Lang ? A lui seul, il a causé plus de tort au PS et à l&#8217;opposition parlementaire que 10 Manuel Valls ! Grâce à mister Jack, la réforme adoptée casse toute la dynamique d&#8217;opposition des députés socialistes et permet à Nicolas Sarkozy de casser et la république et tous les équilibres sociaux (cf. hier la loi sur le travail dominical, demain Hadopi 2 et les retraites&#8230;).</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, à travers ce modeste exemple, nous pourrions en citer des dizaines, vous voyez bien que l&#8217;on marche sur la tête !</p>
<p style="text-align: justify;">La seule chose qui conviendrait à notre grand PS, ce serait de convoquer au minimum des états généraux du socialisme (avec les militants), réfléchir et trancher une ligne politique quelle qu&#8217;elle soit et ensuite repartir avec force au combat et ensuite virer les indélicats.</p>
<p style="text-align: justify;">Je serai, de mon côté, partisan, &laquo;&nbsp;d&#8217;états généraux de la gauche&nbsp;&raquo; inconditionnels élargis aux autres formations qui se reconnaissent dans le socialisme (sans définition précise volontairement). Pourraient y être associés militants et sympathisants de toutes les formations pour créer une vaste dynamique nationale d&#8217;élaboration collective et républicaine. Nous aurions là quelque chose qui aurait de la gueule et dont le PS ne doit pas avoir la crainte de sortir anéanti. Quand on est comme nous et à ce point, repliés et craintifs, on est généralement assuré de se bananer et de ne pas avoir l&#8217;énergie de la victoire intellectuelle et politique. C&#8217;est bien cela qui est très inquiétant.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous devrions faire cela et ainsi nous affranchir des problèmes de &laquo;&nbsp;vivre ensemble&nbsp;&raquo; internes au PS et aux autres formations de gauche ou de l&#8217;écologie. Créer une immense exploration de la gauche et ensuite voir ce qui est le creuset d&#8217;une gauche unie et volontaire de combats. Nous aurions vraisemblablement deux trajectoires, deux formations distinctes qui en découleraient mais nous saurions exactement sur la base de quoi, qui se divise. Nous saurions sur la base de quoi créer des points d&#8217;accord pour une future gouvernance commune et avec qui.</p>
<p style="text-align: justify;">Au lieu de cela nous inventons des formules alambiquées qui n&#8217;aboutiront à pas grand chose, si ce n&#8217;est d&#8217;énièmes colères et divisions, probablement même une scission du PS en deux ou trois fragments qui séparés seront insignifiants&#8230; Au bout du chemin, les &laquo;&nbsp;primaires&nbsp;&raquo; chères à Arnaud Montebourg aboutiront à une bérézina monumentale et nous en reprendrons pour 20 ans de droite dure.</p>
<p style="text-align: justify;">Regardons ensemble et sans part pris idéologique ces quelques réactions de &laquo;&nbsp;notables&nbsp;&raquo; socialistes à la querelle valls-aubry (qui en arrange plus d&#8217;un&#8230;).</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Les proches de Valls dénoncent eux l&#8217;autoritarisme de la maire de Lille.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Harlem Désir</strong> a déclaré que &laquo;&nbsp;Martine Aubry a dit tout haut ce que pensent de nombreux militants. On a besoin d&#8217;un rappel aux règles collectives dans un parti où certains donnent l&#8217;impression de vouloir jouer en permanence contre leur propre camp&nbsp;&raquo;.</em></p>
</blockquote>
</div>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Le patron de la fédération PS des Bouches-du-Rhône, <strong>Jean-Noël Guérini</strong>, a critiqué la mise en demeure :&nbsp;&raquo;Je souhaite que la raison l&#8217;emporte et qu&#8217;ils se rencontrent très rapidement et qu&#8217;on trouve les solutions adaptées.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le sénateur-maire PS de Lyon, <strong>Gérard Collomb</strong>, a estimé que &laquo;&nbsp;pour que le Parti Socialiste retrouve une crédibilité dans l&#8217;opinion publique, il ne convient pas d&#8217;étouffer le débat mais de lui donner de la profondeur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;Martine Aubry a raison: stop à la cacophonie pour pouvoir parler de sujets sérieux&nbsp;&raquo;, a déclaré <strong>Marylise Lebranchu</strong>, dans les couloirs de l&#8217;Assemblée nationale. &laquo;&nbsp;C&#8217;est un acte d&#8217;autorité attendu, salutaire&nbsp;&raquo;a-t-elle ajouté.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;Je ne suis pas en accord avec beaucoup de choses que dit Manuel Valls. En revanche, je pense qu&#8217;il a droit de le dire et qu&#8217;il faut qu&#8217;il le dise&nbsp;&raquo;, a déclaré pour sa part <strong>Gaëtan Gorce</strong>, ex-soutien de Ségolène Royal. &laquo;&nbsp;Il ne faut pas un Parti socialiste qui se referme sur lui-même comme le Parti communiste d&#8217;il y a une vingtaine d&#8217;années&nbsp;&raquo;.</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Il y a tant et tant de raisons personnelles ou idéologiques de s&#8217;étriper ou que rien n&#8217;avance pour tant de nos leaders qu&#8217;il ne nous est plus possible que d&#8217;envisager<em>, </em>non plus un aggiornamento, mais un chantier vaste et ouvert à toute la gauche avec pour objectif de redevenir ou de devenir une gauche de gouvernement.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant que le PS travaille au fond ou s&#8217;étripe pour de bonnes raisons sur la scène nationale ou européenne, nous n&#8217;entendons quasiment pas parler de sujets qui, eux, pourraient valoir de vraies lignes de conduite ou de fracture au sein du PS et qui à eux seuls vaudraient toutes les conventions ou universités du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Prenons, notre camarade et ami Benoît Hamon, vous savez ce socialiste dans lequel beaucoup de militants jeunes ou moins jeunes ont fondé de gros espoirs, celui qui lave plus blanc que blanc et a pris pour devise de son courant &laquo;&nbsp;la gauche décomplexée&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Formidable Benoît qui dans sa newsletter de ce jour nous fait adresser toute l&#8217;indignation de ses lieutenants <em>Liêm Hoang Ngoc, Françoise Castex à travers ces quelques lignes ci-dessous :<br />
</em></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em> </em><em>&laquo;&nbsp;Le Parlement Européen a élu son Président ce mardi 14 juillet à Strasbourg. Une élection vidée de tout débat de fond et marquée par une négociation de marchands de tapis pudiquement appelée &laquo;&nbsp;accord technique&nbsp;&raquo;. Cet accord négocié entre le Parti Populaire Européen (PPE) et l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates (S&amp;D &#8211; le nouveau nom du groupe PSE après l’intégration des démocrates italiens, un sujet qui mériterait un article à lui seul) porte sur le partage du pouvoir au sein du Parlement Européen. Il prévoit la division du mandat de président de l’assemblée en deux périodes de deux ans et demi &#8211; la première revenant à la droite, la deuxième à la gauche &#8211; et influe de manière significative sur la distribution des présidences de commissions parlementaires.</em></p>
</blockquote>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Pour l’Allemand Martin SCHULZ, reconduit à la tête du groupe S&amp;D, l’entente avec le PPE s’inscrit autant dans la culture du lieu que dans une logique politique purement allemande : il reproduit au Parlement européen la Grande Coalition de Berlin. Mais il s’agit aussi d’une stratégie personnelle : l’accord lui ouvre les portes de la Présidence pour juillet 2012.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>La question de l’accord technique n’a d’ailleurs à aucun moment fait l’objet d’un vote, ni même d’un débat au sein du groupe S&amp;D. Etonnant, quand on sait que Joseph DAUL, Président du PPE, avait clamé qu’il n’y aurait d’accord qu’avec les groupes qui soutiendraient la candidature de Barroso à la Commission européenne ! Force est de constater que les socialistes français étaient parmi les seuls à y être opposés.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>C’est donc avec les voix d’une grande partie de nos camarades européens que le conservateur polonais Jerzy BUZEK, qui s’est par le passé illustré par ses positions homophobes et anti-avortement, a pu accéder au poste de Président. Les membres de la Délégation socialiste française n’ont évidemment pas voté pour Monsieur BUZEK, car au-delà du fait que ce dernier incarne des idées fondamentalement incompatibles avec les valeurs qui sont les nôtres, nous avons dès le début du processus de négociations, refusé tout accord de ce type avec le PPE, fût-il seulement technique. De telles pratiques contribuent en effet à brouiller le clivage gauche-droite et le message envoyé à nos électeurs, qui souhaitent une plus grande clarté dans nos prises de position.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>A l’heure où notre première secrétaire Martine AUBRY lance un appel à l’édification d’une maison commune de la Gauche, il est cependant surprenant que beaucoup au sein de cette même délégation socialiste française n’aient pas voulu apporter leur soutien à Eva-Britt SVENSSON, la candidate de la Gauche Unie Européenne (communistes et gauche verte nordique). Pour notre part, quand un candidat de gauche s’oppose à un candidat de droite, notre choix est vite fait : l’abstention n’est pas une option. Nous avons donc voté pour la candidate de la GUE.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Liêm Hoang Ngoc, Françoise Castex&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">N&#8217;êtes-vous pas ému de ces si jolis mots ? non ?!&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Croyez-vous que le PS va convoquer un Bureau national extraordinaire ou un conseil national extraordinaire pour acter politiquement son plein désaccord avec ce qui vient de se passer au parlement européen ? Le PS, mon cher PS, va probablement décider de se retirer du groupe <em>S&amp;D</em> (PSE) et rejoindre le GUE ?</p>
<p style="text-align: justify;">&#8230; Non rien de tout cela ne se passera, vous pouvez dormir tranquille, Benoît Hamon continuera à laver plus blanc que blanc et de se rêver en artisan d&#8217;une gauche décomplexée alors qu&#8217;il a simplement rejoint la stratégie de carrière, les grands leaders  nationaux socialistes à s&#8217;écharper, le peuple de gauche à se désespérer de nous comme je l&#8217;entends trop souvent (&laquo;&nbsp;vous les socialistes qui ne comprenez décidément rien&nbsp;&raquo;), et la droite se marrer en infligeant au bon peuple les pires des reculades sociales et démocratiques.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant, continuons d&#8217;écouter le tempo de la Valse&#8230;</p>
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		<title>Des inflexions en attendant l&#8217;essentiel</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Jun 2009 20:13:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
				<category><![CDATA[Au Premier Plan]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires Socialistes]]></category>
		<category><![CDATA[Arnaud Montebourg]]></category>
		<category><![CDATA[Benoît Hamon]]></category>
		<category><![CDATA[élections européennes]]></category>
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		<description><![CDATA[Après la très douloureuse défaite des élections européennes, Martine Aubry a tenté mardi de prendre de court les ténors du parti. Elle a rencontré Ségolène Royal en catimini avant une réunion à hauts risques du Conseil National du PS. Ségolène Royal n&#8217;a pas assisté au Conseil National mais elle a assuré Martine Aubry de son &#171;&#160;soutien complet&#160;&#187; dans la &#171;&#160;transformation radicale&#160;&#187; du PS&#8230; Autant dire que des conditions &#171;&#160;radicales&#160;&#187; ont dû être posées pour un appui sans faille et réponse positive a dû être faite. Martine Aubry a promis d&#8217;accélérer la &#171;&#160;refondation&#160;&#187; du parti lors de son intervention au Conseil National. J&#8217;ose espérer, comme beaucoup de militants et d&#8217;élus socialistes, que le mot refondation est à prendre au sens propre et sans demi mesure car c&#8217;est bien de cela que notre parti a besoin. Je continue de penser que notre échec aux élections européennes provient, au-delà des divisions ou de la composition des listes, de deux choses essentielles. D&#8217;abord le PS s&#8217;est refusé à un vaste débat interne au moment du congrès de Reims ou juste après sur le sens de la construction européenne qu&#8217;il souhaite. Il s&#8217;est refusé à parler de valeurs, de principes, de concepts alors que c&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-626" title="beatles-revolution" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/06/beatles-revolution-300x291.jpg" alt="beatles-revolution" width="300" height="291" />Après la très douloureuse défaite des élections européennes, Martine Aubry a tenté mardi de prendre de court les ténors du parti. Elle a rencontré Ségolène Royal en catimini avant une réunion à hauts risques du Conseil National du PS.</p>
<p style="text-align: justify;">Ségolène Royal n&#8217;a pas assisté au Conseil National mais elle a assuré Martine Aubry de son &laquo;&nbsp;soutien complet&nbsp;&raquo; dans la &laquo;&nbsp;transformation radicale&nbsp;&raquo; du PS&#8230; Autant dire que des conditions &laquo;&nbsp;radicales&nbsp;&raquo; ont dû être posées pour un appui sans faille et réponse positive a dû être faite.</p>
<p style="text-align: justify;">Martine Aubry a promis d&#8217;accélérer la &laquo;&nbsp;refondation&nbsp;&raquo; du parti lors de son intervention au Conseil National. J&#8217;ose espérer, comme beaucoup de militants et d&#8217;élus socialistes, que le mot refondation est à prendre au sens propre et sans demi mesure car c&#8217;est bien de cela que notre parti a besoin. Je continue de penser que notre échec aux élections européennes provient, au-delà des divisions ou de la composition des listes, de deux choses essentielles.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;abord le PS s&#8217;est refusé à un vaste débat interne au moment du congrès de Reims ou juste après sur le sens de la construction européenne qu&#8217;il souhaite. Il s&#8217;est refusé à parler de valeurs, de principes, de concepts alors que c&#8217;est ce dont il a le plus besoin, plus que d&#8217;une farandole de propositions. cela aurait permis de crever l&#8217;abscès du référendum de 2005. Cela aurait permis de trancher une ligne politique. Cela aurait permis aux militants de se sentir à l&#8217;aise dans leurs baskets et de savoir si leur adhésion vaut adhésion à l&#8217;idée européenne défendue par le PS. Au lieu de cela, le débat a été interdit et tout le monde a dû faire comme si. Les débats sont donc restés entiers &laquo;&nbsp;d&#8217;attente&nbsp;&raquo; sur le référendum, la division des élus ou militants socialistes colossale au moment du vote du Parlement sur le Traité de Lisbonne, le non-dit terrible pour les militant sommés de faire ardemment une campagne alors que la question essentielle du sens n&#8217;a pas été tranchée.</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, mais c&#8217;est un prolongement de la première raison, le PS s&#8217;est empressé de ratifier le &laquo;&nbsp;Manifesto&nbsp;&raquo; comme un document formidable ralliant l&#8217;adhésion de tous. Ce texte n&#8217;a pas été débattu ni même voté par les militants qui ont été sommés d&#8217;avaler la pilule, même en fermant le nez, mais de dire aux gens croisés sur leur chemin comme de bons docteurs que le remède est formidable&#8230; Il y avait sur la forme l&#8217;ingrédient majeur de ce que ne supportent plus les militants socialistes (tout courant confondu) : ne pas être consultés. Il y avait aussi sur le fond l&#8217;autre ingrédient majeur de ce que ne supportent plus les militants socialistes : l&#8217;absence de débat d&#8217;orientation et l&#8217;absence de confrontation d&#8217;idées qui a toujours fait la recette des anciens succès socialistes.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors évidemment je n&#8217;ai pas la prétention de refléter l&#8217;opinion militante dominante, mais je serais assez surpris d&#8217;être très contredit par les militants (quelles que soient leurs orientations de fond sur ces sujets) tant celles et ceux que je rencontre, celles et ceux de toute la France et de toute tendance avec lesquels j&#8217;échange aussi par mail m&#8217;ont fait part de ce sentiment de colère qui donne envie de &laquo;&nbsp;rester à la maison&nbsp;&raquo; ou de s&#8217;égarer. Comme l&#8217;a dit remarquablement Arnaud Montebourg (vidéo sur ce blog), quand les militants ou les élus socialistes ne veulent plus voter socialistes, c&#8217;est qu&#8217;il y a un problème d&#8217;existence même qui est posé. Il faudra donc bien plus qu&#8217;un électrochoc à mon cher PS pour se réconcilier avec sa base, pour retrouver des méthodes justes et modernes, pour chercher un esprit de tolérance et d&#8217;écoute, et pour faire ensuite respecter le choix de l&#8217;orientation du parti.</p>
<p style="text-align: justify;">Par respect pour mon parti, et malgré certains de mes amis qui me pressaient de m&#8217;exprimer, je me suis abstenu tout au long de la campagne électorale  de manifester ma réprobation des méthodes de préparation des élections européennes. J&#8217;ai respecté en ce sens mon appartenance à mon parti. Mais maintenant, l&#8217;heure du débat doit être ouverte et la parole libre. Le PS en a grand besoin, toute la gauche également. Les innovateurs, les poils à gratter doivent avoir plus que jamais leur place dans ce parti, les élus locaux aussi qui sont si souvent porteurs de paroles justes, d&#8217;analyses ciselées, de propositions fortes, de méthodes de gouvernance locales (pouvant être élargies) originales et porteuses de rassemblement de la diversité des forces de gauche et de progrès.</p>
<p style="text-align: justify;">Les électeurs de gauche veulent un parti socialiste fort dont les mots raisonneront comme des étendards qui claquent dans le vent. Les électeurs veulent entendre un PS qui se bat autant contre les abus d&#8217;une droite régressive et d&#8217;un président absolutiste que pour réaffirmer comme non négociables et hors du champ de tout compromis certaines valeurs essentielles (la laïcité, l&#8217;égalité). Les électeurs veulent savoir que les socialistes incanteurs connaissent vraiment un peu le quotidien des simples gens et que quand les mots sortent de leur bouche, ils viennent moins d&#8217;un dictionnaire que du fond des tripes. Sur tout cela, les électeurs de gauche n&#8217;ont plus de certitudes et se fient à de belles paroles louvoyantes qui nous ont fait mener des politiques de centre-droit alors qu&#8217;ils veulent aussi une bonne cure de solidarité, de protection face à une économie mondialisée et folle qui les assomme chaque jour.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors je reprends les mots de benoît Hamon disant que &laquo;&nbsp;ce n&#8217;est pas au moment où le PS rencontre le plus de difficultés qu&#8217;il faut quitter le navire&nbsp;&raquo;. Je ne quitte pas le navire mais prenons garde à ce que le navire ne coule pas très vite.</p>
<p style="text-align: justify;">Et ce n&#8217;est pas la nomination de Ségolène Royal à la vice-présidence de l&#8217;Internationale socialiste qui va changer la donne. Il va falloir agir très vite, très fort car en plus  du reste nous avons les élections régionales à préparer. Au boulot!</p>
<p style="text-align: justify;">
]]></content:encoded>
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		<title>Le PS «pas encore tout à fait guéri» ?</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Mar 2009 22:24:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
				<category><![CDATA[Au Premier Plan]]></category>
		<category><![CDATA[Benoît Hamon]]></category>
		<category><![CDATA[manuel valls]]></category>
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		<description><![CDATA[Benoît Hamon, porte-parole du PS a dénoncé aujourd&#8217;hui le royaliste Manuel Valls qui «s’est fait une spécialité (…) de faire des compliments à Nicolas Sarkozy». La veille, manuel Valls avait critiqué la tendance à l’«anti-sarkozysme obsessionnel» du PS. Il a reconnu ce matin que le PS aurait «préféré une salle plus remplie» lors de son rassemblement pour les libertés au Zénith de Paris dimanche, jugeant que «le Parti socialiste n’est pas encore tout à fait guéri». Effectivement le succès était pour le moins en demi-teinte, mais comment pouvait-il en être autrement ? Ce grand rendez-vous n&#8217;avait été que peu annoncé dans les médias et peu relayé sur internet ou dans les réseaux populaires ou de jeunesse. Normal, sur ce coup là nous avons manqué de créativité et de &#171;&#160;sens du feuilleton&#160;&#187;. Certains de mes lecteurs me comprendront et probablement même notre porte parole national&#8230; Je me souviens d&#8217;une époque où nous avions le chic pour trouver ce qui faisait qu&#8217;un message percutait, ce qui le rendait attractif, qui interpellait les esprits, qui créait une attente, qui scellait une dépendance à &#171;&#160;obtenir la réponse&#160;&#187;. mais peut-être que nous nous tournons un peu trop vers les grands créatifs des agences parisiennes car [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-384" title="benoit-hamon1190011790" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/03/benoit-hamon1190011790-196x300.jpg" alt="benoit-hamon1190011790" width="196" height="300" />Benoît Hamon, porte-parole du PS a dénoncé aujourd&#8217;hui le royaliste Manuel Valls qui «s’est fait une spécialité (…) de faire des compliments à Nicolas Sarkozy». La veille, manuel Valls avait critiqué la tendance à l’«anti-sarkozysme obsessionnel» du PS.</p>
<p style="text-align: justify;">Il a reconnu ce matin que le PS aurait <em>«préféré une salle plus remplie»</em> lors de son rassemblement pour les libertés au Zénith de Paris dimanche, jugeant que <em>«le Parti socialiste n’est pas encore tout à fait guéri».</em> Effectivement le succès était pour le moins en demi-teinte, mais comment pouvait-il en être autrement ? Ce grand rendez-vous n&#8217;avait été que peu annoncé dans les médias et peu relayé sur internet ou dans les réseaux populaires ou de jeunesse.<span id="more-383"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Normal, sur ce coup là nous avons manqué de créativité et de &laquo;&nbsp;sens du feuilleton&nbsp;&raquo;. Certains de mes lecteurs me comprendront et probablement même notre porte parole national&#8230; Je me souviens d&#8217;une époque où nous avions le chic pour trouver ce qui faisait qu&#8217;un message percutait, ce qui le rendait attractif, qui interpellait les esprits, qui créait une attente, qui scellait une dépendance à &laquo;&nbsp;obtenir la réponse&nbsp;&raquo;. mais peut-être que nous nous tournons un peu trop vers les grands créatifs des agences parisiennes car s&#8217;en remettre à de petits penseurs de province et de base pourrait être périlleux&#8230; allons voir, on aurait peu de chance de faire si ce n&#8217;est moins bien, en tout moins impactant.</p>
<p style="text-align: justify;">Dommage, le sujet vaut de se creuser les méninges pour savoir interpeller les français. le coup est rattrapable mais allons voir ce qui sera décidé de&#8230;Paris !</p>
<p style="text-align: justify;"><em></em>Benoît Hamon s’en est aussi pris au député PS de l’Essonne Manuel Valls qui, selon lui, <em>«s’est fait une spécialité, parmi quelques petits commentateurs à Paris, de faire des compliments à Nicolas Sarkozy»</em>. Dimanche, Manuel Valls avait critiqué une tendance à l’<em>«anti-sarkozysme obsessionnel»</em> dans la campagne du PS pour la défense des libertés. <em>«Ce qui m’énerve, c’est qu’on ait trouvé deux trois types qui, pour se positionner»</em>, sont prêts à <em>«taper leur parti»</em>, a déclaré Benoît Hamon.</p>
<p style="text-align: justify;">Là dessus, je ne peux suivre que &laquo;&nbsp;benoitement&nbsp;&raquo; notre port-parole ! Les sorties médiatiques de Manuel Valls sont autant de poignards plantés dans le cuir socialiste et interpellent à chaque fois sur ce que désire l&#8217;ambitieux député-maire d&#8217;Evry&#8230; Souhaite-t-il rallier en juin l&#8217;équipe Sarkozy ? Souhait-t-il contribuer à l&#8217;explosion du parti socialiste en se rêvant ramasseur de miettes pour créer un parti très libéral et un tout petit peu social ?&#8230; Les hypothèses sont ouvertes mais une chose est certaine, entre les propos de Valls, ceux de Jack Lang, les choix glaçant de Rocard, les bourdes et trahisons monumentales de Peillon, les piques de la dame du poitou, le PS a l&#8217;embarras du choix pour continuer à ne pas être audible.</p>
<p style="text-align: justify;">Sarkozy joue fort bien sa partition pour renforcer la contestation à gauche du PS. En même temps que d&#8217;instrumentaliser les peurs, il affaiblit le PS. Sa stratégie fonctionne d&#8217;autant mieux que nos &laquo;&nbsp;Poulidor des bons mots&nbsp;&raquo; cités plus haut relaient à merveille le chef d&#8217;orchestre&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Alors à la question &laquo;&nbsp;le PS, mon PS est-il guéri ?&nbsp;&raquo;, je dis pas vraiment docteur&#8230;</p>
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		<title>La fracture sociale avant la crise sociale ?</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Dec 2008 19:19:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
				<category><![CDATA[Au Premier Plan]]></category>
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		<description><![CDATA[Notre société laisse apparaître un fossé grandissant entre les couches populaires ou moyennes et les classes aisées qui sont de moins en moins nombreuses mais de plus en plus aisées. L&#8217;opinion publique (sic)  ne semble  se soucier que peu d&#8217;une gestion nationale ultra conservatrice, qui creuse chaque jour les inégalités  et qui remet progressivement en cause les socles de notre République laïque et de nos libertés. Ainsi OpinionWay nous certifie régulièrement que Nicolas Sarkozy est encore au sommet dans des sondages dont on ne rencontre que peu de sondés&#8230; La citoyenneté n&#8217;est plus une vertu à montrer en exemple, à promouvoir. Elle n&#8217;est plus considérée comme un des ferments essentiels de la communauté de destins. N&#8217;en faisons surtout pas le reproche aux citoyens eux-mêmes puisque la droite au pouvoir ne s&#8217;en soucie pas lui-même et préfère conduire une politique de classes, une politique communautariste une ode à l&#8217;individualisme. Les modes opératoires des politiques décidées à Paris sont eux-mêmes porteurs d’inégalité et de ségrégation puisque les maillons normaux des dialogues républicains sont bafoués, rudoyés, stigmatises et dénigrés. Là aussi, une approche brutale et grossière de la vie collective qui mettra en péril demain ceux qui adoptent ces comportements si une explosion [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Notre société laisse apparaître un fossé grandissant entre les couches populaires ou moyennes et les classes aisées qui sont de moins en moins nombreuses mais de plus en plus aisées.<br />
L&#8217;opinion publique (sic)  ne semble  se soucier que peu d&#8217;une gestion nationale ultra conservatrice, qui creuse chaque jour les inégalités  et qui remet progressivement en cause les socles de notre République laïque et de nos libertés. Ainsi <a href="http://www.yannickserrano.fr/index.php?tag/OpinionWay">OpinionWay</a> nous certifie régulièrement que <a href="http://www.yannickserrano.fr/index.php?tag/Nicolas%20Sarkozy">Nicolas Sarkozy</a> est encore au sommet dans des sondages dont on ne rencontre que peu de sondés&#8230;</p>
<p>La citoyenneté n&#8217;est plus une vertu à montrer en exemple, à promouvoir. Elle n&#8217;est plus considérée comme un des ferments essentiels de la communauté de destins. N&#8217;en faisons surtout pas le reproche aux citoyens eux-mêmes puisque la droite au pouvoir ne s&#8217;en soucie pas lui-même et préfère conduire une politique de classes, une politique communautariste une ode à l&#8217;individualisme.</p>
<p>Les modes opératoires des politiques décidées à Paris sont eux-mêmes porteurs d’inégalité et de ségrégation puisque les maillons normaux des dialogues républicains sont bafoués, rudoyés, stigmatises et dénigrés. Là aussi, une approche brutale et grossière de la vie collective qui mettra en péril demain ceux qui adoptent ces comportements si une explosion sociale venait à avoir lieu. Avec qui le pouvoir pourra-t-il discuter demain si ses interlocuteurs démocratiques et légitimes ne sont plus dignes, selon son propre jugement, comme des éléments de la représentation sociale ou politique.</p>
<p><a href="http://www.yannickserrano.fr/public/photos%20articles/GrevesW.gif"><img style="margin: 0pt 0pt 1em 1em; float: right; width: 254px; height: 189px;" src="http://www.yannickserrano.fr/public/photos%20articles/GrevesW.gif" alt="" /></a>Le pouvoir commence à mesurer les risques d&#8217;une telle ligne de conduite. <a href="http://www.yannickserrano.fr/index.php?tag/Xavier%20Darcos">Xavier Darcos</a> a reporté sine die sa réforme des classes de seconde car des lycéens dans la rue dans une mobilisation ascendante au mois de décembre, c&#8217;était réellement du jamais vu. Le même jour, on apprend que l&#8217;État consent à quelques efforts pour la prise en charge partielle des mesures de chômage technique. Si il est critiquable sur le fond que nos impôts viennent financer des salaires pour des groupes faisant des milliards d&#8217;euros de profit, le geste est malgré tout bienvenu pour les salariés. <a href="http://www.yannickserrano.fr/index.php?tag/Fran%C3%A7ois%20Fillon">François Fillon</a> annonçait encore aujourd&#8217;hui 350 millions d&#8217;euros pour le logement dans les banlieues.</p>
<p>Imaginons ces centaines de millions d&#8217;euros qui pleuvent chaque jour pour arroser les banques et les entreprises, beaucoup, et pour endormir les velléités de protestation sociale, très peu&#8230; le gouvernement craint bien une flambée qui n&#8217;aurait rien de citoyenne au plan national. Il y a déjà trois semaines que des informations remontant des services de renseignement intérieurs arrivent sur les bureaux du premier ministre et du président de la république. Ils font tous état d&#8217;une grogne montante dans les banlieues, dans les couches populaires, chez les fonctionnaires et même chez une frange de la droite. Ces rapports font état d&#8217;un risque dit de &laquo;&nbsp;convergence des luttes&nbsp;&raquo; et remontent de partout en France. Autrement dit en des termes moins diplomatiques, ça risque de péter !</p>
<p>Je me rappelle qu&#8217;en 2005, j&#8217;avais écrit dans un texte politique &laquo;&nbsp;Notre république souffre d’une crise grave de la représentation et se trouve sans s’en rendre compte dans une situation prérévolutionnaire. [...] Il serait illusoire d’imaginer qu’un replâtrage de façade serait de nature à apaiser durablement les passions et les frustrations d’une France en déshérence et en quête d’avenir.&nbsp;&raquo;</p>
<p>A l&#8217;époque, <a href="http://www.yannickserrano.fr/index.php?tag/Alain%20Pag%C3%A8s">Alain Pagès</a> sur <a href="http://www.yannickserrano.fr/index.php?tag/France%20Bleu">France Bleu</a> m&#8217;avait interrogé sur cette phrase assez peu politiquement correcte et certains de mes amis ou camarades s&#8217;étaient quelque peu moqués. Aujourd&#8217;hui, <a href="http://www.yannickserrano.fr/index.php?tag/Beno%C3%AEt%20Hamon">Benoît Hamon</a> disait cela : <em><strong>«Il y a une forme de radicalité qui monte et qui s’exprimera d’une manière ou d’une autre dans les mois qui viennent et moi je pronostique que de cette crise sociale naîtra forcément une crise politique»</strong></em>.</p>
<p>Benoît Hamon poursuivait : <em><strong>« je me demande si le gouvernement ne cherche pas l’épreuve de force pour ensuite s’inquiéter des conséquences de celle-ci». «Je pense qu’il pousse aujourd’hui à l’affrontement (…) à force de refuser le dialogue, il cherche l’épreuve de force sociale»</strong></em>.</p>
<p>Et bien, c&#8217;est exactement le fond d&#8217;une conversation que j&#8217;avais eu en 2007 avec mon ami <a href="http://www.yannickserrano.fr/index.php?tag/Jean-Luc%20M%C3%A9lenchon">Jean-Luc Mélenchon</a> durant les élections législatives. Jean-Luc ne m&#8217;avait pas démenti, il pensait que la question pourrait peut-être se poser&#8230; J&#8217;ai le sentiment de ne pas m&#8217;être trop trompé mais nul n&#8217;est prophète en son pays&#8230; A noter encore que <a href="http://www.yannickserrano.fr/index.php?tag/Laurent%20Fabius">Laurent Fabius</a> lui aussi s&#8217;est inquiété de la situation actuelle avec réalisme.</p>
<p>La rudesse de la politique sarkozyste met bien en lumière le fossé chaque jour grandissant entre les initiés de haut rang des écuries politiques parisiennes, les grands abonnés du micro et de la caméra, les prétendants en mal de couronne et l’attente populaire réelle. Notre pays souffre d’une carence profonde de lucidité et les médias, sauf à de trop rares exceptions, concourent à la continuité de ce schéma.</p>
<p><a href="http://www.yannickserrano.fr/public/photos%20articles/photo_1229008329116-6-0.jpg"><img style="margin: 0pt 1em 1em 0pt; float: left; width: 213px; height: 259px;" src="http://www.yannickserrano.fr/public/photos%20articles/photo_1229008329116-6-0.jpg" alt="" /></a>Les logements existent mais sont le plus souvent indisponibles pour ceux qui en ont un réel besoin et ne sont jamais réquisitionnés, les citoyens font face à une administration laminoir, le droit du travail est constamment bafoué, l’inégalité dans l’accès aux droits va sans cesse grandissante, l’insécurité sociale devient une constante, les services publics sont atomisés, les retraites sont gravement remises en cause, la sécurité sociale est en ruine mais nos nos gouvernants ou certains prétendants continuent de s’exprimer mollement afin de ne pas mettre en danger leur destin personnel ou de ne pas compromettre un semblant d’équilibre qui en arrange beaucoup.</p>
<p>La société française est en mal d’écoute, de considération et de transformation positive pour les classes moyennes ou populaires, les jeunes, les retraités pauvres, les fonctionnaires déconsidérés. Les lois d’exception qui pointeraient presque leur nez, les provocations verbales, les scénettes télévisuelles ne résoudront rien&#8230;</p>
<p>Le travail n&#8217;est plus une valeur refuge. Le sentiment d&#8217;insécurité sociale, lui, est profond. Les inégalités sociales vont grandissantes et dressent la perspective terrible de futurs éclatements territoriaux à l&#8217;intérieur même de notre pays. La cohésion sociale dans son ensemble est à rebâtir.</p>
<p>Il nous faut à nous, gens de toute la Gauche, remobiliser les cœurs et les esprits afin que la condition humaine et son évolution ne soit pas identitairement et structurellement dissoute. La pauvreté est installée, la misère morale est incontestable, un désordre social majeur nous guette.</p>
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