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	<title>Yannick Serrano &#187; François Bayrou</title>
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	<description>&#34;L&#039;engagement est un devoir autant qu&#039;une nécessité&#34;</description>
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		<title>L&#8217;étouffement de la démocratie par le bas</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Jul 2009 20:58:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le moment semble venu pour le pouvoir sarkozyste et son bras armé l&#8217;UMP de limiter les contrepouvoirs détenus par les opposants politiques, le plus souvent socialistes. Comme la France n&#8217;est pas un pays où l&#8217;on puisse désormais installer un pouvoir autocratique avec aisance et que le français est un grognard par nature, le puissant Nicolas Sarkozy doit en passer par quelques stratagèmes afin de mettre en oeuvre son plan. Il dirige déjà le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif (voir l&#8217;épisode 5). Il s&#8217;apprête à &#171;&#160;reprendre en mains&#160;&#187; le pouvoir judiciaire (voir épisode 4 et là aussi) avec la réforme de la carte judiciaire et la fin annoncée du juge d&#8217;instruction. Il a la haute main sur les grands médias via ses amis proches qui possède de grands groupes de presse, via la chaîne de télévision affidée TF1, sa reprise en main du groupe France Télévision et la destruction programmée des rédactions régionales de France 3 qui sont un trop grand relais des mérites de collectivités territoriales et de leurs élus locaux (souvent de gauche) solidement ancrés dans la proximité citoyenne. Il met tranquillement en place la reprise en main des consciences et la mise à bas de l&#8217;éducation nationale [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-788" title="6a00fa96a53a4c00020110160b5b81860b-500pi" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/07/6a00fa96a53a4c00020110160b5b81860b-500pi-232x300.jpg" alt="6a00fa96a53a4c00020110160b5b81860b-500pi" width="232" height="300" />Le moment semble venu pour le pouvoir sarkozyste et son bras armé l&#8217;UMP de limiter les contrepouvoirs détenus par les opposants politiques, le plus souvent socialistes. Comme la France n&#8217;est pas un pays où l&#8217;on puisse désormais installer un pouvoir autocratique avec aisance et que le français est un grognard par nature, le puissant Nicolas Sarkozy doit en passer par quelques stratagèmes afin de mettre en oeuvre son plan.</p>
<p style="text-align: justify;">Il dirige déjà le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif (<a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/01/21/la-democratie-assassinee/" target="_blank">voir l&#8217;épisode 5</a>). Il s&#8217;apprête à &laquo;&nbsp;reprendre en mains&nbsp;&raquo; le pouvoir judiciaire (<a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/01/17/une-justice-aux-ordres/" target="_blank">voir épisode 4</a> et <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/01/06/la-fin-du-juge-dinstruction-decidee-par-nicolas-sarkozy-et-la-politisation-de-la-justice/" target="_blank">là aussi</a>) avec la réforme de la carte judiciaire et la fin annoncée du juge d&#8217;instruction. Il a la haute main sur les grands médias via ses amis proches qui possède de grands groupes de presse, via la chaîne de télévision affidée TF1, sa reprise en main du groupe France Télévision et la destruction programmée des rédactions régionales de France 3 qui sont un trop grand relais des mérites de collectivités territoriales et de leurs élus locaux (souvent de gauche) solidement ancrés dans la proximité citoyenne. Il met tranquillement en place la reprise en main des consciences et la mise à bas de l&#8217;éducation nationale sans plus d&#8217;écho médiatique (<a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/04/30/les-medias-nont-pas-encore-annonce-la-mort-de-la-laicite-francaise-assassinee-le-16-avril-2009-par-un-certain-nicolas-sarkozy/" target="_blank">voir épisode 6</a>).</p>
<p style="text-align: justify;">Nicolas 1er a annoncé et bien relayé une politique de relance que financent les collectivités territoriales mais cela n&#8217;est pas suffisant, il ne tient pas la haute main dessus et comme elles ne savent pas organiser une défense à la hauteur de l&#8217;enjeu en vantant leurs propres mérites, autant profiter de leur insuffisance stratégique. Nicolas Sarkozy s&#8217;apprête donc à écrire le prochain épisode de notre saga de mise au pas de la société française, la contre-révolution est bien en marche.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Episode 7 </strong></em></span>: Juste après le redécoupage électoral qui vient de signer qu&#8217;avec 48% de suffrages la droite gouvernera la France alors qu&#8217;il en faudra près de 52% à la gauche pour devenir majoritaire, il faut donc étouffer la démocratie de proximité qui a trop tendance à désigner des élus réfractaires au néoconservatisme. Ces élus locaux sont des freins à la nouvelle ampleur que Nicolas sarkozy souhaite donner à sa politique de mise à bas des services publics nationaux et territoriaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Après avoir avancé dans un premier temps la suppression des départements, le président de la république a reculé devant le tollé suscité et la parution de sondages démontrant largement l&#8217;attachement des français à cette structure territoriale essentielle en termes de services de proximité, de lien et de soutien aux communes ou multiples acteurs locaux. Qu&#8217;à cela ne tienne, Nicolas Sarkozy a endormi son monde et procèdera donc en plusieurs phases. Puisqu&#8217;on ne peut supprimer l&#8217;échelon aussi facilement, on va donc le dépecer en jouant sur la création des agglomérations aux pouvoirs largement renforcés et qui qui préempteront les missions et moyens des départements sur leur périmètre. Egalement on reverra habilement le découpage des cantons et la création des conseillers territoriaux finira progressivement d&#8217;éloigner les gêneurs des citoyens et de leur électorat. L&#8217;esprit est identique pour ce qui est de la suppression de la clause de compétence générale envisagée au prétexte d&#8217;éviter les financements croisés et le saupoudrage territorial.</p>
<p style="text-align: justify;">En la supprimant, malgré les prétextes avancés par la droite, on empêchera les départements d&#8217;intervenir dans des domaines qui ne font pas partie de leurs missions premières. Alors qu&#8217;il suffirait de revoir les compétences des collectivités et de désigner sur celles-ci un collectivité chef de file avec une conférence régionale et départemental des exécutifs, on lance en fait une vraie guerre politique. Après quelques années de ce régime, les petites mairies, les associations, les communautés de communes n&#8217;auront plus aucune raison de soutenir un échelon territorial réduit à la portion congrue et qui ne leur apportera plus rien&#8230; les citoyens quant à eux, auront fini de soutenir &laquo;&nbsp;moralement&nbsp;&raquo; cette institution devenue inutile et &laquo;&nbsp;coûteuse&nbsp;&raquo;&#8230; Problème, in fine le projet gouvernemental se heurte à la constitution qui imposerait une révision constitutionnelle devenue impossible par une majorité des 3/5èmes perdue par la droite du fait de large victoire de la gauche aux dernières élections sénatoriales. Mais Nicolas Sarkozy, pourrait décider d&#8217;en passer par référendum une fois le dépeçage des départements réalisés et donc leur inutilitée démontrée !&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">La suppression de quantité d&#8217;élus récalcitrants passera aussi par la création de conseillers territoriaux.Là aussi, Nicolas Sarkozy est malin. le projet faisait partie du programme de François Bayrou en 2007 et ainsi, il aura beaucoup de peine à s&#8217;opposer à ce projet, un de moins. On peut aussi dire que c&#8217;est une preuve ou disons un indice attestant de la droititude profonde du béarnais, malgré ses envolées lyriques aux accents gauchisants. Les conseillers territoriaux seraient renouvelés intégralement tous les six ans et rééligibles, alors qu’actuellement, les élus des départements sont aujourd’hui renouvelés de moitié tous les trois ans. Pour le moment, le flou règne sur le périmètre de leur circonscription élective, sur le redécoupage inévitable que cela imposerait sur les cantons restants, et sur le mode de scrutin visant à élire ensuite conseillers territoriaux et les conseillers généraux restants&#8230; Après le redécoupage de la carte actuelle des 4 000 cantons en nouvelles circonscriptions de 20 000 habitants, les conseillers généraux-territoriaux pourraient être élus au scrutin uninominal dans les zones rurales et au scrutin proportionnel de liste à un tour dans les zones urbaines. (je n&#8217;évoquerai même pas le caractère probablement inconstitutionnel d&#8217;une telle disposition, nous aurons très certainement l&#8217;occasion d&#8217;y revenir plus tard)</p>
<p style="text-align: justify;">Au passage, on notera que les conseillers territoriaux exerceraient &laquo;&nbsp;deux fonctions&nbsp;&raquo; mais un seul mandat !&#8230; Est-ce à dire qu&#8217;il ne devraient se consacrer à ce seul mandat ou qu&#8217;ils auraient la porte ouverte à l&#8217;exercice d&#8217;un deuxième-troisième mandat ?&#8230; Une chose est certains, la droite ne peut et ne veut se contenter d&#8217;attendre le moment où elle pourra &laquo;&nbsp;officiellement&nbsp;&raquo; supprimer les départements. Elle souhaite donc faire un tour de passe-passe démocratique en envisageant un mode de scrutin proportionnel à un tour qui lui permettrait de récupérer &laquo;&nbsp;sur tapis vert&nbsp;&raquo; la direction des exécutifs locaux&nbsp;&raquo;. Si j&#8217;osais, je dirais que c&#8217;est comme pour feu le projet de vins rosés obtenus par coupage&#8230; ça aurait la couleur de la démocratie, ça aurait aussi de prime abord le goût de la démocratie mais ce serait pourtant un véritable coup d&#8217;état démocratique ! mais on nous dira que le petit Nicolas n&#8217;a aucune tentation monarchique ou autoritaire&#8230; On nous caricaturera, nous socialistes en nous traitant d&#8217;archaïques&#8230; Pourtant il s&#8217;agira bien d&#8217;offrir ni plus ni moins le gâteau au parti du président. <em><a href="http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-ump-veut-supprimer-les-seconds-59528" target="_blank">(Lire sur ce point l’article d’Antoine Vielliard </a></em><em><a href="http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-ump-veut-supprimer-les-seconds-59528" target="_blank">UMP veut supprimer les seconds tours qu’elle perd&nbsp;&raquo;)</a></em></p>
<p style="text-align: justify;">Bref, seule demeurerait la clause de compétence des communes, pour épater la galerie et duper les &laquo;&nbsp;analphabètes&nbsp;&raquo;. La question de la fiscalité locale n&#8217;étant pas réglée concomitamment à toute réforme sérieuse des collectivités et étant entendu que la création ou le renforcement des intercommunalités en lien avec la création de supra-agglomérations supprimant quantité de communes au profit de &laquo;&nbsp;mairie d&#8217;arrondissements&nbsp;&raquo; aux compétences et moyens moindres, la clause de compétence générale des mairies restantes seraient de la pure &laquo;&nbsp;barbouzerie&nbsp;&raquo; construite pour endormir les maires et les citoyens peu avertis ! Sur l&#8217;intercommunalité en général, le projet fixe au 31 décembre 2011 l&#8217;achèvement de la carte de l&#8217;intercommunale et donne aussi aux préfets des pouvoirs accrus d&#8217;initiative&#8230; Il va bien falloir aux communes, et donc aux élus maires de chef-lieux d&#8217;intercommunalité de moyenne importance préparer cela pour éviter des surprises désagréables et résister à la future hyper-importance des métropoles (Libournais, Bassin d&#8217;Arcachon, Langonnais par exemple en Gironde)&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-weight: normal;">La collectivité nouvellement créée dite &laquo;&nbsp;métropole&nbsp;&raquo; dans les agglomérations de plus de 400 000 ou 500 000 habitants (exemple la Gironde et Bordeaux) remplacerait bien les départements et disperserait toute lisibilité de l&#8217;action publique, effacerait d&#8217;un coup tout accès simple pour le citoyen en terme de &laquo;&nbsp;guichet&nbsp;&raquo;. Ces métropoles seraient dotées, au minimum, de l’ensemble des compétences des conseils généraux et des communautés urbaines. On ne connaît pas encore, même si on en devine certains contours, le périmètre des métropoles. Prenons un cas d&#8217;espèce qui ne tienne pas compte de l&#8217;élargissement très probable de la CUB (exemple girondin). Un citoyen lambda qui résiderait sur la commune de Bègles et qui aujourd&#8217;hui est pris en charge socialement par sa commission locale d&#8217;insertion de secteur (dépendant du conseil général). Demain, il dépendrait de la CUB devenue métropole avec quels changements ? quelle prise en charge ?&#8230; Ce citoyen déménage pour habiter Créon. Où seront ses repères pour le suivi de son dossier social et son insertion ?&#8230; A moins que&#8230; Créon soit absorbée très prochainement par la CUB (oh pardon, la métropole bordelaise)&#8230;</span></strong></p>
<p><strong><span style="font-weight: normal;">Enfin, pour rester dans l&#8217;essentiel, l’avant projet de loi prévoit enfin un achèvement de la carte intercommunale d’ici au 1er janvier de l’année 2014 en facilitant un certain nombre de procédures de dissolution ou de fusion.</span></strong></p>
<div style="text-align: justify;">
<p>Face à ses enjeux essentiels pour l&#8217;avenir des collectivités, des associations, des citoyens et de toutes les forces vives les élus tentent de réagir, avec dispersion, manque de pédagogie citoyenne et un sens de la communication politique ou stratégique aléatoire. On peut le comprendre tant il s&#8217;agit d&#8217;une guerre à mener sur plusieurs fronts.</p>
<p>Il est nécessaire de redonner du mordant aux méthodes de militantisme et d&#8217;action politique nationale ou de proximité. Quelques élus ont compris la hauteur des enjeux, parmi eux, le maire de Créon, Jean-Marie Darmian, a su oser une méthode novatrice, participative et pleinement responsabilisante pour les citoyens. Ainsi, <a href="http://www.jeanmariedarmian.fr/?p=795" target="_blank">il a prévu d&#8217;organiser une conseil municipal extraordinaire le 6 août 2009 avec au menu l&#8217;organisation d&#8217;un référendum d&#8217;initiative locale sur la réforme des collectivités</a> (la loi permet cela mais les élus ne veulent, n&#8217;osent ou ne pensent à utiliser certains ressorts que la loi leur permet encore). Il interrogera donc directement les Créonnais sur leur souhait d&#8217;intégrer ou non la future métropole bordelaise. cela reviendrait dans la réalité à supprimer la commune de Créon telle que les créonnais la connaisse aujourd&#8217;hui. Il en serait fini, entre autre, de la proximité et les Créonnais pourraient ainsi se rendre au centre de Bordeaux pour espérer avoir l&#8217;écoute d&#8217;un élu ou d&#8217;un fonctionnaire local&#8230; Les Créonnais devraient donc voter le 18 octobre 2009 pour dire au Préfet et au gouvernement ce qu&#8217;ils veulent pour leur avenir. le scrutin n&#8217;aura pas valeur de décision mais la mobilisation qu&#8217;il suscitera, et son résultat, pourrait être un indicateur fort d&#8217;action pour les élus locaux ou nationaux et pour les collectivités (départements et régions) qui pourraient, sur ce modèle, avoir l&#8217;avantage de la plus pure expression démocratique pour faire pression sur un pouvoir de plus en plus autoritaire et autiste. Et en matière de &laquo;&nbsp;sondage&nbsp;&raquo;, cela aurait une autre ampleur qu&#8217;un sondage &laquo;&nbsp;opinionway&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<div id="attachment_787" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-787" title="&quot;salut sarkozy&quot;" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/07/6a00fa96a53a4c000201101650330b860c-500pi-300x208.jpg" alt="Curieuse expression de nicolas sarkozy, non ?..." width="300" height="208" /><p class="wp-caption-text">Curieuse expression de nicolas sarkozy, non ?...</p></div>
<p>Le projet de loi de réforme territoriale constituera évidemment un des grands rendez-vous politiques de la rentrée. Il porte en lui les germes d&#8217;un parti sectaire, largement antirépublicain (l&#8217;UMP) et qui veut offrir la république à une caste et au privé. Il partagera l&#8217;actualité avec d&#8217;autres régressions démocratiques programmées comme la suppression des juges d&#8217;instructions, l&#8217;atteinte majeure à la laïcité républicaine et la future privatisation de l&#8217;éducation à travers la <a href="http://www.laicite-laligue.org/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=1160&amp;Itemid=347" target="_blank">&laquo;&nbsp;Loi Carle&nbsp;&raquo;</a> (en septembre au parlement), la loi Hadopi II&#8230;</div>
<p style="text-align: justify;">Dans tous les cas, je crois que nous aurons malheureusement l&#8217;occasion de revenir sur tout cela pour écrire l&#8217;épisode 8 de notre saga de la contre-révolution sarkozyste ! Bonnes vacances et à très bientôt.</p>
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		<title>Henri Wéber répond à BHL</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jul 2009 07:07:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Henri Wéber publie aujourd&#8217;hui une lettre en réponse à Bernard-Henri Lévy qui souhaitait que le PS disparaisse. Après une lecture attentive, je trouve qu&#8217;elle doit être largement diffusée auprès des forces militantes. Je suis loin d&#8217;être en accord sur tous les points abordés par Henri Wéber mais je partage une large part du constat. Pour autant je m&#8217;inscris en complète opposition dès lors que notre camarade aborde le célèbre &#171;&#160;manifesto&#160;&#187; qui a été vendu par le PS au nez et à la barbe de militants qui n&#8217;ont jamais été appelés à se prononcer dessus, dans un processus inacceptable et opaque qui fait partie de ce qui étouffe largement le PS aujourd&#8217;hui et que les militants ne sont plus prêts à accepter. Il faudra nécessairement au PS affirmer son refus absolu de la conception libérale et purement marchande de l&#8217;Europe tout en offrant la perspective d&#8217;un assemblage européen garantissant une Europe des Peuples et des périmètres d&#8217;union à géométrie variable selon les sujets. Si je partage donc une part importante du constat et aussi le souhait-nécessité de &#171;&#160;refondation&#160;&#187; (terme approprié que j&#8217;ai utilisé largement ici), il va nous falloir oser affronter politiquement nos adversaires et assumer nos idées pour enfin mener [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Henri Wéber publie aujourd&#8217;hui une lettre en réponse à Bernard-Henri Lévy qui souhaitait que le PS disparaisse. Après une lecture attentive, je trouve qu&#8217;elle doit être largement diffusée auprès des forces militantes. Je suis loin d&#8217;être en accord sur tous les points abordés par Henri Wéber mais je partage une large part du constat. Pour autant je m&#8217;inscris en complète opposition dès lors que notre camarade aborde le célèbre &laquo;&nbsp;manifesto&nbsp;&raquo; qui a été vendu par le PS au nez et à la barbe de militants qui n&#8217;ont jamais été appelés à se prononcer dessus, dans un processus inacceptable et opaque qui fait partie de ce qui étouffe largement le PS aujourd&#8217;hui et que les militants ne sont plus prêts à accepter. Il faudra nécessairement au PS affirmer son refus absolu de la conception libérale et purement marchande de l&#8217;Europe tout en offrant la perspective d&#8217;un assemblage européen garantissant une Europe des Peuples et des périmètres d&#8217;union à géométrie variable selon les sujets.</p>
<p style="text-align: justify;">Si je partage donc une part importante du constat et aussi le souhait-nécessité de &laquo;&nbsp;refondation&nbsp;&raquo; (terme approprié que j&#8217;ai utilisé largement ici), il va nous falloir oser affronter politiquement nos adversaires et assumer nos idées pour enfin mener les combats politiques sur nos thèmes. J&#8217;en reparlerai prochainement&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><em><img class="alignleft" src="http://images.google.fr/url?source=imgres&amp;ct=img&amp;q=http://www.lexpress.fr/medias/233/1-ps-congres-weber_427.jpg&amp;usg=AFQjCNE8-v0BWccq5jmuN0-WSelETQyFOw" alt="" width="351" height="235" />&laquo;&nbsp;Comme on pouvait s&#8217;y attendre, la lourde défaite du Parti socialiste aux élections européennes a suscité en son sein, après un court délai de décence, un déchainement de critiques contre Martine Aubry, tandis que dans les médias retentissaient à nouveau les oraisons funèbres de la social-démocratie.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;Le PS se meurt, le PS est mort&nbsp;&raquo;, s&#8217;exclame, comme en 1993, comme en 2002, un chœur bigarré de fossoyeurs trop pressés. &laquo;&nbsp;Le PS est dans la situation du PC à la fin de années 70&#8243; diagnostique le docteur BHL. Reprenant la vieille idée fixe de Jean-François Kahn1, l&#8217;ex-nouveau philosophe invite le PS à se dissoudre. &laquo;&nbsp;Il doit disparaître au plus vite&nbsp;&raquo; clame-t-il dans le JDD du 19 juillet. Disparaître, riche idée! Mais pour mettre quoi à la place ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Jean-François Kahn proposait le MoDem, de François Bayrou. BHL, quant à lui, se dispensant de toute réponse. &laquo;&nbsp;La dialectique y pourvoira&nbsp;&raquo;,  écrit-il dans le JDD du 19 juillet 2009. La dialectique a bon dos, elle ne pourvoira à rien. Il est facile de rayer d&#8217;un trait de plume un parti séculaire, profondément enraciné dans l&#8217;histoire et dans la société française et sans lequel il n&#8217;y a pas d&#8217;alternance possible dans notre pays. Il est très difficile de construire un parti équivalent, les Verts en savent quelque chose. C&#8217;est un travail de Titan, qui exige des décennies. Dissoudre le PS n&#8217;arrangerait que ses adversaires de droite, qui disposeraient dès lors d&#8217;une longue rente de situation dans l&#8217;occupation du pouvoir.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L&#8217;assimilation  entre la crise d&#8217;agonie dans laquelle est entré le PCF à la fin des années 1970 et la crise de refondation que connait la social-démocratie européenne est grotesque.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les partis communistes ont sombré avec la disparition de l&#8217;URSS et du marxisme soviétique auxquels ils s&#8217;étaient identifiés. Ceux d&#8217;entre eux, tel le PC italien, qui ont su prendre à temps leurs distances et se rallier à la social-démocratie ont survécu.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ce naufrage n&#8217;a pas affecté la sociale démocratie. En atteste la vague rose des années 1996-1997, qui porta au pouvoir 13 partis socialistes sur 15 en Europe.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le socialisme démocratique s&#8217;est constitué à la fois contre le libéralisme économique -l&#8217;utopie délétère de la société de marché; et contre le totalitarisme léniniste- l&#8217;utopie meurtrière de la société parfaite.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les partis socialistes et sociaux-démocrates connaissent non pas une crise d&#8217;agonie, mais une crise de refondation, comme ils en ont  déjà subi et surmonté plusieurs dans leur longue et tumultueuse histoire.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ces partis avaient appris à maîtriser et à civiliser, au siècle dernier, un capitalisme national et industriel. Ils sont confrontés aujourd&#8217;hui à un capitalisme mondialisé et dominé par la finance. A une société fragmentée et vieillissante aussi, travaillée par un individualisme désormais désagrégateur.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les politiques publiques et les moyens d&#8217;action  qu&#8217;ils avaient mis en œuvre pendant un demi-siècle sont désormais de moins en moins efficaces. Voilà la raison profonde de la  crise de la social-démocratie européenne. S&#8217;y ajoute, en France, -circonstance considérablement aggravante !-, une crise de leadership qui perdure depuis 2002.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ces partis seront-ils capables de se donner les moyens théoriques, programmatiques, institutionnels de domestiquer et d&#8217;humaniser le nouveau capitalisme, comme ils ont su le faire en XXème siècle pour l&#8217;ancien ? De la réponse à cette question dépend leur avenir. Si elle est négative, comme le pensent (et l&#8217;espèrent) leurs adversaires et nombre de leurs prétendus amis, ces partis sont voués à un lent dépérissement, à l&#8217;instar, en France, de feu le Parti radical.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Mais on ne détruit que ce que l&#8217;on remplace. Ni les Verts, ni le PCF, ni le PG, ni les trotskystes, ne sont en mesure de se substituer, au PS, dans un avenir prévisible, comme principale force d&#8217;alternance et d&#8217;alternative.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Si, au contraire, la réponse est positive, comme je le crois, ces partis retrouveront un nouveau souffle. Ce qui rend les partis mortels, c&#8217;est leur inaptitude à s&#8217;adapter aux nouvelles conditions historiques de leur action, dans la fidélité à leurs valeurs et aux grands objectifs qui les incarnent.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les partis socialistes disposent de suffisamment de ressources humaines et de pragmatisme pour savoir rebondir. C&#8217;est le secret de leur longévité : le benjamin de la famille -le PS français- a 105 ans, le vétéran -le SPD allemand, plus de 130 ! </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Tous les partis socialistes d&#8217;Europe sont à la recherche de nouvelles voies. L&#8217;échec de la &laquo;&nbsp;troisième voie&nbsp;&raquo; blairiste exige de réorienter, mais non d&#8217;interrompre leurs efforts.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Il ne faut pas liquider le PS, mais le refonder : rénover ses idées, son projet, son programme, son organisation, ses pratiques. C&#8217;est à cela que s&#8217;est attelée courageusement Martine Aubry. C&#8217;est pour cela que nous la soutenons.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Que nous recommande, pour sa part,  BHL pour régénérer la gauche ? &laquo;&nbsp;De renouer avec l&#8217;essentiel&nbsp;&raquo;, répond-il dans le JDD, c&#8217;est-à-dire avec &laquo;&nbsp;trois grands refus : l&#8217;antifascisme, l&#8217;anticolonialisme, l&#8217;anti totalitarisme.&nbsp;&raquo; On croit rêver !</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le monde subit la crise économique, sociale, écologique la plus grave que le capitalisme ait connu depuis 1929, le chômage et le travail précaire explosent, le réchauffement climatique approche un point de non retour, et BHL nous exhorte à renouer avec l&#8217;antifascisme, l&#8217;anti colonialisme, l&#8217;anti totalitarisme ! Plutôt que de renouer des liens qui ne sont pas rompus, efforçons-nous de répondre aux préoccupations et aux aspirations des Français plongés dans la tourmente, et, en particulier, à celles des classes populaires et des classes moyennes.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les partis socialistes doivent d&#8217;abord préciser et populariser leur stratégie de sortie de crise : Plan de relance, bouclier social, économie verte. Ils doivent élaborer une réforme en profondeur de l&#8217;économie et de la société internationales pour que pareil désastre ne se reproduise plus. Ils doivent parachever la synthèse entre la doctrine social-démocrate et l&#8217;apport de l&#8217;écologie politique, du féminisme, de l&#8217;individualisme culturel. Ils doivent promouvoir un nouvel internationalisme, car aucun des nouveaux défis qui nous assaillent n&#8217;a de solution au niveau national. Ce nouvel internationalisme s&#8217;incarne d&#8217;abord dans la relance et la réorientation de la construction européenne. Faire de l&#8217;Europe la première démocratie économique, écologique et sociale du monde, creuset d&#8217;une nouvelle Renaissance et levier d&#8217;une autre mondialisation : voilà l&#8217;utopie réaliste que les socialistes européens proposent à leurs peuples.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Cette Europe volontaire sera nécessairement une Europe différenciée : les Etats qui veulent aller  plus loin et plus vite pour mettre en œuvre des politiques communes doivent pouvoir le faire. Ainsi réorientée, l&#8217;Union européenne pourra jouer un rôle primordial dans l&#8217;amélioration de la gouvernance mondiale et l&#8217;institution d&#8217;une nouvelle régulation du capitalisme. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les éléments du nouveau programme socialiste sont en gestation depuis dix ans. Ils ont pour nom : l&#8217;Etat social préventif, la sécurisation des parcours professionnels, l&#8217;économie verte, la transition vers la société de la Connaissance, la démocratie sociale et participative, l&#8217;accès de tous à l&#8217;Education et à la Culture, l&#8217;Europe-puissance, la mondialisation maîtrisée et solidaire&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Trois refondations</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ce qui me rend optimiste, malgré la dureté des temps, sur les capacités de rebond des partis socialistes, c&#8217;est l&#8217;histoire de leur mouvement. Celle-ci permet  de déceler au moins trois refondations:</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>▪ Les partis socialistes étaient initialement des partis ouvriers révolutionnaires, regroupés au sein de la IIème Internationale marxiste. Ils ont connu une première refondation dans les années 20 et 30 du siècle dernier, en réalisant la synthèse entre le libéralisme politique, le mouvement démocratique et la critique socialiste du capitalisme.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ils ont alors renoncé au recours à la violence, fût-elle de masse,  comme méthode de conquête du pouvoir et se sont ralliés à l&#8217;Etat de droit et au Parlementarisme, au prix de la scission communiste. Obtempérant à l&#8217;exhortation du grand Bernstein, ils ont osé paraître ce qu&#8217;ils étaient : des grands partis démocratiques de réforme sociale.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>▪ Ils ont connu une seconde refondation, dans les années 50 et 60, mais dans les années 30 pour les Scandinaves, en rompant avec le collectivisme et en se ralliant à l&#8217;économie sociale de marché. Ils ont admis que, sous certaines conditions, les forces du marché et de la libre entreprise pouvaient être mises au service du progrès économique, social, culturel, démocratique. Ces conditions  sont l&#8217;existence d&#8217;un Etat démocratique avancé et celle d&#8217;une organisation puissante du mouvement ouvrier, politique, associatif et syndical. Les partis socialistes sont alors devenus des grands partis populaires de gouvernement, exerçant régulièrement le pouvoir. Ils ont cessé d&#8217;être des partis de classe pour devenir des &laquo;&nbsp;partis du peuple tout entier&nbsp;&raquo;, agissant sur la société au moyen de l&#8217;appareil d&#8217;Etat.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>▪ Ces partis sont engagés aujourd&#8217;hui dans une troisième refondation. Confrontés à la mondialisation capitaliste, ils doivent se constituer eux-mêmes en force transnationale, soucieuse de représenter et de défendre les intérêts et les aspirations des salariés européens, par delà leurs appartenances nationales. Ils doivent élaborer un programme, une stratégie une organisation, d&#8217;emblée à l&#8217;échelle continentale. L&#8217;adoption d&#8217;un  programme social européen les 7 et 8 décembre 2006 à Porto2, constitue un premier pas dans ce sens. Celle du Manifesto, adopté le 1er décembre 2008 à Madrid, à<br />
l&#8217;occasion de l&#8217;élection européenne, en représente un second. Mais, dans ce domaine,  l&#8217;essentiel reste à faire.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Confrontés au réchauffement climatique, à l&#8217;épuisement progressif des énergies fossiles, aux pollutions de l&#8217;eau, des terres, de l&#8217;air, à la déforestation et à l&#8217;appauvrissement de la biodiversité, les socialistes doivent intégrer à leur corps de doctrine et à leur programme l&#8217;apport de l&#8217;écologie politique. Ils doivent devenir des partis éco-socialistes réalisant la synthèse entre la sensibilité sociale de la social-démocratie et les préoccupations<br />
environnementales des écologistes.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Confrontés au nouvel âge de la démocratie dans lequel nous sommes entrés : démocratie médiatique et sondagière, mais aussi individualiste, sceptique et hyper marchande, les partis socialistes doivent transformer leur mode d&#8217;organisation et leur méthode d&#8217;action. Plus éduqués, mieux informés, les citoyens modernes ne sont plus disposés à donner carte blanche à leurs représentants pendant 5 ans. Ils aspirent à être davantage impliqués, associés aux décisions qui les concernent. La gauche a beaucoup œuvré, au siècle dernier, pour promouvoir la démocratie sociale. Elle doit instituer désormais<br />
la démocratie participative. </em>
</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La social-démocratie européenne, et en son sein le Parti socialiste français, sauront mener à bien cette troisième refondation. Ils en ont les ressources et la volonté. Tout le reste n&#8217;est qu&#8217;affaire de temps, car les causes de la crise de la social-démocratie contemporaine sont plus faciles à énoncer qu&#8217;à surmonter, les réponses plus faciles à exposer qu&#8217;à mettre en œuvre. Raison de plus pour ne pas perdre de temps.&nbsp;&raquo;</em></p>
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		<title>La Baffe européenne impose une recomposition française !</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Jun 2009 20:11:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une victoire prévue, celle de l&#8217;UMP, une percée inattendue et deux échecs : les élections européennes ont tourné en France à l&#8217;avantage de la majorité présidentielle qui s&#8217;impose mais dans un score qui ne lui laisse pas de réservoirs de voix pour d&#8217;autres élections&#8230; Le Parti socialiste est laminé, soyons honnêtes, talonné même par Europe Ecologie, qui fait quasi jeu égal. Le chef de file des listes écologistes, Daniel Cohn-Bendit, réussit son pari avec 16%, reléguant à la quatrième place le Mouvement Démocrate (MoDem) de François Bayrou, qui ne sera pas parvenu à rééditer le scénario de la présidentielle de 2007 mais qu&#8217;il ne faudra surtout pas entérer dans ce qu&#8217;il peut incarner aux yeux de l&#8217;électorat comme adversaire de Nicolas Sarkozy. L&#8217;UMP et ses alliés du Nouveau Centre, de La Gauche moderne et des Progressistes offrent au chef de l&#8217;Etat une victoire en trompe l&#8217;oeil opportune à mi-mandat, alors que sa cote de popularité reste au plus bas, dans un contexte d&#8217;abstention record de près de 60%. Martine Aubry, qui était confrontée dimanche à son premier test électoral six mois après le congrès de Reims, va devoir davantage imposer son autorité à la tête du Parti socialiste et imposer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-619" title="baffe" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/06/baffe-300x230.jpg" alt="baffe" width="300" height="230" />Une victoire prévue, celle de l&#8217;UMP, une percée inattendue et deux échecs : les élections européennes ont tourné en France à l&#8217;avantage de la majorité présidentielle qui s&#8217;impose mais dans un score qui ne lui laisse pas de réservoirs de voix pour d&#8217;autres élections&#8230; Le Parti socialiste est laminé, soyons honnêtes, talonné même par Europe Ecologie, qui fait quasi jeu égal.</p>
<p style="text-align: justify;">Le chef de file des listes écologistes, Daniel Cohn-Bendit, réussit son pari avec 16%, reléguant à la quatrième place le Mouvement Démocrate (MoDem) de François Bayrou, qui ne sera pas parvenu à rééditer le scénario de la présidentielle de 2007 mais qu&#8217;il ne faudra surtout pas entérer dans ce qu&#8217;il peut incarner aux yeux de l&#8217;électorat comme adversaire de Nicolas Sarkozy.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;UMP et ses alliés du Nouveau Centre, de La Gauche moderne et des Progressistes offrent au chef de l&#8217;Etat une victoire en trompe l&#8217;oeil opportune à mi-mandat, alors que sa cote de popularité reste au plus bas, dans un contexte d&#8217;abstention record de près de 60%.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Martine Aubry, qui était confrontée dimanche à son premier test électoral six mois après le congrès de Reims, va devoir davantage imposer son autorité à la tête du Parti socialiste et imposer une cure de jouvence telle qu&#8217;elle devrait s&#8217;apparenter à une vraie révolution. Il faudra pour les socialistes tout envisager, changement de ton, changements de sujets, retour sur les valeurs essentielles, changement de mots, changement de communication, changement d&#8217;hommes et de femmes, partout, à tous les étages, écoute assidue des &laquo;&nbsp;poils à gratter&nbsp;&raquo; quels qu&#8217;ils soient, rajeunissement des générations de dirigeants et d&#8217;élus, limitation du cumul des mandats&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Soyons clairs, le PS doit changer tant de choses que l&#8217;on peut être sceptique sur sa volonté ou capacité à s&#8217;auto-réformer&#8230; J&#8217;ai entendu Arnaud Montebourg, qui semble lucide, cela en fait au moins un, attendons la suite.</p>
<p style="text-align: justify;">
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<p style="text-align: justify;">Le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon et de Marie-George Buffet réussit son baptême électoral aux dépens du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d&#8217;Olivier Besancenot, qui lui aussi affrontait pour la première fois le verdict des urnes. Les électeurs d&#8217;une gauche qui aspire à gouverner peuvent être satisfaits de ce résultat là.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p>Nous avons du travail pour faire revenir les militants socialistes dans les réunions de sections, ouvrir les débats qui les intéressent et refonder une gauche de gouvernement.</p>
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		<title>L&#8217;homme qui fait peur et envie&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 21 May 2009 21:03:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il faut bien l&#8217;admettre, François Bayrou est sur toutes les lèvres, dans tous les stylos et ça n&#8217;est probablement pas près de s&#8217;arrêter. Il ne laisse personne indifférent à vrai dire, pas même moi. Il énerve les uns, séduit les autres, il inquiète par la place qu&#8217;il est en train de prendre sur l&#8217;échiquier politique. Il est incontournable, pour le moment&#8230; Pour ceux de mes lecteurs qui m&#8217;écrivent en me disant s&#8217;inquiéter que je ne parle pas des élections européennes, j&#8217;en glisserai un mot ce soir&#8230; François Bayrou s&#8217;est immiscé dans une campagne des élections européennes qui manque cruellement de débat et de souffle. Il a publié un livre en forme de réquisitoire contre le pouvoir actuel qui est remarquablement écrit (Abus de pouvoir), renouant ainsi avec une certaine tradition de &#171;&#160;lettres&#160;&#187; chez les prétendants au pouvoir suprême. Plus d&#8217;un socialiste aurait pu ou dû écrire un tel ouvrage. Cela aurait probablement fait une superbe opération de communication. Cela aurait fait aussi du bien aux bleus et à l&#8217;âme de biens des électeurs de droite ou de gauche, pour la plupart en souffrance même si c&#8217;est pour des raisons différentes. Il a indéniablement réussi à devenir, provisoirement ou durablement c&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-577" title="bayrou" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/05/bayrou-300x200.jpg" alt="bayrou" width="300" height="200" />Il faut bien l&#8217;admettre, François Bayrou est sur toutes les lèvres, dans tous les stylos et ça n&#8217;est probablement pas près de s&#8217;arrêter. Il ne laisse personne indifférent à vrai dire, pas même moi.</p>
<p style="text-align: justify;">Il énerve les uns, séduit les autres, il inquiète par la place qu&#8217;il est en train de prendre sur l&#8217;échiquier politique. Il est incontournable, pour le moment&#8230; Pour ceux de mes lecteurs qui m&#8217;écrivent en me disant s&#8217;inquiéter que je ne parle pas des élections européennes, j&#8217;en glisserai un mot ce soir&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">François Bayrou s&#8217;est immiscé dans une campagne des élections européennes qui manque cruellement de débat et de souffle. Il a publié un livre en forme de réquisitoire contre le pouvoir actuel qui est remarquablement écrit (Abus de pouvoir), renouant ainsi avec une certaine tradition de &laquo;&nbsp;lettres&nbsp;&raquo; chez les prétendants au pouvoir suprême. Plus d&#8217;un socialiste aurait pu ou dû écrire un tel ouvrage. Cela aurait probablement fait une superbe opération de communication. Cela aurait fait aussi du bien aux bleus et à l&#8217;âme de biens des électeurs de droite ou de gauche, pour la plupart en souffrance même si c&#8217;est pour des raisons différentes.<span id="more-520"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Il a indéniablement réussi à devenir, provisoirement ou durablement c&#8217;est là tout le débat, le plus farouche adversaire du président de la république actuel. D&#8217;une certaine façon, il n&#8217;a pas volé son succès. Mais en tant que socialiste, en tant qu&#8217;homme de gauche cela me met quelque peu en souffrance et cela me renvoie l&#8217;écho d&#8217;une souffrance immense qui est à l&#8217;œuvre dans le pays. Pour qu&#8217;un homme culturellement et politiquement de droite apparaisse comme l&#8217;adversaire le plus crédible d&#8217;un président d&#8217;ultra droite et qui a plongé la république en seulement deux ans dans une situation de brisure sociale probablement jamais vue et la république elle-même dans une situation de reniement total, c&#8217;est que l&#8217;heure est grave.</p>
<p style="text-align: justify;">Les idées de François Bayrou sont ce qu&#8217;elles sont mais convenons en tous, il prend une place, il utilise une dialectique, il prend une posture, il incarne une forme de résistance accomplie et habile que nous aimerions reconnaître chez plus d&#8217;un leader socialiste. Alors il ne me dupe pas, même si je reconnais plus d&#8217;une de ses qualités. Je ne lui vois à l&#8217;heure actuelle que peu de concurrents crédibles pour incarner à la fois le sens de l&#8217;État, la fibre sociale, une dimension internationale, une capacité à réconcilier les composantes de la société française, une capacité à porter des aspirations à priori contradictoires. A vrai dire, je ne vois qu&#8217;une seule personne à l&#8217;heure qu&#8217;il est, vous aurez deviné de qui je veux parler.</p>
<p style="text-align: justify;">Les adversaires de François Bayrou l&#8217;accusent de bien des maux mais qu&#8217;a-t-il fait, à part son boulot ? Le boulot des autres ? Peut-être, et il le fait bien ! Si il prend une place, c&#8217;est bien qu&#8217;elle est à prendre et je ne m&#8217;en réjouis pas. A nous, aux autres de la récupérer&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Daniel Cohn-Bendit,  dit de lui qu&#8217;il<em> &laquo;&nbsp;détourne la campagne pour sa course à l&#8217;Elysée&nbsp;&raquo;</em>, exact ! Martine Aubry lui reproche de ne pas avoir de programme, exact ! L&nbsp;&raquo;UMP stigmatise sa seule capacité <em>&laquo;&nbsp;de destruction&nbsp;&raquo;, </em>en partie exact<em> </em>! Pour tout le monde <span class="listLink">François Bayrou</span> est un danger car il est capable de gagner des voix dans tous les électorats.</p>
<p style="text-align: justify;">Un récent sondage donne 44% de personnes qui le voient devancer le ou la candidate socialiste lors de la prochaine élection présidentielle. Telles que les choses sont aujourd&#8217;hui, c&#8217;est très probable et je ne m&#8217;en satisfais pas. Les élections européennes viendront encore tirer une sonnette d&#8217;alarme mais je n&#8217;en dirai pas davantage pour m&#8217;éviter les foudres venues de partout. Je pense simplement que le PS peine donner un visage d&#8217;union, il peine à porter dans son discours l&#8217;imprégnation d&#8217;une colère sociale car la plus part des grands leaders sont trop éloignés de certaines réalités ou entourés de béni oui-oui, il ne sait allier une communication de terrain et simplifiée avec une communication médiatique vibrante comme les médias l&#8217;attendent. Forcément, l&#8217;alchimie ne peut pas se faire dans l&#8217;opinion. Mais d&#8217;autres le font. Attention car le traumatisme de 2002 n&#8217;est plus dans la tête des électeurs&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ces élections européennes, le PS surfe sur son &laquo;&nbsp;Manifeste&nbsp;&raquo; qui a été signé sans consultation militante et qui ne porte pas à mes yeux une ambition suffisante pour l&#8217;Europe. Il porte des listes qui ont été concoctées hors de tout processus pouvant susciter l&#8217;engouement et qui ont renoncé à représenter dignement la géographie française (l&#8217;exemple aquitain et girondin en est remarquable). Il a fait abstraction du référendum de 2005 et du suffrage populaire. Le résultat de ces ingrédients en est la déception générale même si bien peu peuvent le reconnaître ouvertement. Malgré cela, je ferai mon devoir le 7 juin.</p>
<p style="text-align: justify;">François Bayrou, lui, a ouvert le sillon de ses différences avec le pouvoir en place, il se pose en homme rassurant, il n&#8217;a même plus besoin d&#8217;annoncer un programme, il s&#8217;est placé fort judicieusement sur le terrain de la morale politique et républicaine, il manie des concepts qui rassemblent et qui sont actuellement malmenés ; il ne peut que continuer sa marche en avant.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;UMP s&#8217;inquiète aussi très fortement : face au Béarnais, Nicolas Sarkozy aurait bien du mal à trouver des réserves de voix pour un second tour. Effectivement, dans une telle configuration, on peut parier que Nicolas Sarkozy ne ferait pas un pli. Il faut dire qu&#8217;à trop vouloir jouer avec l&#8217;extrême gauche et en enfonçant le PS à outrance, il a en partie annihilé un clivage dont il pouvait en partie se nourrir. Il a directement renforcé François Bayrou, son adversaire le plus sérieux, à part&#8230; Laurent Fabius !</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le mal est fait et Nicolas Sarkozy aura bien du mal à tuer la &laquo;&nbsp;bête&nbsp;&raquo; qu&#8217;il a en partie créée. Et François Bayrou, devance les reproches tout en marquant une primauté de ton dans notre direction à nous, socialistes :  <em>&laquo;&nbsp;Nous considérons, non pas qu&#8217;il y a un droit d&#8217;opposition, mais qu&#8217;il y a un devoir d&#8217;opposition quand l&#8217;essentiel est en jeu. Je dis aux socialistes que s&#8217;ils ont renoncé à s&#8217;opposer sur l&#8217;essentiel de la politique gouvernementale, nous pas&nbsp;&raquo;</em>, a-t-il expliqué à ses militants le 17 mai, où il tenait une nouvelle convention sur le <em>&laquo;&nbsp;modèle européen&nbsp;&raquo;</em>. L&#8217;homme a visiblement réussi sa mue.</p>
<p style="text-align: justify;">Le président du MoDem refuse de distinguer le vote national du vote européen. <em>&laquo;&nbsp;Nous n&#8217;avons jamais voulu construire l&#8217;Europe pour effacer la France.&nbsp;&raquo;</em> Il appelle les électeurs à un double vote sanction : contre Nicolas Sarkozy et contre <span class="listLink">José Manuel</span> Barroso, le président en exercice de la Commission, qualifié de <em>&laquo;&nbsp;zombie&nbsp;&raquo;.</em> Martine Aubry avait elle tenté, sans succès, de mobiliser autour de ce double non.</p>
<p style="text-align: justify;">De quoi apporter de l&#8217;eau au moulin de ceux qui, au PS, veulent entrainer les militants vers le miroir aux alouettes d&#8217;une alliance. De quoi apporter aussi de l&#8217;eau au moulin de ceux qui, comme moi, veulent que le PS change de ton&#8230;</p>
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		<title>Les médias n&#8217;ont pas encore annoncé la mort de la laïcité française, assassinée le 16 avril 2009 par un certain Nicolas Sarkozy</title>
		<link>http://www.yannickserrano.fr/2009/04/30/les-medias-nont-pas-encore-annonce-la-mort-de-la-laicite-francaise-assassinee-le-16-avril-2009-par-un-certain-nicolas-sarkozy/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=les-medias-nont-pas-encore-annonce-la-mort-de-la-laicite-francaise-assassinee-le-16-avril-2009-par-un-certain-nicolas-sarkozy</link>
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		<pubDate>Thu, 30 Apr 2009 21:50:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
				<category><![CDATA[Laïcité et Citoyenneté]]></category>
		<category><![CDATA[Conseil constitutionnel]]></category>
		<category><![CDATA[décret 16 avril 2009]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement supérieur catholique]]></category>
		<category><![CDATA[François Bayrou]]></category>
		<category><![CDATA[jules ferry]]></category>
		<category><![CDATA[loi falloux]]></category>
		<category><![CDATA[processus de Bologne]]></category>
		<category><![CDATA[PS]]></category>
		<category><![CDATA[recours]]></category>
		<category><![CDATA[Saint-Siège]]></category>

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		<description><![CDATA[Episode 6 : Mettre fin aux socles républicains&#8230; Pour les lecteurs assidus, voici malheureusement l&#8217;épisode 6 des atteintes dramatiques à notre république démocratique et laïque. J&#8217;aurais préféré ne pas avoir à écrire celui-ci&#8230; Les nouveaux lecteurs pourront s&#8217;ils le souhaitent se plonger dans les billets précédents ou les archives pour trouver ce qui finit par constituer bien plus que des &#171;&#160;abus de pouvoir&#160;&#187; comme les appelle encore pudiquement François Bayrou et comme le qualifient de façon  encore insuffisamment ferme nos dirigeants socialistes, &#171;&#160;la dérive autoritaire. Il nous faudra bien l&#8217;admettre et le dénoncer clairement à un moment donné : la France a changé de régime. Petit rappel historique : Immédiatement, après avoir épuré de sa composante cléricale, le conseil supérieur de l’Instruction publique en votant la loi du 27 février 1880, la majorité républicaine issue des élections des 14 et 28 octobre 1877 et le ministre Jules Ferry portaient un nouveau coup à la loi Falloux du 15 mars 1850 modifiée par celle du 12 juillet 1875, adoptées l’une et l’autre par des assemblées monarchistes. Confiée depuis cinq ans à des jurys mixtes comprenant des membres du clergé, la collation des grades universitaires revenait désormais à l’Etat et à lui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="chapo" style="text-align: justify;"><em><strong><img class="alignleft size-medium wp-image-452" title="coup d'Etat" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/04/coupdetatale-238x300.png" alt="coup d'Etat" width="238" height="300" />Episode 6 : Mettre fin aux socles républicains&#8230;</strong></em></div>
<div class="chapo" style="text-align: justify;">Pour les lecteurs assidus, voici malheureusement l&#8217;épisode 6 des atteintes dramatiques à notre république démocratique et laïque. J&#8217;aurais préféré ne pas avoir à écrire celui-ci&#8230; Les nouveaux lecteurs pourront s&#8217;ils le souhaitent se plonger dans les billets précédents ou les archives pour trouver ce qui finit par constituer bien plus que des &laquo;&nbsp;abus de pouvoir&nbsp;&raquo; comme les appelle encore pudiquement François Bayrou et comme le qualifient de façon  encore insuffisamment ferme nos dirigeants socialistes, &laquo;&nbsp;la dérive autoritaire. Il nous faudra bien l&#8217;admettre et le dénoncer clairement à un moment donné : la France a changé de régime.<span id="more-441"></span></div>
<div class="chapo" style="text-align: justify;"><em><span style="text-decoration: underline;">Petit rappel historique</span> : Immédiatement, après avoir épuré de sa composante cléricale, le conseil supérieur de l’Instruction publique en votant la loi du 27 février 1880, la majorité républicaine issue des élections des 14 et 28 octobre 1877 et le ministre Jules Ferry portaient un nouveau coup à la loi Falloux du 15 mars 1850 modifiée par celle du 12 juillet 1875, adoptées l’une et l’autre par des assemblées monarchistes. Confiée depuis cinq ans à des jurys mixtes comprenant des membres du clergé, la collation des grades universitaires revenait désormais à l’Etat et à lui seul, conformément à la loi du 18 mars 1880. </em></div>
<div class="chapo" style="text-align: justify;">Jules Ferry clama alors avec force lors de la première séance du conseil supérieur laïcisé, que l’Université devenait <em>« un corps vivant, organisé et libre. »</em> Ce principe républicain essentiel fut tout le temps réaffirmé depuis. L’alinéa premier de l’article L. 613-1 du code de l’éducation, dans sa version issue de la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 actuellement en vigueur, décrit clairement que <em>« L’Etat a le monopole de la collation des grades et titres universitaires. »</em></div>
<div class="chapo" style="text-align: justify;"><em><span style="text-decoration: underline;">Le contexte :</span><br />
</em></div>
<div class="chapo" style="text-align: justify;"><strong>Après la mise à bas du pouvoir législatif, la rupture de l&#8217;indépendance du pouvoir judiciaire, la casse de l&#8217;équité fiscale,  l&#8217;instauration de la solidarité inversée (les pauvres en faveur des riches avec les  franchises médicales au profit  du bouclier fiscal),  un des derniers piliers de la République vient d’être abattu : la laïcité.</strong></div>
<div class="chapo" style="text-align: justify;">Cela au moment même où une série de « contre-réformes », toutes adoptées par décret, sans passer par la représentation nationale ou le suffrage populaire, contre l’avis de l’ensemble de la communauté universitaire, menacent de destruction l’université française publique et laïque et tout son système de formation non marchand.</div>
<div class="chapo" style="text-align: justify;">Comme quoi les choses que l&#8217;on croit les plus fortes et les plus durablement acquises peuvent être parfois défaites d&#8217;un petit trait de plume et avec le silence complice de certains médias&#8230;</div>
<div class="chapo" style="text-align: justify;"><em><span style="text-decoration: underline;">Les faits :</span></em></div>
<div class="chapo" style="text-align: justify;"><strong>Par l’effet d’un décret simple, la loi Falloux est en partie rétablie</strong>. Après en avoir été privée pendant 129 ans, l&#8217;église romaine retrouve le pouvoir d’intervenir dans la collation des grades universitaires. Ce fait intolérable est pourtant passé inaperçu, pas une ligne dans un journal, et plus grave, pas une déclaration d&#8217;un dirigeant socialiste ou de gauche. Comme quoi tout fout le camp&#8230; Mais ne soyons pas négatifs à ce point, ce blog étant lu par d&#8217;éminentes personnalités du journalisme et de la politique, ne doutons pas qu&#8217;il s&#8217;agissait simplement de contraintes d&#8217;assemblage de journaux ou de contraintes d&#8217;agenda !</div>
<div class="chapo" style="text-align: justify;">Ainsi <strong>par un décret du 16 avril 2009, le président de la République vient, de publier l’accord de Paris du 18 décembre 2008 (<a href="http://www.yannickserrano.fr/2008/12/22/scandale-diplomes-catholiques-reconnus-par-la-france/" target="_blank">lire mon article du 22 décembre 2008</a>) par lequel la France et le Saint-Siège ont entendu décliner au plan bilatéral le processus de Bologne </strong>initié par la convention du 11 avril 1997 sur la reconnaissance des qualifications relatives à l’enseignement supérieur dans la région <em class="spip">« Europe »</em>, ratifiée le 18 septembre 2000. L’une et l’autre acceptent de reconnaître mutuellement<em class="spip"> « des périodes d’études, des grades et des diplômes de l’enseignement supérieur délivrés sous l’autorité compétente de l’une des Parties »</em>. Cela semble anodin, et pourtant&#8230;</div>
<div class="chapo" style="text-align: justify;">Pour la République française, il s’agit bien sûr des <em class="spip">« grades et diplômes délivrés sous l’autorité de l’Etat par les établissements d’enseignement supérieur »</em>. Pour le Saint-Siège sont concernés ceux attribués par <em class="spip">« les Universités catholiques, les Facultés ecclésiastiques et les établissements d’enseignement supérieur dûment habilités par le Saint Siège » </em>!</div>
<div class="chapo" style="text-align: justify;"><strong>Le protocole additionnel à l’accord de Paris précise donc qu’entrent en particulier dans le champ d’application de ce dernier les diplômes ecclésiastiques de doctorat (niveau doctorat), de licence (niveau « master ») et de baccalauréat (niveau licence) obtenus dans les facultés ecclésiastiques qui, selon la constitution apostolique Sapiensa christiana de 1979, ont notamment pour objet de former des chercheurs, des professeurs d’universités et de séminaires, des chanceliers, des membres de tribunaux ecclésiastiques et d’autres titulaires d’offices, des conseillers d’évêques et de supérieurs religieux.</strong></div>
<div class="chapo" style="text-align: justify;">La ratification, par décret de l’accord du 18 décembre 2008, constitue un coup de force juridique inacceptable, disons le un coup d&#8217;Etat éducatif ! Il ne s’agit pas de la simple reconnaissance mutuelle des diplômes délivrés par les systèmes légaux d’enseignement supérieur de deux États liés par une convention internationale.</div>
<div class="chapo" style="text-align: justify;"><strong>Au mépris de la laïcité, l’accord de Paris conduit, en effet, la République française à légitimer des titres universitaires attribués par des établissements d’enseignement supérieur catholiques sur son territoire</strong>, ou sur le territoire d’autres États ne les reconnaissant pas nécessairement. Il ouvre ainsi une brèche dans le monopole de la collation par l’Etat, des grades universitaires, instituée par la loi du 18 mars 1880.</div>
<div class="chapo" style="text-align: justify;"><strong>Ce décret est disons le nettement anticonstitutionnel et il appartenait normalement au gouvernement de saisir le Parlement d’un projet de loi de ratification de l’accord de Paris en application de l’article 53 de la Constitution du 4 octobre 1958.</strong> Au lieu de cela, le président de la République a choisi de prendre en catimini un décret pour le faire entrer en vigueur.</div>
<div class="chapo" style="text-align: justify;">L’accord de Paris modifie bien implicitement mais nécessairement « des dispositions de nature législative ». La voie suivie évite donc la discussion du rétablissement partiel de la loi Falloux devant la représentation nationale. Nicolas Sarkozy a délibérément choisi de trahir la république car il ne la respecte pas dans ses fondements. J&#8217;espère que mes amis lecteurs, quels que soit leur rôle dans la société saisiront leurs collègues, leurs amis de ce problème qui à n&#8217;en pas douter soulèverait un tollé dans l&#8217;opinion publique française, pour peu qu&#8217;elle en soit informée&#8230; Le succès d&#8217;un recours devant le Conseil Constitutionnel ne fait pas l&#8217;ombre d&#8217;un doute, mais je ne suis qu&#8217;un petit citoyen de province ! Attendons la suite&#8230;</div>
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