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	<title>Yannick Serrano &#187; France</title>
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		<title>RETRAITES : POURQUOI LES JEUNES ONT RAISON DE MANIFESTER</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Oct 2010 19:11:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les jeunes générations ont rejoint le cortège des manifestations. Elles ont raison. Parce qu’elles font partie des victimes de la réforme des retraites. Mais surtout parce qu’elles constituent la variable d’ajustement systématique de politiques publiques qui protègent les insérés de la société et font peser, depuis trente ans, le coût de la crise sur les entrants. La société maltraite ses enfants: un effort éducatif en baisse, pas d&#8217;emploi, pas de logement, moins d&#8217;aide sociale, plus d&#8217;impôts et pour seul cadeau, la dette. Depuis la rentrée de septembre, les jeunes générations ont rejoint le cortège des manifestations. Mardi 26 octobre marque une étape nouvelle dans la sociologie du conflit : les jeunes seront seuls en scène, à l’appel de l’Unef et de Sud-Etudiants. La majorité feint de s’étonner de leur présence dans la rue. Ils ont pourtant toutes les raisons du monde de manifester. 1 &#8211; LES JEUNES, VICTIMES DE LA REFORME DES RETRAITES On en discute beaucoup : le recul de l’âge de départ à la retraite des séniors va-t-il aggraver le chômage des jeunes ? Le marché du travail en France est dégradé. Il s’est adapté à la crise en excluant du travail ses deux extrémités générationnelles, les jeunes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Les jeunes générations ont rejoint le cortège des manifestations. Elles ont raison. Parce qu’elles font partie des victimes de la réforme des retraites. Mais surtout parce qu’elles constituent la variable d’ajustement systématique de politiques publiques qui protègent les insérés de la société et font peser, depuis trente ans, le coût de la crise sur les entrants. La société maltraite ses enfants: un effort éducatif en baisse, pas d&#8217;emploi, pas de logement, moins d&#8217;aide sociale, plus d&#8217;impôts et pour seul cadeau, la dette.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Depuis la rentrée de septembre, les jeunes générations ont rejoint le cortège des manifestations. Mardi 26 octobre marque une étape nouvelle dans la sociologie du conflit : les jeunes seront seuls en scène, à l’appel de l’Unef et de Sud-Etudiants.</p>
<p style="text-align: justify;">La majorité feint de s’étonner de leur présence dans la rue. Ils ont pourtant toutes les raisons du monde de manifester.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://www.referencement-blog.net/images/2007.04/referencement-arnaque.jpg" alt="http://www.referencement-blog.net/images/2007.04/referencement-arnaque.jpg" /><span style="text-decoration: underline;"><strong>1 &#8211; LES JEUNES, VICTIMES DE LA REFORME DES RETRAITES</strong></span></p>
<p>On en discute beaucoup : le recul de l’âge de départ à la retraite des séniors va-t-il aggraver le chômage des jeunes ?<br />
Le marché du travail en France est dégradé. Il s’est adapté à la crise en excluant du travail ses deux extrémités générationnelles, les jeunes et les séniors. Le taux d’emploi des jeunes (moins de 25 ans) est de 31%, celui des séniors (plus de 55 ans) de 38%, des taux parmi les plus bas d’Europe. En l’absence d’une politique volontariste d’amélioration du marché du travail, le recul de l’âge de départ à la retraite va accroître le chômage.</p>
<p style="text-align: justify;">Le chômage des séniors, bien sur. Les deux-tiers des Français sont au chômage lorsqu’ils liquident leur retraite. C’est ce qui explique la grande différence dans le secteur privé entre l’âge de cessation d’activité, 58 ans, et l’âge de liquidation de la retraite, 61.6 ans. Statistiquement, pour ces Français, le maintien plus longtemps en activité signifie maintien au chômage : la réforme transforme de « jeunes retraités » en « vieux chômeurs ».</p>
<p style="text-align: justify;">Mais également le chômage des jeunes. Certes, il n’y a pas de lien direct : on ne remplace pas poste pour poste un tourneur fraiseur qui part à la retraite par un jeune diplômé sorti de l’université. Mais les liens existent. Des liens mécaniques dans certains secteurs, comme dans l’administration : avec la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, l’embauche d’un jeune est conditionnée par le départ de deux séniors. Ou dans le milieu médical : le numerus clausus impose que toute entrée soit gagée sur une sortie. Des liens plus diffus sinon : les contraintes de masse salariale en entreprise font que les embauches sont globalement conditionnées aux départs.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce débat a été particulièrement mal posé. Si la question est « l’amélioration de l’emploi des séniors entraîne-t-elle la dégradation de l’emploi des jeunes ? », alors la réponse est non. Tous les économistes le disent : ils vont de pair. Dans un marché du travail dégradé, les deux souffrent. Dans un marché du travail sain, les deux s’intègrent bien. Mais la question est différente : la réforme des retraites va-t-elle aggraver le chômage des jeunes ? La réponse est oui. Avec la réforme, le chômage des jeunes, comme celui des séniors, va augmenter.</p>
<p style="text-align: justify;">On discute beaucoup de l’impact de la réforme sur le chômage des jeunes. Mais bizarrement, on discute beaucoup moins du vrai point central : qui va payer la réforme des retraites ?</p>
<p style="text-align: justify;">La gauche et les syndicats l’ont martelé, et ils ont raison : ce sont les salariés modestes. La réforme est marquée du sceau de l’injustice sociale.</p>
<p>Mais – on ne l’a pas entendu – elle est aussi injuste pour les jeunes générations. Elles vont payer trois fois.  Elles vont cotiser plus, avec le recul de l’âge légal. Un recul qui ne prendra sa pleine mesure qu’à partir de 2018, donc pour les moins de 50 ans d’aujourd’hui. Elles vont percevoir des retraites plus faibles. Du fait de la montée en puissance des réformes Fillon et Balladur, qui s’étalent jusqu’en 2020. Mais aussi du fait de leurs difficultés croissantes à valider leurs trimestres de cotisations. La durée d’assurance validée à 30 ans n’a cessé de décroître par génération depuis la génération 1950. Pour cette dernière, la durée validée était de 40 trimestres en moyenne, alors que, pour la génération 1974, elle n’est plus que de 31 trimestres. Une partie est due à l’allongement des études, et c’est une bonne chose. Mais plus de la moitié (5 trimestres sur 9) est due aux difficultés d’insertion des jeunes en France.</p>
<p style="text-align: justify;">Cerise sur le gâteau, les jeunes générations sont spoliées du bénéfice du Fonds de réserve des retraites qui leur était destiné. Le Fonds a été créé pour assurer un lissage intergénérationnel et soulager les générations d’actifs entre 2020 et 2040 : il s’agit des jeunes d’aujourd’hui, des générations « creuses » qui devront financer les retraites des « papy boomers ». Le Fonds devait être décaissé à partir de 2020, afin de limiter les hausses de cotisations sur ces générations. Le gouvernement a décidé de siphonner les 34 milliards d’euros pour assurer le bouclage financier à court terme : on prend ainsi aux actifs de demain pour donner aux retraités d’aujourd’hui…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>2 &#8211; LES JEUNES, PREMIERES VICTIMES DES POLITIQUES PUBLIQUES </strong></span></p>
<p>Par son injustice contre les jeunes, la réforme des retraites est un ferment de tensions entre les générations. Il s’agirait d’un épiphénomène si cette injustice entre générations était un cas isolé. Elle est au contraire une nouvelle manifestation de notre préférence absolue pour le présent : la France a renoncé à investir dans l’avenir, elle sacrifie les générations futures au profit des générations actuelles. Toutes les politiques publiques en témoignent.</p>
<p style="text-align: justify;">Première politique en cause : l’éducation. L’effort éducatif de la Nation diminue : 6.5% du PIB en 2010, contre 7.5% il y a dix ans &#8211; une baisse de près de 15% ! Alors qu’on trouve 40 milliards d’euros pour financer les retraites, on en supprime 20 sur le budget éducatif. C’est un choix politique lourd : le choix du passé contre l’avenir.</p>
<p style="text-align: justify;">Au cœur de ce désastre : l’enseignement supérieur. Nous y investissons peu : 1.5% de notre richesse nationale, deux fois moins qu’aux Etats-Unis, trois fois moins que dans les pays les plus avancés. Nous n’avons toujours pas démocratisé notre enseignement supérieur : à peine 35% d’une classe d’âge sort diplômée de l’enseignement supérieur en France. Notre malthusianisme élitiste (« tout le monde ne peut pas faire polytechnique ») est contredit par les pays les plus avancés : plus de 50% d’une génération est diplômée de l’université aux Etats-Unis, 80% dans les pays nordiques, en Corée du Sud, au Japon. Notre système éducatif, centré sur le lycée, continue à former les emplois d’hier, les contremaîtres de l’usine de l’après-guerre. Il ne forme pas les emplois de demain, ceux  de l’économie de la connaissance : les ingénieurs, les cadres, les techniciens supérieurs. Mais aussi les emplois de service de demain : ce n’est pas la même chose de faire garder son enfant par une nounou sans qualification que de le faire éduquer par une puéricultrice avec trois ans de formation spécialisée.</p>
<p style="text-align: justify;">Deuxième politique en cause, la politique de l’emploi : elle a pris les moins de trente ans comme variable d’ajustement. Face à la crise, on a protégé ceux qui avaient un emploi, les insiders : la probabilité de perdre un CDI est de 1% par an en moyenne depuis 1980, 2% lors de la Grande Crise de 20081.</p>
<p style="text-align: justify;">Résultat, on a sacrifié les flux d’entrants, les jeunes. C’est ce qui explique un taux de chômage des jeunes exceptionnellement élevé : 25%. Le chômage de masse est avant tout un chômage de jeunes.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://www.timrubber.com/wp-content/uploads/arnaque-stagiaire.jpg" alt="http://www.timrubber.com/wp-content/uploads/arnaque-stagiaire.jpg" />Ceux qui ont un emploi n’ont pas un emploi stable. La précarisation est la norme avant trente ans, à travers l’intérim, les CDD et les stages. 80% des entrées en emploi se font en CDD : les CDD sont utilisés par les entreprises à la fois comme « super-périodes d’essai » et surtout comme volant flexible de la masse salariale, pour pouvoir réduire la voilure en cas de difficultés. C’est pourquoi le chômage des jeunes a bondi avec la récession de 2008.</p>
<p style="text-align: justify;">Les stages (1 million par an) ont été détournés de leur objectif. Ils doivent normalement permettre la découverte de l’entreprise. Ils sont aujourd’hui utilisés pour remplacer des postes de travail à part entière. Les stages constituent le premier emploi « au rabais » des jeunes. C’est vrai à tous les niveaux : même dans les grandes écoles, la scolarité était avant de trois ans et la quatrième année constituait l’année du premier emploi payé ; aujourd’hui elle est de quatre ans dont une année de stage sous-payé. Le mouvement Génération Précaire a obtenu l’obligation d’une rémunération minimum des stages (un tiers du SMIC pour tout stage de deux mois ou plus), mais le déclassement demeure bien réel.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, les jeunes sont de plus en plus mal payés. Leur salaire relatif a plongé depuis trente ans. En moyenne, en 1975, les salariés de 50 ans gagnaient 15% de plus que les salariés de 30 ans ; l’écart a aujourd’hui presque triplé, à plus de 40%.</p>
<p style="text-align: justify;">Troisième témoignage : la politique du logement a évincé les jeunes. L’immobilier a été capté par les générations âgées. 76% des retraités sont propriétaires de leur logement. Le déficit d’offre pèse donc mécaniquement sur les nouveaux entrants. Par rapport à 1984, les jeunes d’aujourd’hui doivent travailler deux fois plus longtemps pour acheter ou louer la même surface dans le même quartier.</p>
<p style="text-align: justify;">Quatrième élément : la politique sociale est spectaculairement discriminatoire. Il suffit de comparer les minimas sociaux. Minimum vieillesse : 708 euros par mois. Minimum d’activité 25-60 ans (« RSA-socle ») : 460 euros, soit 40% de moins. Minimum d’activité pour les moins de 25 ans : zéro. Difficile de faire mieux en termes d’injustice intergénérationnelle : plus on est jeune, moins on a de valeur pour la société. La France fait figure d’exception en Europe : les minimas sociaux y commencent le plus souvent à 18 voire 16 ans. Quant à l’assurance chômage, elle est réservée à ceux qui ont travaillé. Le jeune diplômé en recherche d’emploi n’en bénéficie donc pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Cinquième politique discriminatoire : la politique fiscale constitue une formidable essoreuse à pouvoir d’achat au détriment des jeunes. La politique fiscale est en effet plus discrète mais tout aussi inique. Le quotient conjugal est une niche fiscale évaluée à 24 Md€ par an5. Le quotient conjugal (à ne pas confondre avec le quotient familial, qui accorde des parts supplémentaires par enfant à charge) est une exception française qui repose sur la déclaration par foyer fiscal : les Français déclarent leur impôt en couple, et non à titre individuel, contrairement aux autres pays de l’OCDE. Ils bénéficient alors d’une double part à l’impôt sur le revenu : le revenu soumis au barème de l’impôt n’est pas le revenu global mais le revenu par part, divisé par deux du fait du quotient conjugal. Un avantage fiscal d’autant plus important que, contrairement au quotient familial, le quotient conjugal n’est pas plafonné. Il agit comme une énorme machine à redistribuer des célibataires vers les couples, c’est-à-dire, pour beaucoup, des jeunes actifs vers les adultes installés.</p>
<p style="text-align: justify;">A l’inverse, la fiscalité favorise les retraités. CSG à taux réduit (6.6% contre 7.5% pour le taux normal appliqué aux actifs), abattement de 10% pour frais professionnels à l’impôt sur le revenu accordé aux retraités, majorations de pension non soumises à l’impôt sur le revenu… : au total, les avantages fiscaux liés à la retraite s’élèvent à 11 milliards d’euros – dont 5 au profit des retraités aisé<img class="alignright" src="http://www.actualite-dz.com/wp-content/uploads/2010/09/dessin-une_arnaque.jpg" alt="http://www.actualite-dz.com/wp-content/uploads/2010/09/dessin-une_arnaque.jpg" />s.</p>
<p style="text-align: justify;">Dernier élément : la dette publique est une véritable machine à exproprier les jeunes générations. La dette publique est très élevée : 84% de la richesse nationale &#8211; 1700 milliards d’euros fin 2010, soit 27.000 euros par habitant.</p>
<p style="text-align: justify;">A quoi sert-elle ? 97% du budget de l’Etat est du budget de fonctionnement. La Sécurité sociale est un budget de prestations. Autrement dit, la dette ne sert pas à préparer l’avenir mais à soutenir artificiellement le train de vie des générations actuelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Qui paie ? On a souvent dit que les générations futures paieraient. Ce n’est plus exact : le surendettement guette, on ne peut plus continuer cette cavalerie, il va falloir rembourser la dette. Ce sont donc les jeunes générations actuelles qui vont régler la facture. Nous vivons au-dessus de nos moyens, et ce sont nos enfants qui vont payer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ainsi</strong> <strong>donc, les jeunes générations ont bien raison de manifester. Contre la réforme des retraites mais, surtout, bien au-delà : elles expriment leur mal-être général. Elles ont le sentiment de se heurter à une société bloquée qui les rejette. Elles vivent un « petit mai 68 » : en 1968, le blocage était sociétal, leurs modes de vie ne trouvaient pas leur place dans l’ordre moral ancien ; aujourd’hui, le blocage est économique, les jeunes ne trouvent pas leur place sur le marché du travail et n’obtiennent pas leur part équitable de la valeur ajoutée.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les jeunes ont raison. Depuis trente ans, face à la crise, ils sont la variable d’ajustement d’une société d’insiders qui protège ses acquis au détriment des nouveaux entrants. C’est vrai dans toutes les grandes politiques publiques : éducation, emploi, logement, politique sociale, politique fiscale, dette – les injustices se concentrent de manière générationnelle.</strong></p>
<p><strong>Résultat : le jeune est la nouvelle figure de la pauvreté dans notre société contemporaine. Nous vivons dans la représentation collective que les pauvres dans notre société, ce sont les retraités. C’était vrai il y a quarante ans. Avec la montée en puissance de notre système de retraite, cela n’est fort heureusement plus le cas. Mais une autre figure s’y est substituée : les pauvres, ce sont désormais les jeunes actifs. Le taux de pauvreté est de 18% pour les jeunes de moins de 30 ans, 20% chez les jeunes filles (contre 8% chez les plus de 60 ans). Un jeune actif sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté ! </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notre société est consciente du sort qu’elle inflige à ses enfants. Elle s’en émeut. Les familles soutiennent leurs enfants en difficulté. Les transferts familiaux sont massifs : près de 80 milliards par an sont redistribués au sein des familles des grands-parents pour aider les enfants et petits-enfants. Certains feignent d’y voir le signe positif de la qualité des solidarités familiales ; ils marquent surtout la déshérence de l’investissement collectif. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il faut une révolution copernicienne des politiques publiques. Avec comme priorité une politique d’investissement social dans les générations futures : petite enfance, éducation, université, politique active de premier emploi, fiscalité et politique sociale pro-jeunes… Investir dans notre capital humain est un impératif humaniste plus encore qu’économique.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le gouvernement et le peuple conservateur considèrent que les jeunes n’ont pas leur place dans la rue. Que les partis d’opposition sont irresponsables de les inciter à manifester. Mais c’est nous tous, les adultes, qui sommes irresponsables de ne pas les écouter. Car une société qui, tel Cronos, dévore ses enfants est une société qui se meurt. </strong></p>
<h6 style="text-align: justify;"><a href="http://www.tnova.fr/" target="_blank"><em>source</em></a></h6>
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		<title>AFFAIRE CLEARSTREAM : NON AU JUGE SUR MESURE</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Sep 2010 21:19:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le dernier rebondissement de l’affaire Clearstream n’est pas le plus médiatique. Il est pourtant lourd de sens quant au fonctionnement actuel du système judiciaire : le  jugement de l’affaire en appel pourrait être confié non à la chambre initialement prévue selon un tour de rôle préfixé mais à une formation ad hoc. Le droit d’être jugé par le juge prévu, que l’on désigne parfois sous les termes de « droit au juge naturel » est un principe fondamental bien mal protégé par les textes français, alors que d’autres pays européens ont prévu des garanties plus solides. L’attribution du jugement d’une affaire à des juges désignés pour ce faire est, on l’imagine, la porte ouverte à toutes les manipulations. Il est urgent aujourd&#8217;hui d&#8217;entamer une réflexion sur le droit au juge naturel, qui devra inclure la question de la nécessaire démocratisation des juridictions et de leur transparence dans la gestion des affaires. 1 &#8211; L’AFFAIRE CLEARSTREAM ET LES AMBIGUÏTÉS DU SYSTÈME JUDICIAIRE FRANÇAIS L&#8217;affaire Clearstream n&#8217;en finit pas de nous révéler les failles de notre système judiciaire. On se souvient qu&#8217;à la suite d&#8217;une instruction très médiatisée, les protagonistes de ce dossier avaient comparu devant le tribunal correctionnel de Paris qui, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Le dernier rebondissement de l’affaire Clearstream n’est pas le plus médiatique. Il est pourtant lourd de sens quant au fonctionnement actuel du système judiciaire : le  jugement de l’affaire en appel pourrait être confié non à la chambre initialement prévue selon un tour de rôle préfixé mais à une formation ad hoc.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le droit d’être jugé par le juge prévu, que l’on désigne parfois sous les termes de « droit au juge naturel » est un principe fondamental bien mal protégé par les textes français, alors que d’autres pays européens ont prévu des garanties plus solides. L’attribution du jugement d’une affaire à des juges désignés pour ce faire est, on l’imagine, la porte ouverte à toutes les manipulations.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est urgent aujourd&#8217;hui d&#8217;entamer une réflexion sur le droit au juge naturel, qui devra inclure la question de la nécessaire démocratisation des juridictions et de leur transparence dans la gestion des affaires.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>1 &#8211; L’AFFAIRE CLEARSTREAM ET LES AMBIGUÏTÉS DU SYSTÈME JUDICIAIRE FRANÇAIS</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright" src="http://www.christophepaquien.fr/wp-content/uploads/2010/03/dominique-de-villepin-sur-internet.jpg" alt="http://www.christophepaquien.fr/wp-content/uploads/2010/03/dominique-de-villepin-sur-internet.jpg" width="243" height="355" /> L&#8217;affaire Clearstream n&#8217;en finit pas de nous révéler les failles de notre système judiciaire. On se souvient qu&#8217;à la suite d&#8217;une instruction très médiatisée, les protagonistes de ce dossier avaient comparu devant le tribunal correctionnel de Paris qui, le 28 juin 2010, avait relaxé Dominique de Villepin de l&#8217;infraction de complicité de dénonciation calomnieuse qui lui était reprochée. On se souvient aussi des circonstances dans lesquelles ce jugement avait fait l&#8217;objet d&#8217;un appel par le procureur de la République de Paris. L’ancien Premier ministre avait alors dénoncé une intervention possible de l&#8217;Élysée, qui avait aussitôt démenti. Certains ont pu dire que l&#8217;ère du soupçon était venue.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais voilà que la saga se poursuit. Aux dernières nouvelles, l&#8217;appel du parquet dans cette affaire ne serait pas jugé à la cour d&#8217;appel de Paris par la chambre initialement prévue dans le cadre de l&#8217;ordonnance de roulement fixée pour l&#8217;année à venir. Une formation <em>ad hoc</em> composée de trois magistrats désignés par le Premier Président serait prévue, et ce en raison, est-il indiqué, de l&#8217;encombrement de la 11ème chambre chargée habituellement de ce type de dossiers.</p>
<p style="text-align: justify;">Dominique de Villepin a prévenu vendredi qu’il réagirait «extrêmement vigoureusement à la constitution d’un tribunal d’exception ». Le syndicat de la magistrature a appelé le Premier Président à une plus grande vigilance et à une fixation de cette affaire dans le cadre du tableau des audiences de l&#8217;ordonnance de roulement. Cette décision met en lumière toutes les ambigüités du système de répartition des affaires au sein des juridictions, ambiguïtés qui laissent le champ libre à des dérives et qui engendrent ainsi le soupçon.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>2 &#8211; COMMENT ÉVITER DE TELLES DÉRIVES ?</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Il existe un principe fondamental dénommé « droit au juge naturel » qui permet de garantir une impartialité de la juridiction dans le cadre de l&#8217;organisation judiciaire notamment en assurant des conditions objectives de désignation des juges et de distribution des affaires au sein des juridictions.</p>
<p style="text-align: justify;">En France, le droit au juge naturel a été instauré par la Constitution de 1791: « les citoyens ne peuvent être distraits des juges que la loi leur assigne, par aucune commission, ni par d&#8217;autres attributions et évocations que celles qui sont déterminées par les lois ». Il a été repris dans la Constitution de 1795, les Chartes de 1814 et 1830. Dans la Constitution de 1848, il a été consacré de manière très explicite « nul ne sera distrait de ses juges naturels. Il ne pourra être créé de commissions et de tribunaux extraordinaires, à quelque titre et sous quelque dénomination que ce soit » Mais, à partir de 1875, le concept n&#8217;apparaît plus dans aucun texte constitutionnel. Le droit au juge naturel ne figure pas aujourd&#8217;hui au rang des principes constitutionnels. La Constitution de 1958 n&#8217;en fait aucune consécration. Il reste donc un principe incertain, soluble dans le principe d&#8217;impartialité résultant du droit au procès équitable prévu par l&#8217;article 6 §1 de la Convention européenne des droits de l&#8217;Homme.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, la plupart des pays européens ont fait de ce principe une liberté fondamentale. Ainsi, l&#8217;article 101 de la Loi Fondamentale allemande prévoit que « les tribunaux d&#8217;exception sont interdits et que nul ne peut être soustrait à son juge légal ». L&#8217;article 117 de la Constitution de l&#8217;Espagne énonce que « l&#8217;exercice du pouvoir juridictionnel dans tous les types de procès, aussi bien pour rendre un jugement que pour le faire exécuter, incombe exclusivement aux juges et aux tribunaux déterminés par les lois, selon les normes de compétence et de procédure que celles-ci établissent ».</p>
<p style="text-align: justify;">En Belgique, il résulte de l&#8217;article 8 de la Constitution que nul ne peut être distrait, contre son gré, du juge que la loi lui assigne. En Grèce, c&#8217;est également dans l&#8217;article 8 du texte constitutionnel que ce droit au juge est consacré dans une rédaction similaire. La Constitution de la République italienne dispose que « nul ne peut être soustrait au juge naturel désigné par la loi ».</p>
<p style="text-align: justify;">A l&#8217;instar de tous ces pays, il faut figer ce principe dans notre Constitution afin de redonner à notre démocratie de nouvelles bases dignes de la patrie de Montesquieu.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>3 &#8211; GARANTIR L&#8217;EFFECTIVITÉ DU DROIT AU JUGE NATUREL</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Cela étant, une telle consécration nécessaire est-elle suffisante? Encore faudrait-il garantir l&#8217;effectivité de ce droit. Cette effectivité ne peut être à notre avis assurée que si la désignation d&#8217;un juge au sein d&#8217;une juridiction, son affectation, ainsi que la répartition des affaires résultent de critères objectifs et normativement prédéfinis. Si des dérogations, dans les conditions prévues par ces règles ou critères, sont nécessaires, elles ne peuvent procéder que d&#8217;une délibération collective. C&#8217;est ainsi qu&#8217;il est procédé dans certains Etats européens comme l&#8217;Allemagne ou l&#8217;Espagne.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, en l&#8217;état actuel des textes du code de l&#8217;organisation judiciaire, de telles règles, en dehors des principes généraux de compétence, n&#8217;existent pas. S&#8217;agissant de la répartition des affaires entre les juges ou entre les chambres, si une consultation de l&#8217;assemblée générale des magistrats de la juridiction est obligatoire, le président est seul habilité à décider. L&#8217;avis de l&#8217;assemblée générale est un avis simple. Et l&#8217;ordonnance de roulement, qui relève ainsi du pouvoir du chef de juridiction, n&#8217;est susceptible d&#8217;aucune voie de recours. Selon une jurisprudence constante du Conseil d&#8217;État, cette décision est une mesure d&#8217;administration judiciaire qui ne fait pas grief.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;effectivité du droit au juge suppose donc aussi une refonte du code de l&#8217;organisation judiciaire avec un réaménagement des pouvoirs des chefs de juridiction.</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, il y a eu des rendez-vous manqués. La réforme du code de l&#8217;organisation judiciaire dans les années 80 aurait pu être l&#8217;occasion d&#8217;une refonte de l&#8217;organisation. Mais sans doute la situation n&#8217;était-elle pas aussi grave qu&#8217;elle l’est aujourd&#8217;hui. Ce mois-ci le Conseil Supérieur de la Magistrature a été saisi de deux cas de juges du siège déplacés dans un autre service. Tous deux font valoir qu&#8217;ils ont été affectés dans un autre service en raison de la teneur de leurs décisions.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est urgent aujourd&#8217;hui d&#8217;entamer une réflexion sur le droit au juge naturel. Celle-ci ne devra pas éluder la question de la nécessaire démocratisation des juridictions. Sans doute, plusieurs pistes de réflexion sont-elles possibles. On pourrait prévoir qu&#8217;une fois le principe posé dans la Constitution, une loi fixe les critères de répartition. Puis dans les juridictions, l&#8217;application des critères pourrait être systématisée par un logiciel informatique incluant ces données (nature de l&#8217;affaire, spécialisation des juges, impartialité&#8230;). Pour les dossiers portant sur la même matière, une distribution par numéro de chambre ou par magistrat, dans les cas où il est statué à juge unique, pourrait être mise en place par le même logiciel en fonction d&#8217;un ordre chronologique ou alphabétique, ces deux critères offrant une garantie de neutralité. Il n&#8217;y aurait pas d&#8217;exception au principe, mais si une difficulté se présentait pour un dossier (chambre surchargée), la décision du président devrait être soumise à un avis conforme de l&#8217;Assemblée Générale des magistrats du siège.</p>
<p style="text-align: justify;">Les progrès accomplis dans les juridictions dans la mise en œuvre des nouvelles technologies de communication devraient permettre l&#8217;instauration d&#8217;un système fiable et in-susceptible de critiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Un certain nombre de pays européens ont déjà emprunté cette voie. Le pouvoir en place ne le fera pas. C&#8217;est aux progressistes de proposer une nouvelle alternative pour ouvrir la voie à une justice au dessus de tout soupçon dans le seul intérêt des citoyens.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tnova.fr/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=1416" target="_blank">source</a></p>
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		<title>Appel National pour l&#8217;école publique</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Sep 2010 19:35:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
				<category><![CDATA[Au Premier Plan]]></category>
		<category><![CDATA[Laïcité et Citoyenneté]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;appel national pour l&#8217;École publique réunit aujourd’hui plus de 242 000 signatures. C’est la plus importante action de promotion et de défense de l’Ecole Publique depuis près de 20 ans. De plus, le choix de la tourner vers les citoyens commence à porter ses fruits comme en attestent les dernières enquêtes d’opinion. Les organisations signataires ont décidé de poursuivre cette campagne et d’ouvrir une nouvelle phase de signatures pour cette rentrée, du 9 septembre au 9 décembre. Durant cette période, et notamment lors du débat parlementaire sur le budget 2011, seront interpellé, au nom des pétitionnaires, les élus (parlementaires, président des exécutifs locaux),  le président de la République, le Premier ministre, le Ministre de l’Education Nationale, ainsi que les responsables des partis politiques. L’Ecole Publique qui souffre déjà depuis de nombreuses années, va en effet être à nouveau frappée par 16 000 suppressions supplémentaires dans le budget 2011. Nous devons marquer notre opposition à cette destruction programmée de notre Service public, laïque et gratuit d’Education. Nous souhaitons donc, avec votre aide,  rassembler plusieurs dizaines de milliers de signatures pour dépasser le cap significatif de 300 000 citoyens-militants de l’Ecole Publique. Vous pouvez pour cela : -         envoyer ou renvoyer le lien de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://www.se-unsa.org/UserFiles/Image/badge-EP.jpg" alt="http://www.se-unsa.org/UserFiles/Image/badge-EP.jpg" /><strong>L&#8217;appel national pour l&#8217;École  publique réunit aujourd’hui plus </strong><strong>de 242 000 signatures. C’est  la plus importante action de promotion et de défense de l’Ecole Publique depuis  près de 20 ans.</strong><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">De plus, le choix de la tourner vers les citoyens <strong>commence à porter ses  fruits</strong> comme en attestent les dernières enquêtes d’opinion.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les  organisations signataires ont décidé</strong> de <strong>poursuivre cette  campagne et d’ouvrir une nouvelle phase de signatures pour cette rentrée, du 9  septembre au 9 décembre.</strong> Durant cette période, et notamment lors du  débat parlementaire sur le budget 2011, seront interpellé, au nom des  pétitionnaires, les élus (parlementaires, président des exécutifs locaux),  le président de la République, le  Premier ministre, le Ministre de l’Education Nationale, ainsi que les  responsables des partis politiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’Ecole  Publique qui souffre déjà depuis de nombreuses années, va en effet être à  nouveau frappée par 16 000 suppressions supplémentaires dans le budget  2011.</strong> Nous devons marquer notre  opposition à cette destruction programmée de notre Service public, laïque et  gratuit d’Education. Nous souhaitons donc, avec votre aide,  rassembler plusieurs dizaines de  milliers de signatures pour dépasser le cap significatif de 300 000  citoyens-militants de l’Ecole Publique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous pouvez  pour cela :</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">-          envoyer ou renvoyer le lien de la  pétition à des proches, des amis ou des collègues en les invitant à le diffuser  à leur tour : <a title="http://www.appelpourlecolepublique.fr/" href="http://www.appelpourlecolepublique.fr/" target="_blank">http://www.appelpourlecolepublique.fr/</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">-          d’inviter de nouvelles personnes à  signer en utilisant ce lien : <a title="http://www.appelpourlecolepublique.fr/transf.php" href="http://www.appelpourlecolepublique.fr/transf.php" target="_blank">http://www.appelpourlecolepublique.fr/transf.php</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> « L’École publique, laïque et  gratuite crée le lien social indispensable pour faire face aux défis d’un monde  en crise. C’est elle, et elle seule, qui permet de garantir la cohésion  sociale. »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ces premières phrases de  l’ « Appel » ont une résonance particulière au moment où la  crise frappe une grande partie de   nos concitoyens. Elles prennent aussi un relief particulier avec les  récentes orientations du sommet de l’Etat qui divisent, fragmentent, et  finalement dressent, les uns contre les autres, ceux qui vivent dans notre pays.  <strong>La défense et la  promotion de notre modèle d’Ecole publique laïque et gratuite devient donc aussi  un impératif démocratique</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Voici l’ensemble des organisations  nationales signataires :</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>DDEN, FCPE, SE-UNSA, UNL, UNEF,  LMDE, APAJH, UNSA-EDUCATION, FERC  CGT, SNETAA EIL, FGR-FP, CGT EDUC ACTION, FAEN, ADLPF  (ASSOCIATION DES LIBRES PENSEURS DE FRANCE), A ET I, SNPDEN, SNIES, UNSA,  SNPTES, SUP&#8217;RECHERCHE, CNAFAL, ANATEEP, UFAL, SIEN, UNSA LABOS EDUCATION, SNCL,  L&#8217;APPEL DES APPELS, SNASEN, ADFE, SNMSU, SNPSYEN, GDID, SUDEL, UNSA TECHNICOLOR,  FNER, RNCE (RESEAU NATIONAL DES COMMUNAUTES EDUCATIVES), CDPEPP (DEFENSE DE  L’ECOLE PUBLIQUE DE PROXIMITE), UDAS (UNION DES ALTERNATIVES SYNDICALES),  CONVERGENCE REPUBLICAINE, UNSA MAIF, SGL (SYNDICAT GENERAL DES LYCEENS), FLE  ( FRONT DE LUTTE POUR L&#8217;EDUCATION), SNEA</em></p>
<h2><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Pétition</strong></span> :<br />
</em></h2>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’École publique, laïque et gratuite crée le lien  social indispensable pour faire face aux défis d’un monde en crise.  C’est elle, et elle seule, qui permet de garantir la cohésion sociale.  Elle est pourtant aujourd’hui menacée par des choix politiques qui  favorisent le privé et encouragent le consumérisme éducatif.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Redonnons la Priorité à l’École laïque !</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le service public et laïque d’éducation doit garantir à  chaque élève une scolarisation de qualité sur tous les territoires. Il  doit permettre à chacune et chacun, quelle que soit son origine  culturelle ou géographique, quelle que soit sa condition, quel que soit  son handicap, de bénéficier d’une éducation et de s’approprier « le  vivre ensemble » dans un espace où la liberté de conscience est  strictement respectée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Aujourd’hui, le service public et laïque d’éducation n’est plus une priorité de l’état.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les nombreuses décisions ministérielles le montrent :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>les dizaines de milliers de suppressions d’emplois qui  ne cessent de le frapper durement, le fragilisent en zone rurale et  l’asphyxient en zone urbaine,</li>
<li>les aides publiques concédées aux établissements  privés (à 95% catholiques) qui n’ont jamais été aussi élevées. Il s’agit   de près de 7 milliards d’Euros octroyés chaque année par  l’État,  auxquels viennent s’ajouter les participations obligatoires versées par  les collectivités locales,</li>
<li>la loi Carle qui amplifie le financement de la concurrence au service public et conforte la logique de « marché » scolaire,</li>
<li>la suppression de la sectorisation, qui transforme les parents d’élèves en consommateurs d’école,</li>
<li>le développement du privé par le plan banlieue, là ou  les besoins du service public sont les plus criants, là ou la  ségrégation sociale est la plus forte,</li>
<li>les accords « Kouchner Vatican » (qui remettent en  cause les règles de collation des grades universitaires au bénéfice des  instituts catholiques) ainsi que les projets de financement par l’état  de l’enseignement supérieur privé.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous, signataires de cette pétition,  refusons  l’affaiblissement organisé par l’État, de notre service public et laïque  d’éducation.<br />
L’éducation n’est pas une marchandise. La liberté de conscience doit  être respectée partout et pour toutes et tous. L’argent de tous doit  cesser de financer les choix de quelques-uns.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous exigeons une orientation politique qui fasse clairement le choix de l’École publique, laïque et gratuite.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous réaffirmons qu’il n’y a qu’une École de la République.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous demandons que l’effort éducatif de la Nation soit réservé au développement de l’École de la Nation.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.appelpourlecolepublique.fr/form.php" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><span style="color: #ff0000;">SIGNER ICI</span></span></a><br />
</strong></p>
</blockquote>
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		<title>On est tous les Roms de quelqu&#8217;un ou de quelque part</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Aug 2010 20:54:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
				<category><![CDATA[Laïcité et Citoyenneté]]></category>
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		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<description><![CDATA[En 1987, Maxime Le Forestier écrivait une superbe chanson intitulée &#171;&#160;Né quelque part&#160;&#187;. En quelques couplets et un refrain, il signait là un appel à la tolérance qui n&#8217;a pas pris une ride. L&#8217;Etat sarkozyste a passé son été à allumer des contrefeux à une situation politique plus qu&#8217;alarmante pour lui, son gouvernement et sa majorité. Ne pouvant trouver de boucs émissaires politique à l&#8217;échec de la politique de caste qu&#8217;il poursuit depuis plus de 3 ans, il a fait le choix d&#8217;attaquer sur le terrain qui a fait les réussites de la droite, l&#8217;insécurité. Le problème est que sur ce terrain là aussi, la droite a perdu toute crédibilité puisqu&#8217;elle est au pouvoir depuis déjà 8 longues années, plus qu&#8217;un septennat ! Mais cette droite là n&#8217;en n&#8217;est pas à une outrance prêt. Elle avait prévu depuis plusieurs mois de relancer ce sujet pour essayer de déporter le regard citoyen des plus grandes contre-réformes qu&#8217;elle s&#8217;apprête à faire voter par ses suffragettes UMP. Une attaque à main armée à Grenoble aura suffit comme prétexte aux errances verbales présidentielles et à tous les amalgames de ministres ou sous ministres en mal de reconductibilité ministérielle. Les Roms ont donc été le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://gponthieu.blog.lemonde.fr/files/1refer_1.jpg" alt="http://gponthieu.blog.lemonde.fr/files/1refer_1.jpg" width="295" height="264" />En 1987, Maxime Le Forestier écrivait une superbe chanson intitulée &laquo;&nbsp;Né quelque part&nbsp;&raquo;. En quelques couplets et un refrain, il signait là un appel à la tolérance qui n&#8217;a pas pris une ride. L&#8217;Etat sarkozyste a passé son été à allumer des contrefeux à une situation politique plus qu&#8217;alarmante pour lui, son gouvernement et sa majorité.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne pouvant trouver de boucs émissaires politique à l&#8217;échec de la politique de caste qu&#8217;il poursuit depuis plus de 3 ans, il a fait le choix d&#8217;attaquer sur le terrain qui a fait les réussites de la droite, l&#8217;insécurité. Le problème est que sur ce terrain là aussi, la droite a perdu toute crédibilité puisqu&#8217;elle est au pouvoir depuis déjà 8 longues années, plus qu&#8217;un septennat !</p>
<p style="text-align: justify;">Mais cette droite là n&#8217;en n&#8217;est pas à une outrance prêt. Elle avait prévu depuis plusieurs mois de relancer ce sujet pour essayer de déporter le regard citoyen des plus grandes contre-réformes qu&#8217;elle s&#8217;apprête à faire voter par ses suffragettes UMP.</p>
<p style="text-align: justify;">Une attaque à main armée à Grenoble aura suffit comme prétexte aux errances verbales présidentielles et à tous les amalgames de ministres ou sous ministres en mal de reconductibilité ministérielle.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Roms ont donc été le feuilleton de l&#8217;été pour faire refroidir un feuilleton Bettancourt-Woerth qui va rebondir de plus belle à la rentrée.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu&#8217;importe, les Roms c&#8217;était bien, c&#8217;était facile, c&#8217;est des roumains et leur pays n&#8217;est pas une menace. Ils peuvent donc bien essuyer les quolibets de dirigeants dont certains pourraient ou devraient être en prison. Ils ne sont pas suffisamment représentés en France pour représenter une menace pour la paix civile, voilà la victime expiatoire parfaite offerte à un peuple qui a peur des lendemains qui déchantent et qui ressent déjà un présent douloureux.</p>
<p style="text-align: justify;">Voici les paroles de la chanson de Maxime Le Forestier :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;On choisit pas ses parents,<br />
on choisit pas sa famille<br />
On choisit pas non plus<br />
les trottoirs de Manille<br />
De Paris ou d&#8217;Alger<br />
Pour apprendre à marcher<br />
Être né quelque part</p>
<p style="text-align: justify;">Être né quelque part<br />
Pour celui qui est né<br />
C&#8217;est toujours un hasard<br />
Nom&#8217;inqwando yes qxag iqwahasa</p>
<p>Y a des oiseaux de basse cour et des oiseaux de passage<br />
Ils savent où sont leur nids, quand ils rentrent de voyage<br />
Ou qu&#8217;ils restent chez eux<br />
Ils savent où sont leurs œufs</p>
<p>Être né quelque part<br />
Être né quelque part<br />
C&#8217;est partir quand on veut,<br />
Revenir quand on part</p>
<p>Est-ce que les gens naissent<br />
Égaux en droits<br />
A l&#8217;endroit<br />
Où ils naissent</p>
<p>Nom&#8217;inqwando yes qxag iqwahasa</p>
<p>Est-ce que les gens naissent Egaux en droits<br />
A l&#8217;endroit<br />
Où ils naissent<br />
Que les gens naissent<br />
Pareils ou pas</p>
<p>On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille<br />
On choisit pas non plus les trottoirs de Manille<br />
De Paris ou d&#8217;Alger<br />
Pour apprendre à marcher</p>
<p>Je suis né quelque part<br />
Je suis né quelque part<br />
Laissez moi ce repère<br />
Ou je perds la mémoire<br />
Nom&#8217;inqwando yes qxag iqwaha.sa<br />
Est-ce que les gens naissent&#8230;&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">La France et les français sont, selon les sondages, pour moitié d&#8217;accord avec les mesures d&#8217;expulsion des Roms, les évacuations inhumaines de camps (en France!) où s&#8217;entassent des misérables qui trouvent pourtant la misère de France plus douce que la misère roumaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela n&#8217;est pas surprenant, pas plus que le relatif silence coupable d&#8217;une population qui a bien vite oublié ses origines pour une grande part. Dès lors quand on lui parle, qu&#8217;elle qu&#8217;en soit la raison, de la possibilité de déchoir de la nationalité française des personnes françaises &laquo;&nbsp;d&#8217;origine étrangère&nbsp;&raquo;, pas de problème, ce serait pour les autres. Oui mais jusqu&#8217;à qui, jusqu&#8217;à quand ?&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">1ère, 2ème, 3ème, 4ème, 5ème génération, où s&#8217;arrêterait-on ? A quel moment est-on ou serait-on considéré comme un français à part entière ? Y-a-t-il des origines qui apporteraient des points bonus ou des points malus ? Un français d&#8217;origine algérienne vaudrait-il plus ou moins qu&#8217;un français d&#8217;origine marocain ou qu&#8217;un français d&#8217;origine portugaise ? Un français d&#8217;origine espagnole vaudrait-il plus ou moins qu&#8217;un français d&#8217;origine italienne ?&#8230; On pourrait aller loin ainsi !</p>
<p style="text-align: justify;">Si la France devait entrer dans un tel registre, elle n&#8217;aurait plus qu&#8217;à se cacher du monde entier. A vrai dire, le seul fait que ce débat ait lieu dans notre pays devrait donner mal à l&#8217;estomac à chacun d&#8217;entre-nous. Ce n&#8217;est malheureusement pas le cas et cela montre le degré de délitement des valeurs républicaines et l&#8217;absence d&#8217;enseignement contemporain des philosophes des Lumières puisque ce débat n&#8217;est pas en soi un tabou absolu.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="size-full wp-image-2249 alignright" title="sos ostracisme" src="http://souklaye.files.wordpress.com/2009/06/sos-ostracisme.jpg?w=500&amp;h=692" alt="sos ostracisme" width="198" height="275" />A vrai dire, cela n&#8217;est que le prolongement d&#8217;un mal bien français, l&#8217;ostracisme. En sociologie, ce mot  dépeint une forme d&#8217;exclusion sociale qui survient dans certains groupes sociaux ou dans certains environnements géographiques.</p>
<p style="text-align: justify;">La France est pleine de ce mal que chacune ou chacun a probablement pu ressentir un jour. Dans une école, dans une entreprise, dans une assemblée, dans une association, dans une ville, etc. il y a tant d&#8217;endroits où ce type de comportements collectifs et/ou individuels se produisent qu&#8217;il serait étonnant qu&#8217;une seule personne n&#8217;ait pas ressenti ce mal qui soit disant n&#8217;existe pas ! Il est en effet de bon ton pour le groupe en général de refuser la simple possibilité de ce sentiment car cela serait admettre pour le groupe ou l&#8217;individu  le sentiment de peur, celui du refus de la découverte ou que sais-je encore.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce sentiment parcourt pourtant bien la France du nord au sud et de l&#8217;est à l&#8217;ouest, comme si il était typiquement français d&#8217;avoir peur de l&#8217;autre, envie de repousser l&#8217;autre en se disant qu&#8217;ainsi on est mieux protéger pour son confort, son quotidien, ses ambitions, ses certitudes ou ses fantasmes.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;ostracisme est bien le mal profond qui ronge la France, des grandes villes aux plus petits villages, des villes nouvelles aux bourgades séculaires. L&#8217;ostracisme est bien ce mal qui trouve son ressort dans le défaut d&#8217;éducation civique et citoyenne de l&#8217;enseignement national.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;ostracisme est ce mal inexprimé duquel se nourrissent les pires déviances que sont racisme et xénophobie. Malheureusement, l&#8217;ostracisme est peu sensible aux plus beaux et plus vibrants discours car il  sait toujours trouver en lui les pires ou les plus infimes justifications. Il n&#8217;y a guère que l&#8217;éducation de longue haleine et la fermeté qui puissent le faire reculer.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;ostracisme est ce sentiment individuel, inavouable qui peut tous nous guetter un jour et qui peut faire que l&#8217;on est tous les Roms de quelqu&#8217;un ou de quelque part.</p>
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		<title>Retirons à Nicolas Sarkozy la nationalité française</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Aug 2010 08:48:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Fin de l&#8217;égalité absolue devant la loi: le président vient de définir deux catégories de Français. Les Français français. Et les Français d’origine étrangère. Les membres du Conseil Constitutionnel, qui prennent l’habitude de rendre des arrêts courageux, ou au moins assez iconoclastes, vont se frotter les mains. Voilà un cas des plus simples! Si jamais Nicolas Sarkozy s’entête à mettre en pratique ses viriles menaces de Grenoble sur la déchéance de la nationalité française, il y a fort à parier qu’on va se bousculer au bureau des saisines. Professeurs de droit, avocats, partis politiques, citoyens… Le recours au Conseil ne sera plus une opportunité. Mais un devoir civique. Car le chef de l’Etat ne vient pas moins que de définir deux catégories de Français. Les Français français. Et les Français d’origine étrangère, lesquels seraient soumis à des obligations plus contraignantes que les premiers. «La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un fonctionnaire de police, d’un militaire de la gendarmerie (…)», a déclaré, le 30 juillet, le président de la République, en installant le nouveau préfet de l’Isère. Bien sûr, vendredi, l’été politique, ce mois d’août de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption alignleft" style="width: 550px"><img class=" " src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/node-story/sarko-securite_0.jpg" alt="" width="540" height="297" /><p class="wp-caption-text">Photo: A Tremblay-en-France. REUTERS/Benoit Tessier </p></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #800080;"><strong>Fin de l&#8217;égalité absolue devant la loi: le président vient de définir  deux catégories de Français. Les Français français. Et les Français  d’origine étrangère.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Les membres du Conseil Constitutionnel, qui prennent l’habitude de rendre  des arrêts courageux, ou au moins assez iconoclastes, vont se frotter les  mains. Voilà un cas des plus simples! Si jamais Nicolas Sarkozy s’entête à mettre en pratique ses viriles menaces de Grenoble sur la déchéance de  la nationalité française, il y a fort à parier qu’on va se bousculer au  bureau des saisines. Professeurs de droit, avocats, partis politiques, citoyens… Le recours au Conseil ne sera plus une opportunité. Mais un devoir civique.</p>
<p style="text-align: justify;">Car le chef de l’Etat ne vient pas moins que de définir deux catégories de Français. Les Français français. Et les Français d’origine étrangère,  lesquels seraient soumis à des obligations plus contraignantes que les premiers. «<em>La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie  d’un fonctionnaire de police, d’un militaire de la gendarmerie (…)</em>», a déclaré, le 30 juillet, le président de la République, en installant le  nouveau préfet de l’Isère.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr, vendredi, l’été politique, ce mois d’août de la vacance, avait déjà virtuellement commencé. D’abord, les élus, les observateurs n’ont pas  trop réagi. Nicolas Sarkozy et certains membres du gouvernement les ont  habitués à chasser sur les terres du Front national, selon la formule usuelle, sur  le chapitre sécuritaire, et, à force, ils n’y prêtent pas toujours  attention. C’est à peu près tous les jours, ces temps-ci. La même semaine, c’était  au tour des «<a href="http://www.slate.fr/story/25519/que-veulent-dire-les-mots-roms-tsiganes-et-gens-du-voyage" target="_blank"><strong><em>gens du voyage</em></strong></a>» d’être  désignés à la peur des braves gens, et ce, depuis l’Elysée-même. «<em>Discours usé</em>», a d’abord répondu  Benoit Hamon, le porte-parole du PS. «<em>M. Le Pen et sa fille n’ont plus  besoin de parler,</em> a poursuivi Noël Mamère (les Verts)<em>, la copie parle à  leur place</em>».</p>
<h2 style="text-align: justify;">Un président anticonstitutionnel</h2>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, l’affaire est grave, et normalement, hors somnolence estivale, elle  pourrait même valoir poursuites en justice au contrevenant. Le premier magistrat  du pays, gardien de notre démocratie et des règles républicaines, ne vient  rien de moins que de contester le socle même de notre loi de commune  appartenance. La base sacrée, forgée à la Libération, entre la Charte du Conseil National  de la Résistance (CNR), la Déclaration des Droits de l’Homme de 1948 et la Constitution de 1958. Le CNR proclamait «<em>l’égalité absolue de tous  les citoyens devant la loi</em>». Oui, mais si nous ne sommes plus citoyens  de même valeur? S’il existe des grades dans la nationalité française? S’il nous faut refaire le chemin jusqu’au premier Français légitime de l’Histoire –sous Clovis?– pour déterminer qui est illégitime?</p>
<p style="text-align: justify;">Jusqu’alors, les Français sont tous Français. En bloc. Incolores. Non  différenciables. Il est même interdit, dans ce pays, de produire des statistiques sur les  origines des Français. Depuis la guerre, depuis que le régime de Vichy a arraché  leur citoyenneté à des milliers de personnes, juives en majorité, depuis que  la mémoire collective porte cette honte, de naissance ou de circonstances,  nous sommes tous Français. Point. Français, c’est tout.</p>
<p style="text-align: justify;">Français d’un coup. Non à l’essai, probatoires ou, <strong><a href="http://www.jean-luc-melenchon.fr/2010/07/pas-touche-a-la-nationalite/" target="_blank">comme le dit Jean-Luc Mélenchon</a></strong>, président du parti de gauche, «<em>Français conditionnels</em>». Il  n’existe pas, pour la loi, de Français de fraîche date. Ou alors, la loi est  illégale.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Qui peut-on renvoyer?</h2>
<p style="text-align: justify;">Aucun président de la République n’a insinué un doute menaçant comme Nicolas  Sarkozy vient de s’oublier à le faire. Vous, nous, êtes-vous, sommes-nous  vraiment Français? Le suis-je, moi, dont les aïeux, nés Boggio, viennent  d’Italie? Trois générations. Est-ce suffisant pour enfin respirer? Ou peut-on encore me renvoyer? Et où? En Italie, aucune trace de moi. Les enfants de la guerre d’Algérie, les Portugais, Polonais, Espagnols? Les Arméniens de 1915? Polanski, le cinéaste? Et Sarkozy, ce chef de l’Etat inconséquent? Son père, apatride, a été naturalisé. Dehors, Sarkozy, s’il tue un gendarme?</p>
<p style="text-align: justify;">Evidemment, les propos de Grenoble ne sont que des mots –mais il y a des mots qui  tuent, non? Des mots, c’est vrai, destinés d’abord à tenter de récupérer les électeurs partis au Front national. Nicolas Sarkozy, deux tiers  Français, un tiers Hongrois, en «<em>chasse</em>» estivale.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais c’est aussi affaire de principe. Du principe des principes, pour qui  chérit la terre de France. Le chef de l’Etat n’a pas l’intention de chasser les  Français d’origine portugaise, même si ceux-ci se mettaient à faucher des  policiers. Il vise les derniers Français enregistrés comme tels, venus d’Afrique, et  surtout du Mahgreb. Les Arabes. Leurs enfants, les beurs, synonymes de voyous,  dans le lexique sécuritaire. Il l’explique, dans son discours de Grenoble: «nous subissons les conséquences de 50 ans d’immigration insuffisamment régulée qui ont abouti à un échec de l’intégration». Peut-être. Mais  pour l’heure, c’est le président de la République qui transgresse la loi. Mal intégré lui-même, ces jours-ci. Heureusement, il ne s’agit pas d’un  président 100% français. On peut toujours le renvoyer en Hongrie. Ou en refaire un  apatride.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.slate.fr/story/25725/sarkozy-retrait-nationalite" target="_blank"><em>Philippe Boggio</em></a></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright" src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/auteur/philippe_boggio_0.jpg" alt="" width="120" height="120" />Ancien grand reporter au Monde, est l&#8217;auteur de nombreux ouvrages  parmi lesquels les biographies de Coluche (Flammarion, 1991 et 2006), de  Bernard-Henri Lévy (La Table Ronde, 2005) et de <a href="http://livre.fnac.com/a2642144/Philippe-Boggio-Johnny?PID=903" target="_blank">Johnny Hallyday (Flammarion 2009)</a>.</p>
</blockquote>
]]></content:encoded>
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		<title>Après les diplômes catholiques, les protestants !</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Jul 2010 20:30:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voilà déjà l&#8217;épisode 12 de l&#8217;agonie républicaine : la saga Sarkozy : Le 27 mai 2010, Le Président de la République inaugurait le Fonds Paul Ricœur à l’Institut protestant de théologie de Paris. Il a répondu à la Fédération Protestante de France qui lui demandait de faire reconnaître par l’État les diplômes religieux délivrés par les instituts protestants de théologie : « Je trouve légitime votre demande de voir reconnaître les diplômes délivrés par l’enseignement supérieur protestant et fixer la liste de leurs équivalences comme cela a été fait pour l’enseignement supérieur catholique ». Rappelons que cette « reconnaissance » des diplômes religieux est une remise en cause du monopole de la collation des grades, acquis depuis 1880 par le combat laïque. L’accord Kouchner/Benoît XVI fait l’objet d’une procédure contentieuse devant le Conseil d’État, suite, notamment au recours de la Libre Pensée. Lors de l’audience publique du 25 juin 2010, le rapporteur public a, d’ailleurs, reconnu qu’est fondé l’argument de la Libre Pensée selon lequel l’accord introduit une procédure de reconnaissance automatique de diplômes délivrés par des établissements catholiques d’enseignement supérieur situés en France. Cependant, pour justifier le rejet du recours, il a appelé l’Assemblée du contentieux à faire un effort d’interprétation de cet accord [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Voilà déjà l&#8217;épisode 12 de l&#8217;agonie républicaine : la saga Sarkozy :<br />
</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignleft" src="http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/eglise-etat/signature-concordat-f.jpg" alt="" width="377" height="302" />Le 27 mai 2010, Le Président de la République inaugurait  le Fonds Paul Ricœur à l’Institut protestant de théologie de Paris. Il a  répondu à la Fédération Protestante de France qui lui demandait de  faire reconnaître par l’État les diplômes religieux délivrés par les  instituts protestants de théologie :</strong> <strong><em>« Je trouve légitime votre demande  de voir reconnaître les diplômes délivrés par l’enseignement supérieur  protestant et fixer la liste de leurs équivalences comme cela a été fait  pour l’enseignement supérieur catholique »</em></strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Rappelons que cette « reconnaissance » des diplômes  religieux est une remise en cause du monopole de la collation des  grades, acquis depuis 1880 par le combat laïque. <a href="http://www.yannickserrano.fr/2008/12/22/scandale-diplomes-catholiques-reconnus-par-la-france/" target="_blank">L’accord  Kouchner/Benoît XVI</a> fait l’objet d’une <strong>procédure contentieuse devant le  Conseil d’État</strong>, suite, notamment au recours de la Libre Pensée. Lors de  l’audience publique du 25 juin 2010, <strong>le rapporteur public a, d’ailleurs,  reconnu qu’est fondé l’argument de la Libre Pensée selon lequel  l’accord introduit une procédure de reconnaissance automatique de  diplômes délivrés par des établissements catholiques d’enseignement  supérieur situés en France</strong>. Cependant, <strong>pour justifier le rejet du  recours, il a appelé l’Assemblée du contentieux à faire un effort  d’interprétation de cet accord en invoquant, d’une part, une de ses  stipulations prévoyant que les Universités se prononceront sur la  reconnaissance (c’est-à-dire en vérité vérifieront que le diplôme à  reconnaître est bien sur la liste établie par le Vatican), d’autre part,  en se prévalant de l’engagement du Ministère des Universités de  procéder à une étude au cas par cas</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Contre l’œuvre laïque et scolaire de la IIIe République,  cette reconnaissance des diplômes religieux de toute nature, est un  <a href="http://www.yannickserrano.fr/2010/02/15/letat-fusionne-universite-publique-et-universite-catholique/" target="_blank">retour programmé au Concordat de 1801</a> qui faisait des religions un  service public et des religieux des fonctionnaires</span></strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Encore un peu plus pour les catholiques&#8230;</strong></em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Alors que l’austérité frappe durement l’Enseignement  public « au nom de la crise », <strong>le gouvernement Fillon vient de faire  reconnaître d’utilité publique la Fondation Saint-Matthieu chargée de  réunir des fonds pour l’enseignement catholique privé</strong>. <span style="color: #ff0000;"><strong>Par cette  reconnaissance officielle, cette officine catholique va pouvoir  bénéficier d’un régime fiscal dérogatoire qui privera l’État de sommes  très importantes provenant des impôts</strong></span>. <strong>Ce n’est pas l’austérité pour  tout le monde</strong>. <strong>C’est une nouvelle violation de la loi de Séparation des  Églises et de l’État qui interdit tout financement public, direct ou  indirect, des cultes et de leurs œuvres.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;"><em>Et aussi un peu pour les Musulmans&#8230;</em></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bafouant ouvertement l’article 2 de la loi de 1905 qui  indique que « La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne  aucun culte », le Premier Ministre a inauguré officiellement, au nom de  la République, une mosquée à Argenteuil</strong>. Maniant le bâton, il a dénoncé  le voile et la burqa, il a su aussi apporter la carotte d’un éloge de  l’Islam modéré et du rôle du Conseil Français du Culte Musulman pour  qu’il se fasse le gendarme de la communauté musulmane. <strong>C’est  l’instrumentalisation du communautarisme comme police de la pensée et  des comportements, comme au temps du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Concordat" target="_blank">concordat</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Contre la fusion de l’Enseignement public et privé</strong></em></span></p>
<p style="text-align: justify;">La Fédération Nationale de la Libre Pensée mène, elle, une action résolue, en regroupant  largement citoyens et associations dans tout le pays, pour refuser que  les enseignants du public surveillent des examens publics dans les  établissements privés. <strong>La séparation des Églises et de l’État a pour  corollaire scolaire la nette séparation de l’Enseignement public et de  l’école privée</strong>, <strong>séparation  qui est garante du respect absolu de la  liberté de conscience</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Contrairement à ce principe républicain, le Ministère de  l’Éducation nationale encourage cette <strong>violation laïque au nom de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Debr%C3%A9_de_1959" target="_self">loi  Debré</a></strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Debr%C3%A9_de_1959" target="_self"> </a>qui indique que « l’enseignement privé concoure à la mission de  service public d’instruction ». Pour la Libre Pensée, <strong>le simple retrait  ou la dissimulation (pour un court temps) d’emblèmes religieux dans les  salles d’examens ne retirent rien au « caractère propre religieux » des  établissements catholiques</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Parce qu’elle est restée fidèle au combat laïque, au  Serment de Vincennes du 19 juin 1960 et au mot d’ordre ! <em> <strong>« Fonds publics à l’École publique, fonds privés à  l’école privée »</strong></em><strong> </strong>, la Libre  Pensée refuse et combat tout rapprochement de l’enseignement public et  privé. Elle n’acceptera pas cette fusion rampante qui n’est qu’un retour  déguisé au funeste projet Savary.</p>
<p style="text-align: justify;">L’offensive antilaïque se poursuit&#8230; Citoyens, élus républicains de tout bord, réveillez-vous et sonnez le tocsin de la révolte !</p>
<p style="text-align: justify;">
]]></content:encoded>
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		<title>Quelle retraite !</title>
		<link>http://www.yannickserrano.fr/2010/06/16/quelle-retraite/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=quelle-retraite</link>
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		<pubDate>Wed, 16 Jun 2010 21:13:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le gouvernement vient de rendre public l’avant-projet de loi sur la réforme des retraites à l’issue d’une pseudo concertation. Voilà une réforme brutale pour un recul social sans précédent qui appelle de premiers commentaires : • En repoussant l’âge de départ à la retraite à 62 ans et l’âge de la retraite à taux plein à 67 ans (au lieu des 60 et 65 ans actuels), et en confirmant l’allongement de la durée de cotisation à 41,5 ans, les conditions d’acquisition des droits à la retraite en France seraient les plus drastiques en Europe, • La quasi-totalité des salariés du public et du privé sont concernés, • L’âge de départ en retraite serait repoussé à partir du 1er juillet 2011 sur un rythme accéléré pour atteindre 62 ans pour les salariés qui peuvent prétendre aujourd’hui à partir en retraite en 2016, • Le droit à la retraite à taux plein serait porté à 67 ans. Les femmes dont 30 % sont déjà contraintes aujourd’hui de partir à 65 ans en seront les principales victimes, • Les différentes mesures d’âge vont toucher plus particulièrement les jeunes. Ainsi, d’ici 2016, c’est plus d’un million d’emplois qui ne leur seront pas ouverts parce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://molex.unblog.fr/files/2008/11/grevegenerale10novembre08.jpg" alt="" width="295" height="448" />Le gouvernement vient de rendre public l’avant-projet de loi sur la réforme des retraites à l’issue d’une pseudo concertation.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà une réforme brutale pour un recul social sans précédent qui appelle de premiers commentaires :</p>
<p style="text-align: justify;">• En repoussant l’âge de départ à la retraite à 62 ans et l’âge de la retraite à taux plein à 67 ans (au lieu des 60 et 65 ans actuels), et en confirmant l’allongement de la durée de cotisation à 41,5 ans, <strong>les conditions d’acquisition des droits à la retraite en France seraient les plus drastiques en Europe</strong>,</p>
<p style="text-align: justify;">• La quasi-totalité des salariés du public et du privé sont concernés,</p>
<p style="text-align: justify;">• L’âge de départ en retraite serait repoussé à partir du 1er juillet 2011 sur un rythme accéléré pour atteindre 62 ans pour les salariés qui peuvent prétendre aujourd’hui à partir en retraite en 2016,</p>
<p style="text-align: justify;">• <strong>Le droit à la retraite à taux plein serait porté à 67 ans</strong>. <strong>Les femmes dont 30 % sont déjà contraintes aujourd’hui de partir à 65 ans en seront les principales victimes</strong>,</p>
<p style="text-align: justify;">• <strong>Les différentes mesures d’âge vont toucher plus particulièrement les jeunes</strong>. Ainsi, d’ici 2016,<strong> c’est plus d’un million d’emplois qui ne leur seront pas ouverts parce que leurs parents devront travailler plus longtemps</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">• Le traitement des salariés exerçant des métiers pénibles et astreignants relève de la provocation. Il n’y aurait aucun métier pénible. Seul serait apprécié le degré d’usure du salarié qui, le cas échéant, lui permettrait de continuer de partir à 60 ans. On est loin du droit au départ anticipé avant 60 ans pour une retraite en bonne santé, alors 15 % des salariés sont en situation en d&#8217;emploi pénible,</p>
<p style="text-align: justify;">• Pour les fonctionnaires, la cotisation retraite augmentera de 2,7 %. <strong>Le dispositif de départ anticipé pour les femmes ayant eu 3 enfants disparaîtrait</strong>. Au nom de l’équité, <strong>c’est l’alignement des droits par le bas</strong>,</p>
<p style="text-align: justify;">• Pour les régimes spéciaux : le gouvernement confirme que les mesures s’appliqueront aux salariés des régimes spéciaux. <strong>Nicolas Sarkozy et son gouvernement cherchent surtout à éviter un front uni de tous les salariés en différant la mise en œuvre en 2017</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi <strong>l’ensemble des dispositions affectant les droits en matière de retraite représenterait une ponction de 22,6 milliards d’euros en 2018, 25,1 milliards d’euros en 2020</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Parallèlement, <strong>les propositions concernant la mise à contribution des hauts revenus, des revenus du capital, des entreprises ne font qu’égratigner les dispositions en leur faveur</strong>. Leur seule vocation est de créer l’<strong>illusion</strong> que la réforme est juste. <strong>Les recettes attendues sur ce plan sont estimées à 4,4 milliards d’euros en 2020, soit 5 fois moins que les sacrifices imposés aux salariés</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Le projet de loi est très largement marqué de l’empreinte du MEDEF qui réclamait le report de l’âge légal de la retraite. <strong>Les entreprises obtiendraient de plus de nouvelles aides financières pour l’emploi des plus de 55 ans</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La brutalité  des mesures gouvernementales vise à répondre à la pression des marchés financiers et des agences de notation</strong> qui exigent une réduction des budgets publics et sociaux dans tous les pays européens.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright" src="http://blog.fanch-bd.com/images/politique/greve_generale_19mars.jpg" alt="" width="360" height="321" />Non content d’affaiblir encore davantage le système de retraite par répartition, en accentuant les conséquences des réformes antérieures qui amputent déjà le niveau des retraites, le gouvernement n’apporte aucune réponse nouvelle aux défis du chômage, des bas salaires et de la précarité. C’est pourtant dans la réponse à ces problèmes que réside l’essentiel des solutions garantissant la pérennité des retraites.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette réforme des retraites doit être résolument combattue par toutes et tous, sans distinction : jeunes, anciens, actifs, retraités, salariés du public ou du privé, hommes, femmes, chômeurs car tous seront lourdement pénalisés.</p>
<p style="text-align: justify;">Chaque salarié  de tout âge et de toute profession doit prendre conscience que c’est de sa mobilisation que tout va désormais dépendre l&#8217;avenir de lui-même et de ses enfants ou petits enfants&#8230; Plus tard, il sera trop tard et le gouvernement se sentirait en position de faire avaler au peuple de nouvelles régressions sociales, demain clairement l&#8217;assurance maladie !</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les salariés doivent mener campagne pour de grandes manifestations unitaires et interprofessionnelles le jeudi 24 juin prochain et l’organisation de nombreux arrêts de travail dans le privé et le public.</p>
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		<title>Quand l&#8217;agonie silencieuse de la Laïcité sonne celle de la République</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Jun 2010 20:16:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
				<category><![CDATA[Au Premier Plan]]></category>
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		<description><![CDATA[Episode 11 de la saga sarkozyste : Quand l&#8217;agonie silencieuse de la Laïcité sonne celle de la République Je me suis amusé cette semaine à interroger des enfants scolarisés en école primaire, du CP au CM2. Je leur ai demandé s&#8217;ils avaient déjà entendu parler de la Laïcité dans le cadre de l&#8217;école par les enseignants. J&#8217;ai obtenu des réponses fort peu satisfaisantes. Peu étonnant qu&#8217;une petite fille de 7ans ne soit pas trop en mesure de comprendre le mot laïcité même si je crois quand même que l&#8217;on peut faire entrevoir à une enfant de cet âge, la différence entre un enseignement dénué de toute référence aux religions, y compris dans le simple encadrement, y compris dans les &#171;&#160;éléments de mobilier&#160;&#187;&#8230; Plus surprenant qu&#8217;une enfant de 11 ans ne soit pas en mesure de me parler du mot laïcité et ne réponde à mes questions que par un maigre &#160;&#187; la maîtresse en a parlé vaguement en histoire, c&#8217;est tout ce qui est pas religieux&#160;&#187;. Mea Culpa, les cordonniers sont aussi les plus mal chaussés. Dès la semaine prochaine j&#8217;entame une formation sérieuse et amusante pour les deux jeunes ingénues&#8230; Reprenons les choses sobrement, l&#8217;adjectif laïque désigne une société, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Episode 11 de la saga sarkozyste : Quand l&#8217;agonie silencieuse de la Laïcité sonne celle de la République</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-1105" title="cure" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/06/cure-300x258.jpg" alt="" width="300" height="258" />Je me suis amusé cette semaine à interroger des enfants scolarisés en école primaire, du CP au CM2. Je leur ai demandé s&#8217;ils avaient déjà entendu parler de la Laïcité dans le cadre de l&#8217;école par les enseignants. J&#8217;ai obtenu des réponses fort peu satisfaisantes. Peu étonnant qu&#8217;une petite fille de 7ans ne soit pas trop en mesure de comprendre le mot laïcité même si je crois quand même que l&#8217;on peut faire entrevoir à une enfant de cet âge, la différence entre un enseignement dénué de toute référence aux religions, y compris dans le simple encadrement, y compris dans les &laquo;&nbsp;éléments de mobilier&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Plus surprenant qu&#8217;une enfant de 11 ans ne soit pas en mesure de me parler du mot laïcité et ne réponde à mes questions que par un maigre &nbsp;&raquo; la maîtresse en a parlé vaguement en histoire, c&#8217;est tout ce qui est pas religieux&nbsp;&raquo;. Mea Culpa, les cordonniers sont aussi les plus mal chaussés. Dès la semaine prochaine j&#8217;entame une formation sérieuse et amusante pour les deux jeunes ingénues&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Reprenons les choses sobrement, l&#8217;adjectif laïque désigne une société, ou une partie de la  société, qui n&#8217;est pas sous la responsabilité ou la domination de clercs  religieux : on parlera d&#8217;enseignement laïque, de société laïque, etc.,  comme on pouvait parler au Moyen  Âge d&#8217;abbatia laïque pour celui qui tenait en fief les revenus  d&#8217;une abbaye.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;adjectif <em>laïque</em> désigne en particulier un partisan ou un  militant de la <em>laïcité</em>,  c&#8217;est-à-dire de l&#8217;indépendance de la société civile à l&#8217;égard des  institutions religieuses et du domaine religieux de façon générale.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon la gramairienne et lexicographe Bénédicte Gaillard,  l&#8217;adjectif s&#8217;écrit « laïque » au masculin comme au féminin. La forme « laïc » est réservée au seul nom masculin. On  dira donc, sans connotation idéologique  particulière, « enseignement laïque » et « école laïque ».</p>
<p style="text-align: justify;">Je crois qu&#8217;il serait très long et probablement très polémique que d&#8217;accabler outre mesure le corps enseignant de &laquo;&nbsp;manquements&nbsp;&raquo; mais j&#8217;ose affirmer qu&#8217;il est anormal en 2010 qu&#8217;un enfant de 11 ans ignore tout du mot laïcité. Évidemment les parents restent les premiers éducateurs, mais les enseignants de 2010 sont-ils préoccupés, au-delà de l&#8217;enseignement des savoirs magistraux, par la formation des futurs citoyens ? Les enseignants de 2010 sont-ils préoccupés par la formation des esprits à la critique, au doute ? Ont-ils même encore conscience du rôle magique et capital qui est le leur au-delà de l&#8217;apprentissage des savoirs ? Accordons leur pour excuse de ne plus être eux-mêmes formés et sensibilisés à des sujets au moins autant formateurs pour les esprits que la grammaire et les mathématiques&#8230; Mais les parents eux-mêmes, où sont-ils ? Où sommes-nous ? Il est plus qu&#8217;urgent de &laquo;&nbsp;reprendre le manche&nbsp;&raquo; !</p>
<p style="text-align: justify;">Au moment où se prépare le 50e anniversaire du <strong> <em>« Serment de Vincennes »</em></strong>,  viennent d’être publiés les chiffres de postes ouverts aux concours de  l’enseignement privé (CAFEP).<em> </em><span> </span></p>
<blockquote>
<div><em><span><span><big></big><big><strong>Le Serment de Vincennes</strong></big><br />
Vincennes &#8211; Décadi, 30 Prairial, An CLXVIII (19 juin 1960)</span></span><br />
Nous, délégués des pétitionnaires des communes de France, représentant 10 813 697 Françaises et Français de toutes origines et de toutes opinions, ayant signé la protestation solennelle contre la loi scolaire de division du 31.12.1959, faisons le serment solennel :<br />
</em></div>
<div><em>- de manifester en toutes circonstances et en tous lieux notre irréductible opposition à cette loi contraire à l&#8217;évolution historique de la Nation ;<br />
- de lutter sans trêve et sans défaillance jusqu&#8217;à son abrogation ;<br />
- et d&#8217;obtenir que l&#8217;effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l&#8217;école de la Nation, espoir de notre jeunesse.</em></div>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Rappelons que le nombre de postes aux concours de  l’enseignement public (CAPES externe) continue à diminuer régulièrement  (5006 postes cette année contre 5095 l’an dernier). Pendant ce temps, le  nombre de postes au CAFEP-CAPES (concours externe du privé), cette  année, a été multiplié par deux (1 260 postes contre 569 l’an dernier) !</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, par exemple, en philosophie, le nombre de postes  dans le privé a été multiplié par 4 (20 cette année, contre 5 l’an  dernier), alors que l’enseignement ne présente, pour cette discipline,   que 32 postes&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au même moment, une lutte de chaque instant se joue loin du feu des projecteurs médiatiques qui n&#8217;ont toujours pas saisi l&#8217;étendue du puzzle antilaïque qui se joue sur fond d&#8217;offensive sans équivalent historique du président de la république et du gouvernement en appui de l&#8217;enseignement catholique et de la marchandisation à venir du système éducatif en entier.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour ceux qui auraient besoin de petits rappels : <a href="http://www.yannickserrano.fr/2008/08/04/main-basse-sur-lecole-publique/" target="_blank">article1</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2008/12/11/la-laicite-encore-attaquee/" target="_blank">article2</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2008/12/22/scandale-diplomes-catholiques-reconnus-par-la-france/" target="_blank">article3</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/04/17/le-resultat-dune-politique-incessante-dattaque-de-la-laicite-et-daugmentation-du-communautarisme/" target="_blank">article4</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/04/30/les-medias-nont-pas-encore-annonce-la-mort-de-la-laicite-francaise-assassinee-le-16-avril-2009-par-un-certain-nicolas-sarkozy/" target="_blank">article5</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/07/12/voiles-foulards-et-autres-artifices-une-question-degalite-de-laicite-et-de-citoyennete/" target="_blank">article6</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/09/07/le-combat-en-faveur-de-la-laicite-plus-que-jamais-dactualite/" target="_blank">article7</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/09/07/le-combat-en-faveur-de-la-laicite-plus-que-jamais-dactualite/" target="_blank">article8</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/10/01/place-a-lenseignement-confessionnel-adieu-laicite/" target="_blank">article9</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/10/08/les-socialistes-sopposent-aux-ventes-a-la-decoupe-de-leducation-reaffirmons-limperieuse-necessite-dune-laicite-intransigeante/" target="_blank">article10</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2010/01/28/quand-la-laicite-est-defendue-elle-gagne-indiscutablement/" target="_blank">article11</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2010/02/15/letat-fusionne-universite-publique-et-universite-catholique/" target="_blank">article12 </a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<div style="text-align: justify;">Après que la suppression de 60 000 postes d&#8217;enseignants ait déjà saigné les conditions de l&#8217;éducation offerte à nos enfants, le Ministre de l&#8217;Education Nationale, Luc Châtel promet sournoisement à travers un document confidentiel d&#8217;en sabrer encore entre 15 000 et 17 000 pour 2011.</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>Mais pour les adeptes de l&#8217;enseignement privé, point d&#8217;inquiétude. il a, lui, vu naître en février 2010 la &laquo;&nbsp;Fondation Saint-Mathieu&nbsp;&raquo;, catholique évidemment&#8230; Son objet ? Réunir tout bonnement 1 000 000 000 d&#8217;euros d&#8217;investissements dans les dix années qui viennent afin de financer la construction et la rénovation d&#8217;établissements privés catholiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant de poursuivre, rappelons qu&#8217;en France, ce sont les régions qui financent seules la construction et la rénovation des lycées, cela a son importance.</p>
<p><strong>Tenez-vous bien, la &laquo;&nbsp;Fondation Saint-Mathieu&nbsp;&raquo; (proche de &laquo;&nbsp;l&#8217;Opus Dei &laquo;&nbsp;et des &laquo;&nbsp;Légionnaires du Christ&nbsp;&raquo; :  tout un programme) a été fondée sur le socle d&#8217;une association de type loi de 1901 (l’Association d’Entraide des Établissements d’enseignement privé  d’Ile-de-France) et bénéficiant de ce statut, elle a pu &laquo;&nbsp;miraculeusement&nbsp;&raquo; obtenir le précieux sésame de &laquo;&nbsp;Fondation d&#8217;Utilité Publique&nbsp;&raquo; ! Juste après le scandale de Saint Eloi, cela devrait suffire à démontrer qu&#8217;une proportion non négligeable d&#8217;élus UMP a bien décidé si ce n&#8217;est de tuer l&#8217;enseignement public, tout au moins assume clairement la &laquo;&nbsp;non assistance&nbsp;&raquo; à personne en danger.</strong></p>
<p><strong>Cette réussite exceptionnelle permet donc à la &laquo;&nbsp;Fondation Saint-Mathieu&nbsp;&raquo; d&#8217;offrir à ses généreux donateurs des réductions d&#8217;impôts non négligeables</strong> (75% pour les assujettis à l&#8217;ISF et 60% pour les autres) ! Voilà comment retrouver nos niches fiscales soit disant rabotées&#8230; (<a href="http://www.fondation-st-matthieu.org/" target="_blank">voir le beau contentement de Saint-Mathieu</a>)</p>
<p>Les aides publiques font le bonheur de la fondation Saint-Matthieu, qui ne manque pourtant pas de “recettes”. Rêvée par le journal d’extrême droite Minute dans les années 1980, la fondation est co-présidée par <strong>Claude Bébéar</strong>, l’ancien patron d’AXA, dont le catholicisme fervent, presque traditionaliste, le pousse à accepter des invitations du centre Garmelle, tenu par l’Opus Dei.</p>
<p>Sur la liste du comité d’honneur de l’association, figurent des personnalités originales. A l’instar du Cardinal Vingt-trois, Archevêque de Paris, Président de la Conférence des Evêques de France ; et de Monseigneur Aumônier, évêque de Versailles, président de l’Enseignement Catholique en France. Mais aussi d’autres, plus inattendues. Comme l’ancien chef d’état major de la Marine ou le Président d’honneur du groupe Bayard Presse. Du beau monde en somme&#8230;</p>
<p>A l’image des constructions réalisées par la fondation qui, précise-t-elle, “déploie son action dans toute la France”. Ainsi, <strong>le lycée Jean-Paul II, à Sartrouville (78) (un établissement s’inscrivant dans la “Dynamique Espoir Banlieue”, portée par Fadela Amara , tiens donc) a-t-il été construit en partie grâce à Saint-Matthieu, qui apporta un tiers des fonds. Un autre tiers provenant de la région Ile-de-France, carrément !</strong></p>
<p>Saint-Matthieu cherche maintenant à obtenir le soutien, financier si possible, de la mairie de la Courneuve !</p>
<p><strong>Pour rappel, l&#8217;article L151-3 du code de l&#8217;éducation interdit tout financement public des écoles et le 151-4 n&#8217;autorise pas le dépassement à hauteur de 10% des fonds propres.  Les gestions collège et primaire doit être distinctes. Sur ces bases, les aides octroyées par la Région Ile de France au lycée Jean-Paul II, à Sartrouville (78) sont attaquables en justice ! Le seront-elles ? et par qui ?&#8230;</strong><strong>L&#8217;Assemblée Nationale financerait elle aussi ?</strong></p>
<p>Saint-Joseph : une nouvelle étape pour le groupe scolaire &#8211; Mûr-de-Bretagne. <strong>À la rentrée 2011-2012, le groupe scolaire Saint-Joseph devrait être équipé d&#8217;un nouveau bâtiment commun à l&#8217;école et au collège.</strong> Une demande de permis de construire vient d&#8217;être déposée. Pierre Le Corre, président de l&#8217;Organisme de gestion (OGEC), présente le projet.</p>
<p><strong>Quel en sera le coût ? Nous partons sur un estimatif de 440 000 € TTC avec un autofinancement de 130 000 € et un emprunt de 270 000 €. Nous avons quelques pistes pour des demandes de subventions : auprès du conseil général, de l&#8217;Assemblée Nationale, de l&#8217;Udogec.</strong> Mais il nous manque environ 40 000 €. Pour limiter le recours à l&#8217;emprunt, nous avons décidé de lancer <strong>une souscription</strong> dès dimanche, jour de la kermesse, auprès des parents, des anciens élèves, des sympathisants qui veulent nous soutenir en mettant en vente 4 000 ardoises, à 10 € l&#8217;unité. <strong>Cette souscription sera gérée par la Fondation Saint-Mathieu, une association reconnue d&#8217;utilité publique. Les dons seront déductibles des impôts.</strong></p>
</div>
<div style="text-align: justify;">La Laïcité se meurt, les Laïques se cachent ou renoncent et la République part en lambeaux.</div>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Nouvelles du Vin</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Jun 2010 17:43:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
				<category><![CDATA[Viticulture]]></category>
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		<description><![CDATA[Le pôle Sud-ouest de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV Sud-ouest) s’est associé avec le Laboratorio de Analysis del Aroma y Enologia (LAAE), laboratoire de la Faculté des Sciences de Saragosse, dans un projet européen de R&#38;D transfrontalier. Baptisé Vinaromas, ce projet a pour but la valorisation aromatique des vins du massif pyrénéen, élaborés à partir des cépages Fer Servadou, Gros Manseng, Grenache et Carignan. Initié en 2009 pour une durée de 3 ans, ce projet est développé dans le cadre d’un programme de coopération territoriale entre l’Espagne, la France et l’Andorre. Les principaux objectifs de ce projet sont : d’identifier les molécules qui participent aux arômes des 4 cépages étudiés (Gros Manseng, Fer Servadou, Grenache et Carignan) de rechercher la typicité aromatique des vins élaborés d’évaluer l’impact de différentes techniques viticoles et œnologiques sur le potentiel aromatique. de mettre à la disposition des techniciens et des œnologues des outils pour améliorer la qualité aromatique des vins Sur les cépages rouges, l’impact de deux niveaux de maturité sur le potentiel aromatique sera étudié, tout comme l’influence de différentes techniques œnologiques: utilisation de morceaux de chêne de toast différents, macération préfermentaire à froid, macération carbonique, macération préfermentaire à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le pôle Sud-ouest de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV Sud-ouest) s’est associé avec le Laboratorio de Analysis del Aroma y Enologia (LAAE), laboratoire de la Faculté des Sciences de Saragosse, dans un projet européen de R&amp;D transfrontalier. Baptisé Vinaromas, ce projet a pour but la valorisation aromatique des vins du massif pyrénéen, élaborés à partir des cépages Fer Servadou, Gros Manseng, Grenache et Carignan. Initié en 2009 pour une durée de 3 ans, ce projet est développé dans le cadre d’un programme de coopération territoriale entre l’Espagne, la France et l’Andorre. Les principaux objectifs de ce projet sont :</p>
<ol>
<li> d’identifier les molécules qui participent aux arômes des 4 cépages étudiés (Gros Manseng, Fer Servadou, Grenache et Carignan)</li>
<li>de rechercher la typicité aromatique des vins élaborés</li>
<li>d’évaluer l’impact de différentes techniques viticoles et œnologiques sur le potentiel aromatique.</li>
<li>de mettre à la disposition des techniciens et des œnologues des outils pour améliorer la qualité aromatique des vins</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;">Sur les cépages rouges, l’impact de deux niveaux de maturité sur le potentiel aromatique sera étudié, tout comme l’influence de différentes techniques œnologiques: utilisation de morceaux de chêne de toast différents, macération préfermentaire à froid, macération carbonique, macération préfermentaire à chaud (MPC),MPC avec macération fermentaire, macération courte couplée à une fin de fermentation en phase liquide à basse température.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur Gros Manseng, l’étude portera sur deux parcelles présentant des niveaux de contrainte hydrique différents (nulle à modérée). Différentes techniques de vinification seront également testées : réalisation de FML totale ou partielle, utilisation de levure du genre Schizosaccharomyces.</p>
<p style="text-align: justify;">La maîtrise des poplyphénols dans les vins de Gros Manseng sera abordée à travers l’étude en macération pelliculaire de différents couples température/durée, et à travers l’utilisation en fermentation, de morceaux de chêne à fort pouvoir sucrant.<br />
Les raisins, français comme espagnols, ont été vinifiés sur le site de micro-vinification V’innopôle (Tarn). L’évaluation du potentiel aromatique des raisins est réalisée par le LAAE à Sarragosse. Les vins élaborés en 2009 seront présentés prochainement à la dégustation aux vignerons de Gaillac et du Gers au cours de session de restitution organisées en partenariat avec les syndicats.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em>OCM : l&#8217;AREV demande &laquo;&nbsp;une  réforme de la réforme&nbsp;&raquo; de l&#8217;organisation du marché du vin</em></span></h4>
<p style="text-align: justify;">Le règlement (CE) No 1234/2007 du Conseil du 22 octobre 2007  portant organisation commune des marchés dans le secteur agricole  (règlement «OCM unique») prévoit dans son article 184 l&#8217;établissement de  rapports sur la mise en application de la réforme OCM. En matière de  viticulture, le paragraphe 8 précise que <em>&laquo;&nbsp;La Commission présente un  rapport: (&#8230;) avant la fin de 2012, sur le secteur vitivinicole, en  tenant compte en particulier de l’expérience acquise dans le cadre de la  mise en oeuvre de la réforme.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Réunie le 28 mai dernier en session plénière à Poreč, en Croatie,  l&#8217;Assemblée des Régions Européennes Viticoles (AREV) a recensé les  difficultés traversées par les vignerons, <em>&laquo;&nbsp;en dépit des importantes  mesures d’arrachage et de promotion engagées depuis 2008&#8243;</em>, et  exprimé sa crainte que la déreglementation engagée, loin de faciliter la  sortie de crise, <em>&laquo;&nbsp;n’accroisse au contraire les effets néfastes au  plan socio-économique, notamment pour les petites et moyennes  exploitations&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;AREV a donc adopté à l&#8217;unanimité une résolution dans laquelle elle <em>&laquo;&nbsp;exige  que l’évaluation des effets de la réforme imposée à la Commission (&#8230;)  ne constitue pas un simple rapport d’étape, mais bien l’occasion de  juger de la nécessité de réformer la réforme, à la lumière de son impact  économique, social et environnemental&nbsp;&raquo;.</em> Elle recommande notamment<em> </em>:<em><br />
</em>•	le maintien du cadre général des droits de plantation,<br />
•	le maintien et le renforcement du cadastre viticole,<br />
•	le maintien des règles d’étiquetage différenciant les AOP/IGP et  autres vins,<br />
•	le maintien du dispositif financier propre au secteur viticole dans le  premier pilier,<br />
• la liberté pour les Etats membres d’orienter les aides de l’Union  Européenne (promotion à l’extérieur ou à l’intérieur de l’Union  Européenne ou aux vignobles à caractère particulier, comme les vignobles  à forte pente…).</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, l&#8217;Assemblée a renouvelé sa demande de mise en place d’un  Observatoire de la viticulture européenne<em>, &laquo;&nbsp;qui donne les moyens de  connaitre précisément la situation dans les différentes régions et les  différents Etats&nbsp;&raquo;.</em></p>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><img class="alignleft" src="http://www.vitisphere.com/upload/images/Image/denisverdier.jpg" alt="" width="219" height="259" />Denis Verdier, </em> président des Coopératives Viticoles de France</span><span style="text-decoration: underline;"><em> : « On ne peut nous supprimer à la fois la  régulation et le soutien aux démarches entrepreneuriales, ou alors,  l’OCM est un marché de dupes »</em></span></h4>
<p>La campagne 2009-2010 se termine le 31 juillet prochain, quel bilan  en tire-t-on du côté des caves coopératives ?</p>
<p style="text-align: justify;">La situation du marché est inquiétante. Si l’on sent depuis quelques  mois une activité plus soutenue dans les volumes, les prix actuels sont  restés à des niveaux faibles.</p>
<p style="text-align: justify;">De notre point de vue, la campagne  2009-2010 se terminera sur des stocks minorés qui devraient donc  permettre une reprise des cours pour la campagne prochaine. Cette  reprise des cours est indispensable pour l’équilibre financier des  exploitations.</p>
<p style="text-align: justify;">A plus long terme, la crise laisse des traces, en  témoignent l’abandon ou de l’arrachage d’un grand nombre d’hectares de  vigne.</p>
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		<title>L&#8217;austérité arrive !</title>
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		<pubDate>Sun, 21 Mar 2010 15:54:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ça y est, le deuxième tour des élections régionales en France n&#8217;est même pas achevé que déjà l&#8217;horizon de l&#8217;austérité pointe le bout de son nez, comme on pouvait s&#8217;y attendre !  Ce n&#8217;est pas faute pourtant pour la droite d&#8217;avoir démenti depuis plusieurs semaines, ce que nombre de spécialistes ou d&#8217;observateurs avertis de la politique française prédisaient comme des oiseaux de mauvaise augure que personne ne voulait vraiment croire&#8230; Ainsi, les pays développés avec des déficits publics élevés (dont la France)  doivent commencer dès aujourd&#8217;hui à préparer leurs opinions publiques aux mesures d&#8217;austérités qui seront nécessaires à partir de l&#8217;an prochain, a estimé aujourd&#8217;hui le numéro deux du Fonds monétaire international, instance proche des pouvoirs gouvernementaux libéraux et des quatre ou cinq plus grandes nations économiques&#8230; Croyez-vous réellement que le n°2 du FMI ait pu se permettre une telle sortie le jour même des élections régionales en France sans vouloir adresser un message à l&#8217;opinion et aux médias?&#8230; Le n°1 du FMI, un certain Dominique Strauss-Khan, ne pouvait décemment pas envoyer lui-même le signal sans se positionner comme un acteur, à nouveau, de la politique française. Non mais, faire adresser le signal lui était possible&#8230; Des cerveaux malicieux pourraient [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-1084" title="L319xH321_Austerite-108bc" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/03/L319xH321_Austerite-108bc-298x300.jpg" alt="" width="298" height="300" />Ça y est, le deuxième tour des élections régionales en France n&#8217;est même pas achevé que déjà l&#8217;horizon de l&#8217;austérité pointe le bout de son nez, comme on pouvait s&#8217;y attendre !  Ce n&#8217;est pas faute pourtant pour la droite d&#8217;avoir démenti depuis plusieurs semaines, ce que nombre de spécialistes ou d&#8217;observateurs avertis de la politique française prédisaient comme des oiseaux de mauvaise augure que personne ne voulait vraiment croire&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, les pays développés avec des déficits publics élevés (dont la France)  doivent  commencer dès aujourd&#8217;hui à préparer leurs opinions publiques aux  mesures d&#8217;austérités qui seront nécessaires à partir de l&#8217;an prochain, a  estimé aujourd&#8217;hui le numéro deux du Fonds monétaire international, instance proche des pouvoirs gouvernementaux libéraux et des quatre ou cinq plus grandes nations économiques&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Croyez-vous réellement que le n°2 du FMI ait pu se permettre une telle sortie le jour même des élections régionales en France sans vouloir adresser un message à l&#8217;opinion et aux médias?&#8230; Le n°1 du FMI, un certain Dominique Strauss-Khan, ne pouvait décemment pas envoyer lui-même le signal sans se positionner comme un acteur, à nouveau, de la politique française. Non mais, faire adresser le signal lui était possible&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Des cerveaux malicieux pourraient y voir deux choses fortes dans l&#8217;annonce : &laquo;&nbsp;vous allez prendre une cure d&#8217;austérité jamais connue, je vous l&#8217;annonce&nbsp;&raquo;, et un &laquo;&nbsp;attendez, j&#8217;arrive !&#8230;&nbsp;&raquo; Mais je suis certain qu&#8217;aucun de mes lecteurs n&#8217;est malicieux, évidemment&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-medium wp-image-1085" title="austerite" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/03/austerite-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" />Alors, peut-être que nous pouvons dormir tranquille quand John Lipsky, directeur général adjoint du FMI, dit très exactement ceci <em><strong>&laquo;&nbsp;l&#8217;ampleur  des ajustements qui vont devoir être mis en oeuvre est si vaste qu&#8217;ils  risquent de se traduire par un recul des allocations santé et retraite,  une réduction des dépenses publiques et une hausse des impôts&nbsp;&raquo;</strong></em>.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Relever ce défi budgétaire est une priorité essentielle à court  terme car les inquiétudes à propos de la soutenabilité en termes  budgétaires pourraient entamer la confiance dans la reprise économique&nbsp;&raquo;,  souligne John Lipsky dans un discours préparé en vue de son  intervention devant le Forum de développement de la Chine.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>&laquo;&nbsp;Déjà dans plusieurs pays avec des déficits et une dette  particulièrement élevés, la prime sur le risque souverain a augmenté  fortement, ce qui pèse sur les pays concernés et augmente le risque  d&#8217;une possible contagion&nbsp;&raquo;</strong></em>, ajoute-t-il.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour la plupart des économies développées, il est pour l&#8217;instant  approprié de conserver les mesures de soutien à l&#8217;économie mais  l&#8217;assainissement des finances publiques devra démarrer dès l&#8217;an prochain  si la reprise économique suit son cours, a expliqué le numéro deux du  FMI.</p>
<p style="text-align: justify;">Préparons-nous à souffrir !&#8230;</p>
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		<title>Le sarkozysme, une idéologie de rupture</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 21:19:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Morceaux choisis&#8230; Dans l’univers médiatique contemporain, le temps s’est accéléré. L’information se consomme au quotidien, voire d’heure en heure, sur les fils internet. Une actualité chasse l’autre et, après avoir fait la « une » des journaux, disparaît dans l’oubli. La gestion médiatique impulsée par Nicolas Sarkozy, résolument modernisée, a encore renforcé l’accélération de l’information. L’Elysée orchestre un à deux évènements médiatiques par jour, confortant cette course à l’instantané. Résultat : l’analyse disparaît derrière le flux de l’information brute, de « l’actu ». La démocratie politique a du mal à s’exprimer : l’opposition n’a souvent guère plus de quelques heures pour réagir aux annonces gouvernementales ; au-delà, ses messages sont inaudibles, frappés de péremption. Les citoyens, noyés dans ce flot, n’ont pas les moyens d’évaluer l’action du gouvernement. Tel est justement l’une des missions de Terra Nova. Adossés à un réseau de près de 500 intellectuels et experts (universitaires, hauts fonctionnaires, associatifs, experts du privé), nous décryptons au quotidien les politiques publiques, pour en donner une lecture progressiste, « vue de gauche » . C’est également l’objet de ce livre : revenir sur les principaux sujets politiques qui marquent l’actualité, approfondir le décryptage, le rendre accessible à tous. Il a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-1076" title="couv2" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/03/couv2-191x300.jpg" alt="" width="205" height="323" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Morceaux choisis&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans l’univers médiatique contemporain, le temps s’est accéléré.  L’information se consomme au quotidien, voire d’heure en heure, sur les  fils internet. Une actualité chasse l’autre et, après avoir fait la «  une » des journaux, disparaît dans l’oubli.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La gestion médiatique  impulsée par Nicolas Sarkozy, résolument modernisée, a encore renforcé  l’accélération de l’information. <strong>L’Elysée orchestre un à deux évènements  médiatiques par jour, confortant cette course à l’instantané.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résultat  : l’analyse disparaît derrière le flux de l’information brute, de «  l’actu ». La démocratie politique a du mal à s’exprimer : l’opposition  n’a souvent guère plus de quelques heures pour réagir aux annonces  gouvernementales ; au-delà, ses messages sont inaudibles, frappés de  péremption. Les citoyens, noyés dans ce flot, n’ont pas les moyens  d’évaluer l’action du gouvernement.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tel est justement l’une des missions de Terra Nova. Adossés à un  réseau de près de 500 intellectuels et experts (universitaires, hauts  fonctionnaires, associatifs, experts du privé), nous décryptons au  quotidien les politiques publiques, pour en donner une lecture  progressiste, « vue de gauche » .</p>
<p style="text-align: justify;">C’est également l’objet de ce  livre : revenir sur les principaux sujets politiques qui marquent  l’actualité, approfondir le décryptage, le rendre accessible à tous. Il a  vocation à devenir un rendez-vous annuel. C<strong>haque chapitre s’attaque à  un des grands thèmes qui ont fait polémique ces douze derniers mois, au  cœur de l’action gouvernementale, et vise à en donner les clés de  compréhension.</strong> Derrière le barnum politico-médiatique, quelle est la  réalité des politiques qui sont menées ? Quel jugement porter ? Peut-on  formuler des politiques alternatives ?</p>
<p style="text-align: justify;">Les auteurs ? Des  personnalités membres du réseau de Terra Nova, issues de tous horizons :  philosophes, sociologues, économistes, acteurs de la société civile,  magistrats, experts de l’administration et du privé.<br />
A leur lecture,  <strong>les lignes de force des politiques gouvernementales se dégagent  nettement.</strong> Elles dessinent la vraie nature du sarkozysme.<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On a  beaucoup dit que Nicolas Sarkozy était un pragmatique, un politique à la  grande plasticité idéologique, brouillant les cartes, capable de «  piocher » dans toutes les familles intellectuelles en fonction des  circonstances.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour accréditer cette thèse, il y a bien sûr le  débauchage de personnalités de gauche.</strong> Mais <strong>on peine à identifier dans  cette « ouverture » les emprunts aux idées de gauche. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Eric Besson,  certes ancien socialiste, est commis depuis son ministère de l’identité  nationale à la chasse aux voix lepénistes.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bernard Kouchner, l’homme du «  droit d’ingérence humanitaire », doit subir une réorientation de la  diplomatie française vers une realpolitik agressive, dictée par  l’Elysée, aux antipodes de sa vision fondée sur les droits de l’homme. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux affaires européennes pendant  la présidence française de l’Union, est un fédéraliste européen  convaincu, à l’opposé de la vision intergouvernementale du Président de  la République.</p>
<p style="text-align: justify;">Fadela Amara, Martin Hirsch tentent de défendre leurs  causes, les banlieues et la lutte contre la pauvreté. Mais ils donnent  l’impression de se battre essentiellement contre leur propre  gouvernement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le cas de Jean-Marie Bockel est le plus révélateur. Il a  été débarqué du secrétariat d’Etat à la coopération après avoir annoncé  vouloir mettre fin à la « Françafrique ». En d’autres termes : débaucher  des hommes de gauche, oui ; mais importer leurs idées, non. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">« Des  parcours individuels », résume Jean-Pierre Jouyet. Mais pas d’emprunt  idéologique.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le fond, <strong>le traitement de la crise est souvent présenté comme  la démonstration éclatante de ce pragmatisme : relance macroéconomique,  interventionnisme étatique pour sauver les banques – en bref, la grande  panoplie sociale-démocrate. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Voire. <strong>Tous les pays développés, sans  exception, sont intervenus massivement pour secourir leur économie au  bord de l’effondrement.</strong> <strong><span style="color: #ff0000;">Dans ce retour généralisé de l’Etat, c’est le  gouvernement français qui en a le plus limité, ou cherché à en limiter,  la portée : un plan de relance parmi les plus modestes de l’OCDE ; une  aide financière sans précédent pour les banques (320 milliards d’euros),  mais sans nationalisation (contrairement au Royaume-Uni et aux  Etats-Unis).</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Élément positif, plus calculé celui-là, dans l’escarcelle  présidentielle : l’écologie. Grenelle de l’environnement I &amp; II,  mise en avant de la « croissance verte » dans le cadre du « grand  emprunt »</strong>, taxe carbone, agitation diplomatique pour Copenhague,  nomination de ministres aux compétences reconnues (Nathalie  Kosciusko-Morizet puis Chantal Jouanno), opération séduction – avortée –  en direction de Nicolas Hulot : le président en fait des tonnes.  Certes, là encore, le discours est très en avance sur les actes. Il y a  beaucoup d’affichage «  Canada Dry ».</p>
<p style="text-align: justify;">Cet infléchissement  écologique n’appartient pas à l’ADN du sarkozysme. Il est carrément  étranger à la droite française. <strong>L’objectif est avant tout tactique :  capter la partie la plus volatile de l’électorat progressiste, les «  bobos » aisés urbains, dans la perspective des prochaines échéances  présidentielles.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Ces éléments, ainsi que quelques autres plus  anecdotiques (la suppression de la publicité à la télévision par  exemple), ne traduisent pas la vraie nature des politiques en cours.  Elles la brouillent au contraire. Le sarkozysme n’est pas un pragmatisme  dérivant vers le centre de l’échiquier politique. C’est tout l’inverse :  une idéologie de rupture néoconservatrice.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous sortons, en France, d’une longue paix idéologique. Elle  scellait la victoire des valeurs de progrès. La France a vécu, depuis  1945, sur un compromis que l’on peut qualifier, pour aller vite, de «  social-démocrate ». Un modèle de société fondé sur deux piliers. La  démocratie, avec l’extension des libertés individuelles, la protection  des droits du citoyen, le développement des droits de l’homme : en cela,  notre modèle est fondamentalement un modèle humaniste. Et le social,  avec l’Etat-providence, les services publics, la fiscalité  redistributive : il s’agit d’un modèle égalitaire, un modèle de  solidarité .</p>
<p style="text-align: justify;">La gauche, tout comme le gaullisme social, avaient promu  ce modèle social-démocrate après-guerre. La droite avait accepté  d’accompagner ces évolutions, moteurs d’une prospérité inédite sous les  Trente Glorieuses.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Avec la crise contemporaine du modèle  social-démocrate, le compromis idéologique a volé en éclats. Désormais,  la droite est à l’offensive. Elle a longtemps hésité, sous Jacques  Chirac. C’est fini. Nicolas Sarkozy a été le premier, en France, à  revendiquer « la rupture », « le changement » : la fin du pacte social  historique.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le sarkozysme met en œuvre une double rupture de fond,  qui s’attaque aux deux piliers de la social-démocratie et esquisse un  basculement néoconservateur.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Une rupture antihumaniste, tout d’abord</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Elle se caractérise par la recherche systématique de coupables, de  boucs émissaires à désigner à la vindicte collective.</strong> <strong>Il y a toujours  les bons citoyens à protéger et les mauvais à bannir hors de la  communauté nationale – les immigrés, les musulmans, la racaille de  banlieue, les délinquants, les assistés, les fonctionnaires privilégiés…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cet  antihumanisme se déploie dans le débat sur l’identité nationale. <strong>La  vision néoconservatrice de la nation est figée sur l’identité fantasmée  du passé, à tentation ethnique (blanche), à coup sûr culturaliste  (religieuse, les racines chrétiennes). Une identité fermée, qui exclut  les générations de Français d’immigration récente, considérés comme des  étrangers sur leur propre sol.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une telle rupture se retrouve aussi  dans la politique d’immigration, de plus en plus brutale. « Rafles »  policières de sans-papiers, jusqu’aux enfants dans les écoles ; délit de  solidarité ; expulsion de réfugiés politiques vers l’Afghanistan ;  climat de soupçon dans les préfectures… L’exemple du Calaisis, qui  concentre les demandeurs d’asile en transit vers l’Angleterre, est  édifiant : fermeture du centre d’hébergement d’urgence de Sangatte,  démantèlement des campements de fortune de la « jungle », jusqu’à la  condamnation à l’errance. Une chute de Charybde en Scylla.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La  politique pénale subit le même processus de durcissement. Le champ des «  criminels », des « monstres » s’élargit toujours plus loin.</strong> Leur  répression s’intensifie. La politique de castration chimique pour les  pédophiles est emblématique. <strong>Jusqu’à l’évocation inouïe par Michèle  Alliot-Marie de la castration physique &#8211; une mutilation d’Etat, une  vision de la France digne d’Orange mécanique.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On peut également  rattacher à cette rupture antihumaniste <strong>la réorientation de la politique  étrangère. La diplomatie sarkozyste a renoncé à un équilibre entre  universalité des droits de l’homme et intérêts nationaux, au profit  d’une realpolitik parfois extrême, comme lors de l’accueil en France du  colonel Khadafi. Elle a également basculé dans une logique à la  coloration manichéenne et occidentaliste, entraînant la France vers un  rôle de « nouveau faucon » sur la scène internationale.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Seconde rupture de fond : la rupture inégalitaire </span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">La politique  fiscale apparaît comme un marqueur indélébile de cette rupture. La  gauche stigmatise à juste titre le « paquet fiscal », toute première  mesure prise par Nicolas Sarkozy lorsqu’il accède à l’Elysée : plus de  10 milliards d’euros par an pris dans les poches de tous les Français  pour être donnés aux ménages les plus riches. </span></strong>Au total, <strong>depuis 2002,  c’est 30 milliards d’euros par an qui font l’objet d’une redistribution à  l’envers des classes moyennes et populaires vers les ménages les plus  aisés.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nicolas Sarkozy l’assume régulièrement : ceux qui réussissent  ont le droit de s’enrichir. « A grosses responsabilités, gros revenus »,  a-t-il encore répété à Davos. <strong>La société méritocratique qu’il appelle  de ses vœux est une société inégalitaire.</strong> Sa méritocratie prétend  valoriser l’entrepreneur et le travail du capitalisme industriel, pas le  spéculateur et la rente du capitalisme financier. Pourtant, d<strong>ans les  faits, la plupart des mesures fiscales prises par la droite depuis 2002  favorise la rente : dévitalisation de l’ISF, bouclier fiscal,  disparition des droits de succession, allègement de la fiscalité sur les  dividendes…</strong> Et si peu a été fait – moins qu’aux Etats-Unis et au  Royaume-Uni – pour encadrer les bonus pharaoniques des traders et des  dirigeants de la finance.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Si la politique fiscale aide les forts, la  politique sociale abandonne les faibles. Le sarkozysme a insufflé dans  le pays une idéologie « anti-assistanat » dévastatrice.</strong> Il n’y pas à  aider les exclus puisqu’il s’agit d’assistés, qui ont choisi leur sort,  refusent de travailler. Ainsi, au fil du temps, l<strong>es minimas sociaux  français ont glissé à des niveaux alarmants : 40% à peine du salaire  médian, contre 60% en moyenne en Europe, plus de 70% au Danemark, aux  Pays-Bas, au Royaume-Uni.</strong> <strong><span style="color: #ff0000;">Appauvrir les plus pauvres : nous cultivons  ainsi une exception française délétère.</span></strong> Et <strong>même en pleine crise sociale,  le gouvernement refuse de prendre les mesures d’urgence de bon sens  contre le chômage</strong> : refus de suspendre les suppressions annuelles de  postes de fonctionnaires, refus de relancer les emplois aidés, refus de  revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nicolas  Sarkozy est, pour finir, à l’origine d’une troisième rupture,  méthodologique cette fois : l’hyperprésidence. </strong>Son credo : le  volontarisme politique. Il ne se résigne pas à l’impuissance politique.  S<strong>a méthode : la culture de l’action et la concentration des pouvoirs –  l’hyperprésidence.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La culture de l’action, c’est décider, trancher  dans le vif. Corollaire, l<strong>e sarkozysme ne prend pas le temps de  l’écoute, de la consultation, du dialogue démocratiques</strong>. En attestent le  refus de prendre en compte la votation citoyenne sur La Poste, le  passage en force sur la réforme des universités, l’absence de travail de  création de consensus pour une réforme aussi fondamentale que la taxe  carbone … Mais cette gestion du changement, au-delà des réserves  démocratiques qu’elle inspire, ne paraît guère efficace. Ce temps de  dialogue qu’il veut gagner en amont de la décision, Nicolas Sarkozy le  perd le plus souvent en aval, du fait des résistances et oppositions que  cette pratique expéditive suscite.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La tendance à la concentration personnelle du pouvoir est une  évolution plus inquiétante.</strong> Certes, les dernières décennies avaient sans  doute éclaté à l’excès le pouvoir étatique, vers le bas  (décentralisation), le haut (la construction européenne) et latéralement  (la multiplication des autorités administratives indépendantes),  l’enchaînant aussi dans des procédures de plus en plus rigides  (renforcement des marchés publics).</p>
<p style="text-align: justify;">Un mouvement de reconcentration  et de libération du pouvoir politique est sans doute nécessaire. Mais  <strong><span style="color: #ff0000;">Nicolas Sarkozy va très au-delà. Il procède à l’affaiblissement  systématique des contre-pouvoirs. Les médias (avec la nomination des  présidents de chaîne publique par l’Elysée), la justice (avec la  suppression du juge d’instruction indépendant) sont pensés comme des  relais de l’action gouvernementale. La réforme territoriale marque  l’acte I de la recentralisation. Des autorités indépendantes sont  supprimées.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’Europe échappe aux institutions fédérales (la Commission,  le Parlement européen) pour revenir entre les mains des Etats, dans une  logique intergouvernementale. <strong><span style="color: #ff0000;">Le Parlement est perçu comme une  institution trop lente, trop bavarde ; la réforme constitutionnelle  entraîne « l’agonie de la démocratie parlementaire » .</span></strong> Même au sein de  la sphère gouvernementale, la présidence concentre le pouvoir,  dévitalise les ministères et court-circuite le travail interministériel,  ravalant le premier ministre au rang de « super-directeur de cabinet »  sans réelle autonomie politique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Au total, l’hyper-présidence  déséquilibre dangereusement nos institutions démocratiques.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Antihumanisme,  inégalités, hyperprésidence : le sarkozysme attaque de front l’identité  politique du pays, la fraternité, la solidarité, les libertés  publiques, pour y intégrer des valeurs néoconservatrices, qui lui sont  historiquement étrangères.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mais <strong>ces trois ruptures ont eu, en revanche, une efficacité  politique redoutable. Elles ont permis à Nicolas Sarkozy de se  constituer une large assise électorale en réunissant les trois courants  de la droite française</strong> décrits par René Rémond.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a d’abord le  légitimisme : c’est la droite de l’ordre moral et des valeurs, celle qui  votait jusque-là pour Le Pen.</strong> Le sarkozysme a capté ses voix par  l’antihumanisme, sa politique des « 3 I » (insécurité, immigration,  identité), son slogan du « Karcher ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a ensuite l’orléanisme :  c’est la droite libérale, celle des milieux d’affaires qui, de Guizot à  Balladur, a pour projet l’enrichissement personnel.</strong> Le sarkozysme n’a  pas renforcé le libéralisme. C’est une des raisons qui expliquent sa  résilience face à la crise économique : il ne s’est jamais vraiment fait  l’apôtre du modèle néolibéral ; il survit donc à son effondrement  idéologique. <strong>Nicolas Sarkozy, s’il ne soutient pas les thèses  intellectuelles de l’orléanisme, fait en réalité bien mieux : il assure  son enrichissement.</strong> <strong>Il baisse la fiscalité des plus riches ; il  intervient pour défendre ses intérêts économiques ; il légitime l’argent  et les inégalités.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a enfin le bonapartisme : c’est le culte de  l’homme providentiel en lien direct avec le peuple, la droite sociale et  populaire</strong>. Certes, le sarkozysme pouvait heurter le courant  bonapartiste, attaché à l’Etat-providence, issu du Conseil national de  la résistance et du gaullisme. Mais il a séduit l’aile  gaullo-chiraquienne par une posture : le pouvoir personnel de  l’hyperprésident.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Face à cette rupture néoconservatrice, un front  progressiste est en train d’émerger. Il va des démocrates aux  socialistes et aux écologistes, jusqu’à la gauche de la gauche. Il doit  éviter deux écueils.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le premier est l’immobilisme. La gauche peut  être tentée par la défense du modèle d’hier. Elle a du mal à faire le  deuil du modèle historique qu’elle a contribué à créer. Elle risque  alors de s’enfermer dans la protestation.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le second écueil est le  renoncement idéologique. Dans l’incapacité de formuler une offre  politique alternative, la gauche laisserait filer le curseur idéologique  vers la droite.</strong> Le nouveau compromis national deviendrait un compromis  conservateur. La gauche pourrait encore espérer la victoire politique,  mais au prix de sa défaite idéologique, cantonnant son action à  l’accompagnement social et compassionnel d’un modèle qui n’est plus le  sien. Ce renoncement est une tentation dans nombre de partis  sociaux-démocrates européens, renoncement libéral avec le SPD allemand,  renoncement populiste en Autriche et aux Pays-Bas.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le camp  progressiste doit au contraire chercher la voie de la refondation  idéologique. Il doit reprendre l’offensive pour réaffirmer ses valeurs  historiques (égalité, solidarité, libertés démocratiques) ainsi que  leurs variantes contemporaines (écologie et développement durable). Il  trouvera les Français à ses côtés. Les citoyens continuent de  plébisciter les valeurs progressistes. Ils ont voté Nicolas Sarkozy pour  sa promesse d’efficacité, pour sauver le modèle social-démocrate  français en crise, pas pour le détruire. Ils ne veulent pas d’une  rupture néoconservatrice.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mais le modèle français n’est plus viable  en l’état. Les conditions historiques qui ont fait son succès au XXe  siècle ont disparu. Il faut le repenser dans le cadre du monde du XXIe  siècle : la globalisation, les mutations du capitalisme,  l’individualisation de nos sociétés, la pénurie des ressources, la fin  de la domination occidentale, le terrorisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous en avons les  moyens. Le matériau est là, désormais. Le diagnostic intellectuel s’est  enrichi. Les expérimentations européennes se développent, notamment dans  les social-démocraties nordiques. Les initiatives locales se  multiplient. Le travail qui reste à accomplir est de convertir ce  matériau en solutions programmatiques et de penser un projet global.  Nous en esquissons quelques grandes lignes dans ce livre.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Mais  l’heure n’est pas encore à la reconstruction. Nous sommes face à un  gouvernement qui brûle les fondements du modèle français. L’urgence est  de limiter la destruction et d’éteindre les incendies allumés par cet  Etat-pyromane : tel est le rôle de l’opposition progressiste.</strong></span></p>
<p><strong><br />
<em>Par Olivier Ferrand,</em><br />
<a href="http://www.amazon.fr/Etat-pyromane-L-Olivier-Ferrand/dp/2917986034/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1267442513&amp;sr=8-1" target="_blank">L&#8217;Etat pyromane, éditions Delavilla, 384  pages, 19 euros.</a></strong></p>
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		<title>Mars 2014 : miracle, l&#8217;UMP remporte les 22 régions métropolitaines</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Mar 2010 22:19:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est un succès inespéré que vient de remporter l&#8217;UMP aux élections régionales. En dépit de la crise qui ferme les usines et gonfle le chômage, en dépit des réformes qui tardent ou qui patinent, en dépit du solide discrédit dont pâtit Nicolas Sarkozy dans l&#8217;opinion, en dépit d&#8217;un score national calamiteux, en dépit de tous ces vents mauvais, le parti du président a remporté&#8230; les vingt-deux régions métropolitaines. On lui prédisait une déroute. Il vient non seulement de sauver l&#8217;Alsace et la Corse, mais de reconquérir plusieurs régions, et non des moindres : Ile-de-France, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d&#8217;Azur, Auvergne, Franche-Comté, Champagne-Ardenne, Centre. Grands et petits chefs de la droite jubilent de ce miracle soigneusement préparé depuis quatre ans. Arrêtons là la plaisanterie, puisque ce n&#8217;en est pas vraiment une. Mais simplement l&#8217;application aux résultats du 14 mars 2010 du nouveau mode de scrutin régional qui &#8211; si la réforme envisagée va à son terme &#8211; sera inauguré en 2014. Comparaison n&#8217;est pas raison, objecteront immédiatement les esprits rigoureux. A juste titre. Si elle fait l&#8217;objet d&#8217;un projet de loi approuvé par le conseil des ministres du 21 octobre 2009, cette réforme électorale n&#8217;a même pas encore été discutée par le Parlement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-1072" title="hold-up-studio-1217346547-holduplogo-crop-90-393" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/03/hold-up-studio-1217346547-holduplogo-crop-90-393-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" />C&#8217;est un succès inespéré que vient de remporter l&#8217;UMP aux élections régionales. En dépit de la crise qui ferme les usines et gonfle le chômage, en dépit des réformes qui tardent ou qui patinent, en dépit du solide discrédit dont pâtit Nicolas Sarkozy dans l&#8217;opinion, en dépit d&#8217;un score national calamiteux, en dépit de tous ces vents mauvais, le parti du président a remporté&#8230; les vingt-deux régions métropolitaines.</p>
<p style="text-align: justify;">On lui prédisait une déroute. Il vient non seulement de sauver l&#8217;Alsace et la Corse, mais de reconquérir plusieurs régions, et non des moindres : Ile-de-France, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d&#8217;Azur, Auvergne, Franche-Comté, Champagne-Ardenne, Centre. Grands et petits chefs de la droite jubilent de ce miracle soigneusement préparé depuis quatre ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Arrêtons là la plaisanterie, puisque ce n&#8217;en est pas vraiment une. Mais simplement <strong>l&#8217;application aux résultats du 14 mars 2010 du nouveau mode de scrutin régional qui &#8211; si la réforme envisagée va à son terme &#8211; sera inauguré en 2014.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comparaison n&#8217;est pas raison, objecteront immédiatement les esprits rigoureux. A juste titre. Si elle fait l&#8217;objet d&#8217;un projet de loi approuvé par le conseil des ministres du 21 octobre 2009, cette réforme électorale n&#8217;a même pas encore été discutée par le Parlement et encore moins examinée par le Conseil constitutionnel, qui pourrait y trouver de sérieux motifs de censure.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, elle chamboule complètement le paysage régional et départemental et invente le &laquo;&nbsp;conseiller territorial&nbsp;&raquo;, élu commun à ces deux collectivités locales. Enfin, elle instaure un mode de scrutin totalement baroque, à un seul tour, au terme duquel 80 % desdits conseillers territoriaux seront élus au scrutin uninominal dans le cadre des cantons, tandis que les 20 % de sièges restants seront attribués à la proportionnelle en fonction des suffrages obtenus par les candidats affiliés à des listes départementales. Un véritable &laquo;&nbsp;scrutin Shadok&nbsp;&raquo;, conforme à la devise &laquo;&nbsp;Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?&nbsp;&raquo;, selon la formule de Laurent Fabius.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces objections sont évidemment fondées. Il n&#8217;empêche : l&#8217;objectif affiché de cette réforme est de permettre aux candidats arrivés en tête au premier et unique tour de scrutin de remporter la victoire, même avec moins du tiers ou à peine plus du quart des voix.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Appliquée, dans son esprit, aux résultats du 14 mars, elle permettrait donc à la droite parlementaire de faire bonne figure. Quand bien même elle a réalisé, avec 26,18 %, le plus mauvais score de son histoire depuis le début de la Ve République.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En résumé, malgré un vote sanction cinglant sur le plan national, ce nouveau mode de scrutin régional aurait rendu possible un joli hold-up électoral au niveau régional. Espérons simplement que, lors de son examen au Parlement, chacun saura soit s&#8217;y opposer, soit l&#8217;amender suffisamment pour éviter une telle arnaque démocratique.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #c0c0c0;"><a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/03/15/mars-2014-miracle-a-l-ump-par-gerard-courtois_1319245_3232.html" target="_blank">source</a></span></p>
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		<title>L&#8217;ère Sarkozy : une dette record pour très longtemps !</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Feb 2010 11:55:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La France mettra 20 ans à retrouver un niveau de dette publique équivalent à celui d&#8217;avant la la présidence Sarkozy et la crise, selon le scénario le plus favorable figurant dans un rapport de la Délégation à la prospective du Sénat. Le rapport sur l&#8217;économie française et les finances publiques à l&#8217;horizon 2030,  prône une politique centrée sur la croissance et une coopération économique entre Européens pour restaurer la confiance, sans évidemment parler des orientations économiques à reconsidérer, notamment le libéralisme absolu qui est en train de tuer nos économies nationales. Le rapport pointe également qu&#8217;une forte restriction budgétaire risquerait de casser la reprise économique et de freiner la croissance potentielle de la France à très long terme, aggravant la situation au lieu de l&#8217;améliorer. Autrement dit; la politique menée depuis 3 ans par Nicolas Sarkozy dans les services publiques est une véritable catastrophes, le plan d&#8217;ultra rigueur qui est en préparation viendra encore aggraver la situation. A noter que la préparation du rapport a été commandée par le sénateur UMP Joël Bourdin&#8230; &#171;&#160;la bonne santé de l&#8217;économie française dans le futur est liée à une maximisation de la croissance potentielle et à la confiance des agents économiques&#160;&#187;, est-il écrit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-1065" title="-1" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/02/1-300x203.jpg" alt="" width="300" height="203" />La France mettra 20 ans à retrouver un niveau de dette publique équivalent à celui d&#8217;avant la la présidence Sarkozy et la crise, selon le scénario le plus favorable figurant dans un rapport de la Délégation à la prospective du Sénat.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rapport sur l&#8217;économie française et les finances publiques à l&#8217;horizon 2030,  prône une politique centrée sur la croissance et une coopération économique entre Européens pour restaurer la confiance, sans évidemment parler des orientations économiques à reconsidérer, notamment le libéralisme absolu qui est en train de tuer nos économies nationales.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rapport pointe également qu&#8217;une forte restriction budgétaire risquerait de casser la reprise économique et de freiner la croissance potentielle de la France à très long terme, aggravant la situation au lieu de l&#8217;améliorer. Autrement dit; la politique menée depuis 3 ans par Nicolas Sarkozy dans les services publiques est une véritable catastrophes, le plan d&#8217;ultra rigueur qui est en préparation viendra encore aggraver la situation.</p>
<p style="text-align: justify;">A noter que la préparation du rapport a été commandée par le sénateur UMP Joël Bourdin&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;la bonne santé de l&#8217;économie française dans le futur est liée à une maximisation de la croissance potentielle et à la confiance des agents économiques&nbsp;&raquo;</em>, est-il écrit dans le communiqué publié par la Délégation à la prospective du Sénat.</p>
<p style="text-align: justify;">En d&#8217;autres termes, ils n&#8217;est pas grand besoin d&#8217;être économiste pour imaginer que derrière cette formule, est glissée une allusion franche à une autre politique économique et sociale, faite de hausses de salaires, de relance de la consommation par la demande intérieure, un arrêt de la casse des services publics, un retour en arrière sur la sous-imposition des plus riches au profit d&#8217;une sur taxation des plus pauvres et des classes moyennes, une révision des diminutions de charges qui ruinent notre économie comme notre système social.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette confiance <em>&laquo;&nbsp;ne sera au rendez-vous que si les partenaires de l&#8217;Union européenne cessent de mener des politiques économiques non coopératives&nbsp;&raquo;</em>, et hop, une invitation à une grande politique de vraie gauche partout en Europe ?&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Cinq scénarios commandés à l&#8217;Observatoire français des conjonctures économique (OFCE) figurent dans le rapport. <strong>Le plus favorable fait état d&#8217;une dette publique à 63% du produit intérieur brut en 2030</strong>, proche des niveaux de 2006-2007.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le moins favorable prévoit une dette à 135% du PIB en 2030</strong>, et les trois autres des niveaux compris entre 81% et 88%, proches des chiffres actuels et des prévisions à court terme.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le gouvernement prévoit une dette à 83,2% du PIB cette année et 87,1% en 2012</strong>, disons donc qu&#8217;au moment de la prochaine échéance présidentielle, &laquo;&nbsp;Monsieur +&nbsp;&raquo;, vous savez celui qui vous a promis de travailler plus pour gagner plus, aura plongé le pays dans un endettement tel (90% du PIB), que celui-ci aura bien du mal à s&#8217;en relever. Et si 2012 devait porter une majorité de gauche (même pâle), elle aura peu de marges de manoeuvres à moins de faire cette fois une véritable rupture d&#8217;avec la ruine néolibérale !&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Le scénario le plus optimiste s&#8217;appuie sur une prévision de croissance moyenne très forte (3,5% à partir de 2011) et sur une décrue très rapide du chômage (taux de 4,4% dès 2015)&#8230; autant dire que pour y croire, il vaut mieux être un fan absolu &laquo;&nbsp;d&#8217;Alice au Pays des Merveilles&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&laquo;&nbsp;Le retour à des positions budgétaires soutenables est un impératif&nbsp;&raquo;, lit-on dans la synthèse du rapport. </strong><em><strong>&laquo;&nbsp;Pour autant, les scénarios de dette publique n&#8217;invitent pas à s&#8217;engager dans une &#8216;thérapie de choc&#8217; qui pourrait produire des effets irréversibles sur la croissance</strong></em>&laquo;&nbsp;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le pire scénario prend pour hypothèse la persistance d&#8217;un taux de chômage élevé (10,3% jusqu&#8217;en 2030) !&#8230; Merci qui ?<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le scénario central, qui débouche sur une dette à 81% du PIB en 2030, s&#8217;appuie sur l&#8217;hypothèse d&#8217;une croissance moyenne de 2,5% par an à partir de 2011, identique à celle du gouvernement, avec un taux de chômage de 4,4% en 2024. Même celui-ci est quasi utopiste, selon moi en tout cas. Pour mémoire, la dernière fois que la France a connu de tels taux de croissances et de baisse du chômage, il y avait un gouvernement socialiste aux commandes et un certain Jospin aux manettes. Pour 2012, faîtes votre choix mais quand je pense à mon fils en 2030, il aura 23 ans, il arrivera donc sur le marché de l&#8217;emploi avec quelles perspectives ?&#8230; Devons-nous attendre tranquillement que Sarkozy 1er passe la main à Sarkozy fils ?</p>
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		<title>Le vin n&#8217;est pas cancérigène</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Feb 2010 14:39:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le chef du service d&#8217;oncologie de l&#8217;hôpital de La Pitié-Salpêtrière, David Khayat, publiera en mai un livre sur le cancer et l&#8217;alimentation*. Voici l&#8217;interview qu&#8217;il vient de donner au Nouvel Observateur du 25 février. NO &#8211; Il y a un an, l&#8217;Institut national du Cancer (INCa) soutenait que le premier verre était cancérigène. Pas vous ? David Khayat. &#8211; Non, je maintiens ma position. Je me suis appuyé sur toutes les études scientifiques recensées par le World Cancer Research Fund (WCRF). Sur les 28 qui ont évalué les risques de cancer de la bouche des consommateurs de vin, 14 étaient utilisables : 9 d&#8217;entre elles montraient que les buveurs excessifs risquaient plus de cancers que les modérés, mais 5 disaient l&#8217;inverse! En les regroupant, on arrive à la conclusion que les buveurs excessifs auraient 2% de risques supplémentaires de cancer de la bouche par rapport aux buveurs modérés. C&#8217;est dire qu&#8217;entre les deux groupes il n&#8217;y a que l&#8217;épaisseur d&#8217;un trait. Par ailleurs, on ne comptabilise que 12 O00 nouveaux cas en France par an sur 66 millions d&#8217;individus. Alors, si le vin était cancérigène au premier verre, il est évident que l&#8217;on en verrait beaucoup plus! NO &#8211; Vous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le chef du service d&#8217;oncologie de l&#8217;hôpital de La Pitié-Salpêtrière, David Khayat, publiera en mai un livre sur le cancer et l&#8217;alimentation*. Voici l&#8217;interview qu&#8217;il vient de donner au Nouvel Observateur du 25 février.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://www.oecd.org/oecd/images/portal/55/31604960_0.jpg" alt="" width="170" height="204" />NO &#8211; <strong>Il y a un an, l&#8217;Institut national du Cancer (INCa) soutenait que le premier verre était cancérigène. Pas vous ?</strong><br />
David Khayat. &#8211; Non, je maintiens ma position. Je me suis appuyé sur toutes les études scientifiques recensées par le World Cancer Research Fund (WCRF). Sur les 28 qui ont évalué les risques de cancer de la bouche des consommateurs de vin, 14 étaient utilisables : 9 d&#8217;entre elles montraient que les buveurs excessifs risquaient plus de cancers que les modérés, mais 5 disaient l&#8217;inverse! En les regroupant, on arrive à la conclusion que les buveurs excessifs auraient 2% de risques supplémentaires de cancer de la bouche par rapport aux buveurs modérés. C&#8217;est dire qu&#8217;entre les deux groupes il n&#8217;y a que l&#8217;épaisseur d&#8217;un trait.<br />
Par ailleurs, on ne comptabilise que 12 O00 nouveaux cas en France par an sur 66 millions d&#8217;individus. Alors, si le vin était cancérigène au premier verre, il est évident que l&#8217;on en verrait beaucoup plus!</p>
<p style="text-align: justify;">NO &#8211; <strong>Vous en concluez</strong><strong> donc que boire du vin n&#8217;est pas dangereux?</strong><br />
D. Khayat. &#8211; Je conclus avec certitude que, contrairement à ce qu&#8217;affirme l&#8217;INCa, le premier verre n&#8217;est pas cancérigène. Ceci d&#8217;ailleurs a depuis été confirmé par le Haut Conseil de la Santé Publique. Mais, surtout, d&#8217;autres études plus récentes ont montré que dans 60% des cas le cancer de la bouche a pour origine un virus, le papillomavirus, le même que celui qui est à l&#8217;origine du cancer du col de l&#8217;utérus.<br />
Cette découverte rend finalement caduque toutes les études. Et la situation est à peu près la même pour les cancers du colon, du sein ou même du foie, où seul l&#8217;excès d&#8217;alcool &#8211; au- delà de 30 grammes d&#8217;éthanol par jour entraînerait une augmentation par ailleurs très faible (1 à 6% du risque).</p>
<p style="text-align: justify;">NO &#8211; <strong>Quelle consommation préconisez-vous ?</strong><br />
D. Khayat. &#8211; 2 verres par jour pour les femmes, et 3 pour les hommes, vin rouge, blanc ou champagne. S&#8217;il est faible en alcool et en sucre, c&#8217;est encore mieux, comme par exemple le champagne extra-brut. Car il faut savoir que 3 verres de vin contiennent entre 5 et 6 grammes de sucre et celui-ci a des effets délétères : il provoque de l&#8217;embonpoint, dans lequel se nichent les adipocytes qui sécrètent des hormones femelles favorisant les cancers du sein. On y trouve aussi des substances qui stimulent la croissance des cellules cancéreuses (IGF-1) et qui<br />
provoquent, en plus, un risque de diabète.</p>
<h6 style="text-align: justify;"><em>(*) «Le Vrai Régime anti-cancer» (Odile jacob, mai 2010).</em></h6>
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		<title>Chômage : les drôles de comptes de l&#8217;Etat-UMP</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Jan 2010 20:32:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le gouvernement et le Président de la République affiche une autosatisfaction surprenante après la publication des chiffres du chômage pour décembre 2009. En réalité, en décembre, on dénombre une augmentation de 8600 demandeurs d’emploi pour les catégories A, B et C. Si le chiffre de la seule catégorie A est en apparente amélioration, c’est uniquement parce que les salariés en contrat de transition professionnel (CTP) ou en convention de reclassement personnalisée (CRP), après un licenciement économique, ne sont pas décomptés comme demandeurs d’emploi mais comme « stagiaires de la formation professionnelle ». Avec un tel mode de calcul, plus on a de licenciés économiques, moins on a de chômeurs ! S’il y avait une amélioration de la situation économique, elle se traduirait forcément par une augmentation des offres d’emploi. Or, d’après les chiffres publiés par Pôle emploi, au contraire, au mois de décembre, les offres d’emploi ont diminué de 4 %. Bien que de nombreux analystes estiment que le chômage continuera d’augmenter en 2010, le gouvernement et le Président de la République restent passifs et semblent être déconnectés de la réalité que vivent les Français. La réalité de la France aujourd’hui, c’est un million de chômeurs en fin de droits [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le gouvernement et le Président de la République affiche une autosatisfaction surprenante après la publication des chiffres du chômage pour décembre 2009. En réalité, en décembre, on dénombre une augmentation de 8600 demandeurs d’emploi pour les catégories A, B et C.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/01/chomage-chiffres-00037.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1006" title="chomage-chiffres-00037" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/01/chomage-chiffres-00037-300x221.jpg" alt="" width="300" height="221" /></a>Si le chiffre de la seule catégorie A est en apparente amélioration, c’est uniquement parce que les salariés en contrat de transition professionnel (CTP) ou en convention de reclassement personnalisée (CRP),  après un licenciement économique, ne sont pas décomptés comme demandeurs d’emploi mais comme « stagiaires de la formation professionnelle ».  Avec un tel mode de calcul, plus on a de licenciés économiques, moins on a de chômeurs !</p>
<p style="text-align: justify;">S’il y avait une amélioration de la situation économique, elle se traduirait forcément par une augmentation des offres d’emploi. Or, d’après les chiffres publiés par Pôle emploi, au contraire, au mois de décembre, les offres d’emploi ont diminué de 4 %.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien que de nombreux analystes estiment que le chômage continuera d’augmenter en 2010, le gouvernement et le Président de la République restent passifs et semblent être déconnectés de la réalité que vivent les Français. La réalité de la France aujourd’hui, c’est un million de chômeurs en fin de droits en 2010 et un Président de la République qui refuse de leur donner tout aide supplémentaire. La réalité aujourd’hui, ce sont des sites qui ferment, comme chez Total, alors que l’entreprise fait des bénéfices, sans que le gouvernement réagisse.</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les spécialistes prévoient une aggravation du chômage en 2010, avec un taux de chômage qui pourrait atteindre 11%. Seul le gouvernement semble ignorer cette réalité&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Ci-dessous une vidéo qui m&#8217;a été adressée par un de mes lecteurs qui mérite un coup de pouce dans sa recherche d&#8217;emploi, ne serait-ce que parce qu&#8217;il est créatif et que cette vidéo vos bien certains contre argumentaires au discours de l&#8217;UMP sur la lutte contre le chômage&#8230; (NB: si un employeur sérieux veut lui transmettre une proposition, utiliser le formulaire de contact, je transmettrai à l&#8217;intéressé)</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="425" height="344" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/853Cjub9shM&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="344" src="http://www.youtube.com/v/853Cjub9shM&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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		<title>La &#171;&#160;Contre-Révolution&#160;&#187; est en marche !</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 22:01:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voilà, il n&#8217;aura pas été besoin d&#8217;être trop patient pour pouvoir écrire le triste épisode 8 de &#171;&#160;l&#8217;indécente décente aux enfers&#160;&#187; de la république française. Notre brave Nicolas Sarkozy continue son œuvre de destruction massive de la république et la déstructuration complète d&#8217;une société française qui a mis plus de deux siècles à construire, sans le parachever, un modèle de société équilibrée. Voilà donc que le roitelet, au lieu de parachever l&#8217;œuvre républicaine, vient de l&#8217;achever. Exit la décentralisation, exit la démocratie locale, exit la démocratie, tout simplement&#8230; Episode 8 : Mardi 20 octobre, Nicolas Sarkozy, le napoléon en herbe a asséné son discours du 18 brumaire, venant mettre à bas plus de trente ans de décentralisation au profit d&#8217;un parti, d&#8217;un clan, le sien, celui des copains et des coquins, serait-on presque tenté de dire. Sarkozy a vite « vendu » sa suppression de la taxe professionnelle. Il ne la supprime pas, il la remplace en saignant les collectivités qui seront privés des moyens de fonctionner, de venir en aide aux communes et de poursuivre leur action en faveur de tous via le secteur associatif. Elles y perdront en plus leur autonomie fiscale, pourtant garantie par la constitution. Et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-947" title="sarkozykadhafibenladenzg1" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/11/sarkozykadhafibenladenzg1-300x224.jpg" alt="sarkozykadhafibenladenzg1" width="301" height="224" />Voilà, il n&#8217;aura pas été besoin d&#8217;être trop patient pour pouvoir écrire le triste épisode 8 de &laquo;&nbsp;l&#8217;indécente décente aux enfers&nbsp;&raquo; de la république française. Notre brave Nicolas Sarkozy continue son œuvre de destruction massive de la république et la déstructuration complète d&#8217;une société française qui a mis plus de deux siècles à construire, sans le parachever, un modèle de société équilibrée. Voilà donc que le roitelet, au lieu de parachever l&#8217;œuvre républicaine, vient de l&#8217;achever. Exit la décentralisation, exit la démocratie locale, exit la démocratie, tout simplement&#8230;</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong><em>Episode 8</em></strong></span> :</h3>
<p style="text-align: justify;">Mardi 20 octobre, Nicolas Sarkozy, le napoléon en herbe a asséné son discours du 18 brumaire, venant mettre à bas plus de trente ans de décentralisation au profit d&#8217;un parti, d&#8217;un clan, le sien, celui des copains et des coquins, serait-on presque tenté de dire.</p>
<p style="text-align: justify;">Sarkozy a vite « vendu » sa suppression de la taxe professionnelle. Il ne la supprime pas, il la remplace en saignant les collectivités qui seront privés des moyens de fonctionner, de venir en aide aux communes et de poursuivre leur action en faveur de tous via le secteur associatif. Elles y perdront en plus leur autonomie fiscale, pourtant garantie par la constitution. Et les modalités de ce remplacement sont évidemment cruciales. Une nouvelle taxe, la «cotisation économique territoriale » (CET) sera toujours payée par les entreprises. Mais cette dernière reposera pour partie sur une cotisation locale d’activité (assise sur la valeur du foncier bâti) et pour partie sur une cotisation complémentaire sur la valeur ajoutée.</p>
<p style="text-align: justify;">Sarkozy a dû avouer que sa réforme n’était pas au point. Des élus nombreux grincent des dents, même à droite où Jean-Pierre Raffarin pourrait presque passer pour soixante-huitard attardé . La compensation annoncée pour les collectivités locales n’est pas à la hauteur. Pierre Mauroy comme Alain Juppé ont crié à l’arnaque. La décision fiscale est ramenée à Bercy mais surtout à l&#8217;Elysées et partout l&#8217;exécutif annonce qu&#8217;il ne reculera pas, semblant proposer un air de la théorie du chaos.</p>
<p style="text-align: justify;">UMP: «Les collectivités territoriales ne peuvent plus continuer à créer plus d’emplois que l’Etat n’en réduit» a déclaré Sarkozy. L’idée plaît au peuple de France  qui croirait presque entendre à nouveau que l&#8217;on va couper les têtes des privilégiés en mêlant élus locaux et fonctionnaires territoriaux. Le peuple de Franc e se rendra-t-il compte que ce projet sarkozyste est une recentralisation que l&#8217;on pourrait presque appeler rétablissement de la monarchie ?</p>
<p style="text-align: justify;">On imagine des strates administratives inutiles, des compétences locales floues, des élus redondants. Qui ne voudrait tailler dans ces dépenses inutiles ? «La population est légitimement exaspérée. Les élus sont épuisés des doubles-emplois» a rajouté Nicolas Sarkozy. Pourtant, le coût global de la fonction politique des pouvoirs locaux ne représente à peine que 1% de leurs charges de fonctionnement, soit « 28 millions d’euros pour une dépense publique locale de 220 milliards » comme le rappelait la Fondation Terra Nova. De surcroît, nombre des 500 000 élus locaux ne sont nullement rémunérés et purement bénévoles. L’augmentation des effectifs est ailleurs, du côté des fonctionnaires territoriaux, à fur et à mesure des transferts de charges de l’Etat vers les collectivités locales. Pourtant, aucun point de la réforme de Sarkozy ne concerne cette évolution !</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-medium wp-image-948" title="Appel18juin" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/11/Appel18juin-221x300.jpg" alt="Appel18juin" width="285" height="386" />Sous couvert de simplifier les échelons, Sarkozy simplifie&#8230; le mode de scrutin : les conseillers territoriaux seront élus au scrutin uninominal à un tour, sauf 20% d’entre eux qui seront élus à la proportionnelle. Le candidat arrivé en tête au premier tour sera élu. L’UMP est évidemment donné gagnante. Il ne suffit qu’un petit 30% des suffrages, sur fonds de divisions ailleurs (PS, Modem, extrême gauche, FN, Dupont-Aignant, écolos, etc) pour emporter la mise. On découpera les cantons après les circonscriptions et en plus on élira tout ce monde sur un seul tour de scrutin, histoire d&#8217;empêcher la gauche et les républicains de nouer des alliances et de faire converger les projets&#8230; Merci Nicolas 1er ! Demain, les collectivités locales, l’un des échelons électoraux les plus proches des citoyens, seront dirigés par des élus minoritaires en voix.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques 3200 conseillers territoriaux remplaceront donc les 6000 conseillers généraux (départements) et régionaux. Leur nombre sera défini par le  bon vouloir  du gouvernement et selon des modalités sur lesquelles le contrôle démocratique, la transparence des critères seront &laquo;&nbsp;sarkozyens&nbsp;&raquo;, circulez y&#8217;a rien à voir. Sarkozy institutionnalise donc le cumul des mandats : ces conseillers cumuleront cette double représentation départementale et régionale, et ils ne seront payés que 1,2 fois ce que gagnaient leurs prédécesseurs. Mais l’important est ailleurs. Ces élus seront pour l’essentiel UMP. Et oui !</p>
<p style="text-align: justify;">Pour clarifier les compétences des collectivités, Nicolas Sarkozy avance une fausse simplification : il faudrait «à une collectivité d’intervenir sur le domaine d’une autre collectivité». Kezako ? Sarkozy plaide aussi pour la suppression de niveaux inter-communaux qu’il ne comprend pas (syndicats communaux et intercommunaux jugés «inutiles», des «pays» ), et veux même inciter financièrement les communes à fusionner. En revanche, il veux inciter à la création, de façon volontaire, de grandes métropoles.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec cette nouvelle « réforme », Sarkozy tente de sortir des polémiques du moment. Le Monarque ne travaille pas, il annonce. Et comme le sujet est si chaud que même la droite n&#8217;en veut pas, on lance vite une nouvelle bombe médiatique, le débat sur l&#8217;identité nationale en se disant que là dessus chaque français va avoir son idée et se laissera pas embringuer dans les débats sur des collectivités que peu comprennent mais auxquelles il ne faudrait surtout pas que les français commencent à s&#8217;intéresser&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Alors appelons à l&#8217;aide toute la gauche, le centre et ce que la droite compte de républicains pour dire comme une sénatrice républicaine américaine : &laquo;&nbsp;Quand l’histoire appelle, l’histoire appelle&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<div><strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xavc5b_conference-de-presse-lfabius-collec_news"><br />
</a></strong><em><a href="http://www.dailymotion.com/fr/channel/news"></a></em></div>
<p style="text-align: center;">
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		<title>Place à l&#8217;enseignement confessionnel, adieu laïcité</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Oct 2009 21:41:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je voudrais rendre ce soir un vibrant hommage à une députée que l&#8217;histoire parlementaire retiendra bien au-delà des &#171;&#160;minutes&#160;&#187; que les archives nationales lui consacreront. Sur un sujet difficile et requérant tout à la fois sens technique, sens politique et verbe juste, elle démontré qu&#8217;elle possédait la fibre des grands parlementaires. Mieux, l&#8217;espace d&#8217;un débat, elle a justifié, s&#8217;il en était besoin, que ses électeurs pouvaient être fiers de leur frêle bout de femme à la gouaille bien arrimée. Je veux parler de Michèle Delaunay, députée socialiste de la Gironde. Elle est assurément une solide parlementaire d&#8217;une République qui pourrait presque espérer en posséder davantage face aux innombrables godillots qui ont voté un texte inique pour l&#8217;éducation républicaine et la laïcité. La Loi Carle, adoptée dans l&#8217;anonymat médiatique au Sénat comme à l&#8217;Assemblée Nationale, n&#8217;a fait la &#171;&#160;une&#160;&#187; d&#8217;aucun quotidien, elle n&#8217;a été traitée dans aucun grand journal télévisé du soir et pourtant elle fait basculer notre République dans un système de reconnaissance et de financement de l&#8217;enseignement qui se veut désormais &#171;&#160;équitable&#160;&#187; entre le public et le privé. J&#8217;espère que mes lecteurs sauront mesurer la portée du mot &#171;&#160;équitable&#160;&#187; car il s&#8217;agit bien d&#8217;une révolution de velours qui s&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignright" src="http://www.yagg.com/wp-content/uploads/2009/01/woman.jpg" alt="" width="301" height="450" />Je voudrais rendre ce soir un vibrant hommage à une députée que l&#8217;histoire parlementaire retiendra bien au-delà des &laquo;&nbsp;minutes&nbsp;&raquo; que les archives nationales lui consacreront. Sur un sujet difficile et requérant tout à la fois sens technique, sens politique et verbe juste, elle démontré qu&#8217;elle possédait la fibre des grands parlementaires. Mieux, l&#8217;espace d&#8217;un débat, elle a justifié, s&#8217;il en était besoin, que ses électeurs pouvaient être fiers de leur frêle bout de femme à la gouaille bien arrimée.</p>
<p style="text-align: justify;">Je veux parler de <a href="http://www.michele-delaunay.net/delaunay/index.php" target="_blank">Michèle Delaunay</a>, députée socialiste de la Gironde. Elle est assurément une solide parlementaire d&#8217;une République qui pourrait presque espérer en posséder davantage face aux innombrables godillots qui ont voté un texte inique pour l&#8217;éducation républicaine et la laïcité.</p>
<p style="text-align: justify;">La Loi Carle, adoptée dans l&#8217;anonymat médiatique au Sénat comme à l&#8217;Assemblée Nationale, n&#8217;a fait la &laquo;&nbsp;une&nbsp;&raquo; d&#8217;aucun quotidien, elle n&#8217;a été traitée dans aucun grand journal télévisé du soir et pourtant elle fait basculer notre République dans un système de reconnaissance et de financement de l&#8217;enseignement qui se veut désormais &laquo;&nbsp;équitable&nbsp;&raquo; entre le public et le privé. J&#8217;espère que mes lecteurs sauront mesurer la portée du mot &laquo;&nbsp;équitable&nbsp;&raquo; car il s&#8217;agit bien d&#8217;une révolution de velours qui s&#8217;est jouée dans les velours du parlement avec d&#8217;innombrables complices tempétueux ou silencieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Michèle Delaunay a su s&#8217;emparer avec un rare brio d&#8217;un sujet dont pourtant des personnalités mieux qualifiées qu&#8217;elles à priori auraient pu ou dû se faire les portes parole. Mais comme il ne semble plus guère à la mode de parler de laïcité depuis que Nicolas Sarkozy s&#8217;est accordé le droit de la requalifier de &laquo;&nbsp;positive&nbsp;&raquo; et que les chantres de sa défense sont devenus atones, Michèle Delaunay a su remarquablement reprendre le flambeau du socialisme et du sens républicain. Elle en a presque réveillé son camarade Jean Glavany, très discret jusque là.</p>
<p style="text-align: justify;">Je vous épargnerai les références que j&#8217;ai déjà traitées, je vous laisserai, en bons espions avisés, effectuer une enquête méthodique en commençant par ce blog.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Alors Michèle, je salue tes convictions, ta force, ton sens du devoir et ton à propos.Espérons que les parlementaires de gauche trouveront maintenant la force de déposer le recours qui s&#8217;impose devant le conseil constitutionnel.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Voici le compte-rendu de son intervention. </strong><strong>(très long</strong></em> <strong>mais très&#8230; instructif)</strong><img title="Lire la suite…" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/wordpress/img/trans.gif" alt="" /> <span id="more-908"></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Parité de financement entre écoles publiques et privées pour l’accueil des élèves hors de leur commune de résidence</strong></span></p>
<p><!-- ZZTAGZZ  BIBARD_13_1319  --></p>
<p style="text-align: center;"><em><strong>Discussion d’une proposition de loi adoptée par le Sénat (dite Loi Carle) et validée par le Gouvernement</strong><br />
</em></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Madame Michèle Delaunay</span> :<br />
</strong>
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Monsieur le président, monsieur le ministre, madame la présidente de la commission des affaires culturelles, monsieur le rapporteur, mes chers collègues, c’est avec un grand sens de la responsabilité que les députés socialistes, radicaux et citoyens abordent ce texte relatif au financement des écoles élémentaires privées accueillant des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence. Avec un grand sens de la responsabilité, mais aussi avec pragmatisme. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Beaucoup d&#8217;entre nous gèrent une commune ou une collectivité. Tous connaissent à la fois le prix et le coût de l&#8217;enseignement. Tous en connaissent aussi l&#8217;importance décisive, pour le présent et pour le futur. Être pragmatique signifie pour eux éprouver chaque jour l’impérieuse nécessité de la mixité scolaire, si nous ne voulons pas voir notre équilibre social nous exploser à la figure dans un délai très court. Tous enfin sont guidés par un grand sens de la responsabilité mais aussi par la conscience de ce qui est à la base de leur engagement : le service de la République.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tous, sur ces bancs, nous savons que l’école est, avec la santé et la justice, l’un des trois piliers de notre système politique, l’un des piliers de notre « vivre ensemble » et la clef de notre avenir. Pour notre part, nous voulons que, sans avoir à employer de mots, tous les Français, et d&#8217;abord les plus jeunes, le sachent aussi.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Deux pages, trois articles et un titre presque aussi long que le texte lui-même : c&#8217;est toujours un signe… Ce qui se conçoit bien s&#8217;énonce clairement, mais surtout rapidement. Ce titre de neuf lignes ne dit rien d&#8217;autre que l&#8217;ambiguïté de ce texte, qu&#8217;une fois de plus vous présentez non comme un projet mais comme une proposition de loi, ce qui n&#8217;est pas insignifiant.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Juste mise en adéquation des textes aux faits ou texte fondamentalement, radicalement politique, cachant derrière chaque point-virgule une possible et dangereuse évolution de notre système scolaire ? Vous le savez : quand on s&#8217;interroge, c&#8217;est bien souvent qu&#8217;on a déjà répondu. Et sur tous ces bancs – nous l&#8217;avons constaté en commission – la réponse est finalement semblable, même si elle ne conduit pas toujours à la même attitude.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Deux pages et trois articles, mais derrière eux un siècle et demi d&#8217;histoire, qu&#8217;il ne s&#8217;agit ni de ranimer ni de raviver, mais seulement de comprendre au regard des enjeux d&#8217;aujourd&#8217;hui, qui sont, permettez-moi de vous le dire, radicalement différents de ceux qui, en 1959, ont présidé à la rédaction de la loi Debré : cinquante ans ont passé.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;histoire ne me retiendra pas longtemps car, dans cet hémicycle, nous la connaissons, même si ce n&#8217;est plus le cas de tous nos concitoyens. De cette histoire, je ne retiendrai donc que quelques repères pour que ceux qui nous entendent ou qui nous liront au-delà de la demi-circonférence de notre assemblée puissent en situer les avancées ou les reculs.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La loi Debré de 1959 définit, d’une part, des établissements publics et, d’autre part, des établissements privés conventionnés, financés par l&#8217;État et liés par contrat avec lui sous réserve d&#8217;obligations. La loi Guermeur fixe en 1977 une contribution forfaitaire versée par les communes par élève et par an. Puis, en 1985, une disposition prise au Sénat pose le principe de la participation de la commune de résidence aux frais de scolarité dans une école publique d’une autre commune, sans arbitrage préfectoral en cas de désaccord du maire. Jusqu&#8217;en 2004, donc, la possibilité de financement concernant les enfants non résidents se fait par convention.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;article 89 de la loi du 13 août 2004, né d&#8217;un malentendu, l&#8217;intention de son auteur étant tout autre que son application, est relatif à la prise en charge par les communes des frais de fonctionnement des classes élémentaires hors du territoire de résidence des enfants. Cet article – beaucoup s’en souviennent – a été adopté comme « réputé conforme » sans avoir été examiné par les députés. Il institue une obligation de financement du privé à hauteur du public ; il prévoit une intervention du préfet à défaut d&#8217;accord entre les communes ; aucune référence n&#8217;est faite à des conditions limitatives alors qu&#8217;elles existent pour le public.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous le savez, le décret d&#8217;application n&#8217;est jamais sorti, mais une simple circulaire – deux en réalité, en 2005 et 2007 – ne levant en aucun cas les ambiguïtés. Le Conseil d&#8217;État n&#8217;a d’ailleurs toujours pas statué sur la dernière de ces circulaires.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous n&#8217;ignorez pas non plus que, le 28 février 2008, le tribunal administratif de Dijon a annulé une délibération du conseil municipal de Semur-en-Brionnais qui avait refusé de participer aux frais de scolarisation de trois enfants résidant dans la commune mais inscrits dans une école élémentaire privée sous contrat située sur le territoire d&#8217;une autre commune.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La commune invoquait, d&#8217;une part, l&#8217;absence d&#8217;accord préalable de son maire et, d&#8217;autre part, l&#8217;existence dans sa commune d&#8217;une garderie et d&#8217;une cantine. Le tribunal administratif lui a donné tort, considérant que la notion de capacité d&#8217;accueil suffisante ne pouvait être retenue dans la mesure où les établissements privés ne sont pas soumis à la carte scolaire et sont choisis principalement en fonction de leur caractère propre. Il existe donc bien une divergence d&#8217;interprétation, qui suscite plus que de simples inquiétudes et a des conséquences lourdes et tangibles.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le sort d&#8217;un article fondé sur un malentendu et ne répondant pas aux intentions de son auteur, à l&#8217;origine de circulaires ambiguës sur lesquelles le Conseil d’État n&#8217;a toujours pas tranché et ouvrant la voie à des contentieux, même si ceux-ci sont dans la pratique peu nombreux, n&#8217;est il pas purement et simplement d&#8217;être abrogé ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous l&#8217;avons proposé à deux reprises, dont la dernière en novembre 2007 par la voix de Jean Glavany, dont je salue le travail. Vous avez, comme chaque fois, refusé de débattre sur cette proposition de loi et opposé une fin de non-recevoir. Vous ne faites mine aujourd’hui d&#8217;entendre notre demande qu&#8217;en l&#8217;incluant dans une proposition de loi qui, au contraire, en confirme le principe ; est-ce loyal ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mais revenons au texte et à son titre. Dans le titre même de cette proposition de loi, on parle de parité entre écoles privées et écoles publiques. Où avez vous vu que cette parité soit une obligation constitutionnelle ? Quel sens donnez-vous à ce mot : égalité de droits ? de devoirs ? de chiffres ? Il n’y a de parité qu’à égalité d’obligations et de charges.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je prendrai un exemple à Bordeaux, où le manque d’équipements sportifs se fait cruellement sentir. L’enseignement privé, qui bénéficie de l’usage des équipements sportifs publics a-t-il l’obligation, en cas de carence du public, de mettre à disposition des enfants ses salles de sport et ses équipements ? Non !</strong></p>
<p><strong>Cette dissymétrie dément ce que vous affirmez ! Mais retenons ce mot de parité. La loi satisfait-elle à ce principe ? Trouvons-nous point par point cet équilibre des formes que vous réclamez ? </strong></p>
<p><strong>C’est précisément au nom de cette parité que nous réclamerons que l’avis du maire soit requis avant que le financement soit acté.</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste</span>. C’est anticonstitutionnel !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany</span>. Ah bon ?</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Quelle justification, monsieur le député, pouvez-vous avancer pour ne pas l&#8217;exiger pour une école privée, quand cette obligation existe pour une école publique ?</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yvan Lachaud</span>. La liberté !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. La liberté de qui ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Je connais la réponse : rien ne peut entraver la liberté de l&#8217;enseignement. Mais pourquoi dans un cas et pas dans l’autre ? C’est une simple affaire de logique.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et surtout, comment pouvez-vous ainsi acter la rupture de l&#8217;école avec la République ? Comme l’hôpital, l&#8217;école publique, laïque et républicaine accueille tous les enfants sans distinction, quels que soient leur milieu social, les revenus et le statut de leurs parents, leur religion ou leur capital culturel, au sens où Bourdieu l&#8217;entend. L&#8217;école privée, non.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste</span>. Elle est soumise aux mêmes obligations !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Ou, si elle le fait, elle le fait en pratiquant une forme de ségrégation, sans doute non intentionnelle, mais effective.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste</span>. Pas du tout ! (Protestations sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. On y retrouve d’un côté les élèves issus de milieux aisés et de l&#8217;autre – c&#8217;est-à-dire dans d&#8217;autres écoles – ceux issus de milieux défavorisés, orientés vers des établissements dits d&#8217;insertion.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cette proposition de loi essaie de nous faire accroire que financer à parité la scolarisation dans le public ou le privé est un devoir. Mais soyons clairs : la parité n&#8217;a ici aucun fondement juridique. En arrivera-t-on un jour à rembourser les notes de taxi de ceux qui n&#8217;aiment pas prendre le bus ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ce sont les inégalités déjà réelles, parfois criantes en matière d&#8217;éducation que nous risquons encore d&#8217;aggraver. Ce serait, à Bordeaux, ne pas éduquer à Caudéran comme dans le quartier du Grand-Parc, comme si d&#8217;un côté l&#8217;éducation était une exigence et de l&#8217;autre une simple possibilité… Telles sont les conséquences que pourrait avoir votre proposition de loi.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Même si ce principe – non constitutionnel – de parité était appliqué, l’enseignement privé ne devrait en aucun cas percevoir plus pour son fonctionnement que l’enseignement public : je vous invite, mes chers collègues de droite, à relire la loi Debré de 1959.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Aujourd’hui, c’est pourtant le cas : le secteur privé en zone d’éducation prioritaire bénéficie de 100 postes supplémentaires, alors que le public en reçoit 167. Si ce principe de parité, dont vous usez et abusez, était respecté, c’est de 383 postes supplémentaires que l’enseignement public devrait bénéficier !</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ce que vous organisez en réalité avec ce texte, c’est tout simplement le glissement progressif de la loi vers le chèque scolaire – je parodie, vous ne m’en voudrez pas, le beau titre d’Alain Robbe-Grillet.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Où allons-nous, en effet, s’il n’y a aucune limitation, aucune référence, je dirais même aucune démarche officielle à faire pour obtenir le financement de la République pour la scolarisation de son enfant – sinon vers la remise d’un chèque, d’un pass-éducation, une sorte de ticket-restaurant du savoir, et dans bien des cas, de l’ignorance ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Marie-Odile Bouillé et M. Pascal Deguilhem</span>. Exactement !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Qui bientôt saura que la scolarisation est obligatoire, que c’est un devoir autant qu’un droit ? Qui saura que ce devoir n’a pas été instauré par une communauté, religieuse ou pas, ou par une entreprise à fins lucratives, mais par la République – et que celle-ci en assure la charge du fait même qu’elle est la République ? Est-ce que bientôt un distributeur, aux couleurs de quelque sponsor, viendra délivrer ce chèque ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mais surtout, comment ne pas prendre en pleine figure le parallélisme de cette proposition de loi avec le texte de la loi portant réforme de l’hôpital – sans pour autant jamais en prononcer le nom ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La démarche est, hélas ! similaire : en cas de « carence » de l’école publique –ce mot est bien souvent utilisé aujourd’hui – on ne comble pas cette carence, mais on transfère la demande et les moyens vers l’école privée. Allons plus loin. Il ne s’agit même plus de combler la carence, mais de l’organiser : des milliers d’emplois ont été détruits dans le secteur public de l’éducation ; c’est un plan social pire encore que celui qu’a subi le ministère de la défense.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment le maire d’une petite commune qui se débat pour conserver son école, ses classes, après son bureau de poste, peut-il accepter cet aspirateur à élèves qu’est l’obligation de financer le départ des enfants qui en auront les moyens vers l’école privée voisine ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment un maire de banlieue, qui se bat pour maintenir un équilibre social dans sa commune et un équilibre scolaire dans ses classes, peut-il accepter cet aspirateur à enfants « les plus nantis », comme on dit ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je n’ai aucunement l’intention d’attaquer de quelque manière dogmatique que ce soit cette politique que pourtant je réprouve. J’espère simplement, chers collègues, que vous prendrez conscience du danger de cette loi.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je suis pourtant obligée de constater, depuis 2002, une série d’actions contre l’école publique, en faveur du privé. Depuis 2002, le Gouvernement a supprimé plus de 50 000 postes dans les écoles publiques ; il a supprimé la carte scolaire, mettant à mal la mixité sociale ; il menace la maternelle ; il abandonne l’éducation prioritaire ; il offre aujourd’hui des subventions au secteur privé pour qu’il s’installe dans les quartiers défavorisés : une dotation spécifique, avec la création de cent emplois supplémentaires pour les établissements privés situés dans les zones défavorisées, a en effet été créée par le plan « Espoir Banlieues » de Fadela Amara.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Savez-vous vraiment où vous allez ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Oui, encore une fois, je parlerai du transfert du public vers le privé, au détriment des parents et des enfants. Dans la pratique, ce que nous voyons, c’est la facilitation de l’évasion scolaire : des maires qui se battent bec et ongles pour maintenir leurs classes sont condamnés à financer ceux qui désertent ces classes, risquant ainsi d’en entraîner la fermeture.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Parlons chiffres : 30 à 40 % des élèves du privé, soit 400 000 élèves, sont aujourd’hui scolarisés dans une école implantée hors de leur commune. Le forfait communal peut varier de 400 à 1 500 euros. Ainsi, la somme globale versée par les communes à l’enseignement privé pourrait s’élever à 500 millions d’euros. Et qui dit que cette somme ne s’accroîtra pas ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard</span>. C’est totalement inexact !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Bérengère Poletti</span>. Et c’est un connaisseur qui parle !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Je sais que certains d’entre vous, à droite de cet hémicycle, sentent les risques que nous prenons. Je sais que vous êtes plusieurs à penser, notamment lorsque vous êtes maires d’une petite commune : « J’ai passé vingt-six ans à lutter contre l’évasion scolaire. Dans ma circonscription, les deux collèges dont la capacité d’accueil est de 1 000 élèves n’en reçoivent plus que 400. » Et je pourrais vous donner, hélas ! plusieurs exemples bordelais de situations similaires.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Enfin, nous ne pouvons ne pas nous interroger sur les intérêts cachés, et pourtant réels, de cette proposition de loi. L’enseignement privé y est-il fortement favorable au nom de l’intérêt général, au nom de valeurs religieuses, au nom de la volonté de faire mieux que le service public – ou au nom d’une logique libérale visant le profit ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Permettez-moi de vous citer monseigneur Claude Dagens qui disait en 2007, en parlant autant, d’ailleurs, de l’éducation que de la santé : « Il n’y a plus de sens pour que l’Église occupe ce terrain, sinon au risque de se laisser instrumentaliser au service d’une logique de privatisation, en mettant à la disposition des privilégiés des systèmes privés de soins ou d’éducation dont l’inspiration catholique n’est plus qu’une source d’inspiration lointaine, et finalement inopérante, qui risque de produire un contre-témoignage. » Qui peut rester indifférent à ce regard aiguisé d’un homme d’Église sur ce qui est en train de se passer dans notre société, et, ajoutons-le, dans l’Église ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chers collègues de la majorité, vous avez déposé des amendements similaires aux nôtres, exigeant en particulier l’accord du maire préalablement au financement de la scolarisation hors résidence. Vous confirmez ainsi que la meilleure réponse aux problèmes de notre école serait la suppression pure et simple de l’article 89, sans autre faux compromis.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je vous demande donc, au nom de la République qui nous réunit, au nom de ses principes, de retirer cette proposition de loi qui n’a pas lieu d’être parce qu’elle dément la force que pourrait avoir l’abrogation pure et simple de l’article 89, parce qu’elle est excessivement coûteuse à terme et dangereuse pour notre pacte social. (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR.)</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. le président.</span> La parole est à M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale.</span> Madame, la députée, je voudrais d’abord rappeler que la parité est prévue par la loi Debré de 1959, que j’ai eu l’occasion d’évoquer tout à l’heure. Elle est la conséquence du libre choix, qui est garanti par la Constitution. C’est dans cet esprit que cette proposition de loi a été élaborée et qu’elle vous est aujourd’hui proposée.</p>
<p>Je ne peux pas laisser dire que cette proposition reviendrait en quelque sorte à mettre à disposition de l’enseignement privé des chèques en blanc adressés pour paiement aux communes, qui auraient à financer coûte que coûte, sans limitation… (Protestations sur les bancs du groupe SRC.) C’est ce que vous avez dit, madame la députée, et c’est ce qui justifie mon intervention.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand.</span> On va y revenir !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale.</span> Le texte encadre très précisément les cas où les communes auront à régler le financement de la prise en charge par l’enseignement privé d’un élève qui réside sur leur territoire. Ces cas sont très précis, et ce sont les mêmes que pour l’enseignement public. Il y a donc parité stricte, et il n’y a pas de fuite en avant qui amènerait les maires, désormais, à payer systématiquement pour les élèves scolarisés dans l’enseignement privé.</p>
<p>M. Pascal Deguilhem. Sauf que…</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Luc Chatel</span>, <span style="text-decoration: underline;">ministre de l’éducation nationale</span>. Il n’est pas non plus possible de laisser dire qu’il n’y a pas parité – suivant un rapport 80/20, puisque tel est la proportion entre l’enseignement public et l’enseignement privé dans notre pays – pour les créations et les suppressions de postes. Nous respectons systématiquement la proportionnalité. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany</span>. C’est faux, absolument faux !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale</span>. Monsieur Glavany, nous respectons strictement ce rapport à la fois pour les créations comme pour les suppressions de postes !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. C’est faux !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale</span>. Dans le cadre du plan « Espoir Banlieues » de Mme Amara, donc dans le cadre d’une dotation globale nationale, l’enseignement privé a choisi de créer un certain nombre de postes dans les zones urbaines sensibles, les zones d’éducation prioritaire. C’est sa liberté ! Mais au total, le rapport 80/20, dans les créations comme dans les suppressions, est respecté.</p>
<p>Vous évoquez enfin la casse sociale de l’éducation ; j’aimerais simplement vous rappeler deux ou trois chiffres. D’abord, le budget de l’éducation nationale n’a jamais été aussi élevé qu’aujourd’hui : c’est le premier budget de l’État…</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. Heureusement !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale</span>. …et il est en progression, dans un contexte budgétaire que vous connaissez tous. (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.)</p>
<p>{&#8230;}</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. Monsieur le ministre, nous aurons la discussion sur l’importance de l’effort consenti pour l’éducation au moment de l’examen du budget. Le seul regret que je puisse exprimer cet après-midi, c’est que si le budget de l’éducation nationale est le premier et le plus important de la nation, il aurait été bon de le discuter dans l’hémicycle et non dans une commission, un peu à la va-vite.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, je ne suis pas un constitutionnaliste mais il me semble que ce n’est ni la parité, ni le libre choix qui est inscrit dans la Constitution de notre pays, mais la liberté de l’enseignement, ce qui n’est pas tout à fait la même chose, et nous verrons d’ailleurs quelles peuvent être les conséquences de cette nuance.</p>
<p style="text-align: justify;">J’en viens à l’explication de vote sur la motion qu’a brillamment défendue Mme Delaunay.</p>
<p style="text-align: justify;">Au départ de cette histoire, il y a un amendement, appelé amendement Charasse, qui tentait d’apaiser et même, autant que faire se peut, de régler les rapports entre l’enseignement public et l’enseignement privé. Mais cet amendement a été détourné de son objet, comme le reconnaît d’ailleurs son auteur. Et la machine s’est emballée.</p>
<p style="text-align: justify;">Le seul moyen de retrouver des rapports normaux entre enseignement public et enseignement privé – notamment pour que les maires puissent gérer leurs propres finances et favoriser la scolarisation dans des écoles qui, en dehors des enseignants, relèvent de leurs compétences – aurait été de supprimer l’article 89 de la loi de 2004. Vous avez refusé cette proposition, dont l’initiative revenait à notre collègue Jean Glavany. Pire, par le biais d’une proposition de loi du sénateur Jean-Claude Carle, vous reprenez aujourd’hui cet article 89, pour l’aggraver sur certains points.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour régler le problème, je vous demande, au nom du groupe que je représente cet après-midi, d’accepter que nous redéposions ensemble une proposition de loi tendant à supprimer l’article 89 ou, à tout le moins, de voter cette motion de rejet préalable.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président</span>. La parole est à M. Jacques Desallangre, pour le groupe de la Gauche démocrate et républicaine.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Le groupe de la Gauche démocrate et républicaine votera cette motion parce qu’elle tend à écarter un texte hypocrite, un texte qui cadenasse, afin de le sécuriser juridiquement, une loi précédente. Au nom d’une égalité que l’on bafoue, le but est de financer l’école privée, de l’aider à mieux réduire les moyens de l’école publique, l’école de la République, celle qui accueille tous les enfants sans distinction d’origine sociale, de moyens, de confession.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous dites vouloir clarifier les règles et aider les collectivités locales mais, pour cela, vous proposez d’ôter à ces collectivités toute intervention dans la recherche d’une justification de la demande de dérogation par exemple.</p>
<p>Non, l’école privée et l’école publique n’ont pas le même rôle, les mêmes références, elles sont différentes et les traiter différemment n’est pas une offense faite au respect du principe d’égalité.</p>
<p>La proposition de loi qui nous est soumise organise le soutien dissimulé, mais bien effectif, à l’école privée, alors que c’est l’école publique qui, aujourd’hui, a un besoin urgent, significatif, de l’aide de l’État. Nous réclamons cette aide au nom des valeurs de la République et nous voterons donc la motion de rejet préalable.</p>
<p>{&#8230;}</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Yvan Lachaud</span>. <strong>On demande souvent au Gouvernement de faire preuve de sagesse. J’aimerais que les socialistes retrouvent la sagesse de leurs collègues sénateurs qui ont porté un autre regard sur ce texte.<br />
</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Si nos amendements sont adoptés, nous verrons !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yvan Lachaud</span>. Ils l’ont abordé dans un esprit d’ouverture qui aujourd’hui vous fait un peu défaut – mais peut-être allez-vous vous ressaisir au fil de la discussion.</p>
<p style="text-align: justify;">En tout cas, le groupe Nouveau Centre votera contre cette motion de rejet. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président</span>. La parole est à M. Jacques Pélissard, pour le groupe de l’Union pour un mouvement populaire.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard</span>. J’ai écouté attentivement Mme Delaunay. Et très franchement, je n’ai relevé dans ses propos aucun argument qui milite en faveur de la motion de rejet.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, tous les principes auxquels nous sommes attachés, la liberté de choix des parents, la parité de traitement…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Michel Ménard.</span> Elle n’est pas respectée !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay.</span> Eh non ! Vous ne m’avez pas écoutée.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard</span>. …y compris dans l’application de l’article L.212-8 du code de l’éducation nationale, et enfin la concurrence (« Ah ! » sur les bancs du groupe SRC.) équilibrée entre l’école publique et l’école privée, sont au rendez-vous.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. La concurrence, vous l’avez dit !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yvan Lachaud</span>. Mais oui !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pascal Deguilhem</span>. Quel aveu !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard</span>. « Je me suis aperçu qu’un certain nombre de maires de communes de résidence incitaient les familles à envoyer leurs enfants à l’école privée de la commune voisine pour éviter le paiement de la participation. » Voilà ce que disait Michel Charasse en juillet 2004.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Vous n’avez que Michel Charasse comme référence ?</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard</span>. L’idée est d’avoir un dispositif équilibré, qui préserve la liberté et la parité.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ces conditions, la motion de rejet ne peut être que repoussée. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)</p>
<p style="text-align: justify;"><em>(La motion de rejet préalable, mise aux voix, n&#8217;est pas adoptée.)<br />
Discussion générale</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président</span>. Dans la discussion générale, la parole est à M. Yves Durand.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. Monsieur le ministre, monsieur le rapporteur, on aurait pu espérer que ce texte fut un texte d’apaisement – comme d’ailleurs avait voulu l’être l’article 89 …</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany.</span> Cherchez l’erreur !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. …avant qu’il ne soit, malheureusement, dévoyé – mais la proposition de loi qui nous est transmise par nos collègues sénateurs ne me paraît pas aller dans ce sens.</p>
<p style="text-align: justify;">D’abord, parce que si l’on respecte l’esprit de la loi de 1959, dite loi Debré, que l’on ait été pour ou contre à l’époque, on doit considérer, monsieur Pélissard, que l’enseignement public et l’enseignement privé ne sont pas concurrents.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Robert Lecou</span>. Absolument !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yves Durand. Ils font partie du service public d’éducation, chacun de leur côté, avec les mêmes droits, et normalement, si le mot « parité » a un sens, les mêmes devoirs.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Ce qui n’est pas le cas.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. En effet, ce n’est pas le cas. Premier problème, essentiel.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette proposition de loi ne va pas non plus dans le sens de l’apaisement parce que, au-delà des rapports entre l’enseignement privé et l’enseignement public, que nul ne veut envenimer – personne ici ne songe à rallumer une guerre scolaire qui a été largement évacuée –, la question est bien de donner à l’institution scolaire, publique et privée, les moyens de permettre l’égalité des chances dans toutes les communes. Or cette proposition de loi contient deux dispositions qui vont totalement à l’encontre de cet objectif.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>D’une part, cette proposition de loi organise ce que j’appellerai l’exode scolaire.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Bien sûr !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. Désormais, il n’y aura plus de véritable contrainte puisqu’il n’y aura plus besoin de l’accord du maire. Les trois autres contraintes pour justifier des dérogations scolaires, à savoir les raisons médicales, le fait que les parents travaillent ailleurs et la scolarisation du frère ou de la sœur dans l’autre commune ne sont guère significatives : en tant que maire, je reçois dix demandes tous les jours. Dès lors, les parents qui voient leur école rurale ou périurbaine devenir de plus en plus petite…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay.</span> De plus en plus pauvre.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. …et de plus en plus pauvre, vont vouloir mettre leurs gosses dans la commune voisine, plus urbaine, où ils travaillent le plus souvent. Ainsi, vous allez assécher, désertifier des écoles rurales qui sont pourtant le seul endroit où un lien social entre les enfants peut encore se tisser.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Très juste !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. Il en sera de même dans les quartiers de banlieue dits défavorisés. Des classements d’écoles se baladent un peu partout, vous le savez. Nous assisterons à un assèchement parce que les meilleurs éléments des écoles de ces quartiers défavorisés, pour lesquelles les maires s’efforcent de garder l’excellence, vont partir dans les écoles de centre-ville, sachant que, derrière, il y a le collège, le lycée et tout le cursus scolaire qui permet, paraît-il, une meilleure réussite des enfants.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous me dites, monsieur le ministre, que c’est pareil dans le public. Certes, à la différence notable que l’accord du maire ne figure pas, pour le privé, dans la proposition de loi sénatoriale.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette première atteinte à la parité est d’autant plus grave que vous avez supprimé la carte scolaire, ce qui renforce la possibilité d’exode des élèves.</p>
<p style="text-align: justify;">En second lieu, vous allez encourager ce qui est peut-être le pire ennemi de l’école : le développement du consumérisme scolaire chez beaucoup de parents.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay.</span> Très juste !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand.</span> À partir du moment où l’accord du maire n’est plus requis, vous créez un lien immédiat entre la famille et l’établissement et non plus entre la famille et l’établissement par l’intermédiaire d’un représentant de la République, en l’occurrence le maire.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Exactement !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. Cela favorisera inéluctablement le développement du consumérisme scolaire. On choisira son établissement comme on le veut, à la carte. Mme Delaunay a dénoncé à juste titre la perspective du « chèque scolaire », qui figurait d’ailleurs dans le programme d’un certain candidat à l’élection présidentielle. Cette idée, qui était dans les têtes, va commencer à se concrétiser dans les textes.</p>
<p style="text-align: justify;">La proposition de loi partait d’une bonne intention, je veux bien l’admettre, ce qui a sans doute influencé nos collègues sénateurs, du moins certains d’entre eux,…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Michel Ménard</span>. Je ne le crois pas !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Ils sont candides !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. …mais il suffit de la mettre en perspective avec d’autres mesures comme la suppression de la carte scolaire pour s’apercevoir qu’elle risque, sinon de rallumer la guerre séculaire entre le public et le privé qui fait partie de l’histoire de la République mais qui, aujourd’hui, parce que tout le monde y a mis du sien, s’est éteinte,…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Robert Lecou</span>. Très bien !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand.</span> …au moins de détruire le seul endroit où, quel que soit le quartier, quelle que soit la commune, tous les enfants peuvent se retrouver, se réunir, travailler ensemble, se comprendre. Cette base même du vivre ensemble est pourtant le fondement de notre République.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà pourquoi, au-delà du public et du privé, ce texte est particulièrement grave, et voilà pourquoi nous pensons voter contre – nous aviserons au terme de la discussion. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président</span>. La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, avant d’aborder à proprement parler la proposition de loi relative au financement de l’école privée, je souhaite vous soumettre une question relative au travail parlementaire et tenant plus particulièrement à l’application de l’article 40 de la Constitution. Nous subissons depuis des années dans l’opposition l’application draconienne de cet article qui censure nos propositions et nos amendements avant même que nous n’en débattions au fond. Le Gouvernement et la majorité nous l’opposent sans savoir si nos propositions sont légitimes et judicieuses.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque la question de la revalorisation du rôle du Parlement s’est posée, nous avons proposé l’abrogation de l’article 40 afin de donner à l’initiative parlementaire toute son ampleur. Vous avez rejeté notre demande. Aujourd’hui, les propositions de loi émanant de la majorité se multiplient. L’article 40 trouve ainsi une seconde jeunesse, car il devrait aussi s’appliquer, dans toute sa rigueur, à vos propositions.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais vous semblez bénéficier de passe-droits. En effet, bien que directement contraire à l’article 40 de la Constitution, cette proposition de loi a miraculeusement passé sans encombres la première lecture.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay.</span> Très juste !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. <strong>Le Sénat aurait dû relever cette inconstitutionnalité et déclarer irrecevable son article 1er, qui établit une contribution de la part des communes. Il s’agit donc bien – je cite l’article 40 – de « la création ou l’aggravation d’une charge publique ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Eh oui !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. L’article 1er n’est donc pas constitutionnellement recevable. Mais vous avez bénéficié de la cécité momentanée de la commission des finances du Sénat qui a fait comme s’il n’en était rien. J’ai donc saisi le président de notre commission des finances de cette inconstitutionnalité, conformément à l’article 89 de notre nouveau règlement. Le président Migaud, dont on connaît et reconnaît la qualité, s’est déclaré incompétent au prétexte que la proposition de loi avait déjà été examinée par le Sénat.</p>
<p style="text-align: justify;">Permettez-moi de vous dire que je ne partage nullement l’interprétation erronée qui fut faite de l’article 89 de notre règlement. Et je souhaite que le Conseil constitutionnel puisse rétablir la portée stricte de l’article 89. Le quatrième alinéa de cet article dispose en effet que « les dispositions de l’article 40 de la Constitution peuvent être opposées à tout moment aux propositions de loi et aux amendements ». Le premier alinéa traite du dépôt devant le bureau de nos propositions de loi. Le deuxième est relatif aux amendements en commission. Le troisième s’applique aux amendements en séance. II n’existe aucun alinéa spécifique relatif aux propositions de loi provenant du Sénat. Ces propositions de loi restent des propositions de loi et sont soumises au même régime juridique. Les conditions de leur recevabilité sont donc les mêmes. Le fait que l’irrecevabilité de celle que nous examinons ait été couverte par la cécité du Sénat et son vote ne saurait enlever à l’article 1er son caractère inconstitutionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">Aucune disposition constitutionnelle, aucune décision du Conseil, rien dans notre règlement ne précise que les propositions de loi déjà examinées par le Sénat n’ont plus à respecter l’article 40 de la Constitution.</p>
<p style="text-align: justify;">Permettez-moi de prolonger le raisonnement de la commission des finances jusqu’à l’absurde. Rien dans la Constitution ne réserve un sort particulier à l’article 40. Son régime et sa portée sont les mêmes que ceux des autres articles. Le raisonnement de la commission des finances sur l’application de l’article 40 devrait être le même pour l’ensemble de la Constitution. Nous serions ainsi privés de la possibilité de contester la constitutionnalité d’une proposition ou d’un projet de loi dés lors qu’il a déjà été examiné et voté par l’une des chambres. C’est ridicule !</p>
<p style="text-align: justify;">Le président de notre commission des finances aurait donc dû déclarer irrecevable votre proposition de loi, mais peut-être n’a-t-il pas voulu vous faire subir ce châtiment deux fois dans la même journée, au risque de créer de fâcheux précédents contra legem. En effet, votre proposition de loi suivante sur le vote électronique est tout aussi irrecevable. Cependant, je ne souhaite pas que s’instaure cette « jurisprudence » qui voudrait qu’une proposition de loi inconstitutionnelle soit exonérée de toute sanction juridique dès lors qu’elle est votée en première lecture par le Sénat.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le fond, votre proposition de loi dite « Carle » est également contraire à plusieurs dispositions de la Constitution. Elle vise à asseoir et élargir le financement des écoles privées par les communes et l’impôt. Vous prétendez ainsi éviter une nouvelle guerre scolaire, mais c’est oublier un peu vite que, dans cette guerre scolaire, chaque partie a largement sa part de responsabilité, et au premier chef l’enseignement confessionnel. Devrions-nous lui donner satisfaction pour éviter de nouvelles tensions ? Car votre proposition de loi va bien plus loin que la loi dite « Debré » de décembre 1959 qui impose aux communes l’obligation de financer les dépenses de fonctionnement des écoles privées sous contrat se trouvant sur leur seul territoire pour les enfants domiciliés dans leur commune.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce principe était largement appliqué sans contestation majeure depuis plus de vingt ans jusqu’à ce que l’article 89 de la loi de 2004 cherche à étendre le financement obligatoire des dépenses de fonctionnement aux écoles privées placées sur le territoire de communes voisines. Cet article 89 fut source d’interprétations divergentes et de contentieux à la suite de demandes parfois extravagantes.</p>
<p style="text-align: justify;">La proposition d’aujourd’hui prétend mettre un terme à cet imbroglio juridique, mais elle renforce en fait les nouvelles obligations créées par l’article 89 au bénéfice des écoles privées implantées sur le territoire de communes autres que celle de résidence.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi accorder un traitement égalitaire alors qu’il n’y a pas identité entre les systèmes publics et privés ? L’enseignement public est sectorisé pour éviter les phénomènes de ghettoïsation alors que l’enseignement privé ne l’est pas. L’école publique accueille tous les élèves alors que le privé les sélectionne souvent. L’école publique est gratuite alors que l’école privée l’est rarement. L’école publique est laïque alors que l’école privée est le plus souvent confessionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">La loi impose déjà une part de financement public pour le fonctionnement des écoles privées, mais la parité de traitement n’a pas à s’imposer comme le laisse supposer le titre de la proposition de loi. Nous proposerons d’ailleurs par amendement de modifier ce titre afin d’écarter toute idée de parité ou d’égalité entre enseignement public et privé. Si jamais vous persévérez dans cette idée de traitement égalitaire, nous vous proposerons alors un amendement visant à s’assurer que l’enseignement privé bénéficiaire des fonds publics respecte scrupuleusement les valeurs de la République laïque.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous souhaitez que l’enseignement privé bénéficie des fonds publics. Assurez-nous alors qu’il respecte les mêmes obligations en matière de refus des communautarismes – notamment par l’interdiction des signes ostensibles d’appartenance religieuse –, de respect de la liberté de conscience, de la liberté de croire et de ne pas croire, de la promotion de la stricte égalité des sexes ! En votant cet amendement, nous mesurerons l’attachement républicain de chacun de nous au-delà des latéralisations partisanes.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous vous proposerons également des amendements de suppression car, dans la proposition qui nous est présentée, l’accord du maire n’est ni demandé ni requis alors que les finances de la collectivité locale seront directement engagées. Le maire ne pourra même pas vérifier au préalable que les conditions légales sont respectées. Le préfet, se substituant au conseil municipal et au maire, pourrait ainsi obliger la collectivité à financer.</p>
<p style="text-align: justify;">Par leur caractère obligatoire et automatique ces dispositions législatives contreviennent au principe constitutionnel de libre administration des collectivités territoriales. Elles font de surcroît primer l’intérêt particulier sur l’intérêt général. Comment justifier auprès des contribuables qu’une commune se voie obligée de fermer une classe ou une école car quelques parents auraient décidé de placer leurs enfants dans la commune voisine pour des raisons de convictions religieuses, au demeurant tout à fait respectables ?</p>
<p style="text-align: justify;">Les décisions de fermeture tiennent parfois à la présence d’un seul ou de deux enfants. Cette proposition risque d’accentuer les fermetures de classes et d’écoles publiques. Est-ce l’objectif indirectement poursuivi ? Ce serait préoccupant car, quand l’école publique ferme ses portes, c’est le processus d’intégration à la communauté des citoyens et la République laïque qui régressent. Vous organisez la concurrence scolaire sur tout le territoire. C’est la fin de la sectorisation, car les écoles publiques seront concurrencées par les écoles privées limitrophes. C’est un véritable marché de l’enseignement primaire que vous créez et qui provoquera une concurrence entre les communes alors que nous avons besoin de complémentarité et de dialogue.</p>
<p style="text-align: justify;">En sécurisant juridiquement et en élargissant les cas de financement de l’école privée par des fonds publics, combien de millions d’euros supplémentaires seront-ils versés au privé ? Vous organisez un transfert de fonds publics vers le privé alors que certains villages ou regroupements réclament la création d’écoles ou de classes. Tout l’argent que vous souhaitez donner au privé pourrait utilement être consacré à l’enseignement public afin de renforcer et d’améliorer les conditions d’accueil.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Exactement !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Vous prétendez par ailleurs encadrer les cas dans lesquels la commune aura l’obligation de contribuer aux dépenses de l’école privée de la commune voisine. Cette contribution serait due dans quatre hypothèses, dont certaines relèvent de la convenance personnelle.</p>
<p>Le premier motif porte sur l’absence de capacité d’accueil dans la commune de résidence. Ce critère pourrait sembler justifié, mais ce serait oublier un peu vite le principe issu du préambule de la Constitution de 1946 qui dispose que « l’organisation de l’enseignement public, gratuit et laïque à tous les degrés, est un devoir de l’État ». Il devrait, en conséquence, n’y avoir aucune commune ou regroupement de communes dépourvu d’école publique.</p>
<p>Par ailleurs, l’alinéa que je viens de citer impose que l’enseignement soit laïque. Les collectivités locales ne peuvent donc pas sous-traiter leurs obligations scolaires à des associations rattachées à un culte, comme c’est le plus souvent le cas des établissements privés, avec parfois des débordements auxquels je reviendrai en défendant l’un de mes amendements.</p>
<p>Le second motif tiendrait aux obligations professionnelles des parents, lorsqu’ils résident dans une commune qui n’assure pas directement ou indirectement la restauration et la garde des enfants. Mais que recouvre réellement cette catégorie ? S’agit-il uniquement des cas ou les deux parents ont des horaires décalés, ou bien est-ce déjà la porte ouverte aux convenances personnelles ? Pourquoi la proposition n’impose-t-elle pas que la garderie et le service de restauration soient bien assurés dans l’école d’accueil ?</p>
<p>Enfin, le regroupement de la fratrie est l’exemple même du motif pour convenance personnelle. Il suffit qu’une famille ait, pour une raison relevant de son seul choix, scolarisé son premier enfant dans une école privée d’une autre commune pour que la scolarisation de l’ensemble de la fratrie dans ce même établissement soit imposée à la commune de résidence.</p>
<p>L’interprétation large de ces trois « motifs légitimes » recouvre la quasi-totalité des enfants scolarisés dans l’enseignement privé en dehors de leur commune de résidence.</p>
<p>Par ailleurs, lorsque le financement n’est pas rendu obligatoire, il pourra néanmoins être assuré à titre facultatif. Nous sommes en présence d’une atteinte directe aux principes de laïcité et d’égalité. Le choix de subventionner une association rattachée à une religion ou à un culte serait contraire au principe constitutionnel de laïcité selon lequel « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » – article 2 de la loi du 9 décembre 1905.</p>
<p>Attaché aux principes de laïcité de la République et d’égalité des citoyens, je vous appelle, mes chers collègues, à rejeter cette proposition de loi, car elle porte en elle des ferments de désagrégation de l’école républicaine et laïque. Restons attachés à l’adage « à l’enseignement public, fonds publics ; à l’enseignement privé, fonds privés » ! Cet adage ne reflète malheureusement pas le droit applicable depuis les lois Debré, mais pour ma part je reste fidèle aux valeurs défendues par ma famille politique républicaine de gauche, qui s’est toujours élevée contre la loi de 1959 et les accords ultérieurs avec l’enseignement privé.</p>
<p>Je souhaiterais, en cas d’adoption de ce texte, que nous soyons assez nombreux pour prolonger notre engagement républicain et laïque par une saisine du Conseil constitutionnel, qui ne manquera pas de censurer les atteintes les plus flagrantes aux principes de l’article 40, de libre administration des collectivités locales, d’égalité et de laïcité. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. le président.</span> La parole est à M. Yvan Lachaud.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Yvan Lachaud</span>. Apaisement, c’est le mot qui doit définir ce débat, et traduire l’esprit de cette proposition de loi visant à garantir la parité de financement entre les écoles élémentaires publiques et privées sous contrat quand elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence.</p>
<p>C’est en effet l’apaisement qui, depuis la loi Debré de 1959 – et malgré quelques crises –, a le plus souvent caractérisé les relations entre l’école publique et l’école privée, permettant aux « deux écoles » de cohabiter sereinement, ce qui est la volonté du peuple.</p>
<p>C’est notamment l’institution d’un principe de parité qui a permis cet apaisement, en consacrant la possibilité pour le service public de l’éducation d’être mis en œuvre non seulement par des établissements publics, mais également, dans des conditions fixées par la loi et par le contrat qui les unit à l’État, par des établissements privés.</p>
<p>Le succès de l’école privée sous contrat, qui ne se dément pas année après année, se manifeste par le fait qu’un grand nombre de familles choisissent cet enseignement librement et sans contrainte. Cela montre bien que l’immense majorité de nos concitoyens est attachée à la coexistence de ces deux écoles, publique et privée, qui contribuent chacune à sa manière à la réalisation des objectifs fixés par la nation.</p>
<p>Aujourd’hui, au moment où nous abordons la question du financement des écoles primaires privées, le Nouveau Centre veut affirmer la nécessité de respecter deux exigences aussi fondamentales l’une que l’autre.</p>
<p>D’abord, la liberté de l’enseignement doit être pleinement garantie, ce qui suppose que les conditions de financement des établissements privés sous contrat permettent l’exercice effectif de cette liberté.</p>
<p>Ensuite, la parité entre public et privé sous contrat doit être respectée, car elle a permis aux deux formes d’enseignement d’être non plus rivales, mais complémentaires.</p>
<p>Reconnaissons-le, il résultait de l’état du droit applicable avant l’entrée en vigueur de la loi n° 2004-809 du 13 août 2004 un déséquilibre certain en défaveur des écoles élémentaires privées sous contrat d’association. Il était temps d’y mettre fin, en inscrivant dans la loi un nouveau régime de financement des classes élémentaires sous contrat par les communes de résidence.</p>
<p>Le Nouveau Centre considère que la proposition de loi institue, de manière réaliste et pragmatique, un compromis juridiquement fondé et politiquement équilibré.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Frédéric Reiss, rapporteur</span>. Merci !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Yvan Lachaud</span>. Celui-ci respecte les intérêts de chacune des parties. Il garantit en effet aux écoles élémentaires privées sous contrat d’association qu’elles seront traitées à égalité avec les écoles publiques, préservant l’exigence de parité qui est le fondement de la loi Debré. Cependant, il n’impose pas aux communes des obligations financières qui mettraient en péril leur équilibre budgétaire.</p>
<p>Le nouveau régime de financement respecte le principe de parité. Il prévoit qu’une commune versera une contribution pour un élève d’une classe élémentaire sous contrat uniquement dans le cas où elle l’aurait versée pour un élève inscrit dans une école publique. Cependant, il respecte également le libre choix de l’enseignement en excluant tout accord du maire pour scolariser un élève, ce qui correspond à la définition même de la liberté d’enseignement. (Protestations sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p>Une contribution est ainsi exigible dans quatre cas : l’absence de capacités d’accueil dans la commune de résidence ou dans le regroupement pédagogique intercommunal auquel elle participe ; la nécessité de scolariser l’enfant dans une autre commune du fait des obligations professionnelles de ses parents et de l’inexistence d’un service de garde et de restauration ; la nécessité de scolariser l’enfant dans une autre commune pour des raisons médicales ; enfin, la scolarisation d’un frère ou d’une sœur dans la commune d’accueil.</p>
<p>Sur le premier point, monsieur le ministre, vous nous avez apporté un éclaircissement nécessaire en précisant que la notion de regroupement pédagogique intercommunal n’a de sens que dans le cadre d’un établissement public de coopération intercommunale. Elle ne s’applique donc à un regroupement pédagogique intercommunal que s’il est adossé à un EPCI.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant à la notion de fratrie, nous avons appelé votre attention sur la nécessité de la définir précisément, dans les décrets d’application,…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay.</span> C’est nécessaire !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yvan Lachaud.</span> …puisque l’évolution de la société, marquée par le développement des foyers monoparentaux et des familles recomposées, l’a rendue plus floue.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Michel Ménard</span>. Il va falloir pratiquer des tests ADN !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany</span>. Allons donc ! Vous savez bien que ce n’est plus d’actualité !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yvan Lachaud</span>. Il paraît essentiel d’imposer aux communes des obligations claires et d’assurer aux écoles privées des financements garantis. C’est pourquoi nous avons affirmé notre volonté de n’apporter notre soutien qu’à un texte légitime et équilibré, comme celui qui nous est présenté. Il permet en effet de respecter pleinement la parité en construisant deux régimes de financement parallèles, propres l’un au public, l’autre au privé.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Nouveau Centre votera la proposition de loi, en espérant que la clarification des relations entre les écoles primaires sous contrat et les écoles primaires publiques permettra de restaurer un apaisement nécessaire, et de traiter équitablement tous les enfants de la nation, quelle que soit l’école qu’ils fréquentent, que leurs parents ont encore le droit de choisir. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président.</span> La parole est à M. Jacques Grosperrin.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Grosperrin.</span> Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, grâce à cette proposition de loi, nous avons aujourd’hui l’opportunité de mettre un terme à ce que notre rapporteur, Frédéric Reiss, a qualifié à juste titre de « feuilleton juridique et politique lié à l’interprétation de l’article 89 de la loi du 13 août 2004 ».</p>
<p style="text-align: justify;">Nous voilà en mesure de clore définitivement un chapitre de notre vie démocratique qui n’a entraîné que des débats partisans, au mépris de ce qui constitue l’essence même de notre mandat de députés : la protection des citoyens. La loi doit viser, non à protéger des intérêts particuliers ou une idéologie, si respectable soit-elle, mais à servir le plus grand nombre, l’intérêt général qui dépasse toujours les intérêts particuliers. Dans les textes que nous élaborons, faute d’atteindre toujours notre but, notre devoir est du moins de ne pas nuire et de ne pas créer d’inégalités. Tel est bien l’enjeu de ce débat.</p>
<p style="text-align: justify;">Il concerne 300 000 élèves non résidents en France. Si l’on compte leurs parents, ce sont près d’un million de nos concitoyens qui attendent de nous, non que nous menions un débat théorique ou d’arrière-garde, plein de disputes ou d’excès, mais que nous mettions enœuvre des solutions pratiques qui les aident dans leur vie de tous les jours.</p>
<p style="text-align: justify;">Monsieur le ministre, vous avez très justement rappelé, jeudi 24 septembre, en visitant deux établissements privés sous contrat d’association avec l’État en Seine-Saint-Denis – le groupe scolaire catholique de l’Assomption à Bondy et le groupe scolaire juif de l’Alliance aux Pavillons-sous-Bois – que 20 % des élèves scolarisés le sont dans des établissements privés. Dans notre pays, un enfant sur cinq est donc accueilli dans un établissement sous contrat. Or environ 35 % des enfants scolarisés dans le privé sont des élèves non résidents. C’est dire que nous débattons aujourd’hui du sort, de la quiétude et de la sécurité juridique d’un nombre important de nos concitoyens.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous ignorons quelle est la sensibilité politique de leurs proches et quel bulletin ils mettront dans l’urne aux prochaines élections.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yvan Lachaud</span>. Bien sûr !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Grosperrin</span>. Cela n’a d’ailleurs aucun intérêt. Mais notre devoir est d’apporter une solution aux difficultés qu’ils rencontrent. L’heure n’est plus aux joutes verbales mais à une action concrète qui relaiera toutes celles que nous menons avec nos concitoyens dans nos circonscriptions respectives. Ne parlons donc pas de remise en cause du service public de l’éducation ni même de suppression de postes : il s’agit seulement de mettre en place un dispositif assurant la parité pour tous.</p>
<p style="text-align: justify;">La loi Debré du 31 décembre 1959 a en effet posé entre l’enseignement public et l’enseignement privé un principe de parité qui, nous l’avons souvent rappelé, a été réaffirmé par les accords Lang-Cloupet de 1992. Parce que ce principe a été régulièrement battu en brèche, la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales a rendu obligatoire la participation aux frais de fonctionnement en étendant aux écoles privées sous contrat la procédure de règlement des conflits prévue pour les écoles publiques. Cependant, parce que l’article 89 n’a pas posé de conditions à la contribution de la commune de résidence pour les écoles privées, des problèmes d’interprétation ont surgi. À l’évidence, les circulaires de 2005 et de 2007 ne suffisaient pas pour que le dispositif soit appliqué à tous.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelles que soient nos idées et notre appartenance politiques, nous ne pouvons accepter qu’une loi ne soit pas appliquée uniformément à tous nos concitoyens, que son universalité soit violée par les uns ou par les autres et que, de ce fait, un élève soit traité différemment en fonction de la commune dont il est l’administré. Il est grand temps de faire respecter pour tous le principe constitutionnel de la liberté de l’enseignement.</p>
<p style="text-align: justify;">La commission des affaires culturelles, familiales et sociales a eu à cœur de trouver une solution de compromis, et le Sénat a adopté le texte qui nous est soumis.</p>
<p style="text-align: justify;">La problématique est somme toute très simple. Bien que nous ayons calqué le régime de financement des classes élémentaires sous contrat d’association sur celui des classes élémentaires publiques, en vertu du fameux article L. 442-5 du code de l’éducation, et que, parallèlement, le problème du financement des dépenses de fonctionnement relatives à la scolarisation d’enfants domiciliés dans une autre commune que celle où est implantée l’école ait été abordé à l’article L 212-8 du code de l’éducation, aucun dispositif analogue n’a été prévu dans tous les cas pour les établissements sous contrat.</p>
<p style="text-align: justify;">De ce fait, on se heurte à deux écueils : l’absence de procédure de médiation ou de résolution des litiges en cas de désaccord entre deux communes, et l’absence de moyen juridique et coercitif pour imposer à une commune de respecter ses engagements financiers liés à la participation, lorsqu’elle en a pris.</p>
<p>L’article 89 de la loi du 13 août 2004 est venu résoudre ces difficultés mais, voulant trop bien faire, nous n’avons pas exposé de manière suffisamment explicite que le principe de la contribution des communes devait s’appliquer avec les restrictions qui ont cours dans toutes les écoles publiques.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard</span>. C’est juste !</p>
<p>M. Jacques Grosperrin. Une lecture objective des circulaires du 2 décembre 2005 et du 27 août 2007 ne suffisant pas à assurer une solidité juridique réelle, il nous a paru opportun d’ouvrir un véritable débat et de garantir par un texte minutieusement élaboré l’avenir juridique de ce type de situation.</p>
<p style="text-align: justify;">Au cœur du dispositif, deux problèmes suscitent nombre de débats.</p>
<p style="text-align: justify;">Le premier concerne évidemment l’autorisation préalable du maire de la commune de résidence. II faut rappeler que, si cette autorisation est requise pour la scolarisation dans un établissement public, elle n’est pas nécessaire pour les élèves scolarisés dans des établissements privés. Certains nous interrogent donc sur cette rupture d’égalité entre écoles privées et publiques. (« À juste titre ! » sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">Le second problème est relatif à la notion de fratrie. L’article L. 212-8 du code de l’éducation édicte une obligation de participation financière dans trois cas de figure, notamment « l’inscription d’un frère ou d’une sœur dans un établissement scolaire de la même commune ». Le nouveau texte, même s’il prévoit quatre cas, reprend ces dérogations et réaffirme le caractère obligatoire de la contribution de la commune.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce qui concerne la fratrie, les nouvelles dispositions prévoient le cas où la scolarisation de l’élève dans une autre commune trouve son origine dans l’inscription d’un frère ou d’une sœur dans la même commune. Mais doit-on inclure dans la fratrie la famille recomposée ?</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Et les cousins ?</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Grosperrin</span>. Monsieur le ministre, je vous remercie de répondre à ces deux questions.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le reste, je considère en conscience que la proposition de loi saura aplanir les difficultés rencontrées par nos concitoyens. C’est pourquoi je vous demande, mes chers collègues, de l’adopter immédiatement pour que, la nouvelle rentrée scolaire devant générer irrémédiablement de nouvelles inégalités, ses dispositions bénéficient rapidement au plus grand nombre. (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président</span>. La parole est à M. Jean Glavany.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany</span>. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, dans l’histoire déjà longue et tumultueuse des relations entre l’État et l’enseignement privé, l’article 89 de la loi du 13 août 2004 aura fait couler beaucoup d’encre et de salive.</p>
<p style="text-align: justify;">Permettez-moi, à ce stade de nos travaux, une simple remarque méthodologique pour en appeler à la sagesse collective. Tâchons d’éviter que des initiatives individuelles brouillonnes n’aboutissent à des dispositions législatives aux conséquences incommensurables, sans qu’aucune évaluation globale suffisante ait été entreprise. Hier, nous avons tiré un chèque de plusieurs centaines de millions d’euros sur les collectivités locales au profit de l’enseignement privé, après avoir permis qu’une secte soit récemment amnistiée. (Protestations sur les bancs du groupe UMP. – Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste.</span> Ce n’est pas le même style !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany.</span> Mais c’est la même chose : les initiatives individuelles sans évaluation collective produisent les mêmes résultats.</p>
<p>Depuis 2004, nous n’avons pas cessé d’alerter la majorité, l’Association des maires de France et le Gouvernement sur les conséquences dramatiques pour les communes, notamment les petites communes rurales, de l’article 89 de la loi du 13 août 2004. Je me souviens avoir défendu dans cet hémicycle, au nom du groupe socialiste, à l’automne 2007, une proposition de loi visant à abroger purement et simplement cet article. Que n’ai-je entendu alors ! D’après le porte-parole de l’UMP – il s’agissait de M. Guy Geoffroy –, les socialistes n’avaient rien de plus urgent à faire, en période de crise, que de raviver la guerre scolaire.</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, ils essayaient simplement d’appeler votre attention sur une disposition législative aux conséquences néfastes, pour pouvoir la corriger ensemble.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, on la corrige, à l’initiative de l’Association des maires de France, dont le président, que je salue, avait pris l’engagement devant le bureau, il y a plusieurs années déjà, de tout faire pour cela. Vous pourriez donc me dire : « Vous devez être content, monsieur Glavany, l’article 89 est abrogé. On a pris conscience du problème. » Je suis content qu’il soit abrogé, même si je ne suis pas trop content de moi d’avoir mis tant d’années à vous convaincre – je pensais y parvenir plus vite. Et je suis content qu’on prenne enfin le problème à bras-le-corps.</p>
<p style="text-align: justify;">En même temps, je ne suis pas satisfait, pas plus que ne le sont mes collègues socialistes, qu’une fois de plus la droite prenne prétexte de cette rectification pour faire pencher le balancier du mauvais côté…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard</span>. Mais non !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Grosperrin</span>. C’est quoi, le mauvais côté ?</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany</span>. …qui n’est pas celui de l’équilibre.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, depuis le début de la discussion, vous n’avez qu’un mot à la bouche, celui de parité. Ce mot, je le conteste formellement ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.) Et je le conteste d’abord du point de vue constitutionnel, car la Constitution ne protège pas la parité entre les groupes, elle protège l’égalité entre les citoyens. (« Très bien ! » sur les bancs des groupes SRC et GDR.) C’est en raison de cet obstacle que nous avions dû, il y a quelques années, modifier la Constitution pour introduire la parité entre hommes et femmes. Cela devrait vous faire réfléchir. En effet, en raison de ce principe de parité, le dispositif que vous faites adopter aujourd’hui, monsieur le ministre, est fragile sur le plan constitutionnel. Y aura-t-il ou non un recours de la part des parlementaires ? Nous verrons. Mais il y en aura forcément un, et plus vite que vous ne le croyez, puisque désormais les citoyens peuvent demander devant les juridictions la saisine du Conseil constitutionnel – ce qu’ils ne vont pas manquer de faire. Et puisque vous ne tenez pas compte des avertissements que nous vous lançons à ce stade, je crains bien que nous ne soyons obligés de nous retrouver très vite pour corriger ce caractère anticonstitutionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette parité, je la conteste également dans ses modalités telles que vous les mettez en place. Mme Delaunay et M. Durand l’on dit : vous parlez de parité, mais vous vous gardez bien de la mettre en œuvre, notamment en ce qui concerne l’accord préalable du maire. Cet accord est requis pour le public, il ne l’est pas pour le privé : où est la parité ?</p>
<p>Cette parité, je la conteste enfin comme l’a fait M. Desallangre en me référant au préambule de la Constitution de 1946 : « l’organisation de l’enseignement public gratuit et laïc à tous les degrés est un devoir de l’État ». Mais pour remplir ce devoir, on fait preuve de plus ou moins de volonté politique. Et, monsieur le ministre, je vous ai déjà interpellé, aimablement, à ce sujet : vous remplissez ce devoir d’État à géométrie variable. Si vous donniez aujourd’hui à l’éducation nationale tous les moyens dont elle a besoin pour assumer cette tâche, (« Bien sûr ! » sur les bancs des groupes SRC et GDR.) si la lutte contre l’échec scolaire était une vraie priorité, si le combat contre la reproduction des inégalités sociales et de la ségrégation par l’institution était mené efficacement, nous pourrions baisser la garde. Mais tout ce que nous voyons va dans le sens opposé. Cela nous inquiète beaucoup et nous rend extrêmement vigilants.</p>
<p>Monsieur le ministre, pour faire face à ce devoir d’État, chaque responsable politique définit ses priorités. Le principe de parité va brider ceux d’entre eux qui voudraient donner la priorité à l’éducation nationale au nom de leurs convictions. Vous, vous faites l’inverse, vous favorisez l’enseignement privé. Lors de la dernière rentrée, vous avez supprimé un poste pour deux élèves dans l’enseignement public et un poste pour trois élèves dans l’enseignement privé. C’est cela que vous appelez la parité ? Il en va de même des créations de postes.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay.</span> C’est la parité : une blanche vaut deux noires !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany.</span> Cette année, le privé, avec 3700 élèves de plus, a bénéficié de la création de 93 équivalents temps plein, soit un poste pour 39 élèves ; le public, avec 59 700 élèves de plus, a eu 160 équivalents temps plein, soit un pour 357.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. C’est révélateur.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany.</span> C’est parce que, dans la gestion quotidienne, vous ne mettez pas en œuvre ce principe de parité que je conteste…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Très juste.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany.</span>… que nous serons vigilants. Je le répète : nous nous retrouverons tôt ou tard pour corriger le dispositif anticonstitutionnel que vous mettez en place. (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président</span>. La parole est à M. Jacques Pélissard.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard.</span> Au commencement, ce fut une affaire d’Auvergnats. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Michel Ménard.</span> Quand il y en a un, ça va, c’est quand il y en a beaucoup que les problèmes commencent !&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard.</span> Non un auvergnat isolé, mais plusieurs maires, dont le village n’a pas d’école et qui, soucieux des fonds publics, dirent à leurs administrés : « Ne mets pas tes enfants dans une école publique voisine, car on va le facturer à notre commune, mets-les plutôt dans une école privée. ». D’autres maires, dont les communes possèdent des écoles publiques, s’aperçurent du déséquilibre de la situation que créait ce flux d’élèves vers les écoles privées. Intervint alors un dernier acteur, un sénateur auvergnat lui aussi, que je connais bien, et qu’on ne peut pas suspecter de cléricalisme aigu, mais qui est un vrai porteur, au sens noble, de la valeur de laïcité, valeur de la République. Il rédigea un amendement qui devint l’article 89 de la loi du 13 août 2004. Sa réaction aboutit à un texte un peu maximaliste et à toute une série de difficultés.</p>
<p style="text-align: justify;">Très rapidement, dans tous les départements de France, les associations de gestion des établissements privés se mirent à adresser aux maires des demandes de prise en charge, voire directement des factures, pour des élèves qui fréquentaient leurs établissements, contournant ainsi le nécessaire filtrage par le préfet. Très vite également, l’Association des maires de France alerta les ministres de l’éducation nationale et de l’intérieur. Sous l’égide de ce dernier et du directeur de cabinet, M. Guéant à l’époque, nous avons entamé une négociation et, le 16 mai 2006 ? nous sommes parvenus à un accord équilibré. Celui-ci a ensuite été repris dans une instruction du ministre de l’intérieur aux préfets.</p>
<p style="text-align: justify;">Je résume cet accord. Une commune qui n’a pas d’école publique verse une participation pour la scolarisation d’un enfant dans une école publique voisine, en application de la loi Chevènement du 21 janvier 1985 ; en application de l’amendement Charasse, si elle a des enfants scolarisés en vertu du libre choix des parents, elle doit verser une participation également à l’école privée. Dans le cas d’une commune sans école publique sur son territoire, il y a donc parité ou égalité, peu m’importe le terme, en tout cas approche équilibrée entre le public et le privé. Prenons maintenant le cas d’une commune qui a une école publique sur son territoire. Vous le savez, monsieur le ministre, les maires se passionnent pour leurs écoles, investissent, les équipent désormais en informatique, construisent même des logements sociaux pour y faire venir des enfants. Dans la proposition de M. Carle, traduisant le protocole d’accord du 16 mai 2006, ces communes n’ont pas à payer pour les enfants scolarisés dans une école publique d’une autre commune sauf dans les trois cas prévus par l’article L 212.8 du code de l’éducation nationale et – c’est là une grande avancée que je souligne à l’intention de nos collègues de gauche – elles ne payent pas non plus pour la scolarisation d’enfants dans une école privée d’une autre commune, sauf dans les mêmes cas d’exception. C’est une approche équilibrée qui permet de soutenir cette proposition.</p>
<p style="text-align: justify;">L’AMF a indiqué à plusieurs reprises que ce texte était nécessaire et correspondait à son attente. Son bureau comporte 36 membres : 18 de droite et 18 de gauche. Nous nous efforçons de dégager des consensus et des convergences en son sein. Ce texte a été passé au crible et le bureau de l’AMF, dans sa diversité, a donné son accord sur l’équilibre qu’il instaure.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce texte, dis-je, était nécessaire. Il y a bien eu des instructions ministérielles aux préfets, différentes circulaires. Mais on ne peut modifier une loi par circulaire. L’accord du 16 mai 2006 restait en quelque sorte dans l’apesanteur juridique. Pour modifier l’article 89 de la loi du 13 août 2004, il fallait une disposition législative. Nous l’avons dit à votre prédécesseur à plusieurs reprises. Finalement, nous avons bénéficié du « concours » du tribunal administratif de Dijon qui, le 28 février 2008, a décidé qu’une circulaire ne pouvait entraver l’application de la loi et a donc imposé à la commune de Semur-en-Brionnais de participer aux frais de scolarisation d’un enfant dans une école privée de la commune de Marcigny. Ce jugement a inspiré à M. Carle sa proposition de loi, que le Sénat a votée le 10 décembre 2008 à l’unanimité avec l’abstention du seul groupe communiste.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce texte apporte une solution équilibrée qui met fin à une phase de contentieux. Sachez que cet été, j’ai reçu cinq recours contre la ville de Bron émanant d’associations de gestion d’établissements privés. Par ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Lyon du 19 juillet 2009, ces recours ont été rejetés pour défaut d’urgence. Mais tous les maires sont exposés à ce risque de contentieux et il fallait absolument sortir de cette situation.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Michel Ménard.</span> Il suffit de voter l’article 3, à l’exclusion des autres !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard.</span> La proposition respecte également le principe fondateur du libre choix des parents de scolariser leurs enfants dans le public ou le privé. C’est donc un principe d’équité, d’égalité de traitement s’agissant des dépenses de fonctionnement, tandis que, bien entendu, les dépenses d’investissement sont à la charge des communes pour les seules écoles publiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce texte de compromis et d’équilibre permet de résoudre une série de difficultés et d’apaiser les inquiétudes des maires en cette période de rentrée scolaire. Ils l’attendaient et je vous demande de le voter. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président</span>. La parole est à Mme Marie-Odile Bouillé.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Marie-Odile Bouillé.</span> Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, notre débat est profondément politique car il s&#8217;agit de légiférer sur les liens historiques et, j&#8217;oserai dire, organiques qui unissent la commune et l&#8217;école.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces liens sont en permanence menacés par des attaques répétées de groupes d&#8217;intérêt communautaristes ou adeptes de la privatisation de l&#8217;école, qui veulent mettre en concurrence l&#8217;enseignement public et l&#8217;enseignement privé. Disons-le d’entrée de jeu sans ambiguïté : nous refusons cette logique marchande de l’éducation.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, elle aurait pour conséquence l&#8217;effacement de la spécificité de l’enseignement public, et nous risquerions de voir s’instaurer la décentralisation de l’éducation au niveau des régions et l&#8217;accroissement des inégalités entre les enfants. Le comble serait atteint si l’État se faisait le complice de cette logique et que la loi favorisait clairement le financement des écoles privées. À ce titre, le récent décret concernant l’accord relatif aux diplômes universitaires signé entre le Vatican et l&#8217;État français est un coup bas de plus contre l&#8217;enseignement public.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Excellent rappel !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Marie-Odile Bouillé.</span> Quant à l&#8217;enseignement privé – rappelons que, dans notre pays, il est quasi exclusivement catholique –, une étude européenne a révélé, il y a quelques années, que c’était en France que son financement était le mieux assuré.</p>
<p style="text-align: justify;">Or l’article 89 de la loi de 2004 est l’une des raisons, parmi d&#8217;autres, de cet enrichissement. Cela explique sans doute la colère de certaines autorités catholiques à l&#8217;idée de voir cet article abrogé.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, non : privé et public ne sont pas la même chose. Les publics accueillis ne sont pas les mêmes et les valeurs ne sont pas les mêmes. Certes, le choix de mettre son enfant dans une école privée revient aux parents, mais il n&#8217;est en aucun cas acceptable qu’il en résulte une obligation de financement pour une commune. Ce serait ni plus ni moins que la négation du principe constitutionnel de libre administration des collectivités locales.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce serait aussi bafouer le principe de l&#8217;égalité des citoyens. En effet, l&#8217;élève de l&#8217;école publique qui souhaite s’inscrire dans une école publique située dans une autre commune que celle où il réside doit obtenir l&#8217;accord de cette dernière alors que l’élève d’une école privée n’a nul besoin de cet accord préalable : quelle iniquité ! L&#8217;article 89 a donc créé une situation de concurrence déloyale entre le public et le privé, au profit de ce dernier. En effet, si la loi Carle nous propose un habillage de l’obligation de financement en la restreignant à quatre cas, elle ne prévoit pas d’accord préalable de la commune de résidence.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous ne voulons pas de ces aménagements à la marge qui ne règlent en rien les différences de traitement que l&#8217;État continue d’opérer au profit de l&#8217;école privée. Ce que nous voulons, c&#8217;est l&#8217;abrogation pure et simple de l’article 89 ! (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président.</span> La parole est à M. Christian Vanneste.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany</span>. Il va nous parler de laïcité : on en rigole d’avance !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste.</span> Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, le but de l&#8217;école n&#8217;est pas l&#8217;école. Ce sont les élèves, leur formation, leur épanouissement. C&#8217;est la nation, son avenir et son adaptation aux évolutions du monde.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Grosperrin</span>. C’est vrai !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste</span>. L&#8217;école n&#8217;est qu&#8217;un moyen que nous devons rendre plus propre à atteindre ces deux objectifs.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme le disait Deng Xiaoping : « Peu importe qu&#8217;un chat soit noir ou gris s&#8217;il attrape les souris. » Dès lors qu&#8217;un établissement scolaire remplit sa fonction, qu&#8217;il soit public ou privé a peu d&#8217;importance. Le caractère propre est un choix des consciences. La qualité pédagogique est l&#8217;essentiel pour le service public auquel, je vous le rappelle, l’enseignement privé sous contrat est associé. Je suis d’ailleurs totalement d’accord avec les propos de M. Durand à ce sujet.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand.</span> Seulement à ce sujet ! (Sourires sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Les programmes et le niveau de formation des maîtres sont désormais les mêmes. Mais, par le passé, lors de la scolarisation des générations du baby-boom, l&#8217;État a bénéficié des qualités pédagogiques acquises par la pratique des maîtres du privé, mal rémunérés et, aujourd&#8217;hui encore, victimes de la disparité des retraites.</p>
<p style="text-align: justify;">Liberté et égalité, les deux premiers principes de la République ne sont qu&#8217;imparfaitement réalisés à l&#8217;école.</p>
<p style="text-align: justify;">La liberté de l&#8217;enseignement a pourtant été reconnue par le Conseil constitutionnel, le 23 novembre 1977, et si la liberté est un droit, c&#8217;est aussi un atout. Les parents sont le mieux à même de choisir l&#8217;école qui convient à leurs enfants, tout comme une école libre de choisir sa ligne pédagogique sera plus capable qu’une autre de s&#8217;adapter au terrain. Mais cette liberté est niée dans les faits par la toise absurde des 20 % qui, j’insiste sur ce point, empêchera à coup sûr que se produise l’exode vers l’école privée dont certains parlaient tout à l’heure. Elle est également niée par l’étrange contradiction entre les lois Falloux, Goblet et Astier, source d’inégalités pour les écoles et les familles en matière d&#8217;investissement. Enfin, elle est remise en cause par les limites de la prise en charge des élèves scolarisés en dehors de leur commune de résidence.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette liberté est aussi insuffisante dans l&#8217;enseignement public, qui devrait bénéficier de plus d&#8217;autonomie pour les établissements, de la généralisation et du renforcement du chef d&#8217;établissement. (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.) Si l&#8217;enseignement privé est surtout privé de moyens, l&#8217;enseignement public a besoin de liberté et d&#8217;autorité. L&#8217;excellente idée d&#8217;un chèque-éducation pourrait rendre réelle une liberté aujourd’hui virtuelle. (« Et voilà ! Nous y sommes ! » sur les bancs du groupe SRC)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pascal Deguilhem</span>. C’est l’enseignement à la carte !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste</span>. Chaque famille, munie de ce chèque, choisirait son école, qui disposerait des deniers publics en proportion des inscrits. (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.)</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand.</span> M. Vanneste ose dire tout haut ce que la droite pense tout bas.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Michel Ménard</span>. Cela a le mérite de la clarté !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste</span>. Cette méthode idéale se heurte à des réalités : le maintien nécessaire de l&#8217;équilibre des emplois et des investissements, et la difficulté d&#8217;harmoniser les interventions des collectivités, entre elles, et avec les vœux des parents. Cette tâche serait facilitée si une seule collectivité, la région par exemple, avait seule compétence en matière de formation.</p>
<p>Mais, pour l&#8217;heure, nous en sommes à chercher un équilibre légitime, non entre le public et le privé, mais entre la liberté d&#8217;enseignement et les intérêts de la gestion communale.</p>
<p>Avant l&#8217;amendement Charasse, un élève scolarisé dans le privé hors de sa commune de résidence, ne pouvait exiger le soutien financier de celle-ci. Cette commune pouvait à la fois contrarier le libre choix de l&#8217;école et en tirer avantage ; elle pouvait percevoir l&#8217;impôt sans rendre le service ! L&#8217;enseignement privé est souvent une bonne affaire pour les deniers publics : un élève du privé pèse davantage dans le budget des familles et moins sur les finances publiques. Ces dernières ignorent la majorité des investissements de l’école privée, d’ailleurs étrangement moins lourds pour le même service.</p>
<p>La démarche du sénateur Charasse était donc rationnelle : il souhaitait mettre un terme à l&#8217;abus d&#8217;un certain nombre de maires de communes de résidence qui incitaient les familles à envoyer leurs enfants à l&#8217;école privée de la commune voisine pour éviter le paiement de la participation.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant une réticence illégitime, mais compréhensible, a perduré après le vote de l&#8217;article 89 de la loi de 2004 et nous conduit au compromis d&#8217;aujourd&#8217;hui. Celui-ci acte la prévalence de l&#8217;intérêt communal sur la liberté de choix puisque celle-ci est limitée. Si le plafonnement au coût d&#8217;un élève scolarisé dans le public, activités périscolaires non comprises, paraît justifié, la capacité d&#8217;accueil demeure, en revanche, un obstacle à la liberté de choix, puisqu&#8217;elle fonde l&#8217;accord du maire. En 1985, le Conseil constitutionnel avait pourtant rappelé qu&#8217;il n&#8217;appartenait pas aux collectivités de s&#8217;opposer au libre choix de l&#8217;école. Le petit nombre des contentieux, et une interprétation large des motifs de dérogation, professionnels, familiaux et médicaux, doivent cependant nous rendre confiants.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce texte est un compromis entre deux thèses : celle de la liberté de choix de l&#8217;école et celle de la prévalence de l&#8217;intérêt communal. Les arguments en faveur de cette dernière sont parfois mauvais – c’est le cas de la libre administration des collectivités publiques – et parfois bons. Je pense au risque de ghettoïsation ou à la question de la surcapacité des moyens, cités par Pierre Cardo. (« Ah ! » sur les bancs des groupes SRC et GDR.) Cette proposition de loi voit donc le principe de la liberté amendé par le réalisme.</p>
<p style="text-align: justify;">L’égalité est un autre principe essentiel qui continuera à être négligé. Dans le meilleur cas, les parents qui optent pour le privé ne pourront le faire que dans la limite des 20 % octroyés, et dans des locaux dont l&#8217;investissement sera à leur charge, y compris pour les dépenses que la loi rend obligatoires, comme celles relatives à l&#8217;accès aux handicapés.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes donc très loin de la parité, mais aussi très loin de la guerre scolaire parfois évoquée par certains avec une évidente nostalgie. (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.) Mais je remarque qu’ils sont, Dieu merci, de moins en moins nombreux.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Michèle Delaunay</span>. Dieu merci !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand.</span> M. Vanneste veut sauver la France au nom du Sacré-Cœur !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président.</span> La parole est à Mme Sylvia Pinel.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Sylvia Pinel</span>. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, la proposition de loi que nous examinons est à la fois technique et profondément symbolique. Permettez-moi de m&#8217;attarder sur ces deux aspects.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2004, le sénateur Charasse avait déposé un amendement, dont l&#8217;intention initiale était d’éviter que les maires de certaines communes rurales n’encouragent les enfants d&#8217;âge scolaire à fréquenter les écoles privées des communes avoisinantes pour lesquelles ils ne payaient pas de contribution. L&#8217;application, que je qualifierais d’abusive, de cette disposition aboutit, à l&#8217;inverse, à rendre obligatoire une ancienne possibilité de contribution au financement des écoles privées, hors du territoire de la commune, précédemment fixée par voie conventionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon ceux qui défendent cette proposition de loi, elle vise à mettre fin à un flou juridique né de cette interprétation de l’article 89 de la loi du 13 août 2004. Les promoteurs du texte proclament même qu&#8217;avec lui il sera mis un terme à une inégalité de traitement entre les établissements publics et les établissements privés sous contrat d&#8217;association.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela est malheureusement faux, et ce texte porte en lui deux écueils majeurs. Tout d’abord, si elle réduit le déséquilibre né de la loi du 13 août 2004, cette proposition de loi est loin d’y remédier. Ensuite, un second écueil réside précisément dans le fait que ce texte sanctuarise ces inégalités.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, je me permets d&#8217;évoquer à cette tribune d&#8217;autres déséquilibres entre le public et le privé sous contrat. Les établissements publics et privés sous contrat d&#8217;association remplissent des missions de service public : c&#8217;est un fait. Je note néanmoins que les premiers sont les seuls à le proposer gratuitement, et cela, depuis les lois Ferry. Je note également que seuls les établissements privés pratiquent la sélection des élèves.</p>
<p style="text-align: justify;">Entre une école gratuite et une autre payante ; entre une école de toutes les filles et tous les fils de la République, et une école de certains, devrait-il y avoir un traitement identique de la part des pouvoirs publics ? Je ne le pense pas. Devrait-on faire courir à notre école publique une course à handicap ? Au contraire, il me semble qu’elle devrait être privilégiée.</p>
<p style="text-align: justify;">Finalement, ces éléments pourraient, à eux seuls, justifier que l&#8217;obligation de financement par les communes de résidence ne s&#8217;applique que pour les établissements publics.</p>
<p style="text-align: justify;">Si les modalités de ce texte sont techniques – et rendues plus complexes encore si l&#8217;on y ajoute les EPCI des regroupements pédagogiques intercommunaux et le mécanisme de calcul des contributions –, ses implications sont, quant à elles, éminemment symboliques.</p>
<p style="text-align: justify;">Imaginez, chers collègues, un village rural français dont l’école vient d’être fermée en raison du manque d&#8217;élèves et, comme c’est souvent le cas, du désengagement de l&#8217;État. Voici que cette commune se trouverait dans l’obligation de financer l’école privée qui, de surcroît, se trouve dans du village voisin ! C’est la triple peine !</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne s&#8217;agit pas de remettre en cause la liberté d&#8217;enseignement – comme vous, j&#8217;y suis attachée –, mais nous devons nous interroger sur les orientations que nous voulons donner au service public français de l&#8217;éducation.</p>
<p style="text-align: justify;">« Il ne faut pas rallumer la guerre scolaire », nous disent les initiateurs du texte, et je souscris à leurs propos. Dans ce but, évitons donc les réformes qui soufflent sur ces braises. Une solution simple et vraiment équilibrée serait de supprimer purement et simplement l’article 89 afin de revenir à la situation antérieure à la loi d’août 2004 et de ne pas remettre en cause le principe de libre administration des collectivités locales.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, les débats parlementaires m&#8217;ont permis de noter l&#8217;absence d&#8217;un terme devenu tabou. Dans les textes, dans les rapports, dans les argumentaires, il n&#8217;est jamais fait mention de la laïcité. Si la « laïcité positive » consiste à occulter la laïcité, il faudrait songer à changer cette épithète.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;article 1er de notre Constitution ne proclame-t-il pas : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale » ? Pour les radicaux de gauche, cette proposition de loi constitue la dernière attaque contre le principe de laïcité.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Marcel Rogemont</span>. Si seulement c’était la dernière !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Sylvia Pinel.</span> Elle fait suite à la reconnaissance, en catimini, de l&#8217;équivalence des diplômes délivrés par les établissements d&#8217;enseignement supérieur catholique et – je n&#8217;y reviens pas – au dramatique discours de Latran. Je le qualifie de dramatique, tant il est une insulte à la laïcité, car, pour nous, l&#8217;instituteur remplace avantageusement le curé dans la transmission du savoir et dans l&#8217;éducation citoyenne de nos enfants. (Très bien ! sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">Or l&#8217;on constate que petit à petit, loi après loi, le Gouvernement déconstruit et saccage notre bel édifice républicain, au mépris de nos valeurs, au mépris de l&#8217;histoire et des luttes qui ont permis son édification.</p>
<p>Sous des vernis techniciens, cette proposition de loi nous montre, s&#8217;il le fallait, qu&#8217;aujourd&#8217;hui encore, la République reste à construire.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Grosperrin</span>. Le privé, c’est aussi la République !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Sylvia Pinel</span>. Au nom de cette conception de la République, laïque et sociale, solidaire et humaniste, nous demandons l’abrogation de l’article 89 de la loi du 13 août 2004 et le retrait des autres articles de cette proposition de loi. Pour toutes ces raisons, les députés radicaux de gauche et apparentés voteront contre ce texte. (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président.</span> La parole est à Mme Martine Pinville.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Martine Pinville</span>. Monsieur le président, monsieur le ministre, chers collègues, La proposition de loi que nous examinons poursuit un double objectif. Il s&#8217;agit de reconnaître, de fait, une mission de service public aux écoles privées, qui sont pourtant des structures n’ayant pas les mêmes obligations que les écoles publiques, et de contraindre les communes à financer des écoles privées situées en dehors de leur territoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, cette proposition de loi, si elle devait être adoptée, poserait deux problèmes majeurs. Elle instaurerait un libre marché scolaire au détriment de l&#8217;enseignement public laïc auquel nous sommes nombreux à être attachés, et elle remettrait en cause la libre administration des communes en n’offrant pas au maire la possibilité de refuser préalablement un accord de financement.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis son adoption, l’article 89 de la loi du 13 août 2004 n’a cessé de faire débat. En effet, jamais les communes n&#8217;ont pu mesurer les limites de son champ d&#8217;application et donc l&#8217;étendue précise de leurs nouvelles obligations. L&#8217;abrogation de l’article 89 était et demeure nécessaire, et nous aurions dû nous en tenir là. Il nous est au contraire proposé de définir des critères permettant de légitimer l&#8217;accueil des enfants dans une école privée hors de leur commune de résidence et de rendre obligatoire la participation de celle-ci au financement de leur scolarité. Les conditions liées aux obligations professionnelles des parents ou les raisons médicales évoquées dans cette proposition de loi sont des critères sujets à interprétations, quand ils ne sont pas contestables. Je suis prête à le parier : tous ces critères seront, pour certains parents demandeurs, la source d&#8217;arguments abusifs ou erronés.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est utile de rappeler que l&#8217;école publique est et doit rester celle de tous les citoyens. Elle, et elle seule, assume toutes les contraintes de service public :…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Marcel Rogemont</span>. Exactement ! Il est bon de le rappeler !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Martine Pinville</span>. …à savoir la laïcité, qui est un fondement essentiel de la République, l&#8217;obligation d&#8217;accueillir tous les élèves sans conditions morales, philosophiques ou religieuses, ainsi que le principe de gratuité qui, aujourd&#8217;hui peut-être plus que jamais, est pour toutes les familles la garantie d&#8217;un égal accès à l&#8217;école.</p>
<p style="text-align: justify;">Au contraire, la proposition de loi aggravera le dualisme scolaire, en donnant des moyens supplémentaires à l&#8217;enseignement privé dont ne dispose plus l&#8217;enseignement public, soumis qu’il est à des contraintes budgétaires dont nous pourrons évaluer la portée lors de l’examen, dans quelques semaines, du projet de loi de finances pour 2010.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous devons rester vigilants et maintenir un lien fort entre l&#8217;État, les élus d&#8217;une commune et ses habitants. Moi-même élue d&#8217;une petite commune, Balzac, en Charente, je peux témoigner de la volonté de tous mes collègues élus municipaux, à la fois de maintenir une école dans leur commune et de s&#8217;inscrire dans une démarche de regroupement pédagogique intercommunal, afin d’éviter à nos enfants l’exode scolaire vers le chef-lieu de canton ou vers les villes. Or cette proposition de loi entraînera des dépenses d&#8217;éducation supplémentaires pour les communes : les banlieues doivent-elles payer pour les villes et les petites communes pour les petites villes ? À l&#8217;heure où les finances publiques locales sont exsangues, il paraît peu judicieux de leur imposer des charges supplémentaires qui auraient pour conséquence d&#8217;alourdir, à terme, la fiscalité des ménages.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, faciliter la scolarisation des enfants dans des établissements privés hors de la commune de résidence provoquerait l’éclatement scolaire, social et communautaire.</p>
<p>Nous sommes nombreux ici à plaider pour un renforcement des politiques tendant à promouvoir la mixité sociale : ne nous amusons pas à séparer nos enfants dès l&#8217;école primaire mais évertuons-nous, au contraire, à renforcer le lien entre l’ensemble de la jeunesse et la collectivité, seule garante de l&#8217;intérêt général.</p>
<p>Enfin, cette proposition de loi créera, pour toutes les communes, de nouvelles obligations au profit de l&#8217;ensemble des écoles privées implantées dans les communes environnantes. Or les communes concernées n&#8217;auront pas donné leur accord pour le contrat passé entre d&#8217;autres communes, les écoles privées situées sur le territoire de celles-ci et l&#8217;État.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Pélissard</span>. Si la commune a une école publique, elle ne paiera pas !</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Martine Pinville. La libre administration des communes, inscrite dans la Constitution, est, de ce fait, remise en cause. C’est le maire, de par la loi, ne l’oublions pas, qui procède à l’inscription des élèves à l’école publique de sa commune et non le directeur de l’école, comme cela se pratique fréquemment. Le maire n’aura donc plus le choix que de se soumettre à la volonté des familles, en vue de satisfaire des intérêts particuliers. Il est indispensable, je le répète, d’abroger l’article 89 de la loi du 13 août 2004. Quant à l’article 1er de la présente proposition de loi, il me paraît inutile et dangereux. (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président.</span> La parole est à M. Pierre Cardo.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Marcel Rogemont</span>. Un autre son de cloche !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany</span>. Pas nécessairement : il ne faut pas désespérer.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pierre Cardo</span>. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, ce texte aurait pu aller au bout de sa logique : tel n’est pas le cas.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est vrai que les textes précédents sont loin de résoudre tous les problèmes, notamment lorsque des maires, pour diverses raisons, refusent systématiquement de régler les frais de scolarité des enfants inscrits dans des écoles privées extérieures à la commune, alors que celle-ci n’a pas la possibilité de les accueillir. C’est sans aucun doute intolérable. Faut-il pour autant voter la proposition de loi telle qu’elle est rédigée ?</p>
<p style="text-align: justify;">Avant de répondre à cette question, nous devons, à mon avis, nous interroger sur la situation actuelle des établissements situés non seulement en milieu rural, mais également dans les banlieues les plus en difficulté.</p>
<p style="text-align: justify;">Je tiens tout d’abord à souligner le fait qu’il n’est pas logique que le maire ne puisse pas donner son avis dans tous les cas de figure, notamment en cas d’inscription d’un enfant dans le privé. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jean Glavany</span>. Très bien, monsieur Cardo !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pierre Cardo</span>. J’ai décidé de ne participer à aucun bal, que ce soit celui des idéologues ou celui des faux culs ! Je dis ce que je pense sur des sujets qui me paraissent importants à la fois pour l’avenir de l’école et pour celui de la République, qui se trouve, à mon avis, en grande difficulté. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Marcel Rogemont</span>. Nous sommes des idéologues, pas des faux culs !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pierre Cardo</span>. Faites votre choix !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Yves Durand</span>. Il est déjà fait !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. le président</span>. Laissez M. Cardo s’exprimer.</p>
<p style="text-align: justify;">Poursuivez, mon cher collègue.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pierre Cardo</span>. Si je me contente de rappeler des problèmes déjà existants dans le cadre des textes actuels, est-ce une raison pour que la proposition de loi ne soit pas l’occasion de les résoudre ? Si on doit voter une loi, autant qu’elle soit intelligente !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Marie-Odile Bouillé</span>. Très bien !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pierre Cardo</span>. Nous sommes tous d’accord pour reconnaître que lorsqu’une commune ne peut pas accueillir les enfants, elle doit participer aux frais d’inscription dans des établissements, publics ou privés, situés à l’extérieur de son territoire. Il n’en est pas moins vrai que les dérogations posent de vrais problèmes. Pour être, depuis vingt-six ans, maire d’une commune de banlieue, dans le collège de laquelle j’ai scolarisé mes propres enfants, je peux vous assurer qu’en raison des textes déjà existants le taux des dérogations atteint 60 %. C’est pourquoi je ne saurais être favorable à un texte qui ne prévoit pas les garde-fous nécessaires – ce qu’il aurait dû faire.</p>
<p style="text-align: justify;">Au contraire, en prévoyant qu’on puisse se passer de l’accord du maire et en rendant, pour la commune, la dépense obligatoire, la logique du texte va trop loin !</p>
<p style="text-align: justify;">En ce qui concerne toujours les dérogations,…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Pour convenances personnelles !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pierre Cardo.</span> …n’oublions pas que, pour diverses raisons, un grand nombre d’élèves sont d’ores et déjà dispensés de la pratique du sport ou d’autres activités. Pensez-vous que nous serons d’accord avec des médecins qui, refusant la mixité dans le cadre, notamment, de certaines activités sportives, accepteront de fournir en ce sens des dispenses aux élèves qui le leur demanderont ? Alors que nous nous sommes battus pour l’école laïque, autoriserons-nous de tels dérapages ? Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres !</p>
<p style="text-align: justify;">Une autre disposition est particulièrement dangereuse, celle qui autorise l’inscription d’un enfant dans l’établissement que fréquente son frère ou sa sœur.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Cette disposition existe déjà.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pierre Cardo</span>. Le fait que l’aîné d’une fratrie soit scolarisé dans une école élémentaire privée de la commune voisine permet déjà d’inscrire automatiquement dans le même établissement l’ensemble de la fratrie, mais, de surcroît, la commune d’origine sera désormais obligée de payer ! Ainsi, à partir du moment où l’aîné d’une fratrie sera inscrit dans un établissement privé, sans l’accord de la ville,…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Desallangre</span>. Les autres suivront !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pierre Cardo</span>. …les autres suivront, et si l’aîné a été inscrit sans dérogation, ses frères et sœurs, eux, l’obtiendront.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Marcel Rogemont</span>. Exactement !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pierre Cardo</span>. L’addition de toutes ces dispositions me conduit à penser que le maire devrait au moins être autorisé à donner son avis. Certes, il est nécessaire de prévoir des garde-fous contre les maires qui ne sont pas objectifs – ce pourrait être le préfet ou l’inspecteur d’académie. En revanche, monsieur le ministre, il serait très dangereux de laisser le texte en l’état. La situation est déjà suffisamment préoccupante, du fait que, partout, on annonce l’ouverture de la carte scolaire et que les gens y croient. Or voilà que ce texte, tel qu’il est rédigé, va accroître le flux des départs et donc le nombre de fermetures d’écoles, si bien que, comme c’est du reste déjà le cas, ce sont ceux qui n’auront pas les moyens d’inscrire leurs enfants à l’extérieur de la commune ou la possibilité de se déplacer, qui resteront coincés chez nous. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">Je le répète : cette proposition de loi aurait dû être l’occasion de prévoir des garde-fous permettant de pallier les conséquences des textes antérieurs et de prévenir les effets qu’elle ne manquera pas de provoquer. Tel n’est pas le cas. C’est la raison pour laquelle je ne la voterai pas. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Marcel Rogemont</span>. Si seulement tous pouvaient suivre vos réflexions !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Grosperrin</span>. Il sera le seul !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. Non !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Jacques Grosperrin</span>. Il n’y a pas d’idéologues chez nous !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Marcel Rogemont</span>. Première nouvelle !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. le président.</span> Monsieur Rogemont, la parole est à Mme Martine Martinel, et à elle seule.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Mme Martine Martinel</span>. Monsieur le président, monsieur le ministre, madame la présidente de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, monsieur le rapporteur, la proposition de loi que nous examinons est un remède à un vrai problème, avec, toutefois, des effets secondaires redoutables pour l’enseignement public déjà mis à mal. Le principe de parité de la loi Debré entre enseignements public et privé, quelque jugement qu’on porte à son sujet, avait au moins le mérite de ne pas favoriser le privé au détriment du public. Depuis 2007, le Président Sarkozy et le Gouvernement favorisent l’enseignement privé de façon unilatérale. Faut-il rappeler le plan « Espoir banlieues », qui a provoqué la création d’un fonds d’intervention spécifique permettant l’ouverture en banlieue d’écoles privées là où la manne publique devrait servir massivement au financement de l’école publique, laïque, gratuite et obligatoire ?</p>
<p style="text-align: justify;">La proposition de loi du sénateur Jean-Claude Carle, dans son intitulé comme dans sa justification, cherche, au nom de la liberté, à poser un principe de parité de traitement entre les écoles publiques et privées. Or, si nul ne remet en cause la liberté de choisir son école, il revient à l’État d’assurer sa mission républicaine d’excellence de l’enseignement public partout et pour tous.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&#8217;hui, comme l’État se dédouane de ses engagements, les écoles publiques sont fermées dans les communes rurales et on altère méthodiquement les moyens les plus efficaces pour former les enfants et les enseignants. Alors que chacun connaît les défis que l’école a à affronter, les moyens donnés ne seront pas suffisants pour les relever. On ne lui permettra pas, en tout cas, de le faire, en proposant des aménagements censés répondre à un problème d’insécurité juridique, moins important qu’on ne le prétend, ni en laissant la collectivité payer pour des choix qu’elle n’a pas tranchés.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette proposition de loi renforce le risque, déjà évoqué sur tous les bancs, d’une aggravation de l’hémorragie scolaire, provoquée par l’abandon de la carte scolaire. En effet, de nombreux maires, en raison de la réputation des établissements situés sur le territoire de leur commune ou des préjugés qui y sont attachés, voient leur population multiplier les dérogations plus ou moins fantaisistes en vue d’inscrire leurs enfants dans l’établissement d’une autre commune. Ce phénomène est grave car il a des effets dévastateurs : la relégation de la pauvreté dans certaines communes qui en supportent la charge, la diminution de la mixité scolaire et, en prime, la prise en charge, par la commune victime de cette évasion, d’une partie de son coût.</p>
<p style="text-align: justify;">Même si les auteurs de cette proposition de loi veulent, de façon louable, lever l’ambiguïté de l’article 89 de la loi du 13 août 2004, les conséquences de ce texte interdiront toute solution satisfaisante.</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, il y a quelque tartuferie à prôner un enseignement de qualité pour tous et à présenter, comme M. Martin Hirsch lors de son audition devant la commission des affaires culturelles et de l’éducation, la lutte contre l’échec scolaire comme une priorité, quand, dans le même temps, on fait adopter un lundi, en toute discrétion, une proposition de loi qui s’inscrit dans un mouvement de fond en transférant une mission publique au privé, au risque, comme l’a souligné M. Cardo dans le rapport, d’encourager l’évasion scolaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">Monsieur le ministre, il ne s’agit pas, pour reprendre vos propres mots, d’une pétition de principe. Il ne s’agit pas non plus de ranimer la guerre scolaire ou de participer à un quelconque bal des faux culs – je cite M. Cardo. Il s’agit de refuser un texte qui met à mal l’égalité devant l’école, principe auquel tous les républicains que nous sommes sont attachés.</p>
<p>M. Pierre Cardo. Les faux culs sont ceux qui ne scolarisent jamais leurs enfants dans le public.</p>
<p>M. le président. La parole est à M. Pascal Deguilhem, dernier orateur inscrit et qui sera donc un jour le premier au paradis.</p>
<p>M. Marcel Rogemont. Nous défendons la laïcité, monsieur le président, il ne saurait être question de paradis !</p>
<p>M. Pascal Deguilhem. Monsieur le président, monsieur le ministre, madame la présidente de la commission, monsieur le rapporteur, chers collègues, nous arrivons au terme de la discussion générale et, même si on l’a maintes fois rappelé, j’insiste sur le fait que notre priorité reste de mettre fin à nos désaccords sur l’interprétation de l’article 89 de la loi du 13 août 2004.</p>
<p>Aux risques induits par ce flou juridique, nous préférons bien entendu un cadre législatif sûr, juste et équilibré, comme l’a encore rappelé récemment l’arrêt du tribunal administratif de Dijon, qui a mis à mal l’accord conclu entre l’AMF, que vous présidez, monsieur Pélissard, et le secrétariat général de l’enseignement catholique.</p>
<p>Or le présent texte, qui tend à garantir la parité de financement entre les écoles publiques et privées sous contrat d’association lorsqu’elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence, est trop déséquilibré pour être juste.</p>
<p>M. Jacques Pélissard. Quand il n’y a pas d’école !</p>
<p>M. Pascal Deguilhem. Tout à fait.</p>
<p>Le dispositif proposé, adossé au principe de parité, sur lequel je reviendrai, prévoit qu’une commune aura à verser une contribution pour une classe élémentaire d’un établissement privé sous contrat dans tous les cas où elle aurait dû la verser pour une classe du service public d’enseignement.</p>
<p>Cependant, les modalités que vous avez retenues pour encadrer cette obligation de contribution ne sont pas tout à fait les mêmes. Et la différence est importante…</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Marcel Rogemont.</span> Exactement !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Pascal Deguilhem</span>. …car, en instituant une obligation de financement sans accord préalable de la commune de résidence,…</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">M. Marcel Rogemont</span>. Ce n’est pas normal !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pascal Deguilhem</span>. …vous faites une nouvelle concession à l’enseignement privé par la création d’un véritable « chèque éducation », cela dit sans vouloir rallumer une quelconque guerre scolaire. M. Vanneste nous en a donné un aperçu.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le service public, un accord préalable de la commune de résidence doit répondre à des critères dérogatoires définis. Pour le privé, rien de cela : on oblige, sans autorisation préalable, ces mêmes communes de résidence à prendre en charge les exigences des parents qui refusent le service public et scolarisent leurs enfants dans le privé hors de la commune. Au nom de la liberté d’enseignement, on piétine la libre administration des communes.</p>
<p style="text-align: justify;">Jusqu’à présent, le financement des établissements privés résultait d’un contrat passé entre une école, sa commune d’implantation et l’État. Demain, si votre proposition de loi recueille une majorité de voix, pour la première fois les communes de résidence financeront, au titre de la liberté d’enseignement, la scolarité d’enfants fréquentant une école privée hors de leur territoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Votre texte transforme le principe de liberté d’enseignement, qui n’impliquait jusqu’alors aucun financement public, en principe d’obligation de financement contraire aux textes fondateurs de l’école de la République, de l’école de Jules Ferry, outrepassant de loin la loi Debré de 1959. Cette loi, pourtant, consacrait déjà, à mon sens, une logique discriminatoire et dispendieuse en mettant à la charge des communes les dépenses de fonctionnement des écoles privées sous contrat implantées sur leur territoire, et elles seules.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela ne suffisait pas et vous voulez créer de nouvelles obligations en instituant un droit d’accès au budget municipal, en imposant à la commune de résidence le paiement de la scolarité dans une école privée d’une autre commune. De la sorte, vous instituez une relation marchande entre les usagers et la commune, relation fondée sur le principe de la liberté d’enseignement. Toutefois, M. Cardo l’a rappelé, une telle relation marchande, même parée des atours du principe de parité, est une pratique dangereuse.</p>
<p style="text-align: justify;">En garantissant la parité, vous reconnaissez en effet de fait une mission de service public aux écoles privées, qui sont pourtant des établissements n’ayant aucune des obligations des écoles publiques – laïcité, obligation d’accueil de tous les élèves, continuité du service et gratuité pour les familles.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste</span>. N’importe quoi ! Vous n’y connaissez rien !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Pascal Deguilhem</span>. Voilà la réalité, une réalité dangereuse, j’insiste, car en encourageant, par ce régime de faveur, la scolarisation dans des écoles privées, vous privilégiez les choix particuliers par rapport à l’intérêt général.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">M. Christian Vanneste</span>. C’est une insulte pour ceux qui travaillent dans les écoles privées !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pascal Deguilhem. Elle est dangereuse pour des secteurs où l’enseignement public est déjà fort fragilisé – dans les banlieues difficiles comme dans les territoires ruraux, et je parle en connaissance de cause.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme nombre de collègues maires de petites communes, je me suis efforcé, pendant plus de vingt ans, de trouver des solutions dans l’école et autour de l’école pour défendre les classes. En créant un regroupement pédagogique intercommunal, nous avons restructuré les classes, nous avons créé des garderies puis, dans la foulée, des centres de loisirs ;…</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Pélissard. Et alors ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pascal Deguilhem. …nous avons adapté les transports pour rendre le meilleur service possible aux parents, qui travaillent pour la plupart en dehors de la commune ; nous avons créé de nouveaux restaurants scolaires ; enfin, nous avons mis à la disposition de l’école publique le personnel nécessaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pas tout : chaque fois qu’une demande de dérogation nous a été faite, nous nous sommes efforcés de trouver une solution permettant la scolarisation de l’enfant au sein de l’école publique de la commune.</p>
<p style="text-align: justify;">Oui, nous avons chaque fois bataillé pour maintenir dans nos communes l’école publique, laïque et gratuite.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Pélissard. Le texte n’y changera rien !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pascal Deguilhem. Mais si !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Pélissard. Le texte est fondé sur le principe de liberté !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pascal Deguilhem. Mais non ! Vous proposez la liberté pour les uns et des obligations pour les autres !</p>
<p style="text-align: justify;">Vous comprendrez aisément, monsieur le ministre, notre opposition à ce principe de parité qui n’en est pas un puisqu’il crée des conditions plus favorables pour les écoles privées.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Mais non !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pascal Deguilhem. Au nom de la liberté, dites-vous, mais où est l’égalité et la liberté de choix pour les enfants et les parents des communes qui seront contraintes de fermer demain leur école malgré les efforts déployés, faute de moyens ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je vous remercie de bien vouloir conclure, mon cher collègue.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pascal Deguilhem. Le texte ne va pas dans le bon sens. Depuis plus d’un siècle, depuis la répartition proportionnelle scolaire de 1905 jusqu’à la parité public-privé que vous proposez, les députés socialistes se sont toujours opposés à ce qu’ils considéraient comme de mauvais coups portés au service public d’éducation.</p>
<p style="text-align: justify;">À moins que vous ne repreniez plusieurs de nos amendements, nous resterons fidèles à ceux qui nous ont précédés sur ces mêmes bancs. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yves Durand. Très juste !</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La discussion générale est close.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. le ministre de l’éducation nationale.</p>
<p style="text-align: justify;">Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. J’ai bien entendu l’appel à l’apaisement, la volonté de renoncer à la guerre scolaire ; reste, mesdames, messieurs les députés du groupe SRC, que j’ai aussi entendu de nombreuses caricatures.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Absolument !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Je reviens par conséquent sur le fond du texte, même si Jacques Pélissard l’a fort bien expliqué, rappelant la situation très difficile dans laquelle les communes se trouvent.</p>
<p style="text-align: justify;">Un accord a été signé en 2006 entre l’AMF et le secrétariat général de l’enseignement catholique.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Tout à fait !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Or cet accord est juridiquement fragile ; c’est pourquoi, pour mettre un terme à cette insécurité – très bien décrite par M. Pélissard –, la proposition de loi reprend textuellement l’accord. Sans le présent dispositif, en effet, les tribunaux continueraient de condamner les communes à payer dans tous les cas et sans conditions.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne partage pas du tout le point de vue de M. Deguilhem : ce n’est pas la première fois que des communes vont payer pour la scolarité d’enfants inscrits dans l’enseignement privé dans des communes voisines ; la proposition de loi vise seulement à encadrer cette réalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous craignez, monsieur Durand, l’assèchement des écoles des endroits défavorisés. Néanmoins, comme M. Pélissard l’a très bien souligné, le texte prévoit un verrou important : si une commune dispose d’une école sur son territoire, il n’y a pas d’obligation pour elle de payer.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Michel Ménard. Ce n’est pas ce que dit le texte !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Yves Durand entend ensuite soumettre le paiement de la contribution par la commune de résidence à l’autorisation du maire. Une telle disposition n’empêche toutefois pas l’élève d’être scolarisé dans la commune voisine.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Pélissard. Exactement !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Soyons réalistes : la proposition de loi n’empêchera pas l’assèchement que vous craignez. (Murmures sur les bancs des groupes SRC et GDR.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Desallangre a évoqué l’article 40 de la Constitution. Je ne reviendrai pas sur les raisons formelles que le président de la commission des finances a avancées pour ne pas s’opposer à l’examen du présent texte. J’ajouterai, sur le fond, que cette proposition encadre les dispositions en vigueur et se révèle moins favorable à l’enseignement privé que l’interprétation qui est faite de plusieurs dispositions de l’article 89 de la loi du 13 août 2004.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Pélissard. Tout à fait !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Le dispositif proposé ne crée par conséquent aucune nouvelle dépense, bien au contraire.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous avez été nombreux à évoquer l’autorisation du maire.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. Il s’agit de respecter le parallélisme des formes !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Cette autorisation soulève une question constitutionnelle relevée par plusieurs députés de la majorité. Si le maire donnait son avis, il s’immiscerait dans le choix d’une famille – liberté fondamentale garantie par la Constitution –, de se tourner vers l’enseignement public ou bien vers l’enseignement privé. (Murmures sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Si ça n’est pas faux-cul !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Cette liberté fondamentale ne saurait par conséquent être placée sous le contrôle du maire, à moins de rendre le dispositif inconstitutionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Alors, pourquoi demander l’autorisation dans un cas et pas dans l’autre ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. MM. Lachaud et Grosperrin, entre autres, m’ont interrogé sur la question des fratries.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. Allez-vous répondre, monsieur le ministre ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Ce n’est pas à l’Oréal qu’on apprend la Constitution, manifestement !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Je reviendrai sur la Constitution, monsieur Glavany. J’ignore si on l’apprend chez l’Oréal, en tout cas je ne suis pas sûr que vous interprétiez très bien les décisions du Conseil constitutionnel. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe UMP.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Je ne méprise en rien ce qu’on apprend chez l’Oréal, je constate seulement que ce n’est certainement pas la Constitution !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. MM. Lachaud et Grosperrin m’ont à juste titre, disais-je, interrogé sur la question des fratries. Dans un souci de strict alignement sur les dispositions relatives au financement de la scolarisation dans le public, le texte reprend les termes de « frères et sœurs » qui figurent à l’article L. 212-8 du code de l’éducation. Cela ne signifie néanmoins pas que l’interprétation qu’en feront le pouvoir réglementaire et le juge administratif doit être restrictive.</p>
<p style="text-align: justify;">L’objet de la loi, à savoir la prise en compte des contraintes professionnelles des adultes composant un foyer, plaide au contraire, à mes yeux, pour une acception « contemporaine » de la fratrie, englobant les demi-frères, les demi-sœurs mais aussi l’ensemble des enfants qui vivent dans un même foyer, ce que vous avez appelé, monsieur Grosperrin, les familles recomposées.</p>
<p style="text-align: justify;">Monsieur Glavany – vous ne perdez rien pour attendre –, vous contestez la parité.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs députés du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche. Oui !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Je la conteste d’un point de vue constitutionnel !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Relisez donc les décisions du Conseil constitutionnel !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Je les lis manifestement plus souvent que vous !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Ainsi, le vingt-septième considérant de la décision du 13 janvier 1994 précise que la parité est une condition de la liberté d’enseignement.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Non !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. C’est l’avis du Conseil constitutionnel et c’est donc avec lui que vous n’êtes pas d’accord.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme vous, monsieur Glavany, Mme Bouillé nous a interpellés sur le fait que chaque fois que la majorité revenait sur les équilibres atteints en matière scolaire, elle faisait pencher la balance du côté de l’enseignement privé.</p>
<p style="text-align: justify;">Seulement, qui a adopté cette proposition de loi au Sénat ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Grosperrin. En effet !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. Pas nous !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Non seulement la majorité sénatoriale mais également le groupe socialiste ! Cela signifie, monsieur Glavany, que l’on peut très bien…</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. Commettre des erreurs !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. …dépasser les clivages partisans. Du reste, l’avis du bureau de l’association des maires de France, ainsi que l’a rappelé Jacques Pélissard, en témoigne : nous pouvons nous retrouver sur certaines questions à condition de laisser l’idéologie et l’esprit politicien au vestiaire.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Nicolas Perruchot. Tout à fait !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Bla, bla, bla !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Enfin, monsieur Glavany, vous reprochez au Gouvernement de mener une lutte à géométrie variable contre l’échec scolaire ; mais qu’est-ce donc que l’accompagnement éducatif au collège, une réponse aux « orphelins de seize heures », ces élèves livrés à eux-mêmes entre seize et dix-huit heures, si ce n’est la lutte contre l’échec scolaire ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Répondez sur les suppressions de postes ! Je vais vous citer des chiffres !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Qu’est-ce que l’aide personnalisée, qui prend en charge un million d’élèves à l’école primaire, les élèves qui ont le plus de difficultés dans l’apprentissage de la lecture, sinon la lutte contre l’échec scolaire ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC.)</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’est-ce que l’ouverture d’internats d’excellence accueillant les enfants de milieux défavorisés pour les accompagner dans leur réussite scolaire, si ce n’est une politique de lutte contre l’échec scolaire ?</p>
<p style="text-align: justify;">La réforme du bac professionnel en trois ans, c’est clairement une réponse à l’échec scolaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne peux donc pas vous laisser dire que le Gouvernement adopte, sur ce sujet, des positions à géométrie variable et qu’il abandonne la lutte contre l’échec scolaire, qui est au contraire au cœur de sa politique. (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. le rapporteur.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Avant de passer à l’examen des articles, je voudrais apporter un élément de réponse qui me semble de taille. Il faut en effet répondre à tous ceux qui s’arc-boutent sur l’accord initial du maire.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. Absolument !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. On a l’impression que, s’agissant de l’école publique, on demande toujours l’accord du maire, et que, s’agissant de l’école privée, on ne le lui demande jamais. Je pense qu’il y a là une grande confusion. L’accord préalable est requis, évidemment, lorsque la commune a la capacité d’accueil suffisante, mais pas toujours. Un décret en Conseil d’État précise que la commune, même dans ce cas, est tenue de participer financièrement à la scolarisation d’enfants résidant sur son territoire lorsque leur inscription dans une autre commune est justifiée par des motifs tirés des contraintes que nous avons déjà suffisamment entendues : les obligations professionnelles, l’inscription d’un frère ou d’une sœur, les raisons médicales. Tout cela est précisé en détail dans l’article R. 212-21 du code de l’éducation. Pour l’école publique, dans ce cas-là, on ne demande pas l’accord du maire. C’est de droit. Et la commune doit participer au financement des frais de scolarité.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yves Durand. Ce n’est pas vrai !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. Qui juge de la recevabilité de la demande, monsieur le rapporteur ?<br />
Discussion des articles</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. J’appelle maintenant les articles de la proposition de loi dans le texte de la commission.<br />
Article 1er
</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Michel Ménard, inscrit sur l’article.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Michel Ménard. J’ai bien entendu notre collègue Pélissard rappeler que l’Association des maires de France s’était dite favorable à la proposition de loi. Je crois néanmoins qu’un certain nombre de maires qui sont membres du conseil d’administration de cette association ont raisonné en se disant que ce texte n’était pas très bon, mais qu’il en remplacerait un encore plus mauvais.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. C’est moins pire !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Michel Ménard. Oui, « c’est moins pire : donc prenons toujours ça, cela nous évitera quelques déconvenues ».</p>
<p style="text-align: justify;">Cela ne veut pas dire que ce texte satisfasse une grande partie des maires.</p>
<p style="text-align: justify;">L’article 1er pose plusieurs problèmes. Vous dites qu’il garantit la parité. En fait, il ne la garantit pas. D’un côté, des dépenses obligatoires sont imposées au maire dans le cadre de la scolarisation dans l’enseignement privé. De l’autre, quand l’élève est scolarisé dans le public, l’accord du maire est nécessaire. Ce n’est pas la parité qui est mise en avant. L’enseignement privé est favorisé.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre problème, les conditions restrictives qui sont indiquées dans cet article : obligations professionnelles, fratrie, raisons médicales. Il me semble que cette rédaction est très imprécise. Elle peut largement ouvrir les possibilités d’inscription d’un enfant dans une école d’une autre commune, et en l’occurrence dans une école privée. Cette disposition prêtera d’ailleurs certainement à contentieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Troisièmement, cette proposition de loi réduit les pouvoirs du maire, allant ainsi dans le sens de la mise sous tutelle des collectivités locales que l’on constate depuis plusieurs mois et qui sera encore renforcée par le texte inscrit à l’ordre du jour du Sénat au mois de décembre.</p>
<p style="text-align: justify;">Des dépenses obligatoires sont imposées à la commune. C’est un coût supplémentaire particulièrement problématique pour les maires des petites communes, qui se battent pour maintenir leur école publique. Or on sait que, dans certaines d’entre elles, des investissements importants, des choix financiers difficiles sont nécessaires pour maintenir l’école communale. Il est regrettable de constater que ces maires vont devoir, d’un côté, continuer à investir au bénéfice de leur école publique, élément indispensable pour la vie de la commune, et, de l’autre, continuer la scolarisation dans des écoles privées, au bon vouloir des familles.</p>
<p style="text-align: justify;">Je dois rappeler ce que disait l’Association des maires ruraux de France.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Pélissard. Mais elle aussi est d’accord avec ce texte !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Michel Ménard. Parlant de l’article 89 – mais ceci est toujours valable pour le présent texte –, elle jugeait « inacceptable que les finances communales puissent être engagées à leur insu par le choix de parents de scolariser leur enfant dans une école privée ».</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pascal Deguilhem. Eh oui !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Michel Ménard. Eh bien, c’est toujours vrai ! Même si vous réduisez le nombre de cas dans lesquels les maires seront obligés de financer – la proposition de loi est moins mauvaise à cet égard que l’article 89 –, c’est la même philosophie que l’on retrouve.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela rejoint d’ailleurs ce que nous a dit Pierre Cardo tout à l’heure. Chers collègues de la majorité, écoutez ce que dit votre collègue. C’est le témoignage d’un élu qui est confronté à l’exode scolaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, je voudrais dire que l’ensemble de l’opposition peut tout à fait approuver l’article 3 de cette proposition de loi.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Marcel Rogemont.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. Tout d’abord, l’accord de l’AMF vise un texte qui s’imposait. L’AMF, et c’est tout à fait naturel, a défendu l’idée que cet article, mauvais en lui-même, devait être corrigé dans son application. Mais ce n’est pas parce que l’on essaie d’améliorer l’application d’un texte que, pour autant, l’on ne doit pas revenir sur le texte lui-même. Il est de la responsabilité de l’Association des maires de France de faire en sorte que les lois soient appliquées le plus justement possible, notamment eu égard aux intérêts des communes, mais il est de la responsabilité du Parlement de légiférer. Or la législation précédemment adoptée pose problème.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est tout à fait naturel que le libre choix des parents puisse s’exprimer, mais cela ne doit en aucun cas conduire à entamer les finances communales. Il faut rappeler que l’État prend en charge une bonne partie des dépenses liées à une école privée dès lors qu’elle est sous contrat d’association, et que, par ailleurs, les parents apportent de l’argent en plus. Cela crée déjà une distorsion entre l’enseignement public et l’enseignement privé.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Pélissard. C’est leur choix !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. C’est leur choix, en effet. C’est exactement ce que je suis en train de vous dire, cher collègue. Mais il ne faudrait pas que ce choix entame, de quelque façon que ce soit, les finances communales.</p>
<p style="text-align: justify;">Deuxième point : à défaut de respecter le principe que je viens d’énoncer, c’est le strict parallélisme des formes entre le public et le privé qui doit s’imposer.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. Bien sûr !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. À partir du moment où l’on adopte un dispositif visant à financer l’accueil des élèves scolarisés à l’extérieur de la commune, je ne vois pas pourquoi on n’applique pas strictement au privé les règles en vigueur pour le public.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, il y a un fait que je veux relever ici, et qui me conduira d’ailleurs à interroger le ministre. Il se trouve que, dans mon département, l’enseignement privé est extrêmement présent. Il est d’ailleurs de qualité, je le dis très nettement. La question n’est pas là. Mais puisque l’on me parle tout le temps de la liberté de choisir entre le public et le privé, je voudrais savoir ce que fait l’État dans les communes où l’on n’ouvre pas d’école publique alors qu’elles ont, a priori, les effectifs nécessaires pour le faire. On ne peut pas à la fois être les tenants de la liberté que doivent avoir les parents de choisir, et accepter une telle situation. Je demande expressément au ministre de me répondre, de me dire ce que fait l’État pour que ce principe de libre choix soit effectif.<br />
Rappel au règlement
</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Jean Glavany.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Monsieur le ministre, dans votre réponse aux orateurs inscrits dans la discussion générale, vous avez dit une contrevérité flagrante. J’en suis navré, parce que j’ai beaucoup, beaucoup de respect, comme je le disais tout à l’heure – et je ne voudrais pas que vous le preniez comme une attaque personnelle –, pour l’entreprise privée dans laquelle vous avez exercé vos responsabilités. C’est un grand groupe multinational, qui fait beaucoup de bien à l’économie française (Exclamations sur les bancs du groupe UMP), mais il se trouve que cela vous a donné plus de compétences pour aider le privé que pour aider le public.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Cette remarque est parfaitement déplacée !</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Marie-Louise Fort. Ça veut dire quoi ? Qu’il faut être fonctionnaire pour être député ou ministre ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Cela dit, il va falloir que vous donniez un grand coup de règle sur les doigts de vos collaborateurs, qui vont ont fait faire une énorme bourde. Il se trouve que la décision du Conseil constitutionnel de 1994, je la connais bien. Je ne suis pas un très vieux parlementaire, mais suffisamment ancien pour avoir mené bataille, avec quelques-uns ici, contre l’aggravation de la loi Falloux qui était portée à l’époque par M. Bayrou. Nous n’étions pas très nombreux, je m’en souviens. Je siégeais tout là-haut. J’ai mené cette bataille jour et nuit. Le recours devant le Conseil constitutionnel, je l’ai signé. Et j’étais d’ailleurs dans les rues de Paris, le 16 janvier 1994, avec beaucoup de mes amis – un million –, pour me réjouir de sa décision. C’est vous dire si je la connais, pour l’avoir suscitée et l’avoir espérée de toutes mes forces.</p>
<p style="text-align: justify;">Or le considérant 27, monsieur le ministre, dont vous avez dit tout à l’heure qu’il établissait le principe de parité, je l’ai ici sous les yeux. Il fait quatorze lignes. À aucun moment il ne mentionne le mot parité. Vos collaborateurs vous ont donc fait dire une grosse bêtise. Dans ce considérant, le Conseil constitutionnel affirme « que les aides allouées doivent, pour être conformes aux principes d’égalité et de liberté, obéir à des critères objectifs ». Il est bien question d’égalité ! Et cela change tout. Car si la Constitution protège l’égalité entre les citoyens, elle ne protège pas la parité. Dans la décision du Conseil constitutionnel, il n’y a pas le mot parité et vos collaborateurs n’ont pas le droit de manifester leur désapprobation.</p>
<p style="text-align: justify;">Quoi qu’il en soit, j’ai, je le répète, la décision sous les yeux : le mot parité n’y figure pas. Alors, qu’on ne nous provoque pas ici. Je vais à l’instant même vous remettre cette décision en mains propres, monsieur le ministre. Il n’y a pas le mot parité. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">Et vous direz à vos collaborateurs d’arrêter ! (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. le ministre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Monsieur Glavany, je crois que nous pouvons débattre dans l’apaisement, dans l’écoute et le respect mutuels, même si ce sont des débats passionnés et passionnants.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Je suis dans le respect. À condition que l’on respecte la vérité.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. Oui. Ce que je voudrais simplement vous dire, monsieur Glavany, c’est que la décision du Conseil constitutionnel que j’ai évoquée tout à l’heure, le fameux considérant 24,…</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Vous avez dit 27, tout à l’heure.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale. …répondait à une critique sur la parité en évoquant l’égalité. Vous devriez être d’autant plus satisfait. C’est l’égalité qui est inscrite dans cette décision.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant à la parité, je rappelle que c’est l’un des points essentiels de la loi de 1959, dite loi Debré, qu’aucun des gouvernements que vous avez soutenus n’a jamais voulu remettre en question. Enfin, ils ont essayé, dans les années quatre-vingt, mais ils ont vite oublié. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. C’est un autre problème !<br />
(suite)
</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 14.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Le présent amendement tend à supprimer l’article 1er, que nous considérons comme totalement à rejeter, alors que M. Reiss y voit une solution de compromis qui s’inscrit dans la philosophie de la loi Debré de 1959. Or, en créant pour les communes de nouvelles obligations au bénéfice des écoles privées implantées sur d’autres communes, la proposition va beaucoup plus loin que la loi Debré, qui n’a vocation à régir que les rapports entre les établissements d’enseignement privés et l’État. En plus d’organiser une contribution obligatoire des communes pour les écoles privées situées hors de leur territoire – avec lesquelles elles n’ont donc pas de contrat –, le texte prévoit un financement facultatif qui correspond tout bonnement à un chèque éducation. Les montants seront énormes puisqu’on estime à près d’un tiers les écoliers du privé scolarisés en dehors de leur commune de résidence.</p>
<p style="text-align: justify;">Les députés du groupe communiste, républicain et du parti de gauche ne voient aucun motif légitime au financement par les communes de résidence ou d’accueil des écoles privées sous contrat d’association avec l’État. Nous considérons que ces fonds publics ne peuvent pas être utilisés pour donner à l’enseignement privé des moyens dont ne dispose malheureusement pas l’enseignement public, qui a toutes les contraintes de service public : laïcité, obligation d’accueil de tous les élèves, continuité du service et gratuité pour les familles.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Frédéric Reiss, rapporteur de la commission des affaires culturelles et de l’éducation ».</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur de la commission des affaires culturelles et de l’éducation. Je ne soutiens évidemment pas l’argumentation de M. Desallangre. Comme je l’ai précisé dans mon intervention liminaire, la situation actuelle n’est satisfaisante pour personne, ni pour les maires, qui aimeraient connaître leurs obligations légales, ni pour les écoles privées, qui ignorent le montant des financements dont elles bénéficieront.</p>
<p style="text-align: justify;">La suppression de l’article 1er n’est pas compatible avec la nécessité, aujourd’hui, de légiférer. Cet article met précisément en place le nouveau dispositif calquant les modalités de financement d’un élève inscrit dans une école privée sur celles d’un élève inscrit dans une école publique.</p>
<p style="text-align: justify;">L’amendement a été repoussé par la commission.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Cette proposition de loi se propose de compléter l’article 89 de la loi d’août 2004 afin, comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises depuis le début de la discussion, de mettre fin aux contentieux que nous connaissons aujourd’hui, en revenant à une lecture de la loi qui sera conforme au compromis qui avait été trouvé entre l’Association des maires et le secrétariat général de l’enseignement catholique, et qui permettra ainsi de limiter la participation de la commune au cas où celle-ci serait obligatoire pour un élève scolarisé dans le public.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour toutes ces raisons, le Gouvernement ne peut être que défavorable à cet amendement de suppression.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 14 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 1.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à Mme Michèle Delaunay.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. Permettez-moi un préalable sur ce passionnant débat sur les mots que nous venons d’avoir. Le mot « parité » est en effet mal utilisé puisque, étymologiquement, il concerne des pairs. Mieux vaudrait l’utiliser comme on le fait pour les genres entre personnes et non pas entre articles de loi. D’ailleurs, dans la suite du texte que M. Glavany avait en main, il est dit que l’égalité contrevient à la parité. Je crois donc que nous devrions être très sourcilleux sur ces termes, en particulier quand ils apparaissent dans le titre d’une loi.</p>
<p style="text-align: justify;">Une autre remarque concerne la liberté de l’enseignement, qui n’est autre que la liberté d’enseigner. Cette expression n’a pas, à de multiples reprises sur d’autres bancs, été utilisée de cette manière.</p>
<p style="text-align: justify;">J’en viens à l’amendement n° 1, sur lequel beaucoup a déjà été dit, et j’indique à M. Lachaud, de manière apaisée et sans passion, deux raisons pour soutenir cet équilibre entre les conditions faites à l’école publique et à l’école privée. La première c’est que, s’agissant du parallélisme des formes, de l’identité des conditions, d’un côté, vous soutenez cette parité, dont nous avons dit ce que nous pensons, et, d’un autre côté, vous la rendez bancale.</p>
<p style="text-align: justify;">La seconde raison est celle que j’ai soutenue dans la motion de rejet préalable : cela rompt le lien avec la République et avec le maire qui va financer. Il est nécessaire qu’il soit requis par principe, mais aussi tout simplement pour valider les critères. Nous venons de voir qu’il pouvait être outrepassé, que ces conditions peuvent être interprétées de manière différente. Je crois que l’obligation faite au maire de valider ces critères et de donner son avis au nom de l’autorité publique, au nom de ce qu’il représente, est tout à fait indispensable.</p>
<p style="text-align: justify;">Je dois dire que, si vous acceptiez cet amendement, avec beaucoup de volonté de conciliation nous reverrions positivement notre vote.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Selon l’article L. 212-8 du code de l’éducation, l’autorisation du maire n’intervient que dans le cas où il existe des capacités d’accueil dans la commune de résidence. Celle-ci peut d’ailleurs participer aux frais de fonctionnement si elle a préalablement donné son accord à l’inscription de l’enfant. Nous sommes là dans le domaine de l’école publique.</p>
<p style="text-align: justify;">Aucun accord préalable du maire n’est nécessaire pour les dérogations liées aux obligations professionnelles des parents, aux fratries ou à des raisons médicales. L’article L. 212-8 est très clair à ce sujet. Il précise même : « À défaut d&#8217;accord entre les communes intéressées sur la répartition des dépenses, la contribution de chaque commune est fixée par le représentant de l&#8217;État dans le département après avis du conseil départemental de l&#8217;éducation nationale. »</p>
<p style="text-align: justify;">Le ministre l’a indiqué tout à l’heure, une telle disposition serait, de mon point de vue aussi, contraire à la Constitution. Il est clairement inscrit, dans la décision du Conseil constitutionnel du 13 janvier 1994, « si le principe de libre administration des collectivités locales a valeur constitutionnelle, les dispositions que le législateur édicte ne sauraient conduire à ce que les conditions essentielles d&#8217;application d&#8217;une loi relative à l&#8217;exercice de la liberté de l&#8217;enseignement dépendent de décisions des collectivités territoriales et, ainsi, puissent ne pas être les mêmes sur l&#8217;ensemble du territoire ».</p>
<p style="text-align: justify;">Les réponses sont claires et la commission a rejeté cet amendement.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Pour compléter l’avis du rapporteur, j’avoue que je m’interroge sur les conséquences qu’aurait l’adoption d’un tel amendement pour les finances d’une commune. S’il n’y avait plus d’école dans la commune, par exemple, y aurait-il obligation d’en rouvrir une pour un seul élève ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. Allons !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Cela rejoint la question de M. Rogemont tout à l’heure. Je rappelle que l’ouverture d’une classe doit correspondre à un besoin scolaire reconnu.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. C’est combien d’élèves, un besoin scolaire reconnu ? Trente ? Quarante ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. C’est dans cet esprit que l’éducation nationale adapte sa carte scolaire aux besoins répartis sur l’ensemble du territoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre conviction, et nous en avons discuté avec le rapporteur, c’est que cet amendement entraînerait la suppression de l’obligation pour les communes de participer aux frais de scolarisation des élèves que leurs parents auraient choisi de placer dans l’enseignement privé. C’est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas y être favorables.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Yvan Lachaud.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yvan Lachaud. Je voudrais revenir sur les propos de Mme Delaunay s’agissant de la liberté et de l’obligation de signature du maire. Faisons un parallélisme des formes avec les crèches, qu’elles soient communales ou associatives. Que je sache, dès lors que la CAF reconnaît une crèche en tant que telle, il y a participation communale sans pour autant que le maire ait à autoriser l’inscription d’un enfant dans la crèche associative privée. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Michel Ménard. Ce n’est pas la même chose, l’école est obligatoire !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yvan Lachaud. Il y a un parallélisme des formes entre ce qui dépend de la commune, ce qui est du domaine public, et ce qui est du domaine privé.</p>
<p style="text-align: justify;">Je comprends que vous puissiez vous offusquer – c’est une vieille bataille que la liberté de l’enseignement.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. Ce n’est pas du tout la même chose, ce que vous dites est inexact !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yvan Lachaud. Puisque cela ne vous dérange pas pour les crèches, alors qu’il y a obligation pour une commune, pourquoi cela vous dérange-t-il pour l’enseignement privé ? Allez plus loin, dites pourquoi cela vous dérange !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Marcel Rogemont. Aucune commune n’est obligée de payer une crèche. Vous racontez des sottises !</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Yves Durand.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yves Durand. Je remercie M. Lachaud de son intervention, qui a dévoilé la volonté profonde qui se cache derrière ce texte.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yvan Lachaud. La vôtre !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yves Durand. C’est exactement ce qu’il faut faire si l’on veut rallumer la guerre scolaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Je voudrais revenir sur votre réponse dans la discussion générale, monsieur le ministre, pour m’étonner que vous opposiez l’obligation de payer pour la scolarité d’un élève et l’accord du maire – que nous voulons nécessaire pour les élèves du privé comme pour les élèves du public – au libre choix des familles. Je trouve que cette réflexion est extraordinairement dangereuse.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. Tout à fait !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yves Durand. Vous proposez, pour les uns, la liberté sans accord du maire et, pour les autres, la nécessité, quoi que vous en disiez parce que c’est ainsi que cela se passe, de l’avis du maire. Au fond, vous nous demandez d’accepter de payer le restaurant à ceux qui ne veulent pas aller à la cantine avec l’argent de ceux qui ne peuvent pas se le payer et qui sont obligés d’aller à la cantine. Ce n’est ni la parité ni l’égalité !</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi nous voulons l’accord du maire, et que nous insistons sur cet amendement qui nous paraît essentiel. Beaucoup d’entre nous l’ont fait, je l’ai développé dans mon intervention, M. Cardo l’a repris. Ce dernier n’appartient pas à notre groupe, mais il partage nos préoccupations. Comme moi, il est maire d’une commune de banlieue et il voit comment cela se passe quand il n’y a pas accord ni discussion entre les maires, quelle que soit leur couleur politique, pour qu’il y ait dans l’enseignement public une répartition à peu près convenable et républicaine des difficultés scolaires, de façon à les résoudre ensemble.</p>
<p style="text-align: justify;">Si vous n’acceptez pas cet amendement, que vous le vouliez ou non, derrière l’idée de liberté de choix des familles, il y a en vérité le chèque scolaire, auquel s’est référé M. Vanneste tout à l’heure. Je crains qu’il ne dise tout haut ce que vous pensez tout bas.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 1 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 26 rectifié.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Par cet amendement, nous nous élevons contre la tentative, à l’alinéa 3 de l’article 1er, de permettre le financement d’une école privée dans le cas où la commune de résidence ne disposerait pas elle-même des capacités d’accueil dans une école publique.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui apparaît logique au premier abord est en réalité fallacieux. Cette disposition omet de prévoir que la commune d’accueil puisse elle-même disposer d’une école publique aux capacités d’accueil suffisantes. Avec une telle omission, vous organisez bien le financement des écoles privées au détriment des écoles publiques. C’est d’autant plus gênant qu’une commune a toujours une école publique située soit sur son territoire, soit sur celui d’une commune voisine – je me réfère à ce que disait en 2007 le président de l’association des maires ruraux de France.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous omettez de préciser que c’est la politique du Gouvernement qui organise la carence pour mieux légitimer la privatisation de l’enseignement,…</p>
<p style="text-align: justify;">M. Franck Gilard. C’est quelque peu manichéen !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. …car les capacités d’accueil sont bien définies à l’article L. 212-8 du code de l’éducation. Elles sont considérées comme suffisantes lorsque la commune de résidence dispose des locaux nécessaires mais aussi des postes d’enseignement. Et le préambule de la Constitution de 1946 prévoit bien que « L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État. »</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. La possibilité de scolariser son enfant dans une école publique est offerte à toutes les familles. Il n’y a aucun désengagement de l’État au profit de l’école privée et au détriment de l’école publique. De plus, vous balayeriez avec votre amendement la notion de RPI, qu’il faut certes préciser, mais non ignorer.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet amendement a été repoussé par la commission car il revient à empêcher les parents d’inscrire leurs enfants dans une école privée, même quand la commune ne dispose pas des capacités d’accueil. En réalité, il s’agit effectivement d’une rupture. Et là, c’est de la parité entre le public et le privé.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Vous savez bien qu’ils le peuvent.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Même avis défavorable.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 26 rectifié n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 15.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Les alinéas 3 et 6 de la proposition de loi prévoient un dispositif qui ne prend pas en considération la possibilité que les contraintes rencontrées par les familles puissent être résolues dans une école publique de la commune d’accueil.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi permettrait-on à un établissement privé d’exiger un financement au motif qu’il proposerait, contrairement à l’école publique de la commune de résidence, la restauration et la garde des enfants, alors même qu’un établissement public le proposerait également ?</p>
<p style="text-align: justify;">Faut-il considérer cet oubli comme une volonté cachée de privatiser l’enseignement, en mettant en œuvre un chèque éducation ? Ce projet correspond, à nos yeux, à une aspiration libérale d’ouvrir en grand les portes d’un marché de l’éducation, qui est estimé très haut.</p>
<p style="text-align: justify;">Le dispositif proposé joue également sur le fait que, pour des raisons financières, certaines communes peuvent rencontrer des difficultés à proposer restauration et garde des enfants dans les écoles publiques. Si ces communes donnent plus aux écoles privées, elles auront encore moins de moyens pour proposer ces services dans leurs écoles publiques.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Cet amendement, ici encore, est contraire à la liberté de l’enseignement, puisque cela reviendrait à obliger les parents à inscrire leur enfant dans une école publique, même s’ils se trouvent dans l’un des trois cas de dérogation prévus par la loi.</p>
<p style="text-align: justify;">Avis défavorable de la commission.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Nous pensons que cet amendement reviendrait à mettre en cause la liberté de choix des parents. Le Gouvernement y est donc défavorable.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 15 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 16.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Cet amendement rédactionnel vise à préciser que la contribution de la commune de résidence ne revêt un caractère obligatoire que lorsque aucun des critères de restauration et de garde des enfants n’est satisfait par l’une de ses écoles publiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Si vous adoptez cet amendement, le financement ne pourra donc être revendiqué si une école publique de la commune de résidence propose l’un de ces deux services.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Nous nous trouvons dans le domaine réglementaire. Cela figure déjà dans l’article R. 212-21.</p>
<p style="text-align: justify;">Avis défavorable de la commission.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Même avis.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 16 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi de trois amendements, nos 17, 5 et 2, pouvant être soumis à une discussion commune.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre, pour défendre l’amendement n° 17.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Il nous semble nécessaire que l’école privée démontre qu’elle répond à la contrainte invoquée pour la scolarisation hors de la commune de résidence en ce qui concerne la restauration et la garde des enfants.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne serait pas envisageable d’exiger des garanties de la part des écoles publiques sans exiger les mêmes garanties de la part des écoles privées.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre amendement vise donc à compléter l’alinéa 4 de l’article 1er par les mots : « et que l’école privée d’accueil les assure ; »</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Pierre Cardo, pour soutenir l’amendement n° 5.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. L’objectif de l’amendement est d’autoriser une dérogation car certaines prestations ne sont pas offertes par l’établissement public de la commune d’origine. On peut comprendre que les parents souhaitent certaines prestations ; la dérogation est autorisée à condition qu’il n’y ait pas sur la commune d’accueil d’établissement untel ou untel.</p>
<p style="text-align: justify;">Des établissements ne disposent pas de garderies. La plupart du temps, ce sont les communes qui s’occupent des garderies. Dans ces conditions, il faut que l’on puisse trouver sur la commune concernée la prestation qui justifie la demande de dérogation des parents et l’éventuel accord du maire.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai déposé cet amendement car il serait difficilement compréhensible que l’on change de commune après avoir obtenu une dérogation compte tenu du manque de prestations et que, sur la commune voisine, les prestations pour lesquelles la dérogation est demandée n’existent pas.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Soyons prudents !</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à Mme Michèle Delaunay, pour soutenir l’amendement n ° 2.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. Cet amendement est presque une évidence.</p>
<p style="text-align: justify;">Soit les intentions des rédacteurs de cette proposition de loi sont honnêtes et claires, et vous accepterez volontiers ces amendements, car il s’agit d’un oubli. Il est bien évident que la dérogation ne peut être acceptée que si l’établissement sollicité ou l’établissement d’accueil fournit ce qui manque dans la commune de résidence.</p>
<p style="text-align: justify;">Soit il existe une imprécision qui permet d’élargir les dérogations.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Je pense que ces amendements manquent leur cible.</p>
<p style="text-align: justify;">L’idée de rapprocher le lieu de travail des parents et le lieu de scolarisation des enfants doit justement permettre de surmonter l’absence d’un service de restauration ou de garde dans la commune de résidence. Si le choix de l’école privée est fait par la famille en raison de l’absence de ce service, il me semble évident qu’elle ne mettra pas l’enfant dans une école où ce service est inexistant.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. C’est vous qui le dites !</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs députés du groupe SRC. Il faut le préciser !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Aujourd’hui, le dispositif a fonctionné pour l’école publique. Il s’agit de l’article R. 212-31. Je ne vois donc pas pourquoi il ne fonctionnerait pas demain pour l’école privée.</p>
<p style="text-align: justify;">La commission a repoussé ces amendements.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Je voudrais reprendre l’argumentation du rapporteur.</p>
<p style="text-align: justify;">La proposition de loi reprend la même rédaction pour le privé et pour le public. Il n’y a donc aucune raison pour que, s’agissant de l’enseignement privé, la commune de résidence ne soit tenue de participer aux frais de scolarisation que si l’établissement privé assure lui-même la restauration, la garde des enfants, alors qu’une telle condition n’existe pas, comme le rappelait le rapporteur, pour les écoles publiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Gouvernement est défavorable aux trois amendements.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 17 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 5 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 2 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 18.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Je souhaite revenir sur une réflexion émanant des bancs UMP, à savoir la condition d’inscription d’un frère ou d’une sœur dans un établissement scolaire de la même commune. Cela n’a de sens que s’il s’agit du même établissement scolaire élémentaire. Il convient donc de le préciser. Sinon, dès que le grand frère est au collège ou au lycée, toute la fratrie suit et personne ne peut s’y opposer.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Dans le cadre du parallélisme des formes, l’alinéa 5 reprend strictement la rédaction du 2° de l’article L. 212-8.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. C’est bien quand ça vous arrange !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Il serait donc contraire à la parité public-privé, que vous contestez, d’en restreindre le champ.</p>
<p style="text-align: justify;">La commission est défavorable à cet amendement.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Le texte auquel faisait référence M. Desallangre est de nature réglementaire. Nous pensons donc qu’il n’y a pas lieu de modifier la loi, comme le rapporteur vient de le préciser.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. Ben voyons !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Il doit être de même nature pour le privé et pour le public. Le Gouvernement est donc, pour cette raison, défavorable à cet amendement.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Christian Vanneste.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Cet amendement est de l’ordre de l’aveu.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. De votre part !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Vous ne supportez pas que la liberté des familles puisse s’imposer à la liberté politique d’une collectivité.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs députés du groupe SRC. Nous parlons de financement !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Votre point de vue est très idéologique.</p>
<p style="text-align: justify;">Manifestement, cet amendement se heurte tout simplement à la vie quotidienne des gens. Si un contribuable va conduire un enfant dans une école et l’autre – le frère ou la sœur – dans un collège, et que ceux-ci sont à proximité, vous compliquez inutilement la vie de votre contribuable pour imposer votre volonté. Le véritable débat, ici, c’est la liberté des familles et le pouvoir des maires.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce texte a, je crois, trouvé, un équilibre. Restons-en là !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yves Durand. L’école publique, ce n’est pas la liberté publique.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Pierre Cardo.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. Je ne partage pas cette opinion. Si je suivais ce raisonnement, cela signifierait qu’il faudrait supprimer les écoles maternelles et primaires un peu isolées en milieu rural, qui ont déjà du mal à exister, car cela dérange un peu les parents d’aller, d’un côté, déposer les enfants et, de l’autre, d’aller au collège. Il existe des ramassages scolaires pour ces situations.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs députés du groupe SRC. Exactement !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. Ainsi que je l’ai indiqué lors de la discussion générale, ce que je n’accepte pas dans ce texte pour le fonctionnement du privé, je ne l’accepte pas davantage pour le public.</p>
<p style="text-align: justify;">Des incohérences ont permis d’arriver à des détournements de la loi par le biais des dérogations massives dans certains secteurs. L’idéal de cette proposition de loi aurait été qu’elle les limite. Or, non seulement ce n’est pas le cas, mais on les accentue légèrement.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Trois nouveaux orateurs se sont inscrits. À titre exceptionnel, et à condition que vous respectiez le délai de deux minutes, je vais vous donner la parole, car ce point me semble être essentiel.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. En ce qui concerne les transports scolaires, le raisonnement de M. Vanneste est hypocrite.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Je ne vous permets pas !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Je ne dis pas que lui-même soit hypocrite.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous savez parfaitement que, lorsque vous avez deux enfants de quatorze et neuf ans, l’un est dans le primaire et l’autre dans le secondaire, et qu’il y a tous les jours des transports scolaires. Vous ne conduirez pas votre grand de quatorze ou dix-sept ans au collège ou au lycée. C’est un subterfuge, un mauvais prétexte.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. On voit bien que vous ne connaissez pas certains quartiers.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. J’ai été maire pendant vingt-six ans.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Jean Glavany.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Monsieur Vanneste, cette question de liberté est une histoire sempiternelle.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Ça vous agace ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Il y a bien longtemps que vous ne m’agacez plus, mais là n’est pas la question.</p>
<p style="text-align: justify;">L’essentiel est d’avoir une confrontation d’idées et de convictions. Les libertés individuelles sont toutes respectables ; sauf lorsqu’elles ont une limite : la liberté collective. La République n’a jamais cessé de fixer des limites aux libertés individuelles, lorsqu’il y a au-dessus de celles-ci les libertés collectives et l’intérêt général.</p>
<p style="text-align: justify;">Monsieur Vanneste, à force de défendre les libertés individuelles, on arrive à des contradictions majeures. Je vais vous dire quelque chose que j’ai sur le cœur et que je n’ai jamais exprimé dans cet hémicycle. J’entends un certain nombre de parlementaires de la majorité – au nom de la liberté de conscience et parce qu’il ne faut surtout pas que les instituteurs puissent voir quelles sont les croyances de leurs élèves – dire, à juste titre, qu’il ne faut pas porter le voile à l’école. Ils ont raison, j’ai voté pour ce principe. Cependant, les mêmes parlementaires financent à tour de bras des établissements d’enseignement privés qui acceptent les jeunes portant le voile. À force de défendre les libertés individuelles, on arrive, monsieur Vanneste, à ce genre de contradictions, auxquelles il faut mettre aussi un terme.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Ce n’est pas une contradiction !</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 18 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi de deux amendements, nos 19 et 6, pouvant être soumis à une discussion commune.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre, pour défendre l’amendement n° 19.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Nous traitons du financement des écoles élémentaires privées sous contrat d’association. Pourquoi alors évoquer tous les types d’établissement pour justifier le regroupement de fratries ? Nous proposons de restreindre le recours à ces dérogations, en ne rendant la contribution obligatoire que si elle correspond au regroupement des fratries dans des établissements élémentaires, et non dans n’importe quel établissement scolaire.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Pierre Cardo, pour défendre l’amendement n° 6.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. Dans la mesure où une commune ne dispose ni d’un collège ni d’un lycée, il est évident que l’aîné d’une fratrie sera scolarisé à l’extérieur de la commune – cela vaut du reste pour le privé comme pour le public –, mais il convient d’éviter qu’une famille se fonde sur cette disposition pour faire inscrire de même l’ensemble des enfants, scolarisés en maternelle ou en primaire, au motif qu’un frère ou une sœur est scolarisé dans le secondaire à l’extérieur de la commune.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, il est tout à fait possible de détourner la loi, et tel est déjà le cas : il suffit de scolariser son enfant dans un établissement privé sans que cela nécessite de dérogation. Aux termes de l’alinéa 5, la commune de résidence devra s’acquitter d’une contribution pour les autres enfants de la fratrie.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Non !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. La rédaction du texte est ambiguë.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. L’alinéa incriminé vaut également pour le public. Or, tel qu’il est rédigé, cet alinéa est ambigu même pour le public.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. En effet.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Nous sommes là dans le cadre réglementaire, avec l’article R. 212-21 qui précise les conditions requises. Il appartiendra donc au pouvoir réglementaire de préciser la nature des établissements.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Michel Ménard. Faisons-le maintenant !</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. Tout de suite !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. La participation financière à la scolarisation des enfants dans une autre commune, liée au frère ou à la sœur, qui, elle, ne respecterait pas les termes de la loi, me semblerait contraire au dispositif. C’est ainsi et je ne vois pas pourquoi il faudrait modifier ce dispositif dans le cadre de cette proposition de loi. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">Avis défavorable, donc.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Le Gouvernement n’est pas favorable à ces deux amendements. Le décret que le Gouvernement prendra sera bien sûr soumis au Conseil d’État et tiendra compte de l’esprit de la loi.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Pierre Cardo.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. « L’esprit de la loi, je ne connais pas » disait André Damien. Que je sache, nous sommes des législateurs, et, à un moment où on parle d’hyperparlement, je m’interroge sur la latitude qui nous est laissée pour imposer notre volonté et rédiger des textes intelligibles !</p>
<p style="text-align: justify;">Le texte actuel permet les détournements : on constate jusqu’à 60 % d’évasion scolaire dans certains secteurs. En dépit d’une réglementation prétendument claire, il va de soi qu’elle est insuffisante. C’est pourquoi j’aurais souhaité qu’avec cette proposition de loi nous rectifiions les abus, tant pour ce qui concerne le privé que le public.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Michel Ménard. Tout à fait !</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 19 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 6 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 3.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à Mme Michèle Delaunay.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. Nous avons déjà eu cette discussion, mais nous souhaitons redire que la loi doit être non seulement intelligente, mais également honnête et précise. Nous voulons, dès aujourd’hui, et non demain, comme vient de le dire M. le rapporteur, éviter que l’admission d’un frère aîné dans une école, selon des critères contraires à la loi, ne puisse entraîner celle des douze frères et sœurs suivants !</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. En effet, madame Delaunay, nous avons déjà eu cette discussion à propos de l’amendement précédent. Intégrer des dispositions d’ordre réglementaire dans la loi n’est pas une bonne manière de légiférer. L’inscription du premier enfant devra respecter l’une des quatre conditions préalables prévues. Il est évident que les dispositions réglementaires nécessaires à l’application du nouveau dispositif seront prises avec le même objectif, à savoir l’égalité de traitement entre le public et le privé, tout en respectant les spécificités du privé.</p>
<p style="text-align: justify;">Avis défavorable, donc.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. L’avis du Gouvernement est également défavorable.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 3 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 20.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. L’amendement est défendu.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 20, repoussé par la commission et le Gouvernement, n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi de deux amendements, nos 21 et 7, pouvant être soumis à une discussion commune.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Il est parfaitement compréhensible que des contraintes médicales puissent obliger une famille à scolariser son enfant en dehors de sa commune de résidence. Sans être mentionnées dans la loi, les contraintes de santé sont d’ailleurs très souvent acceptées par les communes pour la délivrance de dérogations scolaires. Toutefois, telles qu’elles sont énoncées à l’alinéa 6 de l’article 1er, ces raisons médicales n’apparaissent pas suffisamment précises et vérifiables par la commune de résidence. Concernent-elles les enfants, leurs parents, leur tuteur ? Doivent-elles être valables toute l’année ou seulement pour la rentrée scolaire ? Font-elles l’objet d’une simple déclaration ou doivent-elles être justifiées par un médecin ? Que se passe-t-il l’année suivante ?</p>
<p style="text-align: justify;">Il paraît donc indispensable d’encadrer réglementairement ces raisons médicales afin de définir précisément quels sont les pathologies ou traitements faisant l’objet d’un protocole particulier qui justifieraient qu’un enfant ne puisse être scolarisé dans sa commune de résidence.</p>
<p style="text-align: justify;">La pathologie et la conformité du motif médical aux conditions réglementaires seraient examinées et validées par le médecin-conseil de la caisse régionale d’assurance maladie dans le respect du secret médical.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Pierre Cardo, pour soutenir l’amendement n° 7.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. Je souhaite l’avis conforme d’un médecin scolaire, même si je suis conscient qu’il n’y a pas, hélas, de médecins scolaires dans tous les établissements.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Il n’y en a pas assez !</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Marie-Odile Bouillé. Et pas partout !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. Je rappelle que nous avons voté une loi contre le port du voile à l’école – loi que, pour ma part, je n’ai pas votée –, que d’autres débats sensibles ont lieu concernant l’espace public et que l’école publique est soumise à de nombreuses pressions et renvoie une image négative.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pas parce que les médecins sont soumis au serment d’Hippocrate qu’ils n’ont pas de convictions, politiques, religieuses, cultuelles. Imaginez qu’un jour vous ayez à faire face à des demandes de dérogation pour des raisons de régime alimentaire ou liées à la mixité – rappelez-vous du débat sur la mixité dans les piscines –, notamment s’agissant d’activités sportives. Ne craignez-vous pas, non seulement d’alourdir les contraintes du public, mais également d’ouvrir la voie à des écoles privées, certes, mais très cultuelles ? Cette question mériterait, pour le moins, d’être posée.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Marie-Odile Bouillé. Absolument !</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. La commission est défavorable à ces deux amendements.</p>
<p style="text-align: justify;">L’article L. 212-8 parle de contraintes liées à des raisons médicales. Quant à l’article R. 212-21, il apporte des précisions conformément à ce que souhaitent les auteurs des deux amendements. La commune de résidence est tenue de participer financièrement à la scolarisation d’enfants dans une autre commune dans les cas suivants : l’état de santé de l’enfant nécessitant d’après une attestation établie par un médecin scolaire ou par un médecin agréé – hospitalisations fréquentes ou soins réguliers et prolongés assurés dans la commune d’accueil et ne pouvant l’être dans la commune de résidence.</p>
<p style="text-align: justify;">Les choses étant suffisamment claires, la commission a repoussé ces amendements.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Le Gouvernement considère qu’il n’est pas utile d’inscrire dans la loi de conditions supplémentaires, soit l’avis conforme du médecin scolaire, soit la validation par le médecin-conseil de la caisse régionale d’assurance maladie. Ces précisions n’existant pas dans le texte applicable à l’enseignement public, cela introduirait une distorsion de traitement entre le public et le privé.</p>
<p style="text-align: justify;">Avis défavorable, donc.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Patrice Debray.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Patrice Debray. On ne peut accorder de prérogatives particulières ni aux médecins conseils des caisses régionales ni aux médecins du travail. Étant moi-même médecin généraliste, je suis bien placé pour savoir que la délivrance d’un certificat est couverte par le secret médical.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 21 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 7 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 4.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à Mme Michèle Delaunay.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Michèle Delaunay. Dans le prolongement des propos de M. Cardo, j’indique que nous favorisons actuellement l’installation d’écoles confessionnelles dans les cités. Comme mon collègue l’a excellemment souligné, l’imprécision de la loi peut favoriser des glissements très néfastes qui ne peuvent que nous inciter à nous engager très fermement derrière le principe de laïcité.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 4, repoussé par la commission et le Gouvernement, n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 8.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Pierre Cardo.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Pierre Cardo. L’amendement est défendu.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 8, repoussé par la commission et le Gouvernement, n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n° 22.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Par cet amendement, nous entendons préserver le principe de libre administration des collectivités territoriales. Nous proposons de soumettre directement à la municipalité la demande de dérogation justifiant le financement de la scolarité d’un élève dans une école primaire privée sous contrat d’association située sur le territoire d’une autre commune, ainsi que cela est prévu pour le financement de la scolarité d’un élève dans une école publique.</p>
<p style="text-align: justify;">Si la représentation nationale repousse cet amendement, il est évident qu’elle acceptera d’aller plus loin que la deuxième circulaire d’application de l’article 89 du 6 septembre 2007 qui prévoyait que l’accord des communes intéressées doit être recherché.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, il est possible que la réalité des motifs invoqués pour justifier la demande de dérogation évolue au cours du temps, voire disparaisse. La commune de résidence peut avoir renforcé son service de garde ou de restauration, les parents peuvent avoir changé d’employeur, les frères et les sœurs peuvent avoir changé d’établissement ou quitté l’enseignement scolaire et, enfin, la situation médicale peut avoir – heureusement – évolué. Tous ces motifs sont susceptibles d’évolution ; ils doivent donc pouvoir être évalués lors de la demande initiale, puis lors de chaque rentrée scolaire. Il ne serait pas légitime que l’obligation de financement persiste alors que les motifs la justifiant ont disparu.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous proposons que la demande de dérogation soit transmise chaque année à la mairie de résidence afin de permettre au maire d’apprécier le bien-fondé de la demande.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. La commission a repoussé cet amendement qui a, pourtant, le mérite de poser les bonnes questions quant à la procédure à suivre. Les relations entre les communes et les établissements privés méritent d’être formalisées, en particulier la question de la périodicité de la dérogation. Dans la mesure, où ces questions relèvent du domaine réglementaire, l’avis de la commission est défavorable. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. J’ai expliqué tout au long du débat les raisons – constitutionnelles, en particulier – pour lesquelles le Gouvernement n’est pas favorable à un avis du maire, qui plus est un avis annuel.</p>
<p style="text-align: justify;">Je rappelle que, dans le public, le maire n’a pas la possibilité d’interrompre un cycle de scolarité.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Il ne s’agit pas d’interrompre la scolarité, mais de ne plus payer !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Il ne semble pas envisageable d’autoriser pour le privé ce qui est interdit pour le public.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 22 n&#8217;est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">(L’article 1er est adopté.)<br />
Article 2
</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d’un amendement de suppression de l’article, n° 23.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. L’amendement propose de supprimer l’article 2, aux termes duquel seul le préfet aurait le pouvoir de décider qu’une commune participe au financement de la scolarisation d’élèves hors de leur commune de résidence.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, il nous paraît inadmissible que, d’un côté, on exige une égalité de traitement dans le financement des écoles publiques et privées, mais que, de l’autre, on permette que ces deux régimes fonctionnent différemment.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon le rapporteur, « parallèles, ces régimes sont néanmoins autonomes : n’est ainsi pas reprise, dans le régime applicable aux écoles privées, l’autorisation préalable du maire de la commune de résidence » – et de se justifier aussitôt : « une telle disposition serait contraire à la Constitution, car elle subordonnerait l’exercice effectif d’une liberté publique à l’accord préalable d’une autorité locale ».</p>
<p style="text-align: justify;">Vous faites ici référence, monsieur le rapporteur, à la décision du Conseil constitutionnel du 18 janvier 1985. Mais relisons-la : elle a jugé non conforme à la Constitution le fait que la commune siège de l’école dispose du pouvoir de s’opposer à la conclusion d’un contrat d’association entre l’État et un établissement privé du premier degré. Il ne s’agit absolument pas du financement d’une école privée située hors de la commune en question.</p>
<p style="text-align: justify;">Du reste, votre raisonnement ne tient pas puisque, pour la scolarisation dans une école publique hors de la commune de résidence – qui constitue tout autant, sinon davantage, une liberté publique –, l’accord de l’autorité locale est demandé. Par ce type d’arguments, vous cherchez à nous démontrer que l’école privée pourrait être maltraitée par certaines municipalités et qu’il faut absolument faire appel à un juge impartial en la personne du représentant de l’État. J’ajoute que la dépense sera imposée a posteriori, alors que toute dépense doit normalement résulter d’une délibération en conseil municipal.</p>
<p style="text-align: justify;">Aux yeux des députés communistes, républicains et du parti de gauche, associé aux lacunes de l’article 1er, cet article constitue une violation du principe de libre administration des collectivités territoriales. Voilà pourquoi nous proposons de le supprimer.</p>
<p style="text-align: justify;">(L’amendement n° 23, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;article 2 est adopté.)<br />
Après l’article 2
</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d&#8217;un amendement n°24.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Cet amendement propose de subordonner la parité de financement entre écoles publiques et privées, que la proposition de loi vise à instaurer, au respect des valeurs républicaines.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous souhaitez que l’enseignement privé bénéficie des fonds publics ; assurons-nous donc qu’il respecte les mêmes obligations, notamment en matière de laïcité. Tous les établissements scolaires, publics et privés, recevant des fonds publics devraient promouvoir la liberté de croire ou de ne pas croire, la liberté absolue de conscience, le refus des communautarismes, l’interdiction des signes ostensibles d’appartenance religieuse, enfin la stricte égalité des sexes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Marie-Odile Bouillé et M. Pascal Deguilhem. Ce n’est pas gagné !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Or certaines écoles confessionnelles outrepassent le respect de ces valeurs républicaines. Ces principes à valeur constitutionnelle opposables aux personnes publiques doivent pourtant être également applicables aux établissements concourant au service public ou recevant des fonds publics.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l’avis de la commission ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Cet amendement a été rejeté par la commission.</p>
<p style="text-align: justify;">Le titre IV vise spécifiquement la laïcité de l’enseignement public ; il ne concerne donc pas l’enseignement privé, dont l’une des spécificités est précisément son caractère confessionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">Le député d’Alsace que je suis tient à préciser qu’en Alsace-Moselle, toujours soumise au régime concordataire, l’enseignement de la religion est obligatoire dans les écoles publiques, mais les dérogations sont faciles à obtenir sur demande des familles. Ce régime fonctionne bien, et cela montre que la laïcité peut se décliner de plusieurs manières. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Michel Ménard. Vous êtes en terrain glissant !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Son caractère religieux n’empêche toutefois pas l’enseignement privé sous contrat d’être tenu à plusieurs obligations, s’agissant en particulier du recrutement des élèves. Ainsi, aucune discrimination fondée sur la religion n’est bien entendu admise, et les établissements privés accueillent souvent des élèves de toutes les confessions.</p>
<p style="text-align: justify;">Avis défavorable. (Exclamations sur les bancs du groupe GDR.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Quel est l&#8217;avis du Gouvernement ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Monsieur Desallangre, je vous rappelle que l’enseignement privé contribue au service public de l’éducation nationale. En outre, l’adoption de cet amendement aboutirait en quelque sorte à nier la spécificité des établissements privés, spécificité que le rapporteur vient de souligner,…</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. La possibilité d’accepter des jeunes filles voilées, par exemple ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. …et donc à revenir sur la loi de 1959.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Eh oui, la loi Debré !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Luc Chatel, ministre de l&#8217;éducation nationale. Vous comprendrez aisément que le Gouvernement n’y est pas favorable.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Yves Durand.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yves Durand. Monsieur le rapporteur, vous êtes député alsacien, et l’histoire est ce qu’elle est. Mais, au-delà de l’histoire, nous sommes des élus républicains, et la République, c’est aussi la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905,…</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Je suis entièrement d’accord !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yves Durand. …que tous doivent respecter et défendre. Je ne voudrais pas que l’on puisse lire dans le compte rendu de nos débats que le rapporteur d’une loi a cité en exemple le régime concordataire, qui, pour la République, n’est pas la loi.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. Ce n’était pas du tout mon intention !</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 24 n&#8217;est pas adopté.)<br />
Article 3
</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. L’amendement n° 12 n’est pas défendu.</p>
<p style="text-align: justify;">(L’article 3 est adopté.)<br />
Titre
</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je suis saisi d’un amendement n°25.</p>
<p style="text-align: justify;">La parole est à M. Jacques Desallangre.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Nous entendons défendre ici le préambule de la Constitution du 25 octobre 1946, qui proclame que « l’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État », et nous opposer à l’inscription dans la loi de la notion de parité de financement entre écoles publiques et privées.</p>
<p style="text-align: justify;">À nos yeux, en effet, cette notion renvoie à celle d’égalité, qui implique l’augmentation des charges communales destinées à financer l’école privée, donc la diminution des crédits de fonctionnement alloués à l’école publique. Or, si l’égalité de traitement est mentionnée dans l’article L. 442-5 du code de l’éducation, directement issu de la loi Debré, la parité de financement n’a ni sens juridique ni légitimité. Mais ce terme met en jeu le maintien et le développement de l’école publique.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, monsieur le ministre, vos déclarations il y a quelques jours, en Seine-Saint-Denis, sur la création de partenariats avec les écoles privées pour des projets éducatifs laissent également entendre que l’État s’apprête à engager davantage de moyens en faveur de l’école privée.</p>
<p style="text-align: justify;">Défendre une égalité de financement des dépenses de fonctionnement des écoles publiques et des établissements privés revient à remettre en cause la séparation de l’Église et de l’État, que mon collègue vient d’évoquer. L’impôt public devrait être utilisé selon une parfaite neutralité, et non pour moitié au profit des écoles privées, confessionnelles à 90 %.</p>
<p style="text-align: justify;">Par cet amendement, nous proposons donc de s’en tenir à la rédaction suivante du titre : « Proposition de loi relative au financement des écoles élémentaires privées sous contrat d’association lorsqu’elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence ».</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;amendement n° 25, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">(Le titre proposé par la commission est adopté.)<br />
Explications de vote
</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Dans les explications de vote, la parole est à M. Jean Glavany, pour le groupe SRC.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Nos débats ont été instructifs à plus d’un titre. Ils ont été sereins, ce dont nous pouvons tous nous réjouir (Sourires sur les bancs du groupe UMP) : personne n’a ravivé la guerre scolaire, ce qui peut pourtant démanger certains d’entre nous, sur tous les bancs de cet hémicycle. (« Ah bon ? » sur les bancs du groupe UMP.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Grosperrin. Vous êtes énervés ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Mais nous nous opposerons à ce texte, et je vais vous expliquer pourquoi.</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, le texte montre que le Gouvernement et la majorité ont enfin pris conscience, au bout de cinq ans, des difficultés que posait à des centaines de milliers de communes l’application de l’article 89 de la loi du 13 août 2004. Il était temps ! Le texte résoudra, bon an mal an, une grande partie de ces problèmes ; c’est heureux.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Frédéric Reiss, rapporteur. C’est vrai !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Deuxièmement, le texte abroge l’article 89, ce qui nous satisfait ; il eût fallu s’en tenir là, et les membres du groupe SRC l’auraient alors voté des deux mains.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi ne le ferons-nous pas ? Parce que vous allez remplacer cet article par un nouveau dispositif, qui, si j’ose m’exprimer ainsi, est « moins grave que si c’était pire » – moins grave que l’article auquel il se substitue –, mais dont les fondements idéologiques demeurent contestables. Nous les retrouvons du reste dans tous les débats sur ce sujet.</p>
<p style="text-align: justify;">Si j’y reviens, c’est que, au-delà du petit incident qui nous a tout à l’heure opposés à M. Chatel à propos de la décision constitutionnelle de 1994, ce débat entre parité et égalité est un débat de principes, qui nous a toujours opposés. Je m’amusais tout à l’heure à relire cette décision : je vous confirme, monsieur le ministre, que, si le point 27 ne cite jamais le mot de parité, celui-ci est mentionné au point 24, à la demande des requérants, qui considèrent que l’application du principe de parité viole le principe d’égalité, car il impose les mêmes responsabilités à des établissements publics et privés, alors que les contraintes qui pèsent sur eux ne sont pas les mêmes.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est toujours la même histoire – comme pour les cliniques privées et les hôpitaux publics : on charge la barque du public sans lui donner les moyens du privé, et on donne des moyens au privé sans lui imposer les mêmes contraintes qu’au public. (Protestations sur les bancs du groupe UMP.) Vous pouvez dire ce que vous voulez : c’est toujours la même chose, toujours le même débat ! Et vous le menez toujours au son de cette sempiternelle rengaine de la liberté dont M. Vanneste nous a abreuvés tout l’après-midi.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. C’est un mot qui vous révulse !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Parfaitement, monsieur Vanneste, il me révulse parfois !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Mais c’est l’un des deux piliers de la République ! En le critiquant, c’est la République que vous critiquez, et vous montrez ainsi que vous êtes un mauvais républicain !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Régis Juanico. Oh là là !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Vous devriez regarder devant vous plutôt que de vous indigner ainsi ! Oui, monsieur Vanneste, il me révulse quand c’est au nom de la liberté individuelle que des femmes demandent à porter la burqa (Approbation sur les bancs du groupe SRC),…</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Quelle caricature !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. …, cette burqa que vous allez probablement interdire dans l’espace public, mais qui sera autorisée dans les établissements privés que vous financez, au nom de la liberté religieuse !</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Bérengère Poletti. N’importe quoi !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Le voile est bien autorisé dans les établissements privés, madame !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Lamblin. Sous contrat ! Vous oubliez toujours cette précision !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Qui recrute les jeunes filles qui portent le voile et ne veulent plus fréquenter les établissements publics ?</p>
<p style="text-align: justify;">Cette croisade pour la liberté, nous vous voyons la mener depuis des années. Ce principe de parité est pour nous anticonstitutionnel et antirépublicain. Le seul principe qui compte, c’est le principe d’égalité des citoyens, et non de parité entre les groupes ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Ce sont les deux, et vous les refusez à l’enseignement privé !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Vous mélangez tout, monsieur Vanneste, et je suis heureux de ne pas être d’accord avec vous, étant donné les positions que vous avez prises dans cet hémicycle !</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Monsieur Vanneste, si vous continuez, je vais devoir accorder une minute supplémentaire à M. Glavany. Ce serait dommage !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Je n’en aurai pas besoin !</p>
<p style="text-align: justify;">C’est parce que nous sommes ancrés à ce principe républicain d’égalité – et non de parité – que nous ne pouvons accepter le dispositif que vous instaurez.</p>
<p style="text-align: justify;">Je l’ai dit tout à l’heure : nous ne faisons que reculer pour mieux sauter.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Non, nous avançons !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. En effet, nous sommes convaincus que ce texte ne résistera pas à l’épreuve des faits constitutionnels, qu’il fasse ou non l’objet d’un recours de la part de parlementaires : vous avez pris dans ce domaine une mesure dont nous nous réjouissons, et nous avons voté pour la loi qui l’applique.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs députés UMP. Chantage ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Non, c’est la réalité !</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons mis en place le principe de l’ouverture du recours constitutionnel à tous les citoyens qui estimeraient qu’une loi est anticonstitutionnelle. Ne vous faites aucune illusion : les recours sont prêts un peu partout à travers la France. Il ne s’agit aucunement d’un chantage. Faute de nous avoir entendus cet après-midi, vous serez confrontés à la fragilité de votre dispositif sur lequel nous serons obligés de revenir d’une manière ou d’une autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons perdu du temps – après tout, nous en avions perdu beaucoup auparavant –, et si nous vous avons convaincus de la nécessité de revenir sur le dispositif de 2004, nous ne vous avons pas convaincus d’abandonner ce satané principe de parité en faveur du principe d’égalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous voterons donc contre cette proposition de loi, prêts à poursuivre le débat avec vous. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Jacques Desallangre, pour cinq minutes, en application de l’alinéa 3 de l’article 54 du règlement, je le précise à l’attention de M. Vanneste.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Christian Vanneste. Merci, monsieur le président.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. La République joue contre son camp quand, dans le domaine de l’éducation nationale, elle aide le privé à concurrencer le public, en la circonstance aux frais des collectivités locales.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce texte est avant tout marqué par l’idéologie et nous ne vous en faisons pas grief. Nous ne vous reprochons pas de vouloir favoriser l’école privée mais de le faire au nom de l’égalité républicaine et de la liberté individuelle. Ce n’est pas la parité que vous nous proposez mais la reconnaissance positive de la disparité, avec prime au privé, prime à l’exode scolaire, prime à l’accentuation de la ghettoïsation. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pas la liberté de l’enseignement que l’on défend ; c’est la concurrence que l’on favorise et l’égalité entre les citoyens que l’on trahit. Le recours devant le Conseil constitutionnel, nous le déposerons, soyez-en sûrs.</p>
<p style="text-align: justify;">Attachés aux valeurs de la République, nous sommes opposés à ce texte dangereux pour la liberté de l’enseignement public. La seule école libre, rappelons-le, c’est l’école publique. C’est celle que l’on doit défendre avec conviction et c’est au nom de cette conviction que les députés de la gauche démocrate et républicaine voteront contre cette proposition de loi.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Yvan Lachaud.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yvan Lachaud. Le débat a peut-être été serein mais il nous a rappelé des idées dépassées et des caricatures archaïques stigmatisant la ségrégation et l’école réservée aux riches. Il faut avancer, mes chers collègues, et pour cela je vous invite à davantage visiter les établissements privés « sous contrat », mots que vous oubliez trop souvent.</p>
<p style="text-align: justify;">L’État se doit de vérifier que ces établissements respectent la mixité et la législation sur le port des signes distinctifs.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Ils ont leur caractère propre !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Yvan Lachaud. Il est de notre responsabilité d’y veiller et de dénoncer, s’il y a lieu, les manquements aux règles. Sur ce point, je vous rejoins.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais dépassons ces clivages et cessez de considérer ce type d’établissements avec le même prisme : il s’agit d’idées totalement irrecevables, en complet décalage avec la réalité du terrain.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est urgent de voter ce texte, pour plusieurs raisons.</p>
<p style="text-align: justify;">D’abord, il correspond à une forte attente de la part des maires, confrontés à des situations très complexes qui ont parfois donné lieu à des procès et abouti à des choses inacceptables, les préfectures ne sachant plus comment appliquer le texte en vigueur. Voilà un peu de liberté qui leur est donnée dans l’application de la législation.</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, il permettra aux établissements privés sous contrat de vivre normalement et aux parents de réaffirmer la liberté qui est la leur dans ce pays d’inscrire leurs enfants là où ils le souhaitent.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, monsieur le ministre, j’ajouterai que la clarification que vous avez apportée à propos de l’adossement des regroupements pédagogiques intercommunaux aux EPCI nous satisfait. Je vous remercie également d’être revenu sur la notion de fratrie : les décrets pourront ainsi prendre en compte la réalité vécue aujourd’hui par les familles monoparentales et recomposées.</p>
<p style="text-align: justify;">Je considère que nous avons assez débattu. C’est avec grand plaisir que le Nouveau Centre votera en faveur de cette proposition de loi.</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. La parole est à M. Jacques Grosperrin.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Grosperrin. J’aimerais tout d’abord répondre à M. Glavany : il n’y a rien d’idéologique dans cette proposition de loi. Il s’agit avant tout d’un texte pratique destiné à répondre aux inquiétudes des maires. (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. Ah bon !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Grosperrin. M. Glavany a sans doute fait un réquisitoire brillant…</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Bérengère Poletti. Même pas !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jean Glavany. On ne peut pas plaire à tout le monde !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Grosperrin. …où il a mêlé idéologie et burqa. Mais je ne suis pas certain que, ce faisant, il soit resté au cœur du sujet. Je ne suis pas certain non plus que ses propos sur l’égalité de l’investissement entre établissements publics et privés soient fondés.</p>
<p style="text-align: justify;">Le vote de cette proposition de loi mettra fin aux problèmes nés de l’application de la loi du 20 janvier 1985. Depuis vingt-quatre ans, les maires attendent une solution, il est important de le rappeler.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme M. le ministre l’a souligné tout à l’heure, il s’agit d’un compromis, et le décret qui suivra permettra de préciser certains points.</p>
<p style="text-align: justify;">Le ministre a également parlé d’apaisement. À cet égard, je tiens à rappeler à M. Glavany qu’en décembre 2008, son collègue, le sénateur Charasse, disait lui-même qu’il appelait de ses vœux un apaisement dans la question de l’école privée et publique.</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Desallangre. Il y contribue beaucoup, comme chacun sait !</p>
<p style="text-align: justify;">M. Jacques Grosperrin. Il ne faut pas oublier que les enfants qui vont à l’école, qu’elle soit privée ou publique, sont avant tout les enfants de la République.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s’agit d’un texte équilibré qui concerne au premier chef les maires de notre pays – M. Pélissard évoquait dix-huit maires de droite et dix-huit maires de gauche –, lesquels ne peuvent plus se contenter d’incantations. S’il y a consensus autour de la solution offerte par la proposition de loi, c’est d’abord parce qu’elle était très attendue. Outre qu’elle établit une plus grande sécurité juridique, elle respecte le libre choix et permet une stricte parité entre le public et le privé.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour toutes ces raisons, le groupe UMP votera pour. (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC.)</p>
<p style="text-align: justify;">Vote sur l&#8217;ensemble</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Je mets aux voix l&#8217;ensemble de la proposition de loi.</p>
<p style="text-align: justify;">(L&#8217;ensemble de la proposition de loi est adopté.)</p>
<p style="text-align: justify;">M. le président. Avant d’examiner, dans le cadre d’une séance prolongée, la proposition de loi tendant à permettre le recours au vote par voie électronique lors des élections des membres de conseils des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel, je suspends la séance pour cinq minutes.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2008-2009-extra2/20092014.asp#INTER_3" target="_blank">l&#8217;intégralité de débats</a></p>
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		<title>Y&#8217;a-t-il ou non en France un problème avec les médias ?</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Oct 2009 06:30:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<title>Quand le nouveau site de Ségolène Royal fait le &#171;&#160;buzz&#160;&#187; et que Pierre Desproges se rappelle à nous</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Sep 2009 15:50:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;actualité de la semaine a été en partie occupée par la sortie du nouveau site Désirs d&#8217;Avenir, de Ségolène Royal. Il faut dire que dame Ségolène avait fait une publicité colossale sur la sortie de son nouveau site en la couplant à sa réponse concernant un livre polémique sur le dernier congrès de Reims. J&#8217;ai moi-même tenté, à l&#8217;heure dite de me connecter sur le fameux site en étant incrédule devant l&#8217;aspect figé et d&#8217;un autre temps de la réalisation &#171;&#160;révolutionnaire&#160;&#187;. Je me suis dit que ce n&#8217;était pas possible, je n&#8217;étais pas le seul puisque tous les médias, les journaux ont parlé de cela. L&#8217;agence CB News en a même fait une place de choix dans son actu vidéo de la semaine en montrant une parodie d&#8217;un film, lui aussi dans l&#8217;actu (Apocalypse) qui était détourné pour parler de désirs d&#8217;avenir sous un regard caustique mais au combien marrant pour beaucoup de gens. C&#8217;est donc volontairement que je ne fais pas de liens, mes lecteurs besogneux taperont les bons mots clés dans google pour dénicher tout cela&#8230; A ma grande stupéfaction, cette vidéo a soulevé l&#8217;ire de certains esprits étriqués, pas nombreux je vous rassure, 3 exactement. Cela m&#8217;a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">L&#8217;actualité de la semaine a été en partie occupée par la sortie du nouveau site Désirs d&#8217;Avenir, de Ségolène Royal. Il faut dire que dame Ségolène avait fait une publicité colossale sur la sortie de son nouveau site en la couplant à sa réponse concernant un livre polémique sur le dernier congrès de Reims. J&#8217;ai moi-même tenté, à l&#8217;heure dite de me connecter sur le fameux site en étant incrédule devant l&#8217;aspect figé et d&#8217;un autre temps de la réalisation &laquo;&nbsp;révolutionnaire&nbsp;&raquo;. Je me suis dit que ce n&#8217;était pas possible, je n&#8217;étais pas le seul puisque tous les médias, les journaux ont parlé de cela. L&#8217;agence CB News en a même fait une place de choix dans son actu vidéo de la semaine en montrant une parodie d&#8217;un film, lui aussi dans l&#8217;actu (Apocalypse) qui était détourné pour parler de désirs d&#8217;avenir sous un regard caustique mais au combien marrant pour beaucoup de gens. C&#8217;est donc volontairement que je ne fais pas de liens, mes lecteurs besogneux taperont les bons mots clés dans google pour dénicher tout cela&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">A ma grande stupéfaction, cette vidéo a soulevé l&#8217;ire de certains esprits étriqués, pas nombreux je vous rassure, 3 exactement. Cela m&#8217;a par contre valu de nombreux témoignages de franche rigolade par des mails que j&#8217;ai reçu de personnes de toutes sensibilités et quelques commentaires savoureux, publiés ici mais effacés depuis. Je suis toujours étonné quand quelques personnes qui revendiquent un certain esprit critique sur la société, même une forme de capacité à &laquo;&nbsp;réfléchir&nbsp;&raquo; sont à ce point &laquo;&nbsp;choquées&nbsp;&raquo; de bout de films humoristiques qui sont fait sur le web. Il m&#8217;arrive d&#8217;attendre la même indignation de ces gens sur des sujets ô combien plus sérieux et sur lesquels j&#8217;ai pu écrire des billets autrement plus sérieux et significatifs, eux. Mais souvent rien ne vient.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme quoi l&#8217;indignation est à géométrie variable et bien souvent concentrée sur des sujets bassement puérils alors que sur des thèmes bien forts comme la <a href="http://www.yannickserrano.fr/?s=laicit%C3%A9" target="_blank">laïcité</a>, <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/07/30/letouffement-de-la-democratie-par-le-bas/" target="_blank">l&#8217;affaiblissement programmé de la démocratie</a>, <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/07/12/voiles-foulards-et-autres-artifices-une-question-degalite-de-laicite-et-de-citoyennete/" target="_blank">les tentatives de communautarisation de notre pays</a>, <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/05/15/toutes-les-libertes-passent-par-la-liberte-de-la-presse/" target="_blank">la mise au pas de la liberté de la presse</a>, <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/04/28/etes-vous-volontaires-pour-le-dimanche/" target="_blank">le travail du dimanche</a>, <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/04/22/la-censure-arrive-pour-les-blogueurs/" target="_blank">la censure qui pointe son nez sur le web</a> (tiens donc), <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/03/26/les-departements-rejettent-en-totalite-le-rapport-%C2%AB-balladur-%C2%BB/" target="_blank">la réforme des collectivités</a>, <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/03/06/urgence-pour-la-penitentiaire-un-girondin-fer-de-lance-des-debats-parlementaires/" target="_blank">la réforme pénitentiaire</a>, <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/02/14/les-visiteurs-du-soir/" target="_blank">la souffrance des gens au quotidien</a>, <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/01/30/petite-ou-grande-histoire-de-greves-et-de-manifestations/" target="_blank">le mouvement social</a> et tant d&#8217;autres&#8230; on voit beaucoup moins souvent (chez les mêmes?) une aussi forte capacité d&#8217;indignation, de protestation et de commentaire&#8230; Alors je ne parlerai même pas de la capacité de propositions.</p>
<p style="text-align: justify;">Allez, comme je suis beau joueur, je ne résiste pas à la tentation de vous montrer la vidéo de LCI qui a parfaitement couvert l&#8217;événement du site désirs d&#8217;avenir&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Soyez rassurés, je continuerai à écrire, à critiquer (au sens positif du terme), à proposer et à défendre sur des sujets forts dont je ne doute pas qu&#8217;ils seront &laquo;&nbsp;épluchés&nbsp;&raquo; dans les moindres détails.</p>
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		<title>Pour moi la France&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Sep 2009 08:57:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="510" height="421" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/xakjv7" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="510" height="421" src="http://www.dailymotion.com/swf/xakjv7" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object><em><a href="http://www.dailymotion.com/fr/channel/news"></a></em></div>
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		<title>A nos amis socialistes qui parlent de primaires sans savoir de quoi ils parlent</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Sep 2009 14:54:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour Jacques Claude, ancien membre des cabinets d&#8217;André Chandernagor, Ségolène Royal, Jean-Jack Queyranne et Alain Richard, et Fred Abram-Profeta, ancien secrétaire de la section PS de Boulogne-Billancourt, les primaires ouvertes existent déjà: il s&#8217;agit du premier tour de l&#8217;élection présidentielle. Il suffirait de renforcer constitutionnellement la logique bipartisane pour les rendre pleinement opérationnelles. Pour faire des primaires, il ne suffit pas de sauter sur sa chaise comme un cabri et crier « primaires, primaires, primaires » ! Il faut laisser au vestiaire les postures, les invectives et les menaces, faire cesser les divisions stériles, réfléchir un peu et travailler au programme. En incluant notamment le question des primaires. Nous ne sommes ni aux États-Unis, ni en Italie. Les primaires américaines appartiennent à l&#8217;histoire des Etats-Unis. Encore le modèle américain n&#8217;est-il pas parfait, en raison de sa diversité de régimes locaux et en raison du système des grands électeurs qui a permis à G.W. Bush d&#8217;être élu à la minorité absolue des citoyens. Des primaires à l&#8217;italienne auraient peut-être inversé le dernier résultat aux États-Unis. De plus, le système est loin d&#8217;avoir conduit à des succès, autre que d&#8217;estime. Il s&#8217;agit plus d&#8217;un avatar de la « combinazione » que d&#8217;un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Pour Jacques Claude, ancien membre des cabinets d&#8217;André Chandernagor, Ségolène Royal, Jean-Jack Queyranne et Alain Richard, et Fred Abram-Profeta, ancien secrétaire de la section PS de Boulogne-Billancourt, les primaires ouvertes existent déjà: il s&#8217;agit du premier tour de l&#8217;élection présidentielle. Il suffirait de renforcer constitutionnellement la logique bipartisane pour les rendre pleinement opérationnelles.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-844" title="dc2aebat-sur-les-primaires-au-ps" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/09/dc2aebat-sur-les-primaires-au-ps-300x174.jpg" alt="dc2aebat-sur-les-primaires-au-ps" width="300" height="174" />Pour faire des primaires, il ne suffit pas de sauter sur sa chaise comme un cabri et crier « primaires, primaires, primaires » ! Il faut laisser au vestiaire les postures, les invectives et les menaces, faire cesser les divisions stériles, réfléchir un peu et travailler au programme.<span id="more-836"></span> En incluant notamment le question des primaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous ne sommes ni aux États-Unis, ni en Italie.</p>
<p style="text-align: justify;">Les primaires américaines appartiennent à l&#8217;histoire des Etats-Unis. Encore le modèle américain n&#8217;est-il pas parfait, en raison de sa diversité  de régimes locaux et en raison du système des grands électeurs qui a permis à G.W. Bush d&#8217;être élu à la minorité absolue des citoyens.</p>
<p style="text-align: justify;">Des primaires à l&#8217;italienne auraient peut-être inversé le dernier résultat aux États-Unis. De plus, le système est loin d&#8217;avoir conduit à  des succès, autre que d&#8217;estime. Il s&#8217;agit plus d&#8217;un avatar de la « combinazione » que d&#8217;un système miraculeux. Même si cela peut ressembler à une sorte de progrès.</p>
<p style="text-align: justify;">En France, nous n&#8217;appliquons ni le régime présidentiel, ni le régime d&#8217;assemblées. Il ne faut pas se tromper de contexte, ou alors, il faut le dire !</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons essayé l&#8217;adhésion à 20 euros, sans que le succès ait été au rendez vous de leur initiateur, qui, ensuite, a voté la réforme incomplète voulue par le président Sarkozy. On nous propose maintenant le suffrage censitaire à 2 euros. Ambition, ou régression ?</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, la Ve république fait débat : si elle permet à l&#8217;exécutif de s&#8217;appuyer durablement sur une majorité parlementaire stable, elle ne répond plus à certaines exigences liées, soit à son propre fonctionnement, soit à l&#8217;évolution générale du pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, les modes de désignation des candidats se sont révélés critiquables , mais, du moins, étaient-il légitimes. En revanche, les primaires à l&#8217;italienne qui nous sont proposées, et qui se situent dans un contexte de structuration de l&#8217;offre politique et de nature du mandat différents n&#8217;auraient permis d&#8217;éviter ni le problème de 2002, ni celui de 2007.  Surtout, il n&#8217;interdirait en aucune façon, dans le futur, aux partis marginaux, au Front national ou au Modem de présenter leurs propres candidats, et ne garantirait en aucune façon le respect, le cas échéant, de leurs engagements par les alliés de l&#8217;ex gauche plurielle.</p>
<p style="text-align: justify;">La constitution et les lois électorales actuelles organisent les pouvoirs de façon à ce que soit proposé aux électeurs un choix binaire (deux candidats au second tour de la présidentielle ; règles d&#8217;élimination des marginaux dans les seconds tours des autres élections ; mécanismes inspirés du parlementarisme rationalisé afin de délimiter clairement majorité et opposition). Toutefois, la constitution, tout en confirmant le rôle des partis, ne va pas au bout de la logique bipartisane que confirme pourtant depuis 1914 la tradition politique française, qui laisse fluctuer de façon constante une droite et une gauche proches de l&#8217;équilibre à chaque scrutin national.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;élection majeure, en France, concerne le président de la république, qui se fait à deux tours. Le premier permet de choisir son camp et le second, d&#8217;éliminer, le cas échéant, la peste ou le choléra. La France en a fait l&#8217;amère expérience en 1969 et surtout en 2002. Renforcer le clivage entre la droite et la gauche permettrait d&#8217;atténuer des risques aussi différents que celui de la fragilisation des coalitions majoritaires par leurs propres minorités (ce que n&#8217;évite pas le système italien) ou que celui de l&#8217;absence d&#8217;alternance, qui nous guette.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;instauration de primaires au suffrage universel rétablirait la logique initiale du système : il faudrait dissocier le premier tour du second pour transformer le premier en véritables primaires, sans autrement modifier le second tour de l&#8217;élection au suffrage universel.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, le premier tour serait transformé en véritables primaires : les candidats s&#8217;inscriraient, soit au titre de la droite, soit au titre de la gauche à un scrutin au suffrage universel à un tour ayant pour objet de désigner les deux candidats restant en lice pour l&#8217;élection proprement dite.</p>
<p style="text-align: justify;">Rendre constitutionnelle cette nouvelle règle rendrait impossible le parasitage des « primaires à l&#8217;italienne », que l&#8217;on nous propose, par des électeurs pouvant parfaitement venir de l&#8217;autre bord pour imposer le pire des candidats.</p>
<p style="text-align: justify;">Le second tour, sans changement, et qui deviendrait un tour unique, institutionnaliserait ainsi le choix entre un candidat de droite et un candidat de gauche.</p>
<p style="text-align: justify;">La difficulté  de faire admettre l&#8217;inscription dans la constitution des notions de droite et de gauche, bien que consacrées par notre tradition, ne résulterait que de l&#8217;opposition de ceux qui prétendent ne se reconnaître ni dans l&#8217;une ni dans l&#8217;autre. Marginales, ces oppositions ne suffiraient pas à faire obstacle à une telle réforme car les électeurs et les grands partis y trouveraient un avantage : maintenant lors des primaires l&#8217;offre politique dans sa totalité, le choix serait laissé aux électeurs, dans chaque camp, entre les partis ou les personnes ; l&#8217;élection proprement dite départagerait des candidats clairement identifiés.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fait que, de surcroît, depuis l&#8217;apparition de Nicolas Sarkozy sur le devant de la scène, la droite s&#8217;affirme sans complexe comme étant de droite, lève l&#8217;hypothèque du confusionnisme ambiant qui précédait.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est évident que, faute d&#8217;avoir imaginé un tel dispositif avant la dernière réforme constitutionnelle et de l&#8217;avoir négocié à temps, ce qui aurait rendu l&#8217;ensemble du « paquet constitutionnel » unanimement acceptable, ce système n&#8217;est aujourd&#8217;hui pas réalisable. Encore faudrait-il en débattre dès aujourd&#8217;hui et l&#8217;inscrire dans le programme de la gauche, puis de gagner les élections et  de le mettre en œuvre dans la foulée.</p>
<p style="text-align: justify;">A cette condition préalable, peu importe le mécanisme à mettre en place maintenant pour désigner le candidat unique de la gauche (que fut plusieurs fois François Mitterrand et que fut Lionel Jospin au second tour des élections de 1995, sans aucune sorte de primaire), pourvu qu&#8217;il soit bon. L&#8217;essentiel est de gagner donc, de bâtir un programme sur des valeurs solides, incluant cette réforme de fond, seule démarche permettant de gagner la confiance de nos concitoyens davantage que d&#8217;entretenir leur insatisfaction.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, pour y parvenir, il faut mettre fin aux débats délétères, y compris sur la question des primaires, et faire bloc derrière la première secrétaire du Parti socialiste, et ne pas fragiliser davantage sa légitimité de chef de l&#8217;opposition.</p>
<h6 style="text-align: justify;"><em><a href="http://www.mediapart.fr/club/edition/article/280809/nos-amis-socialistes-qui-parlent-de-primaires-sans-savoir-de-quoi-ils-pa" target="_blank">source Médiapart</a></em></h6>
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		<title>Pour un candidat de toute la gauche</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2009 17:22:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Marie-Noëlle Lienemann]]></category>
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		<description><![CDATA[Cette tribune est co-signée de Marie-Noelle Lienemann et Paul Quilès. Elle  a été publiée samedi par Marianne. Poser aujourd’hui la question des primaires pour la désignation d’un candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012 peut sembler étrange, alors qu’à l’évidence, l’urgence est ailleurs. Comment ne pas voir en effet que Nicolas Sarkozy, en dépit de ses discours sur « rien se sera comme avant », poursuit dans la voie du libéralisme et de la mondialisation financière, en laissant les banques reprendre leurs mauvaises habitudes (bonus des traders, faibles crédits aux entreprises), en préparant la privatisation de la Poste, en réduisant le nombre d’enseignants, en laissant s’accélérer la désindustrialisation de la France ! Proposer une alternative de sortie de crise paraît certainement plus nécessaire à bon nombre de nos concitoyens que d’engager un débat sur l’opportunité de primaires au PS. Pour que cette question des primaires prenne tout son sens, elle doit procéder d’une réflexion plus large sur la stratégie que la gauche devrait mettre en œuvre pour gagner en 2012. Une telle démarche ne peut alors se concevoir que dans la perspective d’un accord global pour une majorité alternative (présidentielle, législatives, dynamique sociale…) et sur la base d’un projet, puis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Cette tribune est co-signée de Marie-Noelle Lienemann et Paul Quilès. Elle  a été publiée samedi par Marianne.<br />
</em></strong>
</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://www.gauche2012.org/images/stories/logos/Logocarre-facebook.jpg" alt="" width="272" height="223" />Poser aujourd’hui la question des primaires pour la désignation d’un candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012 peut sembler étrange, alors qu’à l’évidence, l’urgence est ailleurs. Comment ne pas voir en effet que Nicolas Sarkozy, en dépit de ses discours sur «  rien se sera comme avant », poursuit dans la voie du libéralisme et de la mondialisation financière, en laissant les banques reprendre leurs mauvaises habitudes (bonus des traders, faibles crédits aux entreprises), en préparant la privatisation de la Poste, en réduisant le nombre  d’enseignants, en laissant s’accélérer la désindustrialisation de la France ! Proposer une alternative de sortie de crise paraît certainement plus nécessaire à bon nombre de nos concitoyens que d’engager un débat sur l’opportunité de primaires au PS.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour que cette question des primaires prenne tout son sens, elle doit procéder d’une réflexion plus large sur la stratégie que la gauche devrait mettre en œuvre pour gagner en 2012. Une telle démarche ne peut alors se concevoir que dans la perspective d’un accord global pour une majorité alternative (présidentielle, législatives, dynamique sociale…) et sur la base d’un projet, puis d’un programme.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour cela, la première tâche est de clarifier le cap stratégique, dont on voit mal comment il ne pourrait pas être celui de l’unité de la gauche. Lors de son dernier congrès, le PS a arbitré dans cette direction, mais, pour enclencher une nouvelle étape de son rassemblement, les discours ne suffisent plus ; il faut des actes immédiats, afin de le préparer et d’éviter le retour aux vieilles tentations de l’alliance avec le centre.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut aussi éviter à tout prix de céder à la tentation de la présidentialisation de la vie politique française. Aucun candidat de gauche ne sera élu au sommet de l’Etat s’il n’est pas porté par un élan collectif, qui ne pourra se créer sans la constitution d’un nouveau Front populaire. Ce Front devra se constituer en respectant les différences qui subsistent au sein de la gauche française et donc en garantissant à ses différentes composantes une représentation politique, en particulier au Parlement, autour d’une nouvelle synthèse. Au vue de la crise et des besoins de changement, celle-ci ne saurait être à minima ; elle doit aussi concerner le monde syndical, associatif, bref la gauche vivante.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut en effet ne pas perdre de vue que le fond du projet et du programme, la vision d’avenir et les valeurs seront les clés du succès. S’ils ne se résument pas à quelques slogans et s’ils sont préparés collectivement, ils assureront un vrai rassemblement, mobilisateur pour la campagne électorale et ils engageront tout candidat.</p>
<p style="text-align: justify;">La désignation ne peut donc venir qu’à la fin d’un processus complet. Le candidat portera une dynamique, un message et des engagements, auxquels il ajoutera sa force personnelle. La question de la primaire ne se pose qu’en achèvement d’une stratégie, qui ne saurait se limiter à trouver le « bon » candidat censé sauver la gauche, encore moins à désigner le seul candidat socialiste. Elle ne peut non plus consister à copier des expériences étrangères, au demeurant peu probantes : la méthode italienne n’a pas été suffisante pour empêcher la défaite ; quant à la culture politique américaine, elle est très différente de celle de la France.</p>
<p style="text-align: justify;">L’histoire des élections présidentielles françaises nous enseigne que c’est toujours le camp le plus uni qui l’emporte. En 2012, il faudra présenter un projet collectif en phase avec les attentes du peuple de gauche, mais qu’aucune des forces en présence ne peut prétendre porter seule. Sans l’unité, il ne sera pas possible d’élaborer une nouvelle synthèse qui dépasse les vieux antagonismes, les rancœurs accumulées, les procès d’intention plus tournés vers le passé que vers l‘avenir. Sans l’unité, les Français demeureront dubitatifs sur la capacité de la gauche à gouverner et à transformer.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est dans cet esprit que nous proposons une démarche, soutenue par 900 militants, élus et responsables issus des diverses sensibilités de la gauche [1]. Cette démarche comporte:</p>
<p style="text-align: justify;">1)     La constitution d’un « Comité pour le rassemblement de la gauche », avec le même souci d’associer, au-delà des partis, toutes les forces qui s’engagent à gauche. Ce comité pourrait organiser immédiatement la « convergence » des gauches et des écologistes. Il préparerait des « Etats généraux de la gauche », dégageant des thèmes fondateurs en vue de la préparation d’une charte. La proposition de Martine Aubry de « maison commune » peut être un élément  de cette démarche, à condition qu’elle y associe très vite des personnalités syndicales, des clubs, des associations et des mouvements citoyens.</p>
<p style="text-align: justify;">2)     Cette « Charte pour l’élection présidentielle », à achever avant mi 2010, servirait de base à un accord pour les législatives, et pour le programme d’un candidat unique de la gauche à l’élection présidentielle.</p>
<p style="text-align: justify;">3)     L’organisation de primaires, où les militants des organisations signataires de la Charte seraient consultés, prendrait alors tout son sens. Bien entendu, il s’agit ici des adhérents appartenant aux structures (politiques syndicales, associatives) ayant concouru à la rédaction de la Charte. Nous refusons l’idée de faire appel au concept vague de sympathisant, dont l’engagement se limiterait à procéder à une sorte de zapping occasionnel entre des leaders. Cela contribuerait un peu plus à la dépolitisation ambiante, en rejetant ce qui fait la force de la gauche française : le débat d’idées, l’engagement politique, la fibre militante.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l’on veut sortir de la confusion et du désordre créés par la façon dont cette question des primaires est actuellement abordée, il faut être précis et dire :</p>
<p style="text-align: justify;">- que ces primaires doivent avoir pour objectif de désigner un candidat de toute la gauche et pas du seul PS ;</p>
<p style="text-align: justify;">- qu’elles doivent être préparées par un rassemblement de l’ensemble des forces vives de la gauche ;</p>
<p style="text-align: justify;">- que les votants de ces primaires doivent être engagés dès le début du processus et être membres des partis, associations, clubs, syndicats, constitutifs de ce nouveau Front populaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette démarche nous paraît aujourd’hui la seule voie sérieuse pour organiser la victoire de la gauche en 2012.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>[1]  voir le site <a title="http://www.gauche2012.org" href="http://www.facebook.com/note_redirect.php?note_id=146566709251&amp;h=a19f0b328b7f07b8a24e7913d9cf6200&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.gauche2012.org" target="_blank">www.gauche2012.org</a></em></strong></p>
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		<title>L&#8217;étouffement de la démocratie par le bas</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Jul 2009 20:58:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le moment semble venu pour le pouvoir sarkozyste et son bras armé l&#8217;UMP de limiter les contrepouvoirs détenus par les opposants politiques, le plus souvent socialistes. Comme la France n&#8217;est pas un pays où l&#8217;on puisse désormais installer un pouvoir autocratique avec aisance et que le français est un grognard par nature, le puissant Nicolas Sarkozy doit en passer par quelques stratagèmes afin de mettre en oeuvre son plan. Il dirige déjà le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif (voir l&#8217;épisode 5). Il s&#8217;apprête à &#171;&#160;reprendre en mains&#160;&#187; le pouvoir judiciaire (voir épisode 4 et là aussi) avec la réforme de la carte judiciaire et la fin annoncée du juge d&#8217;instruction. Il a la haute main sur les grands médias via ses amis proches qui possède de grands groupes de presse, via la chaîne de télévision affidée TF1, sa reprise en main du groupe France Télévision et la destruction programmée des rédactions régionales de France 3 qui sont un trop grand relais des mérites de collectivités territoriales et de leurs élus locaux (souvent de gauche) solidement ancrés dans la proximité citoyenne. Il met tranquillement en place la reprise en main des consciences et la mise à bas de l&#8217;éducation nationale [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-788" title="6a00fa96a53a4c00020110160b5b81860b-500pi" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/07/6a00fa96a53a4c00020110160b5b81860b-500pi-232x300.jpg" alt="6a00fa96a53a4c00020110160b5b81860b-500pi" width="232" height="300" />Le moment semble venu pour le pouvoir sarkozyste et son bras armé l&#8217;UMP de limiter les contrepouvoirs détenus par les opposants politiques, le plus souvent socialistes. Comme la France n&#8217;est pas un pays où l&#8217;on puisse désormais installer un pouvoir autocratique avec aisance et que le français est un grognard par nature, le puissant Nicolas Sarkozy doit en passer par quelques stratagèmes afin de mettre en oeuvre son plan.</p>
<p style="text-align: justify;">Il dirige déjà le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif (<a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/01/21/la-democratie-assassinee/" target="_blank">voir l&#8217;épisode 5</a>). Il s&#8217;apprête à &laquo;&nbsp;reprendre en mains&nbsp;&raquo; le pouvoir judiciaire (<a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/01/17/une-justice-aux-ordres/" target="_blank">voir épisode 4</a> et <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/01/06/la-fin-du-juge-dinstruction-decidee-par-nicolas-sarkozy-et-la-politisation-de-la-justice/" target="_blank">là aussi</a>) avec la réforme de la carte judiciaire et la fin annoncée du juge d&#8217;instruction. Il a la haute main sur les grands médias via ses amis proches qui possède de grands groupes de presse, via la chaîne de télévision affidée TF1, sa reprise en main du groupe France Télévision et la destruction programmée des rédactions régionales de France 3 qui sont un trop grand relais des mérites de collectivités territoriales et de leurs élus locaux (souvent de gauche) solidement ancrés dans la proximité citoyenne. Il met tranquillement en place la reprise en main des consciences et la mise à bas de l&#8217;éducation nationale sans plus d&#8217;écho médiatique (<a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/04/30/les-medias-nont-pas-encore-annonce-la-mort-de-la-laicite-francaise-assassinee-le-16-avril-2009-par-un-certain-nicolas-sarkozy/" target="_blank">voir épisode 6</a>).</p>
<p style="text-align: justify;">Nicolas 1er a annoncé et bien relayé une politique de relance que financent les collectivités territoriales mais cela n&#8217;est pas suffisant, il ne tient pas la haute main dessus et comme elles ne savent pas organiser une défense à la hauteur de l&#8217;enjeu en vantant leurs propres mérites, autant profiter de leur insuffisance stratégique. Nicolas Sarkozy s&#8217;apprête donc à écrire le prochain épisode de notre saga de mise au pas de la société française, la contre-révolution est bien en marche.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Episode 7 </strong></em></span>: Juste après le redécoupage électoral qui vient de signer qu&#8217;avec 48% de suffrages la droite gouvernera la France alors qu&#8217;il en faudra près de 52% à la gauche pour devenir majoritaire, il faut donc étouffer la démocratie de proximité qui a trop tendance à désigner des élus réfractaires au néoconservatisme. Ces élus locaux sont des freins à la nouvelle ampleur que Nicolas sarkozy souhaite donner à sa politique de mise à bas des services publics nationaux et territoriaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Après avoir avancé dans un premier temps la suppression des départements, le président de la république a reculé devant le tollé suscité et la parution de sondages démontrant largement l&#8217;attachement des français à cette structure territoriale essentielle en termes de services de proximité, de lien et de soutien aux communes ou multiples acteurs locaux. Qu&#8217;à cela ne tienne, Nicolas Sarkozy a endormi son monde et procèdera donc en plusieurs phases. Puisqu&#8217;on ne peut supprimer l&#8217;échelon aussi facilement, on va donc le dépecer en jouant sur la création des agglomérations aux pouvoirs largement renforcés et qui qui préempteront les missions et moyens des départements sur leur périmètre. Egalement on reverra habilement le découpage des cantons et la création des conseillers territoriaux finira progressivement d&#8217;éloigner les gêneurs des citoyens et de leur électorat. L&#8217;esprit est identique pour ce qui est de la suppression de la clause de compétence générale envisagée au prétexte d&#8217;éviter les financements croisés et le saupoudrage territorial.</p>
<p style="text-align: justify;">En la supprimant, malgré les prétextes avancés par la droite, on empêchera les départements d&#8217;intervenir dans des domaines qui ne font pas partie de leurs missions premières. Alors qu&#8217;il suffirait de revoir les compétences des collectivités et de désigner sur celles-ci un collectivité chef de file avec une conférence régionale et départemental des exécutifs, on lance en fait une vraie guerre politique. Après quelques années de ce régime, les petites mairies, les associations, les communautés de communes n&#8217;auront plus aucune raison de soutenir un échelon territorial réduit à la portion congrue et qui ne leur apportera plus rien&#8230; les citoyens quant à eux, auront fini de soutenir &laquo;&nbsp;moralement&nbsp;&raquo; cette institution devenue inutile et &laquo;&nbsp;coûteuse&nbsp;&raquo;&#8230; Problème, in fine le projet gouvernemental se heurte à la constitution qui imposerait une révision constitutionnelle devenue impossible par une majorité des 3/5èmes perdue par la droite du fait de large victoire de la gauche aux dernières élections sénatoriales. Mais Nicolas Sarkozy, pourrait décider d&#8217;en passer par référendum une fois le dépeçage des départements réalisés et donc leur inutilitée démontrée !&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">La suppression de quantité d&#8217;élus récalcitrants passera aussi par la création de conseillers territoriaux.Là aussi, Nicolas Sarkozy est malin. le projet faisait partie du programme de François Bayrou en 2007 et ainsi, il aura beaucoup de peine à s&#8217;opposer à ce projet, un de moins. On peut aussi dire que c&#8217;est une preuve ou disons un indice attestant de la droititude profonde du béarnais, malgré ses envolées lyriques aux accents gauchisants. Les conseillers territoriaux seraient renouvelés intégralement tous les six ans et rééligibles, alors qu’actuellement, les élus des départements sont aujourd’hui renouvelés de moitié tous les trois ans. Pour le moment, le flou règne sur le périmètre de leur circonscription élective, sur le redécoupage inévitable que cela imposerait sur les cantons restants, et sur le mode de scrutin visant à élire ensuite conseillers territoriaux et les conseillers généraux restants&#8230; Après le redécoupage de la carte actuelle des 4 000 cantons en nouvelles circonscriptions de 20 000 habitants, les conseillers généraux-territoriaux pourraient être élus au scrutin uninominal dans les zones rurales et au scrutin proportionnel de liste à un tour dans les zones urbaines. (je n&#8217;évoquerai même pas le caractère probablement inconstitutionnel d&#8217;une telle disposition, nous aurons très certainement l&#8217;occasion d&#8217;y revenir plus tard)</p>
<p style="text-align: justify;">Au passage, on notera que les conseillers territoriaux exerceraient &laquo;&nbsp;deux fonctions&nbsp;&raquo; mais un seul mandat !&#8230; Est-ce à dire qu&#8217;il ne devraient se consacrer à ce seul mandat ou qu&#8217;ils auraient la porte ouverte à l&#8217;exercice d&#8217;un deuxième-troisième mandat ?&#8230; Une chose est certains, la droite ne peut et ne veut se contenter d&#8217;attendre le moment où elle pourra &laquo;&nbsp;officiellement&nbsp;&raquo; supprimer les départements. Elle souhaite donc faire un tour de passe-passe démocratique en envisageant un mode de scrutin proportionnel à un tour qui lui permettrait de récupérer &laquo;&nbsp;sur tapis vert&nbsp;&raquo; la direction des exécutifs locaux&nbsp;&raquo;. Si j&#8217;osais, je dirais que c&#8217;est comme pour feu le projet de vins rosés obtenus par coupage&#8230; ça aurait la couleur de la démocratie, ça aurait aussi de prime abord le goût de la démocratie mais ce serait pourtant un véritable coup d&#8217;état démocratique ! mais on nous dira que le petit Nicolas n&#8217;a aucune tentation monarchique ou autoritaire&#8230; On nous caricaturera, nous socialistes en nous traitant d&#8217;archaïques&#8230; Pourtant il s&#8217;agira bien d&#8217;offrir ni plus ni moins le gâteau au parti du président. <em><a href="http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-ump-veut-supprimer-les-seconds-59528" target="_blank">(Lire sur ce point l’article d’Antoine Vielliard </a></em><em><a href="http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-ump-veut-supprimer-les-seconds-59528" target="_blank">UMP veut supprimer les seconds tours qu’elle perd&nbsp;&raquo;)</a></em></p>
<p style="text-align: justify;">Bref, seule demeurerait la clause de compétence des communes, pour épater la galerie et duper les &laquo;&nbsp;analphabètes&nbsp;&raquo;. La question de la fiscalité locale n&#8217;étant pas réglée concomitamment à toute réforme sérieuse des collectivités et étant entendu que la création ou le renforcement des intercommunalités en lien avec la création de supra-agglomérations supprimant quantité de communes au profit de &laquo;&nbsp;mairie d&#8217;arrondissements&nbsp;&raquo; aux compétences et moyens moindres, la clause de compétence générale des mairies restantes seraient de la pure &laquo;&nbsp;barbouzerie&nbsp;&raquo; construite pour endormir les maires et les citoyens peu avertis ! Sur l&#8217;intercommunalité en général, le projet fixe au 31 décembre 2011 l&#8217;achèvement de la carte de l&#8217;intercommunale et donne aussi aux préfets des pouvoirs accrus d&#8217;initiative&#8230; Il va bien falloir aux communes, et donc aux élus maires de chef-lieux d&#8217;intercommunalité de moyenne importance préparer cela pour éviter des surprises désagréables et résister à la future hyper-importance des métropoles (Libournais, Bassin d&#8217;Arcachon, Langonnais par exemple en Gironde)&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-weight: normal;">La collectivité nouvellement créée dite &laquo;&nbsp;métropole&nbsp;&raquo; dans les agglomérations de plus de 400 000 ou 500 000 habitants (exemple la Gironde et Bordeaux) remplacerait bien les départements et disperserait toute lisibilité de l&#8217;action publique, effacerait d&#8217;un coup tout accès simple pour le citoyen en terme de &laquo;&nbsp;guichet&nbsp;&raquo;. Ces métropoles seraient dotées, au minimum, de l’ensemble des compétences des conseils généraux et des communautés urbaines. On ne connaît pas encore, même si on en devine certains contours, le périmètre des métropoles. Prenons un cas d&#8217;espèce qui ne tienne pas compte de l&#8217;élargissement très probable de la CUB (exemple girondin). Un citoyen lambda qui résiderait sur la commune de Bègles et qui aujourd&#8217;hui est pris en charge socialement par sa commission locale d&#8217;insertion de secteur (dépendant du conseil général). Demain, il dépendrait de la CUB devenue métropole avec quels changements ? quelle prise en charge ?&#8230; Ce citoyen déménage pour habiter Créon. Où seront ses repères pour le suivi de son dossier social et son insertion ?&#8230; A moins que&#8230; Créon soit absorbée très prochainement par la CUB (oh pardon, la métropole bordelaise)&#8230;</span></strong></p>
<p><strong><span style="font-weight: normal;">Enfin, pour rester dans l&#8217;essentiel, l’avant projet de loi prévoit enfin un achèvement de la carte intercommunale d’ici au 1er janvier de l’année 2014 en facilitant un certain nombre de procédures de dissolution ou de fusion.</span></strong></p>
<div style="text-align: justify;">
<p>Face à ses enjeux essentiels pour l&#8217;avenir des collectivités, des associations, des citoyens et de toutes les forces vives les élus tentent de réagir, avec dispersion, manque de pédagogie citoyenne et un sens de la communication politique ou stratégique aléatoire. On peut le comprendre tant il s&#8217;agit d&#8217;une guerre à mener sur plusieurs fronts.</p>
<p>Il est nécessaire de redonner du mordant aux méthodes de militantisme et d&#8217;action politique nationale ou de proximité. Quelques élus ont compris la hauteur des enjeux, parmi eux, le maire de Créon, Jean-Marie Darmian, a su oser une méthode novatrice, participative et pleinement responsabilisante pour les citoyens. Ainsi, <a href="http://www.jeanmariedarmian.fr/?p=795" target="_blank">il a prévu d&#8217;organiser une conseil municipal extraordinaire le 6 août 2009 avec au menu l&#8217;organisation d&#8217;un référendum d&#8217;initiative locale sur la réforme des collectivités</a> (la loi permet cela mais les élus ne veulent, n&#8217;osent ou ne pensent à utiliser certains ressorts que la loi leur permet encore). Il interrogera donc directement les Créonnais sur leur souhait d&#8217;intégrer ou non la future métropole bordelaise. cela reviendrait dans la réalité à supprimer la commune de Créon telle que les créonnais la connaisse aujourd&#8217;hui. Il en serait fini, entre autre, de la proximité et les Créonnais pourraient ainsi se rendre au centre de Bordeaux pour espérer avoir l&#8217;écoute d&#8217;un élu ou d&#8217;un fonctionnaire local&#8230; Les Créonnais devraient donc voter le 18 octobre 2009 pour dire au Préfet et au gouvernement ce qu&#8217;ils veulent pour leur avenir. le scrutin n&#8217;aura pas valeur de décision mais la mobilisation qu&#8217;il suscitera, et son résultat, pourrait être un indicateur fort d&#8217;action pour les élus locaux ou nationaux et pour les collectivités (départements et régions) qui pourraient, sur ce modèle, avoir l&#8217;avantage de la plus pure expression démocratique pour faire pression sur un pouvoir de plus en plus autoritaire et autiste. Et en matière de &laquo;&nbsp;sondage&nbsp;&raquo;, cela aurait une autre ampleur qu&#8217;un sondage &laquo;&nbsp;opinionway&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<div id="attachment_787" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-787" title="&quot;salut sarkozy&quot;" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/07/6a00fa96a53a4c000201101650330b860c-500pi-300x208.jpg" alt="Curieuse expression de nicolas sarkozy, non ?..." width="300" height="208" /><p class="wp-caption-text">Curieuse expression de nicolas sarkozy, non ?...</p></div>
<p>Le projet de loi de réforme territoriale constituera évidemment un des grands rendez-vous politiques de la rentrée. Il porte en lui les germes d&#8217;un parti sectaire, largement antirépublicain (l&#8217;UMP) et qui veut offrir la république à une caste et au privé. Il partagera l&#8217;actualité avec d&#8217;autres régressions démocratiques programmées comme la suppression des juges d&#8217;instructions, l&#8217;atteinte majeure à la laïcité républicaine et la future privatisation de l&#8217;éducation à travers la <a href="http://www.laicite-laligue.org/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=1160&amp;Itemid=347" target="_blank">&laquo;&nbsp;Loi Carle&nbsp;&raquo;</a> (en septembre au parlement), la loi Hadopi II&#8230;</div>
<p style="text-align: justify;">Dans tous les cas, je crois que nous aurons malheureusement l&#8217;occasion de revenir sur tout cela pour écrire l&#8217;épisode 8 de notre saga de la contre-révolution sarkozyste ! Bonnes vacances et à très bientôt.</p>
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		<title>Henri Wéber répond à BHL</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jul 2009 07:07:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Henri Wéber publie aujourd&#8217;hui une lettre en réponse à Bernard-Henri Lévy qui souhaitait que le PS disparaisse. Après une lecture attentive, je trouve qu&#8217;elle doit être largement diffusée auprès des forces militantes. Je suis loin d&#8217;être en accord sur tous les points abordés par Henri Wéber mais je partage une large part du constat. Pour autant je m&#8217;inscris en complète opposition dès lors que notre camarade aborde le célèbre &#171;&#160;manifesto&#160;&#187; qui a été vendu par le PS au nez et à la barbe de militants qui n&#8217;ont jamais été appelés à se prononcer dessus, dans un processus inacceptable et opaque qui fait partie de ce qui étouffe largement le PS aujourd&#8217;hui et que les militants ne sont plus prêts à accepter. Il faudra nécessairement au PS affirmer son refus absolu de la conception libérale et purement marchande de l&#8217;Europe tout en offrant la perspective d&#8217;un assemblage européen garantissant une Europe des Peuples et des périmètres d&#8217;union à géométrie variable selon les sujets. Si je partage donc une part importante du constat et aussi le souhait-nécessité de &#171;&#160;refondation&#160;&#187; (terme approprié que j&#8217;ai utilisé largement ici), il va nous falloir oser affronter politiquement nos adversaires et assumer nos idées pour enfin mener [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Henri Wéber publie aujourd&#8217;hui une lettre en réponse à Bernard-Henri Lévy qui souhaitait que le PS disparaisse. Après une lecture attentive, je trouve qu&#8217;elle doit être largement diffusée auprès des forces militantes. Je suis loin d&#8217;être en accord sur tous les points abordés par Henri Wéber mais je partage une large part du constat. Pour autant je m&#8217;inscris en complète opposition dès lors que notre camarade aborde le célèbre &laquo;&nbsp;manifesto&nbsp;&raquo; qui a été vendu par le PS au nez et à la barbe de militants qui n&#8217;ont jamais été appelés à se prononcer dessus, dans un processus inacceptable et opaque qui fait partie de ce qui étouffe largement le PS aujourd&#8217;hui et que les militants ne sont plus prêts à accepter. Il faudra nécessairement au PS affirmer son refus absolu de la conception libérale et purement marchande de l&#8217;Europe tout en offrant la perspective d&#8217;un assemblage européen garantissant une Europe des Peuples et des périmètres d&#8217;union à géométrie variable selon les sujets.</p>
<p style="text-align: justify;">Si je partage donc une part importante du constat et aussi le souhait-nécessité de &laquo;&nbsp;refondation&nbsp;&raquo; (terme approprié que j&#8217;ai utilisé largement ici), il va nous falloir oser affronter politiquement nos adversaires et assumer nos idées pour enfin mener les combats politiques sur nos thèmes. J&#8217;en reparlerai prochainement&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><em><img class="alignleft" src="http://images.google.fr/url?source=imgres&amp;ct=img&amp;q=http://www.lexpress.fr/medias/233/1-ps-congres-weber_427.jpg&amp;usg=AFQjCNE8-v0BWccq5jmuN0-WSelETQyFOw" alt="" width="351" height="235" />&laquo;&nbsp;Comme on pouvait s&#8217;y attendre, la lourde défaite du Parti socialiste aux élections européennes a suscité en son sein, après un court délai de décence, un déchainement de critiques contre Martine Aubry, tandis que dans les médias retentissaient à nouveau les oraisons funèbres de la social-démocratie.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;Le PS se meurt, le PS est mort&nbsp;&raquo;, s&#8217;exclame, comme en 1993, comme en 2002, un chœur bigarré de fossoyeurs trop pressés. &laquo;&nbsp;Le PS est dans la situation du PC à la fin de années 70&#8243; diagnostique le docteur BHL. Reprenant la vieille idée fixe de Jean-François Kahn1, l&#8217;ex-nouveau philosophe invite le PS à se dissoudre. &laquo;&nbsp;Il doit disparaître au plus vite&nbsp;&raquo; clame-t-il dans le JDD du 19 juillet. Disparaître, riche idée! Mais pour mettre quoi à la place ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Jean-François Kahn proposait le MoDem, de François Bayrou. BHL, quant à lui, se dispensant de toute réponse. &laquo;&nbsp;La dialectique y pourvoira&nbsp;&raquo;,  écrit-il dans le JDD du 19 juillet 2009. La dialectique a bon dos, elle ne pourvoira à rien. Il est facile de rayer d&#8217;un trait de plume un parti séculaire, profondément enraciné dans l&#8217;histoire et dans la société française et sans lequel il n&#8217;y a pas d&#8217;alternance possible dans notre pays. Il est très difficile de construire un parti équivalent, les Verts en savent quelque chose. C&#8217;est un travail de Titan, qui exige des décennies. Dissoudre le PS n&#8217;arrangerait que ses adversaires de droite, qui disposeraient dès lors d&#8217;une longue rente de situation dans l&#8217;occupation du pouvoir.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L&#8217;assimilation  entre la crise d&#8217;agonie dans laquelle est entré le PCF à la fin des années 1970 et la crise de refondation que connait la social-démocratie européenne est grotesque.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les partis communistes ont sombré avec la disparition de l&#8217;URSS et du marxisme soviétique auxquels ils s&#8217;étaient identifiés. Ceux d&#8217;entre eux, tel le PC italien, qui ont su prendre à temps leurs distances et se rallier à la social-démocratie ont survécu.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ce naufrage n&#8217;a pas affecté la sociale démocratie. En atteste la vague rose des années 1996-1997, qui porta au pouvoir 13 partis socialistes sur 15 en Europe.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le socialisme démocratique s&#8217;est constitué à la fois contre le libéralisme économique -l&#8217;utopie délétère de la société de marché; et contre le totalitarisme léniniste- l&#8217;utopie meurtrière de la société parfaite.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les partis socialistes et sociaux-démocrates connaissent non pas une crise d&#8217;agonie, mais une crise de refondation, comme ils en ont  déjà subi et surmonté plusieurs dans leur longue et tumultueuse histoire.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ces partis avaient appris à maîtriser et à civiliser, au siècle dernier, un capitalisme national et industriel. Ils sont confrontés aujourd&#8217;hui à un capitalisme mondialisé et dominé par la finance. A une société fragmentée et vieillissante aussi, travaillée par un individualisme désormais désagrégateur.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les politiques publiques et les moyens d&#8217;action  qu&#8217;ils avaient mis en œuvre pendant un demi-siècle sont désormais de moins en moins efficaces. Voilà la raison profonde de la  crise de la social-démocratie européenne. S&#8217;y ajoute, en France, -circonstance considérablement aggravante !-, une crise de leadership qui perdure depuis 2002.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ces partis seront-ils capables de se donner les moyens théoriques, programmatiques, institutionnels de domestiquer et d&#8217;humaniser le nouveau capitalisme, comme ils ont su le faire en XXème siècle pour l&#8217;ancien ? De la réponse à cette question dépend leur avenir. Si elle est négative, comme le pensent (et l&#8217;espèrent) leurs adversaires et nombre de leurs prétendus amis, ces partis sont voués à un lent dépérissement, à l&#8217;instar, en France, de feu le Parti radical.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Mais on ne détruit que ce que l&#8217;on remplace. Ni les Verts, ni le PCF, ni le PG, ni les trotskystes, ne sont en mesure de se substituer, au PS, dans un avenir prévisible, comme principale force d&#8217;alternance et d&#8217;alternative.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Si, au contraire, la réponse est positive, comme je le crois, ces partis retrouveront un nouveau souffle. Ce qui rend les partis mortels, c&#8217;est leur inaptitude à s&#8217;adapter aux nouvelles conditions historiques de leur action, dans la fidélité à leurs valeurs et aux grands objectifs qui les incarnent.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les partis socialistes disposent de suffisamment de ressources humaines et de pragmatisme pour savoir rebondir. C&#8217;est le secret de leur longévité : le benjamin de la famille -le PS français- a 105 ans, le vétéran -le SPD allemand, plus de 130 ! </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Tous les partis socialistes d&#8217;Europe sont à la recherche de nouvelles voies. L&#8217;échec de la &laquo;&nbsp;troisième voie&nbsp;&raquo; blairiste exige de réorienter, mais non d&#8217;interrompre leurs efforts.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Il ne faut pas liquider le PS, mais le refonder : rénover ses idées, son projet, son programme, son organisation, ses pratiques. C&#8217;est à cela que s&#8217;est attelée courageusement Martine Aubry. C&#8217;est pour cela que nous la soutenons.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Que nous recommande, pour sa part,  BHL pour régénérer la gauche ? &laquo;&nbsp;De renouer avec l&#8217;essentiel&nbsp;&raquo;, répond-il dans le JDD, c&#8217;est-à-dire avec &laquo;&nbsp;trois grands refus : l&#8217;antifascisme, l&#8217;anticolonialisme, l&#8217;anti totalitarisme.&nbsp;&raquo; On croit rêver !</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le monde subit la crise économique, sociale, écologique la plus grave que le capitalisme ait connu depuis 1929, le chômage et le travail précaire explosent, le réchauffement climatique approche un point de non retour, et BHL nous exhorte à renouer avec l&#8217;antifascisme, l&#8217;anti colonialisme, l&#8217;anti totalitarisme ! Plutôt que de renouer des liens qui ne sont pas rompus, efforçons-nous de répondre aux préoccupations et aux aspirations des Français plongés dans la tourmente, et, en particulier, à celles des classes populaires et des classes moyennes.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les partis socialistes doivent d&#8217;abord préciser et populariser leur stratégie de sortie de crise : Plan de relance, bouclier social, économie verte. Ils doivent élaborer une réforme en profondeur de l&#8217;économie et de la société internationales pour que pareil désastre ne se reproduise plus. Ils doivent parachever la synthèse entre la doctrine social-démocrate et l&#8217;apport de l&#8217;écologie politique, du féminisme, de l&#8217;individualisme culturel. Ils doivent promouvoir un nouvel internationalisme, car aucun des nouveaux défis qui nous assaillent n&#8217;a de solution au niveau national. Ce nouvel internationalisme s&#8217;incarne d&#8217;abord dans la relance et la réorientation de la construction européenne. Faire de l&#8217;Europe la première démocratie économique, écologique et sociale du monde, creuset d&#8217;une nouvelle Renaissance et levier d&#8217;une autre mondialisation : voilà l&#8217;utopie réaliste que les socialistes européens proposent à leurs peuples.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Cette Europe volontaire sera nécessairement une Europe différenciée : les Etats qui veulent aller  plus loin et plus vite pour mettre en œuvre des politiques communes doivent pouvoir le faire. Ainsi réorientée, l&#8217;Union européenne pourra jouer un rôle primordial dans l&#8217;amélioration de la gouvernance mondiale et l&#8217;institution d&#8217;une nouvelle régulation du capitalisme. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les éléments du nouveau programme socialiste sont en gestation depuis dix ans. Ils ont pour nom : l&#8217;Etat social préventif, la sécurisation des parcours professionnels, l&#8217;économie verte, la transition vers la société de la Connaissance, la démocratie sociale et participative, l&#8217;accès de tous à l&#8217;Education et à la Culture, l&#8217;Europe-puissance, la mondialisation maîtrisée et solidaire&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Trois refondations</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ce qui me rend optimiste, malgré la dureté des temps, sur les capacités de rebond des partis socialistes, c&#8217;est l&#8217;histoire de leur mouvement. Celle-ci permet  de déceler au moins trois refondations:</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>▪ Les partis socialistes étaient initialement des partis ouvriers révolutionnaires, regroupés au sein de la IIème Internationale marxiste. Ils ont connu une première refondation dans les années 20 et 30 du siècle dernier, en réalisant la synthèse entre le libéralisme politique, le mouvement démocratique et la critique socialiste du capitalisme.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ils ont alors renoncé au recours à la violence, fût-elle de masse,  comme méthode de conquête du pouvoir et se sont ralliés à l&#8217;Etat de droit et au Parlementarisme, au prix de la scission communiste. Obtempérant à l&#8217;exhortation du grand Bernstein, ils ont osé paraître ce qu&#8217;ils étaient : des grands partis démocratiques de réforme sociale.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>▪ Ils ont connu une seconde refondation, dans les années 50 et 60, mais dans les années 30 pour les Scandinaves, en rompant avec le collectivisme et en se ralliant à l&#8217;économie sociale de marché. Ils ont admis que, sous certaines conditions, les forces du marché et de la libre entreprise pouvaient être mises au service du progrès économique, social, culturel, démocratique. Ces conditions  sont l&#8217;existence d&#8217;un Etat démocratique avancé et celle d&#8217;une organisation puissante du mouvement ouvrier, politique, associatif et syndical. Les partis socialistes sont alors devenus des grands partis populaires de gouvernement, exerçant régulièrement le pouvoir. Ils ont cessé d&#8217;être des partis de classe pour devenir des &laquo;&nbsp;partis du peuple tout entier&nbsp;&raquo;, agissant sur la société au moyen de l&#8217;appareil d&#8217;Etat.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>▪ Ces partis sont engagés aujourd&#8217;hui dans une troisième refondation. Confrontés à la mondialisation capitaliste, ils doivent se constituer eux-mêmes en force transnationale, soucieuse de représenter et de défendre les intérêts et les aspirations des salariés européens, par delà leurs appartenances nationales. Ils doivent élaborer un programme, une stratégie une organisation, d&#8217;emblée à l&#8217;échelle continentale. L&#8217;adoption d&#8217;un  programme social européen les 7 et 8 décembre 2006 à Porto2, constitue un premier pas dans ce sens. Celle du Manifesto, adopté le 1er décembre 2008 à Madrid, à<br />
l&#8217;occasion de l&#8217;élection européenne, en représente un second. Mais, dans ce domaine,  l&#8217;essentiel reste à faire.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Confrontés au réchauffement climatique, à l&#8217;épuisement progressif des énergies fossiles, aux pollutions de l&#8217;eau, des terres, de l&#8217;air, à la déforestation et à l&#8217;appauvrissement de la biodiversité, les socialistes doivent intégrer à leur corps de doctrine et à leur programme l&#8217;apport de l&#8217;écologie politique. Ils doivent devenir des partis éco-socialistes réalisant la synthèse entre la sensibilité sociale de la social-démocratie et les préoccupations<br />
environnementales des écologistes.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Confrontés au nouvel âge de la démocratie dans lequel nous sommes entrés : démocratie médiatique et sondagière, mais aussi individualiste, sceptique et hyper marchande, les partis socialistes doivent transformer leur mode d&#8217;organisation et leur méthode d&#8217;action. Plus éduqués, mieux informés, les citoyens modernes ne sont plus disposés à donner carte blanche à leurs représentants pendant 5 ans. Ils aspirent à être davantage impliqués, associés aux décisions qui les concernent. La gauche a beaucoup œuvré, au siècle dernier, pour promouvoir la démocratie sociale. Elle doit instituer désormais<br />
la démocratie participative. </em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La social-démocratie européenne, et en son sein le Parti socialiste français, sauront mener à bien cette troisième refondation. Ils en ont les ressources et la volonté. Tout le reste n&#8217;est qu&#8217;affaire de temps, car les causes de la crise de la social-démocratie contemporaine sont plus faciles à énoncer qu&#8217;à surmonter, les réponses plus faciles à exposer qu&#8217;à mettre en œuvre. Raison de plus pour ne pas perdre de temps.&nbsp;&raquo;</em></p>
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		<title>&#171;&#160;La stratégie de Martine Aubry est de fond de court et elle est la bonne&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Jul 2009 07:41:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je vous recommande avec intérêt l&#8217;interview donnée par Alain Rousset, député et président socialiste du conseil régional d&#8217;Aquitaine donnée à Aqui.fr Dans l&#8217;interview exclusive accordée à aqui.fr, Alain Rousset, avant la pause des vacances, défend son bilan et revendique pour l&#8217;Aquitaine le titre &#171;&#160;d&#8217;éco-région&#160;&#187;. Autant dire qu&#8217;il croit possible de renouveler avec les écologistes, en mars 2010, l&#8217;accord passé en 2004 avec les Verts. Et ceci, dès le premier tour des élections régionales où il souhaite une liste de rassemblement de la gauche. Mais, le président de l&#8217;Association des Régions de France, l&#8217;ARF, n&#8217;élude pas la question des divisions au sein du PS, persuadé que les électeurs sauront faire la différence entre les jeux de pouvoirs et le pragmatisme des élus locaux. Il redit, enfin, son opposition à la réforme Balladur et au projet de Nicolas Sarkozy dont il se demande s&#8217;il n&#8217;entend pas siffler &#171;&#160;la fin de partie de la décentralisation&#160;&#187;. @qui ! : En 2004 vous avez choisi d’intégrer largement les Verts au sein de votre liste, leur avez confié plusieurs postes de responsabilité. Six ans plus tard, les écologistes dopés par leur résultat aux européennes, disent vouloir partir, seuls, à la bataille électorale de mars 2.010. Peut-il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je vous recommande avec intérêt l&#8217;interview donnée par Alain Rousset, député et président socialiste du conseil régional d&#8217;Aquitaine donnée à <a href="http://www.aqui.fr/politiques/interview-alain-rousset-president-du-conseil-regional-d-aquitaine-je-souhaite-une-liste-de-rassemblement-de-la-gauche-des-le-premier-tour-des-elections-regionales,2253.html" target="_blank">Aqui.fr</a></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<div class="mceTemp">
<dl class="wp-caption alignleft" style="width: 270px;">
<dt class="wp-caption-dt"><em> </em><em><img title="Alain Rousset, président du Conseil Régional dAquitaine" src="http://www.aqui.fr/bib/article/images/A_2253_1.jpg" alt="Alain Rousset, président du Conseil Régional dAquitaine" width="260" height="260" /></em></dt>
</dl>
</div>
<p>Dans l&#8217;interview exclusive accordée à aqui.fr, Alain Rousset, avant la pause des vacances, défend son bilan et revendique pour l&#8217;Aquitaine le titre &laquo;&nbsp;d&#8217;éco-région&nbsp;&raquo;. Autant dire qu&#8217;il croit possible de renouveler avec les écologistes, en mars 2010, l&#8217;accord passé en 2004 avec les Verts. Et ceci, dès le premier tour des élections régionales où il souhaite une liste de rassemblement de la gauche. Mais, le président de l&#8217;Association des Régions de France, l&#8217;ARF, n&#8217;élude pas la question des divisions au sein du PS, persuadé que les électeurs sauront faire la différence entre les jeux de pouvoirs et le pragmatisme des élus locaux. Il redit, enfin, son opposition à la réforme Balladur et au projet de Nicolas Sarkozy dont il se demande s&#8217;il n&#8217;entend pas siffler &laquo;&nbsp;la fin de partie de la décentralisation&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>@qui ! : En 2004 vous avez choisi d’intégrer largement les Verts au sein de votre liste, leur avez confié plusieurs postes de responsabilité. Six ans plus tard, les écologistes dopés par leur résultat aux européennes, disent vouloir partir, seuls, à la bataille électorale de mars 2.010. Peut-il y avoir une exception, en Aquitaine ?<br />
Alain Rousset : Je le souhaite, et je le souhaite dès le premier tour. Le défi sur le plan purement électoral est d’arriver en tête dès le premier tour; je le souhaite pour l’Aquitaine et son avenir, pour la majorité en place aujourd’hui, pour les écologistes aussi. Le travail que nous avons mené depuis près de six ans est assez exceptionnel : plus de 46 % des actions de la région peuvent être étiquetées et validées « développement durable. » A l’évidence, il y a eu un vrai et fort partenariat politique. Les Verts ont géré trois grands secteurs : la formation permanente avec Jean-Pierre Dufour, le développement durable avec Rose Marie Schmitt, l’économie sociale et solidaire avec Jean Lissar.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@! : Des responsables qui se sont plu dans ses responsabilités…<br />
A.R : Oui, nous avons réalisé un vrai travail d’équipe</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>L’Aquitaine dans le trio de tête pour le ferroviaire</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@! : Il y a eu des débats aussi, et parfois vifs ?<br />
A.R. : Oui, des débats, des discussions, des confrontations, des échanges. Ce que souhaitent les Verts mais aussi les électeurs et les militants du parti socialiste, c’est que nous puissions co-élaborer une politique sans hégémonie. Si c’était le cas, cela voudrait dire qu’il y a des prétentions intellectuelles, des certitudes. La vie publique nous a appris à essayer de les éliminer. Il faut avoir des convictions; des certitudes, non.<br />
En tout cas, l’Aquitaine est résolument orientée vers une éco-région. Je viens de signer avec Guillaume Pépy une convention passée avec la SNCF pour une durée de dix ans. Elle place l’usager au cœur de la problématique des transports, ce qui va bouleverser et transformer les relations entre les différentes villes de l’Aquitaine. Le train doit être le véhicule, l’élément de mobilité essentiel. Notre région est dans le trio de tête des régions françaises pour le développement du transport ferroviaire : + 42% en sept ans, 240 millions d’euros investis dans le matériel ! L’année prochaine tout le matériel ferroviaire sera ou neuf ou rénové ; il avait 25 ans d’âge en 2002…</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Nous allons engager un chantier ferroviaire colossal à l’échelle d&#8217;une région de l’ordre de 2 milliards 500 millions d’euros en valeur d’aujourd’hui, soit deux années et demi de la totalité du budget de la région dans les dix ans qui viennent : un milliard 140 millions de dépenses pour le service ferroviaire, 600 millions pour la LGV, 500 millions pour le plan rail, 400 millions d’euros pour le matériel neuf. Et, tout cela, au bénéfice des Aquitains, de leurs déplacements, de leur mobilité avec un mode de transport respectueux de l’environnement.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>LGV : le Conseil régional se portera garant</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@! : Le premier ministre vous a écrit, vous demandant, pour la Ligne à Grande Vitesse, la LGV, de vous porter garant du cofinancement des collectivités locales. Qu’allez vous faire ?<br />
A.R. : C’est le monde à l’envers, c’est le constat de la carence de l’Etat, mais le conseil régional va se porter garant. Je me suis trop battu pour ce bouleversement des transports collectifs pour ne pas foncer. Mais il faudra des contreparties : dans le plan rail de régénération de nos voies ferroviaires, il faut que l’Etat soit présent. Je sais que j’aurai la confiance des Aquitains.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@ ! : Puisque nous parlons du rail qu’en est-il de ce dossier si symbolique de la ligne Pau-Canfranc, de sa réouverture qui était une demande particulièrement insistante de la part des Verts lors de la campagne de 2004 ? Le chemin parcouru, depuis lors, est modeste&#8230;<br />
A.R : Le chemin est trop long pour moi, même s’il faut faire preuve d’une obstination sans faille pour aboutir à cette réouverture. L’Etat, Réseau Ferré de France, la SNCF, jusqu’à une période récente, n’y croyaient pas. J’ai réussi à convaincre le président de la SNCF de se rendre sur place, j’ai apprécié sa venue, son soutien. Cette ligne est non seulement importante pour le fret mais aussi pour les voyageurs. C’est la ligne Bordeaux Saragosse, c’est la troisième ligne qui traverse les Pyrénées. Vous n’avez pas en Europe une frontière qui soit aussi peu desservie par le chemin de fer. Imaginons demain : les Bordelais prennent le train et se retrouvent dans les stations de skis au-dessus du Somport, en descendant à la gare de Canfranc. Imaginons qu’au lieu d’être transportées par des centaines de camions qui traversent la vallée d’Aspe, vallée fragile qu’il faut préserver à tout prix, les marchandises puissent prendre le train… Cette ligne c’est à la fois préserver une des plus belles vallées des Pyrénées, c’est faire, aussi, l’Europe entre la France et l’Espagne,<br />
Aujourd’hui, la région finance, seule, les travaux ; elle a financé les études; on précise maintenant les conditions de la réouverture. Le coût est de l’ordre de 250 à 300 millions d’euros. J’ai demandé le défrichage de la ligne jusqu’à Bedous. Dans les mois qui viennentn les travaux de dépose de la voie ancienne vont s’engager; nous négocions, avec l’Etat, le problème des passages à niveau entre Oloron et Bedous.</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>L’autoroute Pau-Bordeaux respecte la biodiversité</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@ ! : Et l’autoroute A 65, Pau-Bordeaux, ? C’est un autre dossier sensible qui a déplu aux Verts, surtout depuis que le Grenelle de l’Environnement a mis un feu rouge à la construction d’autoroutes nouvelles.<br />
A.R. : Aujourd’hui, il n’y a que très peu d’opposants à l’autoroute Bordeaux-Pau. D’abord, parce qu’elle était nécessaire pour des raisons de sécurité, de mobilité et paradoxalement …des raisons d’environnement. L’alternative des opposants c’était une route à deux fois deux voies sur le site existant. Elle était infinançable avant 40 ans et entraînait des risques de pollution plus importants : le temps de trajet était supérieur d’une heure, des risques très importants existaient pour la biodiversité.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@ ! : Pourquoi ? C’est l’inverse non ?<br />
A.R. : Une autoroute répond à des exigences environnementales, des réglementations précises pour la circulation de l’eau, la préservation du biotope. En échange de l’espace occupé pour l’autoroute le concessionnaire a dû mettre en place un espace protégé équivalent. Et puis, L’Aquitaine ne pouvait pas se permettre de garder une route départementale entre sa capitale et sa deuxième ville. J’ai reçu, enfin, trop de lettres de parents dont les enfants ont été tués sur cette route à cause des dangers qu’elle fait courir et de l’insécurité majeure qu’elle représente. Quant au gain de temps, plus d’une heure sur le trajet c’est de la pollution en moins.<br />
Dois-je rappeler qu’en 1998 le dossier n’existait pas ?<br />
Les deux chantiers que nous avons lancés, dans les deux mois qui ont suivi notre arrivée à la présidence, sont essentiels pour le désenclavement de l’Aquitaine : la déviation d’Aire sur L’Adour et donc l’autoroute Bordeaux-Pau, le pont ferroviaire sur la Garonne à Bordeaux et la suppression du bouchon ferroviaire et donc la Ligne à Grande Vitesse. Ces deux décisions permettent à L’Aquitaine de pouvoir rattraper son retard en matière d’infrastructures.</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>La stratégie de Martine Aubry est de fond de court</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@ ! : Quand vous considérez le résultat du PS aux Européennes, son échec, et le jeu des ambitions à la tête de celui-ci, vous ne vous dites pas que le contraste est saisissant avec les responsables des collectivités locales ou territoriales que vous êtes. Est-ce à dire que par exemple vous saurez mieux mobiliser l’électorat socialiste pour les régionales malgré la situation de votre parti, ses divisions ?<br />
A. R. : Je redis que je souhaite, au premier tour, une liste de rassemblement de la gauche. Une liste ouverte ; il y a des personnalités dans notre Aquitaine qui ont envie de prendre des responsabilités, qui ont de l’expérience, des réseaux et peuvent, avec les responsables politiques, créer une équipe exceptionnelle.<br />
Le PS demeure une force incontournable pour l’avenir de notre pays. Je ne sais pas prononcer de petites phrases qui mettent en cause les uns et les autres. Mais ça signifie pas que le parti socialiste n’a pas d’énormes carences aujourd’hui, notamment quant à son analyse de la société, d’ouverture, de réponse à la façon insensée de faire, au sens propre du terme, et totalement vibrionnante du président de la république.<br />
La stratégie de Martine Aubry est une stratégie de fond de court ; elle est la bonne. On ne va pas passer d’une génération à une autre au sein du PS, du jour au lendemain.</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Nous gérons les collectivités avec pragmatisme</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@! : Fond de court dites-vous, mais les électeurs, eux, ne sont pas au rendez vous&#8230;<br />
A.R. : Aujourd’hui, nos concitoyens ont confiance dans la façon dont nous gérons, avec conviction et pragmatisme, les collectivités locales. Ce n’est pas un dialogue idéologique, une mise en cause permanente chaque jour. La force de la réalité l’emporte, qu’il s’agisse de celui qui crée une entreprise ou de celui qui souffre du chômage; la gauche a pris des initiatives que personne n’aurait prise : gratuité des fournitures scolaires, logement des jeunes, aides aux transports et à la mobilité, revenu social de formation pour les jeunes qui, sortant sans qualification du système scolaire, n’avaient pas droit à une rémunération…Tout cela, les régions l’ont fait, l’Aquitaine l’a fait. C’est un collaborateur des services du Conseil régional qui a permis, en 2004, d’écrire dans le règlement européen, la possibilité pour les régions françaises d’aider l’innovation, ce que l’Etat français refusait et que toutes les régions européennes font.<br />
Il y a aujourd’hui dans ce jacobinisme exacerbé de Nicolas Sarkozy et, en même temps, cette mise en faillite de l’Etat, un constat de carence que le verbe ne pourra pas cacher longtemps.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@! : Mais quand même vous n’êtes pas las, les Rousset, les Malvy, les Collomb, de ces jeux de pouvoirs à la tête du PS ? Valls candidat à la candidature avec quelle légitimité ? A-t-il plus de légitimité qu’Alain Rousset ? Après tout pourquoi pas vous ?<br />
A.R. : Je dirai, avec le maximum d’humour, pourquoi pas ? Ce qui m’importe, c’est de préparer une campagne pour l’élection à la Région Aquitaine, en donnant le plus de sens possible et de créativité à un projet qui apporte à la fois l’innovation, la solidarité et l’écologie.</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Xavier Darcos ? Cela ne va pas être simple pour lui</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@! : Votre adversaire, Xavier Darcos est un ministre important. Pensez vous qu’il va faire campagne en défendant le projet de réforme des collectivités de Nicolas Sarkozy ?<br />
A.R. : Cela ne va pas être simple pour lui. Je crois d’ailleurs qu’on ne peut pas être président d’une région comme celle-ci en ayant son esprit, sa pensée, son temps d’action dans un ministère .<br />
L’enjeu d’une présidence de Conseil régional, c’est d’être impliqué à 100% dans l’action… régionale. C’est de connaître et comprendre les dossiers de l’Aquitaine, d’avoir cette liberté de penser, d’agir qui font que l’on n’est pas dépendant d’une idéologie, d’un homme. De Nicolas Sarkozy.</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avec Nicolas Sarkozy la décentralisation joue peut être une fin de partie</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@! : Si l’on en croit le discours présidentiel de Versailles, la réforme des collectivités territoriales, suite aux travaux de la commission Balladur, sera bien mise en oeuvre. En septembre, on connaîtra le projet de loi même si le Sénat continue à être réticent.<br />
A.R. : Les Régions qui ont des compétences d’avenir sont très inquiètes. Ce n’est pas une réforme mais une régression, une recentralisation, à tel point que l’on peut se poser la question se savoir si la décentralisation ne joue pas, dans les années qui viennent, avec Nicolas Sarkozy, une fin de partie. Recentralisation sur la formation professionnelle, sur le budget des collectivités, impacté par les grands chantiers que l’Etat ne peut plus financer : les campus universitaires, les Lignes à Grande Vitesses, par exemple.</em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Un mauvais coup porté à la démocratie</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@! : Mais peut-être va-t-on retirer aux collectivités que sont la région et le département des moyens que l’on va redonner aux grandes agglomérations ?<br />
A.R. : A finances locales équivalentes, c’est sur les services publics délégués aux collectivités, c’est à dire les lycées, les transports ferroviaires régionaux, les collèges, l’action sociale, qu’il faudra trouver le moyen de financer ce que l’Etat par ses cadeaux fiscaux aux plus riches, ne peut plus financer. Et puis, dans cette réforme, se profile une régression extraordinaire, à l’opposé du souhait affirmé de clarifier les compétences des uns et des autres : région, département, communes. C’est le cumul, critiquable, entre les fonctions de conseiller général et de conseiller régional. Le conseiller territorial s’il voit le jour portera des compétences totalement différentes du département ( équipement local, solidarité) et de la région ( innovation, formation, recherche).</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>@! : L’argument des économies souvent avancé n’a-t-il pas de sens ?<br />
A.R. : Je ne sais pas où veut en venir, si ce n’est les arrières pensées, grosses comme le bras, du président de la République car les régions ou les départements sont à gauche… Les économies proposées alors que les élus départementaux et régionaux ne représentent qu’un pour cent des élus de France, ne sont qu’un prétexte<br />
A n’en pas douter, le contre pouvoir démocratique porté par nos collectivités sera amoindri. Comment ferons-nous pour aller, dès lors, dans tous les lieux où s’exprime la démocratie participative, où les élus doivent être présents ? Je ne cite que les conseils d’administration des collèges et des lycées. En diminuant le nombre, déjà faible, d’élus régionaux et départementaux, comment connaître au plus près les besoins de la population ? Cette réforme est une régression. Elle va à contre courant de l’évolution que tous les pays européens connaissent; c’est un mauvais coup porté à la démocratie, au développement, à la régénération du politique dans la vie d’une société.</em></p>
<h6 style="text-align: justify;"><em>Propos recueillis par Joël Aubert </em></h6></p>
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		<title>Le réchauffement climatique sonne-t-il la fin des terroirs viticoles  et demain du goût Bordeaux ?</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Jul 2009 12:10:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le réchauffement climatique menace-t-il directement la typicité des goûts et nécessairement des terroirs, notions si chères à la France ? En effet, la singularité de nombreux vins de terroirs tient au climat local. L’effet du climat joue sur le travail de la vigne et les caractéristiques du vin que l’on va obtenir. Le changement climatique se traduisant principalement par un réchauffement, on observe une accélération du cycle de développement de la vigne entre le débourrement (début du cycle végétatif de la vigne avec apparition des bourgeons) et la maturité des raisins. C’est pourquoi seulement quelques degrés de plus peuvent entraîner des répercussions majeures sur le goût et la teneur en alcool des vins. On estime aujourd’hui qu’une augmentation de 1°C de la température moyenne correspondrait à un déplacement relatif du climat d’environ 200 km vers le Nord ! Hervé Quénol – géographe-climatologue au CNRS, Laboratoire COSTEL (Climat, Occupation du Sol et Télédétection) – pense que le réchauffement climatique global a des effets non négligeables sur les différents terroirs viticoles. C’est pourquoi, il pilote le programme TERVICLIM depuis 2007. Ce programme a pour but d’observer et de modéliser l’évolution du climat à l’échelle des terroirs viticoles. Hervé Quénol explique l’importance du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-740" title="soleil.1217197731" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/07/soleil.1217197731-300x225.jpg" alt="soleil.1217197731" width="300" height="225" />Le réchauffement climatique menace-t-il directement la typicité des goûts et nécessairement des terroirs, notions si chères à la France ? En effet, la singularité de nombreux vins de terroirs tient au climat local. L’effet du climat joue sur le travail de la vigne et les caractéristiques du vin que l’on va obtenir.</p>
<p style="text-align: justify;">Le changement climatique se traduisant principalement par un réchauffement, on observe une accélération du cycle de développement de la vigne entre le débourrement (début du cycle végétatif de la vigne avec apparition des bourgeons) et la maturité des raisins.<span id="more-739"></span> C’est pourquoi seulement quelques degrés de plus peuvent entraîner des répercussions majeures sur le goût et la teneur en alcool des vins. On estime aujourd’hui qu’une augmentation de 1°C de la température moyenne correspondrait à un déplacement relatif du climat d’environ 200 km vers le Nord !</p>
<p style="text-align: justify;">Hervé Quénol – géographe-climatologue au CNRS, Laboratoire COSTEL (Climat, Occupation du Sol et Télédétection) – pense que le réchauffement climatique global a des effets non négligeables sur les différents terroirs viticoles. C’est pourquoi, il pilote le programme TERVICLIM depuis 2007. Ce programme a pour but d’observer et de modéliser l’évolution du climat à l’échelle des terroirs viticoles.</p>
<p style="text-align: justify;">Hervé Quénol explique l’importance du programme TERVICLIM : “En viticulture, on parle beaucoup d’un réchauffement climatique futur et de ses conséquences sur la culture de la vigne. Mais sur le terrain, les vignerons en ont déjà constaté les effets. La vigne est un indicateur extrêmement intéressant du point de vue de l’évolution du climat et qui nous donne une preuve irréfutable du réchauffement climatique”. C’est pourquoi, Hervé Quénol installe de nombreux capteurs météorologiques dans les vignes.</p>
<p style="text-align: justify;">Il souhaite ainsi mieux définir le climat actuel des vignobles et apporter des réponses aux conséquences futures du changement climatique. En France, trois régions viticoles sont concernées par le programme TERVICLIM : le Val de Loire, la Champagne et la Bourgogne. Mais le programme TERVICLIM inclut également des vignobles de pays étrangers tels que l’Afrique du Sud, le Portugal ou encore le Chili.</p>
<p style="text-align: justify;">Paradoxalement, le réchauffement climatique ne limite pas le risque lié au gel. Au contraire, le bouleversement des saisons entraîne une floraison qui intervient plus tôt, au printemps. Or, les jeunes bourgeons sont alors très vulnérables et peuvent subir d’importants dégâts lorsque les températures rechutent brusquement.</p>
<p style="text-align: justify;">Le manque de chaleur imposait autrefois que le raisin soit récolté avant qu’il ait atteint sa pleine maturité. Or, la déficience en sucre résultant de ce phénomène peut être corrigée par un ajout direct de sucre ou par l’addition de concentré de jus de raisin. D’autre part, l’alimentation en carbone et en sucre des raisins pour assurer une maturité plus rapide ont été exacerbées par les pratiques de ces dernières années.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec le réchauffement climatique, on observe un effet naturel contraire. La hausse des températures engendre une modification naturelle des taux de sucre et d’alcool. Ainsi, bien qu’il n’existe pas encore de solution pour remédier à ce nouveau phénomène, on pourrait retravailler sur les équilibres entre feuilles de vigne et raisins. Un nouvel équilibre entre la capacité de photosynthèse de la vigne et les besoins en sucre du raisin pourrait être (re)trouvé afin d’adapter les vignobles à cette hausse de température. Les chercheurs et viticulteurs se prépare donc déjà à accompagner ce changement climatique.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant, la température moyenne étant plus élevée que dans le passé, on va rechercher des cépages plutôt tardifs. Le Cabernet Sauvignon va par exemple garder toutes ses qualités et potentialités par rapport au Merlot qui avait tendance à le supplanter du fait de sa précocité.</p>
<p style="text-align: justify;">Le réchauffement de la planète pourrait bien modifier la localisation de certains cépages très spécifiques. Ainsi, dans une cinquantaine d’années, on pourra peut-être voir s’étendre la viticulture anglaise voire même norvégienne !</p>
<h6 style="text-align: justify;"><em><a href="http://www.greenzer.fr" target="_blank">source : greenzer</a></em></h6>
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		<title>Le PS perdu entre la &#171;&#160;Valls&#160;&#187; des amabilités et des étiquettes ?</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Jul 2009 16:27:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-735" title="valls" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/07/valls-228x300.jpg" alt="valls" width="228" height="300" />Après que Martine Aubry ait subitement décidé d&#8217;écrire à Manuel Valls pour lui signifier l&#8217;emplacement de la ligne jaune et que ce dernier ait répondu à la première secrétaire, le PS est &laquo;&nbsp;à nouveau&nbsp;&raquo; plongé dans ses divisions, tant et tant que l&#8217;on ne sait plus guère quel est le véritable objet du problème. Avant d&#8217;aller plus loin, voici ci-dessous les missives de Martine Aubry et Manuel Valls.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Cher Manuel,<br />
Notre Parti a besoin de chacun des socialistes pour contribuer à son redressement après des années difficiles ponctuées par trois échecs à la présidentielle et un Congrès de Reims difficile qui a laissé une image déplorable de notre parti.<br />
Au congrès, les militants nous ont demandé avec force de jouer notre rôle de principal parti d’opposition, c&#8217;est-à-dire de dénoncer ce qui nous apparaît injuste, ou inefficace, et de proposer une alternative qu’attend aujourd’hui notre pays. Ils nous ont aussi demandé de nous réunir et de parler d’une même voix.<br />
Depuis cette date, et personne ne le conteste, le parti s’est remis au travail, s’est ouvert sur la société et a su porter des propositions fortes. Nos parlementaires mènent depuis plusieurs mois un travail coordonné et tout à fait remarquable.<br />
Par ailleurs, j’ai mis toute mon énergie à rassembler les diverses sensibilités dans le respect de la ligne politique définie par le Congrès de Reims. Je suis d’ailleurs heureuse des relations de confiance qui me permettent de débattre en toute sérénité avec Ségolène Royal.<br />
A la suite des élections européennes, nous avons défini notre feuille de route, en nous attelant à deux tâches essentielles : la préparation du projet et le rassemblement de la Gauche.<br />
Le séminaire de Marcoussis a constitué le coup d’envoi de ce travail collectif. Chacun a reconnu la qualité du débat qui nous a rassemblés.<br />
Par ailleurs, après de nombreux contacts avec nos partenaires de la gauche, j’ai écrit à chacun d’entre eux pour engager une nouvelle démarche de rassemblement, fondée sur les idées comme sur la stratégie politique.<br />
Force est de constater que ce travail collectif pour moderniser nos idées est contrarié chaque jour par la cacophonie d’expressions isolées -d’ailleurs le plus souvent contradictoires-, et par des initiatives solitaires prenant le contrepied des positions de notre Parti.<br />
S’engager dans un Parti, c’est un acte d’adhésion à des valeurs et des pratiques communes, mais c’est aussi &#8211; qui plus est dans un parti démocratique  comme le nôtre-, accepter de débattre en son sein, d’y apporter ses idées et ses réflexions, et lorsque la décision est prise de la respecter et la porter dans l’opinion.<br />
On ne peut utiliser un Parti pour obtenir des mandats et des succès, en s’appuyant sur la force et la légitimité d’une organisation collective, et s’en affranchir pour exister dans les médias à des fins de promotion personnelle. On n’appartient pas à un Parti pour s’en servir mais pour le servir. Les militants et même les français exigent de nous du travail, du courage et des idées.<br />
Il n’y a pas un jour, mon cher Manuel, où tu n’expliques aux médias que notre parti est en crise profonde, qu’il va disparaître et qu’il ne mérite pas de se redresser. Paradoxalement, tu t’appuies sur nos règles collectives pour appeler à « l’insurrection militante ».<br />
Les militants, eux, ont un souhait, c’est que tu mettes ton intelligence et ton engagement au service du Parti et donc des Français. Tes propos, loin d’apporter une solution, portent atteinte à tous les militants et à tous les dirigeants, qui aujourd’hui travaillent à retrouver la confiance avec nos concitoyens.<br />
Tu donnes l’impression d’attendre, voire d’espérer la fin du Parti Socialiste.<br />
Mon cher Manuel, s’il s’agit pour toi de tirer la sonnette d’alarme par rapport à un Parti auquel tu tiens, alors tu dois cesser ces propos publics et apporter en notre sein tes idées et ton engagement. Si les propos que tu exprimes, reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti Socialiste.<br />
Je ne peux, en tant que première secrétaire, accepter qu’il soit porté atteinte au travail que nous avons le devoir de réaliser. La discipline n’est pas la police des idées, mais la condition de la cohésion et de la réussite d’une équipe.<br />
C’est un moment de vérité. Je te demande de me faire part de ton choix dans les jours qui viennent, et d’en assumer toutes les conséquences pour l’avenir.<br />
Avec toute mon amitié.<br />
Martine AUBRY</em></p>
</blockquote>
<div>
<p><em>La réponse de manuel Valls ne s&#8217;est pas faite attendre et sonne comme une fin de non recevoir&#8230;</em></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em> </em><em>Chère Martine,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em><em>J&#8217;ai lu avec étonnement la lettre dans laquelle tu m&#8217;adresses tes amitiés et m&#8217;enjoins&#8230; de me taire ou de quitter le Parti socialiste.<br />
J&#8217;ai conscience des difficultés de ton rôle et de sa part ingrate. Personne n&#8217;a oublié les circonstances exceptionnelles de notre dernier congrès. Beaucoup de forces se sont alors mobilisées pour étouffer l&#8217;indispensable démarche de rénovation. Après le désastre électoral du 7 juin dernier, je ne suis pas étonné que ces mêmes forces te demandent aujourd&#8217;hui d&#8217;imposer le silence dans les rangs.<br />
Je suis surpris, par contre, par la méthode. Pourquoi avoir transmis simultanément ta lettre à la rédaction du Parisien ? L&#8217;objectif affiché par ton courrier n&#8217;est-il pas de clore l&#8217;ensemble de nos débats à l&#8217;abri des huis clos ? L&#8217;urgence était-elle donc telle qu&#8217;il ait fallu reprendre la plume pour masquer le cuisant échec d&#8217;une récente initiative épistolaire à l&#8217;attention des autres partis de gauche ?<br />
Mais je veux te répondre sur l&#8217;essentiel.<br />
Tu me soupçonnes « d&#8217;espérer la fin du Parti socialiste ». J&#8217;y suis rentré à l&#8217;âge de 18 ans et j&#8217;y consacre ma vie. Sans jamais renoncer à mes convictions, j&#8217;y ai exercé de multiples responsabilités et j&#8217;en suis l&#8217;élu depuis 1986. Et contrairement à certains qui s&#8217;érigent aujourd&#8217;hui en grands sages, j&#8217;ai toujours respecté, quoiqu&#8217;il ait pu m&#8217;en coûter, le choix des militants et les règles de vote de notre groupe parlementaire dont je suis aussi l&#8217;un des animateurs.<br />
Ton procès d&#8217;intention relève donc, au mieux, de la désinformation et, au pire, de l&#8217;insulte. S&#8217;il y a une chose dont j&#8217;espère la fin, ce n&#8217;est pas celle d&#8217;une formation qui garde encore l&#8217;honneur d&#8217;être le pivot de la gauche ; c&#8217;est celle d&#8217;une machine à perdre qui détruit l&#8217;espoir mis par nos concitoyens dans le progrès social.<br />
Tu affirmes que notre « parti s&#8217;est remis au travail, s&#8217;est ouvert sur la société et a su porter des propositions fortes » depuis le congrès de Reims. Malgré un dévouement et une bonne volonté  que je ne mets pas en cause, force est pourtant de constater, pour l&#8217;heure, que ce travail et ces propositions n&#8217;ont pas convaincu nos compatriotes. Je suis frappé que tu n&#8217;évoques nulle part, dans ta lettre, les résultats du scrutin européen. Pourquoi un tel déni ? Faut-il que le désaveu ait été si cruel pour justifier un tel refoulement ?<br />
Il est vain de m&#8217;accuser qu&#8217;« il n&#8217;y a pas un jour, où [je] n&#8217;explique [...] que notre parti est en crise profonde ». La crise de notre parti – qui est aussi celle de la social-démocratie européenne – n&#8217;est pas de mon fait ; elle a été établie et sanctionnée par nos concitoyens eux-mêmes lors de toutes les échéances électorales majeures depuis 2002. Et si cette vérité dérange notre confort et nos certitudes, je prendrai toujours le risque, pour ma part – et avec bien d&#8217;autres – de l&#8217;assumer. Quel que soit le prix à payer, je ne me ferai pas le silencieux complice de l&#8217;aveuglement. C&#8217;est un choix éthique qui relève de ma conscience et qui donne sens à mon engagement. Je te confirme donc que mes propos reflètent bien ma pensée !<br />
Il est également malhonnête de sous-entendre que je réserve ma parole « aux médias ». Avec une égale constance, je m&#8217;exprime à l&#8217;intérieur comme à l&#8217;extérieur de notre parti. Et si cette parole rencontre davantage d&#8217;écho hors les murs, c&#8217;est qu&#8217;elle entre en résonance avec des aspirations et des interrogations que l&#8217;on voudrait bien étouffer.<br />
Ma chère Martine, tu l&#8217;auras compris, je ne renoncerai donc jamais à l&#8217;ambition collective de définir un nouveau projet pour la gauche – d&#8217;autant que je suis convaincu que nous pouvons gagner en 2012 et battre Nicolas Sarkozy. A travers mes ouvrages et mon expression publique, sans vouloir imposer une vérité, je me place toujours sur le terrain des idées et des propositions : école, retraites, sécurité, culture, entreprise, nouvelle ville&#8230; C&#8217;est cet effort que j&#8217;ai souhaité amplifier – et je tiens à t&#8217;adresser, une nouvelle fois, mon intervention faite le mois dernier au Théâtre Michel ; et c&#8217;est cet effort que j&#8217;entends bien poursuivre au cours des prochaines années en m&#8217;appuyant sur l&#8217;expérience de nos élus locaux, la générosité de nos militants, l&#8217;attente de nos sympathisants et aussi sur les travaux de nos clubs de réflexions.<br />
Oui, pour redonner une envie de gauche, je pense qu&#8217;il faut transformer profondément notre formation, l&#8217;ouvrir réellement à la société et être clair sur des alliances qui ne doivent pas être déterminées au cas par cas.<br />
L&#8217;idée selon laquelle un parti peut être à lui-seul porteur d&#8217;un projet clé en main pour transformer la société est aujourd&#8217;hui dépassée. Son action est désormais plus horizontale que verticale à l&#8217;instar de la révolution internet. La mise en place de primaires s&#8217;inscrit parfaitement dans cette évolution. A la lecture de ta lettre, je ne te cache pas ma profonde inquiétude sur ta conception très datée du parti.<br />
Pour la gauche, l&#8217;urgence est de redessiner, avec les français, une perspective qui suscite, à nouveau, l’espérance. En partant de notre traditionnelle ligne de clivage avec la droite – l&#8217;appréciation différente de l&#8217;origine des inégalités entre les hommes – je m&#8217;efforcerai, avec tous ceux qui voudront en faire l&#8217;effort, de jeter les bases d&#8217;un nouveau modèle de développement pour le 21ème siècle. Donner à chaque individu les moyens de son autonomie devrait devenir la nouvelle frontière de la gauche.<br />
« Je me révolte donc nous sommes » disait Albert Camus. Par cette formule, il établissait une dialectique originale entre l&#8217;individuel et le collectif. J&#8217;espère que tu pourras aussi y voir, comme moi, une source d&#8217;encouragement et d&#8217;espoir.<br />
Et puisque tu me sommes de donner une réponse claire à ton ultimatum, je t&#8217;informe que j&#8217;entends bien rester fidèle à mon poste, à ma famille politique et à mes valeurs. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em><em>Avec toute mon amitié,<br />
Manuel VALLS<br />
Député de l&#8217;Essonne, Maire d&#8217;Évry</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><br />
</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Sur le fond, évidemment, je partage le rappel à l&#8217;ordre effectué par Martine Aubry et il y a bien longtemps que les militants socialistes sont en attente d&#8217;une attitude ferme à l&#8217;égard des &laquo;&nbsp;droitistes&nbsp;&raquo; du PS qui se permettent de dire, écrire partout les pires cochoneries sans être inquiétés le moins du monde. Et il y a bien longtemps que des rappels à l&#8217;ordre auraient dû avoir lieu.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur la forme on peut s&#8217;interroger sur le moment auquel survient cette offensive directe de Martine Aubry. Manuel Valls n&#8217;a rien dit depuis ces derniers jours, qu&#8217;il ne défende déjà depuis assez longtemps&#8230; On a même eu l&#8217;occasion d&#8217;entendre le même langage, les mêmes idées, les mêmes propositions dans la bouche d&#8217;autres membres de la direction actuelle ou passée. Je me rappelle avoir eu un échange assez rugueux avec Pierre Moscovici à La Rochelle quand il proposa devant les militants socialistes et devant les journalistes rassemblés de renommer le PS en &laquo;&nbsp;Parti Démocrate&nbsp;&raquo;&#8230; François Hollande était alors premier secrétaire et il n&#8217;y eut aucun rappel à l&#8217;ordre !</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est dire si le moment, les raisons officielles ou stratégiques pour ce rappel à l&#8217;ordre sont mal choisis. On sent bien que notre parti est dans une souffrance extrême et qu&#8217;il ne sait comment affronter sa propre rénovation. Cela me fait penser avec amusement à Marie-Antoinette, il faut bien en rire quand on a passé le stade de la déprime politique que tout cela peut valoir. &laquo;&nbsp;le peuple a faim et il n&#8217;y a plus de pain, qu&#8217;il mange de la brioche&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi le PS n&#8217;a-t-il pas bombé le torse au moment de la réforme constitutionnelle et viré Jack Lang ? A lui seul, il a causé plus de tort au PS et à l&#8217;opposition parlementaire que 10 Manuel Valls ! Grâce à mister Jack, la réforme adoptée casse toute la dynamique d&#8217;opposition des députés socialistes et permet à Nicolas Sarkozy de casser et la république et tous les équilibres sociaux (cf. hier la loi sur le travail dominical, demain Hadopi 2 et les retraites&#8230;).</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, à travers ce modeste exemple, nous pourrions en citer des dizaines, vous voyez bien que l&#8217;on marche sur la tête !</p>
<p style="text-align: justify;">La seule chose qui conviendrait à notre grand PS, ce serait de convoquer au minimum des états généraux du socialisme (avec les militants), réfléchir et trancher une ligne politique quelle qu&#8217;elle soit et ensuite repartir avec force au combat et ensuite virer les indélicats.</p>
<p style="text-align: justify;">Je serai, de mon côté, partisan, &laquo;&nbsp;d&#8217;états généraux de la gauche&nbsp;&raquo; inconditionnels élargis aux autres formations qui se reconnaissent dans le socialisme (sans définition précise volontairement). Pourraient y être associés militants et sympathisants de toutes les formations pour créer une vaste dynamique nationale d&#8217;élaboration collective et républicaine. Nous aurions là quelque chose qui aurait de la gueule et dont le PS ne doit pas avoir la crainte de sortir anéanti. Quand on est comme nous et à ce point, repliés et craintifs, on est généralement assuré de se bananer et de ne pas avoir l&#8217;énergie de la victoire intellectuelle et politique. C&#8217;est bien cela qui est très inquiétant.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous devrions faire cela et ainsi nous affranchir des problèmes de &laquo;&nbsp;vivre ensemble&nbsp;&raquo; internes au PS et aux autres formations de gauche ou de l&#8217;écologie. Créer une immense exploration de la gauche et ensuite voir ce qui est le creuset d&#8217;une gauche unie et volontaire de combats. Nous aurions vraisemblablement deux trajectoires, deux formations distinctes qui en découleraient mais nous saurions exactement sur la base de quoi, qui se divise. Nous saurions sur la base de quoi créer des points d&#8217;accord pour une future gouvernance commune et avec qui.</p>
<p style="text-align: justify;">Au lieu de cela nous inventons des formules alambiquées qui n&#8217;aboutiront à pas grand chose, si ce n&#8217;est d&#8217;énièmes colères et divisions, probablement même une scission du PS en deux ou trois fragments qui séparés seront insignifiants&#8230; Au bout du chemin, les &laquo;&nbsp;primaires&nbsp;&raquo; chères à Arnaud Montebourg aboutiront à une bérézina monumentale et nous en reprendrons pour 20 ans de droite dure.</p>
<p style="text-align: justify;">Regardons ensemble et sans part pris idéologique ces quelques réactions de &laquo;&nbsp;notables&nbsp;&raquo; socialistes à la querelle valls-aubry (qui en arrange plus d&#8217;un&#8230;).</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Les proches de Valls dénoncent eux l&#8217;autoritarisme de la maire de Lille.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Harlem Désir</strong> a déclaré que &laquo;&nbsp;Martine Aubry a dit tout haut ce que pensent de nombreux militants. On a besoin d&#8217;un rappel aux règles collectives dans un parti où certains donnent l&#8217;impression de vouloir jouer en permanence contre leur propre camp&nbsp;&raquo;.</em></p>
</blockquote>
</div>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Le patron de la fédération PS des Bouches-du-Rhône, <strong>Jean-Noël Guérini</strong>, a critiqué la mise en demeure :&nbsp;&raquo;Je souhaite que la raison l&#8217;emporte et qu&#8217;ils se rencontrent très rapidement et qu&#8217;on trouve les solutions adaptées.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le sénateur-maire PS de Lyon, <strong>Gérard Collomb</strong>, a estimé que &laquo;&nbsp;pour que le Parti Socialiste retrouve une crédibilité dans l&#8217;opinion publique, il ne convient pas d&#8217;étouffer le débat mais de lui donner de la profondeur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;Martine Aubry a raison: stop à la cacophonie pour pouvoir parler de sujets sérieux&nbsp;&raquo;, a déclaré <strong>Marylise Lebranchu</strong>, dans les couloirs de l&#8217;Assemblée nationale. &laquo;&nbsp;C&#8217;est un acte d&#8217;autorité attendu, salutaire&nbsp;&raquo;a-t-elle ajouté.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;Je ne suis pas en accord avec beaucoup de choses que dit Manuel Valls. En revanche, je pense qu&#8217;il a droit de le dire et qu&#8217;il faut qu&#8217;il le dise&nbsp;&raquo;, a déclaré pour sa part <strong>Gaëtan Gorce</strong>, ex-soutien de Ségolène Royal. &laquo;&nbsp;Il ne faut pas un Parti socialiste qui se referme sur lui-même comme le Parti communiste d&#8217;il y a une vingtaine d&#8217;années&nbsp;&raquo;.</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Il y a tant et tant de raisons personnelles ou idéologiques de s&#8217;étriper ou que rien n&#8217;avance pour tant de nos leaders qu&#8217;il ne nous est plus possible que d&#8217;envisager<em>, </em>non plus un aggiornamento, mais un chantier vaste et ouvert à toute la gauche avec pour objectif de redevenir ou de devenir une gauche de gouvernement.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant que le PS travaille au fond ou s&#8217;étripe pour de bonnes raisons sur la scène nationale ou européenne, nous n&#8217;entendons quasiment pas parler de sujets qui, eux, pourraient valoir de vraies lignes de conduite ou de fracture au sein du PS et qui à eux seuls vaudraient toutes les conventions ou universités du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Prenons, notre camarade et ami Benoît Hamon, vous savez ce socialiste dans lequel beaucoup de militants jeunes ou moins jeunes ont fondé de gros espoirs, celui qui lave plus blanc que blanc et a pris pour devise de son courant &laquo;&nbsp;la gauche décomplexée&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Formidable Benoît qui dans sa newsletter de ce jour nous fait adresser toute l&#8217;indignation de ses lieutenants <em>Liêm Hoang Ngoc, Françoise Castex à travers ces quelques lignes ci-dessous :<br />
</em></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em> </em><em>&laquo;&nbsp;Le Parlement Européen a élu son Président ce mardi 14 juillet à Strasbourg. Une élection vidée de tout débat de fond et marquée par une négociation de marchands de tapis pudiquement appelée &laquo;&nbsp;accord technique&nbsp;&raquo;. Cet accord négocié entre le Parti Populaire Européen (PPE) et l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates (S&amp;D &#8211; le nouveau nom du groupe PSE après l’intégration des démocrates italiens, un sujet qui mériterait un article à lui seul) porte sur le partage du pouvoir au sein du Parlement Européen. Il prévoit la division du mandat de président de l’assemblée en deux périodes de deux ans et demi &#8211; la première revenant à la droite, la deuxième à la gauche &#8211; et influe de manière significative sur la distribution des présidences de commissions parlementaires.</em></p>
</blockquote>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Pour l’Allemand Martin SCHULZ, reconduit à la tête du groupe S&amp;D, l’entente avec le PPE s’inscrit autant dans la culture du lieu que dans une logique politique purement allemande : il reproduit au Parlement européen la Grande Coalition de Berlin. Mais il s’agit aussi d’une stratégie personnelle : l’accord lui ouvre les portes de la Présidence pour juillet 2012.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>La question de l’accord technique n’a d’ailleurs à aucun moment fait l’objet d’un vote, ni même d’un débat au sein du groupe S&amp;D. Etonnant, quand on sait que Joseph DAUL, Président du PPE, avait clamé qu’il n’y aurait d’accord qu’avec les groupes qui soutiendraient la candidature de Barroso à la Commission européenne ! Force est de constater que les socialistes français étaient parmi les seuls à y être opposés.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>C’est donc avec les voix d’une grande partie de nos camarades européens que le conservateur polonais Jerzy BUZEK, qui s’est par le passé illustré par ses positions homophobes et anti-avortement, a pu accéder au poste de Président. Les membres de la Délégation socialiste française n’ont évidemment pas voté pour Monsieur BUZEK, car au-delà du fait que ce dernier incarne des idées fondamentalement incompatibles avec les valeurs qui sont les nôtres, nous avons dès le début du processus de négociations, refusé tout accord de ce type avec le PPE, fût-il seulement technique. De telles pratiques contribuent en effet à brouiller le clivage gauche-droite et le message envoyé à nos électeurs, qui souhaitent une plus grande clarté dans nos prises de position.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>A l’heure où notre première secrétaire Martine AUBRY lance un appel à l’édification d’une maison commune de la Gauche, il est cependant surprenant que beaucoup au sein de cette même délégation socialiste française n’aient pas voulu apporter leur soutien à Eva-Britt SVENSSON, la candidate de la Gauche Unie Européenne (communistes et gauche verte nordique). Pour notre part, quand un candidat de gauche s’oppose à un candidat de droite, notre choix est vite fait : l’abstention n’est pas une option. Nous avons donc voté pour la candidate de la GUE.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Liêm Hoang Ngoc, Françoise Castex&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">N&#8217;êtes-vous pas ému de ces si jolis mots ? non ?!&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Croyez-vous que le PS va convoquer un Bureau national extraordinaire ou un conseil national extraordinaire pour acter politiquement son plein désaccord avec ce qui vient de se passer au parlement européen ? Le PS, mon cher PS, va probablement décider de se retirer du groupe <em>S&amp;D</em> (PSE) et rejoindre le GUE ?</p>
<p style="text-align: justify;">&#8230; Non rien de tout cela ne se passera, vous pouvez dormir tranquille, Benoît Hamon continuera à laver plus blanc que blanc et de se rêver en artisan d&#8217;une gauche décomplexée alors qu&#8217;il a simplement rejoint la stratégie de carrière, les grands leaders  nationaux socialistes à s&#8217;écharper, le peuple de gauche à se désespérer de nous comme je l&#8217;entends trop souvent (&laquo;&nbsp;vous les socialistes qui ne comprenez décidément rien&nbsp;&raquo;), et la droite se marrer en infligeant au bon peuple les pires des reculades sociales et démocratiques.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant, continuons d&#8217;écouter le tempo de la Valse&#8230;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>La Baffe européenne impose une recomposition française !</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Jun 2009 20:11:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-619" title="baffe" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/06/baffe-300x230.jpg" alt="baffe" width="300" height="230" />Une victoire prévue, celle de l&#8217;UMP, une percée inattendue et deux échecs : les élections européennes ont tourné en France à l&#8217;avantage de la majorité présidentielle qui s&#8217;impose mais dans un score qui ne lui laisse pas de réservoirs de voix pour d&#8217;autres élections&#8230; Le Parti socialiste est laminé, soyons honnêtes, talonné même par Europe Ecologie, qui fait quasi jeu égal.</p>
<p style="text-align: justify;">Le chef de file des listes écologistes, Daniel Cohn-Bendit, réussit son pari avec 16%, reléguant à la quatrième place le Mouvement Démocrate (MoDem) de François Bayrou, qui ne sera pas parvenu à rééditer le scénario de la présidentielle de 2007 mais qu&#8217;il ne faudra surtout pas entérer dans ce qu&#8217;il peut incarner aux yeux de l&#8217;électorat comme adversaire de Nicolas Sarkozy.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;UMP et ses alliés du Nouveau Centre, de La Gauche moderne et des Progressistes offrent au chef de l&#8217;Etat une victoire en trompe l&#8217;oeil opportune à mi-mandat, alors que sa cote de popularité reste au plus bas, dans un contexte d&#8217;abstention record de près de 60%.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Martine Aubry, qui était confrontée dimanche à son premier test électoral six mois après le congrès de Reims, va devoir davantage imposer son autorité à la tête du Parti socialiste et imposer une cure de jouvence telle qu&#8217;elle devrait s&#8217;apparenter à une vraie révolution. Il faudra pour les socialistes tout envisager, changement de ton, changements de sujets, retour sur les valeurs essentielles, changement de mots, changement de communication, changement d&#8217;hommes et de femmes, partout, à tous les étages, écoute assidue des &laquo;&nbsp;poils à gratter&nbsp;&raquo; quels qu&#8217;ils soient, rajeunissement des générations de dirigeants et d&#8217;élus, limitation du cumul des mandats&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Soyons clairs, le PS doit changer tant de choses que l&#8217;on peut être sceptique sur sa volonté ou capacité à s&#8217;auto-réformer&#8230; J&#8217;ai entendu Arnaud Montebourg, qui semble lucide, cela en fait au moins un, attendons la suite.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon et de Marie-George Buffet réussit son baptême électoral aux dépens du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d&#8217;Olivier Besancenot, qui lui aussi affrontait pour la première fois le verdict des urnes. Les électeurs d&#8217;une gauche qui aspire à gouverner peuvent être satisfaits de ce résultat là.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p>Nous avons du travail pour faire revenir les militants socialistes dans les réunions de sections, ouvrir les débats qui les intéressent et refonder une gauche de gouvernement.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Viticulture : &#171;&#160;personne ne relaie notre agonie&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Sun, 31 May 2009 09:02:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans tous les terroirs viticoles de France la colère monte dans une atmosphère de crise économique grandissante, de gouvernance parfois sourde à s&#8217;auto-réformer, de règlementations européennes allant à contre sens de l&#8217;intérêts des vins français et des exploitants, de calamités atmosphériques (grêle&#8230;). Pourtant, alors que la campagne européenne devrait être propice à porter haut ce sujet majeur pour la France ( la viticulture est le second secteur excédentaire dans la balance commerciale française). Pourtant, rien ne bouge ou presque, tout au plus avons-nous entendu parler de l&#8217;affaire du coupage des rosés, tout au plus ! Si je ne cautionne pas certains propos ou comportements qui peuvent apparaître ici ou là, ils devraient inciter le gouvernement et les diverses institutions à s&#8217;emparer du sujet, mais l&#8217;heure n&#8217;y est pas car chacun a ses raisons d&#8217;attendre. Il y a bien quelques élus qui ici ou là sont sincèrement et réellement actifs (exemple girondin : Martine Faure, Philippe Plisson, Philippe Madrelle, Alain Rousset,  Jean-Marie Darmian, Pascale Got), mais qu&#8217;en est-il de l&#8217;écoute qu&#8217;ils peuvent avoir du gouvernement ou de leurs assemblées respectives ? En attendant il y a bien des exploitations qui meurent en silence&#8230; C&#8217;est pourquoi j&#8217;ai trouvé particulièrement intéressant de faire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-607" title="52_m2bories" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/05/52_m2bories.jpg" alt="52_m2bories" width="248" height="251" />Dans tous les terroirs viticoles de France la colère monte dans une atmosphère de crise économique grandissante, de gouvernance parfois sourde à s&#8217;auto-réformer, de règlementations européennes allant à contre sens de l&#8217;intérêts des vins français et des exploitants, de calamités atmosphériques (grêle&#8230;). Pourtant, alors que la campagne européenne devrait être propice à porter haut ce sujet majeur pour la France ( la viticulture est le second secteur excédentaire dans la balance commerciale française). Pourtant, rien ne bouge ou presque, tout au plus avons-nous entendu parler de l&#8217;affaire du coupage des rosés, tout au plus !</p>
<p style="text-align: justify;">Si je ne cautionne pas certains propos ou comportements qui peuvent apparaître ici ou là, ils devraient inciter le gouvernement et les diverses institutions à s&#8217;emparer du sujet, mais l&#8217;heure n&#8217;y est pas car chacun a ses raisons d&#8217;attendre. Il y a bien quelques élus qui ici ou là sont sincèrement et réellement actifs (exemple girondin : Martine Faure, Philippe Plisson, Philippe Madrelle, Alain Rousset,  Jean-Marie Darmian, Pascale Got), mais qu&#8217;en est-il de l&#8217;écoute qu&#8217;ils peuvent avoir du gouvernement ou de leurs assemblées respectives ? En attendant il y a bien des exploitations qui meurent en silence&#8230; C&#8217;est pourquoi j&#8217;ai trouvé particulièrement intéressant de faire connaître cet entretien d&#8217;un viticulteur héraultais, Martial Bories, viticulteur à Servian.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>« Vous n&#8217;êtes pas des gens  de dignité », vous a lancé le procureur lors du procès. Ces propos vous ont fait bondir. Il a pourtant raison : ce n&#8217;est pas digne de casser des radars&#8230;<br />
</strong>Ce que ne comprend pas le procureur, c&#8217;est que la situation des viticulteurs est tellement désespérée que nous sommes obligés d&#8217;en arriver là pour nous faire entendre.</em></p>
<p><em><strong>Mais votre détresse ne justifie pas de tels actes !</strong><br />
Bien sûr que si. L&#8217;acte pour lequel nous sommes jugés a été commis en 2007. Deux ans après, où en sommes-nous ? 40 000 hectares ont été arrachés et ce n&#8217;est pas fini&#8230; C&#8217;est une catastrophe ! Personne ne nous entend, personne ne relaie notre agonie.<br />
<strong><br />
Vous risquez une lourde condamnation. Regrettez-vous<!--- OAS AD 'Pave editorial' begin   --> </strong></em></p>
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<p><em><strong> <script type="text/javascript"><!--
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</strong>Absolument pas. A un moment donné, il fallait canaliser les gars pour qu&#8217;ils ne fassent pas n&#8217;importe quoi. Nous étions à la veille des présidentielles. Aucun candidat n&#8217;avait voulu nous recevoir. Il fallait nous faire entendre.<br />
<strong><br />
Mais pourquoi un radar ?<br />
</strong>C&#8217;est une pompe à fric de l&#8217;Etat.<br />
<strong><br />
Tout de même ! La viticulture est bien structurée, avec des responsables nationaux presque tous originaires du Midi, qui dialoguent en direct avec le ministre&#8230; Dire que personne ne relaie votre agonie, c&#8217;est un peu fort&#8230;<br />
</strong>Nos représentants appartiennent à un syndicat puissant, la FNSEA, au sein duquel la viticulture ne pèse pas lourd face aux céréaliers. Ces représentants sont également pris dans des jeux politiques compliqués qui font que rien n&#8217;avance. Lorsque quelqu&#8217;un accède à un poste à responsabilité, il se déconnecte de la base, il abandonne les vignes. Ces dirigeants mettent en place des usines à gaz qui sont tout sauf efficace. Leurs rivalités font qu&#8217;ils ne parviennent pas à adopter des positions communes.</em></p>
<p><em><strong>Vous parlez d&#8217;usines à gaz. A quoi pensez-vous ?<br />
</strong>D&#8217;abord aux interprofessions. On sait qu&#8217;il n&#8217;en faut qu&#8217;une pour assurer rationnellement la promotion de tous les vins régionaux. Cela fait des années qu&#8217;on en parle, mais chacun veut conserver son bastion.<br />
Dans la coopération, on est parvenu à créer une fédération régionale mais chacune des fédérations départementales a conservé sa structure et son personnel. On a des doublons partout, tout ça pour préserver les chasses gardées des présidents. Ce petit monde s&#8217;observe et se neutralise sans parvenir à s&#8217;accorder sur l&#8217;essentiel.<br />
<strong><br />
Voulez vous dire que vos organisations professionnelles et leurs dirigeants n&#8217;agissent pas dans l&#8217;intérêt général de la filière ?<br />
</strong>C&#8217;est un peu ça. Regardez les grands groupes coopératifs comme Uccoar, Foncalieu, Val d&#8217;Orbieu ou les Vignerons catalans : ils se livrent une guerre sans merci pour faire tourner leurs usines en tirant les prix vers le bas sur le dos des vignerons. Même le négoce est scandalisé.</em><br />
<strong><br />
<em>L&#8217;an passé, vous avez contribué à créer avec votre collègue audois Philippe Vergnes, le syndicat des Vignerons du Midi mais il peine aujourd&#8217;hui à se faire entendre&#8230;<br />
</em></strong><em>Ce fut historique ! La coopération ne voulait plus prendre en charge l&#8217;action syndicale et elle a poussé à la création du syndicat. Mais aujourd&#8217;hui, elle ne veut pas le soutenir financièrement. De plus, le syndicat est confronté à l&#8217;hostilité de la plupart des responsables professionnels, qui l&#8217;ont envoyé dans le mur en bloquant ses revendications.</em></p>
<h6><em><a href="http://www.midilibre.com" target="_blank">source journal le midi libre</a><br />
</em></h6>
<p><!-- 807 --></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>L&#8217;homme qui fait peur et envie&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 21 May 2009 21:03:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
				<category><![CDATA[Au Premier Plan]]></category>
		<category><![CDATA[communication]]></category>
		<category><![CDATA[élections européennes]]></category>
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		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[François Bayrou]]></category>
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		<description><![CDATA[Il faut bien l&#8217;admettre, François Bayrou est sur toutes les lèvres, dans tous les stylos et ça n&#8217;est probablement pas près de s&#8217;arrêter. Il ne laisse personne indifférent à vrai dire, pas même moi. Il énerve les uns, séduit les autres, il inquiète par la place qu&#8217;il est en train de prendre sur l&#8217;échiquier politique. Il est incontournable, pour le moment&#8230; Pour ceux de mes lecteurs qui m&#8217;écrivent en me disant s&#8217;inquiéter que je ne parle pas des élections européennes, j&#8217;en glisserai un mot ce soir&#8230; François Bayrou s&#8217;est immiscé dans une campagne des élections européennes qui manque cruellement de débat et de souffle. Il a publié un livre en forme de réquisitoire contre le pouvoir actuel qui est remarquablement écrit (Abus de pouvoir), renouant ainsi avec une certaine tradition de &#171;&#160;lettres&#160;&#187; chez les prétendants au pouvoir suprême. Plus d&#8217;un socialiste aurait pu ou dû écrire un tel ouvrage. Cela aurait probablement fait une superbe opération de communication. Cela aurait fait aussi du bien aux bleus et à l&#8217;âme de biens des électeurs de droite ou de gauche, pour la plupart en souffrance même si c&#8217;est pour des raisons différentes. Il a indéniablement réussi à devenir, provisoirement ou durablement c&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-577" title="bayrou" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/05/bayrou-300x200.jpg" alt="bayrou" width="300" height="200" />Il faut bien l&#8217;admettre, François Bayrou est sur toutes les lèvres, dans tous les stylos et ça n&#8217;est probablement pas près de s&#8217;arrêter. Il ne laisse personne indifférent à vrai dire, pas même moi.</p>
<p style="text-align: justify;">Il énerve les uns, séduit les autres, il inquiète par la place qu&#8217;il est en train de prendre sur l&#8217;échiquier politique. Il est incontournable, pour le moment&#8230; Pour ceux de mes lecteurs qui m&#8217;écrivent en me disant s&#8217;inquiéter que je ne parle pas des élections européennes, j&#8217;en glisserai un mot ce soir&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">François Bayrou s&#8217;est immiscé dans une campagne des élections européennes qui manque cruellement de débat et de souffle. Il a publié un livre en forme de réquisitoire contre le pouvoir actuel qui est remarquablement écrit (Abus de pouvoir), renouant ainsi avec une certaine tradition de &laquo;&nbsp;lettres&nbsp;&raquo; chez les prétendants au pouvoir suprême. Plus d&#8217;un socialiste aurait pu ou dû écrire un tel ouvrage. Cela aurait probablement fait une superbe opération de communication. Cela aurait fait aussi du bien aux bleus et à l&#8217;âme de biens des électeurs de droite ou de gauche, pour la plupart en souffrance même si c&#8217;est pour des raisons différentes.<span id="more-520"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Il a indéniablement réussi à devenir, provisoirement ou durablement c&#8217;est là tout le débat, le plus farouche adversaire du président de la république actuel. D&#8217;une certaine façon, il n&#8217;a pas volé son succès. Mais en tant que socialiste, en tant qu&#8217;homme de gauche cela me met quelque peu en souffrance et cela me renvoie l&#8217;écho d&#8217;une souffrance immense qui est à l&#8217;œuvre dans le pays. Pour qu&#8217;un homme culturellement et politiquement de droite apparaisse comme l&#8217;adversaire le plus crédible d&#8217;un président d&#8217;ultra droite et qui a plongé la république en seulement deux ans dans une situation de brisure sociale probablement jamais vue et la république elle-même dans une situation de reniement total, c&#8217;est que l&#8217;heure est grave.</p>
<p style="text-align: justify;">Les idées de François Bayrou sont ce qu&#8217;elles sont mais convenons en tous, il prend une place, il utilise une dialectique, il prend une posture, il incarne une forme de résistance accomplie et habile que nous aimerions reconnaître chez plus d&#8217;un leader socialiste. Alors il ne me dupe pas, même si je reconnais plus d&#8217;une de ses qualités. Je ne lui vois à l&#8217;heure actuelle que peu de concurrents crédibles pour incarner à la fois le sens de l&#8217;État, la fibre sociale, une dimension internationale, une capacité à réconcilier les composantes de la société française, une capacité à porter des aspirations à priori contradictoires. A vrai dire, je ne vois qu&#8217;une seule personne à l&#8217;heure qu&#8217;il est, vous aurez deviné de qui je veux parler.</p>
<p style="text-align: justify;">Les adversaires de François Bayrou l&#8217;accusent de bien des maux mais qu&#8217;a-t-il fait, à part son boulot ? Le boulot des autres ? Peut-être, et il le fait bien ! Si il prend une place, c&#8217;est bien qu&#8217;elle est à prendre et je ne m&#8217;en réjouis pas. A nous, aux autres de la récupérer&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Daniel Cohn-Bendit,  dit de lui qu&#8217;il<em> &laquo;&nbsp;détourne la campagne pour sa course à l&#8217;Elysée&nbsp;&raquo;</em>, exact ! Martine Aubry lui reproche de ne pas avoir de programme, exact ! L&nbsp;&raquo;UMP stigmatise sa seule capacité <em>&laquo;&nbsp;de destruction&nbsp;&raquo;, </em>en partie exact<em> </em>! Pour tout le monde <span class="listLink">François Bayrou</span> est un danger car il est capable de gagner des voix dans tous les électorats.</p>
<p style="text-align: justify;">Un récent sondage donne 44% de personnes qui le voient devancer le ou la candidate socialiste lors de la prochaine élection présidentielle. Telles que les choses sont aujourd&#8217;hui, c&#8217;est très probable et je ne m&#8217;en satisfais pas. Les élections européennes viendront encore tirer une sonnette d&#8217;alarme mais je n&#8217;en dirai pas davantage pour m&#8217;éviter les foudres venues de partout. Je pense simplement que le PS peine donner un visage d&#8217;union, il peine à porter dans son discours l&#8217;imprégnation d&#8217;une colère sociale car la plus part des grands leaders sont trop éloignés de certaines réalités ou entourés de béni oui-oui, il ne sait allier une communication de terrain et simplifiée avec une communication médiatique vibrante comme les médias l&#8217;attendent. Forcément, l&#8217;alchimie ne peut pas se faire dans l&#8217;opinion. Mais d&#8217;autres le font. Attention car le traumatisme de 2002 n&#8217;est plus dans la tête des électeurs&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ces élections européennes, le PS surfe sur son &laquo;&nbsp;Manifeste&nbsp;&raquo; qui a été signé sans consultation militante et qui ne porte pas à mes yeux une ambition suffisante pour l&#8217;Europe. Il porte des listes qui ont été concoctées hors de tout processus pouvant susciter l&#8217;engouement et qui ont renoncé à représenter dignement la géographie française (l&#8217;exemple aquitain et girondin en est remarquable). Il a fait abstraction du référendum de 2005 et du suffrage populaire. Le résultat de ces ingrédients en est la déception générale même si bien peu peuvent le reconnaître ouvertement. Malgré cela, je ferai mon devoir le 7 juin.</p>
<p style="text-align: justify;">François Bayrou, lui, a ouvert le sillon de ses différences avec le pouvoir en place, il se pose en homme rassurant, il n&#8217;a même plus besoin d&#8217;annoncer un programme, il s&#8217;est placé fort judicieusement sur le terrain de la morale politique et républicaine, il manie des concepts qui rassemblent et qui sont actuellement malmenés ; il ne peut que continuer sa marche en avant.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;UMP s&#8217;inquiète aussi très fortement : face au Béarnais, Nicolas Sarkozy aurait bien du mal à trouver des réserves de voix pour un second tour. Effectivement, dans une telle configuration, on peut parier que Nicolas Sarkozy ne ferait pas un pli. Il faut dire qu&#8217;à trop vouloir jouer avec l&#8217;extrême gauche et en enfonçant le PS à outrance, il a en partie annihilé un clivage dont il pouvait en partie se nourrir. Il a directement renforcé François Bayrou, son adversaire le plus sérieux, à part&#8230; Laurent Fabius !</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le mal est fait et Nicolas Sarkozy aura bien du mal à tuer la &laquo;&nbsp;bête&nbsp;&raquo; qu&#8217;il a en partie créée. Et François Bayrou, devance les reproches tout en marquant une primauté de ton dans notre direction à nous, socialistes :  <em>&laquo;&nbsp;Nous considérons, non pas qu&#8217;il y a un droit d&#8217;opposition, mais qu&#8217;il y a un devoir d&#8217;opposition quand l&#8217;essentiel est en jeu. Je dis aux socialistes que s&#8217;ils ont renoncé à s&#8217;opposer sur l&#8217;essentiel de la politique gouvernementale, nous pas&nbsp;&raquo;</em>, a-t-il expliqué à ses militants le 17 mai, où il tenait une nouvelle convention sur le <em>&laquo;&nbsp;modèle européen&nbsp;&raquo;</em>. L&#8217;homme a visiblement réussi sa mue.</p>
<p style="text-align: justify;">Le président du MoDem refuse de distinguer le vote national du vote européen. <em>&laquo;&nbsp;Nous n&#8217;avons jamais voulu construire l&#8217;Europe pour effacer la France.&nbsp;&raquo;</em> Il appelle les électeurs à un double vote sanction : contre Nicolas Sarkozy et contre <span class="listLink">José Manuel</span> Barroso, le président en exercice de la Commission, qualifié de <em>&laquo;&nbsp;zombie&nbsp;&raquo;.</em> Martine Aubry avait elle tenté, sans succès, de mobiliser autour de ce double non.</p>
<p style="text-align: justify;">De quoi apporter de l&#8217;eau au moulin de ceux qui, au PS, veulent entrainer les militants vers le miroir aux alouettes d&#8217;une alliance. De quoi apporter aussi de l&#8217;eau au moulin de ceux qui, comme moi, veulent que le PS change de ton&#8230;</p>
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