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	<title>Yannick Serrano &#187; europe</title>
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		<title>RETRAITES : POURQUOI LES JEUNES ONT RAISON DE MANIFESTER</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Oct 2010 19:11:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les jeunes générations ont rejoint le cortège des manifestations. Elles ont raison. Parce qu’elles font partie des victimes de la réforme des retraites. Mais surtout parce qu’elles constituent la variable d’ajustement systématique de politiques publiques qui protègent les insérés de la société et font peser, depuis trente ans, le coût de la crise sur les entrants. La société maltraite ses enfants: un effort éducatif en baisse, pas d&#8217;emploi, pas de logement, moins d&#8217;aide sociale, plus d&#8217;impôts et pour seul cadeau, la dette. Depuis la rentrée de septembre, les jeunes générations ont rejoint le cortège des manifestations. Mardi 26 octobre marque une étape nouvelle dans la sociologie du conflit : les jeunes seront seuls en scène, à l’appel de l’Unef et de Sud-Etudiants. La majorité feint de s’étonner de leur présence dans la rue. Ils ont pourtant toutes les raisons du monde de manifester. 1 &#8211; LES JEUNES, VICTIMES DE LA REFORME DES RETRAITES On en discute beaucoup : le recul de l’âge de départ à la retraite des séniors va-t-il aggraver le chômage des jeunes ? Le marché du travail en France est dégradé. Il s’est adapté à la crise en excluant du travail ses deux extrémités générationnelles, les jeunes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Les jeunes générations ont rejoint le cortège des manifestations. Elles ont raison. Parce qu’elles font partie des victimes de la réforme des retraites. Mais surtout parce qu’elles constituent la variable d’ajustement systématique de politiques publiques qui protègent les insérés de la société et font peser, depuis trente ans, le coût de la crise sur les entrants. La société maltraite ses enfants: un effort éducatif en baisse, pas d&#8217;emploi, pas de logement, moins d&#8217;aide sociale, plus d&#8217;impôts et pour seul cadeau, la dette.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Depuis la rentrée de septembre, les jeunes générations ont rejoint le cortège des manifestations. Mardi 26 octobre marque une étape nouvelle dans la sociologie du conflit : les jeunes seront seuls en scène, à l’appel de l’Unef et de Sud-Etudiants.</p>
<p style="text-align: justify;">La majorité feint de s’étonner de leur présence dans la rue. Ils ont pourtant toutes les raisons du monde de manifester.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://www.referencement-blog.net/images/2007.04/referencement-arnaque.jpg" alt="http://www.referencement-blog.net/images/2007.04/referencement-arnaque.jpg" /><span style="text-decoration: underline;"><strong>1 &#8211; LES JEUNES, VICTIMES DE LA REFORME DES RETRAITES</strong></span></p>
<p>On en discute beaucoup : le recul de l’âge de départ à la retraite des séniors va-t-il aggraver le chômage des jeunes ?<br />
Le marché du travail en France est dégradé. Il s’est adapté à la crise en excluant du travail ses deux extrémités générationnelles, les jeunes et les séniors. Le taux d’emploi des jeunes (moins de 25 ans) est de 31%, celui des séniors (plus de 55 ans) de 38%, des taux parmi les plus bas d’Europe. En l’absence d’une politique volontariste d’amélioration du marché du travail, le recul de l’âge de départ à la retraite va accroître le chômage.</p>
<p style="text-align: justify;">Le chômage des séniors, bien sur. Les deux-tiers des Français sont au chômage lorsqu’ils liquident leur retraite. C’est ce qui explique la grande différence dans le secteur privé entre l’âge de cessation d’activité, 58 ans, et l’âge de liquidation de la retraite, 61.6 ans. Statistiquement, pour ces Français, le maintien plus longtemps en activité signifie maintien au chômage : la réforme transforme de « jeunes retraités » en « vieux chômeurs ».</p>
<p style="text-align: justify;">Mais également le chômage des jeunes. Certes, il n’y a pas de lien direct : on ne remplace pas poste pour poste un tourneur fraiseur qui part à la retraite par un jeune diplômé sorti de l’université. Mais les liens existent. Des liens mécaniques dans certains secteurs, comme dans l’administration : avec la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, l’embauche d’un jeune est conditionnée par le départ de deux séniors. Ou dans le milieu médical : le numerus clausus impose que toute entrée soit gagée sur une sortie. Des liens plus diffus sinon : les contraintes de masse salariale en entreprise font que les embauches sont globalement conditionnées aux départs.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce débat a été particulièrement mal posé. Si la question est « l’amélioration de l’emploi des séniors entraîne-t-elle la dégradation de l’emploi des jeunes ? », alors la réponse est non. Tous les économistes le disent : ils vont de pair. Dans un marché du travail dégradé, les deux souffrent. Dans un marché du travail sain, les deux s’intègrent bien. Mais la question est différente : la réforme des retraites va-t-elle aggraver le chômage des jeunes ? La réponse est oui. Avec la réforme, le chômage des jeunes, comme celui des séniors, va augmenter.</p>
<p style="text-align: justify;">On discute beaucoup de l’impact de la réforme sur le chômage des jeunes. Mais bizarrement, on discute beaucoup moins du vrai point central : qui va payer la réforme des retraites ?</p>
<p style="text-align: justify;">La gauche et les syndicats l’ont martelé, et ils ont raison : ce sont les salariés modestes. La réforme est marquée du sceau de l’injustice sociale.</p>
<p>Mais – on ne l’a pas entendu – elle est aussi injuste pour les jeunes générations. Elles vont payer trois fois.  Elles vont cotiser plus, avec le recul de l’âge légal. Un recul qui ne prendra sa pleine mesure qu’à partir de 2018, donc pour les moins de 50 ans d’aujourd’hui. Elles vont percevoir des retraites plus faibles. Du fait de la montée en puissance des réformes Fillon et Balladur, qui s’étalent jusqu’en 2020. Mais aussi du fait de leurs difficultés croissantes à valider leurs trimestres de cotisations. La durée d’assurance validée à 30 ans n’a cessé de décroître par génération depuis la génération 1950. Pour cette dernière, la durée validée était de 40 trimestres en moyenne, alors que, pour la génération 1974, elle n’est plus que de 31 trimestres. Une partie est due à l’allongement des études, et c’est une bonne chose. Mais plus de la moitié (5 trimestres sur 9) est due aux difficultés d’insertion des jeunes en France.</p>
<p style="text-align: justify;">Cerise sur le gâteau, les jeunes générations sont spoliées du bénéfice du Fonds de réserve des retraites qui leur était destiné. Le Fonds a été créé pour assurer un lissage intergénérationnel et soulager les générations d’actifs entre 2020 et 2040 : il s’agit des jeunes d’aujourd’hui, des générations « creuses » qui devront financer les retraites des « papy boomers ». Le Fonds devait être décaissé à partir de 2020, afin de limiter les hausses de cotisations sur ces générations. Le gouvernement a décidé de siphonner les 34 milliards d’euros pour assurer le bouclage financier à court terme : on prend ainsi aux actifs de demain pour donner aux retraités d’aujourd’hui…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>2 &#8211; LES JEUNES, PREMIERES VICTIMES DES POLITIQUES PUBLIQUES </strong></span></p>
<p>Par son injustice contre les jeunes, la réforme des retraites est un ferment de tensions entre les générations. Il s’agirait d’un épiphénomène si cette injustice entre générations était un cas isolé. Elle est au contraire une nouvelle manifestation de notre préférence absolue pour le présent : la France a renoncé à investir dans l’avenir, elle sacrifie les générations futures au profit des générations actuelles. Toutes les politiques publiques en témoignent.</p>
<p style="text-align: justify;">Première politique en cause : l’éducation. L’effort éducatif de la Nation diminue : 6.5% du PIB en 2010, contre 7.5% il y a dix ans &#8211; une baisse de près de 15% ! Alors qu’on trouve 40 milliards d’euros pour financer les retraites, on en supprime 20 sur le budget éducatif. C’est un choix politique lourd : le choix du passé contre l’avenir.</p>
<p style="text-align: justify;">Au cœur de ce désastre : l’enseignement supérieur. Nous y investissons peu : 1.5% de notre richesse nationale, deux fois moins qu’aux Etats-Unis, trois fois moins que dans les pays les plus avancés. Nous n’avons toujours pas démocratisé notre enseignement supérieur : à peine 35% d’une classe d’âge sort diplômée de l’enseignement supérieur en France. Notre malthusianisme élitiste (« tout le monde ne peut pas faire polytechnique ») est contredit par les pays les plus avancés : plus de 50% d’une génération est diplômée de l’université aux Etats-Unis, 80% dans les pays nordiques, en Corée du Sud, au Japon. Notre système éducatif, centré sur le lycée, continue à former les emplois d’hier, les contremaîtres de l’usine de l’après-guerre. Il ne forme pas les emplois de demain, ceux  de l’économie de la connaissance : les ingénieurs, les cadres, les techniciens supérieurs. Mais aussi les emplois de service de demain : ce n’est pas la même chose de faire garder son enfant par une nounou sans qualification que de le faire éduquer par une puéricultrice avec trois ans de formation spécialisée.</p>
<p style="text-align: justify;">Deuxième politique en cause, la politique de l’emploi : elle a pris les moins de trente ans comme variable d’ajustement. Face à la crise, on a protégé ceux qui avaient un emploi, les insiders : la probabilité de perdre un CDI est de 1% par an en moyenne depuis 1980, 2% lors de la Grande Crise de 20081.</p>
<p style="text-align: justify;">Résultat, on a sacrifié les flux d’entrants, les jeunes. C’est ce qui explique un taux de chômage des jeunes exceptionnellement élevé : 25%. Le chômage de masse est avant tout un chômage de jeunes.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://www.timrubber.com/wp-content/uploads/arnaque-stagiaire.jpg" alt="http://www.timrubber.com/wp-content/uploads/arnaque-stagiaire.jpg" />Ceux qui ont un emploi n’ont pas un emploi stable. La précarisation est la norme avant trente ans, à travers l’intérim, les CDD et les stages. 80% des entrées en emploi se font en CDD : les CDD sont utilisés par les entreprises à la fois comme « super-périodes d’essai » et surtout comme volant flexible de la masse salariale, pour pouvoir réduire la voilure en cas de difficultés. C’est pourquoi le chômage des jeunes a bondi avec la récession de 2008.</p>
<p style="text-align: justify;">Les stages (1 million par an) ont été détournés de leur objectif. Ils doivent normalement permettre la découverte de l’entreprise. Ils sont aujourd’hui utilisés pour remplacer des postes de travail à part entière. Les stages constituent le premier emploi « au rabais » des jeunes. C’est vrai à tous les niveaux : même dans les grandes écoles, la scolarité était avant de trois ans et la quatrième année constituait l’année du premier emploi payé ; aujourd’hui elle est de quatre ans dont une année de stage sous-payé. Le mouvement Génération Précaire a obtenu l’obligation d’une rémunération minimum des stages (un tiers du SMIC pour tout stage de deux mois ou plus), mais le déclassement demeure bien réel.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, les jeunes sont de plus en plus mal payés. Leur salaire relatif a plongé depuis trente ans. En moyenne, en 1975, les salariés de 50 ans gagnaient 15% de plus que les salariés de 30 ans ; l’écart a aujourd’hui presque triplé, à plus de 40%.</p>
<p style="text-align: justify;">Troisième témoignage : la politique du logement a évincé les jeunes. L’immobilier a été capté par les générations âgées. 76% des retraités sont propriétaires de leur logement. Le déficit d’offre pèse donc mécaniquement sur les nouveaux entrants. Par rapport à 1984, les jeunes d’aujourd’hui doivent travailler deux fois plus longtemps pour acheter ou louer la même surface dans le même quartier.</p>
<p style="text-align: justify;">Quatrième élément : la politique sociale est spectaculairement discriminatoire. Il suffit de comparer les minimas sociaux. Minimum vieillesse : 708 euros par mois. Minimum d’activité 25-60 ans (« RSA-socle ») : 460 euros, soit 40% de moins. Minimum d’activité pour les moins de 25 ans : zéro. Difficile de faire mieux en termes d’injustice intergénérationnelle : plus on est jeune, moins on a de valeur pour la société. La France fait figure d’exception en Europe : les minimas sociaux y commencent le plus souvent à 18 voire 16 ans. Quant à l’assurance chômage, elle est réservée à ceux qui ont travaillé. Le jeune diplômé en recherche d’emploi n’en bénéficie donc pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Cinquième politique discriminatoire : la politique fiscale constitue une formidable essoreuse à pouvoir d’achat au détriment des jeunes. La politique fiscale est en effet plus discrète mais tout aussi inique. Le quotient conjugal est une niche fiscale évaluée à 24 Md€ par an5. Le quotient conjugal (à ne pas confondre avec le quotient familial, qui accorde des parts supplémentaires par enfant à charge) est une exception française qui repose sur la déclaration par foyer fiscal : les Français déclarent leur impôt en couple, et non à titre individuel, contrairement aux autres pays de l’OCDE. Ils bénéficient alors d’une double part à l’impôt sur le revenu : le revenu soumis au barème de l’impôt n’est pas le revenu global mais le revenu par part, divisé par deux du fait du quotient conjugal. Un avantage fiscal d’autant plus important que, contrairement au quotient familial, le quotient conjugal n’est pas plafonné. Il agit comme une énorme machine à redistribuer des célibataires vers les couples, c’est-à-dire, pour beaucoup, des jeunes actifs vers les adultes installés.</p>
<p style="text-align: justify;">A l’inverse, la fiscalité favorise les retraités. CSG à taux réduit (6.6% contre 7.5% pour le taux normal appliqué aux actifs), abattement de 10% pour frais professionnels à l’impôt sur le revenu accordé aux retraités, majorations de pension non soumises à l’impôt sur le revenu… : au total, les avantages fiscaux liés à la retraite s’élèvent à 11 milliards d’euros – dont 5 au profit des retraités aisé<img class="alignright" src="http://www.actualite-dz.com/wp-content/uploads/2010/09/dessin-une_arnaque.jpg" alt="http://www.actualite-dz.com/wp-content/uploads/2010/09/dessin-une_arnaque.jpg" />s.</p>
<p style="text-align: justify;">Dernier élément : la dette publique est une véritable machine à exproprier les jeunes générations. La dette publique est très élevée : 84% de la richesse nationale &#8211; 1700 milliards d’euros fin 2010, soit 27.000 euros par habitant.</p>
<p style="text-align: justify;">A quoi sert-elle ? 97% du budget de l’Etat est du budget de fonctionnement. La Sécurité sociale est un budget de prestations. Autrement dit, la dette ne sert pas à préparer l’avenir mais à soutenir artificiellement le train de vie des générations actuelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Qui paie ? On a souvent dit que les générations futures paieraient. Ce n’est plus exact : le surendettement guette, on ne peut plus continuer cette cavalerie, il va falloir rembourser la dette. Ce sont donc les jeunes générations actuelles qui vont régler la facture. Nous vivons au-dessus de nos moyens, et ce sont nos enfants qui vont payer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ainsi</strong> <strong>donc, les jeunes générations ont bien raison de manifester. Contre la réforme des retraites mais, surtout, bien au-delà : elles expriment leur mal-être général. Elles ont le sentiment de se heurter à une société bloquée qui les rejette. Elles vivent un « petit mai 68 » : en 1968, le blocage était sociétal, leurs modes de vie ne trouvaient pas leur place dans l’ordre moral ancien ; aujourd’hui, le blocage est économique, les jeunes ne trouvent pas leur place sur le marché du travail et n’obtiennent pas leur part équitable de la valeur ajoutée.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les jeunes ont raison. Depuis trente ans, face à la crise, ils sont la variable d’ajustement d’une société d’insiders qui protège ses acquis au détriment des nouveaux entrants. C’est vrai dans toutes les grandes politiques publiques : éducation, emploi, logement, politique sociale, politique fiscale, dette – les injustices se concentrent de manière générationnelle.</strong></p>
<p><strong>Résultat : le jeune est la nouvelle figure de la pauvreté dans notre société contemporaine. Nous vivons dans la représentation collective que les pauvres dans notre société, ce sont les retraités. C’était vrai il y a quarante ans. Avec la montée en puissance de notre système de retraite, cela n’est fort heureusement plus le cas. Mais une autre figure s’y est substituée : les pauvres, ce sont désormais les jeunes actifs. Le taux de pauvreté est de 18% pour les jeunes de moins de 30 ans, 20% chez les jeunes filles (contre 8% chez les plus de 60 ans). Un jeune actif sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté ! </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notre société est consciente du sort qu’elle inflige à ses enfants. Elle s’en émeut. Les familles soutiennent leurs enfants en difficulté. Les transferts familiaux sont massifs : près de 80 milliards par an sont redistribués au sein des familles des grands-parents pour aider les enfants et petits-enfants. Certains feignent d’y voir le signe positif de la qualité des solidarités familiales ; ils marquent surtout la déshérence de l’investissement collectif. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il faut une révolution copernicienne des politiques publiques. Avec comme priorité une politique d’investissement social dans les générations futures : petite enfance, éducation, université, politique active de premier emploi, fiscalité et politique sociale pro-jeunes… Investir dans notre capital humain est un impératif humaniste plus encore qu’économique.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le gouvernement et le peuple conservateur considèrent que les jeunes n’ont pas leur place dans la rue. Que les partis d’opposition sont irresponsables de les inciter à manifester. Mais c’est nous tous, les adultes, qui sommes irresponsables de ne pas les écouter. Car une société qui, tel Cronos, dévore ses enfants est une société qui se meurt. </strong></p>
<h6 style="text-align: justify;"><a href="http://www.tnova.fr/" target="_blank"><em>source</em></a></h6>
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		<title>Quelle retraite !</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Jun 2010 21:13:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le gouvernement vient de rendre public l’avant-projet de loi sur la réforme des retraites à l’issue d’une pseudo concertation. Voilà une réforme brutale pour un recul social sans précédent qui appelle de premiers commentaires : • En repoussant l’âge de départ à la retraite à 62 ans et l’âge de la retraite à taux plein à 67 ans (au lieu des 60 et 65 ans actuels), et en confirmant l’allongement de la durée de cotisation à 41,5 ans, les conditions d’acquisition des droits à la retraite en France seraient les plus drastiques en Europe, • La quasi-totalité des salariés du public et du privé sont concernés, • L’âge de départ en retraite serait repoussé à partir du 1er juillet 2011 sur un rythme accéléré pour atteindre 62 ans pour les salariés qui peuvent prétendre aujourd’hui à partir en retraite en 2016, • Le droit à la retraite à taux plein serait porté à 67 ans. Les femmes dont 30 % sont déjà contraintes aujourd’hui de partir à 65 ans en seront les principales victimes, • Les différentes mesures d’âge vont toucher plus particulièrement les jeunes. Ainsi, d’ici 2016, c’est plus d’un million d’emplois qui ne leur seront pas ouverts parce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://molex.unblog.fr/files/2008/11/grevegenerale10novembre08.jpg" alt="" width="295" height="448" />Le gouvernement vient de rendre public l’avant-projet de loi sur la réforme des retraites à l’issue d’une pseudo concertation.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà une réforme brutale pour un recul social sans précédent qui appelle de premiers commentaires :</p>
<p style="text-align: justify;">• En repoussant l’âge de départ à la retraite à 62 ans et l’âge de la retraite à taux plein à 67 ans (au lieu des 60 et 65 ans actuels), et en confirmant l’allongement de la durée de cotisation à 41,5 ans, <strong>les conditions d’acquisition des droits à la retraite en France seraient les plus drastiques en Europe</strong>,</p>
<p style="text-align: justify;">• La quasi-totalité des salariés du public et du privé sont concernés,</p>
<p style="text-align: justify;">• L’âge de départ en retraite serait repoussé à partir du 1er juillet 2011 sur un rythme accéléré pour atteindre 62 ans pour les salariés qui peuvent prétendre aujourd’hui à partir en retraite en 2016,</p>
<p style="text-align: justify;">• <strong>Le droit à la retraite à taux plein serait porté à 67 ans</strong>. <strong>Les femmes dont 30 % sont déjà contraintes aujourd’hui de partir à 65 ans en seront les principales victimes</strong>,</p>
<p style="text-align: justify;">• <strong>Les différentes mesures d’âge vont toucher plus particulièrement les jeunes</strong>. Ainsi, d’ici 2016,<strong> c’est plus d’un million d’emplois qui ne leur seront pas ouverts parce que leurs parents devront travailler plus longtemps</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">• Le traitement des salariés exerçant des métiers pénibles et astreignants relève de la provocation. Il n’y aurait aucun métier pénible. Seul serait apprécié le degré d’usure du salarié qui, le cas échéant, lui permettrait de continuer de partir à 60 ans. On est loin du droit au départ anticipé avant 60 ans pour une retraite en bonne santé, alors 15 % des salariés sont en situation en d&#8217;emploi pénible,</p>
<p style="text-align: justify;">• Pour les fonctionnaires, la cotisation retraite augmentera de 2,7 %. <strong>Le dispositif de départ anticipé pour les femmes ayant eu 3 enfants disparaîtrait</strong>. Au nom de l’équité, <strong>c’est l’alignement des droits par le bas</strong>,</p>
<p style="text-align: justify;">• Pour les régimes spéciaux : le gouvernement confirme que les mesures s’appliqueront aux salariés des régimes spéciaux. <strong>Nicolas Sarkozy et son gouvernement cherchent surtout à éviter un front uni de tous les salariés en différant la mise en œuvre en 2017</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi <strong>l’ensemble des dispositions affectant les droits en matière de retraite représenterait une ponction de 22,6 milliards d’euros en 2018, 25,1 milliards d’euros en 2020</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Parallèlement, <strong>les propositions concernant la mise à contribution des hauts revenus, des revenus du capital, des entreprises ne font qu’égratigner les dispositions en leur faveur</strong>. Leur seule vocation est de créer l’<strong>illusion</strong> que la réforme est juste. <strong>Les recettes attendues sur ce plan sont estimées à 4,4 milliards d’euros en 2020, soit 5 fois moins que les sacrifices imposés aux salariés</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Le projet de loi est très largement marqué de l’empreinte du MEDEF qui réclamait le report de l’âge légal de la retraite. <strong>Les entreprises obtiendraient de plus de nouvelles aides financières pour l’emploi des plus de 55 ans</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La brutalité  des mesures gouvernementales vise à répondre à la pression des marchés financiers et des agences de notation</strong> qui exigent une réduction des budgets publics et sociaux dans tous les pays européens.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright" src="http://blog.fanch-bd.com/images/politique/greve_generale_19mars.jpg" alt="" width="360" height="321" />Non content d’affaiblir encore davantage le système de retraite par répartition, en accentuant les conséquences des réformes antérieures qui amputent déjà le niveau des retraites, le gouvernement n’apporte aucune réponse nouvelle aux défis du chômage, des bas salaires et de la précarité. C’est pourtant dans la réponse à ces problèmes que réside l’essentiel des solutions garantissant la pérennité des retraites.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette réforme des retraites doit être résolument combattue par toutes et tous, sans distinction : jeunes, anciens, actifs, retraités, salariés du public ou du privé, hommes, femmes, chômeurs car tous seront lourdement pénalisés.</p>
<p style="text-align: justify;">Chaque salarié  de tout âge et de toute profession doit prendre conscience que c’est de sa mobilisation que tout va désormais dépendre l&#8217;avenir de lui-même et de ses enfants ou petits enfants&#8230; Plus tard, il sera trop tard et le gouvernement se sentirait en position de faire avaler au peuple de nouvelles régressions sociales, demain clairement l&#8217;assurance maladie !</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les salariés doivent mener campagne pour de grandes manifestations unitaires et interprofessionnelles le jeudi 24 juin prochain et l’organisation de nombreux arrêts de travail dans le privé et le public.</p>
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		<title>Le sarkozysme, une idéologie de rupture</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 21:19:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Morceaux choisis&#8230; Dans l’univers médiatique contemporain, le temps s’est accéléré. L’information se consomme au quotidien, voire d’heure en heure, sur les fils internet. Une actualité chasse l’autre et, après avoir fait la « une » des journaux, disparaît dans l’oubli. La gestion médiatique impulsée par Nicolas Sarkozy, résolument modernisée, a encore renforcé l’accélération de l’information. L’Elysée orchestre un à deux évènements médiatiques par jour, confortant cette course à l’instantané. Résultat : l’analyse disparaît derrière le flux de l’information brute, de « l’actu ». La démocratie politique a du mal à s’exprimer : l’opposition n’a souvent guère plus de quelques heures pour réagir aux annonces gouvernementales ; au-delà, ses messages sont inaudibles, frappés de péremption. Les citoyens, noyés dans ce flot, n’ont pas les moyens d’évaluer l’action du gouvernement. Tel est justement l’une des missions de Terra Nova. Adossés à un réseau de près de 500 intellectuels et experts (universitaires, hauts fonctionnaires, associatifs, experts du privé), nous décryptons au quotidien les politiques publiques, pour en donner une lecture progressiste, « vue de gauche » . C’est également l’objet de ce livre : revenir sur les principaux sujets politiques qui marquent l’actualité, approfondir le décryptage, le rendre accessible à tous. Il a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-1076" title="couv2" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/03/couv2-191x300.jpg" alt="" width="205" height="323" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Morceaux choisis&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans l’univers médiatique contemporain, le temps s’est accéléré.  L’information se consomme au quotidien, voire d’heure en heure, sur les  fils internet. Une actualité chasse l’autre et, après avoir fait la «  une » des journaux, disparaît dans l’oubli.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La gestion médiatique  impulsée par Nicolas Sarkozy, résolument modernisée, a encore renforcé  l’accélération de l’information. <strong>L’Elysée orchestre un à deux évènements  médiatiques par jour, confortant cette course à l’instantané.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résultat  : l’analyse disparaît derrière le flux de l’information brute, de «  l’actu ». La démocratie politique a du mal à s’exprimer : l’opposition  n’a souvent guère plus de quelques heures pour réagir aux annonces  gouvernementales ; au-delà, ses messages sont inaudibles, frappés de  péremption. Les citoyens, noyés dans ce flot, n’ont pas les moyens  d’évaluer l’action du gouvernement.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tel est justement l’une des missions de Terra Nova. Adossés à un  réseau de près de 500 intellectuels et experts (universitaires, hauts  fonctionnaires, associatifs, experts du privé), nous décryptons au  quotidien les politiques publiques, pour en donner une lecture  progressiste, « vue de gauche » .</p>
<p style="text-align: justify;">C’est également l’objet de ce  livre : revenir sur les principaux sujets politiques qui marquent  l’actualité, approfondir le décryptage, le rendre accessible à tous. Il a  vocation à devenir un rendez-vous annuel. C<strong>haque chapitre s’attaque à  un des grands thèmes qui ont fait polémique ces douze derniers mois, au  cœur de l’action gouvernementale, et vise à en donner les clés de  compréhension.</strong> Derrière le barnum politico-médiatique, quelle est la  réalité des politiques qui sont menées ? Quel jugement porter ? Peut-on  formuler des politiques alternatives ?</p>
<p style="text-align: justify;">Les auteurs ? Des  personnalités membres du réseau de Terra Nova, issues de tous horizons :  philosophes, sociologues, économistes, acteurs de la société civile,  magistrats, experts de l’administration et du privé.<br />
A leur lecture,  <strong>les lignes de force des politiques gouvernementales se dégagent  nettement.</strong> Elles dessinent la vraie nature du sarkozysme.<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On a  beaucoup dit que Nicolas Sarkozy était un pragmatique, un politique à la  grande plasticité idéologique, brouillant les cartes, capable de «  piocher » dans toutes les familles intellectuelles en fonction des  circonstances.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour accréditer cette thèse, il y a bien sûr le  débauchage de personnalités de gauche.</strong> Mais <strong>on peine à identifier dans  cette « ouverture » les emprunts aux idées de gauche. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Eric Besson,  certes ancien socialiste, est commis depuis son ministère de l’identité  nationale à la chasse aux voix lepénistes.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bernard Kouchner, l’homme du «  droit d’ingérence humanitaire », doit subir une réorientation de la  diplomatie française vers une realpolitik agressive, dictée par  l’Elysée, aux antipodes de sa vision fondée sur les droits de l’homme. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux affaires européennes pendant  la présidence française de l’Union, est un fédéraliste européen  convaincu, à l’opposé de la vision intergouvernementale du Président de  la République.</p>
<p style="text-align: justify;">Fadela Amara, Martin Hirsch tentent de défendre leurs  causes, les banlieues et la lutte contre la pauvreté. Mais ils donnent  l’impression de se battre essentiellement contre leur propre  gouvernement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le cas de Jean-Marie Bockel est le plus révélateur. Il a  été débarqué du secrétariat d’Etat à la coopération après avoir annoncé  vouloir mettre fin à la « Françafrique ». En d’autres termes : débaucher  des hommes de gauche, oui ; mais importer leurs idées, non. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">« Des  parcours individuels », résume Jean-Pierre Jouyet. Mais pas d’emprunt  idéologique.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le fond, <strong>le traitement de la crise est souvent présenté comme  la démonstration éclatante de ce pragmatisme : relance macroéconomique,  interventionnisme étatique pour sauver les banques – en bref, la grande  panoplie sociale-démocrate. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Voire. <strong>Tous les pays développés, sans  exception, sont intervenus massivement pour secourir leur économie au  bord de l’effondrement.</strong> <strong><span style="color: #ff0000;">Dans ce retour généralisé de l’Etat, c’est le  gouvernement français qui en a le plus limité, ou cherché à en limiter,  la portée : un plan de relance parmi les plus modestes de l’OCDE ; une  aide financière sans précédent pour les banques (320 milliards d’euros),  mais sans nationalisation (contrairement au Royaume-Uni et aux  Etats-Unis).</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Élément positif, plus calculé celui-là, dans l’escarcelle  présidentielle : l’écologie. Grenelle de l’environnement I &amp; II,  mise en avant de la « croissance verte » dans le cadre du « grand  emprunt »</strong>, taxe carbone, agitation diplomatique pour Copenhague,  nomination de ministres aux compétences reconnues (Nathalie  Kosciusko-Morizet puis Chantal Jouanno), opération séduction – avortée –  en direction de Nicolas Hulot : le président en fait des tonnes.  Certes, là encore, le discours est très en avance sur les actes. Il y a  beaucoup d’affichage «  Canada Dry ».</p>
<p style="text-align: justify;">Cet infléchissement  écologique n’appartient pas à l’ADN du sarkozysme. Il est carrément  étranger à la droite française. <strong>L’objectif est avant tout tactique :  capter la partie la plus volatile de l’électorat progressiste, les «  bobos » aisés urbains, dans la perspective des prochaines échéances  présidentielles.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Ces éléments, ainsi que quelques autres plus  anecdotiques (la suppression de la publicité à la télévision par  exemple), ne traduisent pas la vraie nature des politiques en cours.  Elles la brouillent au contraire. Le sarkozysme n’est pas un pragmatisme  dérivant vers le centre de l’échiquier politique. C’est tout l’inverse :  une idéologie de rupture néoconservatrice.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous sortons, en France, d’une longue paix idéologique. Elle  scellait la victoire des valeurs de progrès. La France a vécu, depuis  1945, sur un compromis que l’on peut qualifier, pour aller vite, de «  social-démocrate ». Un modèle de société fondé sur deux piliers. La  démocratie, avec l’extension des libertés individuelles, la protection  des droits du citoyen, le développement des droits de l’homme : en cela,  notre modèle est fondamentalement un modèle humaniste. Et le social,  avec l’Etat-providence, les services publics, la fiscalité  redistributive : il s’agit d’un modèle égalitaire, un modèle de  solidarité .</p>
<p style="text-align: justify;">La gauche, tout comme le gaullisme social, avaient promu  ce modèle social-démocrate après-guerre. La droite avait accepté  d’accompagner ces évolutions, moteurs d’une prospérité inédite sous les  Trente Glorieuses.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Avec la crise contemporaine du modèle  social-démocrate, le compromis idéologique a volé en éclats. Désormais,  la droite est à l’offensive. Elle a longtemps hésité, sous Jacques  Chirac. C’est fini. Nicolas Sarkozy a été le premier, en France, à  revendiquer « la rupture », « le changement » : la fin du pacte social  historique.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le sarkozysme met en œuvre une double rupture de fond,  qui s’attaque aux deux piliers de la social-démocratie et esquisse un  basculement néoconservateur.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Une rupture antihumaniste, tout d’abord</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Elle se caractérise par la recherche systématique de coupables, de  boucs émissaires à désigner à la vindicte collective.</strong> <strong>Il y a toujours  les bons citoyens à protéger et les mauvais à bannir hors de la  communauté nationale – les immigrés, les musulmans, la racaille de  banlieue, les délinquants, les assistés, les fonctionnaires privilégiés…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cet  antihumanisme se déploie dans le débat sur l’identité nationale. <strong>La  vision néoconservatrice de la nation est figée sur l’identité fantasmée  du passé, à tentation ethnique (blanche), à coup sûr culturaliste  (religieuse, les racines chrétiennes). Une identité fermée, qui exclut  les générations de Français d’immigration récente, considérés comme des  étrangers sur leur propre sol.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une telle rupture se retrouve aussi  dans la politique d’immigration, de plus en plus brutale. « Rafles »  policières de sans-papiers, jusqu’aux enfants dans les écoles ; délit de  solidarité ; expulsion de réfugiés politiques vers l’Afghanistan ;  climat de soupçon dans les préfectures… L’exemple du Calaisis, qui  concentre les demandeurs d’asile en transit vers l’Angleterre, est  édifiant : fermeture du centre d’hébergement d’urgence de Sangatte,  démantèlement des campements de fortune de la « jungle », jusqu’à la  condamnation à l’errance. Une chute de Charybde en Scylla.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La  politique pénale subit le même processus de durcissement. Le champ des «  criminels », des « monstres » s’élargit toujours plus loin.</strong> Leur  répression s’intensifie. La politique de castration chimique pour les  pédophiles est emblématique. <strong>Jusqu’à l’évocation inouïe par Michèle  Alliot-Marie de la castration physique &#8211; une mutilation d’Etat, une  vision de la France digne d’Orange mécanique.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On peut également  rattacher à cette rupture antihumaniste <strong>la réorientation de la politique  étrangère. La diplomatie sarkozyste a renoncé à un équilibre entre  universalité des droits de l’homme et intérêts nationaux, au profit  d’une realpolitik parfois extrême, comme lors de l’accueil en France du  colonel Khadafi. Elle a également basculé dans une logique à la  coloration manichéenne et occidentaliste, entraînant la France vers un  rôle de « nouveau faucon » sur la scène internationale.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Seconde rupture de fond : la rupture inégalitaire </span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">La politique  fiscale apparaît comme un marqueur indélébile de cette rupture. La  gauche stigmatise à juste titre le « paquet fiscal », toute première  mesure prise par Nicolas Sarkozy lorsqu’il accède à l’Elysée : plus de  10 milliards d’euros par an pris dans les poches de tous les Français  pour être donnés aux ménages les plus riches. </span></strong>Au total, <strong>depuis 2002,  c’est 30 milliards d’euros par an qui font l’objet d’une redistribution à  l’envers des classes moyennes et populaires vers les ménages les plus  aisés.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nicolas Sarkozy l’assume régulièrement : ceux qui réussissent  ont le droit de s’enrichir. « A grosses responsabilités, gros revenus »,  a-t-il encore répété à Davos. <strong>La société méritocratique qu’il appelle  de ses vœux est une société inégalitaire.</strong> Sa méritocratie prétend  valoriser l’entrepreneur et le travail du capitalisme industriel, pas le  spéculateur et la rente du capitalisme financier. Pourtant, d<strong>ans les  faits, la plupart des mesures fiscales prises par la droite depuis 2002  favorise la rente : dévitalisation de l’ISF, bouclier fiscal,  disparition des droits de succession, allègement de la fiscalité sur les  dividendes…</strong> Et si peu a été fait – moins qu’aux Etats-Unis et au  Royaume-Uni – pour encadrer les bonus pharaoniques des traders et des  dirigeants de la finance.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Si la politique fiscale aide les forts, la  politique sociale abandonne les faibles. Le sarkozysme a insufflé dans  le pays une idéologie « anti-assistanat » dévastatrice.</strong> Il n’y pas à  aider les exclus puisqu’il s’agit d’assistés, qui ont choisi leur sort,  refusent de travailler. Ainsi, au fil du temps, l<strong>es minimas sociaux  français ont glissé à des niveaux alarmants : 40% à peine du salaire  médian, contre 60% en moyenne en Europe, plus de 70% au Danemark, aux  Pays-Bas, au Royaume-Uni.</strong> <strong><span style="color: #ff0000;">Appauvrir les plus pauvres : nous cultivons  ainsi une exception française délétère.</span></strong> Et <strong>même en pleine crise sociale,  le gouvernement refuse de prendre les mesures d’urgence de bon sens  contre le chômage</strong> : refus de suspendre les suppressions annuelles de  postes de fonctionnaires, refus de relancer les emplois aidés, refus de  revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nicolas  Sarkozy est, pour finir, à l’origine d’une troisième rupture,  méthodologique cette fois : l’hyperprésidence. </strong>Son credo : le  volontarisme politique. Il ne se résigne pas à l’impuissance politique.  S<strong>a méthode : la culture de l’action et la concentration des pouvoirs –  l’hyperprésidence.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La culture de l’action, c’est décider, trancher  dans le vif. Corollaire, l<strong>e sarkozysme ne prend pas le temps de  l’écoute, de la consultation, du dialogue démocratiques</strong>. En attestent le  refus de prendre en compte la votation citoyenne sur La Poste, le  passage en force sur la réforme des universités, l’absence de travail de  création de consensus pour une réforme aussi fondamentale que la taxe  carbone … Mais cette gestion du changement, au-delà des réserves  démocratiques qu’elle inspire, ne paraît guère efficace. Ce temps de  dialogue qu’il veut gagner en amont de la décision, Nicolas Sarkozy le  perd le plus souvent en aval, du fait des résistances et oppositions que  cette pratique expéditive suscite.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La tendance à la concentration personnelle du pouvoir est une  évolution plus inquiétante.</strong> Certes, les dernières décennies avaient sans  doute éclaté à l’excès le pouvoir étatique, vers le bas  (décentralisation), le haut (la construction européenne) et latéralement  (la multiplication des autorités administratives indépendantes),  l’enchaînant aussi dans des procédures de plus en plus rigides  (renforcement des marchés publics).</p>
<p style="text-align: justify;">Un mouvement de reconcentration  et de libération du pouvoir politique est sans doute nécessaire. Mais  <strong><span style="color: #ff0000;">Nicolas Sarkozy va très au-delà. Il procède à l’affaiblissement  systématique des contre-pouvoirs. Les médias (avec la nomination des  présidents de chaîne publique par l’Elysée), la justice (avec la  suppression du juge d’instruction indépendant) sont pensés comme des  relais de l’action gouvernementale. La réforme territoriale marque  l’acte I de la recentralisation. Des autorités indépendantes sont  supprimées.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’Europe échappe aux institutions fédérales (la Commission,  le Parlement européen) pour revenir entre les mains des Etats, dans une  logique intergouvernementale. <strong><span style="color: #ff0000;">Le Parlement est perçu comme une  institution trop lente, trop bavarde ; la réforme constitutionnelle  entraîne « l’agonie de la démocratie parlementaire » .</span></strong> Même au sein de  la sphère gouvernementale, la présidence concentre le pouvoir,  dévitalise les ministères et court-circuite le travail interministériel,  ravalant le premier ministre au rang de « super-directeur de cabinet »  sans réelle autonomie politique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Au total, l’hyper-présidence  déséquilibre dangereusement nos institutions démocratiques.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Antihumanisme,  inégalités, hyperprésidence : le sarkozysme attaque de front l’identité  politique du pays, la fraternité, la solidarité, les libertés  publiques, pour y intégrer des valeurs néoconservatrices, qui lui sont  historiquement étrangères.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mais <strong>ces trois ruptures ont eu, en revanche, une efficacité  politique redoutable. Elles ont permis à Nicolas Sarkozy de se  constituer une large assise électorale en réunissant les trois courants  de la droite française</strong> décrits par René Rémond.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a d’abord le  légitimisme : c’est la droite de l’ordre moral et des valeurs, celle qui  votait jusque-là pour Le Pen.</strong> Le sarkozysme a capté ses voix par  l’antihumanisme, sa politique des « 3 I » (insécurité, immigration,  identité), son slogan du « Karcher ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a ensuite l’orléanisme :  c’est la droite libérale, celle des milieux d’affaires qui, de Guizot à  Balladur, a pour projet l’enrichissement personnel.</strong> Le sarkozysme n’a  pas renforcé le libéralisme. C’est une des raisons qui expliquent sa  résilience face à la crise économique : il ne s’est jamais vraiment fait  l’apôtre du modèle néolibéral ; il survit donc à son effondrement  idéologique. <strong>Nicolas Sarkozy, s’il ne soutient pas les thèses  intellectuelles de l’orléanisme, fait en réalité bien mieux : il assure  son enrichissement.</strong> <strong>Il baisse la fiscalité des plus riches ; il  intervient pour défendre ses intérêts économiques ; il légitime l’argent  et les inégalités.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a enfin le bonapartisme : c’est le culte de  l’homme providentiel en lien direct avec le peuple, la droite sociale et  populaire</strong>. Certes, le sarkozysme pouvait heurter le courant  bonapartiste, attaché à l’Etat-providence, issu du Conseil national de  la résistance et du gaullisme. Mais il a séduit l’aile  gaullo-chiraquienne par une posture : le pouvoir personnel de  l’hyperprésident.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Face à cette rupture néoconservatrice, un front  progressiste est en train d’émerger. Il va des démocrates aux  socialistes et aux écologistes, jusqu’à la gauche de la gauche. Il doit  éviter deux écueils.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le premier est l’immobilisme. La gauche peut  être tentée par la défense du modèle d’hier. Elle a du mal à faire le  deuil du modèle historique qu’elle a contribué à créer. Elle risque  alors de s’enfermer dans la protestation.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le second écueil est le  renoncement idéologique. Dans l’incapacité de formuler une offre  politique alternative, la gauche laisserait filer le curseur idéologique  vers la droite.</strong> Le nouveau compromis national deviendrait un compromis  conservateur. La gauche pourrait encore espérer la victoire politique,  mais au prix de sa défaite idéologique, cantonnant son action à  l’accompagnement social et compassionnel d’un modèle qui n’est plus le  sien. Ce renoncement est une tentation dans nombre de partis  sociaux-démocrates européens, renoncement libéral avec le SPD allemand,  renoncement populiste en Autriche et aux Pays-Bas.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le camp  progressiste doit au contraire chercher la voie de la refondation  idéologique. Il doit reprendre l’offensive pour réaffirmer ses valeurs  historiques (égalité, solidarité, libertés démocratiques) ainsi que  leurs variantes contemporaines (écologie et développement durable). Il  trouvera les Français à ses côtés. Les citoyens continuent de  plébisciter les valeurs progressistes. Ils ont voté Nicolas Sarkozy pour  sa promesse d’efficacité, pour sauver le modèle social-démocrate  français en crise, pas pour le détruire. Ils ne veulent pas d’une  rupture néoconservatrice.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mais le modèle français n’est plus viable  en l’état. Les conditions historiques qui ont fait son succès au XXe  siècle ont disparu. Il faut le repenser dans le cadre du monde du XXIe  siècle : la globalisation, les mutations du capitalisme,  l’individualisation de nos sociétés, la pénurie des ressources, la fin  de la domination occidentale, le terrorisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous en avons les  moyens. Le matériau est là, désormais. Le diagnostic intellectuel s’est  enrichi. Les expérimentations européennes se développent, notamment dans  les social-démocraties nordiques. Les initiatives locales se  multiplient. Le travail qui reste à accomplir est de convertir ce  matériau en solutions programmatiques et de penser un projet global.  Nous en esquissons quelques grandes lignes dans ce livre.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Mais  l’heure n’est pas encore à la reconstruction. Nous sommes face à un  gouvernement qui brûle les fondements du modèle français. L’urgence est  de limiter la destruction et d’éteindre les incendies allumés par cet  Etat-pyromane : tel est le rôle de l’opposition progressiste.</strong></span></p>
<p><strong><br />
<em>Par Olivier Ferrand,</em><br />
<a href="http://www.amazon.fr/Etat-pyromane-L-Olivier-Ferrand/dp/2917986034/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1267442513&amp;sr=8-1" target="_blank">L&#8217;Etat pyromane, éditions Delavilla, 384  pages, 19 euros.</a></strong></p>
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		<title>L&#8217;ère Sarkozy : une dette record pour très longtemps !</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Feb 2010 11:55:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La France mettra 20 ans à retrouver un niveau de dette publique équivalent à celui d&#8217;avant la la présidence Sarkozy et la crise, selon le scénario le plus favorable figurant dans un rapport de la Délégation à la prospective du Sénat. Le rapport sur l&#8217;économie française et les finances publiques à l&#8217;horizon 2030,  prône une politique centrée sur la croissance et une coopération économique entre Européens pour restaurer la confiance, sans évidemment parler des orientations économiques à reconsidérer, notamment le libéralisme absolu qui est en train de tuer nos économies nationales. Le rapport pointe également qu&#8217;une forte restriction budgétaire risquerait de casser la reprise économique et de freiner la croissance potentielle de la France à très long terme, aggravant la situation au lieu de l&#8217;améliorer. Autrement dit; la politique menée depuis 3 ans par Nicolas Sarkozy dans les services publiques est une véritable catastrophes, le plan d&#8217;ultra rigueur qui est en préparation viendra encore aggraver la situation. A noter que la préparation du rapport a été commandée par le sénateur UMP Joël Bourdin&#8230; &#171;&#160;la bonne santé de l&#8217;économie française dans le futur est liée à une maximisation de la croissance potentielle et à la confiance des agents économiques&#160;&#187;, est-il écrit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-1065" title="-1" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/02/1-300x203.jpg" alt="" width="300" height="203" />La France mettra 20 ans à retrouver un niveau de dette publique équivalent à celui d&#8217;avant la la présidence Sarkozy et la crise, selon le scénario le plus favorable figurant dans un rapport de la Délégation à la prospective du Sénat.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rapport sur l&#8217;économie française et les finances publiques à l&#8217;horizon 2030,  prône une politique centrée sur la croissance et une coopération économique entre Européens pour restaurer la confiance, sans évidemment parler des orientations économiques à reconsidérer, notamment le libéralisme absolu qui est en train de tuer nos économies nationales.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rapport pointe également qu&#8217;une forte restriction budgétaire risquerait de casser la reprise économique et de freiner la croissance potentielle de la France à très long terme, aggravant la situation au lieu de l&#8217;améliorer. Autrement dit; la politique menée depuis 3 ans par Nicolas Sarkozy dans les services publiques est une véritable catastrophes, le plan d&#8217;ultra rigueur qui est en préparation viendra encore aggraver la situation.</p>
<p style="text-align: justify;">A noter que la préparation du rapport a été commandée par le sénateur UMP Joël Bourdin&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;la bonne santé de l&#8217;économie française dans le futur est liée à une maximisation de la croissance potentielle et à la confiance des agents économiques&nbsp;&raquo;</em>, est-il écrit dans le communiqué publié par la Délégation à la prospective du Sénat.</p>
<p style="text-align: justify;">En d&#8217;autres termes, ils n&#8217;est pas grand besoin d&#8217;être économiste pour imaginer que derrière cette formule, est glissée une allusion franche à une autre politique économique et sociale, faite de hausses de salaires, de relance de la consommation par la demande intérieure, un arrêt de la casse des services publics, un retour en arrière sur la sous-imposition des plus riches au profit d&#8217;une sur taxation des plus pauvres et des classes moyennes, une révision des diminutions de charges qui ruinent notre économie comme notre système social.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette confiance <em>&laquo;&nbsp;ne sera au rendez-vous que si les partenaires de l&#8217;Union européenne cessent de mener des politiques économiques non coopératives&nbsp;&raquo;</em>, et hop, une invitation à une grande politique de vraie gauche partout en Europe ?&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Cinq scénarios commandés à l&#8217;Observatoire français des conjonctures économique (OFCE) figurent dans le rapport. <strong>Le plus favorable fait état d&#8217;une dette publique à 63% du produit intérieur brut en 2030</strong>, proche des niveaux de 2006-2007.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le moins favorable prévoit une dette à 135% du PIB en 2030</strong>, et les trois autres des niveaux compris entre 81% et 88%, proches des chiffres actuels et des prévisions à court terme.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le gouvernement prévoit une dette à 83,2% du PIB cette année et 87,1% en 2012</strong>, disons donc qu&#8217;au moment de la prochaine échéance présidentielle, &laquo;&nbsp;Monsieur +&nbsp;&raquo;, vous savez celui qui vous a promis de travailler plus pour gagner plus, aura plongé le pays dans un endettement tel (90% du PIB), que celui-ci aura bien du mal à s&#8217;en relever. Et si 2012 devait porter une majorité de gauche (même pâle), elle aura peu de marges de manoeuvres à moins de faire cette fois une véritable rupture d&#8217;avec la ruine néolibérale !&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Le scénario le plus optimiste s&#8217;appuie sur une prévision de croissance moyenne très forte (3,5% à partir de 2011) et sur une décrue très rapide du chômage (taux de 4,4% dès 2015)&#8230; autant dire que pour y croire, il vaut mieux être un fan absolu &laquo;&nbsp;d&#8217;Alice au Pays des Merveilles&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&laquo;&nbsp;Le retour à des positions budgétaires soutenables est un impératif&nbsp;&raquo;, lit-on dans la synthèse du rapport. </strong><em><strong>&laquo;&nbsp;Pour autant, les scénarios de dette publique n&#8217;invitent pas à s&#8217;engager dans une &#8216;thérapie de choc&#8217; qui pourrait produire des effets irréversibles sur la croissance</strong></em>&laquo;&nbsp;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le pire scénario prend pour hypothèse la persistance d&#8217;un taux de chômage élevé (10,3% jusqu&#8217;en 2030) !&#8230; Merci qui ?<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le scénario central, qui débouche sur une dette à 81% du PIB en 2030, s&#8217;appuie sur l&#8217;hypothèse d&#8217;une croissance moyenne de 2,5% par an à partir de 2011, identique à celle du gouvernement, avec un taux de chômage de 4,4% en 2024. Même celui-ci est quasi utopiste, selon moi en tout cas. Pour mémoire, la dernière fois que la France a connu de tels taux de croissances et de baisse du chômage, il y avait un gouvernement socialiste aux commandes et un certain Jospin aux manettes. Pour 2012, faîtes votre choix mais quand je pense à mon fils en 2030, il aura 23 ans, il arrivera donc sur le marché de l&#8217;emploi avec quelles perspectives ?&#8230; Devons-nous attendre tranquillement que Sarkozy 1er passe la main à Sarkozy fils ?</p>
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		<title>Henri Wéber répond à BHL</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jul 2009 07:07:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Henri Wéber publie aujourd&#8217;hui une lettre en réponse à Bernard-Henri Lévy qui souhaitait que le PS disparaisse. Après une lecture attentive, je trouve qu&#8217;elle doit être largement diffusée auprès des forces militantes. Je suis loin d&#8217;être en accord sur tous les points abordés par Henri Wéber mais je partage une large part du constat. Pour autant je m&#8217;inscris en complète opposition dès lors que notre camarade aborde le célèbre &#171;&#160;manifesto&#160;&#187; qui a été vendu par le PS au nez et à la barbe de militants qui n&#8217;ont jamais été appelés à se prononcer dessus, dans un processus inacceptable et opaque qui fait partie de ce qui étouffe largement le PS aujourd&#8217;hui et que les militants ne sont plus prêts à accepter. Il faudra nécessairement au PS affirmer son refus absolu de la conception libérale et purement marchande de l&#8217;Europe tout en offrant la perspective d&#8217;un assemblage européen garantissant une Europe des Peuples et des périmètres d&#8217;union à géométrie variable selon les sujets. Si je partage donc une part importante du constat et aussi le souhait-nécessité de &#171;&#160;refondation&#160;&#187; (terme approprié que j&#8217;ai utilisé largement ici), il va nous falloir oser affronter politiquement nos adversaires et assumer nos idées pour enfin mener [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Henri Wéber publie aujourd&#8217;hui une lettre en réponse à Bernard-Henri Lévy qui souhaitait que le PS disparaisse. Après une lecture attentive, je trouve qu&#8217;elle doit être largement diffusée auprès des forces militantes. Je suis loin d&#8217;être en accord sur tous les points abordés par Henri Wéber mais je partage une large part du constat. Pour autant je m&#8217;inscris en complète opposition dès lors que notre camarade aborde le célèbre &laquo;&nbsp;manifesto&nbsp;&raquo; qui a été vendu par le PS au nez et à la barbe de militants qui n&#8217;ont jamais été appelés à se prononcer dessus, dans un processus inacceptable et opaque qui fait partie de ce qui étouffe largement le PS aujourd&#8217;hui et que les militants ne sont plus prêts à accepter. Il faudra nécessairement au PS affirmer son refus absolu de la conception libérale et purement marchande de l&#8217;Europe tout en offrant la perspective d&#8217;un assemblage européen garantissant une Europe des Peuples et des périmètres d&#8217;union à géométrie variable selon les sujets.</p>
<p style="text-align: justify;">Si je partage donc une part importante du constat et aussi le souhait-nécessité de &laquo;&nbsp;refondation&nbsp;&raquo; (terme approprié que j&#8217;ai utilisé largement ici), il va nous falloir oser affronter politiquement nos adversaires et assumer nos idées pour enfin mener les combats politiques sur nos thèmes. J&#8217;en reparlerai prochainement&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><em><img class="alignleft" src="http://images.google.fr/url?source=imgres&amp;ct=img&amp;q=http://www.lexpress.fr/medias/233/1-ps-congres-weber_427.jpg&amp;usg=AFQjCNE8-v0BWccq5jmuN0-WSelETQyFOw" alt="" width="351" height="235" />&laquo;&nbsp;Comme on pouvait s&#8217;y attendre, la lourde défaite du Parti socialiste aux élections européennes a suscité en son sein, après un court délai de décence, un déchainement de critiques contre Martine Aubry, tandis que dans les médias retentissaient à nouveau les oraisons funèbres de la social-démocratie.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;Le PS se meurt, le PS est mort&nbsp;&raquo;, s&#8217;exclame, comme en 1993, comme en 2002, un chœur bigarré de fossoyeurs trop pressés. &laquo;&nbsp;Le PS est dans la situation du PC à la fin de années 70&#8243; diagnostique le docteur BHL. Reprenant la vieille idée fixe de Jean-François Kahn1, l&#8217;ex-nouveau philosophe invite le PS à se dissoudre. &laquo;&nbsp;Il doit disparaître au plus vite&nbsp;&raquo; clame-t-il dans le JDD du 19 juillet. Disparaître, riche idée! Mais pour mettre quoi à la place ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Jean-François Kahn proposait le MoDem, de François Bayrou. BHL, quant à lui, se dispensant de toute réponse. &laquo;&nbsp;La dialectique y pourvoira&nbsp;&raquo;,  écrit-il dans le JDD du 19 juillet 2009. La dialectique a bon dos, elle ne pourvoira à rien. Il est facile de rayer d&#8217;un trait de plume un parti séculaire, profondément enraciné dans l&#8217;histoire et dans la société française et sans lequel il n&#8217;y a pas d&#8217;alternance possible dans notre pays. Il est très difficile de construire un parti équivalent, les Verts en savent quelque chose. C&#8217;est un travail de Titan, qui exige des décennies. Dissoudre le PS n&#8217;arrangerait que ses adversaires de droite, qui disposeraient dès lors d&#8217;une longue rente de situation dans l&#8217;occupation du pouvoir.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L&#8217;assimilation  entre la crise d&#8217;agonie dans laquelle est entré le PCF à la fin des années 1970 et la crise de refondation que connait la social-démocratie européenne est grotesque.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les partis communistes ont sombré avec la disparition de l&#8217;URSS et du marxisme soviétique auxquels ils s&#8217;étaient identifiés. Ceux d&#8217;entre eux, tel le PC italien, qui ont su prendre à temps leurs distances et se rallier à la social-démocratie ont survécu.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ce naufrage n&#8217;a pas affecté la sociale démocratie. En atteste la vague rose des années 1996-1997, qui porta au pouvoir 13 partis socialistes sur 15 en Europe.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le socialisme démocratique s&#8217;est constitué à la fois contre le libéralisme économique -l&#8217;utopie délétère de la société de marché; et contre le totalitarisme léniniste- l&#8217;utopie meurtrière de la société parfaite.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les partis socialistes et sociaux-démocrates connaissent non pas une crise d&#8217;agonie, mais une crise de refondation, comme ils en ont  déjà subi et surmonté plusieurs dans leur longue et tumultueuse histoire.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ces partis avaient appris à maîtriser et à civiliser, au siècle dernier, un capitalisme national et industriel. Ils sont confrontés aujourd&#8217;hui à un capitalisme mondialisé et dominé par la finance. A une société fragmentée et vieillissante aussi, travaillée par un individualisme désormais désagrégateur.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les politiques publiques et les moyens d&#8217;action  qu&#8217;ils avaient mis en œuvre pendant un demi-siècle sont désormais de moins en moins efficaces. Voilà la raison profonde de la  crise de la social-démocratie européenne. S&#8217;y ajoute, en France, -circonstance considérablement aggravante !-, une crise de leadership qui perdure depuis 2002.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ces partis seront-ils capables de se donner les moyens théoriques, programmatiques, institutionnels de domestiquer et d&#8217;humaniser le nouveau capitalisme, comme ils ont su le faire en XXème siècle pour l&#8217;ancien ? De la réponse à cette question dépend leur avenir. Si elle est négative, comme le pensent (et l&#8217;espèrent) leurs adversaires et nombre de leurs prétendus amis, ces partis sont voués à un lent dépérissement, à l&#8217;instar, en France, de feu le Parti radical.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Mais on ne détruit que ce que l&#8217;on remplace. Ni les Verts, ni le PCF, ni le PG, ni les trotskystes, ne sont en mesure de se substituer, au PS, dans un avenir prévisible, comme principale force d&#8217;alternance et d&#8217;alternative.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Si, au contraire, la réponse est positive, comme je le crois, ces partis retrouveront un nouveau souffle. Ce qui rend les partis mortels, c&#8217;est leur inaptitude à s&#8217;adapter aux nouvelles conditions historiques de leur action, dans la fidélité à leurs valeurs et aux grands objectifs qui les incarnent.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les partis socialistes disposent de suffisamment de ressources humaines et de pragmatisme pour savoir rebondir. C&#8217;est le secret de leur longévité : le benjamin de la famille -le PS français- a 105 ans, le vétéran -le SPD allemand, plus de 130 ! </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Tous les partis socialistes d&#8217;Europe sont à la recherche de nouvelles voies. L&#8217;échec de la &laquo;&nbsp;troisième voie&nbsp;&raquo; blairiste exige de réorienter, mais non d&#8217;interrompre leurs efforts.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Il ne faut pas liquider le PS, mais le refonder : rénover ses idées, son projet, son programme, son organisation, ses pratiques. C&#8217;est à cela que s&#8217;est attelée courageusement Martine Aubry. C&#8217;est pour cela que nous la soutenons.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Que nous recommande, pour sa part,  BHL pour régénérer la gauche ? &laquo;&nbsp;De renouer avec l&#8217;essentiel&nbsp;&raquo;, répond-il dans le JDD, c&#8217;est-à-dire avec &laquo;&nbsp;trois grands refus : l&#8217;antifascisme, l&#8217;anticolonialisme, l&#8217;anti totalitarisme.&nbsp;&raquo; On croit rêver !</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le monde subit la crise économique, sociale, écologique la plus grave que le capitalisme ait connu depuis 1929, le chômage et le travail précaire explosent, le réchauffement climatique approche un point de non retour, et BHL nous exhorte à renouer avec l&#8217;antifascisme, l&#8217;anti colonialisme, l&#8217;anti totalitarisme ! Plutôt que de renouer des liens qui ne sont pas rompus, efforçons-nous de répondre aux préoccupations et aux aspirations des Français plongés dans la tourmente, et, en particulier, à celles des classes populaires et des classes moyennes.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les partis socialistes doivent d&#8217;abord préciser et populariser leur stratégie de sortie de crise : Plan de relance, bouclier social, économie verte. Ils doivent élaborer une réforme en profondeur de l&#8217;économie et de la société internationales pour que pareil désastre ne se reproduise plus. Ils doivent parachever la synthèse entre la doctrine social-démocrate et l&#8217;apport de l&#8217;écologie politique, du féminisme, de l&#8217;individualisme culturel. Ils doivent promouvoir un nouvel internationalisme, car aucun des nouveaux défis qui nous assaillent n&#8217;a de solution au niveau national. Ce nouvel internationalisme s&#8217;incarne d&#8217;abord dans la relance et la réorientation de la construction européenne. Faire de l&#8217;Europe la première démocratie économique, écologique et sociale du monde, creuset d&#8217;une nouvelle Renaissance et levier d&#8217;une autre mondialisation : voilà l&#8217;utopie réaliste que les socialistes européens proposent à leurs peuples.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Cette Europe volontaire sera nécessairement une Europe différenciée : les Etats qui veulent aller  plus loin et plus vite pour mettre en œuvre des politiques communes doivent pouvoir le faire. Ainsi réorientée, l&#8217;Union européenne pourra jouer un rôle primordial dans l&#8217;amélioration de la gouvernance mondiale et l&#8217;institution d&#8217;une nouvelle régulation du capitalisme. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les éléments du nouveau programme socialiste sont en gestation depuis dix ans. Ils ont pour nom : l&#8217;Etat social préventif, la sécurisation des parcours professionnels, l&#8217;économie verte, la transition vers la société de la Connaissance, la démocratie sociale et participative, l&#8217;accès de tous à l&#8217;Education et à la Culture, l&#8217;Europe-puissance, la mondialisation maîtrisée et solidaire&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Trois refondations</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ce qui me rend optimiste, malgré la dureté des temps, sur les capacités de rebond des partis socialistes, c&#8217;est l&#8217;histoire de leur mouvement. Celle-ci permet  de déceler au moins trois refondations:</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>▪ Les partis socialistes étaient initialement des partis ouvriers révolutionnaires, regroupés au sein de la IIème Internationale marxiste. Ils ont connu une première refondation dans les années 20 et 30 du siècle dernier, en réalisant la synthèse entre le libéralisme politique, le mouvement démocratique et la critique socialiste du capitalisme.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ils ont alors renoncé au recours à la violence, fût-elle de masse,  comme méthode de conquête du pouvoir et se sont ralliés à l&#8217;Etat de droit et au Parlementarisme, au prix de la scission communiste. Obtempérant à l&#8217;exhortation du grand Bernstein, ils ont osé paraître ce qu&#8217;ils étaient : des grands partis démocratiques de réforme sociale.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>▪ Ils ont connu une seconde refondation, dans les années 50 et 60, mais dans les années 30 pour les Scandinaves, en rompant avec le collectivisme et en se ralliant à l&#8217;économie sociale de marché. Ils ont admis que, sous certaines conditions, les forces du marché et de la libre entreprise pouvaient être mises au service du progrès économique, social, culturel, démocratique. Ces conditions  sont l&#8217;existence d&#8217;un Etat démocratique avancé et celle d&#8217;une organisation puissante du mouvement ouvrier, politique, associatif et syndical. Les partis socialistes sont alors devenus des grands partis populaires de gouvernement, exerçant régulièrement le pouvoir. Ils ont cessé d&#8217;être des partis de classe pour devenir des &laquo;&nbsp;partis du peuple tout entier&nbsp;&raquo;, agissant sur la société au moyen de l&#8217;appareil d&#8217;Etat.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>▪ Ces partis sont engagés aujourd&#8217;hui dans une troisième refondation. Confrontés à la mondialisation capitaliste, ils doivent se constituer eux-mêmes en force transnationale, soucieuse de représenter et de défendre les intérêts et les aspirations des salariés européens, par delà leurs appartenances nationales. Ils doivent élaborer un programme, une stratégie une organisation, d&#8217;emblée à l&#8217;échelle continentale. L&#8217;adoption d&#8217;un  programme social européen les 7 et 8 décembre 2006 à Porto2, constitue un premier pas dans ce sens. Celle du Manifesto, adopté le 1er décembre 2008 à Madrid, à<br />
l&#8217;occasion de l&#8217;élection européenne, en représente un second. Mais, dans ce domaine,  l&#8217;essentiel reste à faire.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Confrontés au réchauffement climatique, à l&#8217;épuisement progressif des énergies fossiles, aux pollutions de l&#8217;eau, des terres, de l&#8217;air, à la déforestation et à l&#8217;appauvrissement de la biodiversité, les socialistes doivent intégrer à leur corps de doctrine et à leur programme l&#8217;apport de l&#8217;écologie politique. Ils doivent devenir des partis éco-socialistes réalisant la synthèse entre la sensibilité sociale de la social-démocratie et les préoccupations<br />
environnementales des écologistes.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Confrontés au nouvel âge de la démocratie dans lequel nous sommes entrés : démocratie médiatique et sondagière, mais aussi individualiste, sceptique et hyper marchande, les partis socialistes doivent transformer leur mode d&#8217;organisation et leur méthode d&#8217;action. Plus éduqués, mieux informés, les citoyens modernes ne sont plus disposés à donner carte blanche à leurs représentants pendant 5 ans. Ils aspirent à être davantage impliqués, associés aux décisions qui les concernent. La gauche a beaucoup œuvré, au siècle dernier, pour promouvoir la démocratie sociale. Elle doit instituer désormais<br />
la démocratie participative. </em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La social-démocratie européenne, et en son sein le Parti socialiste français, sauront mener à bien cette troisième refondation. Ils en ont les ressources et la volonté. Tout le reste n&#8217;est qu&#8217;affaire de temps, car les causes de la crise de la social-démocratie contemporaine sont plus faciles à énoncer qu&#8217;à surmonter, les réponses plus faciles à exposer qu&#8217;à mettre en œuvre. Raison de plus pour ne pas perdre de temps.&nbsp;&raquo;</em></p>
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		<title>&#171;&#160;La stratégie de Martine Aubry est de fond de court et elle est la bonne&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Jul 2009 07:41:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je vous recommande avec intérêt l&#8217;interview donnée par Alain Rousset, député et président socialiste du conseil régional d&#8217;Aquitaine donnée à Aqui.fr Dans l&#8217;interview exclusive accordée à aqui.fr, Alain Rousset, avant la pause des vacances, défend son bilan et revendique pour l&#8217;Aquitaine le titre &#171;&#160;d&#8217;éco-région&#160;&#187;. Autant dire qu&#8217;il croit possible de renouveler avec les écologistes, en mars 2010, l&#8217;accord passé en 2004 avec les Verts. Et ceci, dès le premier tour des élections régionales où il souhaite une liste de rassemblement de la gauche. Mais, le président de l&#8217;Association des Régions de France, l&#8217;ARF, n&#8217;élude pas la question des divisions au sein du PS, persuadé que les électeurs sauront faire la différence entre les jeux de pouvoirs et le pragmatisme des élus locaux. Il redit, enfin, son opposition à la réforme Balladur et au projet de Nicolas Sarkozy dont il se demande s&#8217;il n&#8217;entend pas siffler &#171;&#160;la fin de partie de la décentralisation&#160;&#187;. @qui ! : En 2004 vous avez choisi d’intégrer largement les Verts au sein de votre liste, leur avez confié plusieurs postes de responsabilité. Six ans plus tard, les écologistes dopés par leur résultat aux européennes, disent vouloir partir, seuls, à la bataille électorale de mars 2.010. Peut-il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je vous recommande avec intérêt l&#8217;interview donnée par Alain Rousset, député et président socialiste du conseil régional d&#8217;Aquitaine donnée à <a href="http://www.aqui.fr/politiques/interview-alain-rousset-president-du-conseil-regional-d-aquitaine-je-souhaite-une-liste-de-rassemblement-de-la-gauche-des-le-premier-tour-des-elections-regionales,2253.html" target="_blank">Aqui.fr</a></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<div class="mceTemp">
<dl class="wp-caption alignleft" style="width: 270px;">
<dt class="wp-caption-dt"><em> </em><em><img title="Alain Rousset, président du Conseil Régional dAquitaine" src="http://www.aqui.fr/bib/article/images/A_2253_1.jpg" alt="Alain Rousset, président du Conseil Régional dAquitaine" width="260" height="260" /></em></dt>
</dl>
</div>
<p>Dans l&#8217;interview exclusive accordée à aqui.fr, Alain Rousset, avant la pause des vacances, défend son bilan et revendique pour l&#8217;Aquitaine le titre &laquo;&nbsp;d&#8217;éco-région&nbsp;&raquo;. Autant dire qu&#8217;il croit possible de renouveler avec les écologistes, en mars 2010, l&#8217;accord passé en 2004 avec les Verts. Et ceci, dès le premier tour des élections régionales où il souhaite une liste de rassemblement de la gauche. Mais, le président de l&#8217;Association des Régions de France, l&#8217;ARF, n&#8217;élude pas la question des divisions au sein du PS, persuadé que les électeurs sauront faire la différence entre les jeux de pouvoirs et le pragmatisme des élus locaux. Il redit, enfin, son opposition à la réforme Balladur et au projet de Nicolas Sarkozy dont il se demande s&#8217;il n&#8217;entend pas siffler &laquo;&nbsp;la fin de partie de la décentralisation&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>@qui ! : En 2004 vous avez choisi d’intégrer largement les Verts au sein de votre liste, leur avez confié plusieurs postes de responsabilité. Six ans plus tard, les écologistes dopés par leur résultat aux européennes, disent vouloir partir, seuls, à la bataille électorale de mars 2.010. Peut-il y avoir une exception, en Aquitaine ?<br />
Alain Rousset : Je le souhaite, et je le souhaite dès le premier tour. Le défi sur le plan purement électoral est d’arriver en tête dès le premier tour; je le souhaite pour l’Aquitaine et son avenir, pour la majorité en place aujourd’hui, pour les écologistes aussi. Le travail que nous avons mené depuis près de six ans est assez exceptionnel : plus de 46 % des actions de la région peuvent être étiquetées et validées « développement durable. » A l’évidence, il y a eu un vrai et fort partenariat politique. Les Verts ont géré trois grands secteurs : la formation permanente avec Jean-Pierre Dufour, le développement durable avec Rose Marie Schmitt, l’économie sociale et solidaire avec Jean Lissar.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@! : Des responsables qui se sont plu dans ses responsabilités…<br />
A.R : Oui, nous avons réalisé un vrai travail d’équipe</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>L’Aquitaine dans le trio de tête pour le ferroviaire</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@! : Il y a eu des débats aussi, et parfois vifs ?<br />
A.R. : Oui, des débats, des discussions, des confrontations, des échanges. Ce que souhaitent les Verts mais aussi les électeurs et les militants du parti socialiste, c’est que nous puissions co-élaborer une politique sans hégémonie. Si c’était le cas, cela voudrait dire qu’il y a des prétentions intellectuelles, des certitudes. La vie publique nous a appris à essayer de les éliminer. Il faut avoir des convictions; des certitudes, non.<br />
En tout cas, l’Aquitaine est résolument orientée vers une éco-région. Je viens de signer avec Guillaume Pépy une convention passée avec la SNCF pour une durée de dix ans. Elle place l’usager au cœur de la problématique des transports, ce qui va bouleverser et transformer les relations entre les différentes villes de l’Aquitaine. Le train doit être le véhicule, l’élément de mobilité essentiel. Notre région est dans le trio de tête des régions françaises pour le développement du transport ferroviaire : + 42% en sept ans, 240 millions d’euros investis dans le matériel ! L’année prochaine tout le matériel ferroviaire sera ou neuf ou rénové ; il avait 25 ans d’âge en 2002…</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Nous allons engager un chantier ferroviaire colossal à l’échelle d&#8217;une région de l’ordre de 2 milliards 500 millions d’euros en valeur d’aujourd’hui, soit deux années et demi de la totalité du budget de la région dans les dix ans qui viennent : un milliard 140 millions de dépenses pour le service ferroviaire, 600 millions pour la LGV, 500 millions pour le plan rail, 400 millions d’euros pour le matériel neuf. Et, tout cela, au bénéfice des Aquitains, de leurs déplacements, de leur mobilité avec un mode de transport respectueux de l’environnement.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>LGV : le Conseil régional se portera garant</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@! : Le premier ministre vous a écrit, vous demandant, pour la Ligne à Grande Vitesse, la LGV, de vous porter garant du cofinancement des collectivités locales. Qu’allez vous faire ?<br />
A.R. : C’est le monde à l’envers, c’est le constat de la carence de l’Etat, mais le conseil régional va se porter garant. Je me suis trop battu pour ce bouleversement des transports collectifs pour ne pas foncer. Mais il faudra des contreparties : dans le plan rail de régénération de nos voies ferroviaires, il faut que l’Etat soit présent. Je sais que j’aurai la confiance des Aquitains.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@ ! : Puisque nous parlons du rail qu’en est-il de ce dossier si symbolique de la ligne Pau-Canfranc, de sa réouverture qui était une demande particulièrement insistante de la part des Verts lors de la campagne de 2004 ? Le chemin parcouru, depuis lors, est modeste&#8230;<br />
A.R : Le chemin est trop long pour moi, même s’il faut faire preuve d’une obstination sans faille pour aboutir à cette réouverture. L’Etat, Réseau Ferré de France, la SNCF, jusqu’à une période récente, n’y croyaient pas. J’ai réussi à convaincre le président de la SNCF de se rendre sur place, j’ai apprécié sa venue, son soutien. Cette ligne est non seulement importante pour le fret mais aussi pour les voyageurs. C’est la ligne Bordeaux Saragosse, c’est la troisième ligne qui traverse les Pyrénées. Vous n’avez pas en Europe une frontière qui soit aussi peu desservie par le chemin de fer. Imaginons demain : les Bordelais prennent le train et se retrouvent dans les stations de skis au-dessus du Somport, en descendant à la gare de Canfranc. Imaginons qu’au lieu d’être transportées par des centaines de camions qui traversent la vallée d’Aspe, vallée fragile qu’il faut préserver à tout prix, les marchandises puissent prendre le train… Cette ligne c’est à la fois préserver une des plus belles vallées des Pyrénées, c’est faire, aussi, l’Europe entre la France et l’Espagne,<br />
Aujourd’hui, la région finance, seule, les travaux ; elle a financé les études; on précise maintenant les conditions de la réouverture. Le coût est de l’ordre de 250 à 300 millions d’euros. J’ai demandé le défrichage de la ligne jusqu’à Bedous. Dans les mois qui viennentn les travaux de dépose de la voie ancienne vont s’engager; nous négocions, avec l’Etat, le problème des passages à niveau entre Oloron et Bedous.</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>L’autoroute Pau-Bordeaux respecte la biodiversité</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@ ! : Et l’autoroute A 65, Pau-Bordeaux, ? C’est un autre dossier sensible qui a déplu aux Verts, surtout depuis que le Grenelle de l’Environnement a mis un feu rouge à la construction d’autoroutes nouvelles.<br />
A.R. : Aujourd’hui, il n’y a que très peu d’opposants à l’autoroute Bordeaux-Pau. D’abord, parce qu’elle était nécessaire pour des raisons de sécurité, de mobilité et paradoxalement …des raisons d’environnement. L’alternative des opposants c’était une route à deux fois deux voies sur le site existant. Elle était infinançable avant 40 ans et entraînait des risques de pollution plus importants : le temps de trajet était supérieur d’une heure, des risques très importants existaient pour la biodiversité.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@ ! : Pourquoi ? C’est l’inverse non ?<br />
A.R. : Une autoroute répond à des exigences environnementales, des réglementations précises pour la circulation de l’eau, la préservation du biotope. En échange de l’espace occupé pour l’autoroute le concessionnaire a dû mettre en place un espace protégé équivalent. Et puis, L’Aquitaine ne pouvait pas se permettre de garder une route départementale entre sa capitale et sa deuxième ville. J’ai reçu, enfin, trop de lettres de parents dont les enfants ont été tués sur cette route à cause des dangers qu’elle fait courir et de l’insécurité majeure qu’elle représente. Quant au gain de temps, plus d’une heure sur le trajet c’est de la pollution en moins.<br />
Dois-je rappeler qu’en 1998 le dossier n’existait pas ?<br />
Les deux chantiers que nous avons lancés, dans les deux mois qui ont suivi notre arrivée à la présidence, sont essentiels pour le désenclavement de l’Aquitaine : la déviation d’Aire sur L’Adour et donc l’autoroute Bordeaux-Pau, le pont ferroviaire sur la Garonne à Bordeaux et la suppression du bouchon ferroviaire et donc la Ligne à Grande Vitesse. Ces deux décisions permettent à L’Aquitaine de pouvoir rattraper son retard en matière d’infrastructures.</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>La stratégie de Martine Aubry est de fond de court</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@ ! : Quand vous considérez le résultat du PS aux Européennes, son échec, et le jeu des ambitions à la tête de celui-ci, vous ne vous dites pas que le contraste est saisissant avec les responsables des collectivités locales ou territoriales que vous êtes. Est-ce à dire que par exemple vous saurez mieux mobiliser l’électorat socialiste pour les régionales malgré la situation de votre parti, ses divisions ?<br />
A. R. : Je redis que je souhaite, au premier tour, une liste de rassemblement de la gauche. Une liste ouverte ; il y a des personnalités dans notre Aquitaine qui ont envie de prendre des responsabilités, qui ont de l’expérience, des réseaux et peuvent, avec les responsables politiques, créer une équipe exceptionnelle.<br />
Le PS demeure une force incontournable pour l’avenir de notre pays. Je ne sais pas prononcer de petites phrases qui mettent en cause les uns et les autres. Mais ça signifie pas que le parti socialiste n’a pas d’énormes carences aujourd’hui, notamment quant à son analyse de la société, d’ouverture, de réponse à la façon insensée de faire, au sens propre du terme, et totalement vibrionnante du président de la république.<br />
La stratégie de Martine Aubry est une stratégie de fond de court ; elle est la bonne. On ne va pas passer d’une génération à une autre au sein du PS, du jour au lendemain.</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Nous gérons les collectivités avec pragmatisme</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@! : Fond de court dites-vous, mais les électeurs, eux, ne sont pas au rendez vous&#8230;<br />
A.R. : Aujourd’hui, nos concitoyens ont confiance dans la façon dont nous gérons, avec conviction et pragmatisme, les collectivités locales. Ce n’est pas un dialogue idéologique, une mise en cause permanente chaque jour. La force de la réalité l’emporte, qu’il s’agisse de celui qui crée une entreprise ou de celui qui souffre du chômage; la gauche a pris des initiatives que personne n’aurait prise : gratuité des fournitures scolaires, logement des jeunes, aides aux transports et à la mobilité, revenu social de formation pour les jeunes qui, sortant sans qualification du système scolaire, n’avaient pas droit à une rémunération…Tout cela, les régions l’ont fait, l’Aquitaine l’a fait. C’est un collaborateur des services du Conseil régional qui a permis, en 2004, d’écrire dans le règlement européen, la possibilité pour les régions françaises d’aider l’innovation, ce que l’Etat français refusait et que toutes les régions européennes font.<br />
Il y a aujourd’hui dans ce jacobinisme exacerbé de Nicolas Sarkozy et, en même temps, cette mise en faillite de l’Etat, un constat de carence que le verbe ne pourra pas cacher longtemps.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@! : Mais quand même vous n’êtes pas las, les Rousset, les Malvy, les Collomb, de ces jeux de pouvoirs à la tête du PS ? Valls candidat à la candidature avec quelle légitimité ? A-t-il plus de légitimité qu’Alain Rousset ? Après tout pourquoi pas vous ?<br />
A.R. : Je dirai, avec le maximum d’humour, pourquoi pas ? Ce qui m’importe, c’est de préparer une campagne pour l’élection à la Région Aquitaine, en donnant le plus de sens possible et de créativité à un projet qui apporte à la fois l’innovation, la solidarité et l’écologie.</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Xavier Darcos ? Cela ne va pas être simple pour lui</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@! : Votre adversaire, Xavier Darcos est un ministre important. Pensez vous qu’il va faire campagne en défendant le projet de réforme des collectivités de Nicolas Sarkozy ?<br />
A.R. : Cela ne va pas être simple pour lui. Je crois d’ailleurs qu’on ne peut pas être président d’une région comme celle-ci en ayant son esprit, sa pensée, son temps d’action dans un ministère .<br />
L’enjeu d’une présidence de Conseil régional, c’est d’être impliqué à 100% dans l’action… régionale. C’est de connaître et comprendre les dossiers de l’Aquitaine, d’avoir cette liberté de penser, d’agir qui font que l’on n’est pas dépendant d’une idéologie, d’un homme. De Nicolas Sarkozy.</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avec Nicolas Sarkozy la décentralisation joue peut être une fin de partie</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@! : Si l’on en croit le discours présidentiel de Versailles, la réforme des collectivités territoriales, suite aux travaux de la commission Balladur, sera bien mise en oeuvre. En septembre, on connaîtra le projet de loi même si le Sénat continue à être réticent.<br />
A.R. : Les Régions qui ont des compétences d’avenir sont très inquiètes. Ce n’est pas une réforme mais une régression, une recentralisation, à tel point que l’on peut se poser la question se savoir si la décentralisation ne joue pas, dans les années qui viennent, avec Nicolas Sarkozy, une fin de partie. Recentralisation sur la formation professionnelle, sur le budget des collectivités, impacté par les grands chantiers que l’Etat ne peut plus financer : les campus universitaires, les Lignes à Grande Vitesses, par exemple.</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Un mauvais coup porté à la démocratie</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@! : Mais peut-être va-t-on retirer aux collectivités que sont la région et le département des moyens que l’on va redonner aux grandes agglomérations ?<br />
A.R. : A finances locales équivalentes, c’est sur les services publics délégués aux collectivités, c’est à dire les lycées, les transports ferroviaires régionaux, les collèges, l’action sociale, qu’il faudra trouver le moyen de financer ce que l’Etat par ses cadeaux fiscaux aux plus riches, ne peut plus financer. Et puis, dans cette réforme, se profile une régression extraordinaire, à l’opposé du souhait affirmé de clarifier les compétences des uns et des autres : région, département, communes. C’est le cumul, critiquable, entre les fonctions de conseiller général et de conseiller régional. Le conseiller territorial s’il voit le jour portera des compétences totalement différentes du département ( équipement local, solidarité) et de la région ( innovation, formation, recherche).</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@! : L’argument des économies souvent avancé n’a-t-il pas de sens ?<br />
A.R. : Je ne sais pas où veut en venir, si ce n’est les arrières pensées, grosses comme le bras, du président de la République car les régions ou les départements sont à gauche… Les économies proposées alors que les élus départementaux et régionaux ne représentent qu’un pour cent des élus de France, ne sont qu’un prétexte<br />
A n’en pas douter, le contre pouvoir démocratique porté par nos collectivités sera amoindri. Comment ferons-nous pour aller, dès lors, dans tous les lieux où s’exprime la démocratie participative, où les élus doivent être présents ? Je ne cite que les conseils d’administration des collèges et des lycées. En diminuant le nombre, déjà faible, d’élus régionaux et départementaux, comment connaître au plus près les besoins de la population ? Cette réforme est une régression. Elle va à contre courant de l’évolution que tous les pays européens connaissent; c’est un mauvais coup porté à la démocratie, au développement, à la régénération du politique dans la vie d’une société.</em></p>
<h6 style="text-align: justify;"><em>Propos recueillis par Joël Aubert </em></h6></p>
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		<title>La Baffe européenne impose une recomposition française !</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Jun 2009 20:11:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
				<category><![CDATA[Au Premier Plan]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires Socialistes]]></category>
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		<description><![CDATA[Une victoire prévue, celle de l&#8217;UMP, une percée inattendue et deux échecs : les élections européennes ont tourné en France à l&#8217;avantage de la majorité présidentielle qui s&#8217;impose mais dans un score qui ne lui laisse pas de réservoirs de voix pour d&#8217;autres élections&#8230; Le Parti socialiste est laminé, soyons honnêtes, talonné même par Europe Ecologie, qui fait quasi jeu égal. Le chef de file des listes écologistes, Daniel Cohn-Bendit, réussit son pari avec 16%, reléguant à la quatrième place le Mouvement Démocrate (MoDem) de François Bayrou, qui ne sera pas parvenu à rééditer le scénario de la présidentielle de 2007 mais qu&#8217;il ne faudra surtout pas entérer dans ce qu&#8217;il peut incarner aux yeux de l&#8217;électorat comme adversaire de Nicolas Sarkozy. L&#8217;UMP et ses alliés du Nouveau Centre, de La Gauche moderne et des Progressistes offrent au chef de l&#8217;Etat une victoire en trompe l&#8217;oeil opportune à mi-mandat, alors que sa cote de popularité reste au plus bas, dans un contexte d&#8217;abstention record de près de 60%. Martine Aubry, qui était confrontée dimanche à son premier test électoral six mois après le congrès de Reims, va devoir davantage imposer son autorité à la tête du Parti socialiste et imposer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-619" title="baffe" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/06/baffe-300x230.jpg" alt="baffe" width="300" height="230" />Une victoire prévue, celle de l&#8217;UMP, une percée inattendue et deux échecs : les élections européennes ont tourné en France à l&#8217;avantage de la majorité présidentielle qui s&#8217;impose mais dans un score qui ne lui laisse pas de réservoirs de voix pour d&#8217;autres élections&#8230; Le Parti socialiste est laminé, soyons honnêtes, talonné même par Europe Ecologie, qui fait quasi jeu égal.</p>
<p style="text-align: justify;">Le chef de file des listes écologistes, Daniel Cohn-Bendit, réussit son pari avec 16%, reléguant à la quatrième place le Mouvement Démocrate (MoDem) de François Bayrou, qui ne sera pas parvenu à rééditer le scénario de la présidentielle de 2007 mais qu&#8217;il ne faudra surtout pas entérer dans ce qu&#8217;il peut incarner aux yeux de l&#8217;électorat comme adversaire de Nicolas Sarkozy.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;UMP et ses alliés du Nouveau Centre, de La Gauche moderne et des Progressistes offrent au chef de l&#8217;Etat une victoire en trompe l&#8217;oeil opportune à mi-mandat, alors que sa cote de popularité reste au plus bas, dans un contexte d&#8217;abstention record de près de 60%.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Martine Aubry, qui était confrontée dimanche à son premier test électoral six mois après le congrès de Reims, va devoir davantage imposer son autorité à la tête du Parti socialiste et imposer une cure de jouvence telle qu&#8217;elle devrait s&#8217;apparenter à une vraie révolution. Il faudra pour les socialistes tout envisager, changement de ton, changements de sujets, retour sur les valeurs essentielles, changement de mots, changement de communication, changement d&#8217;hommes et de femmes, partout, à tous les étages, écoute assidue des &laquo;&nbsp;poils à gratter&nbsp;&raquo; quels qu&#8217;ils soient, rajeunissement des générations de dirigeants et d&#8217;élus, limitation du cumul des mandats&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Soyons clairs, le PS doit changer tant de choses que l&#8217;on peut être sceptique sur sa volonté ou capacité à s&#8217;auto-réformer&#8230; J&#8217;ai entendu Arnaud Montebourg, qui semble lucide, cela en fait au moins un, attendons la suite.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
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<p style="text-align: justify;">Le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon et de Marie-George Buffet réussit son baptême électoral aux dépens du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d&#8217;Olivier Besancenot, qui lui aussi affrontait pour la première fois le verdict des urnes. Les électeurs d&#8217;une gauche qui aspire à gouverner peuvent être satisfaits de ce résultat là.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p>Nous avons du travail pour faire revenir les militants socialistes dans les réunions de sections, ouvrir les débats qui les intéressent et refonder une gauche de gouvernement.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>La lutte contre le coupage des vins s&#8217;intensifie</title>
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		<pubDate>Sun, 24 May 2009 10:30:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
				<category><![CDATA[Viticulture]]></category>
		<category><![CDATA[AREV]]></category>
		<category><![CDATA[communiqué]]></category>
		<category><![CDATA[coupage]]></category>
		<category><![CDATA[coupage de vins de table blancs et rouges]]></category>
		<category><![CDATA[europe]]></category>
		<category><![CDATA[rosé]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;Assemblée des régions européennes viticoles (AREV) dénonce vigoureusement, dans un communiqué sur son site, la suppression envisagée par la Commission européenne de l&#8217;interdiction du coupage de vins de table blancs et rouges pour « produire » du rosé. Elle y voit une dérive favorisant exclusivement une viticulture et une œnologie industrielle. Constitué de hauts représentants politiques et professionnels d&#8217;Allemagne, d&#8217;Autriche, d&#8217;Espagne, de France, de Géorgie, de Hongrie, d&#8217;Italie, du Luxembourg, de Roumanie et de Tchéquie, le Bureau International de l&#8217;AREV refuse à l&#8217;unanimité toute adaptation de l&#8217;étiquetage. Il demande instamment à la Commission de revenir sur sa décision lors de la réunion du Comité de gestion du 19 juin et de maintenir l&#8217;interdiction actuelle du coupage, avec sa seule exception pour le « vino tinto de mezcla » sur le territoire espagnol.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">L&#8217;Assemblée des régions européennes viticoles (AREV) dénonce vigoureusement, dans un communiqué sur son site, la suppression envisagée par la Commission européenne de l&#8217;interdiction du coupage de vins de table blancs et rouges pour « produire » du rosé.<br />
Elle y voit une dérive favorisant exclusivement une viticulture et une œnologie industrielle.
</p>
<p style="text-align: justify;">Constitué de hauts représentants politiques et professionnels d&#8217;Allemagne, d&#8217;Autriche, d&#8217;Espagne, de France, de Géorgie, de Hongrie, d&#8217;Italie, du Luxembourg, de Roumanie et de Tchéquie, le Bureau International de l&#8217;AREV refuse à l&#8217;unanimité toute adaptation de l&#8217;étiquetage. Il demande instamment à la Commission de revenir sur sa décision lors de la réunion du Comité de gestion du 19 juin et de maintenir l&#8217;interdiction actuelle du coupage, avec sa seule exception pour le « vino tinto de mezcla » sur le territoire espagnol.</p>
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		<title>L&#8217;homme qui fait peur et envie&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 21 May 2009 21:03:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il faut bien l&#8217;admettre, François Bayrou est sur toutes les lèvres, dans tous les stylos et ça n&#8217;est probablement pas près de s&#8217;arrêter. Il ne laisse personne indifférent à vrai dire, pas même moi. Il énerve les uns, séduit les autres, il inquiète par la place qu&#8217;il est en train de prendre sur l&#8217;échiquier politique. Il est incontournable, pour le moment&#8230; Pour ceux de mes lecteurs qui m&#8217;écrivent en me disant s&#8217;inquiéter que je ne parle pas des élections européennes, j&#8217;en glisserai un mot ce soir&#8230; François Bayrou s&#8217;est immiscé dans une campagne des élections européennes qui manque cruellement de débat et de souffle. Il a publié un livre en forme de réquisitoire contre le pouvoir actuel qui est remarquablement écrit (Abus de pouvoir), renouant ainsi avec une certaine tradition de &#171;&#160;lettres&#160;&#187; chez les prétendants au pouvoir suprême. Plus d&#8217;un socialiste aurait pu ou dû écrire un tel ouvrage. Cela aurait probablement fait une superbe opération de communication. Cela aurait fait aussi du bien aux bleus et à l&#8217;âme de biens des électeurs de droite ou de gauche, pour la plupart en souffrance même si c&#8217;est pour des raisons différentes. Il a indéniablement réussi à devenir, provisoirement ou durablement c&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-577" title="bayrou" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/05/bayrou-300x200.jpg" alt="bayrou" width="300" height="200" />Il faut bien l&#8217;admettre, François Bayrou est sur toutes les lèvres, dans tous les stylos et ça n&#8217;est probablement pas près de s&#8217;arrêter. Il ne laisse personne indifférent à vrai dire, pas même moi.</p>
<p style="text-align: justify;">Il énerve les uns, séduit les autres, il inquiète par la place qu&#8217;il est en train de prendre sur l&#8217;échiquier politique. Il est incontournable, pour le moment&#8230; Pour ceux de mes lecteurs qui m&#8217;écrivent en me disant s&#8217;inquiéter que je ne parle pas des élections européennes, j&#8217;en glisserai un mot ce soir&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">François Bayrou s&#8217;est immiscé dans une campagne des élections européennes qui manque cruellement de débat et de souffle. Il a publié un livre en forme de réquisitoire contre le pouvoir actuel qui est remarquablement écrit (Abus de pouvoir), renouant ainsi avec une certaine tradition de &laquo;&nbsp;lettres&nbsp;&raquo; chez les prétendants au pouvoir suprême. Plus d&#8217;un socialiste aurait pu ou dû écrire un tel ouvrage. Cela aurait probablement fait une superbe opération de communication. Cela aurait fait aussi du bien aux bleus et à l&#8217;âme de biens des électeurs de droite ou de gauche, pour la plupart en souffrance même si c&#8217;est pour des raisons différentes.<span id="more-520"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Il a indéniablement réussi à devenir, provisoirement ou durablement c&#8217;est là tout le débat, le plus farouche adversaire du président de la république actuel. D&#8217;une certaine façon, il n&#8217;a pas volé son succès. Mais en tant que socialiste, en tant qu&#8217;homme de gauche cela me met quelque peu en souffrance et cela me renvoie l&#8217;écho d&#8217;une souffrance immense qui est à l&#8217;œuvre dans le pays. Pour qu&#8217;un homme culturellement et politiquement de droite apparaisse comme l&#8217;adversaire le plus crédible d&#8217;un président d&#8217;ultra droite et qui a plongé la république en seulement deux ans dans une situation de brisure sociale probablement jamais vue et la république elle-même dans une situation de reniement total, c&#8217;est que l&#8217;heure est grave.</p>
<p style="text-align: justify;">Les idées de François Bayrou sont ce qu&#8217;elles sont mais convenons en tous, il prend une place, il utilise une dialectique, il prend une posture, il incarne une forme de résistance accomplie et habile que nous aimerions reconnaître chez plus d&#8217;un leader socialiste. Alors il ne me dupe pas, même si je reconnais plus d&#8217;une de ses qualités. Je ne lui vois à l&#8217;heure actuelle que peu de concurrents crédibles pour incarner à la fois le sens de l&#8217;État, la fibre sociale, une dimension internationale, une capacité à réconcilier les composantes de la société française, une capacité à porter des aspirations à priori contradictoires. A vrai dire, je ne vois qu&#8217;une seule personne à l&#8217;heure qu&#8217;il est, vous aurez deviné de qui je veux parler.</p>
<p style="text-align: justify;">Les adversaires de François Bayrou l&#8217;accusent de bien des maux mais qu&#8217;a-t-il fait, à part son boulot ? Le boulot des autres ? Peut-être, et il le fait bien ! Si il prend une place, c&#8217;est bien qu&#8217;elle est à prendre et je ne m&#8217;en réjouis pas. A nous, aux autres de la récupérer&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Daniel Cohn-Bendit,  dit de lui qu&#8217;il<em> &laquo;&nbsp;détourne la campagne pour sa course à l&#8217;Elysée&nbsp;&raquo;</em>, exact ! Martine Aubry lui reproche de ne pas avoir de programme, exact ! L&nbsp;&raquo;UMP stigmatise sa seule capacité <em>&laquo;&nbsp;de destruction&nbsp;&raquo;, </em>en partie exact<em> </em>! Pour tout le monde <span class="listLink">François Bayrou</span> est un danger car il est capable de gagner des voix dans tous les électorats.</p>
<p style="text-align: justify;">Un récent sondage donne 44% de personnes qui le voient devancer le ou la candidate socialiste lors de la prochaine élection présidentielle. Telles que les choses sont aujourd&#8217;hui, c&#8217;est très probable et je ne m&#8217;en satisfais pas. Les élections européennes viendront encore tirer une sonnette d&#8217;alarme mais je n&#8217;en dirai pas davantage pour m&#8217;éviter les foudres venues de partout. Je pense simplement que le PS peine donner un visage d&#8217;union, il peine à porter dans son discours l&#8217;imprégnation d&#8217;une colère sociale car la plus part des grands leaders sont trop éloignés de certaines réalités ou entourés de béni oui-oui, il ne sait allier une communication de terrain et simplifiée avec une communication médiatique vibrante comme les médias l&#8217;attendent. Forcément, l&#8217;alchimie ne peut pas se faire dans l&#8217;opinion. Mais d&#8217;autres le font. Attention car le traumatisme de 2002 n&#8217;est plus dans la tête des électeurs&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ces élections européennes, le PS surfe sur son &laquo;&nbsp;Manifeste&nbsp;&raquo; qui a été signé sans consultation militante et qui ne porte pas à mes yeux une ambition suffisante pour l&#8217;Europe. Il porte des listes qui ont été concoctées hors de tout processus pouvant susciter l&#8217;engouement et qui ont renoncé à représenter dignement la géographie française (l&#8217;exemple aquitain et girondin en est remarquable). Il a fait abstraction du référendum de 2005 et du suffrage populaire. Le résultat de ces ingrédients en est la déception générale même si bien peu peuvent le reconnaître ouvertement. Malgré cela, je ferai mon devoir le 7 juin.</p>
<p style="text-align: justify;">François Bayrou, lui, a ouvert le sillon de ses différences avec le pouvoir en place, il se pose en homme rassurant, il n&#8217;a même plus besoin d&#8217;annoncer un programme, il s&#8217;est placé fort judicieusement sur le terrain de la morale politique et républicaine, il manie des concepts qui rassemblent et qui sont actuellement malmenés ; il ne peut que continuer sa marche en avant.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;UMP s&#8217;inquiète aussi très fortement : face au Béarnais, Nicolas Sarkozy aurait bien du mal à trouver des réserves de voix pour un second tour. Effectivement, dans une telle configuration, on peut parier que Nicolas Sarkozy ne ferait pas un pli. Il faut dire qu&#8217;à trop vouloir jouer avec l&#8217;extrême gauche et en enfonçant le PS à outrance, il a en partie annihilé un clivage dont il pouvait en partie se nourrir. Il a directement renforcé François Bayrou, son adversaire le plus sérieux, à part&#8230; Laurent Fabius !</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le mal est fait et Nicolas Sarkozy aura bien du mal à tuer la &laquo;&nbsp;bête&nbsp;&raquo; qu&#8217;il a en partie créée. Et François Bayrou, devance les reproches tout en marquant une primauté de ton dans notre direction à nous, socialistes :  <em>&laquo;&nbsp;Nous considérons, non pas qu&#8217;il y a un droit d&#8217;opposition, mais qu&#8217;il y a un devoir d&#8217;opposition quand l&#8217;essentiel est en jeu. Je dis aux socialistes que s&#8217;ils ont renoncé à s&#8217;opposer sur l&#8217;essentiel de la politique gouvernementale, nous pas&nbsp;&raquo;</em>, a-t-il expliqué à ses militants le 17 mai, où il tenait une nouvelle convention sur le <em>&laquo;&nbsp;modèle européen&nbsp;&raquo;</em>. L&#8217;homme a visiblement réussi sa mue.</p>
<p style="text-align: justify;">Le président du MoDem refuse de distinguer le vote national du vote européen. <em>&laquo;&nbsp;Nous n&#8217;avons jamais voulu construire l&#8217;Europe pour effacer la France.&nbsp;&raquo;</em> Il appelle les électeurs à un double vote sanction : contre Nicolas Sarkozy et contre <span class="listLink">José Manuel</span> Barroso, le président en exercice de la Commission, qualifié de <em>&laquo;&nbsp;zombie&nbsp;&raquo;.</em> Martine Aubry avait elle tenté, sans succès, de mobiliser autour de ce double non.</p>
<p style="text-align: justify;">De quoi apporter de l&#8217;eau au moulin de ceux qui, au PS, veulent entrainer les militants vers le miroir aux alouettes d&#8217;une alliance. De quoi apporter aussi de l&#8217;eau au moulin de ceux qui, comme moi, veulent que le PS change de ton&#8230;</p>
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		<title>Le vin se met au vert</title>
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		<pubDate>Thu, 21 May 2009 12:41:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alors que la situation écologique se fait de plus en plus alarmante, l&#8217;industrie du vin s&#8217;engage elle aussi dans une voie plus respectueuse de l&#8217;environnement. C&#8217;est du moins le cas de Cellier du Languedoc Vins Distribution qui choisit de privilégier le rail pour un transport durable du vin. Cellier du Languedoc Vins Distribution (CLVD) s&#8217;engage à privilégier le transport durable en délaissant, &#171;&#160;dans la mesure du possible&#171;&#160; le réseau routier au profit du rail. L&#8217;entreprise a annoncé qu&#8217;elle allait désormais opter pour un &#160;&#187;transport combiné&#160;&#187; basé sur une unité de transport intermodal (UTI) dans laquelle la marchandise est transportée d&#8217;un endroit à un autre par le mode le plus approprié. Le parcours par la route doit être le plus court possible pour que le parcours principal se fasse par le rail. Un tel choix de transport permet de réduire les émissions de CO2 de 76 % à 70 % sur un trajet Avignon-Compiègne et renforce l&#8217;engagement écologique de CLVD qui a déjà réalisé son bilan carbone et soutient le WWF dans son programme &#171;&#160;pour la défense des forêts méditerranéennes de chêne liège, de leur écosystème, de leur faune et de toute l’économie qui en résulte&#171;&#160;. De son côté, la compagnie de transport maritime à voile, CTMV propose de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong class="gris"><img class="alignleft size-medium wp-image-566" title="train33" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/05/train33-300x205.jpg" alt="train33" width="300" height="205" />Alors que la situation écologique se fait de plus en plus alarmante, l&#8217;industrie du vin s&#8217;engage elle aussi dans une voie plus respectueuse de l&#8217;environnement. C&#8217;est du moins le cas de Cellier du Languedoc Vins Distribution qui choisit de privilégier le rail pour un transport durable du vin.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cellier du Languedoc Vins Distribution (CLVD) s&#8217;engage à privilégier le transport durable en délaissant, &laquo;&nbsp;<em>dans la mesure du possible</em>&laquo;&nbsp;<span style="font-size: x-small;"> </span>le réseau routier au profit du rail.</p>
<p>L&#8217;entreprise a annoncé qu&#8217;elle allait désormais opter pour un &nbsp;&raquo;transport combiné&nbsp;&raquo; basé sur une unité de transport intermodal (UTI) dans laquelle la marchandise est transportée d&#8217;un endroit à un autre par le mode le plus approprié. Le parcours par la route doit être le plus court possible pour que le parcours principal se fasse par le rail.</p>
<p>Un tel choix de transport permet de réduire les émissions de CO2 de 76 % à 70 % sur un trajet Avignon-Compiègne et renforce l&#8217;engagement écologique de CLVD qui a déjà réalisé son bilan carbone et soutient le WWF dans son programme &laquo;&nbsp;<em>pour la défense des forêts méditerranéennes de chêne liège, de leur écosystème, de leur faune et de toute l’économie qui en résulte</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>De son côté, la compagnie de transport maritime à voile, CTMV propose de transporter les vins du Languedoc vers les pays d&#8217;Europe du Nord au moyen de navires marchands à voiles depuis sa flotte située à Bordeaux. Seule l&#8217;énergie du vent serait alors utilisée tout au long du trajet.</p>
<h6 style="text-align: justify;"><em><a href="http://www.maxisciences.com" target="_blank">source Maxisciences</a></em></h6>
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		<title>Couper n&#8217;est pas Rosé !</title>
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		<pubDate>Tue, 19 May 2009 17:11:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Berceau du vin rosé en France, la Provence s&#8217;est lancée dans une croisade contre &#171;&#160;l&#8217;hérésie&#160;&#187; consistant à couper du vin blanc avec du vin rouge, technique à laquelle l&#8217;Union européenne s&#8217;apprête à donner son feu vert. Les viticulteurs du bordelais peuvent eux aussi s&#8217;inquiéter de ce projet de l&#8217;Union Européenne qui a valu une des plus belles volte-face du gouvernement français et de son ministre de l&#8217;agriculture Michel Barnier. En Provence, du petit producteur aux hommes politiques, tous partis confondus, la mobilisation est totale avant la décision finale des experts des Vingt-Sept sur ces nouvelles pratiques œnologiques, attendue le 19 juin à Bruxelles. En région bordelaise, on parle moins de cette affaire qui pourtant ne sera pas sans conséquence. Il est vrai que la fin de l&#8217;histoire ne devrait être connue qu&#8217;après les élections européennes, comme par hasard&#8230; En attendant Michel Barnier s&#8217;obstine à faire silence sur le sujet afin de ne pas trop subir le sujet dans sa campagne électorale. Comme d&#8217;habitude, ce seront les viticulteurs et les consommateurs qui feront les frais des turpitudes des décideurs nationaux et européens. Sur le fronton du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d&#8217;Azur (PACA), dirigé par Michel Vauzelle (PS), une immense banderole a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-526" title="grosplan-vin" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/05/grosplan-vin-300x199.jpg" alt="grosplan-vin" width="300" height="199" />Berceau du vin rosé en France, la Provence s&#8217;est lancée dans une croisade contre &laquo;&nbsp;l&#8217;hérésie&nbsp;&raquo; consistant à couper du vin blanc avec du vin rouge, technique à laquelle l&#8217;Union européenne s&#8217;apprête à donner son feu vert. Les viticulteurs du bordelais peuvent eux aussi s&#8217;inquiéter de ce projet de l&#8217;Union Européenne qui a valu une des plus belles volte-face du gouvernement français et de son ministre de l&#8217;agriculture Michel Barnier.</p>
<p style="text-align: justify;">En Provence, du petit producteur aux hommes politiques, tous partis confondus, la mobilisation est totale avant la décision finale des experts des Vingt-Sept sur ces nouvelles pratiques œnologiques, attendue le 19 juin à Bruxelles. En région bordelaise, on parle moins de cette affaire qui pourtant ne sera pas sans conséquence. Il est vrai que la fin de l&#8217;histoire ne devrait être connue qu&#8217;après les élections européennes, comme par hasard&#8230;<span id="more-538"></span></p>
<p style="text-align: justify;">En attendant Michel Barnier s&#8217;obstine à faire silence sur le sujet afin de ne pas trop subir le sujet dans sa campagne électorale. Comme d&#8217;habitude, ce seront les viticulteurs et les consommateurs qui feront les frais des turpitudes des décideurs nationaux et européens.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le fronton du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d&#8217;Azur (PACA), dirigé par Michel Vauzelle (PS), une immense banderole a été déployée pour la défense du terroir. Idem du côté du conseil de la communauté du pays d&#8217;Aix présidé par Maryse Joissains (UMP), qui regroupe 34 communes et qui a voté à l&#8217;unanimité le principe d&#8217;une plainte pour &laquo;&nbsp;contrefaçon&nbsp;&raquo; au cas où l&#8217;UE confirmait l&#8217;autorisation du coupage.</p>
<p style="text-align: justify;">La France par la voix de son ministre de l&#8217;Agriculture avait voté en faveur de cette autorisation du coupage le 27 janvier dernier lors d&#8217;un vote indicatif avant de changer son fusil d&#8217;épaule devant l&#8217;émotion suscitée chez nous par cette proposition. La décision a été reportée après les élections européennes du 7 juin pour ne pas &laquo;&nbsp;polluer&nbsp;&raquo; la campagne.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/05/bordeauxclairet.jpg" target="_blank"><img class="alignright size-medium wp-image-527" title="bordeauxclairet" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/05/bordeauxclairet-261x300.jpg" alt="bordeauxclairet" width="261" height="300" /></a>En France, le vin rosé s&#8217;obtient par un véritable procédé de vinification : une brève macération de la pulpe et de la peau de raisins rouges. Si les trois quarts de la production française viennent de Provence, d&#8217;autres région comme La Loire, la Corse, le Sud-Ouest en produisent également et le Bordelais n&#8217;est pas en reste avec son magnifique Clairet. En Gironde, Martine Faure, Députée, n&#8217;a pas tardé à s&#8217;occuper de ce sujet en interpellant le gouvernement (<a href="http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-45273QE.htm" target="_blank">question</a>).</p>
<p style="text-align: justify;">De son côté, le vin  de coupage que l&#8217;on appellerait aussi &laquo;&nbsp;rosé&nbsp;&raquo; serait issu du mélange de 98% de vin blanc et 2% de vin rouge, pratique aujourd&#8217;hui utilisée en Afrique du Sud, aux Etats-Unis ou en Australie.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre pays s&#8217;est arrangé les soutiens tardifs de la Hongrie et de la Grèce, mais semble isolé dans son combat contre le &laquo;&nbsp;rosé coupé&nbsp;&raquo; et, même si elle entend se battre, le combat paraît perdu d&#8217;avance&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Comme lot de consolation, nous devrions avoir le droit d&#8217;étiqueter nos flacons &laquo;&nbsp;vin rosé traditionnel&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;vin rosé véritable&nbsp;&raquo;. Devons-nous nous satisfaire de cela ? Clairement non, l&#8217;essentiel des consommateurs ne connait pas grand chose aux procédés de vinification et à la culture du vin. Si on en reste là, qui se souviendra dans 5 ans de cet épisode et fera la différence entre les rosés traditionnels et les rosés frelatés ?</p>
<p style="text-align: justify;">Même si la couleur du vin coupé se rapprochera &laquo;&nbsp;de très près&nbsp;&raquo; de celle des vins traditionnels, &laquo;&nbsp;nous n&#8217;aurons pas les arômes spécifiques du rosé qui sont obtenus par des cépages noirs et par une vinification particulière&nbsp;&raquo;, assure Gilles Masson, directeur du centre de recherches et d&#8217;expérimentation sur le rosé, le seul au monde à être consacré au breuvage. Il s&#8217;agira tout simplement &laquo;&nbsp;d&#8217;un vin colorié&nbsp;&raquo;, dit-il.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;objectif officiel recherché par la Commission européenne, à l&#8217;origine de la proposition, est de permettre aux viticulteurs européens de concurrencer l&#8217;Afrique du Sud, l&#8217;Australie ou encore le Chili sur les marchés d&#8217;exportation, comme en Asie.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut évidemment redouter des conséquences graves pour la filière et la dénaturation de l&#8217;image des vins rosés avec un déséquilibre du marché, une perte de confiance du consommateur encore une fois abusé alors que l&#8217;on peut parfaitement concurrencer le rosé de coupage en faisant de la qualité. On n&#8217;est pas obligé de céder au lobby du négoce pour cela.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut évidemment penser que ce projet fumeux n&#8217;est qu&#8217;un paravent pour permettre à certains opérateurs de profiter de la montée du rosé pour caser certains stocks de vin blanc difficilement vendables&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Le 26 mai à Bruxelles, les viticulteurs français tiendront une conférence de presse commune avec leurs homologues espagnols, italiens, allemands et suisses. La bataille s&#8217;est organisée sur internet. Sur le site <a href="http://www.coupernestpasrose.com" target="_blank">www.coupernestpasrose.com</a> une pétition a déjà recueilli  30 000 signatures.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le plan économique, l&#8217;enjeu est de taille car le marché du vin rosé est en pleine expansion à l&#8217;inverse des vins rouges et blancs qui se vendent plus difficilement. la première victime sera assurément la Provence dont le vignoble représente 12% du vignoble français. La région consacre 85% de sa production au rosé, qui pèse 10% de la production mondiale. Michel Vauzelle, président de la région PACA, parle même d&#8217;un &laquo;&nbsp;séisme&nbsp;&raquo; à venir à cause de cette &laquo;&nbsp;hérésie&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Une chose est certaine, des milliers d&#8217;emplois sont en jeu (entre 6 000 et 25 000) ! Les choses pressent car si les nouvelles règles européennes devaient être adoptées, elles seraient appliquées dès le 1er août 2009.</p>
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		<title>Hadopi ou pas, l&#8217;Europe refuse l&#8217;atteinte aux libertés</title>
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		<pubDate>Wed, 06 May 2009 19:44:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ainsi donc, avant même que le débat sur la loi Hadopi que souhaite faire passer en force le gouvernement soit clos, le bébé est mort-né ! Le rejet du projet de loi Hadopi le 9 avril, faute de députés UMP en nombre suffisant dans l’hémicycle pour contrer l’opposition, a marqué le début d&#8217;hostilités qui vont laisser des traces dans tous les camps. Il y aura les blessés, les braves morts au champ d&#8217;honneur, les insoumis, les déserteurs et un grand perdant : &#171;&#160;un grand projet de loi création artistique et internet&#160;&#187; qui aurait pu faire l&#8217;objet d&#8217;un consensus national si la droite n&#8217;avait pas cédé dès le départ aux forces des lobbies des majors, des grands artistes pleins aux as et de la culture du bling-bling. Jean-François Copé a tenté une contre-attaque fulgurante, teintée de provocations en proposant l&#8217;exception d’irrecevabilité du texte présenté par les parlementaires socialistes contre le bouclier fiscal. Et il paraît que la droite a le désir sincère de revaloriser le rôle du parlement de la très monarchique 5ème république (en minuscule c&#8217;est normal)&#8230; Suspension de séance puis retrait de la motion Copé ! On passe sur l&#8217;atmosphère plus que houleuse et les colibés. Pourtant le sujet mériterait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div><object width="480" height="381" data="http://www.dailymotion.com/swf/x97etm_amendment-13846-adopted-again-a-vic_news&amp;related=1" type="application/x-shockwave-flash"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/x97etm_amendment-13846-adopted-again-a-vic_news&amp;related=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /></object></div>
<div style="text-align: justify;">Ainsi donc, avant même que le débat sur la loi Hadopi que souhaite faire passer en force le gouvernement soit clos, le bébé est mort-né !</div>
<div style="text-align: justify;">Le rejet du projet de loi Hadopi le 9 avril, faute de députés UMP en nombre suffisant dans l’hémicycle pour contrer l’opposition, a marqué le début d&#8217;hostilités qui vont laisser des traces dans tous les camps. Il y aura les blessés, les braves morts au champ d&#8217;honneur, les insoumis, les déserteurs et un grand perdant : &laquo;&nbsp;un grand projet de loi création artistique et internet&nbsp;&raquo; qui aurait pu faire l&#8217;objet d&#8217;un consensus national si la droite n&#8217;avait pas cédé dès le départ aux forces des lobbies des majors, des grands artistes pleins aux as et de la culture du bling-bling.<span id="more-462"></span></div>
<div style="text-align: justify;">Jean-François Copé a tenté une contre-attaque fulgurante, teintée de provocations en proposant l&#8217;exception d’irrecevabilité du texte présenté par les parlementaires socialistes contre le bouclier fiscal. Et il paraît que la droite a le désir sincère de revaloriser le rôle du parlement de la très monarchique 5ème république (en minuscule c&#8217;est normal)&#8230; Suspension de séance puis retrait de la motion Copé ! On passe sur l&#8217;atmosphère plus que houleuse et les colibés.</div>
<div style="text-align: justify;">Pourtant le sujet mériterait mieux que le débat misérable que propose ou qu&#8217;impose la droite, alliée de fait aux &laquo;&nbsp;grands artistes blindés&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;bling-bling&nbsp;&raquo;, qui n&#8217;ont soif de rien sauf de garder leurs privilèges et leurs tirelires pleines.</div>
<div style="text-align: justify;">L&#8217;enjeu est grand, la culture à l&#8217;aire du numérique, la possibilité de voir préserver les droits des artistes, des créateurs, l&#8217;assurance de leur offrir la possibilité de vivre de leur pratique. On pourrait s&#8217;arrêter là et tous les artistes du bling-bling seraient contents&#8230; mais il aurait fallu aller au-delà et le gouvernement ne l&#8217;a pas fait. Il a voulu préserver les machines à sous sans se soucier de tous ceux qui peuvent et doivent émerger. Oui, en contre partie de comptes en banques bien remplis, les &laquo;&nbsp;grands&nbsp;&raquo; pourraient aller au-delà de leur nombril pour permettre aux entrants, aux petits, de se faire connaître, d&#8217;avoir les moyens de créer et d&#8217;être à leur tour découverts. Mais ils vous diront qu&#8217;ils pensent aux autres, que c&#8217;est grâce au fait qu&#8217;ils sont &laquo;&nbsp;banquable&nbsp;&raquo; que les maisons de disques peuvent produire de nouveaux talents, et patati et patata&#8230;</div>
<div style="text-align: justify;">La culture, la création, ce n&#8217;est pas seulement cela, enfin pour moi petit bouseux de province ! La création et la culture, c&#8217;est évidemment la musique mais c&#8217;est la peinture, l&#8217;écriture, la sculpture et de multiples autres pratiques créatives auxquelles on se doit de permettre qu&#8217;elles puissent avoir droit de cité, droit de vivre dignement de son art, droit d&#8217;être diffusé, droit d&#8217;être valorisé et protégé. Bref, le vaste chantier de la culture pouvait être ouvert et traité avec un esprit progressiste qui donne sa place à chacun.</div>
<div style="text-align: justify;">La droite a choisi une autre voie, celle de la protection des nantis, celle de la reproduction des consanguinités sociales élitistes, celle de la sanction des petits citoyens qui ne peuvent pas payer leur loyer et à qui on voudrait imposer d&#8217;acheter des disques. Allons donc, il serait temps de revenir aux réalités ! Je connais des personnes qui téléchargent et qui adoreraient acheter des disques, qui le faisaient autrefois d&#8217;ailleurs&#8230; Allez donc dans une grande enseigne pour acheter un CD qui sort. Vous en prendrez au minimum pour 19-20 euros. Le prix du CD dans l&#8217;aspect industriel est autour de 1€ et moins, cela laisse des marges substantielles pour l&#8217;industrie du disque, les auteurs, etc. Si dans ce joli monde il y avait des gens moins gourmands,  il se vendrait plus de disques&#8230; La totalité des sommes perçues par la Sacem, compositeurs et éditeurs de musique, est stable en 2007, alors que l’industrie de la musique parle de baisse à deux chiffres des ventes! Mais on ne vous dira pas que la part de la vente directe (CD, DVD, etc.) sur l’ensemble des droits perçus par les auteurs est inférieure à 20% du total des recettes !!! La baisse de ce secteur est compensée par la hausse d’autres sources de revenus issus de financements mutualisés (radio, télé…). Ainsi, la taxe sur la copie privée, perçue sur les ventes de supports de stockage: disques durs, CD gravables, existe bel et bien et rapporte des sommes astronomiques&#8230;</div>
<div style="text-align: justify;">Alors Internet et Création me direz-vous ? Oui, légiférons, autrement, mettons autour d&#8217;une table tous les acteurs de la culture, les acteurs du numérique et de l&#8217;internet, les professionnels de la production de spectacles et donnons un an pour parvenir à un accord. Que l&#8217;on ne me fasse pas croire que c&#8217;est insurmontable&#8230;</div>
<div style="text-align: justify;">A avoir pris le sujet par le petit bout de la lorgnette, tout le monde est perdant : les artistes, le gouvernement, les partis politiques, les internautes, tout le monde.</div>
<div style="text-align: justify;">La contribution créative, portée par les députés socialistes et vite rejetée par la ministre de la Culture est issue du travail du chercheur Philippe Aigrain. Il s’agit d’autoriser le partage de fichiers sur Internet dans un cadre non commercial tout en mettant en place un financement mutualisé afin d’assurer la rémunération des auteurs. Le montant se situerait entre 2 et 7 euros par mois et par foyer abonné au haut débit, pour un montant situé aux alentours de 700 millions d’euros par an. La moitié de cette somme irait aux auteurs et aux interprètes. L’autre servirait à un fonds de soutien à la création, et oui ! Le tout permettrait de couvrir pratiquement l’intégralité des droits issus de la consommation privée, pour la musique, le cinéma et même l’édition&#8230; Sauf que ce système suppose la remise en cause de privilèges de &laquo;&nbsp;gens établis&nbsp;&raquo;, il faut le dire et que tout le monde doit se mettre autour d&#8217;une table, les artistes nantis et les majors devraient faire des concessions, et ça ils ne veulent pas&#8230; Alors Monsieur Jack Lang, on sait où vous en êtes&#8230; Vous avez bien oublié les intermittents, l’éducation artistique, les baisses des crédits à la culture… la soupe est trop bonne pour vous, depuis trop longtemps. Les Juliette Gréco, Maxime Le Forestier, Pierre Arditi et Michel Piccoli ont beau jeu de donner à leur tour des leçons de morale ou de gauche aux parti socialiste, ils sont le reflet d&#8217;une lutte déjà dépassée des nantis pour la préservation de leurs privilèges, je les préfère à l&#8217;UMP ! En tout cas, ma gauche à moi ne leur ressemble pas ou plus&#8230;</div>
<div style="text-align: justify;">La loi hadopi est donc bien une loi liberticide, ennemie de la création et de la diffusion culturelle. Elle porte en elle les substrats d&#8217;une régression grave puisqu&#8217;elle entérine des sanctions à l&#8217;encontre des internautes sans en passer par une décision de justice et sans procédure contradictoire possible, du Sarkozy dans le texte. D&#8217;ailleurs, Aurélie Filippetti confirme l’argument : <em>«Au-delà de la question de la rémunération, il y a une question de droit fondamental. Et c’est être profondément de gauche que de dire qu’on ne peut accepter l’intervention d’une autorité administrative pour supprimer un abonnement Internet.»</em> Ce qui va sans dire va donc mieux en le disant !</div>
<div style="text-align: justify;">Alors ne nous emballons pas, direz-vous, le Parlement Européen a réglé la question (voir vidéo), paraît-il ? Espérons&#8230;</div>
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		<title>Le traité de Lisbonne bloqué par la Belgique ?</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Jan 2009 22:27:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
				<category><![CDATA[Au Premier Plan]]></category>
		<category><![CDATA[belgique]]></category>
		<category><![CDATA[blocage]]></category>
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		<description><![CDATA[Comme l&#8217;Histoire est ironique parfois&#8230; La Belgique, pays d&#8217;accueil des principales institutions européennes, n&#8217;aurait toujours pas pu déposer à Rome la totalité de ses instruments de ratification du traité de Lisbonne, le paraphe royal faisant défaut. Fédération de peuples différents, le pays est au bord de la scission et ses différents parlements n&#8217;auraient en réalité pas encore réussi à trouver un accord en faveur de cette ratification. Cinq citoyens belges ont donc saisi la Cour constitutionnelle à ce sujet. Au total et contrairement aux discours officiels, outre l&#8217;Irlande qui a dit &#171;&#160;non&#160;&#187; &#8211; il faut dire que c&#8217;est le seul pays dont le peuple a été interrogé &#8211; pas moins de cinq autres Etats membres éprouveraient de sérieuses difficultés pour achever le processus de ratification.Le traité de Lisbonne qui a manifestement un caractère constitutionnel peut-il être ratifié par un parlement ? Ne bouleverse-t-il pas la l&#8217;ordre constitutionnel de la Belgique? Est-ce que la procédure belge de ratification a été exécutée correctement et complètement ? La tenue d&#8217;un référendum de ratification en Irlande ne place-t-il pas les citoyens belges en situation discriminatoire vis à vis des citoyens irlandais ? Est-ce que les exemptions au traité obtenues par certains pays ne constituent pas une rupture [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a title="Etat des ratifications du traité de Lisbonne par les Vingt-sept au 6 janvier 2009. (Carte à utiliser avec précaution : les situations de la Belgique et de la Finlande restent à clarifier juridiquement)" rel="http://www.observatoiredeleurope.com/photo/grande-1172505-1513647.jpg?ibox"><img class="alignleft" title="Etat des ratifications du traité de Lisbonne par les Vingt-sept au 6 janvier 2009. (Carte à utiliser avec précaution : les situations de la Belgique et de la Finlande restent à clarifier juridiquement)" src="http://www.observatoiredeleurope.com/photo/1172505-1513647.jpg?v=1231418655" alt="Etat des ratifications du traité de Lisbonne par les Vingt-sept au 6 janvier 2009. (Carte à utiliser avec précaution : les situations de la Belgique et de la Finlande restent à clarifier juridiquement)" width="241" height="252" /></a><em><strong>Comme l&#8217;Histoire est ironique parfois&#8230; La Belgique, pays d&#8217;accueil des principales institutions européennes, n&#8217;aurait toujours pas pu déposer à Rome la totalité de ses instruments de ratification du traité de Lisbonne, le paraphe royal faisant défaut. Fédération de peuples différents, le pays est au bord de la scission et ses différents parlements n&#8217;auraient en réalité pas encore réussi à trouver un accord en faveur de cette ratification. Cinq citoyens belges ont donc saisi la Co</strong></em><em><strong>ur constitutionnelle à ce sujet. Au total et contrairement aux discours officiels, outre l&#8217;Irlande qui a dit &laquo;&nbsp;non&nbsp;&raquo; &#8211; il faut dire que c&#8217;est le seul pays dont le peuple a été interrogé &#8211; pas moins de cinq autres Etats membres éprouveraient de sérieuses difficultés pour achever le processus de ratification.</strong></em><span id="more-85"></span>Le traité de Lisbonne qui a manifestement un caractère constitutionnel peut-il être ratifié par un parlement ? Ne bouleverse-t-il pas la l&#8217;ordre constitutionnel de la Belgique? Est-ce que la procédure belge de ratification a été exécutée correctement et complètement ? La tenue d&#8217;un référendum de ratification en Irlande ne place-t-il pas les citoyens belges en situation discriminatoire vis à vis des citoyens irlandais ? Est-ce que les exemptions au traité obtenues par certains pays ne constituent pas une rupture d&#8217;égalité ?</p>
<p>Telles sont les questions de droit que viennent d&#8217;adresser cinq citoyens belges à la Cour constitutionnelle de Belgique.</p>
<p style="text-align: justify;">Si la saisine directe du Conseil constitutionnel par un particulier est interdite en France, elle est en effet possible chez nos voisins belges, quelque soit la nationalité du plaignant. La saisine de la Cour constitutionnelle de Belgique est ouverte aux personnes physiques ou morales tant de droit privé que de droit public, de nationalité belge ou étrangère qui peuvent « justifier d’un intérêt » à agir. C&#8217;est là où l&#8217;orientation de la saisine doit être habile : elles doivent démontrer, dans leur requête à la Cour, qu’elles sont susceptibles d’être affectées personnellement, directement et défavorablement par la norme attaquée. Cette dernière peut annuler entièrement ou partiellement, ou seulement suspendre des lois, décrets et ordonnances.</p>
<p style="text-align: justify;">Cinq plaignants &#8211; Jef Sleeckx, Frans Van Ryhovelaan, Raf Verbeke, Pascal Debruyne, et Frans Leens &#8211; ont donc déposé le 10 décembre dernier un recours (enregistré sous le numéro 4572) en annulation du décret flamand du 10 octobre 2008 « <em>portant assentiment au Traité de Lisbonne modifiant le Traité sur l’Union européenne et le Traité instituant la Communauté européenne, et l’Acte final, signé à Lisbonne le 13 décembre 2007 </em>».</p>
<p style="text-align: justify;">En Belgique, la signature royale portant officiellement ratification du traité de Lisbonne n&#8217;aurait toujours pas été aposée, plus de six mois après le vote du parlement régional le 10 juillet dernier. Il faut dire que le système institutionnel est à l&#8217;image du pays : complexe. Le processus de ratification du traité exige un accord entre le parlement fédéral et les parlements régionaux. Or, cette importante décision n&#8217;a pu être prise par le Parlement fédéral du fait des tensions entre flamands et francophones, partis politiques du nord et partis du sud du pays. La Belgique, <a href="http://www.observatoiredeleurope.com/La-crise-politique-belge-et-le-droit-international_a1007.html" target="_blank">on le sait</a>, vit la plus grave crise de régime de son histoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Il en résulte que cet Etat n&#8217;a pu déposer à Rome la totalité des instruments de ratification conformément à l&#8217;article 6 dudit traité : &laquo;&nbsp;<em>le présent traité est ratifié par les Hautes Parties Contractantes, conformément à leurs règles constitutionnelles respectives. Les instruments de ratification sont déposés auprès du gouvernement de la République italienne</em>.&nbsp;&raquo; Il y manquerait la publication au &laquo;&nbsp;Moniteur &nbsp;&raquo; belge (journal officiel). A la place, figurerait un document constituant une déclaration de l&#8217;Etat belge manifestant seulement son intention de procéder à cette ratification.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien que tous les sites web officiels de l&#8217;UE indiquent que seule l&#8217;Irlande n&#8217;a à ce jour pas (encore) ratifié, la Belgique devrait, si ces informations sont exactes, être ajoutée à la liste des pays qui rencontrent toujours de sérieux problèmes de ratification, à l&#8217;instar de l&#8217;Allemagne, la Pologne, la République tchèque et la situation juridique est à clarifier en Finlande. Tant que tous les Etats membres de l&#8217;Union n&#8217;auront pas déposé leurs instruments de ratification, le traité de Lisbonne ne pourra évidemment pas entrer en vigueur.</p>
<p><em>Voir les sites du Collectif auteur de la saisine constitutionnelle :<br />
<a href="http://www.observatoiredeleurope.com/www.notremotadire.be" target="_blank">www.notremotadire.be</a> et <a href="http://www.observatoiredeleurope.com/www.onzezeg.be" target="_blank">www.onzezeg.be </a><br />
Voir aussi :<br />
<a href="http://englandexpects.blogspot.com/" target="_blank">http://englandexpects.blogspot.com/</a><br />
<a href="http://brugeseurope.typepad.com/" target="_blank">http://brugeseurope.typepad.com/</a></em></p>
<h6><em>Source : <a href="http://www.observatoiredeleurope.com/www.observatoiredeleurope.com%C2%A0" target="_blank">Observatoire de l&#8217;Europe</a></em></h6>
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