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	<title>Yannick Serrano &#187; initiative</title>
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		<title>L&#8217;étouffement de la démocratie par le bas</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Jul 2009 20:58:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le moment semble venu pour le pouvoir sarkozyste et son bras armé l&#8217;UMP de limiter les contrepouvoirs détenus par les opposants politiques, le plus souvent socialistes. Comme la France n&#8217;est pas un pays où l&#8217;on puisse désormais installer un pouvoir autocratique avec aisance et que le français est un grognard par nature, le puissant Nicolas Sarkozy doit en passer par quelques stratagèmes afin de mettre en oeuvre son plan. Il dirige déjà le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif (voir l&#8217;épisode 5). Il s&#8217;apprête à &#171;&#160;reprendre en mains&#160;&#187; le pouvoir judiciaire (voir épisode 4 et là aussi) avec la réforme de la carte judiciaire et la fin annoncée du juge d&#8217;instruction. Il a la haute main sur les grands médias via ses amis proches qui possède de grands groupes de presse, via la chaîne de télévision affidée TF1, sa reprise en main du groupe France Télévision et la destruction programmée des rédactions régionales de France 3 qui sont un trop grand relais des mérites de collectivités territoriales et de leurs élus locaux (souvent de gauche) solidement ancrés dans la proximité citoyenne. Il met tranquillement en place la reprise en main des consciences et la mise à bas de l&#8217;éducation nationale [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-788" title="6a00fa96a53a4c00020110160b5b81860b-500pi" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/07/6a00fa96a53a4c00020110160b5b81860b-500pi-232x300.jpg" alt="6a00fa96a53a4c00020110160b5b81860b-500pi" width="232" height="300" />Le moment semble venu pour le pouvoir sarkozyste et son bras armé l&#8217;UMP de limiter les contrepouvoirs détenus par les opposants politiques, le plus souvent socialistes. Comme la France n&#8217;est pas un pays où l&#8217;on puisse désormais installer un pouvoir autocratique avec aisance et que le français est un grognard par nature, le puissant Nicolas Sarkozy doit en passer par quelques stratagèmes afin de mettre en oeuvre son plan.</p>
<p style="text-align: justify;">Il dirige déjà le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif (<a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/01/21/la-democratie-assassinee/" target="_blank">voir l&#8217;épisode 5</a>). Il s&#8217;apprête à &laquo;&nbsp;reprendre en mains&nbsp;&raquo; le pouvoir judiciaire (<a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/01/17/une-justice-aux-ordres/" target="_blank">voir épisode 4</a> et <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/01/06/la-fin-du-juge-dinstruction-decidee-par-nicolas-sarkozy-et-la-politisation-de-la-justice/" target="_blank">là aussi</a>) avec la réforme de la carte judiciaire et la fin annoncée du juge d&#8217;instruction. Il a la haute main sur les grands médias via ses amis proches qui possède de grands groupes de presse, via la chaîne de télévision affidée TF1, sa reprise en main du groupe France Télévision et la destruction programmée des rédactions régionales de France 3 qui sont un trop grand relais des mérites de collectivités territoriales et de leurs élus locaux (souvent de gauche) solidement ancrés dans la proximité citoyenne. Il met tranquillement en place la reprise en main des consciences et la mise à bas de l&#8217;éducation nationale sans plus d&#8217;écho médiatique (<a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/04/30/les-medias-nont-pas-encore-annonce-la-mort-de-la-laicite-francaise-assassinee-le-16-avril-2009-par-un-certain-nicolas-sarkozy/" target="_blank">voir épisode 6</a>).</p>
<p style="text-align: justify;">Nicolas 1er a annoncé et bien relayé une politique de relance que financent les collectivités territoriales mais cela n&#8217;est pas suffisant, il ne tient pas la haute main dessus et comme elles ne savent pas organiser une défense à la hauteur de l&#8217;enjeu en vantant leurs propres mérites, autant profiter de leur insuffisance stratégique. Nicolas Sarkozy s&#8217;apprête donc à écrire le prochain épisode de notre saga de mise au pas de la société française, la contre-révolution est bien en marche.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Episode 7 </strong></em></span>: Juste après le redécoupage électoral qui vient de signer qu&#8217;avec 48% de suffrages la droite gouvernera la France alors qu&#8217;il en faudra près de 52% à la gauche pour devenir majoritaire, il faut donc étouffer la démocratie de proximité qui a trop tendance à désigner des élus réfractaires au néoconservatisme. Ces élus locaux sont des freins à la nouvelle ampleur que Nicolas sarkozy souhaite donner à sa politique de mise à bas des services publics nationaux et territoriaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Après avoir avancé dans un premier temps la suppression des départements, le président de la république a reculé devant le tollé suscité et la parution de sondages démontrant largement l&#8217;attachement des français à cette structure territoriale essentielle en termes de services de proximité, de lien et de soutien aux communes ou multiples acteurs locaux. Qu&#8217;à cela ne tienne, Nicolas Sarkozy a endormi son monde et procèdera donc en plusieurs phases. Puisqu&#8217;on ne peut supprimer l&#8217;échelon aussi facilement, on va donc le dépecer en jouant sur la création des agglomérations aux pouvoirs largement renforcés et qui qui préempteront les missions et moyens des départements sur leur périmètre. Egalement on reverra habilement le découpage des cantons et la création des conseillers territoriaux finira progressivement d&#8217;éloigner les gêneurs des citoyens et de leur électorat. L&#8217;esprit est identique pour ce qui est de la suppression de la clause de compétence générale envisagée au prétexte d&#8217;éviter les financements croisés et le saupoudrage territorial.</p>
<p style="text-align: justify;">En la supprimant, malgré les prétextes avancés par la droite, on empêchera les départements d&#8217;intervenir dans des domaines qui ne font pas partie de leurs missions premières. Alors qu&#8217;il suffirait de revoir les compétences des collectivités et de désigner sur celles-ci un collectivité chef de file avec une conférence régionale et départemental des exécutifs, on lance en fait une vraie guerre politique. Après quelques années de ce régime, les petites mairies, les associations, les communautés de communes n&#8217;auront plus aucune raison de soutenir un échelon territorial réduit à la portion congrue et qui ne leur apportera plus rien&#8230; les citoyens quant à eux, auront fini de soutenir &laquo;&nbsp;moralement&nbsp;&raquo; cette institution devenue inutile et &laquo;&nbsp;coûteuse&nbsp;&raquo;&#8230; Problème, in fine le projet gouvernemental se heurte à la constitution qui imposerait une révision constitutionnelle devenue impossible par une majorité des 3/5èmes perdue par la droite du fait de large victoire de la gauche aux dernières élections sénatoriales. Mais Nicolas Sarkozy, pourrait décider d&#8217;en passer par référendum une fois le dépeçage des départements réalisés et donc leur inutilitée démontrée !&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">La suppression de quantité d&#8217;élus récalcitrants passera aussi par la création de conseillers territoriaux.Là aussi, Nicolas Sarkozy est malin. le projet faisait partie du programme de François Bayrou en 2007 et ainsi, il aura beaucoup de peine à s&#8217;opposer à ce projet, un de moins. On peut aussi dire que c&#8217;est une preuve ou disons un indice attestant de la droititude profonde du béarnais, malgré ses envolées lyriques aux accents gauchisants. Les conseillers territoriaux seraient renouvelés intégralement tous les six ans et rééligibles, alors qu’actuellement, les élus des départements sont aujourd’hui renouvelés de moitié tous les trois ans. Pour le moment, le flou règne sur le périmètre de leur circonscription élective, sur le redécoupage inévitable que cela imposerait sur les cantons restants, et sur le mode de scrutin visant à élire ensuite conseillers territoriaux et les conseillers généraux restants&#8230; Après le redécoupage de la carte actuelle des 4 000 cantons en nouvelles circonscriptions de 20 000 habitants, les conseillers généraux-territoriaux pourraient être élus au scrutin uninominal dans les zones rurales et au scrutin proportionnel de liste à un tour dans les zones urbaines. (je n&#8217;évoquerai même pas le caractère probablement inconstitutionnel d&#8217;une telle disposition, nous aurons très certainement l&#8217;occasion d&#8217;y revenir plus tard)</p>
<p style="text-align: justify;">Au passage, on notera que les conseillers territoriaux exerceraient &laquo;&nbsp;deux fonctions&nbsp;&raquo; mais un seul mandat !&#8230; Est-ce à dire qu&#8217;il ne devraient se consacrer à ce seul mandat ou qu&#8217;ils auraient la porte ouverte à l&#8217;exercice d&#8217;un deuxième-troisième mandat ?&#8230; Une chose est certains, la droite ne peut et ne veut se contenter d&#8217;attendre le moment où elle pourra &laquo;&nbsp;officiellement&nbsp;&raquo; supprimer les départements. Elle souhaite donc faire un tour de passe-passe démocratique en envisageant un mode de scrutin proportionnel à un tour qui lui permettrait de récupérer &laquo;&nbsp;sur tapis vert&nbsp;&raquo; la direction des exécutifs locaux&nbsp;&raquo;. Si j&#8217;osais, je dirais que c&#8217;est comme pour feu le projet de vins rosés obtenus par coupage&#8230; ça aurait la couleur de la démocratie, ça aurait aussi de prime abord le goût de la démocratie mais ce serait pourtant un véritable coup d&#8217;état démocratique ! mais on nous dira que le petit Nicolas n&#8217;a aucune tentation monarchique ou autoritaire&#8230; On nous caricaturera, nous socialistes en nous traitant d&#8217;archaïques&#8230; Pourtant il s&#8217;agira bien d&#8217;offrir ni plus ni moins le gâteau au parti du président. <em><a href="http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-ump-veut-supprimer-les-seconds-59528" target="_blank">(Lire sur ce point l’article d’Antoine Vielliard </a></em><em><a href="http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-ump-veut-supprimer-les-seconds-59528" target="_blank">UMP veut supprimer les seconds tours qu’elle perd&nbsp;&raquo;)</a></em></p>
<p style="text-align: justify;">Bref, seule demeurerait la clause de compétence des communes, pour épater la galerie et duper les &laquo;&nbsp;analphabètes&nbsp;&raquo;. La question de la fiscalité locale n&#8217;étant pas réglée concomitamment à toute réforme sérieuse des collectivités et étant entendu que la création ou le renforcement des intercommunalités en lien avec la création de supra-agglomérations supprimant quantité de communes au profit de &laquo;&nbsp;mairie d&#8217;arrondissements&nbsp;&raquo; aux compétences et moyens moindres, la clause de compétence générale des mairies restantes seraient de la pure &laquo;&nbsp;barbouzerie&nbsp;&raquo; construite pour endormir les maires et les citoyens peu avertis ! Sur l&#8217;intercommunalité en général, le projet fixe au 31 décembre 2011 l&#8217;achèvement de la carte de l&#8217;intercommunale et donne aussi aux préfets des pouvoirs accrus d&#8217;initiative&#8230; Il va bien falloir aux communes, et donc aux élus maires de chef-lieux d&#8217;intercommunalité de moyenne importance préparer cela pour éviter des surprises désagréables et résister à la future hyper-importance des métropoles (Libournais, Bassin d&#8217;Arcachon, Langonnais par exemple en Gironde)&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-weight: normal;">La collectivité nouvellement créée dite &laquo;&nbsp;métropole&nbsp;&raquo; dans les agglomérations de plus de 400 000 ou 500 000 habitants (exemple la Gironde et Bordeaux) remplacerait bien les départements et disperserait toute lisibilité de l&#8217;action publique, effacerait d&#8217;un coup tout accès simple pour le citoyen en terme de &laquo;&nbsp;guichet&nbsp;&raquo;. Ces métropoles seraient dotées, au minimum, de l’ensemble des compétences des conseils généraux et des communautés urbaines. On ne connaît pas encore, même si on en devine certains contours, le périmètre des métropoles. Prenons un cas d&#8217;espèce qui ne tienne pas compte de l&#8217;élargissement très probable de la CUB (exemple girondin). Un citoyen lambda qui résiderait sur la commune de Bègles et qui aujourd&#8217;hui est pris en charge socialement par sa commission locale d&#8217;insertion de secteur (dépendant du conseil général). Demain, il dépendrait de la CUB devenue métropole avec quels changements ? quelle prise en charge ?&#8230; Ce citoyen déménage pour habiter Créon. Où seront ses repères pour le suivi de son dossier social et son insertion ?&#8230; A moins que&#8230; Créon soit absorbée très prochainement par la CUB (oh pardon, la métropole bordelaise)&#8230;</span></strong></p>
<p><strong><span style="font-weight: normal;">Enfin, pour rester dans l&#8217;essentiel, l’avant projet de loi prévoit enfin un achèvement de la carte intercommunale d’ici au 1er janvier de l’année 2014 en facilitant un certain nombre de procédures de dissolution ou de fusion.</span></strong></p>
<div style="text-align: justify;">
<p>Face à ses enjeux essentiels pour l&#8217;avenir des collectivités, des associations, des citoyens et de toutes les forces vives les élus tentent de réagir, avec dispersion, manque de pédagogie citoyenne et un sens de la communication politique ou stratégique aléatoire. On peut le comprendre tant il s&#8217;agit d&#8217;une guerre à mener sur plusieurs fronts.</p>
<p>Il est nécessaire de redonner du mordant aux méthodes de militantisme et d&#8217;action politique nationale ou de proximité. Quelques élus ont compris la hauteur des enjeux, parmi eux, le maire de Créon, Jean-Marie Darmian, a su oser une méthode novatrice, participative et pleinement responsabilisante pour les citoyens. Ainsi, <a href="http://www.jeanmariedarmian.fr/?p=795" target="_blank">il a prévu d&#8217;organiser une conseil municipal extraordinaire le 6 août 2009 avec au menu l&#8217;organisation d&#8217;un référendum d&#8217;initiative locale sur la réforme des collectivités</a> (la loi permet cela mais les élus ne veulent, n&#8217;osent ou ne pensent à utiliser certains ressorts que la loi leur permet encore). Il interrogera donc directement les Créonnais sur leur souhait d&#8217;intégrer ou non la future métropole bordelaise. cela reviendrait dans la réalité à supprimer la commune de Créon telle que les créonnais la connaisse aujourd&#8217;hui. Il en serait fini, entre autre, de la proximité et les Créonnais pourraient ainsi se rendre au centre de Bordeaux pour espérer avoir l&#8217;écoute d&#8217;un élu ou d&#8217;un fonctionnaire local&#8230; Les Créonnais devraient donc voter le 18 octobre 2009 pour dire au Préfet et au gouvernement ce qu&#8217;ils veulent pour leur avenir. le scrutin n&#8217;aura pas valeur de décision mais la mobilisation qu&#8217;il suscitera, et son résultat, pourrait être un indicateur fort d&#8217;action pour les élus locaux ou nationaux et pour les collectivités (départements et régions) qui pourraient, sur ce modèle, avoir l&#8217;avantage de la plus pure expression démocratique pour faire pression sur un pouvoir de plus en plus autoritaire et autiste. Et en matière de &laquo;&nbsp;sondage&nbsp;&raquo;, cela aurait une autre ampleur qu&#8217;un sondage &laquo;&nbsp;opinionway&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<div id="attachment_787" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-787" title="&quot;salut sarkozy&quot;" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/07/6a00fa96a53a4c000201101650330b860c-500pi-300x208.jpg" alt="Curieuse expression de nicolas sarkozy, non ?..." width="300" height="208" /><p class="wp-caption-text">Curieuse expression de nicolas sarkozy, non ?...</p></div>
<p>Le projet de loi de réforme territoriale constituera évidemment un des grands rendez-vous politiques de la rentrée. Il porte en lui les germes d&#8217;un parti sectaire, largement antirépublicain (l&#8217;UMP) et qui veut offrir la république à une caste et au privé. Il partagera l&#8217;actualité avec d&#8217;autres régressions démocratiques programmées comme la suppression des juges d&#8217;instructions, l&#8217;atteinte majeure à la laïcité républicaine et la future privatisation de l&#8217;éducation à travers la <a href="http://www.laicite-laligue.org/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=1160&amp;Itemid=347" target="_blank">&laquo;&nbsp;Loi Carle&nbsp;&raquo;</a> (en septembre au parlement), la loi Hadopi II&#8230;</div>
<p style="text-align: justify;">Dans tous les cas, je crois que nous aurons malheureusement l&#8217;occasion de revenir sur tout cela pour écrire l&#8217;épisode 8 de notre saga de la contre-révolution sarkozyste ! Bonnes vacances et à très bientôt.</p>
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		<title>Le PS perdu entre la &#171;&#160;Valls&#160;&#187; des amabilités et des étiquettes ?</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Jul 2009 16:27:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-735" title="valls" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/07/valls-228x300.jpg" alt="valls" width="228" height="300" />Après que Martine Aubry ait subitement décidé d&#8217;écrire à Manuel Valls pour lui signifier l&#8217;emplacement de la ligne jaune et que ce dernier ait répondu à la première secrétaire, le PS est &laquo;&nbsp;à nouveau&nbsp;&raquo; plongé dans ses divisions, tant et tant que l&#8217;on ne sait plus guère quel est le véritable objet du problème. Avant d&#8217;aller plus loin, voici ci-dessous les missives de Martine Aubry et Manuel Valls.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Cher Manuel,<br />
Notre Parti a besoin de chacun des socialistes pour contribuer à son redressement après des années difficiles ponctuées par trois échecs à la présidentielle et un Congrès de Reims difficile qui a laissé une image déplorable de notre parti.<br />
Au congrès, les militants nous ont demandé avec force de jouer notre rôle de principal parti d’opposition, c&#8217;est-à-dire de dénoncer ce qui nous apparaît injuste, ou inefficace, et de proposer une alternative qu’attend aujourd’hui notre pays. Ils nous ont aussi demandé de nous réunir et de parler d’une même voix.<br />
Depuis cette date, et personne ne le conteste, le parti s’est remis au travail, s’est ouvert sur la société et a su porter des propositions fortes. Nos parlementaires mènent depuis plusieurs mois un travail coordonné et tout à fait remarquable.<br />
Par ailleurs, j’ai mis toute mon énergie à rassembler les diverses sensibilités dans le respect de la ligne politique définie par le Congrès de Reims. Je suis d’ailleurs heureuse des relations de confiance qui me permettent de débattre en toute sérénité avec Ségolène Royal.<br />
A la suite des élections européennes, nous avons défini notre feuille de route, en nous attelant à deux tâches essentielles : la préparation du projet et le rassemblement de la Gauche.<br />
Le séminaire de Marcoussis a constitué le coup d’envoi de ce travail collectif. Chacun a reconnu la qualité du débat qui nous a rassemblés.<br />
Par ailleurs, après de nombreux contacts avec nos partenaires de la gauche, j’ai écrit à chacun d’entre eux pour engager une nouvelle démarche de rassemblement, fondée sur les idées comme sur la stratégie politique.<br />
Force est de constater que ce travail collectif pour moderniser nos idées est contrarié chaque jour par la cacophonie d’expressions isolées -d’ailleurs le plus souvent contradictoires-, et par des initiatives solitaires prenant le contrepied des positions de notre Parti.<br />
S’engager dans un Parti, c’est un acte d’adhésion à des valeurs et des pratiques communes, mais c’est aussi &#8211; qui plus est dans un parti démocratique  comme le nôtre-, accepter de débattre en son sein, d’y apporter ses idées et ses réflexions, et lorsque la décision est prise de la respecter et la porter dans l’opinion.<br />
On ne peut utiliser un Parti pour obtenir des mandats et des succès, en s’appuyant sur la force et la légitimité d’une organisation collective, et s’en affranchir pour exister dans les médias à des fins de promotion personnelle. On n’appartient pas à un Parti pour s’en servir mais pour le servir. Les militants et même les français exigent de nous du travail, du courage et des idées.<br />
Il n’y a pas un jour, mon cher Manuel, où tu n’expliques aux médias que notre parti est en crise profonde, qu’il va disparaître et qu’il ne mérite pas de se redresser. Paradoxalement, tu t’appuies sur nos règles collectives pour appeler à « l’insurrection militante ».<br />
Les militants, eux, ont un souhait, c’est que tu mettes ton intelligence et ton engagement au service du Parti et donc des Français. Tes propos, loin d’apporter une solution, portent atteinte à tous les militants et à tous les dirigeants, qui aujourd’hui travaillent à retrouver la confiance avec nos concitoyens.<br />
Tu donnes l’impression d’attendre, voire d’espérer la fin du Parti Socialiste.<br />
Mon cher Manuel, s’il s’agit pour toi de tirer la sonnette d’alarme par rapport à un Parti auquel tu tiens, alors tu dois cesser ces propos publics et apporter en notre sein tes idées et ton engagement. Si les propos que tu exprimes, reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti Socialiste.<br />
Je ne peux, en tant que première secrétaire, accepter qu’il soit porté atteinte au travail que nous avons le devoir de réaliser. La discipline n’est pas la police des idées, mais la condition de la cohésion et de la réussite d’une équipe.<br />
C’est un moment de vérité. Je te demande de me faire part de ton choix dans les jours qui viennent, et d’en assumer toutes les conséquences pour l’avenir.<br />
Avec toute mon amitié.<br />
Martine AUBRY</em></p>
</blockquote>
<div>
<p><em>La réponse de manuel Valls ne s&#8217;est pas faite attendre et sonne comme une fin de non recevoir&#8230;</em></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em> </em><em>Chère Martine,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em><em>J&#8217;ai lu avec étonnement la lettre dans laquelle tu m&#8217;adresses tes amitiés et m&#8217;enjoins&#8230; de me taire ou de quitter le Parti socialiste.<br />
J&#8217;ai conscience des difficultés de ton rôle et de sa part ingrate. Personne n&#8217;a oublié les circonstances exceptionnelles de notre dernier congrès. Beaucoup de forces se sont alors mobilisées pour étouffer l&#8217;indispensable démarche de rénovation. Après le désastre électoral du 7 juin dernier, je ne suis pas étonné que ces mêmes forces te demandent aujourd&#8217;hui d&#8217;imposer le silence dans les rangs.<br />
Je suis surpris, par contre, par la méthode. Pourquoi avoir transmis simultanément ta lettre à la rédaction du Parisien ? L&#8217;objectif affiché par ton courrier n&#8217;est-il pas de clore l&#8217;ensemble de nos débats à l&#8217;abri des huis clos ? L&#8217;urgence était-elle donc telle qu&#8217;il ait fallu reprendre la plume pour masquer le cuisant échec d&#8217;une récente initiative épistolaire à l&#8217;attention des autres partis de gauche ?<br />
Mais je veux te répondre sur l&#8217;essentiel.<br />
Tu me soupçonnes « d&#8217;espérer la fin du Parti socialiste ». J&#8217;y suis rentré à l&#8217;âge de 18 ans et j&#8217;y consacre ma vie. Sans jamais renoncer à mes convictions, j&#8217;y ai exercé de multiples responsabilités et j&#8217;en suis l&#8217;élu depuis 1986. Et contrairement à certains qui s&#8217;érigent aujourd&#8217;hui en grands sages, j&#8217;ai toujours respecté, quoiqu&#8217;il ait pu m&#8217;en coûter, le choix des militants et les règles de vote de notre groupe parlementaire dont je suis aussi l&#8217;un des animateurs.<br />
Ton procès d&#8217;intention relève donc, au mieux, de la désinformation et, au pire, de l&#8217;insulte. S&#8217;il y a une chose dont j&#8217;espère la fin, ce n&#8217;est pas celle d&#8217;une formation qui garde encore l&#8217;honneur d&#8217;être le pivot de la gauche ; c&#8217;est celle d&#8217;une machine à perdre qui détruit l&#8217;espoir mis par nos concitoyens dans le progrès social.<br />
Tu affirmes que notre « parti s&#8217;est remis au travail, s&#8217;est ouvert sur la société et a su porter des propositions fortes » depuis le congrès de Reims. Malgré un dévouement et une bonne volonté  que je ne mets pas en cause, force est pourtant de constater, pour l&#8217;heure, que ce travail et ces propositions n&#8217;ont pas convaincu nos compatriotes. Je suis frappé que tu n&#8217;évoques nulle part, dans ta lettre, les résultats du scrutin européen. Pourquoi un tel déni ? Faut-il que le désaveu ait été si cruel pour justifier un tel refoulement ?<br />
Il est vain de m&#8217;accuser qu&#8217;« il n&#8217;y a pas un jour, où [je] n&#8217;explique [...] que notre parti est en crise profonde ». La crise de notre parti – qui est aussi celle de la social-démocratie européenne – n&#8217;est pas de mon fait ; elle a été établie et sanctionnée par nos concitoyens eux-mêmes lors de toutes les échéances électorales majeures depuis 2002. Et si cette vérité dérange notre confort et nos certitudes, je prendrai toujours le risque, pour ma part – et avec bien d&#8217;autres – de l&#8217;assumer. Quel que soit le prix à payer, je ne me ferai pas le silencieux complice de l&#8217;aveuglement. C&#8217;est un choix éthique qui relève de ma conscience et qui donne sens à mon engagement. Je te confirme donc que mes propos reflètent bien ma pensée !<br />
Il est également malhonnête de sous-entendre que je réserve ma parole « aux médias ». Avec une égale constance, je m&#8217;exprime à l&#8217;intérieur comme à l&#8217;extérieur de notre parti. Et si cette parole rencontre davantage d&#8217;écho hors les murs, c&#8217;est qu&#8217;elle entre en résonance avec des aspirations et des interrogations que l&#8217;on voudrait bien étouffer.<br />
Ma chère Martine, tu l&#8217;auras compris, je ne renoncerai donc jamais à l&#8217;ambition collective de définir un nouveau projet pour la gauche – d&#8217;autant que je suis convaincu que nous pouvons gagner en 2012 et battre Nicolas Sarkozy. A travers mes ouvrages et mon expression publique, sans vouloir imposer une vérité, je me place toujours sur le terrain des idées et des propositions : école, retraites, sécurité, culture, entreprise, nouvelle ville&#8230; C&#8217;est cet effort que j&#8217;ai souhaité amplifier – et je tiens à t&#8217;adresser, une nouvelle fois, mon intervention faite le mois dernier au Théâtre Michel ; et c&#8217;est cet effort que j&#8217;entends bien poursuivre au cours des prochaines années en m&#8217;appuyant sur l&#8217;expérience de nos élus locaux, la générosité de nos militants, l&#8217;attente de nos sympathisants et aussi sur les travaux de nos clubs de réflexions.<br />
Oui, pour redonner une envie de gauche, je pense qu&#8217;il faut transformer profondément notre formation, l&#8217;ouvrir réellement à la société et être clair sur des alliances qui ne doivent pas être déterminées au cas par cas.<br />
L&#8217;idée selon laquelle un parti peut être à lui-seul porteur d&#8217;un projet clé en main pour transformer la société est aujourd&#8217;hui dépassée. Son action est désormais plus horizontale que verticale à l&#8217;instar de la révolution internet. La mise en place de primaires s&#8217;inscrit parfaitement dans cette évolution. A la lecture de ta lettre, je ne te cache pas ma profonde inquiétude sur ta conception très datée du parti.<br />
Pour la gauche, l&#8217;urgence est de redessiner, avec les français, une perspective qui suscite, à nouveau, l’espérance. En partant de notre traditionnelle ligne de clivage avec la droite – l&#8217;appréciation différente de l&#8217;origine des inégalités entre les hommes – je m&#8217;efforcerai, avec tous ceux qui voudront en faire l&#8217;effort, de jeter les bases d&#8217;un nouveau modèle de développement pour le 21ème siècle. Donner à chaque individu les moyens de son autonomie devrait devenir la nouvelle frontière de la gauche.<br />
« Je me révolte donc nous sommes » disait Albert Camus. Par cette formule, il établissait une dialectique originale entre l&#8217;individuel et le collectif. J&#8217;espère que tu pourras aussi y voir, comme moi, une source d&#8217;encouragement et d&#8217;espoir.<br />
Et puisque tu me sommes de donner une réponse claire à ton ultimatum, je t&#8217;informe que j&#8217;entends bien rester fidèle à mon poste, à ma famille politique et à mes valeurs. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em><em>Avec toute mon amitié,<br />
Manuel VALLS<br />
Député de l&#8217;Essonne, Maire d&#8217;Évry</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><br />
</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Sur le fond, évidemment, je partage le rappel à l&#8217;ordre effectué par Martine Aubry et il y a bien longtemps que les militants socialistes sont en attente d&#8217;une attitude ferme à l&#8217;égard des &laquo;&nbsp;droitistes&nbsp;&raquo; du PS qui se permettent de dire, écrire partout les pires cochoneries sans être inquiétés le moins du monde. Et il y a bien longtemps que des rappels à l&#8217;ordre auraient dû avoir lieu.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur la forme on peut s&#8217;interroger sur le moment auquel survient cette offensive directe de Martine Aubry. Manuel Valls n&#8217;a rien dit depuis ces derniers jours, qu&#8217;il ne défende déjà depuis assez longtemps&#8230; On a même eu l&#8217;occasion d&#8217;entendre le même langage, les mêmes idées, les mêmes propositions dans la bouche d&#8217;autres membres de la direction actuelle ou passée. Je me rappelle avoir eu un échange assez rugueux avec Pierre Moscovici à La Rochelle quand il proposa devant les militants socialistes et devant les journalistes rassemblés de renommer le PS en &laquo;&nbsp;Parti Démocrate&nbsp;&raquo;&#8230; François Hollande était alors premier secrétaire et il n&#8217;y eut aucun rappel à l&#8217;ordre !</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est dire si le moment, les raisons officielles ou stratégiques pour ce rappel à l&#8217;ordre sont mal choisis. On sent bien que notre parti est dans une souffrance extrême et qu&#8217;il ne sait comment affronter sa propre rénovation. Cela me fait penser avec amusement à Marie-Antoinette, il faut bien en rire quand on a passé le stade de la déprime politique que tout cela peut valoir. &laquo;&nbsp;le peuple a faim et il n&#8217;y a plus de pain, qu&#8217;il mange de la brioche&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi le PS n&#8217;a-t-il pas bombé le torse au moment de la réforme constitutionnelle et viré Jack Lang ? A lui seul, il a causé plus de tort au PS et à l&#8217;opposition parlementaire que 10 Manuel Valls ! Grâce à mister Jack, la réforme adoptée casse toute la dynamique d&#8217;opposition des députés socialistes et permet à Nicolas Sarkozy de casser et la république et tous les équilibres sociaux (cf. hier la loi sur le travail dominical, demain Hadopi 2 et les retraites&#8230;).</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, à travers ce modeste exemple, nous pourrions en citer des dizaines, vous voyez bien que l&#8217;on marche sur la tête !</p>
<p style="text-align: justify;">La seule chose qui conviendrait à notre grand PS, ce serait de convoquer au minimum des états généraux du socialisme (avec les militants), réfléchir et trancher une ligne politique quelle qu&#8217;elle soit et ensuite repartir avec force au combat et ensuite virer les indélicats.</p>
<p style="text-align: justify;">Je serai, de mon côté, partisan, &laquo;&nbsp;d&#8217;états généraux de la gauche&nbsp;&raquo; inconditionnels élargis aux autres formations qui se reconnaissent dans le socialisme (sans définition précise volontairement). Pourraient y être associés militants et sympathisants de toutes les formations pour créer une vaste dynamique nationale d&#8217;élaboration collective et républicaine. Nous aurions là quelque chose qui aurait de la gueule et dont le PS ne doit pas avoir la crainte de sortir anéanti. Quand on est comme nous et à ce point, repliés et craintifs, on est généralement assuré de se bananer et de ne pas avoir l&#8217;énergie de la victoire intellectuelle et politique. C&#8217;est bien cela qui est très inquiétant.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous devrions faire cela et ainsi nous affranchir des problèmes de &laquo;&nbsp;vivre ensemble&nbsp;&raquo; internes au PS et aux autres formations de gauche ou de l&#8217;écologie. Créer une immense exploration de la gauche et ensuite voir ce qui est le creuset d&#8217;une gauche unie et volontaire de combats. Nous aurions vraisemblablement deux trajectoires, deux formations distinctes qui en découleraient mais nous saurions exactement sur la base de quoi, qui se divise. Nous saurions sur la base de quoi créer des points d&#8217;accord pour une future gouvernance commune et avec qui.</p>
<p style="text-align: justify;">Au lieu de cela nous inventons des formules alambiquées qui n&#8217;aboutiront à pas grand chose, si ce n&#8217;est d&#8217;énièmes colères et divisions, probablement même une scission du PS en deux ou trois fragments qui séparés seront insignifiants&#8230; Au bout du chemin, les &laquo;&nbsp;primaires&nbsp;&raquo; chères à Arnaud Montebourg aboutiront à une bérézina monumentale et nous en reprendrons pour 20 ans de droite dure.</p>
<p style="text-align: justify;">Regardons ensemble et sans part pris idéologique ces quelques réactions de &laquo;&nbsp;notables&nbsp;&raquo; socialistes à la querelle valls-aubry (qui en arrange plus d&#8217;un&#8230;).</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Les proches de Valls dénoncent eux l&#8217;autoritarisme de la maire de Lille.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Harlem Désir</strong> a déclaré que &laquo;&nbsp;Martine Aubry a dit tout haut ce que pensent de nombreux militants. On a besoin d&#8217;un rappel aux règles collectives dans un parti où certains donnent l&#8217;impression de vouloir jouer en permanence contre leur propre camp&nbsp;&raquo;.</em></p>
</blockquote>
</div>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Le patron de la fédération PS des Bouches-du-Rhône, <strong>Jean-Noël Guérini</strong>, a critiqué la mise en demeure :&nbsp;&raquo;Je souhaite que la raison l&#8217;emporte et qu&#8217;ils se rencontrent très rapidement et qu&#8217;on trouve les solutions adaptées.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le sénateur-maire PS de Lyon, <strong>Gérard Collomb</strong>, a estimé que &laquo;&nbsp;pour que le Parti Socialiste retrouve une crédibilité dans l&#8217;opinion publique, il ne convient pas d&#8217;étouffer le débat mais de lui donner de la profondeur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;Martine Aubry a raison: stop à la cacophonie pour pouvoir parler de sujets sérieux&nbsp;&raquo;, a déclaré <strong>Marylise Lebranchu</strong>, dans les couloirs de l&#8217;Assemblée nationale. &laquo;&nbsp;C&#8217;est un acte d&#8217;autorité attendu, salutaire&nbsp;&raquo;a-t-elle ajouté.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;Je ne suis pas en accord avec beaucoup de choses que dit Manuel Valls. En revanche, je pense qu&#8217;il a droit de le dire et qu&#8217;il faut qu&#8217;il le dise&nbsp;&raquo;, a déclaré pour sa part <strong>Gaëtan Gorce</strong>, ex-soutien de Ségolène Royal. &laquo;&nbsp;Il ne faut pas un Parti socialiste qui se referme sur lui-même comme le Parti communiste d&#8217;il y a une vingtaine d&#8217;années&nbsp;&raquo;.</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Il y a tant et tant de raisons personnelles ou idéologiques de s&#8217;étriper ou que rien n&#8217;avance pour tant de nos leaders qu&#8217;il ne nous est plus possible que d&#8217;envisager<em>, </em>non plus un aggiornamento, mais un chantier vaste et ouvert à toute la gauche avec pour objectif de redevenir ou de devenir une gauche de gouvernement.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant que le PS travaille au fond ou s&#8217;étripe pour de bonnes raisons sur la scène nationale ou européenne, nous n&#8217;entendons quasiment pas parler de sujets qui, eux, pourraient valoir de vraies lignes de conduite ou de fracture au sein du PS et qui à eux seuls vaudraient toutes les conventions ou universités du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Prenons, notre camarade et ami Benoît Hamon, vous savez ce socialiste dans lequel beaucoup de militants jeunes ou moins jeunes ont fondé de gros espoirs, celui qui lave plus blanc que blanc et a pris pour devise de son courant &laquo;&nbsp;la gauche décomplexée&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Formidable Benoît qui dans sa newsletter de ce jour nous fait adresser toute l&#8217;indignation de ses lieutenants <em>Liêm Hoang Ngoc, Françoise Castex à travers ces quelques lignes ci-dessous :<br />
</em></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em> </em><em>&laquo;&nbsp;Le Parlement Européen a élu son Président ce mardi 14 juillet à Strasbourg. Une élection vidée de tout débat de fond et marquée par une négociation de marchands de tapis pudiquement appelée &laquo;&nbsp;accord technique&nbsp;&raquo;. Cet accord négocié entre le Parti Populaire Européen (PPE) et l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates (S&amp;D &#8211; le nouveau nom du groupe PSE après l’intégration des démocrates italiens, un sujet qui mériterait un article à lui seul) porte sur le partage du pouvoir au sein du Parlement Européen. Il prévoit la division du mandat de président de l’assemblée en deux périodes de deux ans et demi &#8211; la première revenant à la droite, la deuxième à la gauche &#8211; et influe de manière significative sur la distribution des présidences de commissions parlementaires.</em></p>
</blockquote>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Pour l’Allemand Martin SCHULZ, reconduit à la tête du groupe S&amp;D, l’entente avec le PPE s’inscrit autant dans la culture du lieu que dans une logique politique purement allemande : il reproduit au Parlement européen la Grande Coalition de Berlin. Mais il s’agit aussi d’une stratégie personnelle : l’accord lui ouvre les portes de la Présidence pour juillet 2012.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>La question de l’accord technique n’a d’ailleurs à aucun moment fait l’objet d’un vote, ni même d’un débat au sein du groupe S&amp;D. Etonnant, quand on sait que Joseph DAUL, Président du PPE, avait clamé qu’il n’y aurait d’accord qu’avec les groupes qui soutiendraient la candidature de Barroso à la Commission européenne ! Force est de constater que les socialistes français étaient parmi les seuls à y être opposés.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>C’est donc avec les voix d’une grande partie de nos camarades européens que le conservateur polonais Jerzy BUZEK, qui s’est par le passé illustré par ses positions homophobes et anti-avortement, a pu accéder au poste de Président. Les membres de la Délégation socialiste française n’ont évidemment pas voté pour Monsieur BUZEK, car au-delà du fait que ce dernier incarne des idées fondamentalement incompatibles avec les valeurs qui sont les nôtres, nous avons dès le début du processus de négociations, refusé tout accord de ce type avec le PPE, fût-il seulement technique. De telles pratiques contribuent en effet à brouiller le clivage gauche-droite et le message envoyé à nos électeurs, qui souhaitent une plus grande clarté dans nos prises de position.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>A l’heure où notre première secrétaire Martine AUBRY lance un appel à l’édification d’une maison commune de la Gauche, il est cependant surprenant que beaucoup au sein de cette même délégation socialiste française n’aient pas voulu apporter leur soutien à Eva-Britt SVENSSON, la candidate de la Gauche Unie Européenne (communistes et gauche verte nordique). Pour notre part, quand un candidat de gauche s’oppose à un candidat de droite, notre choix est vite fait : l’abstention n’est pas une option. Nous avons donc voté pour la candidate de la GUE.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Liêm Hoang Ngoc, Françoise Castex&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">N&#8217;êtes-vous pas ému de ces si jolis mots ? non ?!&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Croyez-vous que le PS va convoquer un Bureau national extraordinaire ou un conseil national extraordinaire pour acter politiquement son plein désaccord avec ce qui vient de se passer au parlement européen ? Le PS, mon cher PS, va probablement décider de se retirer du groupe <em>S&amp;D</em> (PSE) et rejoindre le GUE ?</p>
<p style="text-align: justify;">&#8230; Non rien de tout cela ne se passera, vous pouvez dormir tranquille, Benoît Hamon continuera à laver plus blanc que blanc et de se rêver en artisan d&#8217;une gauche décomplexée alors qu&#8217;il a simplement rejoint la stratégie de carrière, les grands leaders  nationaux socialistes à s&#8217;écharper, le peuple de gauche à se désespérer de nous comme je l&#8217;entends trop souvent (&laquo;&nbsp;vous les socialistes qui ne comprenez décidément rien&nbsp;&raquo;), et la droite se marrer en infligeant au bon peuple les pires des reculades sociales et démocratiques.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant, continuons d&#8217;écouter le tempo de la Valse&#8230;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>La convergence des luttes dans l&#8217;intérêt de tous</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Mar 2009 20:21:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div class="txt-article" style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-366" style="border: 1px solid black; margin: 1px;" title="mai_68" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/03/mai_68.jpg" alt="mai_68" width="300" height="279" />Le gouvernement a lancé avec tapage le chantier de la réforme des collectivités. Il faut bien dire réforme des collectivités et non décentralisation car effectivement, l&#8217;objectif poursuivi n&#8217;est pas l&#8217;acte III de la décentralisation mais un simple tripatouillage des échelons locaux qui ne poursuit comme seul objectif que de casser les contrepouvoirs partout où c&#8217;est possible. Il a donc installé un comité qui a officialisé il y a quelques jours ses propositions qui étaient déjà connues depuis plusieurs semaines et qui ont ainsi pu faire l&#8217;objet de larges échos et débats dans les médias, monopolisant ainsi l&#8217;attention de l&#8217;opposition, des élus locaux et des chroniqueurs en tout genre sur un sujet certes majeur mais qui éloigne des débats cruciaux du moment que sont la crise économique, financière et sociale, la régression des libertés publiques dans tous les domaines de la vie sociale, la casse de l&#8217;éducation nationale publique, la destruction du système de santé publique, la laïcité désouchée&#8230; Il y a encore tant à dire sur tous ces sujets pourtant !<span id="more-358"></span></div>
<div class="txt-article" style="text-align: justify;">On ne peut même pas faire le reproche aux socialistes qui sont l&#8217;essentiel de l&#8217;opposition parlementaire de manquer à quelque chose. Ils doivent être sur tous les fronts à chaque instant. Chaque jour qui passe est le démarrage d&#8217;un nouveau chantier présidentiel qui est un nouveau chantier de la démolition sociale et républicaine. Tout au plus peut-on regretter que les lignes directrices d&#8217;un véritable projet alternatif fondé sur une doctrine socialiste fort et des valeurs pierres angulaires de la pensée ne soient pas perceptibles pour imposer les thèmes de la gauche dans le débat politique.</div>
<div class="txt-article" style="text-align: justify;">Là est véritablement le souci car c&#8217;est là que les français pourraient s&#8217;approprier une vision de la société que voudrait offrir les socialistes, s&#8217;appuyant sur le monumental échec du modèle libéral et financier, la destruction des modèles industriels européennes, l&#8217;abandon des politiques publiques de recherche et d&#8217;innovation, la réaffirmation de valeurs humanistes foulées au pied dans notre pays (cf. situation des prisons françaises), la prospective d&#8217;un nouveau modèle d&#8217;organisation de la société qui, entre un collectivisme absolu  voué à l&#8217;échec et une organisation sociale d&#8217;une économie durable du marché qui permette de remettre l&#8217;homme au centre des préoccupations en dessinant un développement universel et solidaire.</div>
<div class="txt-article" style="text-align: justify;">Les Français ne sont absolument pas imperméables à la politique et ne demandent qu&#8217;à rêver-réalité: rêver d&#8217;un cap nouveau, celui d&#8217;une réalité à construire. Ils ne peuvent autant s&#8217;enthousiasmer pour les grandes échéances politiques nationales, tout en feignant un certain désintérêt ou en hurlant leur désarroi face à des responsables qui ne les comprennent pas si ils n&#8217;avaient pas en attente intime la soif véritable d&#8217;une ligne d&#8217;horizon pour les décennies à venir.</div>
<div class="txt-article" style="text-align: justify;">Les Français attendent d&#8217;être étroitement associés aux débats qui les concernent comme en témoigne l&#8217;engouement pour toutes les nouvelles formes de participation active au débat public ou à l&#8217;élaboration politique. Ils sont en attente d&#8217;une citoyenneté dont on leur a souvent rebattu les oreilles sans l&#8217;avoir véritablement vue venir un jour. Il existe d&#8217;ailleurs des petits laboratoires locaux de la citoyenneté, il ne suffirait que de s&#8217;intéresser aux initiatives locales de près pour apprendre beaucoup mais il paraît que tout s&#8217;invente depuis Paris ou dans les instances éprouvées, mais si largement fatiguées&#8230;</div>
<div class="txt-article" style="text-align: justify;">Notre modèle de démocratie représentative a vécu et c&#8217;est là un des principaux périls qui guette actuellement la société française. Nicolas Sarkozy et ses soldats l&#8217;ont bien compris d&#8217;ailleurs qui s&#8217;assoient de plus en plus sur les institutions, les codes républicains de tous ordres pour mettre en œuvre une contre révolution conservatrice comme notre pays n&#8217;en n&#8217;avait jamais connu. La réforme des collectivités obéit à cette même logique de contre-révolution&#8230;.</div>
<div class="txt-article" style="text-align: justify;">La droite ne cherche nullement à achever de créer un modèle harmonieux et moderne de la direction et de la gestion des territoires. Elle ne cherche pas à faire des fondations du modèle actuel un point d&#8217;appui, même si des réformes ou des avancées sont effectivement à faire. La droite veut déstructurer ce qui au niveau des territoires lui offre trop de résistance  pour mettre en oeuvre sa contre-révolution.</div>
<div class="txt-article" style="text-align: justify;">Les élus locaux, les conseils généraux ou régionaux à direction socialiste ou de gauche offrent trop de points de résistance aux politiques de casse, ils développent trop à l&#8217;échelon local les freins positifs à la logique de classe conservatrice. Ils doivent donc être laminés et supprimés. Voilà le véritable objectif poursuivi. S&#8217;il devait être atteint, les citoyens perdus sans relais et sans boucliers pourraient devenir les dociles et résignés jouets d&#8217;une classe dominante. Pour leur faire courber l&#8217;échine, il faut casser ces forteresses locales qui sont gardées par les élus locaux.</div>
<div class="txt-article" style="text-align: justify;">La droite utilise à plein la république sondagière pour faire de ses volontés des vérités voulues par les français. Son bras armé, l&#8217;institut OpinionWay travaille à plein et les commandes affluent chaque semaine. Ses médias achetés ou sous tutelle parachèvent la construction d&#8217;une opinion que les français doivent croire comme de plus en plus dominante pour demeurer tranquilles&#8230; Les poches de résistance existent mais sont peu homogènes dans leur traduction politique, Nicolas Sarkozy a donc donné l&#8217;ordre d&#8217;accélérer avant que celles-ci ne soient infranchissables. Donc &laquo;&nbsp;mort aux contre-pouvoirs locaux&nbsp;&raquo;!&#8230;</div>
<div class="txt-article" style="text-align: justify;">Pourtant les citoyens français sont près à goûter au plat que leur concoctera un bon marmiton de gauche : avec un peu de valeur, une touche de prospective, un zest de pédagogie, un soupçon de &laquo;&nbsp;Com&nbsp;&raquo; et une pincée d&#8217;innovation dans l&#8217;action politique. Les Français attendent d&#8217;être associés aux débats et aux choix majeurs qui les concernent et concernent l&#8217;avenir de leurs enfants ou petit-enfants. Une étude de l&#8217;institut LH2 publiée hier l&#8217;atteste sans nul doute possible et nous socialistes nous devons réclamer sans crainte, chaque fois que c&#8217;est possible un retour vers le peuple pour nous accompagner dans les luttes, dans l&#8217;élaboration ou les choix. Nous disposons des moyens de contrecarrer les plans de la droite pour peu que nous fassions preuve de créativité et d&#8217;esprit de conquête sans nous soucier de savoir qui tirera la queue de Mickey à la fin&#8230;</div>
<div class="txt-article" style="text-align: justify;"><span class="cap">P</span>lus de deux tiers des Français souhaitent être consultés par référendum sur l&#8217;avenir de leur région (70% des Français) et de leur département (également 70% des Français).</div>
<div class="txt-article" style="text-align: justify;">Si les sympathisants de gauche y sont particulièrement favorables, ils ne sont pas les seuls  : 74% pour un référendum sur la région (65% parmi les sympathisants de droite) et 75% sur le département (63% parmi les sympathisants de droite).</div>
<div class="txt-article" style="text-align: justify;">Tous les démocrates sans distinction parmi les élus de gauche, les salariés en colère, les laissés pour compte, les retraités, les étudiants, les chercheurs, les postiers, les syndicalistes&#8230; ont intérêt à ne pas laisser passer les débats qui les concernent. Tous ont intérêt à être mobilisés le 19 mars pour la journée nationale d&#8217;action. Si certains ne le savent pas encore, tous ont intérêt à la convergence des luttes.</div>
<div class="txt-article" style="text-align: justify;"></div>
<div class="txt-article" style="text-align: justify;"><em><strong>il existe aussi une e-grève qui permet de se faire entendre quand il est difficile de faire une vraie grève&#8230;</strong></em></div>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.lapetition.be/en-ligne/jpeux-pas-faire-grve-mais-jfais-grve-quand-mme-3769.html"><img class="aligncenter" title="J'peux pas faire grève mais j'fais grève quand même" src="http://www.lapetition.be/images/btn_signpet_fr.gif" alt="J'peux pas faire grève mais j'fais grève quand même" width="147" height="39" /></a></p>
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		<title>La démocratie assassinée</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Jan 2009 19:36:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Episode 5 : un renversement de régime sur du velours&#8230; La nuit dernière a vu le chant du cygne de notre démocratie. Vous aurez certainement entendu à travers les radios ou télévisions dominantes quelques mots des faits qui se sont déroulés à l&#8217;Assemblée Nationale la nuit dernière. Probablement que beaucoup parmi nous n&#8217;aurons même tendu qu&#8217;une oreille en évacuant le sujet du champ des priorités car l&#8217;on peut se dire que les réalités sociales quotidiennes ont davantage d&#8217;importance. Probablement que c&#8217;est en partie fondé. En partie seulement !&#8230; Ce qui s&#8217;est joué la nuit passée c&#8217;est la &#171;&#160;mise au pas&#160;&#187; du parlement dans son ensemble, la mise au pas des députés pris individuellement ou collectivement, qu&#8217;ils soient même de la majorité ou de l&#8217;opposition&#8230; Vous vous rappelez tous la réforme institutionnelle de l&#8217;été dernier, tant décriée déjà. cette réforme renvoyait aux lois organiques ultérieures les subtilités des réformes du travail parlementaire. Déjà l&#8217;opposition avait dénoncé les dérives possibles, la non prise en compte de points clés à étudier avec celle-ci pour faire une réforme sérieuse (je vous épargne le détail mais peut l&#8217;évoquer). Les textes organiques sont actuellement à l&#8217;étude à l&#8217;Assemblée Nationale, avant de passer ensuite devant le Sénat. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a rel="attachment wp-att-165" href="http://www.yannickserrano.fr/2009/01/21/la-democratie-assassinee/cosmo03/"><img class="alignleft size-full wp-image-165" style="border: 2px solid black; margin: 2px;" title="cosmo03" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/01/cosmo03.jpg" alt="la république française n'est plus une démocratie" width="163" height="122" /></a></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Episode 5 : un renversement de régime sur du velours&#8230;</strong></em></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>La nuit dernière a vu le chant du cygne de notre démocratie. </strong>Vous aurez certainement entendu à travers les radios ou télévisions dominantes quelques mots des faits qui se sont déroulés à l&#8217;Assemblée Nationale la nuit dernière. Probablement que beaucoup parmi nous n&#8217;aurons même tendu qu&#8217;une oreille en évacuant le sujet du champ des priorités car l&#8217;on peut se dire que les réalités sociales quotidiennes ont davantage d&#8217;importance. Probablement que c&#8217;est en partie fondé. En partie seulement !&#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Ce qui s&#8217;est joué la nuit passée c&#8217;est la &laquo;&nbsp;mise au pas&nbsp;&raquo; du parlement dans son ensemble, la mise au pas des députés pris individuellement ou collectivement, qu&#8217;ils soient même de la majorité ou de l&#8217;opposition</strong>&#8230;<span id="more-149"></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Vous vous rappelez tous la réforme institutionnelle de l&#8217;été dernier, tant décriée déjà. cette réforme renvoyait aux lois organiques ultérieures les subtilités des réformes du travail parlementaire. Déjà l&#8217;opposition avait dénoncé les dérives possibles, la non prise en compte de points clés à étudier avec celle-ci pour faire une réforme sérieuse (je vous épargne le détail mais peut l&#8217;évoquer).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les textes organiques sont actuellement à l&#8217;étude à l&#8217;Assemblée Nationale, avant de passer ensuite devant le Sénat. L&#8217;article 13 de cette loi prévoit d&#8217;attribuer aux groupes parlementaires un temps global de parole pour chacun des débats importants afin de limiter les possibilités d&#8217;obstruction. Le ton est monté après que le président de la commission des Lois, l&#8217;UMP Jean-Luc Warsmann, a demandé l&#8217;application d&#8217;une procédure permettant d&#8217;abréger l&#8217;examen de l&#8217;article clef du texte relatif au droit d&#8217;amendement. La majorité parle de &laquo;&nbsp;programmation du temps législatif&nbsp;&raquo;, l&#8217;opposition parle à juste titre de &laquo;&nbsp;temps guillotine&nbsp;&raquo; et accuse l&#8217;exécutif et son gouvernement de vouloir la &laquo;&nbsp;bâillonner&nbsp;&raquo;.  J&#8217;avais déjà écrit <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/01/05/la-casse-des-droits-du-parlement-arrive-un-pas-de-plus-dans-la-derive-autoritaire/" target="_blank">un article détaillé sur le sujet</a> il y a quelques temps.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Jean-Marc Ayrault, avait pourtant fait une proposition de compromis au gouvernement</strong> : permettre aux présidents des groupes parlementaires de déroger quatre fois par an au «<em>temps programmé</em>» pour l’examen d’un texte.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Des députés de gauche qui chantent la Marseillaise dans l’Assemblée, puis quittent l’hémicycle, claquant la porte au nez du gouvernement et sa majorité: le débat explosif sur la réforme du Parlement a bien tourné mardi soir à la crise politique, crise politique majeure pourrait-on dire qui en présage une plus grave encore. Cette crise a été souhaitée par l&#8217;UMP et en premier lieu <strong>Nicolas Sarkozy</strong> <strong>qui ne rêve que d&#8217;une chose c&#8217;est de plonger le pays dans une logique de crises multiples qui pourraient lui donner l&#8217;occasion de se draper dans les habits d&#8217;un &laquo;&nbsp;potentat sauveur</strong>&laquo;&nbsp;. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Depuis cette triste nuit du 20 janvier 2009, la démocratie agonise, elle n&#8217;attend qu&#8217;un geste de celles et ceux qui viendront à son secours ou le coup de grâce porté par les parlementaires de droite, collaborateurs de l&#8217;autocratie et de la dictature autoritaire. <strong></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Saluons au passage et sans crainte partisane le courage de Daniel Garrigue, Député ex-UMP</strong> <strong>qui a lui aussi sonné une violente charge contre la droite et les dérives actuelles</strong>. <em>(Daniel Garrigue est un vieux routard, se réclamant du gaullisme social. Il a récemment démissionné de l&#8217;UMP sans que les grands médias n&#8217;en disent mot pour ne pas donner un retentissement à une affaire montrant les dérives du pouvoir. C’estlui qui il y a peu, voulait sortir le RSA du bouclier fiscal au nom de la justice fiscale).</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Certains députés de la majorité ont eux aussi protesté après la décision d&#8217;abréger la discussion</strong> : <strong>&laquo;&nbsp;Que tout le monde ne puisse pas s&#8217;exprimer sur l&#8217;article principal, cela me choque&nbsp;&raquo;, a déclaré François Sauvadet, président du groupe Nouveau centre</strong> (NC, partenaire de l&#8217;UMP).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Dans un mouvement de protestation sans précédent depuis des décennies, plusieurs dizaines de députés PS se sont rassemblés peu après 23 heures au pied de la tribune en scandant «<em>démocratie, démocratie</em>», en chantant <em>la Marseillaise</em>. </strong> Ils ont aussi réclamé la démission du président UMP de l&#8217;Assemblée, Bernard Accoyer. <em>(il faut remonter à 1947 pour retrouver des députés, communistes, chantant la Marseillaise dans le Palais-Bourbon)</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Laurent Fabius et Henri Emmanuelli, tous deux anciens présidents socialistes de l&#8217;Assemblée, ont remarquablement pris la parole pour dénoncer l&#8217;attitude de la majorité vis-à-vis de l&#8217;opposition. <em>(voir film 2) </em><strong>Le président UMP de l’Assemblée, Bernard Accoyer, a honteusement poursuivi la séance comme si de rien n&#8217;était</strong>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Jean-Marc Ayrault a lancé au secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement Roger Karoutchi dans les couloirs de l’Assemblée un «<em>Vous vous êtes foutus de ma gueule et je ne suis pas prêt de l’oublier</em>» qui risque fort de rester longtemps dans les anales de l&#8217;Assemblée Nationale, malheureusement pour évoquer un jour les heures ou sombra un peu plus la démocratie française, abandonnée !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Aujourd&#8217;hui, les députés socialistes ont donc fort logiquement boycotté  la séance des questions au gouvernement.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Laurent Fabius a déclaré, encore une fois avec justesse que,  &laquo;&nbsp;L&#8217;autorité, ce n&#8217;est pas l&#8217;autoritarisme&nbsp;&raquo;</strong>. Il convient de souligner cette voix forte de l&#8217;Assemblée Nationale qui peut se féliciter d&#8217;avoir un député tel que lui dans ses rangs. <strong>Face à la dramatique </strong><strong>vision de l&#8217;exercice du pouvoir et des libertés publiques de Nicolas Sarkozy, c&#8217;est la voix de Laurent Fabius qui s&#8217;est affirmée dans l&#8217;Hémicycle : une fois de plus pourrait-on dire</strong>. C&#8217;est lui qui, lors de la dernière séance de questions au gouvernement, a interpellé François Fillon, accusant la majorité présidentielle de vouloir &laquo;&nbsp;mettre à bas les droits du Parlement&nbsp;&raquo;. C&#8217;est encore lui qui s&#8217;est élevé pour recadrer l&#8217;enjeu du débat, en fin de semaine, alors que la bataille ne cessait de monter en intensité. <em><br />
</em></span>
</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Laurent Fabius a fort justement rappelé en séance que, &laquo;&nbsp;Les grandes lois de l&#8217;histoire, la loi sur les associations, la loi sur la presse, on a mis non pas des semaines mais des mois et même des années pour les examiner et les voter. Le temps est un élément constitutif de la démocratie. Or l&#8217;essentiel du projet de loi, contenu dans l&#8217;article 13, c&#8217;est que l&#8217;Assemblée nationale n&#8217;aura plus que quelques jours pour se prononcer et que tout ce qui ira contre sera présenté comme une obstruction. C&#8217;est une conception de l&#8217;Assemblée nationale tout à fait contraire à nos institutions.&nbsp;&raquo;</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Signalons aussi au passage que ce matin, l&#8217;ancien Premier Ministre <strong>Dominique de Villepin</strong>, aussi critiquable soit-il, <strong>a alerté l&#8217;opinion aux micros de RMC et BFM-TV, de la &laquo;&nbsp;dérive dangereuse d&#8217;exercice solitaire du pouvoir de Nicolas Sarkozy&nbsp;&raquo;</strong>. Il a appelé à &laquo;&nbsp;une prise de conscience nationale et demandé à ce que l&#8217;équilibre des pouvoirs soit respecté&nbsp;&raquo;, n&#8217;hésitant pas à dire que les institutions et la constitution étaient menacés&#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Pour ceux qui seraient tentés de comprendre en prenant du plaisir, il peut s&#8217;avérer utile de voir, ou revoir, le film de Franck Capra &laquo;&nbsp;Mr. Smith au sénat&nbsp;&raquo; (1939). Cela peut être très pédagogique pour mieux comprendre ce qu&#8217;est et à quoi sert la liberté d&#8217;expression pour les représentants du peuple dans une démocratie&#8230;</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>L&#8217;examen du texte objet de cette crise pourrait ainsi se terminer dès mercredi après-midi. L&#8217;Assemblée devrait se prononcer mardi prochain par un vote solennel sur l&#8217;ensemble du texte que le Sénat examinera à son tour au début février.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Est-il possible que ce gouvernement se sente assez fort pour renoncer au pouvoir de la force, ou du passage en force pour consentir à se fier à la force du droit et de l&#8217;éthique républicaine ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Ce qui est demandé à la République c&#8217;est la justice, le droit, le respect de l&#8217;égalité et des libertés individuelles et collectives qui ont  été forgé par l&#8217;usage des siècles, les penseurs des Lumières, le courage des démocrates et parfois le sang des démunis.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>C&#8217;est au nom du respect de ces principes que s&#8217;est établi progressivement l&#8217;équilibre de notre pays, qu&#8217;il a pu affronter les époques en passant les obstacles variés des crises. Il faut rappeler que lorsqu&#8217;on laisse fléchir les principes devant la nécessité, quelle qu&#8217;elle soit, la République et la justice sont  en danger.</strong><strong> Si au nom de &laquo;&nbsp;l&#8217;obstruction parlementaire&nbsp;&raquo; le gouvernement et sa majorité parlementaire consacrent ces errements, le peuple est fondé à se révolter contre cette forme d&#8217;asservissement. </strong><strong>Les dirigeants qui auront veillé au respect de ce devoir au dépends des intérêts éphémères de quelques uns pourront seuls avoir la fierté de la conscience satisfaite devant les hommes du présent et les hommes du futur.<br />
</strong></span>
</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Recourir à la proscription, même voilée, de droits anciens et consacrés par les institutions, pour masquer les turpitudes d&#8217;un gouvernement et d&#8217;une politique de classe, n&#8217;empêchera pas les masses profondes de s&#8217;exprimer à travers le suffrage universel, à moins que de cela aussi il soit question. Les proscriptions d&#8217;aujourd&#8217;hui préparent l&#8217;ampleur des victoires de demain pour ceux que l&#8217;on croit bâillonner.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Les événements d&#8217;hier soir sont la preuve de la nécessité prioritaire de refonder la République.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.dailymotion.com/video/x83isy_1-crise-politique-article-13_news" target="_blank">Vidéo 1</a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a href="http://www.dailymotion.com/video/x83itj_2-crise-politique-article-13_news" target="_blank">Vidéo 2</a></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<h1 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a href="http://www.lapetition.be/en-ligne/petition-groupe-socialiste-assemblee-nationale-3651.html" target="_blank">Pétition</a><br />
</span></h1>
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