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	<title>Yannick Serrano &#187; institutions</title>
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		<title>Quand l&#8217;agonie silencieuse de la Laïcité sonne celle de la République</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Jun 2010 20:16:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Episode 11 de la saga sarkozyste : Quand l&#8217;agonie silencieuse de la Laïcité sonne celle de la République Je me suis amusé cette semaine à interroger des enfants scolarisés en école primaire, du CP au CM2. Je leur ai demandé s&#8217;ils avaient déjà entendu parler de la Laïcité dans le cadre de l&#8217;école par les enseignants. J&#8217;ai obtenu des réponses fort peu satisfaisantes. Peu étonnant qu&#8217;une petite fille de 7ans ne soit pas trop en mesure de comprendre le mot laïcité même si je crois quand même que l&#8217;on peut faire entrevoir à une enfant de cet âge, la différence entre un enseignement dénué de toute référence aux religions, y compris dans le simple encadrement, y compris dans les &#171;&#160;éléments de mobilier&#160;&#187;&#8230; Plus surprenant qu&#8217;une enfant de 11 ans ne soit pas en mesure de me parler du mot laïcité et ne réponde à mes questions que par un maigre &#160;&#187; la maîtresse en a parlé vaguement en histoire, c&#8217;est tout ce qui est pas religieux&#160;&#187;. Mea Culpa, les cordonniers sont aussi les plus mal chaussés. Dès la semaine prochaine j&#8217;entame une formation sérieuse et amusante pour les deux jeunes ingénues&#8230; Reprenons les choses sobrement, l&#8217;adjectif laïque désigne une société, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Episode 11 de la saga sarkozyste : Quand l&#8217;agonie silencieuse de la Laïcité sonne celle de la République</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-1105" title="cure" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/06/cure-300x258.jpg" alt="" width="300" height="258" />Je me suis amusé cette semaine à interroger des enfants scolarisés en école primaire, du CP au CM2. Je leur ai demandé s&#8217;ils avaient déjà entendu parler de la Laïcité dans le cadre de l&#8217;école par les enseignants. J&#8217;ai obtenu des réponses fort peu satisfaisantes. Peu étonnant qu&#8217;une petite fille de 7ans ne soit pas trop en mesure de comprendre le mot laïcité même si je crois quand même que l&#8217;on peut faire entrevoir à une enfant de cet âge, la différence entre un enseignement dénué de toute référence aux religions, y compris dans le simple encadrement, y compris dans les &laquo;&nbsp;éléments de mobilier&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Plus surprenant qu&#8217;une enfant de 11 ans ne soit pas en mesure de me parler du mot laïcité et ne réponde à mes questions que par un maigre &nbsp;&raquo; la maîtresse en a parlé vaguement en histoire, c&#8217;est tout ce qui est pas religieux&nbsp;&raquo;. Mea Culpa, les cordonniers sont aussi les plus mal chaussés. Dès la semaine prochaine j&#8217;entame une formation sérieuse et amusante pour les deux jeunes ingénues&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Reprenons les choses sobrement, l&#8217;adjectif laïque désigne une société, ou une partie de la  société, qui n&#8217;est pas sous la responsabilité ou la domination de clercs  religieux : on parlera d&#8217;enseignement laïque, de société laïque, etc.,  comme on pouvait parler au Moyen  Âge d&#8217;abbatia laïque pour celui qui tenait en fief les revenus  d&#8217;une abbaye.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;adjectif <em>laïque</em> désigne en particulier un partisan ou un  militant de la <em>laïcité</em>,  c&#8217;est-à-dire de l&#8217;indépendance de la société civile à l&#8217;égard des  institutions religieuses et du domaine religieux de façon générale.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon la gramairienne et lexicographe Bénédicte Gaillard,  l&#8217;adjectif s&#8217;écrit « laïque » au masculin comme au féminin. La forme « laïc » est réservée au seul nom masculin. On  dira donc, sans connotation idéologique  particulière, « enseignement laïque » et « école laïque ».</p>
<p style="text-align: justify;">Je crois qu&#8217;il serait très long et probablement très polémique que d&#8217;accabler outre mesure le corps enseignant de &laquo;&nbsp;manquements&nbsp;&raquo; mais j&#8217;ose affirmer qu&#8217;il est anormal en 2010 qu&#8217;un enfant de 11 ans ignore tout du mot laïcité. Évidemment les parents restent les premiers éducateurs, mais les enseignants de 2010 sont-ils préoccupés, au-delà de l&#8217;enseignement des savoirs magistraux, par la formation des futurs citoyens ? Les enseignants de 2010 sont-ils préoccupés par la formation des esprits à la critique, au doute ? Ont-ils même encore conscience du rôle magique et capital qui est le leur au-delà de l&#8217;apprentissage des savoirs ? Accordons leur pour excuse de ne plus être eux-mêmes formés et sensibilisés à des sujets au moins autant formateurs pour les esprits que la grammaire et les mathématiques&#8230; Mais les parents eux-mêmes, où sont-ils ? Où sommes-nous ? Il est plus qu&#8217;urgent de &laquo;&nbsp;reprendre le manche&nbsp;&raquo; !</p>
<p style="text-align: justify;">Au moment où se prépare le 50e anniversaire du <strong> <em>« Serment de Vincennes »</em></strong>,  viennent d’être publiés les chiffres de postes ouverts aux concours de  l’enseignement privé (CAFEP).<em> </em><span> </span></p>
<blockquote>
<div><em><span><span><big></big><big><strong>Le Serment de Vincennes</strong></big><br />
Vincennes &#8211; Décadi, 30 Prairial, An CLXVIII (19 juin 1960)</span></span><br />
Nous, délégués des pétitionnaires des communes de France, représentant 10 813 697 Françaises et Français de toutes origines et de toutes opinions, ayant signé la protestation solennelle contre la loi scolaire de division du 31.12.1959, faisons le serment solennel :<br />
</em></div>
<div><em>- de manifester en toutes circonstances et en tous lieux notre irréductible opposition à cette loi contraire à l&#8217;évolution historique de la Nation ;<br />
- de lutter sans trêve et sans défaillance jusqu&#8217;à son abrogation ;<br />
- et d&#8217;obtenir que l&#8217;effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l&#8217;école de la Nation, espoir de notre jeunesse.</em></div>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Rappelons que le nombre de postes aux concours de  l’enseignement public (CAPES externe) continue à diminuer régulièrement  (5006 postes cette année contre 5095 l’an dernier). Pendant ce temps, le  nombre de postes au CAFEP-CAPES (concours externe du privé), cette  année, a été multiplié par deux (1 260 postes contre 569 l’an dernier) !</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, par exemple, en philosophie, le nombre de postes  dans le privé a été multiplié par 4 (20 cette année, contre 5 l’an  dernier), alors que l’enseignement ne présente, pour cette discipline,   que 32 postes&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au même moment, une lutte de chaque instant se joue loin du feu des projecteurs médiatiques qui n&#8217;ont toujours pas saisi l&#8217;étendue du puzzle antilaïque qui se joue sur fond d&#8217;offensive sans équivalent historique du président de la république et du gouvernement en appui de l&#8217;enseignement catholique et de la marchandisation à venir du système éducatif en entier.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour ceux qui auraient besoin de petits rappels : <a href="http://www.yannickserrano.fr/2008/08/04/main-basse-sur-lecole-publique/" target="_blank">article1</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2008/12/11/la-laicite-encore-attaquee/" target="_blank">article2</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2008/12/22/scandale-diplomes-catholiques-reconnus-par-la-france/" target="_blank">article3</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/04/17/le-resultat-dune-politique-incessante-dattaque-de-la-laicite-et-daugmentation-du-communautarisme/" target="_blank">article4</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/04/30/les-medias-nont-pas-encore-annonce-la-mort-de-la-laicite-francaise-assassinee-le-16-avril-2009-par-un-certain-nicolas-sarkozy/" target="_blank">article5</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/07/12/voiles-foulards-et-autres-artifices-une-question-degalite-de-laicite-et-de-citoyennete/" target="_blank">article6</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/09/07/le-combat-en-faveur-de-la-laicite-plus-que-jamais-dactualite/" target="_blank">article7</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/09/07/le-combat-en-faveur-de-la-laicite-plus-que-jamais-dactualite/" target="_blank">article8</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/10/01/place-a-lenseignement-confessionnel-adieu-laicite/" target="_blank">article9</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2009/10/08/les-socialistes-sopposent-aux-ventes-a-la-decoupe-de-leducation-reaffirmons-limperieuse-necessite-dune-laicite-intransigeante/" target="_blank">article10</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2010/01/28/quand-la-laicite-est-defendue-elle-gagne-indiscutablement/" target="_blank">article11</a> <a href="http://www.yannickserrano.fr/2010/02/15/letat-fusionne-universite-publique-et-universite-catholique/" target="_blank">article12 </a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<div style="text-align: justify;">Après que la suppression de 60 000 postes d&#8217;enseignants ait déjà saigné les conditions de l&#8217;éducation offerte à nos enfants, le Ministre de l&#8217;Education Nationale, Luc Châtel promet sournoisement à travers un document confidentiel d&#8217;en sabrer encore entre 15 000 et 17 000 pour 2011.</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>Mais pour les adeptes de l&#8217;enseignement privé, point d&#8217;inquiétude. il a, lui, vu naître en février 2010 la &laquo;&nbsp;Fondation Saint-Mathieu&nbsp;&raquo;, catholique évidemment&#8230; Son objet ? Réunir tout bonnement 1 000 000 000 d&#8217;euros d&#8217;investissements dans les dix années qui viennent afin de financer la construction et la rénovation d&#8217;établissements privés catholiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant de poursuivre, rappelons qu&#8217;en France, ce sont les régions qui financent seules la construction et la rénovation des lycées, cela a son importance.</p>
<p><strong>Tenez-vous bien, la &laquo;&nbsp;Fondation Saint-Mathieu&nbsp;&raquo; (proche de &laquo;&nbsp;l&#8217;Opus Dei &laquo;&nbsp;et des &laquo;&nbsp;Légionnaires du Christ&nbsp;&raquo; :  tout un programme) a été fondée sur le socle d&#8217;une association de type loi de 1901 (l’Association d’Entraide des Établissements d’enseignement privé  d’Ile-de-France) et bénéficiant de ce statut, elle a pu &laquo;&nbsp;miraculeusement&nbsp;&raquo; obtenir le précieux sésame de &laquo;&nbsp;Fondation d&#8217;Utilité Publique&nbsp;&raquo; ! Juste après le scandale de Saint Eloi, cela devrait suffire à démontrer qu&#8217;une proportion non négligeable d&#8217;élus UMP a bien décidé si ce n&#8217;est de tuer l&#8217;enseignement public, tout au moins assume clairement la &laquo;&nbsp;non assistance&nbsp;&raquo; à personne en danger.</strong></p>
<p><strong>Cette réussite exceptionnelle permet donc à la &laquo;&nbsp;Fondation Saint-Mathieu&nbsp;&raquo; d&#8217;offrir à ses généreux donateurs des réductions d&#8217;impôts non négligeables</strong> (75% pour les assujettis à l&#8217;ISF et 60% pour les autres) ! Voilà comment retrouver nos niches fiscales soit disant rabotées&#8230; (<a href="http://www.fondation-st-matthieu.org/" target="_blank">voir le beau contentement de Saint-Mathieu</a>)</p>
<p>Les aides publiques font le bonheur de la fondation Saint-Matthieu, qui ne manque pourtant pas de “recettes”. Rêvée par le journal d’extrême droite Minute dans les années 1980, la fondation est co-présidée par <strong>Claude Bébéar</strong>, l’ancien patron d’AXA, dont le catholicisme fervent, presque traditionaliste, le pousse à accepter des invitations du centre Garmelle, tenu par l’Opus Dei.</p>
<p>Sur la liste du comité d’honneur de l’association, figurent des personnalités originales. A l’instar du Cardinal Vingt-trois, Archevêque de Paris, Président de la Conférence des Evêques de France ; et de Monseigneur Aumônier, évêque de Versailles, président de l’Enseignement Catholique en France. Mais aussi d’autres, plus inattendues. Comme l’ancien chef d’état major de la Marine ou le Président d’honneur du groupe Bayard Presse. Du beau monde en somme&#8230;</p>
<p>A l’image des constructions réalisées par la fondation qui, précise-t-elle, “déploie son action dans toute la France”. Ainsi, <strong>le lycée Jean-Paul II, à Sartrouville (78) (un établissement s’inscrivant dans la “Dynamique Espoir Banlieue”, portée par Fadela Amara , tiens donc) a-t-il été construit en partie grâce à Saint-Matthieu, qui apporta un tiers des fonds. Un autre tiers provenant de la région Ile-de-France, carrément !</strong></p>
<p>Saint-Matthieu cherche maintenant à obtenir le soutien, financier si possible, de la mairie de la Courneuve !</p>
<p><strong>Pour rappel, l&#8217;article L151-3 du code de l&#8217;éducation interdit tout financement public des écoles et le 151-4 n&#8217;autorise pas le dépassement à hauteur de 10% des fonds propres.  Les gestions collège et primaire doit être distinctes. Sur ces bases, les aides octroyées par la Région Ile de France au lycée Jean-Paul II, à Sartrouville (78) sont attaquables en justice ! Le seront-elles ? et par qui ?&#8230;</strong><strong>L&#8217;Assemblée Nationale financerait elle aussi ?</strong></p>
<p>Saint-Joseph : une nouvelle étape pour le groupe scolaire &#8211; Mûr-de-Bretagne. <strong>À la rentrée 2011-2012, le groupe scolaire Saint-Joseph devrait être équipé d&#8217;un nouveau bâtiment commun à l&#8217;école et au collège.</strong> Une demande de permis de construire vient d&#8217;être déposée. Pierre Le Corre, président de l&#8217;Organisme de gestion (OGEC), présente le projet.</p>
<p><strong>Quel en sera le coût ? Nous partons sur un estimatif de 440 000 € TTC avec un autofinancement de 130 000 € et un emprunt de 270 000 €. Nous avons quelques pistes pour des demandes de subventions : auprès du conseil général, de l&#8217;Assemblée Nationale, de l&#8217;Udogec.</strong> Mais il nous manque environ 40 000 €. Pour limiter le recours à l&#8217;emprunt, nous avons décidé de lancer <strong>une souscription</strong> dès dimanche, jour de la kermesse, auprès des parents, des anciens élèves, des sympathisants qui veulent nous soutenir en mettant en vente 4 000 ardoises, à 10 € l&#8217;unité. <strong>Cette souscription sera gérée par la Fondation Saint-Mathieu, une association reconnue d&#8217;utilité publique. Les dons seront déductibles des impôts.</strong></p>
</div>
<div style="text-align: justify;">La Laïcité se meurt, les Laïques se cachent ou renoncent et la République part en lambeaux.</div>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Le sarkozysme, une idéologie de rupture</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 21:19:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Morceaux choisis&#8230; Dans l’univers médiatique contemporain, le temps s’est accéléré. L’information se consomme au quotidien, voire d’heure en heure, sur les fils internet. Une actualité chasse l’autre et, après avoir fait la « une » des journaux, disparaît dans l’oubli. La gestion médiatique impulsée par Nicolas Sarkozy, résolument modernisée, a encore renforcé l’accélération de l’information. L’Elysée orchestre un à deux évènements médiatiques par jour, confortant cette course à l’instantané. Résultat : l’analyse disparaît derrière le flux de l’information brute, de « l’actu ». La démocratie politique a du mal à s’exprimer : l’opposition n’a souvent guère plus de quelques heures pour réagir aux annonces gouvernementales ; au-delà, ses messages sont inaudibles, frappés de péremption. Les citoyens, noyés dans ce flot, n’ont pas les moyens d’évaluer l’action du gouvernement. Tel est justement l’une des missions de Terra Nova. Adossés à un réseau de près de 500 intellectuels et experts (universitaires, hauts fonctionnaires, associatifs, experts du privé), nous décryptons au quotidien les politiques publiques, pour en donner une lecture progressiste, « vue de gauche » . C’est également l’objet de ce livre : revenir sur les principaux sujets politiques qui marquent l’actualité, approfondir le décryptage, le rendre accessible à tous. Il a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-1076" title="couv2" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2010/03/couv2-191x300.jpg" alt="" width="205" height="323" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Morceaux choisis&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans l’univers médiatique contemporain, le temps s’est accéléré.  L’information se consomme au quotidien, voire d’heure en heure, sur les  fils internet. Une actualité chasse l’autre et, après avoir fait la «  une » des journaux, disparaît dans l’oubli.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La gestion médiatique  impulsée par Nicolas Sarkozy, résolument modernisée, a encore renforcé  l’accélération de l’information. <strong>L’Elysée orchestre un à deux évènements  médiatiques par jour, confortant cette course à l’instantané.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résultat  : l’analyse disparaît derrière le flux de l’information brute, de «  l’actu ». La démocratie politique a du mal à s’exprimer : l’opposition  n’a souvent guère plus de quelques heures pour réagir aux annonces  gouvernementales ; au-delà, ses messages sont inaudibles, frappés de  péremption. Les citoyens, noyés dans ce flot, n’ont pas les moyens  d’évaluer l’action du gouvernement.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tel est justement l’une des missions de Terra Nova. Adossés à un  réseau de près de 500 intellectuels et experts (universitaires, hauts  fonctionnaires, associatifs, experts du privé), nous décryptons au  quotidien les politiques publiques, pour en donner une lecture  progressiste, « vue de gauche » .</p>
<p style="text-align: justify;">C’est également l’objet de ce  livre : revenir sur les principaux sujets politiques qui marquent  l’actualité, approfondir le décryptage, le rendre accessible à tous. Il a  vocation à devenir un rendez-vous annuel. C<strong>haque chapitre s’attaque à  un des grands thèmes qui ont fait polémique ces douze derniers mois, au  cœur de l’action gouvernementale, et vise à en donner les clés de  compréhension.</strong> Derrière le barnum politico-médiatique, quelle est la  réalité des politiques qui sont menées ? Quel jugement porter ? Peut-on  formuler des politiques alternatives ?</p>
<p style="text-align: justify;">Les auteurs ? Des  personnalités membres du réseau de Terra Nova, issues de tous horizons :  philosophes, sociologues, économistes, acteurs de la société civile,  magistrats, experts de l’administration et du privé.<br />
A leur lecture,  <strong>les lignes de force des politiques gouvernementales se dégagent  nettement.</strong> Elles dessinent la vraie nature du sarkozysme.<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On a  beaucoup dit que Nicolas Sarkozy était un pragmatique, un politique à la  grande plasticité idéologique, brouillant les cartes, capable de «  piocher » dans toutes les familles intellectuelles en fonction des  circonstances.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour accréditer cette thèse, il y a bien sûr le  débauchage de personnalités de gauche.</strong> Mais <strong>on peine à identifier dans  cette « ouverture » les emprunts aux idées de gauche. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Eric Besson,  certes ancien socialiste, est commis depuis son ministère de l’identité  nationale à la chasse aux voix lepénistes.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bernard Kouchner, l’homme du «  droit d’ingérence humanitaire », doit subir une réorientation de la  diplomatie française vers une realpolitik agressive, dictée par  l’Elysée, aux antipodes de sa vision fondée sur les droits de l’homme. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux affaires européennes pendant  la présidence française de l’Union, est un fédéraliste européen  convaincu, à l’opposé de la vision intergouvernementale du Président de  la République.</p>
<p style="text-align: justify;">Fadela Amara, Martin Hirsch tentent de défendre leurs  causes, les banlieues et la lutte contre la pauvreté. Mais ils donnent  l’impression de se battre essentiellement contre leur propre  gouvernement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le cas de Jean-Marie Bockel est le plus révélateur. Il a  été débarqué du secrétariat d’Etat à la coopération après avoir annoncé  vouloir mettre fin à la « Françafrique ». En d’autres termes : débaucher  des hommes de gauche, oui ; mais importer leurs idées, non. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">« Des  parcours individuels », résume Jean-Pierre Jouyet. Mais pas d’emprunt  idéologique.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le fond, <strong>le traitement de la crise est souvent présenté comme  la démonstration éclatante de ce pragmatisme : relance macroéconomique,  interventionnisme étatique pour sauver les banques – en bref, la grande  panoplie sociale-démocrate. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Voire. <strong>Tous les pays développés, sans  exception, sont intervenus massivement pour secourir leur économie au  bord de l’effondrement.</strong> <strong><span style="color: #ff0000;">Dans ce retour généralisé de l’Etat, c’est le  gouvernement français qui en a le plus limité, ou cherché à en limiter,  la portée : un plan de relance parmi les plus modestes de l’OCDE ; une  aide financière sans précédent pour les banques (320 milliards d’euros),  mais sans nationalisation (contrairement au Royaume-Uni et aux  Etats-Unis).</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Élément positif, plus calculé celui-là, dans l’escarcelle  présidentielle : l’écologie. Grenelle de l’environnement I &amp; II,  mise en avant de la « croissance verte » dans le cadre du « grand  emprunt »</strong>, taxe carbone, agitation diplomatique pour Copenhague,  nomination de ministres aux compétences reconnues (Nathalie  Kosciusko-Morizet puis Chantal Jouanno), opération séduction – avortée –  en direction de Nicolas Hulot : le président en fait des tonnes.  Certes, là encore, le discours est très en avance sur les actes. Il y a  beaucoup d’affichage «  Canada Dry ».</p>
<p style="text-align: justify;">Cet infléchissement  écologique n’appartient pas à l’ADN du sarkozysme. Il est carrément  étranger à la droite française. <strong>L’objectif est avant tout tactique :  capter la partie la plus volatile de l’électorat progressiste, les «  bobos » aisés urbains, dans la perspective des prochaines échéances  présidentielles.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Ces éléments, ainsi que quelques autres plus  anecdotiques (la suppression de la publicité à la télévision par  exemple), ne traduisent pas la vraie nature des politiques en cours.  Elles la brouillent au contraire. Le sarkozysme n’est pas un pragmatisme  dérivant vers le centre de l’échiquier politique. C’est tout l’inverse :  une idéologie de rupture néoconservatrice.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous sortons, en France, d’une longue paix idéologique. Elle  scellait la victoire des valeurs de progrès. La France a vécu, depuis  1945, sur un compromis que l’on peut qualifier, pour aller vite, de «  social-démocrate ». Un modèle de société fondé sur deux piliers. La  démocratie, avec l’extension des libertés individuelles, la protection  des droits du citoyen, le développement des droits de l’homme : en cela,  notre modèle est fondamentalement un modèle humaniste. Et le social,  avec l’Etat-providence, les services publics, la fiscalité  redistributive : il s’agit d’un modèle égalitaire, un modèle de  solidarité .</p>
<p style="text-align: justify;">La gauche, tout comme le gaullisme social, avaient promu  ce modèle social-démocrate après-guerre. La droite avait accepté  d’accompagner ces évolutions, moteurs d’une prospérité inédite sous les  Trente Glorieuses.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Avec la crise contemporaine du modèle  social-démocrate, le compromis idéologique a volé en éclats. Désormais,  la droite est à l’offensive. Elle a longtemps hésité, sous Jacques  Chirac. C’est fini. Nicolas Sarkozy a été le premier, en France, à  revendiquer « la rupture », « le changement » : la fin du pacte social  historique.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le sarkozysme met en œuvre une double rupture de fond,  qui s’attaque aux deux piliers de la social-démocratie et esquisse un  basculement néoconservateur.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Une rupture antihumaniste, tout d’abord</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Elle se caractérise par la recherche systématique de coupables, de  boucs émissaires à désigner à la vindicte collective.</strong> <strong>Il y a toujours  les bons citoyens à protéger et les mauvais à bannir hors de la  communauté nationale – les immigrés, les musulmans, la racaille de  banlieue, les délinquants, les assistés, les fonctionnaires privilégiés…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cet  antihumanisme se déploie dans le débat sur l’identité nationale. <strong>La  vision néoconservatrice de la nation est figée sur l’identité fantasmée  du passé, à tentation ethnique (blanche), à coup sûr culturaliste  (religieuse, les racines chrétiennes). Une identité fermée, qui exclut  les générations de Français d’immigration récente, considérés comme des  étrangers sur leur propre sol.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une telle rupture se retrouve aussi  dans la politique d’immigration, de plus en plus brutale. « Rafles »  policières de sans-papiers, jusqu’aux enfants dans les écoles ; délit de  solidarité ; expulsion de réfugiés politiques vers l’Afghanistan ;  climat de soupçon dans les préfectures… L’exemple du Calaisis, qui  concentre les demandeurs d’asile en transit vers l’Angleterre, est  édifiant : fermeture du centre d’hébergement d’urgence de Sangatte,  démantèlement des campements de fortune de la « jungle », jusqu’à la  condamnation à l’errance. Une chute de Charybde en Scylla.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La  politique pénale subit le même processus de durcissement. Le champ des «  criminels », des « monstres » s’élargit toujours plus loin.</strong> Leur  répression s’intensifie. La politique de castration chimique pour les  pédophiles est emblématique. <strong>Jusqu’à l’évocation inouïe par Michèle  Alliot-Marie de la castration physique &#8211; une mutilation d’Etat, une  vision de la France digne d’Orange mécanique.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On peut également  rattacher à cette rupture antihumaniste <strong>la réorientation de la politique  étrangère. La diplomatie sarkozyste a renoncé à un équilibre entre  universalité des droits de l’homme et intérêts nationaux, au profit  d’une realpolitik parfois extrême, comme lors de l’accueil en France du  colonel Khadafi. Elle a également basculé dans une logique à la  coloration manichéenne et occidentaliste, entraînant la France vers un  rôle de « nouveau faucon » sur la scène internationale.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Seconde rupture de fond : la rupture inégalitaire </span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">La politique  fiscale apparaît comme un marqueur indélébile de cette rupture. La  gauche stigmatise à juste titre le « paquet fiscal », toute première  mesure prise par Nicolas Sarkozy lorsqu’il accède à l’Elysée : plus de  10 milliards d’euros par an pris dans les poches de tous les Français  pour être donnés aux ménages les plus riches. </span></strong>Au total, <strong>depuis 2002,  c’est 30 milliards d’euros par an qui font l’objet d’une redistribution à  l’envers des classes moyennes et populaires vers les ménages les plus  aisés.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nicolas Sarkozy l’assume régulièrement : ceux qui réussissent  ont le droit de s’enrichir. « A grosses responsabilités, gros revenus »,  a-t-il encore répété à Davos. <strong>La société méritocratique qu’il appelle  de ses vœux est une société inégalitaire.</strong> Sa méritocratie prétend  valoriser l’entrepreneur et le travail du capitalisme industriel, pas le  spéculateur et la rente du capitalisme financier. Pourtant, d<strong>ans les  faits, la plupart des mesures fiscales prises par la droite depuis 2002  favorise la rente : dévitalisation de l’ISF, bouclier fiscal,  disparition des droits de succession, allègement de la fiscalité sur les  dividendes…</strong> Et si peu a été fait – moins qu’aux Etats-Unis et au  Royaume-Uni – pour encadrer les bonus pharaoniques des traders et des  dirigeants de la finance.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Si la politique fiscale aide les forts, la  politique sociale abandonne les faibles. Le sarkozysme a insufflé dans  le pays une idéologie « anti-assistanat » dévastatrice.</strong> Il n’y pas à  aider les exclus puisqu’il s’agit d’assistés, qui ont choisi leur sort,  refusent de travailler. Ainsi, au fil du temps, l<strong>es minimas sociaux  français ont glissé à des niveaux alarmants : 40% à peine du salaire  médian, contre 60% en moyenne en Europe, plus de 70% au Danemark, aux  Pays-Bas, au Royaume-Uni.</strong> <strong><span style="color: #ff0000;">Appauvrir les plus pauvres : nous cultivons  ainsi une exception française délétère.</span></strong> Et <strong>même en pleine crise sociale,  le gouvernement refuse de prendre les mesures d’urgence de bon sens  contre le chômage</strong> : refus de suspendre les suppressions annuelles de  postes de fonctionnaires, refus de relancer les emplois aidés, refus de  revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nicolas  Sarkozy est, pour finir, à l’origine d’une troisième rupture,  méthodologique cette fois : l’hyperprésidence. </strong>Son credo : le  volontarisme politique. Il ne se résigne pas à l’impuissance politique.  S<strong>a méthode : la culture de l’action et la concentration des pouvoirs –  l’hyperprésidence.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La culture de l’action, c’est décider, trancher  dans le vif. Corollaire, l<strong>e sarkozysme ne prend pas le temps de  l’écoute, de la consultation, du dialogue démocratiques</strong>. En attestent le  refus de prendre en compte la votation citoyenne sur La Poste, le  passage en force sur la réforme des universités, l’absence de travail de  création de consensus pour une réforme aussi fondamentale que la taxe  carbone … Mais cette gestion du changement, au-delà des réserves  démocratiques qu’elle inspire, ne paraît guère efficace. Ce temps de  dialogue qu’il veut gagner en amont de la décision, Nicolas Sarkozy le  perd le plus souvent en aval, du fait des résistances et oppositions que  cette pratique expéditive suscite.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La tendance à la concentration personnelle du pouvoir est une  évolution plus inquiétante.</strong> Certes, les dernières décennies avaient sans  doute éclaté à l’excès le pouvoir étatique, vers le bas  (décentralisation), le haut (la construction européenne) et latéralement  (la multiplication des autorités administratives indépendantes),  l’enchaînant aussi dans des procédures de plus en plus rigides  (renforcement des marchés publics).</p>
<p style="text-align: justify;">Un mouvement de reconcentration  et de libération du pouvoir politique est sans doute nécessaire. Mais  <strong><span style="color: #ff0000;">Nicolas Sarkozy va très au-delà. Il procède à l’affaiblissement  systématique des contre-pouvoirs. Les médias (avec la nomination des  présidents de chaîne publique par l’Elysée), la justice (avec la  suppression du juge d’instruction indépendant) sont pensés comme des  relais de l’action gouvernementale. La réforme territoriale marque  l’acte I de la recentralisation. Des autorités indépendantes sont  supprimées.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’Europe échappe aux institutions fédérales (la Commission,  le Parlement européen) pour revenir entre les mains des Etats, dans une  logique intergouvernementale. <strong><span style="color: #ff0000;">Le Parlement est perçu comme une  institution trop lente, trop bavarde ; la réforme constitutionnelle  entraîne « l’agonie de la démocratie parlementaire » .</span></strong> Même au sein de  la sphère gouvernementale, la présidence concentre le pouvoir,  dévitalise les ministères et court-circuite le travail interministériel,  ravalant le premier ministre au rang de « super-directeur de cabinet »  sans réelle autonomie politique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Au total, l’hyper-présidence  déséquilibre dangereusement nos institutions démocratiques.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Antihumanisme,  inégalités, hyperprésidence : le sarkozysme attaque de front l’identité  politique du pays, la fraternité, la solidarité, les libertés  publiques, pour y intégrer des valeurs néoconservatrices, qui lui sont  historiquement étrangères.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mais <strong>ces trois ruptures ont eu, en revanche, une efficacité  politique redoutable. Elles ont permis à Nicolas Sarkozy de se  constituer une large assise électorale en réunissant les trois courants  de la droite française</strong> décrits par René Rémond.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a d’abord le  légitimisme : c’est la droite de l’ordre moral et des valeurs, celle qui  votait jusque-là pour Le Pen.</strong> Le sarkozysme a capté ses voix par  l’antihumanisme, sa politique des « 3 I » (insécurité, immigration,  identité), son slogan du « Karcher ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a ensuite l’orléanisme :  c’est la droite libérale, celle des milieux d’affaires qui, de Guizot à  Balladur, a pour projet l’enrichissement personnel.</strong> Le sarkozysme n’a  pas renforcé le libéralisme. C’est une des raisons qui expliquent sa  résilience face à la crise économique : il ne s’est jamais vraiment fait  l’apôtre du modèle néolibéral ; il survit donc à son effondrement  idéologique. <strong>Nicolas Sarkozy, s’il ne soutient pas les thèses  intellectuelles de l’orléanisme, fait en réalité bien mieux : il assure  son enrichissement.</strong> <strong>Il baisse la fiscalité des plus riches ; il  intervient pour défendre ses intérêts économiques ; il légitime l’argent  et les inégalités.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a enfin le bonapartisme : c’est le culte de  l’homme providentiel en lien direct avec le peuple, la droite sociale et  populaire</strong>. Certes, le sarkozysme pouvait heurter le courant  bonapartiste, attaché à l’Etat-providence, issu du Conseil national de  la résistance et du gaullisme. Mais il a séduit l’aile  gaullo-chiraquienne par une posture : le pouvoir personnel de  l’hyperprésident.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Face à cette rupture néoconservatrice, un front  progressiste est en train d’émerger. Il va des démocrates aux  socialistes et aux écologistes, jusqu’à la gauche de la gauche. Il doit  éviter deux écueils.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le premier est l’immobilisme. La gauche peut  être tentée par la défense du modèle d’hier. Elle a du mal à faire le  deuil du modèle historique qu’elle a contribué à créer. Elle risque  alors de s’enfermer dans la protestation.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le second écueil est le  renoncement idéologique. Dans l’incapacité de formuler une offre  politique alternative, la gauche laisserait filer le curseur idéologique  vers la droite.</strong> Le nouveau compromis national deviendrait un compromis  conservateur. La gauche pourrait encore espérer la victoire politique,  mais au prix de sa défaite idéologique, cantonnant son action à  l’accompagnement social et compassionnel d’un modèle qui n’est plus le  sien. Ce renoncement est une tentation dans nombre de partis  sociaux-démocrates européens, renoncement libéral avec le SPD allemand,  renoncement populiste en Autriche et aux Pays-Bas.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le camp  progressiste doit au contraire chercher la voie de la refondation  idéologique. Il doit reprendre l’offensive pour réaffirmer ses valeurs  historiques (égalité, solidarité, libertés démocratiques) ainsi que  leurs variantes contemporaines (écologie et développement durable). Il  trouvera les Français à ses côtés. Les citoyens continuent de  plébisciter les valeurs progressistes. Ils ont voté Nicolas Sarkozy pour  sa promesse d’efficacité, pour sauver le modèle social-démocrate  français en crise, pas pour le détruire. Ils ne veulent pas d’une  rupture néoconservatrice.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mais le modèle français n’est plus viable  en l’état. Les conditions historiques qui ont fait son succès au XXe  siècle ont disparu. Il faut le repenser dans le cadre du monde du XXIe  siècle : la globalisation, les mutations du capitalisme,  l’individualisation de nos sociétés, la pénurie des ressources, la fin  de la domination occidentale, le terrorisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous en avons les  moyens. Le matériau est là, désormais. Le diagnostic intellectuel s’est  enrichi. Les expérimentations européennes se développent, notamment dans  les social-démocraties nordiques. Les initiatives locales se  multiplient. Le travail qui reste à accomplir est de convertir ce  matériau en solutions programmatiques et de penser un projet global.  Nous en esquissons quelques grandes lignes dans ce livre.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Mais  l’heure n’est pas encore à la reconstruction. Nous sommes face à un  gouvernement qui brûle les fondements du modèle français. L’urgence est  de limiter la destruction et d’éteindre les incendies allumés par cet  Etat-pyromane : tel est le rôle de l’opposition progressiste.</strong></span></p>
<p><strong><br />
<em>Par Olivier Ferrand,</em><br />
<a href="http://www.amazon.fr/Etat-pyromane-L-Olivier-Ferrand/dp/2917986034/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1267442513&amp;sr=8-1" target="_blank">L&#8217;Etat pyromane, éditions Delavilla, 384  pages, 19 euros.</a></strong></p>
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		</item>
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		<title>Les socialistes s&#8217;opposent aux ventes à la découpe de l&#8217;éducation, réaffirmons l&#8217;impérieuse nécessité d&#8217;une laïcité intransigeante</title>
		<link>http://www.yannickserrano.fr/2009/10/08/les-socialistes-sopposent-aux-ventes-a-la-decoupe-de-leducation-reaffirmons-limperieuse-necessite-dune-laicite-intransigeante/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=les-socialistes-sopposent-aux-ventes-a-la-decoupe-de-leducation-reaffirmons-limperieuse-necessite-dune-laicite-intransigeante</link>
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		<pubDate>Thu, 08 Oct 2009 20:43:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;avais écrit il y a quelques jours un article pour remercier Michèle Delaunay de son travail d&#8217;opposition sur la loi Carle. Avec plusieurs amis, du local au national et par des biais multiples, nous avons œuvré pour convaincre les députés socialistes de prolonger leur refus de la loi Carle par un indispensable recours devant le Conseil Constitutionnel. ne pas le faire eu été en effet un renoncement qui serait revenu à voter cette loi scélérate. Je crois que nous pouvons dire que nous avons remporté une forme de victoire. Toutes les associations et leurs représentants, tous les relais de défense de la laïcité, souvent discrets peuvent être remerciés de leur travail car ils ont eu à n&#8217;en pas douter une influence déterminante sur le choix des socialistes de solliciter l&#8217;avis du Conseil Constitutionnel sur la Loi Carle. Comme quoi le travail paye quelquefois. Je veux penser que chacun à notre niveau et selon nos moyens, nous avons été utiles. Il me semble que nous avons contribué également à aider les députés socialistes qui militaient en faveur de ce recours, isolés face à certains fileux. Ce soir, on peut rendre hommage aux parlementaires socialistes qui ont bataillé, notamment Michèle Delaunay. Elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J&#8217;avais écrit il y a quelques jours un article pour remercier Michèle Delaunay de son travail d&#8217;opposition sur la loi Carle. Avec plusieurs amis, du local au national et par des biais multiples, nous avons œuvré pour convaincre les députés socialistes de prolonger leur refus de la loi Carle par un indispensable recours devant le Conseil Constitutionnel. ne pas le faire eu été en effet un renoncement qui serait revenu à voter cette loi scélérate.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-927" title="modification-loi-1905" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/10/modification-loi-1905-300x268.jpg" alt="modification-loi-1905" width="300" height="268" />Je crois que nous pouvons dire que nous avons remporté une forme de victoire. Toutes les associations et leurs représentants, tous les relais de défense de la laïcité, souvent discrets peuvent être remerciés de leur travail car ils ont eu à n&#8217;en pas douter une influence déterminante sur le choix des socialistes de solliciter l&#8217;avis du  Conseil Constitutionnel sur la Loi Carle. Comme quoi le travail paye quelquefois. Je veux penser que chacun à notre niveau et selon nos moyens, nous avons été utiles. Il me semble que nous avons contribué également à aider les députés socialistes qui militaient en faveur de ce recours, isolés face à certains fileux.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce soir, on peut rendre hommage aux parlementaires socialistes qui ont bataillé, notamment Michèle Delaunay. Elle pourrait être inspirée de prolonger son engagement précieux par une conférence régionale &laquo;&nbsp;Laïcité 2009 : Renaissance de la République indivisible, laïque, démocratique et sociale&nbsp;&raquo;, comme je le lui ai d&#8217;ailleurs suggéré. Les socialistes s&#8217;honoreraient à organiser un tel événement à Bordeaux avant la fin de l&#8217;année, cette ville est un haut lieu historique de certaines luttes,  un haut lieu des Lumières également. C&#8217;est une proposition que je fais donc ouvertement à la fédération du Parti Socialiste de la Gironde.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous le voyons bien, dans tous les domaines de la vie publique la laïcité est au cœur de l&#8217;actualité mais elle est aussi au cœur des attaques de la sphère publique. Notre vigilance ne doit pas diminuer.</p>
<p style="text-align: justify;">Le sujet va très vite revenir parle biais du recours au conseil constitutionnel mais aussi par l&#8217;entremise de la mission parlementaire dite &laquo;&nbsp;sur la burqa&nbsp;&raquo;. Il est très important d&#8217;avoir des débats là dessus car ils peuvent nous éclairer, enrichir nos points de vue et nous faire appréhender certaines facettes d&#8217;un sujet que l&#8217;on pourrait négliger. J&#8217;ai moi-même évoluer sur cette question après des échanges avec certains associatifs, et élus. Au final, c&#8217;est Marc Blondel qui aura à priori scellé mon sentiment.</p>
<p style="text-align: justify;">Je vous livre son point de vue, essentiel selon moi.</p>
<div style="text-align: justify;">
<p><em>&laquo;&nbsp;La question du port de la Burqa dans la rue. Indiquons tout d’abord notre étonnement que l’on puisse discuter de ce vêtement sans débattre de tous les autres vêtements prescrits par les autres religions.</em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;il est indéniable que le port imposé de la burqa ou du niqab est un symbole de l’oppression. Mais en quoi le port de la soutane pour les prêtres, de la robe de bure pour les moines, de la robe et de la cornette pour les religieuses, du schtreimel, du spodik ou du caftan pour certains juifs est-il moins oppressif que le port de la burqa pour certaines musulmanes ?</em></p>
<p><em>Rappelons que ce sont toujours les dictatures qui ont voulu imposer un mode de vie et des modes vestimentaires. En 1872, le tsar </em><em>Alexandre II a interdit, en Pologne, alors sous occupation russe, le port des papillotes et des longs manteaux (costume traditionnel) pour les juifs. Le Code civil de Napoléon Ier interdisait le port du pantalon pour les femmes. De 1967 à 1974, la Grèce des colonels a interdit les cheveux longs et la minijupe. L’Histoire regorge de ces tentatives totalitaires de vouloir régenter la vie des gens.</em></p>
<p><em>Interdire le port de la burqa, dans la sphère privé, est attentatoire aux libertés individuelles et démocratiques. Il semble aussi que nous soyons désormais dans une logique qui tend à restreindre toujours davantage la liberté de comportement des personnes. La population est toujours davantage surveillée, contrôlée, fichée. L’Histoire montre aussi qu’en renforçant sans cesse les pouvoirs du Pouvoir, on diminue toujours les libertés démocratiques des citoyens, les Elus républicains que vous êtes, ne peuvent être insensibles à cet environnement.</em></p>
<p><em>Et maintenant, la puissance publique va décréter comment les gens doivent s’habiller dans la rue ? Notre pratique de l’engagement politique et militant nous conduit, ensuite, à nous interroger : Comment ferez-vous appliquer cette décision, en cas de refus des personnes ? Une telle décision est à la fois inapplicable et source d’affrontements considérables. Le rôle du</em> <em>législateur n’est pas d’allumer des brûlots, mais de permettre que chacun puisse vivre en paix, selon ses choix et ses éventuelles convictions.</em></p>
<p><em>Le concept ne doit jamais précéder la preuve. Récusons les acrobaties juridiques de ceux qui, voulant interdire la burqa, et la seule burqa, pour les femmes musulmanes, en viennent à inventer des catégories juridiques aussi fumeuses qu’inexistantes.</em></p>
<p><em>Ainsi, certains tentent de remplacer la notion de </em><em>« sphères » publique et privée par la notion </em><em>« d’espaces » public et privé. La loi de 1901 a codifié la sphère privée et la loi de 1905 a délimité la sphère publique. Cette tentative de substitution lexicale n’est pas neutre. Le mot <strong>sphère</strong> –qui en géométrie est une figure correspondant à une surface fermée et qui au sens figuré, est donc un domaine limité, une étendue restreinte. Alors que <strong>l’espace</strong>, philosophiquement, serait un milieu idéal indéfini ; par exemple, l’immensité de l’espace céleste ou le champ de l’imagination. L’espace est indéfini par nature. En inventant, littéralement, la notion d’espace public dans lequel devrait s’appliquer la laïcité, uniquement d’ailleurs pour les musulmanes, on élargit tellement le principe de laïcité qu’on le rend inopérant. En étant partout, la laïcité ne serait plus nulle part. La laïcité est une frontière, avec de telles dispositions, on abolirait cette frontière qui est garante de la liberté de conscience pour tous.</em></p>
<p><em>Cela serait appliquer la définition théologique du Saint-Esprit à la nécessaire séparation des Eglises et de l’Etat : </em><em>« la circonférence est nulle part, le noyau partout et l’Esprit souffle où il veut .&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Rappelons quelques principes essentiels</span> :<br />
<img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://www.fnlp.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> La laïcité n’est pas une philosophie ni un art de vivre, sinon elle s’apparenterait à une religion, c’est un mode d’organisation politique des institutions. Elle vise, par la séparation des Églises et de l’État (loi de 1905), à distinguer institutionnellement le domaine de l’Administration et des services publics du domaine privé de la vie des citoyens.<br />
<img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://www.fnlp.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> La laïcité, comme principe politique d’organisation, s’applique aux institutions et non aux individus. C’est cette claire distinction, mise en œuvre par la loi sur la liberté d’association du 1er juillet 1901, et par la Loi du 9 décembre 1905 qui garantit la non-ingérence des conceptions métaphysiques dans le domaine public pour mieux garantir la liberté d’opinion et de comportement dans le domaine privé.</p>
<p>Dans cette acception, il est logiquement républicain et laïque d’interdire tout signe d’appartenance religieux à l’École publique et pour les agents du service public. C’est ce qu’ont fait la loi Goblet de 1886, la Loi de 1905 et les circulaires Jean Zay de 1936 et 1937. En revanche, la loi n’a pas à dicter les modes vestimentaires dans le domaine privé, ou tout autre comportement, tant que ceux-ci ne sont pas une menace pour la vie d’autrui.</p></div>
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		<title>Le combat en faveur de la laïcité plus que jamais d&#8217;actualité</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Sep 2009 21:22:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La laïcité institutionnelle connaît des attaques sans précédent et sournoises, d&#8217;autant plus qu&#8217;elles interviennent dans un contexte de réformes sarkozystes menées au pas de charge et qui ne permettent parfois pas aux oppositions parlementaires de couvrir ces sujets avec la primauté qu&#8217;ils méritent. Pour autant, on peut parfois regretter le silence des grands partis de gauche ou des grands leaders nationaux. A leur décharge, on peut estimer que les préoccupations des français sont ailleurs, même si les atteintes à la laïcité leurs vaudront demain des réveils difficiles. L’offensive des Eglises pour reconquérir l’État et tenir un rôle de premier plan dans la vie politique et sociale de la République se fait chaque jour de plus en plus vive. Force est de constater également que le gouvernement de Nicolas Sarkozy, leur ouvre grand les portes, avec un empressement affiché. Après la “laïcité ouverte“ ou “plurielle“ sous des gouvernements précédents, la “laïcité positive“ ou &#171;&#160;intelligente&#160;&#187;constitue une nouvelle étape dans la remise en cause du principe essentiel de laïcité. L’offensive cléricale s’intensifie et s’accélère dans le désintérêt absolu de la gauche et des grandes associations humanistes. Jamais n’ont été appliquées avec autant de zèle et de clarté les consignes de l’ultra libérale Union [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-806" title="sarkozy-laicite" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/09/sarkozy-laicite-300x270.jpg" alt="sarkozy-laicite" width="300" height="270" />La laïcité institutionnelle connaît des attaques sans précédent et sournoises, d&#8217;autant plus qu&#8217;elles interviennent dans un contexte de réformes sarkozystes menées au pas de charge et qui ne permettent parfois pas aux oppositions parlementaires de couvrir ces sujets avec la primauté qu&#8217;ils méritent. Pour autant, on peut parfois regretter le silence des grands partis de gauche ou des grands leaders nationaux. A leur décharge, on peut estimer que les préoccupations des français sont ailleurs, même si les atteintes à la laïcité leurs vaudront demain des réveils difficiles.</p>
<p style="text-align: justify;">L’offensive des Eglises pour reconquérir l’État et tenir un rôle de premier plan dans la vie politique et sociale de la République se fait chaque jour de plus en plus vive. Force est de constater également que le gouvernement de Nicolas Sarkozy, leur ouvre grand les portes, avec un empressement affiché. Après la “laïcité ouverte“ ou “plurielle“ sous des gouvernements précédents, la “laïcité positive“ ou &laquo;&nbsp;intelligente&nbsp;&raquo;constitue une nouvelle étape dans la remise en cause du principe essentiel de laïcité. L’offensive cléricale s’intensifie et s’accélère dans le désintérêt absolu de la gauche et des grandes associations humanistes.</p>
<p style="text-align: justify;">Jamais n’ont été appliquées avec autant de zèle et de clarté les consignes de l’ultra libérale Union européenne. Dans la continuité du Traité d’Amsterdam et du projet de Constitution européenne, le Traité de Lisbonne signé en décembre 2007 par les 27 chefs d’État et validé par de très nombreux parlementaires de gauche, en cours de ratification, stipule en son article 16-C : « reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les Églises ». Cet article est en totale contradiction avec la loi de 1905 et en particulier son article 2.</p>
<p style="text-align: justify;">Rien que cela pourrait et devrait mériter des débats à l&#8217;intérieur des sections socialistes. Cela pourrait et devrait même faire partie du grand chantier national auquel s&#8217;est attelé Martine Aubry. La laïcité devrait même être un volet essentiel de la formation militante de base. Mais là aussi, le terrain est malheureusement déserté sur un sujet pourtant hautement symbolique et qui permettrait de rebondir nationalement sur une foule de sujets politiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est à noter au passage que la la Charte européenne des droits fondamentaux, intégrée aux traités européens, ne garantit que la liberté de religion , celle de changer de religion, mais en aucun cas celle de n’en avoir aucune, alors que près de 40% des européens n’a aucune appartenance ni pratique religieuse&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Si la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme est censée garantir “la liberté de conscience, de pensée et de religion”, la jurisprudence constante de la Cour européenne de justice considère que ces notions n’impliquent nullement la laïcité des institutions nationales ni la séparation des Eglises et des Etats. Pour la Cour européenne, ni les religions d’Etat, ni le délit moyenâgeux de blasphème ni les impôts d’Eglise ne sont contraires à son article 9.</p>
<p style="text-align: justify;">Force est encore de constater qu’aujourd’hui, en France et dans l’Union européenne, le fer de lance de l’offensive cléricale est l’Eglise catholique et qu’elle est celle qui rencontre le plus d’écho auprès des gouvernants.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela peut notamment s’expliquer par le fait que, de toutes les religions, l’Eglise catholique est la principale à avoir élaboré, théorisé et diffusé une doctrine sociale, reprise à leur compte par les dirigeants politiques, y compris socialistes, surtout à la faveur de la crise du capitalisme, au cœur des institutions de l’UE et de ses traités, tous articulés autour du principe théologique de subsidiarité.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, M.Sarkozy a explicitement salué les bienfaits de la doctrine sociale de l’Eglise catholique, à l’occasion de son discours de bienvenue au pape Benoît XVI en septembre 2008.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut rappeler que dès son origine, avec la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) en 1951, l’Union européenne a été voulue, mise en place, et structurée par des hommes politiques qui manifestaient ouvertement leurs liens avec le christianisme en général et le catholicisme romain en particulier : Robert Schuman, Jean Monnet sont les plus connus d’entre eux. De nombreux hauts fonctionnaires qui œuvrent aujourd’hui à Bruxelles ou à Strasbourg, affichent tout autant leurs croyances, dans l’exercice de leurs fonctions&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Des relations diplomatiques ont été ouvertes en 1970 entre le Vatican et l’Union européenne et que la COMECE (Commission des Épiscopats de l’Union Européenne) créée en 1980 occupe une place prépondérante parmi les représentations officielles dont disposent les Églises à Bruxelles.</p>
<p style="text-align: justify;">En France, lors de sa visite en septembre 2008, Benoît XVI a appelé à trouver « une voie nouvelle pour une saine collaboration entre l’Eglise et l’Etat ».</p>
<p style="text-align: justify;">Quatre mois plus tard cette « saine collaboration » accouchait, le 18 décembre 2008, de l’accord Kouchner-Mamberti. Cet accord diplomatique entre le quai d’Orsay et le Vatican, établit que l’État français reconnaît désormais les diplômes de l’enseignement supérieur catholique. Il a débouché sur le décret 2009-427 du 16 avril 2009. Une seule organisation française a déposé un recours contre dès le 4 mai 2009, visant à obtenir son annulation. Il ne faudrait pas poser ce genres de questions à d&#8217;autres organisations, quelles qu&#8217;elles soient, car elles en seraient très embarrassées ! Suivez mon regard&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Cinq organisations seulement (associative) ont condamné cette remise en cause du monopole public de la collation des grades, découlant des directives de l’Union Européenne, via le processus de Bologne : <span style="font-family: Arial;">la Libre Pensée, le groupe socialiste du  Sénat (pour se dédouaner de son vote de la loi Carle ?), le CNAL ( il existe  toujours&#8230;.) et conjointement la Ligue des Droits de l&#8217;Homme et la Ligue de  l&#8217;Enseignement. <em>(Merci à Gut Georges pour sa très haute vigilance et sa grande cordialité)</em><br />
</span>
</p>
<p style="text-align: justify;">A venir dans les très prochains débats du parlement, le très dangereux projet de loi « Carle » qui renforce la fuite des fonds publics vers l’enseignement privé à 95% catholique (dans le droit fil de l’article 89 de la loi d’août 2004) et impose des dépenses exorbitantes aux communes pour financer la scolarité des élèves des établissements privés sous contrat du 1er degré situés hors de leurs limites territoriales. J&#8217;attends encore sur ce sujet de lire ou d&#8217;écouter les &laquo;&nbsp;hautes voix de stentors&nbsp;&raquo; des ténors de l&#8217;opposition afin de mesurer ce qu&#8217;il reste de la motivation de la gauche à tenir bon sur certaines considérations essentielles. Là aussi, il s&#8217;agit d&#8217;une bombe à double impact. Le premier, si la loi Carle est adoptée, sera une masse de demandes de financements faites en faveur des écoles privées, il y a fort à parier que ni les leaders nationaux ni les médias ne sauront ou ne voudront expliquer et simplifier la hauteur de l&#8217;enjeu pour les français.</p>
<p style="text-align: justify;">La seconde déflagration de la loi Carle sera pour les mairies notamment rurales qui seront bien en peine  d&#8217;assurer les financements concernés et pour les écoles du secteur publiques qui seront inévitablement touchées par des amputations de crédits des collectivités. Mais là encore, va-t-on savoir expliquer et combattre ?  Attendra-t-on que la droite réactionnaire ne vienne accuser les élus locaux de ne pas assurer leur missions ? Attendra-t-on que l&#8217;école publique soit mise en accusation pour ses futurs manquements qui serviront à la privatisation complète ultérieure de l&#8217;éducation ?</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est une véritable entreprise de destruction de l’École de la République qui est actuellement en cours. Alors que l’on assiste à un véritable racket financier au profit de l’école privée, des milliers de postes d’enseignants sont supprimés, les fermetures de classes et d’établissements se multiplient dans l’école publique.</p>
<p style="text-align: justify;">Les laïques de tous bords devraient se révolter sur l’expérimentation en cours des &laquo;&nbsp;jardins d’éveil&nbsp;&raquo; qui est de la même veine. Alors que l’école maternelle est publique, laïque et gratuite, il s’agit de transférer à terme la responsabilité de l’accueil des enfants de 2 à 6 ans aux collectivités locales et de favoriser la mise en place de structures d’accueil concurrentielles privées et payantes. Les responsables de l’enseignement confessionnel (notamment catholique) ont immédiatement marqué leur intérêt pour les jardins d’éveil&#8230; CQFD !</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les laïques et en particulier les élus républicains doivent s&#8217;opposer à cette expérimentation.</p>
<p style="text-align: justify;">La réflexion républicaine devrait se borner à : « Fonds publics à l’Ecole publique-Fonds privés à l’Ecole privée ».</p>
<p style="text-align: justify;">Encore,  un grand nombre de lycées privés sont désormais classés centres d’examen pour les diplômes d’Etat, phénomène qui s’est généralisé cette année&#8230; Cette décision s’appuie notamment sur le titre VI article 30 de la loi d’orientation sur l’éducation du 10 juillet 1989, dite loi Jospin qui stipule : ’Les dispositions de la présente loi qui sont relatives à l’enseignement sont applicables aux établissements d’enseignement privés sous contrat dans le respect des dispositions de la loi n° 59-1557 du 31 décembre 1959 (loi Debré) sur les rapports entre l’État et les établissements d’enseignement privés (&#8230;).</p>
<p style="text-align: justify;">Faut-il rappeler que les établissements privés confessionnels (catholiques pour l’essentiel) ne sont pas des services publics d’Etat ? La liberté de conscience des professeurs doit être respectée ainsi que leur statut de fonctionnaire d’Etat. La liberté de conscience des élèves, également devraient être respectée.</p>
<p style="text-align: justify;">Faut-il accepter que les élèves passent les épreuves des diplômes nationaux de l’Etat républicain, avec un crucifix au dessus de leur tête ou qu’un employé de l’évêché, du diocèse, soit le maître à bord lors des examens et donne des ordres aux enseignants fonctionnaires ?</p>
<p style="text-align: justify;">La gauche dans son ensemble, les grandes associations nationales se doivent de soutenir tous les enseignants qui veulent assurer leur mission de fonctionnaire d’Etat dans les seuls établissements publics laïques et les élèves qui n’acceptent pas cette attaque contre leur liberté de conscience.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces entorses graves aux principes républicains et au monopole de la collation des grades doivent cesser.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour que la laïcité soit restaurée dans toute la République, le respect absolu de la loi de 1905 doit être rétabli. Il suppose  :<br />
- l’abrogation de toutes les lois anti-laïques (Debré, Guermeur, Le Pors-Deferre, Rocard, Chevènement, Jospin, Lang-Cloupet, Censi)<br />
- l’abrogation de la loi Pétain du 25 décembre 1942 qui prévoit que « ne sont pas considérées comme subventions les sommes allouées aux édifices affectés au culte public, qu’ils soient ou non classés monuments historiques. » (oui, elle existe encore!&#8230;)<br />
- l’abrogation du décret 2009-427 sur la reconnaissance des diplômes catholiques.<br />
- l’abrogation de l’article 89 de la loi du13 août 2004.<br />
- le retrait du projet de loi Carle très bientôt à l&#8217;étude au parlement.<br />
- l’abrogation du statut concordataire d’Alsace Moselle<br />
- l’abrogation des concordats d’Outre-mer et des décrets Mandel..<br />
- l’abrogation de la loi LRU-Pécresse (Loi no 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités) qui organise la privatisation de l’enseignement supérieur.<br />
- le retrait des décrets Darcos sur la formation des enseignants, plus spécifiquement toutes les dispositions visant à détruire le statut de la Fonction publique.<br />
- le retrait du projet de décret transformant les écoles primaires en Établissements Publics d’Enseignement primaire (EPEP) placés sous la tutelle pédagogique, administrative et financière des collectivités locales, ce qui équivaut à dénationaliser et délaïciser l’enseignement du premier degré.
</p>
<p style="text-align: justify;">Toutes les intrusions dans l’École publique de groupes de pression, qu’ils soient financiers, économiques, religieux, caritatifs, pour quelque motif que ce soit, y compris sous couvert de projets pédagogiques, devrait être interdite également à proscrire.</p>
<p style="text-align: justify;">L’éducation religieuse à l’école publique au travers de l&#8217;astucieux « enseignement du fait religieux », désormais introduit dans les programmes scolaires devrait être combattue et fait partie de ces subtilités stratégiques d&#8217;atteinte à l&#8217;enseignement public et laïque que la gauche se doit de dénoncer.</p>
<p style="text-align: justify;">Et ne doit-on demander des comptes sur la présence de la hiérarchie catholique dans la commission nationale des programmes ?</p>
<p style="text-align: justify;">Par delà l’école, les atteintes à la laïcité se multiplient dans tous les domaines de la vie publique et c&#8217;est la République entière qui se meurt !</p>
<p style="text-align: justify;">La suppression des services hospitaliers, des hôpitaux dits de proximité, a pour conséquence la privatisation de la santé, et de ce fait un recul du service de santé public et laïque&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Les associations caritatives prennent la place des services publics conformément aux directives de l’Union européenne, ouvrant ainsi la voie au communautarisme et au prosélytisme, remettant en cause l’égalité en droit de tous sur tout le territoire, un des fondements de la République&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Rappelons-nous et que chacun pose les questions, là où il est, sur les 10 milliards d’euros annuels de fonds publics qui sont détournés de leurs missions républicaines pour financer l’Eglise catholique et ses œuvres, soit l’équivalent de 20% de l’impôt sur le revenu&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Et que doit-on penser de la création de carrés confessionnels dans les cimetières, qui avec ses nouvelles dispositions sur les cendres reconstitue de fait les cimetières religieux ?&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">La gauche ne pourrait-elle pas s&#8217;enorgueillir si elle demandait aussi  l’abrogation de la loi du 19 décembre 2008 sur les obsèques, qui fait des lieux de culte des dépositaires légaux des urnes cinéraires ?</p>
<p>Enfin, la gauche devrait réaffirmer solennellement son exigence que tous les élus et représentants de la République respectent une totale neutralité à l’égard des cultes dans l’exercice de leur mandat, neutralité à laquelle ils sont tenus en vertu de l’article 2 de la loi de 1905 qui stipule que la République ne reconnaît aucun culte.</p>
<p style="text-align: justify;">L’offensive cléricale appelle une contre-offensive, Laïque et Républicaine !</p>
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		<title>Viticulture : &#171;&#160;personne ne relaie notre agonie&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Sun, 31 May 2009 09:02:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yannick Serrano</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans tous les terroirs viticoles de France la colère monte dans une atmosphère de crise économique grandissante, de gouvernance parfois sourde à s&#8217;auto-réformer, de règlementations européennes allant à contre sens de l&#8217;intérêts des vins français et des exploitants, de calamités atmosphériques (grêle&#8230;). Pourtant, alors que la campagne européenne devrait être propice à porter haut ce sujet majeur pour la France ( la viticulture est le second secteur excédentaire dans la balance commerciale française). Pourtant, rien ne bouge ou presque, tout au plus avons-nous entendu parler de l&#8217;affaire du coupage des rosés, tout au plus ! Si je ne cautionne pas certains propos ou comportements qui peuvent apparaître ici ou là, ils devraient inciter le gouvernement et les diverses institutions à s&#8217;emparer du sujet, mais l&#8217;heure n&#8217;y est pas car chacun a ses raisons d&#8217;attendre. Il y a bien quelques élus qui ici ou là sont sincèrement et réellement actifs (exemple girondin : Martine Faure, Philippe Plisson, Philippe Madrelle, Alain Rousset,  Jean-Marie Darmian, Pascale Got), mais qu&#8217;en est-il de l&#8217;écoute qu&#8217;ils peuvent avoir du gouvernement ou de leurs assemblées respectives ? En attendant il y a bien des exploitations qui meurent en silence&#8230; C&#8217;est pourquoi j&#8217;ai trouvé particulièrement intéressant de faire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-607" title="52_m2bories" src="http://www.yannickserrano.fr/wp-content/uploads/2009/05/52_m2bories.jpg" alt="52_m2bories" width="248" height="251" />Dans tous les terroirs viticoles de France la colère monte dans une atmosphère de crise économique grandissante, de gouvernance parfois sourde à s&#8217;auto-réformer, de règlementations européennes allant à contre sens de l&#8217;intérêts des vins français et des exploitants, de calamités atmosphériques (grêle&#8230;). Pourtant, alors que la campagne européenne devrait être propice à porter haut ce sujet majeur pour la France ( la viticulture est le second secteur excédentaire dans la balance commerciale française). Pourtant, rien ne bouge ou presque, tout au plus avons-nous entendu parler de l&#8217;affaire du coupage des rosés, tout au plus !</p>
<p style="text-align: justify;">Si je ne cautionne pas certains propos ou comportements qui peuvent apparaître ici ou là, ils devraient inciter le gouvernement et les diverses institutions à s&#8217;emparer du sujet, mais l&#8217;heure n&#8217;y est pas car chacun a ses raisons d&#8217;attendre. Il y a bien quelques élus qui ici ou là sont sincèrement et réellement actifs (exemple girondin : Martine Faure, Philippe Plisson, Philippe Madrelle, Alain Rousset,  Jean-Marie Darmian, Pascale Got), mais qu&#8217;en est-il de l&#8217;écoute qu&#8217;ils peuvent avoir du gouvernement ou de leurs assemblées respectives ? En attendant il y a bien des exploitations qui meurent en silence&#8230; C&#8217;est pourquoi j&#8217;ai trouvé particulièrement intéressant de faire connaître cet entretien d&#8217;un viticulteur héraultais, Martial Bories, viticulteur à Servian.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>« Vous n&#8217;êtes pas des gens  de dignité », vous a lancé le procureur lors du procès. Ces propos vous ont fait bondir. Il a pourtant raison : ce n&#8217;est pas digne de casser des radars&#8230;<br />
</strong>Ce que ne comprend pas le procureur, c&#8217;est que la situation des viticulteurs est tellement désespérée que nous sommes obligés d&#8217;en arriver là pour nous faire entendre.</em></p>
<p><em><strong>Mais votre détresse ne justifie pas de tels actes !</strong><br />
Bien sûr que si. L&#8217;acte pour lequel nous sommes jugés a été commis en 2007. Deux ans après, où en sommes-nous ? 40 000 hectares ont été arrachés et ce n&#8217;est pas fini&#8230; C&#8217;est une catastrophe ! Personne ne nous entend, personne ne relaie notre agonie.<br />
<strong><br />
Vous risquez une lourde condamnation. Regrettez-vous<!--- OAS AD 'Pave editorial' begin   --> </strong></em></p>
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// --></script><strong><a href="http://memorix.sdv.fr/5c/www.midilibre.com/infoslocales/faitdujour_article/893371727/Position1/SDVG_ML_LI/default/empty.gif/35633836383838353439656332623330?" target="_blank"><img src="http://memorix.sdv.fr/5/www.midilibre.com/infoslocales/faitdujour_article/893371727/Position1/SDVG_ML_LI/default/empty.gif/35633836383838353439656332623330?" border="0" alt="" width="2" height="2" /></a> </strong></div>
<p><em><strong> <script type="text/javascript"><!--
cachePubVide('pubCarreEdit');
// --></script> <!--   OAS AD 'Pave editorial' end   --> cette action<br />
</strong>Absolument pas. A un moment donné, il fallait canaliser les gars pour qu&#8217;ils ne fassent pas n&#8217;importe quoi. Nous étions à la veille des présidentielles. Aucun candidat n&#8217;avait voulu nous recevoir. Il fallait nous faire entendre.<br />
<strong><br />
Mais pourquoi un radar ?<br />
</strong>C&#8217;est une pompe à fric de l&#8217;Etat.<br />
<strong><br />
Tout de même ! La viticulture est bien structurée, avec des responsables nationaux presque tous originaires du Midi, qui dialoguent en direct avec le ministre&#8230; Dire que personne ne relaie votre agonie, c&#8217;est un peu fort&#8230;<br />
</strong>Nos représentants appartiennent à un syndicat puissant, la FNSEA, au sein duquel la viticulture ne pèse pas lourd face aux céréaliers. Ces représentants sont également pris dans des jeux politiques compliqués qui font que rien n&#8217;avance. Lorsque quelqu&#8217;un accède à un poste à responsabilité, il se déconnecte de la base, il abandonne les vignes. Ces dirigeants mettent en place des usines à gaz qui sont tout sauf efficace. Leurs rivalités font qu&#8217;ils ne parviennent pas à adopter des positions communes.</em></p>
<p><em><strong>Vous parlez d&#8217;usines à gaz. A quoi pensez-vous ?<br />
</strong>D&#8217;abord aux interprofessions. On sait qu&#8217;il n&#8217;en faut qu&#8217;une pour assurer rationnellement la promotion de tous les vins régionaux. Cela fait des années qu&#8217;on en parle, mais chacun veut conserver son bastion.<br />
Dans la coopération, on est parvenu à créer une fédération régionale mais chacune des fédérations départementales a conservé sa structure et son personnel. On a des doublons partout, tout ça pour préserver les chasses gardées des présidents. Ce petit monde s&#8217;observe et se neutralise sans parvenir à s&#8217;accorder sur l&#8217;essentiel.<br />
<strong><br />
Voulez vous dire que vos organisations professionnelles et leurs dirigeants n&#8217;agissent pas dans l&#8217;intérêt général de la filière ?<br />
</strong>C&#8217;est un peu ça. Regardez les grands groupes coopératifs comme Uccoar, Foncalieu, Val d&#8217;Orbieu ou les Vignerons catalans : ils se livrent une guerre sans merci pour faire tourner leurs usines en tirant les prix vers le bas sur le dos des vignerons. Même le négoce est scandalisé.</em><br />
<strong><br />
<em>L&#8217;an passé, vous avez contribué à créer avec votre collègue audois Philippe Vergnes, le syndicat des Vignerons du Midi mais il peine aujourd&#8217;hui à se faire entendre&#8230;<br />
</em></strong><em>Ce fut historique ! La coopération ne voulait plus prendre en charge l&#8217;action syndicale et elle a poussé à la création du syndicat. Mais aujourd&#8217;hui, elle ne veut pas le soutenir financièrement. De plus, le syndicat est confronté à l&#8217;hostilité de la plupart des responsables professionnels, qui l&#8217;ont envoyé dans le mur en bloquant ses revendications.</em></p>
<h6><em><a href="http://www.midilibre.com" target="_blank">source journal le midi libre</a><br />
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