Le combat en faveur de la laïcité plus que jamais d’actualité

sarkozy-laiciteLa laïcité institutionnelle connaît des attaques sans précédent et sournoises, d’autant plus qu’elles interviennent dans un contexte de réformes sarkozystes menées au pas de charge et qui ne permettent parfois pas aux oppositions parlementaires de couvrir ces sujets avec la primauté qu’ils méritent. Pour autant, on peut parfois regretter le silence des grands partis de gauche ou des grands leaders nationaux. A leur décharge, on peut estimer que les préoccupations des français sont ailleurs, même si les atteintes à la laïcité leurs vaudront demain des réveils difficiles.

L’offensive des Eglises pour reconquérir l’État et tenir un rôle de premier plan dans la vie politique et sociale de la République se fait chaque jour de plus en plus vive. Force est de constater également que le gouvernement de Nicolas Sarkozy, leur ouvre grand les portes, avec un empressement affiché. Après la “laïcité ouverte“ ou “plurielle“ sous des gouvernements précédents, la “laïcité positive“ ou « intelligente »constitue une nouvelle étape dans la remise en cause du principe essentiel de laïcité. L’offensive cléricale s’intensifie et s’accélère dans le désintérêt absolu de la gauche et des grandes associations humanistes.

Jamais n’ont été appliquées avec autant de zèle et de clarté les consignes de l’ultra libérale Union européenne. Dans la continuité du Traité d’Amsterdam et du projet de Constitution européenne, le Traité de Lisbonne signé en décembre 2007 par les 27 chefs d’État et validé par de très nombreux parlementaires de gauche, en cours de ratification, stipule en son article 16-C : « reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les Églises ». Cet article est en totale contradiction avec la loi de 1905 et en particulier son article 2.

Rien que cela pourrait et devrait mériter des débats à l’intérieur des sections socialistes. Cela pourrait et devrait même faire partie du grand chantier national auquel s’est attelé Martine Aubry. La laïcité devrait même être un volet essentiel de la formation militante de base. Mais là aussi, le terrain est malheureusement déserté sur un sujet pourtant hautement symbolique et qui permettrait de rebondir nationalement sur une foule de sujets politiques.

Il est à noter au passage que la la Charte européenne des droits fondamentaux, intégrée aux traités européens, ne garantit que la liberté de religion , celle de changer de religion, mais en aucun cas celle de n’en avoir aucune, alors que près de 40% des européens n’a aucune appartenance ni pratique religieuse…

Si la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme est censée garantir “la liberté de conscience, de pensée et de religion”, la jurisprudence constante de la Cour européenne de justice considère que ces notions n’impliquent nullement la laïcité des institutions nationales ni la séparation des Eglises et des Etats. Pour la Cour européenne, ni les religions d’Etat, ni le délit moyenâgeux de blasphème ni les impôts d’Eglise ne sont contraires à son article 9.

Force est encore de constater qu’aujourd’hui, en France et dans l’Union européenne, le fer de lance de l’offensive cléricale est l’Eglise catholique et qu’elle est celle qui rencontre le plus d’écho auprès des gouvernants.

Cela peut notamment s’expliquer par le fait que, de toutes les religions, l’Eglise catholique est la principale à avoir élaboré, théorisé et diffusé une doctrine sociale, reprise à leur compte par les dirigeants politiques, y compris socialistes, surtout à la faveur de la crise du capitalisme, au cœur des institutions de l’UE et de ses traités, tous articulés autour du principe théologique de subsidiarité.

Ainsi, M.Sarkozy a explicitement salué les bienfaits de la doctrine sociale de l’Eglise catholique, à l’occasion de son discours de bienvenue au pape Benoît XVI en septembre 2008.

Il faut rappeler que dès son origine, avec la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) en 1951, l’Union européenne a été voulue, mise en place, et structurée par des hommes politiques qui manifestaient ouvertement leurs liens avec le christianisme en général et le catholicisme romain en particulier : Robert Schuman, Jean Monnet sont les plus connus d’entre eux. De nombreux hauts fonctionnaires qui œuvrent aujourd’hui à Bruxelles ou à Strasbourg, affichent tout autant leurs croyances, dans l’exercice de leurs fonctions…

Des relations diplomatiques ont été ouvertes en 1970 entre le Vatican et l’Union européenne et que la COMECE (Commission des Épiscopats de l’Union Européenne) créée en 1980 occupe une place prépondérante parmi les représentations officielles dont disposent les Églises à Bruxelles.

En France, lors de sa visite en septembre 2008, Benoît XVI a appelé à trouver « une voie nouvelle pour une saine collaboration entre l’Eglise et l’Etat ».

Quatre mois plus tard cette « saine collaboration » accouchait, le 18 décembre 2008, de l’accord Kouchner-Mamberti. Cet accord diplomatique entre le quai d’Orsay et le Vatican, établit que l’État français reconnaît désormais les diplômes de l’enseignement supérieur catholique. Il a débouché sur le décret 2009-427 du 16 avril 2009. Une seule organisation française a déposé un recours contre dès le 4 mai 2009, visant à obtenir son annulation. Il ne faudrait pas poser ce genres de questions à d’autres organisations, quelles qu’elles soient, car elles en seraient très embarrassées ! Suivez mon regard…

Cinq organisations seulement (associative) ont condamné cette remise en cause du monopole public de la collation des grades, découlant des directives de l’Union Européenne, via le processus de Bologne : la Libre Pensée, le groupe socialiste du Sénat (pour se dédouaner de son vote de la loi Carle ?), le CNAL ( il existe toujours….) et conjointement la Ligue des Droits de l’Homme et la Ligue de l’Enseignement. (Merci à Gut Georges pour sa très haute vigilance et sa grande cordialité)

A venir dans les très prochains débats du parlement, le très dangereux projet de loi « Carle » qui renforce la fuite des fonds publics vers l’enseignement privé à 95% catholique (dans le droit fil de l’article 89 de la loi d’août 2004) et impose des dépenses exorbitantes aux communes pour financer la scolarité des élèves des établissements privés sous contrat du 1er degré situés hors de leurs limites territoriales. J’attends encore sur ce sujet de lire ou d’écouter les « hautes voix de stentors » des ténors de l’opposition afin de mesurer ce qu’il reste de la motivation de la gauche à tenir bon sur certaines considérations essentielles. Là aussi, il s’agit d’une bombe à double impact. Le premier, si la loi Carle est adoptée, sera une masse de demandes de financements faites en faveur des écoles privées, il y a fort à parier que ni les leaders nationaux ni les médias ne sauront ou ne voudront expliquer et simplifier la hauteur de l’enjeu pour les français.

La seconde déflagration de la loi Carle sera pour les mairies notamment rurales qui seront bien en peine  d’assurer les financements concernés et pour les écoles du secteur publiques qui seront inévitablement touchées par des amputations de crédits des collectivités. Mais là encore, va-t-on savoir expliquer et combattre ?  Attendra-t-on que la droite réactionnaire ne vienne accuser les élus locaux de ne pas assurer leur missions ? Attendra-t-on que l’école publique soit mise en accusation pour ses futurs manquements qui serviront à la privatisation complète ultérieure de l’éducation ?

C’est une véritable entreprise de destruction de l’École de la République qui est actuellement en cours. Alors que l’on assiste à un véritable racket financier au profit de l’école privée, des milliers de postes d’enseignants sont supprimés, les fermetures de classes et d’établissements se multiplient dans l’école publique.

Les laïques de tous bords devraient se révolter sur l’expérimentation en cours des « jardins d’éveil » qui est de la même veine. Alors que l’école maternelle est publique, laïque et gratuite, il s’agit de transférer à terme la responsabilité de l’accueil des enfants de 2 à 6 ans aux collectivités locales et de favoriser la mise en place de structures d’accueil concurrentielles privées et payantes. Les responsables de l’enseignement confessionnel (notamment catholique) ont immédiatement marqué leur intérêt pour les jardins d’éveil… CQFD !

Tous les laïques et en particulier les élus républicains doivent s’opposer à cette expérimentation.

La réflexion républicaine devrait se borner à : « Fonds publics à l’Ecole publique-Fonds privés à l’Ecole privée ».

Encore,  un grand nombre de lycées privés sont désormais classés centres d’examen pour les diplômes d’Etat, phénomène qui s’est généralisé cette année… Cette décision s’appuie notamment sur le titre VI article 30 de la loi d’orientation sur l’éducation du 10 juillet 1989, dite loi Jospin qui stipule : ’Les dispositions de la présente loi qui sont relatives à l’enseignement sont applicables aux établissements d’enseignement privés sous contrat dans le respect des dispositions de la loi n° 59-1557 du 31 décembre 1959 (loi Debré) sur les rapports entre l’État et les établissements d’enseignement privés (…).

Faut-il rappeler que les établissements privés confessionnels (catholiques pour l’essentiel) ne sont pas des services publics d’Etat ? La liberté de conscience des professeurs doit être respectée ainsi que leur statut de fonctionnaire d’Etat. La liberté de conscience des élèves, également devraient être respectée.

Faut-il accepter que les élèves passent les épreuves des diplômes nationaux de l’Etat républicain, avec un crucifix au dessus de leur tête ou qu’un employé de l’évêché, du diocèse, soit le maître à bord lors des examens et donne des ordres aux enseignants fonctionnaires ?

La gauche dans son ensemble, les grandes associations nationales se doivent de soutenir tous les enseignants qui veulent assurer leur mission de fonctionnaire d’Etat dans les seuls établissements publics laïques et les élèves qui n’acceptent pas cette attaque contre leur liberté de conscience.

Ces entorses graves aux principes républicains et au monopole de la collation des grades doivent cesser.

Pour que la laïcité soit restaurée dans toute la République, le respect absolu de la loi de 1905 doit être rétabli. Il suppose :
- l’abrogation de toutes les lois anti-laïques (Debré, Guermeur, Le Pors-Deferre, Rocard, Chevènement, Jospin, Lang-Cloupet, Censi)
- l’abrogation de la loi Pétain du 25 décembre 1942 qui prévoit que « ne sont pas considérées comme subventions les sommes allouées aux édifices affectés au culte public, qu’ils soient ou non classés monuments historiques. » (oui, elle existe encore!…)
- l’abrogation du décret 2009-427 sur la reconnaissance des diplômes catholiques.
- l’abrogation de l’article 89 de la loi du13 août 2004.
- le retrait du projet de loi Carle très bientôt à l’étude au parlement.
- l’abrogation du statut concordataire d’Alsace Moselle
- l’abrogation des concordats d’Outre-mer et des décrets Mandel..
- l’abrogation de la loi LRU-Pécresse (Loi no 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités) qui organise la privatisation de l’enseignement supérieur.
- le retrait des décrets Darcos sur la formation des enseignants, plus spécifiquement toutes les dispositions visant à détruire le statut de la Fonction publique.
- le retrait du projet de décret transformant les écoles primaires en Établissements Publics d’Enseignement primaire (EPEP) placés sous la tutelle pédagogique, administrative et financière des collectivités locales, ce qui équivaut à dénationaliser et délaïciser l’enseignement du premier degré.

Toutes les intrusions dans l’École publique de groupes de pression, qu’ils soient financiers, économiques, religieux, caritatifs, pour quelque motif que ce soit, y compris sous couvert de projets pédagogiques, devrait être interdite également à proscrire.

L’éducation religieuse à l’école publique au travers de l’astucieux « enseignement du fait religieux », désormais introduit dans les programmes scolaires devrait être combattue et fait partie de ces subtilités stratégiques d’atteinte à l’enseignement public et laïque que la gauche se doit de dénoncer.

Et ne doit-on demander des comptes sur la présence de la hiérarchie catholique dans la commission nationale des programmes ?

Par delà l’école, les atteintes à la laïcité se multiplient dans tous les domaines de la vie publique et c’est la République entière qui se meurt !

La suppression des services hospitaliers, des hôpitaux dits de proximité, a pour conséquence la privatisation de la santé, et de ce fait un recul du service de santé public et laïque…

Les associations caritatives prennent la place des services publics conformément aux directives de l’Union européenne, ouvrant ainsi la voie au communautarisme et au prosélytisme, remettant en cause l’égalité en droit de tous sur tout le territoire, un des fondements de la République…

Rappelons-nous et que chacun pose les questions, là où il est, sur les 10 milliards d’euros annuels de fonds publics qui sont détournés de leurs missions républicaines pour financer l’Eglise catholique et ses œuvres, soit l’équivalent de 20% de l’impôt sur le revenu…

Et que doit-on penser de la création de carrés confessionnels dans les cimetières, qui avec ses nouvelles dispositions sur les cendres reconstitue de fait les cimetières religieux ?…

La gauche ne pourrait-elle pas s’enorgueillir si elle demandait aussi  l’abrogation de la loi du 19 décembre 2008 sur les obsèques, qui fait des lieux de culte des dépositaires légaux des urnes cinéraires ?

Enfin, la gauche devrait réaffirmer solennellement son exigence que tous les élus et représentants de la République respectent une totale neutralité à l’égard des cultes dans l’exercice de leur mandat, neutralité à laquelle ils sont tenus en vertu de l’article 2 de la loi de 1905 qui stipule que la République ne reconnaît aucun culte.

L’offensive cléricale appelle une contre-offensive, Laïque et Républicaine !

6 comments on: Le combat en faveur de la laïcité plus que jamais d’actualité

  1. Alice Ricômes 8 septembre 2009 at 12:14

    Si votre démonstration s’avérait réelle, cela se saurait, malheureusement, l’encyclique « Caritas in veritate » est loin d’être le fil blanc des actions des gouvernements occidentaux.
    Le capitalisme débridée, le libéralisme rampant, l’oubli total de l’homme dans ce qu’il a de plus profond et de plus nécessaire: son intériorité et la nécessité que cette intériorité soit nourrie de spiritualité, sont les valeurs qui mènent nos gouvernants.
    La laïcité militante est la complice des dérives des gouvernements que nous dénonçons tous et la catholicité ou la spiritualité est l’ennemi du matérialisme qui est le maître mot de notre société et dont le veau d’or est l’ARGENT, le profit de quelques uns au détriment de tous et financé par tous.
    Expliquez moi comment, la laïcité lutte efficacement contre ce pouvoir des puissances de l’argent qui achètent, subventionnent et manipulent nos hommes politiques?
    Pourquoi l’Eglise catholique particulièrement mais aussi les autres religions sont-elles si vigoureusement attaquées? Parce qu’elles donnent à l’homme d’autres valeurs, d’autres buts que consommer, que jouer, que profiter, que de jouir sans retenue, etc… Le matérialisme n’a pas de prise sur un bon chrétien qui, tout en assurant son devoir d’état (travail) d’une manière loyale, pense à sa famille, à son prochain en vivant la parole d’amour du Christ dans l’écoute, le partage, la charité.
    Que propose la laïcité pour émanciper et rendre nos concitoyens libres?

    • Yannick Serrano 8 septembre 2009 at 12:50

      @Alice
      je ne suis pas du tout mais alors pas du tout d’accord avec votre commentaire, mais ça vous deviez l’imaginer… je ne suis pas certain que nos points de vue puissent même avoir vocation à débat tant ils sont aux antipodes l’un de l’autre. je veux cependant préciser deux choses essentielles en réponse à vos dires. D’abord il n’est pas du tout du rôle de la laïcité que de lutter contre le pouvoir de l’argent. la Laïcité n’a d’autre vocation que de permettre à chaque être humain d’évoluer dans un espace ne le soumettant pas aux dogmes, quels qu’ils soient. La laïcité est un rempart contre les asservissements intellectuels et contre le prosélytisme, pas un anti-dogme.
      Ensuite il n’est pas du rôle de la laïcité de jouer un autre rôle, elle se suffit à elle-même pour garantir à chacun une protection essentielle et la garantie que la collectivité ne privilégie aucun dogme sur un autre car elle n’en reconnaît aucun. Elle est le meilleur outil d’émancipation. Libre à chacun ensuite de s’intéresser par lui-même aux religions, aux philosophes ou à toute autre valeur qui lui convient !… mais je crois pas, selon vos mots, que vous entrevoyiez clairement le sens du mot émancipation…

  2. Philippe 8 septembre 2009 at 13:18

    Spriritualité : n.f. Nature spirituelle ; qualité de ce qui est esprit : La spiritualité de l’âme, de la poésie.
    Je ne vois pas pourquoi la spiritualité serait réservée au seul domaine de la religion ? La philosophie est-elle antinomique de la spiritualité ? Le fait de ne pas se reconnaître dans une confession (quelle qu’elle soit) indique-t-il qu’on n’ai pas accès à la spiritualité ?
    A titre personnel, je ne pratique pas l’amour du prochain, mais l’amour de l’Homme avec un grand H.
    Je ne vois pas en quoi la laïcité militante ne pourrait lutter contre les dérapages de la finance et du libéralisme, contre les injustices sociales. Etre laïc n’implique pas d’être matérialiste (désolé, mais c’est intellectuellement assez simpliste).
    Devant son grand désarroi et sa peur face à la mort, l’homme, pour se rassurer, s’est déclaré immortel, puis pour étayer l’édifice de ses angoisses, il a inventé les religions. Tout ce qui en découle… c’est du buiseness. Et c’est vrai que donner mes impôts et mon style de vie pour le buiseness des autres, je trouve ça indécent.

  3. Patate Chaude 8 septembre 2009 at 21:03

    La laïcité garantie la survie des religions, et oui. Militer pour une laïcité tel que définie dans notre république n’EST PAS UNE POSITION PRO ATHEE visant à faire de l’athéisme une religion d’Etat (condamnant les autres) contrairement à ce que veulent nous faire croire les catho et autres religieux en tout genre. La laïcité permet à tout un chacun de se faire sa propre idée sans ingérence de la part de quelques illuminés croyant à une vérité révélée. Point.

    Caritas in veritate n’est effectivement pas cousue de fil blanc mais elle réaffirme la position de la doctrine sociale de l’Eglise, tout aussi rétrograde et réactionnaire, pilier de l’Union Européenne et de son fonctionnement (corporatisme, subsidiarité, drapeau mariale…)La constitution européenne ne reconnait d’ailleurs pas la laïcité.

    Jusqu’ici, l’encyclique n’engage que ceux qui y accordent une valeur, les catho donc. Mais là où ça va plus loin c’est quand un ministre (Darcos) la porte aux nues et en fait des louanges, la prend pour modèle. (le chapitre sur la « technique » est effarant)

    Dis, Yannick, pourquoi ce silence assourdissant du PS au sujet de la place des religions, de la laïcité? Les Fabius, Aubry, Delord, Jospin auraient-ils joué avec qu’ils craindraient qu’on le leur reproche ?

  4. Pascal PILET 9 septembre 2009 at 22:28

    Je voudrais simplement ici redire toute la chance que nous avons de vivre dans une République laïque…même si cette chance doit se cultiver, et que, comme tout ce qui est précieux, elle n’est jamais définitivement acquise. La laïcité nous permet de nous reconnaître en premier lieu comme des êtres humains, doués d’une conscience et d’une intelligence propres… Avant même tout conditionnement collectif.Elle rend possible la vie commune et la convivialité indépendamment de tout repli identitaire ou communautaire.Pour ce faire elle sépare ce qui est de l’ordre des croyances, des appartenances religieuses, des dogmes, de l’organisation de la Cité.Les croyances et les non croyances ne prétendant imposer plus rien à personne en ressortent valorisées de la grandeur du choix personnel, réalisé en toute liberté et conscience. Chrétien catholique, je savoure pleinement la chance de la laïcité qui me permet de vivre dans une Société ouverte dans laquelle la confrontation des idées est à la fois possible et permet un enrichissement mutuel, à l’abri de tous les prêts à penser et des pressions dogmatiques sur mes positions de citoyen.Je crois que certains courants catholiques intransigeants mènent un çombat d’un autre siècle, en voulant imposer leurs vues à la Société, faisant fi de son expression et de ces choix démocratiques.Cette attitude n’est pas acceptable; Il est salutaire de la dénoncer avec force.

  5. Pingback: Quand l’agonie silencieuse de la Laïcité sonne celle de la République | Yannick Serrano

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